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Ma traversée des Alpes

19 jours
546km
+33541m / -33204m
Par Runner Gatinais
publié il y a 5 heures 55mn
8 lecteurs
Informations générales
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Ma traversée des Alpes

Jour 16: Les Contamines - Moede Anterne

Mise à jour section : hier

33.3km
+2758m / -1885m
996m/2526m
37.75km / D+ : 2898 / D- : 2014

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Une bonne nuit, et ça repart. Sur le papier, cette journée a tout pour être la plus grosse de la traversée : environ 35 kilomètres, près de 2 800 mètres de dénivelé positif, et surtout cette fameuse montée vers le Brévent que je redoute depuis un moment. Autant dire que je quitte les Contamines avec un mélange d’envie et d’appréhension.
Je pars des Contamines pour récupérer le GR5. À peine retrouvé, je réussis l’exploit de le prendre dans le mauvais sens. Demi-tour rapide, histoire de remettre tout de suite la journée sur les bons rails, direction les Houches.
Je traverse Bionnassay puis Champel, en alternant montées, descentes, chemins et portions de goudron. Le parcours ondule sans cesse, comme s’il cherchait à user les jambes avant même la vraie difficulté du jour. Puis j’attaque la montée vers le col de Voza, à 1 650 mètres. Il y a encore beaucoup de monde sur le sentier, puis au col lui-même. Au-dessus, j’aperçois le refuge du Goûter, perché à plus de 3 800 mètres. Le voir là-haut me ramène aussitôt à cette nuit que j’ai eu la chance d’y passer. Une autre aventure, un autre souvenir de montagne, qui surgit au milieu de celle-ci.
Après le col, il reste encore un peu de montée, puis vient la descente vers les Houches. J’y arrive vers 11 heures. Comme souvent, j’ai le chic pour débarquer à une heure bâtarde : trop tôt pour un vrai repas, alors que je pensais pourtant mettre plus de temps à rejoindre le village.
Je fais donc simple : arrêt à la boulangerie, une boisson, quelques pâtisseries, et me voilà reparti vers 11 h 15. Devant moi se dresse maintenant la grande montée du jour, celle que j’avais entourée mentalement en rouge.
Le début se fait à l’ombre, et c’est une vraie chance, car le soleil tape encore fort. Malgré cela, la pente se montre tout de suite sérieuse. Le sentier longe la montagne en prenant de l’altitude, puis traverse un petit torrent pour changer de versant. Certains passages demandent de mettre les mains ; quelques câbles sont là au cas où. La marche devient presque une petite escalade, et l’effort prend une autre dimension.
Peu à peu, l’ombre disparaît. Il ne reste plus que le soleil, la pente et cette impression de devoir gagner chaque mètre. Quand j’arrive enfin au refuge de Bellachat, je découvre qu’il n’y a pas d’eau à disposition. Tant pis : j’achète une bouteille, ainsi que quelques sodas pour remettre un peu de carburant dans la machine. À ce moment-là, le prix compte moins que le besoin de relancer le corps.
Après une dizaine de minutes de pause, je repars regonflé. Il reste encore à en finir avec cette ascension. Je grimpe, encore et encore, jusqu’à atteindre enfin le sommet du Brévent. Et là, tout s’ouvre : le massif du Mont-Blanc se tient juste en face, immense, évident, presque irréel. L’effort trouve soudain sa récompense.
Je prends le temps de récupérer, de laisser redescendre le souffle et d’apprécier la vue. Puis je me lance dans la descente. Dès les premiers mètres, je commets une erreur de parcours et me retrouve à descendre un gros pierrier qui n’était pas du tout prévu au programme. La journée était déjà assez costaude comme ça ; il fallait visiblement ajouter un petit bonus.
Quand je récupère enfin le GR, une montée imprévue m’attend encore pour atteindre le col du Brévent. De là, une longue descente commence, d’abord assez pentue. C’est là que je rencontre Jules, qui vit sa première journée sur le tour des Aiguilles Rouges. Le massif domine tout le panorama devant nous, splendide et imposant, comme un décor de fin de traversée.
Nous descendons ensemble jusqu’à traverser un ruisseau par un petit pont. Puis le sentier se redresse de nouveau : près de trois kilomètres de montée nous attendent jusqu’au refuge de Moëde-Anterne. Après cette journée déjà bien remplie, chaque lacet compte. Nous arrivons à 18 h 10 précises, avec cette satisfaction un peu muette des journées qu’on termine au mental.
Ce soir, ce sera bivouac. Chacun installe sa tente, puis nous mangeons ensemble en partageant nos histoires de montagne et quelques morceaux de vie personnelle. Ces rencontres de fin d’étape ont quelque chose de simple et précieux : deux trajectoires qui se croisent le temps d’un repas, avant de repartir chacune de leur côté. Demain, nos chemins se sépareront.
Champel
Champel
Col de Voza
Col de Voza
Montée vers Brévent
Montée vers Brévent
Du Brévent on voit le massif du Mont Blanc
Du Brévent on voit le massif du Mont Blanc
Moede Anterne
Moede Anterne
Les Aiguilles Rouges
Les Aiguilles Rouges
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