La traversée des Pyrénées par le GR10, entre autres !

(réalisé) share(partager)
randonnée/trek
Quand : 31/05/19
Durée : 39 jours
Distance totale : 810.2km Dénivelées : +46533m / -46555m
Alti min/max : 19m/2705m
Carnet créé par Béryl le 14 juil.
modifié le il y a 1 jour
S'y rendre de manière douce : C'est possible en train bus
Précisions : Départ possible depuis les gares de toute grande ville.
Coup de coeur ! 1054 lecteur(s) - 15
Vue d'ensemble

Le topo : J13 - Gabas/Gourette (mise à jour : 09 sept.)

Distance section : 27.8km Dénivelées section : +1790m / -1485m
Section Alti min/max : 1055m/1946m

Description :

Indications GPS (différentes de celles du site ; je ne comprends pas pourquoi) :

Distance : 29.33Km
Dénivelé positif : 1231m
Dénivelé négatif : 1529m
Temps de marche : 6h23
Temps d'arrêt : 1h49

Cliquez sur la trace pour faire apparaître le dénivelé.

Télécharger traces et points de cette section au format GPX , KML
Télécharger traces et points pour l'ensemble du carnet (toutes les sections) GPX , KML

Le compte-rendu : J13 - Gabas/Gourette (mise à jour : 09 sept.)

Mercredi 12 juin 2019


5h00 pétantes, je me lève. Pas besoin de réveil, je suis calé.
Marion et Jean-François, couple parmi les six occupants de cet étage me rejoignent peu après dans la cuisine. Nous préparons nos petits-déj dans un silence sépulcral. Il faut dire qu'Oliver, l'Allemand qui m'a indiqué le gîte hier, a choisi de dormir dans le salon attenant à la cuisine. J'ai eu beau le prévenir que je me levais tôt, il n'a pas voulu en démordre.
Je sors à 6h05.
Dans ma tête, c'est déjà tranché : je prendrai la variante passant par Eaux-Bonnes. Un petit pincement, quand même ; la Hourquette d'Arre à 2465m devait couronner cette étape par une vue splendide.
Mais autant le GR peut se révéler cruel par moment, autant il peut aussi réserver de bonnes surprises...

Le passage par la corniche des Alhas est certes périlleux avec son chemin étroit et ses mains courantes, mais offre un panorama magnifique sur le versant lui faisant face. Pour les personnes sensibles au vertige, une variante existe par le pont du Goua.
Après avoir traversé le tumultueux Soussouéou, j'attaque la montée vers le plateau du Cézy (1610m), d'abord dans la forêt par une pente bien raide et surtout très longue puis à flanc de falaise vers celle bien, mais alors bien bien raide de la Tume. Il me faudra une heure et demie sans pause pour venir à bout de ces grimpettes.
Ouf, nous nous posons, Marion et Jean-François qui m'ont très vite rejoint sur le chemin, et moi non loin des cabanes de Cézy pour souffler un peu. C'est là, précisément qu'il faut faire un choix : à droite pour la Hourquette d'Arre, à gauche pour la variante par Eaux-Bonnes. Eux hésitent encore, mais pas bien longtemps. En quelques minutes ils décident de prendre à droite. Ils n'ont ni piolet ni crampons. C'est complètement inconscient ! J'essaie de les raisonner, mais rien n'y fait, ils partent.
Arrivent alors Oliver, l'Allemand et... (trou de mémoire), le Hollandais, chauds bouillants pour la Hourquette. Ils sont chauds bouillants pour n'importe quoi, d'ailleurs ! Ils cherchent à m'embarquer avec eux. Négatif, les amis, j'ai eu mon content d'émotions fortes jusqu'ici.
Les voilà partis à leur tour. Au moins ils ont des crampons, eux.
Je m'apprête à décoller quand un gars se pointe. Bonjour, Christophe, garde des Pyrénées. Nous discutons longuement sur ce métier qui m'intrigue.
Lui va vers la Hourquette, mais s'arrête dans une cabane avant le sommet. Il a bien sûr les accessoires adéquats et fait une mou de dépit quand je lui dis que certains se sont engagés sur cette voie sans aucun équipement. D'après lui, sans piolet ça risque être difficile, mais sans crampons c'est carrément dangereux, parce qu'en plus de la neige, il a gelé cette nuit.
Gardons espoir.

Il est 9h30 bien passé quand je pars vers Eaux-Bonnes. Je vois trois personnes qui sortent d'une des cabanes de Cézy. Elles ont dû y passer la nuit ; des lève-tard ! Je mène mon train de montée et ne les rattraperai pas.
Un vent glacé m'accompagne, mais je suis bien couvert. Très vite, le paysage devient enchanteur. L'herbe gelée crisse sous mes pas et Jean-Pierre (le surnom du Pic du Midi d'Osseau) prend la pose sous un ciel immaculé. Un petit névé de trois fois rien à franchir et j'arrive au col de Lurdé (1948m).
La vertigineuse corniche des Alhas...
La vertigineuse corniche des Alhas...
... et ses magnifiques vues.
... et ses magnifiques vues.
C'est là qu'il faut choisir !
C'est là qu'il faut choisir !
Mon choix est fait : je passe donc devant la cabane de Cézy.
Mon choix est fait : je passe donc devant la cabane de Cézy.
Salut de plus près, Jean-Pierre !
Salut de plus près, Jean-Pierre !
Cette variante est vraiment un régal avec de magnifiques paysages.
Cette variante est vraiment un régal avec de magnifiques paysages.
J'en prends plein la vue, c'est du pur bonheur. Vraiment, je regrette pas !
Peu après le col de Lurdé, je rencontre deux anciens accompagnés de leur chien. Ils ne ressemblent pas à des bergers et m'avouent chercher des champignons !
Je présume qu'ils se paient ma tête, mais devant mon air goguenard, reprennent avec sérieux : nous cherchons des mousserons, plus précisément. Et oui, figurez-vous qu'il y en a ici, bon pas aujourd'hui, mais on en trouve régulièrement à la saison.
Je reste dubitatif...
Vous nous croyez pas ?! On trouve même des cèpes, parfois, oui oui, là, sur ce talus à 2000m juste à côté.
Bon, pourquoi pas après tout...
Dans la discussion, je leur explique la variante que j'ai prise pour éviter la Hourquette d'Arre et appuie mon explication par les propos du garde national de Pyrénées que j'ai croisé au col de Cézy.
Un ange passe... Je remarque qu'ils se raidissent un peu.
Il est parti où ce garde, me demandent-ils ?
Il a grimpé la hourquette et devait s'arrêter à une cabane, d'après ce qu'il m'a dit.
Décontraction.
Oh oh, les papys, vous avez quelque chose à vous reprocher ?
Je n'en saurais pas plus ! Nous nous quittons peu après, eux rentrant vers leur cabane et moi continuant mon chemin.

Un peu plus loin, je croise un gars qui monte. Il est parti d'Eaux-bonnes où il habite.
Il a besoin de faire une pause et la discussion s'amorce. Nous parlons bien sûr du GR10. Il m'apprend que le trajet Eaux-bonnes/Gourette se résume à une douzaine de kilomètres de route.
J'avais lu quelque chose comme ça sur un forum, il me semble, mais il me semble aussi que le topoguide ne passait pas par la route.
Bon, je verrai ça une fois arrivé, au pire je m'arrêterai au camping.
La descente vers Eaux-Bonnes, longue comme un jour sans pain, n'est pas la plus pénible des arrivées de village (le trophée reviendra à celles d'Arles-sur-Tech dans quelques jours !).
De nombreux lacets à travers une forêt de conifères et la traversée d'un parc d'accrobranche qui semble fermé.
J'arrive au pied du casino et me rends de suite à l'office du tourisme. Appel au camping : pas de bol, il n'ouvre que le week-end prochain. Pas possible d'avoir juste un petit coin de pelouse pour un randonneur ? Non, pas possible, problème d'assurance.
Je sors dépité. Ça doit se voir, car un gars m'aborde et me demande si je veux de l'aide.
C'est une situation récurrente sur le GR : dès que vous semblez perdu, en ville notamment, il y a souvent quelqu'un qui vous propose de l'aide. Je le vérifierai d'autres fois dans les jours à venir.
Ce gentil bonhomme, dont j'ai bien entendu oublié le nom, propose directement de m'amener à Gourette après que je lui aie expliqué mon problème !
Douze bornes de goudron évitées (même s'il me semble bien que le topoguide...), je signe de suite !
Laissez-moi deux minutes pour que je me ravitaille dans cette épicerie, là, et je vous suis.
Quand je sors, je vois mon chauffeur en grande discussion avec... Hey ! Eveleine, tu as pris la variante toi aussi ? Bin oui, panouille puisqu'elle est là ! Elle a aussi dormi dans la cabane de Cézy et faisait partie des trois personnes qui en sont sorties devant moi.
Allez, zou, tout le monde dans la voiture, direction Gourette !
En chemin, nous apprenons qu'il s'occupait des chalets CAF et que c'est justement lui qui a fait fermer celui de Gabas pour un problème de mise aux normes au prix démentiel.
J'apprendrai plus tard que c'est plus compliqué que cela...
Qu'est-ce que je vous disais !
Qu'est-ce que je vous disais !
Vous en voulez encore ?
Vous en voulez encore ?
Vous verriez ça en vrai...
Vous verriez ça en vrai...
Alignement de villages dans la vallée.
Alignement de villages dans la vallée.
Eaux-Bonnes à 1h20 de marche.
Eaux-Bonnes à 1h20 de marche.
La descente tortueuse dans la forêt sera longue...
La descente tortueuse dans la forêt sera longue...
... mais distrayante !
... mais distrayante !
Pas sur d'être accepté dans ma tenue de grdiste !
Pas sur d'être accepté dans ma tenue de grdiste !
Je pose ma tente sur une piste de ski, à l'abri d'un talus.
Des ouvriers travaillent sur un bâtiment de remontée mécanique et m'indiquent un robinet où je peux remplir mes gourdes.
Un bar ouvert ? Oui, Le Tremplin, c'est le seul commerce ouvert ici en ce moment.
Pas de bol, le patron est parti faire des courses. Bon, je repasserai.
Eveleine ne plante pas sa tente de suite. Elle décide de revenir en arrière sur le GR pour aller jusqu'au lac d'Anglas. Très peu pour moi, merci !
Je zieute la carte du Tremplin (qui fait aussi restaurant et même gîte !) : c'est tentant et semble honnête pour 17,50€, mais tout seul, bof bof.
J'y retourne en toute fin d'après-midi et me prends une petite mousse. Le patron est vraiment sympa et grand connaisseur de la montagne. Il m'explique le problème du déficit de neige de cet hiver (moitié moins que l'année dernière !), malgré le fait que Gourette soit dans une vallée fermée et donc plus propice aux chutes de neige. D'ailleurs, deux semaines avant, il en est tombé pas loin d'un bon demi-mètre en une nuit ! Paradoxe.
Je n'ai pas fini ma bière que les aventuriers de la hourquette débarquent ! Ah vous voilà, honnêtement je m'inquiétais pour vous, d'autant plus que j'ai vu passer l'hélicoptère de la sécurité civile tout à l'heure ! Alors ça s'est bien passé ?
Oui, c'est passé, pas facile, mais c'est passé.
Ils ont réservé des appartements par AIRB&B et viennent manger ici ce soir.
Tu manges avec nous ?
Je n'hésite plus : ok, j'arrive !
Le repas sera plus que copieux ! Moi qui ai tout le temps faim, sortirai de table rassasié ! Il faut dire que le patron n'est pas avare. Les plats sont posés sur la table à la bonne franquette et chacun se sert. Je reprendrai trois fois de garbure et me resservirai de côte de bœuf aux cèpes et frites maison. Quant à la tarte aux fruits flambée à l'armagnac...
Tout ça servi avec un petit vin fort honnête.
Bref, je rentrerai à ma tente en pensant que décidément j'ai pris la bonne décision hier matin.

Gourette au petit matin (le Tremplin est tout au fond à droite au panneau bleu ciel).
Gourette au petit matin (le Tremplin est tout au fond à droite au panneau bleu ciel).
Commentaires

Actuellement en kiosque

Carnets d'Aventures N°57