Dans la continuité de mes quelques jours en avril de l'Eurovélo 8, je me suis lancé sur la traversée des Alpes en partant de Menton pour rejoindre le lac Léman à St Gingoph.
Un parcours où j'ai suivi le GR52 puis le GR5 à contre sens des habitudes
Un parcours où j'ai suivi le GR52 puis le GR5 à contre sens des habitudes
Activité :
randonnée/trek
Statut :
réalisé
Distance :
546km
DATE :
18/07/2026
Durée :
19 jours
Dénivelées :
+33541m
/ -33204m
Alti min/max :
10m/2748m
Mobilité douce
Réalisé en utilisant transports en commun (train, bus, bateau...)
Mise à jour section : il y a 3 jours
25.3km
+1522m
/ -1152m
1883m/2469m
Je quitte le refuge avant 7 h 30, avec mes 4,5 kilomètres d’avance grappillés la veille. Ce petit matelas me rassure, même si la journée reste ouverte. Dans un coin de ma tête, l’idée de pousser au-delà du refuge de l’Arpont me tente déjà, mais le prochain refuge demanderait d’ajouter encore 11 à 12 kilomètres. Autant dire que rien n’est décidé. Comme souvent, ce sera le terrain, les jambes et les événements qui trancheront.
La journée commence presque gentiment, par une petite descente pour réveiller le corps. Mais la montagne ne tarde pas à annoncer la couleur : une montée de 2,7 kilomètres à 17 % m’attend pour me mettre dans le bain. Une bonne partie se fait en forêt, ce qui adoucit un peu l’effort, même si certains passages se redressent franchement. Je pense alors à l’avance prise hier, et je me dis que j’ai bien fait : sans elle, il aurait fallu enchaîner deux grosses montées d’entrée. En sortant des arbres, il ne reste que quelques centaines de mètres avant d’en finir avec cette première difficulté.
Ma montre, toujours pleine d’optimisme dans sa cruauté numérique, m’annonce encore dix montées à venir. Je poursuis pourtant sur des chemins faciles, sans difficulté technique, jusqu’au col du Barbier, à 2 295 mètres. En descendant, la vue s’ouvre sur deux retenues d’eau successives posées sur le ruisseau Saint-Benoît : le Plan d’Amont et le Plan d’Aval. Deux grandes nappes bleues encadrées par la montagne, qui donnent soudain de l’ampleur au paysage.
J’entre alors officiellement dans le parc national de la Vanoise. Le simple mot change quelque chose dans l’esprit : on sent que le décor devient plus vaste, plus protégé, presque plus solennel. Et surtout, bonne nouvelle pour le marcheur : l’eau est partout. Après les journées où chaque fontaine ressemblait à un miracle, cette abondance a des airs de luxe.
J’enchaîne montées et descentes jusqu’au bout du Plan d’Amont, puis je ressors du parc national en passant sous le refuge de la Fournache. Au loin, les pointes à plus de 3 000 mètres dominent le paysage et imposent leur présence. J’arrive au refuge de Plan Sec vers 11 heures. C’est trop tôt pour déjeuner, mais je sais qu’ensuite je ne croiserai plus d’autre refuge. Je demande quand même s’il est possible de manger quelque chose. On me répond que, bien sûr, il est encore trop tôt… mais qu’on peut me proposer du fromage. Forcément, j’accepte. Sur le GR, un morceau de fromage au bon moment vaut parfois un vrai repas.
En reprenant le chemin, je tombe sur un rocher posé là, presque seul au milieu de l’alpage. Un panneau raconte la légende du Rocher du Diable. J’aime ces petites histoires accrochées aux lieux : elles donnent au paysage une voix supplémentaire. Plus loin, le sentier passe à fleur de falaise, puis traverse le Petit Saint-Pierre avant de remonter sur quelques mètres.
Les lacets se succèdent ensuite jusqu’au col de la Turra, très fréquenté ce jour-là. Après plusieurs jours à croiser surtout des randonneurs au compte-gouttes, cette présence humaine surprend presque. Je repars pourtant sans trop m’attarder. Le chemin monte directement, puis contourne le Roc des Corneilles, offrant une belle vue sur le passage à emprunter. De quoi jauger la suite avant d’y mettre les pieds.
Plus loin, le paysage s’ouvre encore : glaciers en toile de fond, torrents d’eau fraîche qui dévalent, reliefs puissants et lumineux. Après une dernière montée de plus de deux kilomètres, j’arrive enfin au refuge de l’Arpont. Je pourrais pousser plus loin, vers le refuge d’Entre-Deux-Eaux, mais une douleur au genou me rappelle à la prudence. Il reste encore sept jours pour terminer la traversée ; inutile de jouer les héros au mauvais moment. Ce soir, la sagesse l’emporte.
La journée commence presque gentiment, par une petite descente pour réveiller le corps. Mais la montagne ne tarde pas à annoncer la couleur : une montée de 2,7 kilomètres à 17 % m’attend pour me mettre dans le bain. Une bonne partie se fait en forêt, ce qui adoucit un peu l’effort, même si certains passages se redressent franchement. Je pense alors à l’avance prise hier, et je me dis que j’ai bien fait : sans elle, il aurait fallu enchaîner deux grosses montées d’entrée. En sortant des arbres, il ne reste que quelques centaines de mètres avant d’en finir avec cette première difficulté.
Ma montre, toujours pleine d’optimisme dans sa cruauté numérique, m’annonce encore dix montées à venir. Je poursuis pourtant sur des chemins faciles, sans difficulté technique, jusqu’au col du Barbier, à 2 295 mètres. En descendant, la vue s’ouvre sur deux retenues d’eau successives posées sur le ruisseau Saint-Benoît : le Plan d’Amont et le Plan d’Aval. Deux grandes nappes bleues encadrées par la montagne, qui donnent soudain de l’ampleur au paysage.
J’entre alors officiellement dans le parc national de la Vanoise. Le simple mot change quelque chose dans l’esprit : on sent que le décor devient plus vaste, plus protégé, presque plus solennel. Et surtout, bonne nouvelle pour le marcheur : l’eau est partout. Après les journées où chaque fontaine ressemblait à un miracle, cette abondance a des airs de luxe.
J’enchaîne montées et descentes jusqu’au bout du Plan d’Amont, puis je ressors du parc national en passant sous le refuge de la Fournache. Au loin, les pointes à plus de 3 000 mètres dominent le paysage et imposent leur présence. J’arrive au refuge de Plan Sec vers 11 heures. C’est trop tôt pour déjeuner, mais je sais qu’ensuite je ne croiserai plus d’autre refuge. Je demande quand même s’il est possible de manger quelque chose. On me répond que, bien sûr, il est encore trop tôt… mais qu’on peut me proposer du fromage. Forcément, j’accepte. Sur le GR, un morceau de fromage au bon moment vaut parfois un vrai repas.
En reprenant le chemin, je tombe sur un rocher posé là, presque seul au milieu de l’alpage. Un panneau raconte la légende du Rocher du Diable. J’aime ces petites histoires accrochées aux lieux : elles donnent au paysage une voix supplémentaire. Plus loin, le sentier passe à fleur de falaise, puis traverse le Petit Saint-Pierre avant de remonter sur quelques mètres.
Les lacets se succèdent ensuite jusqu’au col de la Turra, très fréquenté ce jour-là. Après plusieurs jours à croiser surtout des randonneurs au compte-gouttes, cette présence humaine surprend presque. Je repars pourtant sans trop m’attarder. Le chemin monte directement, puis contourne le Roc des Corneilles, offrant une belle vue sur le passage à emprunter. De quoi jauger la suite avant d’y mettre les pieds.
Plus loin, le paysage s’ouvre encore : glaciers en toile de fond, torrents d’eau fraîche qui dévalent, reliefs puissants et lumineux. Après une dernière montée de plus de deux kilomètres, j’arrive enfin au refuge de l’Arpont. Je pourrais pousser plus loin, vers le refuge d’Entre-Deux-Eaux, mais une douleur au genou me rappelle à la prudence. Il reste encore sept jours pour terminer la traversée ; inutile de jouer les héros au mauvais moment. Ce soir, la sagesse l’emporte.

Jour 12: Orgère - Arpont