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De Besançon au Cap Nord à vélo en 2022. Pérégrinations de Jacqueline

De Besançon au Cap Nord à vélo en 2022. Pérégrinations de Jacqueline

(en cours)
     A Caroline ma fille et à Gaël mon petits-fils, 
 
De Besançon au Cap Nord… Chiche !
 
Partir en solitaire, un défi pour un si long voyage !
Ce sera mon plus long voyage. Si je cumule tous les kilomètres que j’aurai faits depuis mon premier coup de pédale il y a déjà quelques années, j’aurai bouclé environ 65000 km soit 60% du tour de l’Equateur. 
J’ai traversé dix pays de Saint-Nazaire à Constanta en Roumanie, j’ai suivi le Rhin d’Andermatt à Rotterdam, j’ai fait deux fois le tour de Bourgogne dont l’un avec mon petits-fils, au cours d'un tour de la France, j’ai rejoint la côte atlantique par la Camargue, le canal des Deux Mers puis remontée jusqu’à Saint-Nazaire et terminée par L’Eurovelo6 jusqu’à Besançon.
Et début avril, en guise de reprise d’entraînement, j’ai aussi fait le tour d’Alsace, petite balade de 700 km…
Enfin, pour ne pas perdre les bons réflexes et les muscles, petits moteurs qu’il faut indispensablement garder en forme, j’ai pris l’habitude de me rendre à vélo chez mes amis à Strasbourg, en Suisse… Et maintenant, quand Gaël m’accompagne, grand garçon de 5 ans, c’est dans sa remorque à vélo à pédales.
Vertigineux !
Tous ces voyages ont été l’occasion de faire des rencontres magiques, découvrir des paysages magnifiques, avoir des surprises émouvantes. Quand je pédale, j’éprouve un grand sentiment de liberté. Je deviens philosophe, poète, artiste. Je partage mes réflexions et mes sentiments, mes efforts aussi, avec les cyclotouristes qui m’accompagnent quelquefois sur des dizaines de kilomètres. Quelques-uns me disent que croiser une dame de mon âge -j’ai 68 ans- seule, partant si loin, les aide et les motive. Moi aussi je suis très motivée et je continue, le nez au vent et les sourires dans mon baluchon. Quand je rejoins mon point de chute, je retrouve quelques-unes de ces rencontres et je découvre d’autres cyclotouristes avec qui nous échangeons sur nos expériences.
Mais le plus amusant et un peu flatteur aussi je l’avoue, c’est de lire dans le regard de certains l’étonnement, l’admiration et le respect. Parfois même, on me perçoit comme une personne perchée à l’âme romantique. Mais tous font preuve d’humanité, ils sont accueillants, aimables, généreux et surtout admiratifs !
Certaines amies m’ont attribué le terme de jeunior. D’autres sont subjuguées, rares sont celles qui me regardent d’un air circonspect voire dubitatif.
Ma fille Caroline, qui sait que je n’outrepasserai pas mes capacités physiques, me fait confiance et c’est important. De cette façon, je pars tranquille, l’esprit léger. 
Quant à Gaël, mon petit-fils, adepte de cyclotourisme depuis nos échappées complices,  il sera penché sur les cartes à tracer mon parcours et à dessiner des campings et des restaurants ! Mais je sais qu’au fond de lui, il aimerait partir avec moi parce qu’il est sûr que je vais voir le Père Noël au cap Nord !
Cette année, j’ajoute à ma famille et mes amis, les résidents de l’Ehpad « Le village de la Croix Blanche » et les jeunes de l’association Paris de Besançon qui me suivront assidûment.
Enfin, pour mon retour, fin août 2022, je sais que quand je prendrai l’avion à Alta, mes sacoches, mon cœur, ma tête -mes jambes aussi, seront pleins de souvenirs de rencontres, de paysages, de saines fatigues qui me rendront heureuse et fière d’avoir fait ce que j’aurai fait en 3 mois ½. 
 
vélo de randonnée
Quand : 15/05/22
Durée : 106 jours
Distance globale : 5638km
Dénivelées : +26238m / -26332m
Alti min/max : -1m/488m
Carnet publié par Jacqueline25 le 09 mai
modifié le 29 août
3775 lecteur(s) -
Vue d'ensemble

Le topo : Section 8 - 19 juin au 24 juin (mise à jour : 26 juin)

Distance section : 223km
Dénivelées section : +443m / -510m
Section Alti min/max : 1m/93m

Description :

Thyboron / Agger / Stenbjerg - Klitmoller - Hanstholm

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Le compte-rendu : Section 8 - 19 juin au 24 juin (mise à jour : 26 juin)

Dimanche 19 juin 2022
Jour 35
86 km
« J’irais plus vite à mobylette »
Je prends le ferry à Thyboron à 9 heures. 
Brusquement c’est le spectacle !
Ils arrivent. Ils sont dix à mobylettes ou cyclomoteurs. Hier en arrivant à Thyboron, j’ai croisé sur la piste cyclable un autre groupe. Ils prenaient un cours avec un instructeur. La plupart avait des barbes blanches, une jeune femme était parmi eux. Ils ne semblaient pas en grande sécurité sur leurs engins. 
Ceux qui arrivent au ferry ce matin ont entre trente et quarante ans. Ceux-là sont aguerris. Ils partent en vacances et feront environ 300 kilomètres. Ils ont tous une caisse à l’arrière en guise de sacoches et certains ont l’essence dans des jerricans accrochés à l’arrière. Le plus atypique est celui qui tire un gros coffre avec un parasol. C’est le bistrot à lui tout seul ! Dans le coffre il y a une énorme bonbonne de bière. Ils se servent déjà (c’est de la bière pression) en attendant le ferry de 9 heures. Les mobylettes circulent ici aussi sur les pistes cyclables. Dorénavant si je vois un groupe de motocyclettes sur la piste, je me hâterai de me garer dans le talus ! Ils veulent m’offrir une bière, j’accepte le geste mais juste le fond du verre. C’est un moment très atypique et bien marrant. Ils ont dormi sur la plage et ont dû porter leur mobylette J’aurais bien aimé voir cela !!!
Les vacanciers à mobylettes
Les vacanciers à mobylettes
Thyboron
Thyboron
Une petite ouverture dans la digue.
Une petite ouverture dans la digue.
De nombreuses petites ventes
De nombreuses petites ventes
C’est un collège, il ne manque que les toits en tôles et on pourrait s’imaginer être à Mayotte
C’est un collège, il ne manque que les toits en tôles et on pourrait s’imaginer être à Mayotte
Vorupor
Vorupor
Petite nostalgie pour la brique rouge
Petite nostalgie pour la brique rouge
9 heures du matin ! La journée commence bien.
9 heures du matin ! La journée commence bien.
La joyeuse bande
La joyeuse bande
Chez Vanessa. Son père est danois et sa mère était originaire d’Annecy. Sa voisine est française et coiffeuse. Dommage c’est dimanche.
Au milieu des dunes
Au milieu des dunes
Pour terminer la journée.
Pour terminer la journée.
Lundi 20 juin 2022
Jour 36
77 km
« C’est fait !»
Perdue dans la forêt, roulant sur la route avec les voitures, regardant  la mer et me baignant.
Tout à coup, il est là, nous pédalons côte à côte. Il est hollandais. Je suis passée dans son village dans le sud. Il va aux îles Lofoten. Il fait 150 km par jour. C’est la première année qu’il fait du cyclotourisme et il a deux mois devant lui et des kilomètres qu’il peut parcourir. Puis il fait une échappée et avec grande facilité et légèreté, en quelques coups de pédales il disparaît. 
La plage est magnifique, à perte de vue. Je décide de me baigner. Cela fait environ 2 000 kilomètres que je la longe, derrière les immenses digues, dans les dunes, au milieu des forêts, en entrant dans les terres pour visiter les villages… mais elle est toujours à proximité. 
Les rares personnes présentes sur la plage sont au loin. Je fais un tas de mes vêtements et j’y vais. Oh !!! Elle est glacée. Je me mouille rapidement, je saute, je bouge le temps de bien me mouiller et le sable se dérobe, et je tombe dans l’eau… c’est fait je me suis baignée dans la Mer du Nord. Je veux sortir mais trois personnes marchent les pieds dans l’eau, je suis obligée d’attendre car je n’ai pas pris la peine d’enfiler mon maillot qui est tout au fond d’une sacoche. Je suis bien gelée lorsque je peux enfin remettre mes vêtements. Deux hommes arrivent et ils font comme moi. Se mouiller, se tremper et vite ressortir. Leur nudité n’est pas un souci.
J’ai voulu prendre un raccourci
J’ai voulu prendre un raccourci
fjerritslev
fjerritslev
Plage de Fjerritslev
Plage de Fjerritslev
Crabe à Fjerritslev
Crabe à Fjerritslev
Le vélo du photographe . Tout léger il pédalait sans souci dans les gravillons
Le vélo du photographe . Tout léger il pédalait sans souci dans les gravillons
Je me baigne
Je me baigne
Lui aussi
Lui aussi
Je croise trois cyclotouristes aujourd’hui
Je croise trois cyclotouristes aujourd’hui
C’est difficile dans ces gravillons. On n’avance pas. On tressaute sans cesse. On a mal aux bras en retenant son vélo. Le vélo peut être endommagé et les pneus souffrent.
C’est difficile dans ces gravillons. On n’avance pas. On tressaute sans cesse. On a mal aux bras en retenant son vélo. Le vélo peut être endommagé et les pneus souffrent.
Mardi 21 juin 2022
Jour 37
87 km
« Ma Dauphine »
Je suis arrivée hier soir au camping de Rodhus. Il est construit dans une forêt. Les emplacements sont de vraies petites clairières. Échecs géants, mini-golf, chapiteau immense, jeux magnifiques pour enfants ; tout cela est prêt à accueillir un monde fou. Personne ne me reçoit mais je m’installe et j’ai l’impression d’être seule dans cette forêt-camping. Les sanitaires sont ouverts. Je prendrai une douche glacée puisque je n’ai pas de jeton. Je repars ce matin à 6h30.
Je me perds encore dans la forêt… heureusement que j’ai un excellent sens de l’orientation, mais dans la forêt on peut vite tourner en rond, j’utilise donc Google Maps pour me situer. 
J’arrive sur une plage… je reviens donc en arrière pour vérifier le panneau situé à proximité et il m’envoie bien sur cette immense étendue de plage. Je vois une moto, une voiture… sur ce sable très tassé. Je vérifie ma carte qui me confirme que ma piste cyclable passe bien ici sur 5 kilomètres de plage. C’est une surprise exceptionnelle, sensationnelle !!!
Super ! Super ! Mais je déchante rapidement.., ma roue arrière refuse de me suivre correctement et préfère virevolter de droite et de gauche. J’arrive tant bien que mal en dansant avec elle à me maintenir en équilibre jusqu’au moment où c’est « foutu ». La roue arrière devient ingérable. J’essaie de maintenir l’ensemble mais c’est peine perdue. En effet comment retenir cinquante kilos ! Le vélo se couche, je ne tombe pas avec mais je me retrouve à califourchon dessus. Oh ! Là là ! Je me suis cognée fortement le mollet contre le cadre. Après avoir relevé péniblement la pauvre bicyclette, je poursuis ma route-plage et je sais que je devrai faire quatre kilomètres et neuf cents mètres à pied. Le vent est puissant et pousse la bicyclette qui se tient tranquille… et je me dis que si je pesais 48 kg il n’y aurait pas de souci à faire du vélo sur ce sable tassé.
Mon vélo est tellement chargé à l’arrière qu’il se conduit comme un véhicule à traction arrière. 
Je pense à mon père et à sa première voiture. C’était une Dauphine, traction arrière. Durant le premier hiver, sur les routes enneigées du Haut-Doubs, après plusieurs tonneaux sa voiture a terminé sa courte existence dans un champ. Ce jour-là mon père est rentré à la maison après avoir fait cinq kilomètres à pied dans la neige.

Dommage le musée était fermé ce matin.
Dommage le musée était fermé ce matin.
Derrière le rideau : pommes de terre et œufs.
Derrière le rideau : pommes de terre et œufs.
L’Eurovélo12 passe sur la plage
L’Eurovélo12 passe sur la plage
J’ai perdu les panneaux de l’euro vélo
J’ai perdu les panneaux de l’euro vélo
Mon vélo et une voiture au loin
Mon vélo et une voiture au loin
La voilà la piste cyclable !
La voilà la piste cyclable !
C’est la première fois que je vois des installations sur une plage du Danemark

C’est la première fois que je vois des installations sur une plage du Danemark
Ma trace n’est pas très linéaire. Peu après mon vélo se couche.
Ma trace n’est pas très linéaire. Peu après mon vélo se couche.
Ici les rares moutons ne sont pas socialisés comme aux Pays-Bas
Ici les rares moutons ne sont pas socialisés comme aux Pays-Bas
Une touche de piano
Une touche de piano
Je rencontre le premier immeuble-hôtel
Je rencontre le premier immeuble-hôtel
Mon hymer pour cette nuit avec chauffage au camping de Hirtshals
Mon hymer pour cette nuit avec chauffage au camping de Hirtshals
En vêtements d’hiver
En vêtements d’hiver
Vue depuis le camping
Vue depuis le camping
port de Hirtshals
port de Hirtshals
Surplombant le camping
Surplombant le camping
Mercredi 22 juin 2022
Jour 38
68 km
«  Celle qui est tout en vert »
Je vais à Skagen ! C’est la ville la plus au nord du Jutland au Danemark. Elle a été rendue célèbre par la vivacité de l'Ecole picturale à laquelle ce petit village de pêcheurs du XIX siècle a donné son nom.
Je fais 60 kilomètres sans poser le pied à terre hormis lorsqu’il y a  trop de gravillons ou de sable sur la piste. Le vent me pousse à grande allure.
Je croise les filles qui se rendent à Frederikshavn pour prendre le ferry pour Oslo. Pour l’une ce sera la fin de son voyage et pour l’autre après quelques jours chez sa sœur elle reprendra la route vélo pour son retour par l’Eurovelo Scandiberique. 
Poussant  mon vélo à Skagen dans la rue piétonne, je me fais héler par un couple de français de Bellegarde (Josette et Michel). Ils ont entendu parler de moi par les filles quelques jours plus tôt : « Celle qui est tout en vert ». Ils avaient les indices clefs.
Directement nous allons prendre un verre, la communication est très aisée. 
Nous allons ensemble à la pointe de Grenen qui est une bande de sable située à l'extrême nord du Jutland à deux km de la ville de Skagen. 
Nous sommes heureux de voir le conflit des courants de la mer du Nord et de la Baltique. 
On voit réellement les deux mers se rejoindre et former une lèvre d'écume.  Nous avons un pied dans chaque mer. 
C’était à voir et à vivre !
Puis viendra le dîner que nous partagerons ensemble avec grand plaisir. Il sera bien arrosé de spritz-aperol et de bière et remonter ensuite sur nos vélos déchargés de leurs bagages (ils ont aussi des Farrahd TX400), tenir en équilibre sur nos vélos devenus si légers, des plumes… sera bien laborieux pour retourner au camping. 

Hirtshals
Hirtshals
Beaulieu à Hirtshals
Beaulieu à Hirtshals
Immeuble à Hirtshals
Immeuble à Hirtshals
Uggerby
Uggerby
La piste cyclable. Uggerby
La piste cyclable. Uggerby
Uggerby
Uggerby
Skagen
Skagen
Skagen
Skagen
Mer Baltique qui constitue une zone de fort transit maritime, d'exploitation pétrolière et de pêche.
Mer Baltique qui constitue une zone de fort transit maritime, d'exploitation pétrolière et de pêche.
Mer baltique
Mer baltique
On peut partir de Skagen en tractobus
On peut partir de Skagen en tractobus
Un seul se repose sur la bande de sable
Un seul se repose sur la bande de sable
Je demande à Michel de sauter pour représenter notre joie à nous trois !
Je demande à Michel de sauter pour représenter notre joie à nous trois !
La confluence des deux mers : la mer du Nord et la Baltique.
La confluence des deux mers : la mer du Nord et la Baltique.
Josette et Michel
Josette et Michel
Fin de la première partie de mon voyage. Je vais bientôt attaquer la Norvège.
Fin de la première partie de mon voyage. Je vais bientôt attaquer la Norvège.
Mamma mia ! Comme c’est beau.
Mamma mia ! Comme c’est beau.
Jeudi 23 juin 2022
Jour 39
15 km
«  La Mortuacienne »
Première journée d’arrêt depuis mon départ. 
Je trouve un vélociste pour la révision de « Madauphine », la traction arrière. Elle a son vrai prénom dorénavant. C’est en mémoire de Vittorio mon père, passionné par le vélo alors qu’il ne savait pas en faire.
En deux temps trois mouvements le vélociste s’empare de mon vélo, tâte les pneus et les rayons, vérifie les freins, les vitesses, fait tourner les roues pour l’équilibrage, tout va bien ! Il remet la roue avant dans l’axe du vélo, huile la chaîne et me dit que c’est un très bon vélo. Il me dit aussi que ma batterie « Cinq » branchée sur la Dynamo et devant charger mon téléphone est sans doute foutue… ah non ! Non non et non ! cela je ne veux pas l’entendre ! Une batterie encore sous garantie, très onéreuse, que je devais rentabiliser par ce voyage et résultat, je doublerai son prix car je suis obligée de payer l’électricité dans les campings. 
L’odeur de poisson sur le port est prégnante. Cette odeur ne me dérange pas a contrario des fermes allemandes ! Je déjeune dans un des cabanons et deux choses inattendues m’attendent. L’intérieur chic a son sol fait d’une importante couche de sable, plusieurs dizaines de centimètres et la serveuse est une géante, très gentille, toute douce, mais je ne savais pas qu’il fallait manger à Skagen « les plies de Skagen ».
Après une heure de recherche je trouve enfin la poste qui est un comptoir au milieu du pain et des cigarettes dans un supermarché au centre du village. Je dois absolument envoyer un carton de quatre kilos : cartes Radveg, une tenue de vélo, du petit matériel dont je me passerai et un cadeau pour Caroline et Gaël. 
J’arrive essoufflée, casquée, au Skagenmuseum, ayant tout oublié des langues apprises à la hâte. Je voulais absolument voir l’exposition des œuvres de Kroyer. Ils sont gentils avec moi les hommes de la réception. Ils se demandent dans quelle langue je parle. Je pense aussi qu’ils ne doivent pas voir souvent de Français dans ce beau musée. Ils m’accompagnent même aux vestiaires pour me montrer comment fonctionne le casier avec jeton. Oh là là ! Ils ont dû penser que j’étais une martienne jetée dans ce petit village à l’extrême nord du Danemark. 
L’exposition est très intéressante. Les peintres de Skagen se sont installés ici au 19ieme pour y peindre la lumière très particulière à cet endroit. L'esthétique des peintres se caractérise par la représentation de paysages très réalistes aux couleurs riches.
Et il y a le petit plus !   Ce sont des bouteilles de « La Mortuacienne» placées au milieu de livres d’art, d’objets, de cartes postales dans la boutique du musée et pourquoi pas des saucisses de Morteau pendant qu’on y est ! Je demande à l’agréable hôtesse du lieu la raison de « La Mortuacienne » ici au Skagenmuseum à 4 000 kilomètres à vélo de Morteau ? C’est le caviste du village qui l’Importe, et depuis « à Skagen on aime la Mortuacienne ». Elle m’imprime même quatre pages du site du caviste lorsque je lui dis que j’habite à quelques  kilomètres de Morteau et que je suis venue à vélo depuis là-bas. Elle s’est bien marrée et moi aussi.
Il y avait encore une autre incongruité dans ce joli village que j’ai beaucoup aimé : un vélo avec un moteur dans la vitrine d’une galerie et un autre dans une bijouterie. J’ai demandé la raison à la bijoutière. Il s’avère que le Tour de France passe dans une semaine à Copenhague. Sur le vélo il était noté Paris Pékin 2008 et Fédération française de   Cyclotourisme.
Le village de Skagen
Le village de Skagen
Château d’Eau de Skagen
Château d’Eau de Skagen
La gare de Skagen
La gare de Skagen
Le vélo dans la bijouterie
Le vélo dans la bijouterie
Le vélo à moteur dans une galerie
Le vélo à moteur dans une galerie
Skagen
Skagen
Le port de Skagen
Le port de Skagen
Il me dit ce que je veux entendre : « Ténacité, Pugnacité, volonté… Tu vas y arriver »
Il me dit ce que je veux entendre : « Ténacité, Pugnacité, volonté… Tu vas y arriver »
P.S Kroyer
P.S Kroyer
P.S Kroyer
P.S Kroyer
P.S Kroyer
P.S Kroyer
P.S Kroyer
P.S Kroyer
P.S Kroyer
P.S Kroyer
Kroyer
Kroyer
Paul Albert Besnard
Paul Albert Besnard
La Mortuacienne au Skagenmuseum ! Quel clin d’œil !
La Mortuacienne au Skagenmuseum ! Quel clin d’œil !
Les jolis cabanons restaurants sur le port
Les jolis cabanons restaurants sur le port
La serveuse géante
La serveuse géante
Vendredi 24 juin 2022
Jour 40
59 km
«  Des relations humaines dépourvues de formalités »
Je pars vers 7 heures du matin à la pointe de Grenen voir les phoques avant l’arrivée du premier tractobus à 9 heures. Ils ne sont pas au rendez-vous ! Dommage !
Il fait chaud aujourd’hui, 28 degrés, le vent s’est calmé.
Les cinquante neuf kilomètres sont laborieux le long de la nationale 40 pour rejoindre Frederikshavn où je prendrai le bateau qui m’emmènera à Oslo pour la deuxième partie de mon voyage.
Je m’arrête à Albaek et je visite un atelier peinture. Trois peintres exposent. Seule Dunna est présente et nous partageons un excellent moment ensemble. Elle est norvégienne. Elle est retraitée aussi. Elle peint plusieurs heures quotidiennement. 
Elle peint des scènes extérieures en utilisant essentiellement du bleu. Les personnages sont dans le mouvement, ils sortent ou entrent dans ce bleu. Le bleu d’ici ! le bleu et blanc du ciel ! le bleu de la mer du Nord ! C’est expressif, c’est frais, c’est beau, j’aime bien.
Il y a deux autres tableaux que j’aime beaucoup, beaucoup ! 
L’un est un visage et l’autre trois  visages qui représentent les trois petits singes dont la symbolique « ne rien voir, ne rien entendre et ne rien dire » n’est pas ce qui me caractérise et ni Dunna d’ailleurs. 
La communication est aussi aisée avec Dunna qu’avec Marta à Busum, ou avec Mathilde la jeune maroquinière de Dorcy Saint Martin ou avec Jacob rencontré à Dordrecht et je passe sur les « Deux filles Radia et Maryline» et « Josette et Michel » et bon  nombre d’autres.
C’est un long moment extrêmement sympathique dans l’atelier, Dunna éclate de rire lorsque je lui dis que dans ma famille il y a un artiste sculpteur, une qui commence à parcourir le monde et moi qui ne sait faire que du vélo. Merci à Dunna ! J’aime qui elle est et j’aime ses peintures.
Puis j’arrive à Frederikshavn. Je vais repérer où je dois prendre mon bateau pour rejoindre Oslo. 
Il y a un monsieur allemand à côté de sa voiture qui attend « ses chevaux », mon traducteur nous fait des farces, pour aller à Göteborg en Suède. Quatre ans en arrière il a fait le mont Everest grimpant à 7 000 mètres d’altitude. Il a 85 ans !!! On ne le dirait pas !!! C’est un athlète. Aujourd’hui il fait un petit voyage pour se changer les idées car ces quatre dernières années il a accompagné son épouse qui n’est plus en vie depuis quatre semaines. Et il rit de notre discussion, le traducteur la rend marrante.  
Le phénomène est particulier. Les rencontres, la communication sont extrêmement faciles, dépourvues de formalités tout en étant profondes. Différents paramètres sont sans doute à retenir : je suis seule, atypique, une grand-mère parcourant le monde sur son vélo où tout est vert, en harmonie, cela intrigue, lorsqu’ils savent d’où je viens et où je vais, les interactions sont très rapides. Ce sont des relations humaines non hiérarchisées, des relations d’identification mutuelle et d’empathie. Avec les autres cyclotouristes c’est pareil. Nous nous sommes échappés de notre quotidien ; nous parcourons le monde sur de frêles montures ; le sport à haute dose rend heureux, volubile ;  les heures passées seul-e vont renforcer la communication ; nous savons que chaque étape doit se gagner aux prix d’efforts ; nous sommes une sorte de confrérie et les rencontres  «  C’est le sel de la chose ».
Puis ce sera une longue attente du bateau qui a presque deux heures de retard et c’est à deux heures du matin que je rejoints ma cabine très confortable de l’immense bateau pour ce qui reste de nuit.

Depuis la pointe de Grenen
Depuis la pointe de Grenen
Sur le sable de Grenen
Sur le sable de Grenen
À défaut de phoques je vois une biche
À défaut de phoques je vois une biche
Œuvres de Dunna…
Œuvres de Dunna…
Les trois singes
Les trois singes
Frederikshavn
Frederikshavn
Frederikshavn
Frederikshavn
Je passerai 10 heures dans ce bateau
Je passerai 10 heures dans ce bateau
Commentaires
Voisine12 - 20 juin
Coucou Jacqueline..
Que c'est beau le Danemark !!!!
Sauvage...
Voyage en terre inconnue....
Pour moi en tout cas..
Toujours en pleine forme ??
J'essaie d'amener mon tuyau d'arrosage jusqu'à ton portail pour arroser un peu tes hortensias qui font grise mine avec cette chaleur...
Bravo et bonne route

Edith IA - 20 juin
Coucou Jacqueline,
Je me connecte aujourd'hui seulement et du coup je t'ai lue depuis le début. Que de km parcourus, de paysages splendides, de rencontres pittoresques.... et quelle détermination à braver la pluie, le vent , la fatigue pour poursuivre ce projet. Bravo !
Tes photos sublimes et tes textes pétillants nous permettent de découvrir des paysages inconnus et de voyager un peu avec toi, même si tu n'as besoin de personne, on l'aura compris ....!
Bravo pour ce beau projet !
Bises et bonne route

CaroC - 21 juin
Faire du nudisme dans la mer du Nord !!!
:)

Jacqueline25 - 21 juin
Et faire du vélo toute la journée et atterrir au point septentrional du Danemark demain pour la grand-mère de ton fils, faire du nudisme reste un petit détail. Plein de bisous à vous deux 💋💋💋💋

domii70 - 21 juin
Et bien Jacqueline, voilà que tu fais du nudisme dans une mer bien fraiche!!!! J'étais pliée en lisant ton récit.
Bisous.

CaroC - 25 juin
La Mortuacienne à Skagen, incroyable...
Propose leur un jumelage en rentrant, mélange de l'art et de la saucisse !

CaroC - 25 juin
Accueillie à la dernière étape de la première partie de ton voyage comme la femme en vert...
Tu étais attendue comme le loup vert 😁😁😁
Que de belles aventures, de rencontres déjà,... Fin de la première partie, cap sur la Norvège !
Bienvenue à Oslo !!!
Je t'embrasse très très fort 😘😘😘

Marijoautun - 25 juin
Cc Jacqueline, le Danemark me donne vraiment envie même si je préfère les pays chauds... particulièrement Skagen puisqu'ils ont très bon goût, ils aiment la Mortuacienne 😍😉
En tout cas, je lis toujours avec grand plaisir tes aventures. Ne lâche rien, bonne continuation. Gros bisous.