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Ma traversée des Alpes

19 jours
546km
+33541m / -33204m
Par Runner Gatinais
publié hier
8 lecteurs
Informations générales
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Ma traversée des Alpes

Jour 5: St Sauveur sur Tinée - Roya

Mise à jour section : 09 août

28.6km
+2349m / -1325m
501m/2598m
32.93km / D+ : 2438 / D- : 1441

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Jour 5: St Sauveur sur Tinée - Roya
Petit-déjeuner léger ce matin, mais suffisant pour lancer la machine. Il ne faut pas trop traîner : la journée s’annonce solide, et dès les premiers kilomètres, le profil promet de mettre les jambes au travail.
L’objectif du jour est clair : rejoindre le col de Crousette, perché à 2 480 mètres. Rien qu’en regardant la carte, je comprends que cette cinquième étape ne sera pas une simple formalité.
D’entrée, le ton est donné : huit kilomètres de montée à plus de 14 %. Le corps n’a pas vraiment le temps de discuter. Je passe par Roure, qui tombe à point nommé pour une pause et un plein d’eau après cette première portion bien raide. Je traverse le village en continuant de grimper, puis j’atteins la Barre, à 1 373 mètres, où cette première montée finit enfin par relâcher son étreinte.
La suite emprunte une piste forestière moins bucolique, régulièrement parcourue par des camions de travaux publics. Le contraste est un peu rude après les sentiers de montagne, mais il fait partie du chemin. Je passe sous le hameau de Rougios, en gardant le regard fixé sur la prochaine difficulté.
De là, une nouvelle montée s’impose jusqu’au refuge de Longon. Cinq kilomètres à grimper, heureusement souvent à l’ombre, ce qui change tout dans l’effort. En franchissant le ruisseau de l’Arcane, le sentier se redresse encore : le refuge approche, mais il faut aller le chercher. J’y arrive un peu avant midi, avec le sentiment d’avoir parfaitement calé mon timing. On m’a vanté la cuisine du lieu, et même la meilleure omelette du GR. Finalement, je me laisse tenter par des crozets au fromage, accompagnés de limonades locales. À ce moment-là, c’est exactement ce qu’il fallait.
Après ce vrai ravitaillement, il faut repartir vers le col de Crousette. Avant la montée principale, le chemin traverse une sorte de plateau, puis descend jusqu’à un ruisseau. C’est là que les choses sérieuses reprennent. La pente commence doucement, comme souvent dans les prairies d’alpage, avant de redescendre légèrement pour franchir le ruisseau du Démant. Ensuite, le sentier se raidit en direction du premier col, celui de Moulines, à 1 981 mètres. Une fois ce passage franchi, la pente se calme un peu, mais le décor change radicalement : la végétation se fait rare, le sol devient rocailleux, presque austère. En face, la Barre Sud du Mounier dresse ses grandes falaises, et la vue, elle, coupe littéralement le souffle.
Lorsque ma montre m’indique la fin de la montée, je débouche sur un paysage presque lunaire. Je crois un instant en avoir terminé avec les gros dénivelés. Erreur. Le chemin m’offre d’abord 600 mètres de légère descente, juste assez pour récupérer et pour me faire espérer… avant de repartir vers le haut. Je distingue un passage qui semble mener au sommet et je me persuade que le col est là. En réalité, il se cache plus bas, derrière.
Allez, encore 800 mètres à grimper sur cette rampe finale. Dans la montée, je croise un autre GRdiste qui n’a pas l’air au mieux. Je lui demande si ça va ; il me répond qu’une douleur au genou le gêne. Je lui propose quelques ibuprofènes pour le soulager. Cette courte rencontre, en plus d’être utile, m’offre une petite pause bienvenue au milieu de l’ascension.
Une fois au sommet, il faut presque faire demi-tour : virage à 180 degrés pour emprunter une petite crête et descendre enfin vers le col de Crousette, à 2 480 mètres. Là-haut, le vent souffle franchement, et derrière moi le ciel commence à se couvrir. La montagne change vite de visage ; je ne m’attarde pas plus que nécessaire.
J’entame alors la longue descente vers Roya, avec l’idée simple et tenace de rejoindre le gîte avant que la météo ne décide de compliquer la fin de journée.
Le début est technique, mais les appuis se trouvent bien et la descente passe sans mauvaise surprise. Plus bas, le terrain s’ouvre sur un plateau qui me permet de relancer, presque de trottiner par moments. Puis la pente se marque de nouveau dans les prairies, avant que le parcours ne s’enfonce peu à peu dans la forêt. Les kilomètres défilent, portés par cette sensation particulière des fins d’étape : la fatigue est là, mais l’arrivée commence à tirer vers elle.
Une dernière petite montée vient rappeler que rien n’est jamais totalement donné sur le GR. Puis, enfin, le gîte apparaît sous un grand soleil. Après cette journée exigeante, entre pistes, alpages, paysages lunaires, vent au col et longue descente, l’arrivée à Roya a le goût simple et franc d’une belle délivrance.
Crozets et limonades locales
Crozets et limonades locales
St Sauveur sur Tinée
St Sauveur sur Tinée
Rfeuge de Longon
Rfeuge de Longon
Eglise de Roure
Eglise de Roure
Barre Sud du Monier
Barre Sud du Monier
Dernière grosse montée du jour
Dernière grosse montée du jour
Roya, il faudra grimper une dernière fois
Roya, il faudra grimper une dernière fois
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