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De Besançon au Cap Nord à vélo en 2022. Pérégrinations de Jacqueline

(en cours)
                              À Caroline et Gaël.
Partir en solitaire ; un défi pour un si long voyage ! De Besançon au Cap Nord… Chiche ! 
J’ai déjà parcouru 19 000 kilomètres en cyclotourisme, 19 000 km pour réaliser mes rêves d’enfant, quelle chance ! 
Mais maintenant j’ai bien grandi, je suis une dame de soixante-huit ans, et je continue encore, en solitaire. 
Je vais partir de Besançon le 15 mai 2022 pour le Cap-Nord ! Ce sera mon plus long voyage… Près de 6 000 kilomètres ! A mon retour j’aurai fait 25 000 kilomètres soit 60 % du tour de la Terre !
Quand je ferme les yeux, je pense au 19 000 km déjà effectués… Vertigineux ! 
J’ai traversé 10 pays en 2019 sur l’Eurovélo6 de Saint-Nazaire à Constanta en Roumanie. Une orgie de paysages magnifiques, de rencontres magiques, de surprises émouvantes
En 2020 l’Eurovélo15 qui suit le Rhin m’a emmenée d’Andermatt à Rotterdam.
J’ai fait deux fois le tour de Bourgogne dont l’une avec mon petit-fils Gaël, logé confortablement dans sa remorque et mon amie Nadine qui désirait connaître l’aventure du cyclotourisme !
Et pour ne pas perdre les bons réflexes et les muscles (indispensablement en forme dans ces aventures) j’ai pris pour habitude de me rendre chez mes ami.e.s à vélo : à Strasbourg, en Suisse, là encore avec Gaël installé dorénavant, à 5 ans, dans sa remorque à vélo à pédales.
En 2021, j’ai fait un tour de France de 3 200 kilomètres en parcourant l’Eurovélo17 (ViaRhôna) ; le canal des deux mers ; la Vélodyssée (partie française de l’Eurovélo1, au cours de laquelle Gaël faisait partie de l’expédition et pour terminer l’Eurovélo6 de Saint-Nazaire à Besançon. 
Début avril, j’ai fait le tour d’Alsace, une balade de 700 km avec Chantal, en prévision de mon périple longue distance en direction du Cap Nord ! Je ne suis pas très entrainée ! Mais bon, va falloir que j’assure !
Le cyclotourisme est pour moi une source de bonheur ! Quand je pédale, j’éprouve un grand sentiment de liberté. Je deviens philosophe poète, artiste ! 
Je partage mes réflexions et mes sentiments, mes efforts aussi, avec les cyclotouristes qui m’accompagnent quelquefois sur des dizaines de kilomètres. Et parfois, ils me disent que rencontrer une dame de mon âge, seule, partant si loin, les aide et les motive. Moi aussi je suis très motivée et je continue, le nez au vent et les sourires dans mon baluchon.
Quand je rejoins mon point de chute, je retrouve souvent les rencontres faites sur le trajet, je découvre d’autres cyclotouristes. En général la fin de journée permet d’échanger sur nos expériences.
Les autres touristes ou habitants des régions traversées, eux, nous perçoivent souvent comme des êtres perchés à l’âme romantique. C’est amusant de lire dans leur regard de l’étonnement, de l’admiration et du respect. Au fil de mes pérégrinations, j’ai découvert avec bonheur que ces personnes sont accueillantes, aimables, généreuses et surtout admiratives face à notre image de sérénité et tranquillité. Elles font preuve d’humanité. J’aime me nourrir de ces rencontres énergisantes ! Même éphémères, elles me suivent le long du trajet mais aussi quand je rentre chez moi.
Je me suis donc toujours sentie en sécurité et à l'aise.
Côté logistique, j’ai abandonné mon Vélo Trek, mon compagon de ces dix dernières années et ses sacoches Ortleb bien étanches et jaunes. Combien de fois on m’a demandé si j’apportais le courrier !
J’ai un nouveau vélo Fahrrad manufaktur TX 400, une nouvelle tente ultra légère et de nouvelles sacoches, vertes.
Et avec un tel équipement, fini la distribution du courrier, à moi les messages nature et environnement !
Je me suis également équipée, pour la première fois, d’un GPS vélo. Compliqué à mettre en œuvre pour une efficacité assurée mais voilà, ma persévérance a eu raison de cette nouvelle technologie.  Le hic, c’est que si toutes mes journées de pédalage sont enregistrées, chaque parcours est affublé d’une courbe de dénivelé à me faire frémir. Ça grimpe, ça grimpe en Norvège  !!! Et je ne suis pas la plus douée dans le genre !
Il va falloir aussi que je fasse attention à mon corps, je dois ménager mon genou gauche quelque peu facétieux. Heureusement, en principe, à vélo les douleurs restent en sourdine.
De toutes façons, je suis mon propre rythme, j’avance lentement, j’arrive à ma destination une à deux heures après les cyclotouristes qui m’ont doublée dans la journée.
Mais, ainsi, je n’ai jamais de courbatures, de douleurs, et je ne suis jamais fatiguée en fin de journée. C’est une belle compensation et une réelle fierté ! « Chi va piano va sano e chi va sano va lontano ! » me disait-on gamine.
Le seul inconvénient c’est que mes soirées sont trop courtes !
Certaines amies m’ont attribué le terme de « jeunior », d’autres, sont subjuguées, mais rares sont celles qui me regardent d’un air circonspect voire dubitatif.
Ma fille Caroline me fait confiance, elle n’est pas inquiète à l’idée de me savoir partir si loin. Elle sait que je n’outrepasserai pas mes capacités physiques. Quant à Gaël, adepte du cyclotourisme depuis nos échappées complices, il sera penché sur mes cartes à tracer mes parcours et à dessiner des campings et des restaurants. Mais je sais qu’au fond de lui, il aimerait partir avec moi parce qu’il est sûr que je vais voir le Père-Noël au Cap-Nord !
Cette année j’ajoute à ma famille et à mes amis, les résidents de l’Ehpad « Le village de la Croix Blanche » ainsi que les jeunes de l’association Paris de Besançon qui me suivront assidûment. C’est encourageant, réconfortant, stimulant de me savoir suivie dans mes épopées de cyclotouriste.
Pour mon retour, fin août 2022, je prendrai l’avion à Alta, les sacoches, le cœur, la tête -et les jambes aussi- pleins de souvenirs de paysages, de rencontres, de saines fatigues qui me rendront heureuse et fière d’avoir fait ce que j’aurai fait en 3 mois ½ !
vélo de randonnée
Quand : 15/05/22
Durée : 82 jours
Distance globale : 5638km
Dénivelées : +26238m / -26332m
Alti min/max : -1m/488m
Carnet publié par Jacqueline25 le 09 mai
modifié le hier
451 lecteur(s) -
Vue d'ensemble

Le topo : 2 Douzy / Roermond (mise à jour : hier)

Distance section : 365km

Description :

Vendredi 20 mai 2022 95 km
« En connaître un rayon »
Après une bonne nuit d’orage mais heureusement logée dans une caravane dans le joli camping de Douzy, je m’élance dès l’aurore.
Je pense boire un thé à Sedan, mais je ne verrai jamais Sedan. 
Bon ! Je fonce sur Charleville-Mézière. J’avance bien aujourd’hui, c’est plat ! 
Je n’ai plus de douleurs occasionnées par ces satanés cuissards et plus de douleurs sous la plante des pieds. 
Après 40 km à grande vitesse pour moi (18km/h) j’arrive sur la place ducale de Charleville. J’aime bien cette ville. Je prends mon temps. Je flâne. Je déjeune sur cette jolie place et je repars deux heures après sous une pluie battante enfournée dans mes vêtements de pluie. La pluie diluvienne alterne avec le soleil, je sèche donc sur vélo.
Cette fois, la vallée a creusé son sillon au coeur du vieux massif. Je suis dans l’Ardenne. Le paysage a changé du tout au tout. Encaissée profondément dans la forêt, la Meuse a permis à l'industrie métallurgique de prendre son essor. Les nombreuses et immenses forges ou fonderies laissent entendre des bruits intenses, assourdissants. Auparavant les ouvriers fabriquaient des boulons…. puis des pièces agricoles et actuellement des pièces pour l’automobile.
Thierry est éclusier depuis trente ans. Maintenant on dit itinérant. Les écluses sont automatisées et il fait l’entretien de plusieurs. 
Il est en repos aujourd’hui et il travaille dans son atelier couvert de vigne. Le bruit pour lui c’est la musique. Je m’arrête. Il fabrique de beaux objets exposés devant la maison éclusière. On sent par son biais l’engagement ouvrier de cette région. Il lève souvent le point fermé en discutant et j’en apprends « un rayon » sur le transport fluvial : une péniche (80 km par jour) par an contre cinquante par jour il y a trente ans… les camions (80 km par heure) les ont remplacées. il est intarissable. Mais je dois  continuer j’ai encore 40 km à parcourir. 
J’arrive à Revin en début de soirée malgré mon rythme effréné, la vallée de la Meuse s'offre pas moins de trois méandres dans la petite ville. 
La gérante du camping se prénomme Emmanuelle. Elle identifie mon accent. Sa grand-mère habite en Franche-Comté. Je passe un excellent moment avec cette jeune personne extrêmement sympathique et je déguste avec elle un délicieux saucisson donné par un de ses amis. Je n’en ai jamais mangé d’aussi bon durant ma longue vie ! 

Samedi 21 mai  
« Vous êtes courageuse ». On me le dit souvent. Mais c’est un choix délibéré. 
« Vous nous faites rêver, mais on n’oserait pas »
Et puis il y a l’incompréhension ! Un jeune ado à Douzy m’a demandé  pourquoi j’étais avec ce vélo chargé. Je lui ai dit que je faisais du cyclotourisme. Son regard est resté totalement incrédule. J’aurais dû lui en dire un peu plus. 
Cela me ramène aux Comores sur l’île de Mohéli. Lorsque j’ai dit à un villageois que j’allais traverser l’île à pied avant de reprendre l’avion. il m’a répondu que c’était les pauvres, les va -nu-pieds qui marchaient mais pas une « Mzungou ». 
Je suis donc arrivée à Givet. Elles sont jolies, vivantes ces petites villes des Ardennes, construites essentiellement à l’intérieur de méandres de la Meuse. 
Gaël a collé sept gommettes roses sur son immense carte d’Europe. Elle reprend toutes mes étapes françaises.  Il va changer de couleur pour chacun des pays traversés.
Demain matin j’entre en Belgique. 
Ma position

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Le compte-rendu : 2 Douzy / Roermond (mise à jour : hier)

Charleville-Mézière
Charleville-Mézière
La Meuse
La Meuse
Les biches ont remplacé les vaches
Les biches ont remplacé les vaches
L’exposition de Thierry l’éclusier
L’exposition de Thierry l’éclusier
Les oies sauvages. Les mâles me sifflent à mon passage.
Les oies sauvages. Les mâles me sifflent à mon passage.
En arrivant à Revin.
En arrivant à Revin.
Petit Gaël colle la septième gommette    roses. Demain il changera de couleur. J’entre en Belgique. 
Centrale nucléaire sur la Meuse
Centrale nucléaire sur la Meuse
Vireux-Vallerand
Vireux-Vallerand
Carrière proche de Givet
Carrière proche de Givet
Givet
Givet
Givet
Givet
Commentaires
Monik141 - 18 mai
C'est vraiment fort ce que tu fais..... Chapeau !!!!! tu as toute mon admiration, et de ma chaise, j'ai envie de te soutenir dans l'effort par un petit conseil...... et si, au lieu de mettre 45 kg de ciment dans tes sacoches..... tu mettais 45 kg de plumes ?????
ça fait réfléchir nan ???
bises
Monik

Jacqueline25 - 18 mai
Une autre suggestion … et si tu me suivais en voiture dans laquelle on mettrait mes sacoches.

Nadstrasbourg - il y a 2 jours
Que de beaux paysages à travers toutes les belles photos que tu nous postes.
C’est bien parti, plus de stress , que de beaux parcours et de de belles rencontres.
La mémoire musculaire fait son œuvre ; les côtes norvégiennes seront plus faciles à grimper ! J’attends avec impatience la suite de l’aventure. Gros bisous

domii70 - hier
Coucou jacqueline. Pendant que certains vont faire un weekend cousinades, toi tu pédales, pédales toujours plus loin. Gros bisous.