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D'UN CAP À D’AUTRES

65 jours
Par Jacqueline25
publié il y a 2 jours
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D'UN CAP À D’AUTRES

Section 8 Du 28 au 1er août

Mise à jour section : il y a 2 jours

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Section 8 Du 28 au 1er août
Mardi 28 juillet - 36e jour
60 km
Lorca, Irache, Urbiola, Viana

Luca se prend la tête dans les mains
L’EV3 se confond avec les chemins des marcheurs recouverts de sable très fin et carrossables pour un vélo.
Je traverse le village de Villatuerta avec son pont médiéval et son église du XIIe siècle. Au loin un marcheur lève son bâton en guise de salut et une dame japonaise agite sa main. Nos routes se séparent. 
Plus loin, je me retrouve nez à nez avec Aiichiro la Japonaise, à la base d’un pont en arc impressionnant. Elle m’aide à pousser mon vélo. Elle me prend en photo. Puis je pars à gauche et elle à droite.
À Estella-Lizarra, je fais connaissance avec l’homme au bâton brandit. Gand est Irlandais. Il est parti de Saint-Jean-Pied-de-Port et a réduit ses étapes à cause de la chaleur. Il est parti de Saint-Jean-Pied-de-Port et a réduit ses étapes à cause de la chaleur. Il a prévu un voyage de quatre à cinq semaines. Lorsque je lui raconte que j’ai découvert son pays l’année passée, à vélo, son visage s’illumine. Il habite à Galway. Je lui montre mes sandales achetées dans sa ville et il rayonne. Il rit en observant mon vélo et remarque : « Vous transportez votre maison ! »
Le chemin des marcheurs et le mien divergent par endroits. Je retrouve Gand et Aiichiro régulièrement. 
Bodegas Irache est un domaine viticole situé sur le Camino francés des chemins de Compostelle et jouxtant le monastère Santa María la Real d'Irache. Il propose aux pèlerins, aux cyclistes, aux promeneurs, une fontaine délivrant gratuitement du vin et de l'eau. Un panneau porte le message suivant : « Pèlerin ! Si vous voulez arriver à Santiago en pleine forme et plein de vitalité, goûtez à ce grand vin et portez un toast au bonheur. Source Irache. Source du vin.
Quel dommage de ne pas avoir une petite bouteille pour emporter de ce délicieux breuvage. Je ne peux troquer mon eau contre le vin. Il fait très chaud et l’eau est vitale pour moi. Dommage !
Gand et Aiichiro arrivent. Ils sont aussi surpris que moi par les fontaines. Aiichiro, de caractère très joyeux, saute de joie et remplit sa timbale qu’elle boit avec avidité. Gand sort sa minuscule coquille Saint-Jacques, l’emblème des pèlerins, et la remplit délicatement à plusieurs reprises. Quel bon moment d’hilarité !
Il est à noter que le robinet pour l’eau ne laisse couler qu’un mince filet alors que le vin jaillit furieusement.
Chacun reprend sa route, je ne les reverrai plus.
À la sortie d’une forêt, je rechigne à traverser la route pour prendre le chemin qui se poursuit dans la forêt. Un rapide coup d’œil sur la carte m’indique que cette NA me fera gagner des kilomètres de piste. Et me voici à prendre de la vitesse dans cette pente qui n’en finit pas. Après plusieurs km je suis bloquée par un camion et une voiture arrêtées sur la chaussée. L’un des conducteurs, un habitant de Lorca avec qui j’avais discuté hier, s’approche de moi et m’explique : « Je vous reconnais ! Il ne faut pas prendre cette route. Elle vous conduira dans une autre vallée et vous allez vous écarter considérablement de votre piste. Ensuite vous aurez une montagne à gravir. » En vérifiant la carte avec lui, nous observons que la la route sur laquelle nous sommes n’apparaît pas sur la carte. La NA 1110 est quelques kilomètres plus au nord. Je remonte bien péniblement la côte raide en pensant à ce bel hasard, à cette chance inouïe, à cette bonne fortune que le monsieur se soit arrêté à cet endroit-là.
Cette fois-ci je m’engage correctement sur le chemin qui conduit dans la forêt.
Après une bonne côte, j’arrive dans un village et m’arrête à la fontaine afin de remplir mes gourdes. Il faut être vigilant à sa bonne hydratation. 
Gand et Aiichiro arrivent épuisés, en sueur. Ils passent leur tête sous le robinet, mouillent leur chapeau.
Je suis surprise car ils ont parcouru le même chemin que le mien à porter leur sac à dos et moi à pousser ma lourde monture. Me serais-je si bien habituée à la chaleur, à l’effort !
Puis une progression sur la route me fait prendre une bonne distance avec eux.  Je ne les reverrai plus. 
 La vue est extraordinaire sur les monts Cantabriques, sur les Pyrénées. Des oliveraies égaient le bord de la piste. Une belle descente de 15 % sur 80 mètres dans des gravillons et du sable m’oblige à mettre pied à terre. J’arrive dans le petit village de Urbiola, avec son bar au bord de la NA 1110. Je m’installe sur la terrasse pour consommer une tortilla (omelette).
Je vois passer un couple de cyclo-voyageurs à pleine vitesse sur la route.
Arrivent Alexis et Beaudoin, ils s’installent à ma table et sont étonnés qu’une dame voyage à vélo et surtout avec un tel équipement. Alexis me demande : « Comment se fait-il que vous fassiez ça ? »
Alexis est parti du Maroc et rejoint la Normandie et Baudoin l’a retrouvé en Espagne pour revenir avec lui. Ils ne font que du camping sauvage malgré l’interdiction. Ils sont tous les deux étudiants, l’un en ingénierie de l’optique  et l’autre à l’École nationale des ponts et chaussées.
Ils empruntent essentiellement la route. Leurs vélos ne sont pas assez solides pour les chemins empierrés. Je regrette de ne pas avoir rempli une gourde de ce délicieux vin afin de le partager avec eux. 
Lorsque je leur narre cette histoire de fontaine, ils veulent connaître l’emplacement exact pour s’y rendre. Leurs yeux pétillent de satisfaction. 
Ils vont quitter la route. 
Ma photo permet la geolocalisation avec précision à leur vif plaisir.
Après un bon moment d’échange, je dois les quitter car ma route est encore longue avant d’atteindre Viana. 
Je vais abandonner les chemins pour circuler sur la NA 1110 qui me conduira beaucoup plus rapidement à ma destination. 
La route est assez facile et les dénivelés ne sont pas trop abruptes.
Je m’arrête à l’ombre pour une petite pause et arrivent le couple entrevu lorsque j’étais installée au carrefour d’Urbiala. Ils sont Italiens de Saluzzo. Luca et Cristina ont prévu une dizaine de jours à vélo. Les grandes distances ne font pas peur à Luca qui semble très puissant. Le vélo de Cristina a une assistance électrique. Hier c’était 1500 m de dénivelé et aujourd’hui 1300 m. J’ai réalisé ce dénivelé en trois étapes dont 35 km en taxi pour monter le col de Roncevaux.
Luca me demande mon âge et s’exclame : « Congratulazioni ! ». Tous les deux ont cinquante-trois ans. Ils espèrent avoir encore la forme à mon âge.
Puis je les retrouve sur le bas-côté en haut d’une côte en plein soleil. La roue du vélo de Cristina est à plat. Luca n’a pas réussi à la retirer à cause de sa rigidité. Il injecte le produit d’une bombe anti-crevaison, mais qui ne produit aucun effet. Il fait 45 degrés, peut-être que ce genre de produit ne résiste pas à une telle température. Et puis la chaîne est coincée dans le pédalier. En conjuguant nos efforts, il nous est impossible d’en venir à bout. Luca téléphone à un réparateur situé à  Viana à 10 km. 
Je les abandonne à leur triste sort. Je me rends compte qu’il vaut mieux pédaler que rester statique sous ce soleil de plombs. Après de bonnes côtes, j’atteins Viana. À l’entrée de la ville, un parc est dédié aux femmes. 
Panneaux, bancs, tables, rubans accrochés aux arbres, tout est coloré en violet. Un panneau mentionne « Viana ne tolère pas les agressions sexistes.» j’ai déjà observé ce message à l’entrée de certains villages.
Voici ce que je lis sur les bancs : « La violence n’est la solution à rien ! » et sur des panneaux triangulaires : « CÉDEZ.  À L'Égalité. Conseil municipal de Viana ».
Le violet a été associé au changement social lorsque le suffrage féminin a fait du violet et du blanc ses couleurs officielles. Dans les années 1970, le mouvement de libération de la femme a rendu hommage aux suffragettes en adoptant également le violet
Puis je vois Luca arriver en trombe. Seule Cristina a pu monter dans la voiture avec son vélo.
Il est totalement déshydraté. Heureusement il me reste de l’eau que nous partageons. Puis il rejoint l’hôtel Palace qui pratique un prix dérisoire.
L’albergue municipal qui m’accueille propose aussi un prix plus que dérisoire. 
Coiffée, habillée correctement, je croise Cristina et Luca en ville. Ils ne me reconnaissent pas ! Le changement est radical. J’ai troqué mon casque, mon cuissard rembourré et mon polo trop grand jaune fluo pour un legging noir et une petite robe à paillettes noire aussi. De ce pas nous allons au restaurant de l’hôtel-Palace.
Cristina et Luca forment un bon couple aimant. Il est facile de communiquer avec eux.
Luca, plein de vitalité, parle quatre langues, peut-être plus. Il est commercial au niveau de l’étiquetage des grands vins et spiritueux. Cristina est banquière. Elle était une cycliste avertie lorsqu’ils se sont connus. À cette époque Luca poussait son vélo dans les côtes. 
De fil en aiguille nos généalogies respectives sont exposées.
Ils espèrent, qu’à mon âge ils réaliseront mes « prouesses » à vélo. Lorsque j’annonce que je me suis rendue au cap Nord à vélo en 2022, Luca se prend la tête dans les mains et hurle de rire.
Quel bon moment hilarant et vivant avec Cristina et Luca 






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Section 8 Du 28 au 1er août
mercredi 29 juillet - 37e jour
68 km
Viana, Logroño, Navarrete, Ventosa, Najera

À rédiger


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Section 8 Du 28 au 1er août
Jeudi 30 juillet - 38e jour
60 km
Najera, Badaran, San Millán de la Cogolla, Berceo, Santo Domingo de la Calzada, Grañón, Belorado

À rédiger 



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Section 8 Du 28 au 1er août
vendredi 31 juillet - 39e jour
55 km
Belorado, San Juan de Ortega, Burgos.

Après un petit déjeuner copieux servi par le charmant Marco, je me mets en route plus tard que prévu.
J’aimerais arriver le plus tôt possible à  Burgos, car Nicole mon amie de Perpignan a pris le soin de m’indiquer les incontournables de la ville. 
Ma progression est très lente sur ces chemins  presque impraticables au fort dénivelé. Fréquemment je redeviens une marcheuse, poussant une lourde monture de quarante kilogrammes. Je ne transporte plus de nourriture. Je m’alimente sur le pouce dans les villages. Cela m’allège considérablement. Dormir dans les albergues de pèlerins me permet de gagner un temps considérable. Environ deux heures de montage et démontage du bivouac.
Je retrouve les deux garçons que j’ai aperçus à Lorca, ceux qui avaient trouvé la fontaine salutaire, l’un pour ses pieds et l’autre pour sa tête.
Je les avais revus aussi à l’auberge de Viana. Toujours aussi distants, ils ne me saluèrent pas.
Enfin ! Aujourd’hui, lorsque je les double ils me souhaitent : « buen camino. » (Bon chemin). Il semblerait que ces garçons fassent plus de quarante kilomètres par jour.
Ce matin je force trop. Mon corps réagit comme s’il faisait une quarantaine de degrés alors qu’ils n’en fait que la moitié. Je transpire abondamment.
Dans une côte, un marcheur m’aide à pousser mon vélo. Sa puissance m’entraîne trop vite. Je suis obligée d’allonger ma foulée. Cela me fatigue, mais c’est un bon geste de solidarité !
Je m’arrête au milieu d’une autre côte. Un autre homme me demande si tout va bien !
Je n’ai pas respecté mon rythme pour ces premiers kilomètres. Je vais diminuer la cadence. 
Le ciel est totalement fermé, obstrué par de lourds nuages. Un camaïeu de gris variant du gris clair jusqu’au gris anthracite. 
Ils me protègent confortablement du soleil.
À un moment donné le chemin longe la nationale. Il se réduit à une ornière de trente centimètres. Je dois être très attentive car une chute est probable dans ce genre d’endroit. 
Parfois il faut traverser cette nationale très circulante et c’est au pas de course qu’il faut la franchir. 
Je pensais être la seule à suer abondamment. Mais ce n’est pas le cas. Le  bar El Pàjaro est une halte bienvenue. Lorsque les marcheurs arrivent, ils sont également trempés de sueur malgré l’air frais.Certains remplacent leur polo. 
Après Villafranca, de longues côtes aux dénivelés importants, aux chemins couverts de cailloux présagent des efforts colossaux que je devrai faire pour pousser mon poids lourd.
Les côtes se succèdent et tout à coup ma bicyclette devient légère. Deux mains secourables la pousse à l’arrière. Pendant plusieurs centaines de mètres, Marjorie, Belge, s’efforcera de m’aider. Elle émet l’hypothèse que cela n’est pas la bonne route pour moi.  En réalité c’est bien l’EV3. Puis c’est avec soulagement que nous arrivons en haut.
Depuis ce matin, je joue au chat et à la souris avec un monsieur. Arrêtés sous un abri , nous reprenons notre souffle. Il émet : « Cela ira de mal en pis ». Et nous rions…
Plus loin, sur cent mètres, la piste descend vertigineusement au fond d’un ravin. À pied, j’ai bien des difficultés à retenir mon vélo et je peux observer avec effroi  l’autre versant. Comment vais-je y arriver !, Mes sandales dérapent. Je n’ose imaginer tomber et lâcher mon vélo dans cette pente. 
Tout en descendant je continue à jeter des coups d’œil furtifs à cette piste, tel un mur qui se dresse devant moi.
La seule solution sera de décrocher les sacoches et d’effectuer plusieurs voyages. Je risque d’avoir le souffle coupé par ces terribles efforts.
Je franchis avec peine le fond caillouteux et empierre du ravin. 
Puis Christopher est derrière moi, sac sur le dos et s’empare de mon vélo. Avec grande difficulté il remonte cette épouvantable côte. Pourtant c’est un homme robuste, solide. Je ne peux lui venir en aide car simplement grimper à pied me met en difficulté. Lui devant et moi derrière, je halète, j’ahane, ma seule priorité est de monter la côte 
Je laisse donc Christopher seul dans l’effort, il est trempé de sueur. 
Arrivés en haut, nous nous hydratons. Après avoir repris notre souffle, nous nous présentons. Christopher est Californien. Il est parti de Saint-Jean-Pied-de-Port pour arriver à Saint-Jacques-de-Compostelle. Après cela, il se rendra en Italie sur les traces de sa lignée italienne. Puis nous nous quittons. Dommage cet homme  est fort sympathique.
Je ne sais pourquoi, à un moment Christopher marche devant moi. Dans cette descente je lui propose en passant à petite  vitesse à côté de lui de le monter sur mon porte-bagages. Je l’entends rire. 
Peu après, je m’arrête à un bar improvisé au milieu de la campagne, café, biscuits fruits sont proposés. Christopher arrive aussi. Cela me permet de lui offrir un café. 
Le bar improvisé est tenu par Carlos. Il me découpe une part énorme de pastèque bien sucrée, délicieuse. Une banane et des biscuits viendront compléter ce qui m’apparaît indispensable après ces efforts colossaux. 
Il est midi et je n’ai parcouru que vingt kilomètres en quatre heures qui ont été émaillées de grand solidarité par les marcheurs. 
Mais tout n’est pas fini. Pour gagner quelques kilomètres, alors que mon GPS m’indique que je dois poursuivre sur la route. Je prends le chemin qui devient vite empierré et surtout Je  dois franchir une montagne est le confronter, à plusieurs reprises à des monticules de rochers. Par grande chance Serguiev, le seul marcheur que je vois depuis un moment, est derrière moi. Il propose de m’aider en prenant lui-même mon vélo. Ce n’est pas de tout repos ! Il faut pousser, tirer, soulever. Je l’aide tant  bien que mal ! Je suis chaussée de sandales, mes pieds glissent à l’intérieur, mes déplacements sont malaisés.
Merci Serguiev ! Il me rend mon vélo en haut de la colline. Je peux descendre tranquillement, toute roche a disparu.
J’arrive à Burgos
(À terminer)


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Section 8 Du 28 au 1er août
samedi 1er août–jour
35 km.
Burgos, San-Bol

Un effet particulièrement bénéfique 
Aux premières lueurs du jour, je visite la ville encore endormie, silencieuse et calme. Le vélo permet de me déplacer plus rapidement et évite d’amplifier la douleur que je ressens à un genou. 
Burgos ! Une ville piétonne où l’on peut faire halte pour admirer des dizaines de sculptures en bronze : le Cid, les Saltimbanques, la Vendeuse de marrons, les Géants, le Chien, le Taureau, le Pèlerin, le Forgeron, la Laitière… et à la sortie de la ville, je suis émue par cette dernière sculpture qui représente une jeune fille assise dans un fauteuil roulant, au visage expressif, au regard intense et au mouvement qui indique qu’elle est prête à partir aussi. 
De très jolis villages aux petites maison de pierre s’égrainent le long de mon parcours. La boulangerie dans l’un de ceux-ci me permet de déguster les Yemas de Santa Teresa, confiserie espagnole sous forme de petites boules orange présentées sur une tartelette en papier blanc.
Dans un autre village, c’est un bar qui  présente tout un pan de mur couverts de nombreux messages, billets de banque d’une diversité de pays.
À Hornillos del Camino, localité de quarante-quatre habitants est une halte sur le Camino Francés. Un jeune couple au goût très prononcé pour le jazz a décoré avec attention leur bar-restaurant. Le village est magnifique. La rue principale présente ses maisons accolées,  toutes en pierre, aux fenêtres embellies par des jardinières fleuries. 
L’envie de rester dans ce village me traverse l’esprit, mais l’auberge municipale n’ouvre pas ses portes avant la fin de l’après-midi. Je décide de poursuivre les quelques kilomètres aux cent mètres de dénivelé positif. 
Le refuge de San-Bol m’intrigue. Il est perdu dans la nature, en contrebas de la piste à environ deux-cents mètres et indiqué par un panneau. 
Je m’y rends. Le tout petit édifice m’inspire. Une façade est en pierre surmontée d’une partie rouge ocré et un dôme est encastré dans une courette.  Après seulement trente-cinq kilomètre mon étape s’arrête là !
Carmen employée de mairie du village situé non loin, règne sur le lieu durant la journée. Elle me donne de multiples recommandations notamment de se déchausser avant d’entrer. La petite auberge est très chaleureuse. Sous le dôme, une immense table ronde, entourée de douze chaises attend les convives. Le dortoir d’une douzaine de lits en bois, est en harmonie avec l’agencement. Une petite vitrine présentent quelques produits : soupe, pâtes, sardines, chocolat, bière… permettent de faire quelques achats pour se restaurer. Enfin, tout est chaleureux ! Tout est confortable ! 
Un homme est assis au bord de la piscine. Un petit rectangle de cinq mètres sur quatre. L’eau glacée est alimentée en permanence par une source. D’ailleurs, la lessive doit s’effectuer au trop plein de la piscine.
Je fais la connaissance de Martin, Autrichien. Il a trente-neuf ans, il est professeur.. son voyage n’a aucun but spirituel. C’est un voyageur soit à pied ou à vélo. Il est allé au cap Nord l’année passée depuis la Finlande. Il a fait le tour de l’Albanie. Pour le voyage de cette année, il est parti de Saint-Jean-Pied-de-Port et se rend à Saint Saint-Jacques-de-Compostelle. Il marche entre trente et quarante kilomètres par jour. C’est un homme gentil, sympathique.
La piscine est profonde d’environ un mètre cinquante. Si Martín se baigne, je ne fais que m’asseoir sur le rebord et tremper mes pieds.. Il me manque quelques escaliers pour pouvoir remonter car je ne pense pas pouvoir, à la force de mes bras, me hisser hors de l’eau. 
Ne serait-ce que se tremper les pieds après une journée de vélo est d’un effet particulièrement bénéfique.
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