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D'UN CAP À D’AUTRES

65 jours
Par Jacqueline25
publié il y a 2 jours
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D'UN CAP À D’AUTRES

Section 2 Du 22 au 30 juin

Mise à jour section : 10 juil.

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Victor Hugo par Rodin
Victor Hugo par Rodin
Lundi, mardi 22 et 23 juin 2026
1et 2jour
130 km / de dénivelé positif
Besançon, Dole, Dijon

La mise à distance m’est indispensable pour un début de voyage.
De Dijon à Besançon, au parcours qui m’est très familier, je vais me laisser porter par les songes.
Je vais raconter un peu de ma ville. Besançon… écrin de biodiversité : collines, bord du Doubs, forêts de chênes…
Mais ce n’est pas à cela auquel je pense tout en pédalant.
Je le vois depuis chez moi ! À deux pas de la future grande bibliothèque. Victor Hugo par Rodin. Nu, debout, noueux, vieilli et installé au bout du pont Canot.
Cela commence par une belle histoire !
La voici ! Déçu de constater qu’aucune sculpture de Rodin n’avait été installée à Besançon lors du bicentenaire de la naissance de Victor Hugo, Léonard Gianadda a souhaité faire don de cette oeuvre à la Ville de Besançon, en reconnaissance de ce que la France et Besançon en particulier font pour l’art.

L’histoire de cette statue commence en 2019 avec la découverte d’un moule original de Rodin dans les ateliers de Meudon. Un projet exceptionnel se met en route : faire fondre trois exemplaires de la sculpture avec l’accord du musée Rodin.
Pourquoi Victor Hugo nu ?
”Pour moi, on ne revêt pas un dieu d’une redingote” justifiait Auguste Rodin auprès de Camille Claudel. Pour la maire de Besançon, ”C’est l’image brute, puissante du penseur, de l’écrivain, de l’homme engagé, qui continue d’éclairer nos combats pour les droits de l’Homme”
Cette œuvre impose sa vérité : celle d’un Hugo debout, libre, universel.
Victor Hugo tourne le dos au centre historique, à la future grande bibliothèque où seront concentrées ses œuvres parmi six-cents-mille livres et documents.
Chaque jour, je passe à côté de lui, et je compose ma propre partition… 
- Tu la connais ta ville ! Alors pars !

- Voyage pour vérifier tes rêves !
- Va voir ce qu’il y a derrière la montagne !
- Franchis des frontières pour voir ce qui se passe de l’autre côté !
- Va voir si il y a une mer !

- Repousse ton horizon ! 
- Change ton d’apparence !
- Va vers les autres !
- Partage tes expériences, sinon elles ne servent à rien.

Je ne dois pas puiser loin en moi. La conviction, la motivation, le besoin de liberté sont bien présents. Édulcorants, moteurs indispensables pour mener à bien ces expéditions à vélo.
L’expérience me dicte que je ne dois jamais  abandonner même au plus fort de mon désarroi ! Je dois envisager le voyage coup de pédale après coup de pédale. Jour après jour. La destination n’est qu’un prétexte car l’aventure pleine de surprises, de rencontres va prendre forme au quotidien.
J’abandonne ma ville !
Fière d’habiter une ville où l’on a exposé dans l’espace public de belles sculptures et certaine de femmes, réalisées par des femmes.
Je quitte mon confort, mes habitudes pour une vie de nomade.
L’Homme et l’Enfant d’Osman Sow
L’Homme et l’Enfant d’Osman Sow
Victor Hugo d’Osmane Sow
Victor Hugo d’Osmane Sow
Colette de
Colette de








Gaël au cours d’un voyage en février 2026
Gaël au cours d’un voyage en février 2026
Mercredi - Jeudi - Vendredi 24-25-26 juin
3e, 4e, 5e jour à Dijon
L’au-revoir à Caroline et à Gaël avant le départ !

Dijon
Dijon




Section 2 Du 22 au 30 juin
samedi  27 juin – 6e jour
54 km
Dijon / Meursault

Ce n’est pas ici que je vais mourir de soif
Le réchauffement climatique n’est pas une « arnaque ». C’est un fait !
Selon le CNRS, aujourd’hui il est certain que la température moyenne globale actuelle est la plus élevée en plus de 100 000 ans.
Depuis une semaine, la canicule s’est installée. 
Je démarre à six heure du matin pour pédaler avant les chaleurs maximales de milieu d’après-midi.
La route des grands crus de Bourgogne m’appelle pour ce début de voyage. Elle traverse la partie la plus prestigieuse du vignoble aux villages viticoles pittoresques : Vosnes-Romanée, Nuits-Saint-Geoeges, Aloxe-Corton, Pommard.
Ce n’est pas ici que je vais mourir de soif, mais de chaud certainement.
Les vignes courent en rangs serrés entre chaque village. Des villages traditionnels, cossus. Les maisons sont rassemblées autour de leur église gothique, Romane, des fontaines, des lavoirs…
Le soleil étant indispensable aux vignes, les arbres sont rares. C’est donc en plein soleil que je parcours cette première étape très vallonnée qui me met à l’épreuve.
La température grimpe à 40°.
Je mets beaucoup plus de temps que prévu. Je suis donc obligée de m’arrêter au cours de l’après-midi.
Une source jaillit de terre. Elle est canalisée par de hauts murs. Des escaliers étroits permettent d’y accéder. Mes pieds ne peuvent supporter l’eau particulièrement glacée plus de dix secondes. Quelle satisfaction, quel bien-être me procure ce petit bain de pied. Je sens la fraîcheur me parcourir le corps. J’en avais besoin.
Ma route se poursuit et je profite de l’ombre des rares arbres. L’un pour déjeuner. L’autre sous lequel le sommeil m’emporte durant une heure. Et le troisième pour une petite pause, fort inutile car il s’avérera que le camping de Meursault n’est qu’à deux-cents mètres derrière une courbe.
Le camping aux emplacements bien conçus et arborés possède une piscine. La piscine est en plein soleil. Le trop plein de soleil de la journée me fait préférer la cafétéria qui propose des pizzas maison et de bonnes bières pression.
Je rencontre Jérémy. Il traverse la France à pied, en diagonale et en tirant une remorque vélo. Il y a peu il a voyagé à vélo pendant un an en Asie.
Il a fait si chaud aujourd’hui que le besoin d'étancher ma soif ne m'a pas quitté de toute la journée et ni de la soirée.
Comblenchien
Comblenchien
Serrigny
Serrigny
Aloxe-Corton
Aloxe-Corton
Pernand-Vergeles
Pernand-Vergeles
Beaune
Beaune
Au camping de Meursault
Au camping de Meursault






Section 2 Du 22 au 30 juin
Dimanche 28 juin – 7e jour
73 km
Meursault / Montceau-les-Mines / Palinges

Je me régale à l’avance
Les villages viticoles continuent à s’égrener le long de mon parcours. Cependant, les coteaux disparaissent progressivement et les vignes également.
À partir de chagny, c’est à l’ombre des acacias et des peupliers que je pédale le long du canal du Centre sur le chemin de halage. Chemin bucolique ponctué d’écluses.
Les touristes sur les bateaux de plaisance me saluent à renfort de grands gestes.
Je ne croise que peu de cyclo-voyageurs. Peut-être sont-ils en pause caniculaire !
Aux alentours de Montceau-les-Mines, je rencontre les puissants vestiges des industries de la mine et de l’acier. 
Une briqueterie a été transformée en écomusée à Ciry-le-Noble. Il donne à comprendre l’histoire industrielle du territoire qui s’est écrite, depuis le XVIIIème siècle, à travers les aventures de l’extraction minière, de la métallurgie et de la sidérurgie. Tout cela mériterait de prendre son temps.
En bordure de route, je m’assois sur les marches d’escalier d’une pizzeria. Le restaurateur s’empresse de m’offrir de l’eau et m’installe une table avec une chaise sur sa terrasse. Son local est minuscule, surchauffé par son four. Son voisin m’indique un raccourci pour me rendre au camping du lac de Palinges. 
Je me régale à l’avance … car au restaurant du camping, le menu est unique : un délicieux pavé de charolais avec une cuisson à la pierrade que j’ai eu le plaisir de déguster lors d’un tour de Bourgogne avec mon amie Nadine.
Gaël, mon petit-fils âgé de trois ans à l’époque, confortablement installé dans une remorque-vélo attelée à ma bicyclette, a expérimenté à cette occasion, son premier voyage à vélo. Ma passion est devenue la sienne à mon plus grand plaisir. 
Depuis 6 ans nous partageons allègrement deux voyages par an. L’un en avril et l’autre en novembre.
À mon arrivée au camping, le gérant m’annonce qu’il n’ouvre pas le restaurant car un orage est annoncé. Leur structure est en toile et la grêle pourrait la transpercer mettant en danger les convives. Quelle déception !
En prévision de l’orage, je loue un POD, petite structure originale en ogive, chaleureux et confortable



Chassagne-Montrachet
Chassagne-Montrachet
Pique-nique
Pique-nique
Cory-le-Noble, briqueterie
Cory-le-Noble, briqueterie
Ciry -le-Noble
Ciry -le-Noble
Camping de Palinges
Camping de Palinges






Section 2 Du 22 au 30 juin
lundi 29 juin – 8e jour
70 km
Palinges / Paray-le-Monial / Digoin / Bourbon-Lancy

à rédiger
Château de Digoin 
Paray le Monizl





…/…


Bourbon-Lancy
Bourbon-Lancy

Mardi 30 juin - 9e jour
10 km
Bourbon-Lancy

Carole et sa freloche
Je m’octroie une pause d’une journée dans cette petite ville d’eau.
Les bains de Bourbon-Lancy sont réputés pour soigner les rhumatismes. Cela devrait me convenir. Mes deux genoux sont en piteux état. À vélo, mes douleurs disparaissent.
Ma matinée est donc occupée par des cataplasmes chauds, le couloir de marche, la douche massante, la baignoire bouillonnante et une piscine à jets.
Des dames ne résistent plus… l’une tombe devant moi dans un des couloirs, une autre fait un malaise. Les corps résistent avec difficulté à la cure ou alors à la chaleur. Et voilà que tout le monde s’agite ! À l’image de grosses bulles sortant de partout.
Même si ces quelques heures de cure me semblent salutaires, je m’impose un repos dans la salle prévue à cet effet.
Bourbon-Lancy est une charmante petite cité médiévale. 
Aujourd’hui, il en reste un quartier pittoresque où les maisons à colombages offrent un charme remarquable.
Le jardin de la Collégiale, en passant par la ruelle aux loups et le square de Madame de Genlis me conduisent à un restaurant qui me paraît être le bon endroit pour un délicieux repas. Ce n’est pas encore l’heure. Mais le restaurateur accepte de m’installer dans la salle à manger. Les murs épais de la jolie maison  ont permis de garder un peu de la fraîcheur de la nuit précédente.
Impossible de résister à un Chateaubriand de charolais au goût fin et délicat, auquel s'ajoute une texture d'une infinie tendreté… Cela compense un peu mes dépenses en fer 
Le vélo peut diminuer les taux de fer dans le sang en raison d'une augmentation des pertes de fer (transpiration excessive, dégradation des globules rouges) et de besoins accrus pour produire des globules rouges. Et ce qui n’est pas ma tasse de thé (la viande) le devient au cours de mes voyages à vélo.
À mon retour au camping, je m’allonge sous un arbre et là-encore je m’endors profondément. 
En fin d’après-midi, Carole, 37 ans, arrive. Elle voyage pour la première fois à vélo, de Mulhouse à Orléans où elle doit retrouver des amis. 
Une freloche dépasse d’une  de ses sacoches arrière.
Carole est intriguée par un minuscule insecte posé sur son bras. Il s’agit d’une coccinelle à quatre points : la Platynaspis luteorubra m’indique t’elle. une belle découverte pour moi. Elle fait partie des 70 espèces répertoriées en France. Carole est ornithologue.
En fin de journée Yan se joint à nous. Monsieur anglais de 71 ans. Il a rejoint Rotterdam, et après un grand détour par les Pays-Bas, l’Allemagne, la France, il rejoint l’EV6 en direction de Nantes. 
C’est une franche rigolade avec lui ! Tout son matériel date d’au moins 20 ans. Il possède une sacoche-outils digne d’une caisse à outils. 
Récemment il a fait une chute en descendant de son vélo. Depuis il souffre de douleurs dorsales. 
Carole nous montre aussi l’important hématome à l’intérieur de son mollet, les marques des crans de sa pédale sont gravées dans sa chair.
Les chutes à l’arrêt sont fréquentes. Si le vélo est trop incliné, son poids l’emporte et nous avec, provoquant fréquemment des blessures.
Yan pratique le cyclotourisme depuis plus de 30 ans par intermittence. Il transporte 32 kg de matériel. Il a une popote digne d’un chef cuisinier et une diversité de sauces pour améliorer ses mets.
Demain, nous nous retrouverons au camping de Decize et nous découvrirons les nombreux gadgets de voyageur de Yan.
Section 2 Du 22 au 30 juin
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