De Besançon au cap Nord en 2022 ; de Besançon au cap Roca en 2026 ; et relier les deux caps à vélo.
Le cap Nord, point le plus septentrional d'Europe.
Le cap Roca, point le plus occidental du continent européen.
Le cap Nord, point le plus septentrional d'Europe.
Le cap Roca, point le plus occidental du continent européen.
Activité :
vélo de randonnée
Statut :
en cours
DATE :
30/06/2026
Durée :
65 jours
Mobilité douce
du pas de la porte au pas de la porte
Mise à jour section : 24 juil.
Lundi 6 juillet - 15e jour
55 km
Neuvy-Saint-Sépulcre, Cluis, Chavin
Les arbres laissent tomber leurs feuilles
Il est bon de démarrer aux aurores a une température de quinze degrés.
Rapidement les côtes s’enchaînent avec de bonnes descentes rafraîchissantes. La température monte abruptementégalement, mais a contrario du relief, elle ne redescendra pas. J’ai la mauvaise idée de regarder le thermomètre de mon GPS dans l’après-midi. Il affiche quarante-deux degrés. Oh là ! C’est décidé je ne regarderai plus cet objet de mesure.
Puis c’est l’imposant château de Cluis-Dessous flanqué de six tours semi-circulaires, château fort en ruines, qui m’écrase, me domine. Je peine, des ouvriers sont au bord de la route. Ils m’encouragent et je m’évertue à grimper la Lbonne côte rude. Mais après la courbe, je m’empresse de descendre de mon vélo pour boire un bon coup et faire cesser mon essoufflement. C’était vraiment puérile et ridicule.
Je retrouve mon calme alors que je suis entourée de champs de seigle. D’immenses étendues couleur blé. Les rares espaces non cultivés, brûlés par le soleil, ont cette même couleur. Les arbres laissent tomber leurs feuilles en ce début de juillet afin de mieux résister aux températures élevées.
Après avoir renversé malencontreusement une de mes gourdes, je m’arrête à un croisement où est implantée une ferme en rénovation. Une dame en sort et j’en profite pour lui demander de l’eau. Elle me rétorque : « Je dois partir ! Je n’ai pas le temps ! »
Elle ne présente pas d’affolement, elle n’est donc pas dans une urgence vitale. Je lui objecte : « Vois êtes une mauvaise personne ! » et je pars en vitesse maugréant en mon for intérieur.
C’est la première fois que l’on me refuse de l’eau au cours de mes voyages à vélo. Cette femme n’a pas une once d’humanité !
Je fais un détour, toujours en quête d’eau, par la mairie du village avoisinant. Je relate l’incident à la secrétaire qui tente de justifier l’attitude de cette dame. Et elle poursuit : « Ce n’est pas très grave ! Y-a pire dans la vie ! Il faut de tout pour faire un monde ! »
Je mets un terme à cette discussion et la remercie chaleureusement, portant précieusement mes gourdes remplies d’une eau bien fraîche.
La jolie ville d’Argenton-sur-Creuse m’accueille sans vouloir me laisser repartir. En effet, une voie verte existe à la sortie de la ville. Mais je tournicote longuement, en avant, en arrière, à droite, à gauche, et je la trouve enfin… c’est un chemin herbeux accessible par quelques marches.
Je décide d’emprunter la départementale. Longtemps après, un panneau m’indique la direction pour rejoindre la voie verte. Une ancienne voie ferrée. Le chemin forestier passe à sa base. Il m est impossible d’y accéder. Des arbres, des buissons forment un rempart infranchissable. Ma valse à trois temps recommencent ! En avant, en arrière, de coté.
Pour terminer, j’emprunte un chemin interdit qui me conduit directement à cette chère tant recherchée. Dans un premier temps, je roule sur un étroit chemin de terre, perchée sur une digue, franchissant de multiples petits ponts enjambant des rivières ou un relief trop accidenté. Et surtout, je suis grandement à l’abri du soleil. Puis la magie opère. La voie, très étroite, a été goudronnée. C’est ainsi que je file, gaie comme une pinsonne, sur ce tracé bucolique et ombragé, ponctué d’anciennes gares.
Mais le temps a filé trop vite à cause de tous les tournoiements et un long arrêt à Argenton. Je mets un terme à mon étape lorsque je passe devant un camping.
Dommage ! Je m’apercevrai plus tard que le camping initialement prévu est un eco-tourisme en bordure de la Creuse, gratuit de surcroît.
Et ce soir, il n’y a ni Carole, ni Yann, ni Florence, ni Elly.
J’ai des nouvelles de Dominique, rencontré le long de la Somme lors d’un de mes voyages précédents. Un champion aussi ! Champion de France de judo en 1988. Il est parti de Strasbourg pour rejoindre Saint-Nazaire et réalise des étapes de 100 à 130 km par jour. Mais aujourd’hui il a éprouvé des difficultés. Il a du s’arrêter pendant une heure.
Quant à moi, je fonctionne comme une machine au ralenti. Je m’arrête fréquemment. Certains jours je fais une sieste au pied d’un arbre. Sans trop de difficulté j’ai franchi les dénivelés du Centre de la France en poussant mon vélo. Pour l’instant ça va ! J’espère que cela durera ainsi malgré cette grande chaleur.
55 km
Neuvy-Saint-Sépulcre, Cluis, Chavin
Les arbres laissent tomber leurs feuilles
Il est bon de démarrer aux aurores a une température de quinze degrés.
Rapidement les côtes s’enchaînent avec de bonnes descentes rafraîchissantes. La température monte abruptementégalement, mais a contrario du relief, elle ne redescendra pas. J’ai la mauvaise idée de regarder le thermomètre de mon GPS dans l’après-midi. Il affiche quarante-deux degrés. Oh là ! C’est décidé je ne regarderai plus cet objet de mesure.
Puis c’est l’imposant château de Cluis-Dessous flanqué de six tours semi-circulaires, château fort en ruines, qui m’écrase, me domine. Je peine, des ouvriers sont au bord de la route. Ils m’encouragent et je m’évertue à grimper la Lbonne côte rude. Mais après la courbe, je m’empresse de descendre de mon vélo pour boire un bon coup et faire cesser mon essoufflement. C’était vraiment puérile et ridicule.
Je retrouve mon calme alors que je suis entourée de champs de seigle. D’immenses étendues couleur blé. Les rares espaces non cultivés, brûlés par le soleil, ont cette même couleur. Les arbres laissent tomber leurs feuilles en ce début de juillet afin de mieux résister aux températures élevées.
Après avoir renversé malencontreusement une de mes gourdes, je m’arrête à un croisement où est implantée une ferme en rénovation. Une dame en sort et j’en profite pour lui demander de l’eau. Elle me rétorque : « Je dois partir ! Je n’ai pas le temps ! »
Elle ne présente pas d’affolement, elle n’est donc pas dans une urgence vitale. Je lui objecte : « Vois êtes une mauvaise personne ! » et je pars en vitesse maugréant en mon for intérieur.
C’est la première fois que l’on me refuse de l’eau au cours de mes voyages à vélo. Cette femme n’a pas une once d’humanité !
Je fais un détour, toujours en quête d’eau, par la mairie du village avoisinant. Je relate l’incident à la secrétaire qui tente de justifier l’attitude de cette dame. Et elle poursuit : « Ce n’est pas très grave ! Y-a pire dans la vie ! Il faut de tout pour faire un monde ! »
Je mets un terme à cette discussion et la remercie chaleureusement, portant précieusement mes gourdes remplies d’une eau bien fraîche.
La jolie ville d’Argenton-sur-Creuse m’accueille sans vouloir me laisser repartir. En effet, une voie verte existe à la sortie de la ville. Mais je tournicote longuement, en avant, en arrière, à droite, à gauche, et je la trouve enfin… c’est un chemin herbeux accessible par quelques marches.
Je décide d’emprunter la départementale. Longtemps après, un panneau m’indique la direction pour rejoindre la voie verte. Une ancienne voie ferrée. Le chemin forestier passe à sa base. Il m est impossible d’y accéder. Des arbres, des buissons forment un rempart infranchissable. Ma valse à trois temps recommencent ! En avant, en arrière, de coté.
Pour terminer, j’emprunte un chemin interdit qui me conduit directement à cette chère tant recherchée. Dans un premier temps, je roule sur un étroit chemin de terre, perchée sur une digue, franchissant de multiples petits ponts enjambant des rivières ou un relief trop accidenté. Et surtout, je suis grandement à l’abri du soleil. Puis la magie opère. La voie, très étroite, a été goudronnée. C’est ainsi que je file, gaie comme une pinsonne, sur ce tracé bucolique et ombragé, ponctué d’anciennes gares.
Mais le temps a filé trop vite à cause de tous les tournoiements et un long arrêt à Argenton. Je mets un terme à mon étape lorsque je passe devant un camping.
Dommage ! Je m’apercevrai plus tard que le camping initialement prévu est un eco-tourisme en bordure de la Creuse, gratuit de surcroît.
Et ce soir, il n’y a ni Carole, ni Yann, ni Florence, ni Elly.
J’ai des nouvelles de Dominique, rencontré le long de la Somme lors d’un de mes voyages précédents. Un champion aussi ! Champion de France de judo en 1988. Il est parti de Strasbourg pour rejoindre Saint-Nazaire et réalise des étapes de 100 à 130 km par jour. Mais aujourd’hui il a éprouvé des difficultés. Il a du s’arrêter pendant une heure.
Quant à moi, je fonctionne comme une machine au ralenti. Je m’arrête fréquemment. Certains jours je fais une sieste au pied d’un arbre. Sans trop de difficulté j’ai franchi les dénivelés du Centre de la France en poussant mon vélo. Pour l’instant ça va ! J’espère que cela durera ainsi malgré cette grande chaleur.
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Mardi 7 juillet - 16e jour
30 km
Chavin, Saint-Marcel, Ruffec
Les ramasseurs de Jussie
Aux premières lueurs du jour, je me remets en selle.
Selon les prévisions, la journée figure parmi les plus chaudes.
La piste est rectiligne. De multiples barrières aux poutres resserrées ne permettent qu’un passage à pied.
Le circuit emprunte le tronçon d’une ancienne voie ferrée, aujourd’hui voie verte et suit la rivière Creuse qui se dévoile par bribes au travers de la végétation.
Par inattention je grimpe sur le coteau. Là, sur les hauteurs, la campagne bocagère se
découvre en suivant un tracé plus sinueux.
Lapins, écureuils, chants des oiseaux m’accompagnent pendant cette journée.
Une petite journée de vélo pour tenter de débuter mon journal que j’aimerais publier dans les topos de Carnets d’Aventures.
Exceptionnellement, je croise deux couples de Cyclo-Voyageurs.
Je termine ma journée vélo en fin de matinée à Ruffec au café hôtel restaurant, seul commerce du village. Mais le jeune propriétaire a arrêté la restauration et tous les autres commerces du village ont mis la clef sous la porte.
Le camping n’est plus un camping non plus. C’est devenu une aire de loisirs. Jeux d’enfants et quelques appareils de musculation ont été ajoutés à l’ancien petit camping. Les sanitaires sont fermés. Heureusement l’eau n’a pas été coupée aux bornes. La Creuse coule paisiblement à quelques pas.
Le silence est rompu par des ramasseurs de Jussie. Cette jussie peut former des tapis très denses de tiges flottantes ou immergées près de la surface.
Certaines communes de France font appel à cette entreprise pour éradiquer cette plante invasive.
30 km
Chavin, Saint-Marcel, Ruffec
Les ramasseurs de Jussie
Aux premières lueurs du jour, je me remets en selle.
Selon les prévisions, la journée figure parmi les plus chaudes.
La piste est rectiligne. De multiples barrières aux poutres resserrées ne permettent qu’un passage à pied.
Le circuit emprunte le tronçon d’une ancienne voie ferrée, aujourd’hui voie verte et suit la rivière Creuse qui se dévoile par bribes au travers de la végétation.
Par inattention je grimpe sur le coteau. Là, sur les hauteurs, la campagne bocagère se
découvre en suivant un tracé plus sinueux.
Lapins, écureuils, chants des oiseaux m’accompagnent pendant cette journée.
Une petite journée de vélo pour tenter de débuter mon journal que j’aimerais publier dans les topos de Carnets d’Aventures.
Exceptionnellement, je croise deux couples de Cyclo-Voyageurs.
Je termine ma journée vélo en fin de matinée à Ruffec au café hôtel restaurant, seul commerce du village. Mais le jeune propriétaire a arrêté la restauration et tous les autres commerces du village ont mis la clef sous la porte.
Le camping n’est plus un camping non plus. C’est devenu une aire de loisirs. Jeux d’enfants et quelques appareils de musculation ont été ajoutés à l’ancien petit camping. Les sanitaires sont fermés. Heureusement l’eau n’a pas été coupée aux bornes. La Creuse coule paisiblement à quelques pas.
Le silence est rompu par des ramasseurs de Jussie. Cette jussie peut former des tapis très denses de tiges flottantes ou immergées près de la surface.
Certaines communes de France font appel à cette entreprise pour éradiquer cette plante invasive.
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Mercredi 8 juillet - 17e jour
70 km
Ruffec, le Blanc, Saint-Savin, Chauvigny
Les travailleurs du matin
Dès cinq heures du matin l’équipe de ramasseur de jussie est déjà à pied d’œuvre. À six heures, ce sont les employés des espaces verts de la mairie qui s’activent à tailler les haies.
Levée aussi avant le lever du jour, je pars à l’assaut des soixante-dix km pour mener à bien mon étape.
Si la voie verte a commencé par un chemin d’herbe, puis un chemin de terre, ensuite une voie goudronnée très étroite ne permettant pas le croisement de deux cyclistes, à partir de Ruffec, une belle piste ensablée, très roulante favorise une bonne vitesse.
Le parcours continue à être particulièrement agréable. De chaque côté de la piste, les chênes forment une voûte au dessus de ma tête et m’apporte la fraîcheur tant recherchée ces temps-ci.
Je peux observer l’importance des infrastructures nécessaires à la construction d’une voie ferrée. Digues, ponts, viaduc, aqueduc, plantation de chênes…
Les arbustes poussent à foison entre les chênes pour refermer densément ces haies végétalisées.
C’est encore trop tôt, les mûres ne sont pas arrivées à maturation, sinon je me serais régalée.
Je surplombe la ville de Le Blanc depuis le viaduc du même nom. Je m’aperçois aussi de mon bien-être de circuler sur cette ancienne voie ferrée qui a gommé tous les dénivelés redoutables et visibles depuis les trente-huit mètres de hauteur du viaduc.
L’ouvrage en arc en plein cintre, d’une longueur de 528 mètres, faisait fonction de pont-rail et permettait le franchissement de la rivière Creuse.
La circulation ferroviaire ayant cessé en 1990, l'ouvrage est désormais aménagé en voie verte.
La voie n’est pas aménagée de la même façon en fonction des territoires traversés. Cahin caha, j’arrive à Ingrande, village de mois de 300 habitants. Château, voie romaine et « Les Mûriers », halte dans un lieu convivial où l’on peut manger, prendre un café, un verre et se ravitailler. La patronne et sa fille, car ici c’est une histoire de femmes, sont extrêmement accueillantes. La patronne, dame très apprêtée, s’assied sur la terrasse avec moi. Elle a 76 ans et travaille au fourneau depuis 53 ans, sept jours sur sept et 365 jours dans l’année et annonce à plusieurs reprises après s’être enquerrez de mon périple : « Je vous admire ! Moi, je ne fais même pas de marche ! » Ici on échange, on socialise avec les autres clients. Le lieu sait maintenir la commune et communauté en éveil.
Mon arrivée a fait diversion car les cyclo-voyageurs sont rares dans cette partie de la Creuse.
En remontant le village, un monsieur assis devant une maison me salue. Il est américain et en vacances ici.
Un américain à Ingrande ! Devant mon air surpris, il m’avise qu’il a un ami au village. Ainsi il peut parler français. Ce n’est pas comme à Paris où tout le monde parle anglais ! La petite maison aux volets vert tendre, en pierre, et fort jolie. Un petit cottage irlandais à Ingrande.
Et je poursuis ma route devenue cahoteuse, soit dans une ornière, soit dans l’autre en fonction de leur état.
Puis cela s’améliore. Les barrières trop serrées, trop basses, infranchissables, sinon à pied, sont remplacées par des barrières munies d’une ouverture à une extrémité, la piste à un bon revêtement de sable compact. Dans la pente descendante je me laisse porter, sans aucun effort à 20 km/h.
Ce matin, écureuils et lapins se dandinaient sur la piste et disparaissaient furtivement.
Cette après-midi, toujours entourée par la végétation, accompagnée par le chant des oiseaux, ce sont les papillons qui virevoltent. Carole serait aux anges ici et pourrait faire tournoyer sa freloche.
Un petit détour par Saint-Savin me permet de découvrir un pont du XIIIe siècle et de visiter l’église abbatiale aux iconographies romanes, peintures murales uniques au monde. Le lieu est tout à fait exceptionnel !
Après 20 km, j’arrive à Chauvigny, aux vestiges surplombant la ville.
D’est en ouest, je viens de traverser la France.
Demain, je débuterai l’EuroVelo 3 qui me conduira jusqu’au cap Finisterra, puis ensuite je rejoindrai l’EuroVelo 1 jusqu’à Lisbonne.
70 km
Ruffec, le Blanc, Saint-Savin, Chauvigny
Les travailleurs du matin
Dès cinq heures du matin l’équipe de ramasseur de jussie est déjà à pied d’œuvre. À six heures, ce sont les employés des espaces verts de la mairie qui s’activent à tailler les haies.
Levée aussi avant le lever du jour, je pars à l’assaut des soixante-dix km pour mener à bien mon étape.
Si la voie verte a commencé par un chemin d’herbe, puis un chemin de terre, ensuite une voie goudronnée très étroite ne permettant pas le croisement de deux cyclistes, à partir de Ruffec, une belle piste ensablée, très roulante favorise une bonne vitesse.
Le parcours continue à être particulièrement agréable. De chaque côté de la piste, les chênes forment une voûte au dessus de ma tête et m’apporte la fraîcheur tant recherchée ces temps-ci.
Je peux observer l’importance des infrastructures nécessaires à la construction d’une voie ferrée. Digues, ponts, viaduc, aqueduc, plantation de chênes…
Les arbustes poussent à foison entre les chênes pour refermer densément ces haies végétalisées.
C’est encore trop tôt, les mûres ne sont pas arrivées à maturation, sinon je me serais régalée.
Je surplombe la ville de Le Blanc depuis le viaduc du même nom. Je m’aperçois aussi de mon bien-être de circuler sur cette ancienne voie ferrée qui a gommé tous les dénivelés redoutables et visibles depuis les trente-huit mètres de hauteur du viaduc.
L’ouvrage en arc en plein cintre, d’une longueur de 528 mètres, faisait fonction de pont-rail et permettait le franchissement de la rivière Creuse.
La circulation ferroviaire ayant cessé en 1990, l'ouvrage est désormais aménagé en voie verte.
La voie n’est pas aménagée de la même façon en fonction des territoires traversés. Cahin caha, j’arrive à Ingrande, village de mois de 300 habitants. Château, voie romaine et « Les Mûriers », halte dans un lieu convivial où l’on peut manger, prendre un café, un verre et se ravitailler. La patronne et sa fille, car ici c’est une histoire de femmes, sont extrêmement accueillantes. La patronne, dame très apprêtée, s’assied sur la terrasse avec moi. Elle a 76 ans et travaille au fourneau depuis 53 ans, sept jours sur sept et 365 jours dans l’année et annonce à plusieurs reprises après s’être enquerrez de mon périple : « Je vous admire ! Moi, je ne fais même pas de marche ! » Ici on échange, on socialise avec les autres clients. Le lieu sait maintenir la commune et communauté en éveil.
Mon arrivée a fait diversion car les cyclo-voyageurs sont rares dans cette partie de la Creuse.
En remontant le village, un monsieur assis devant une maison me salue. Il est américain et en vacances ici.
Un américain à Ingrande ! Devant mon air surpris, il m’avise qu’il a un ami au village. Ainsi il peut parler français. Ce n’est pas comme à Paris où tout le monde parle anglais ! La petite maison aux volets vert tendre, en pierre, et fort jolie. Un petit cottage irlandais à Ingrande.
Et je poursuis ma route devenue cahoteuse, soit dans une ornière, soit dans l’autre en fonction de leur état.
Puis cela s’améliore. Les barrières trop serrées, trop basses, infranchissables, sinon à pied, sont remplacées par des barrières munies d’une ouverture à une extrémité, la piste à un bon revêtement de sable compact. Dans la pente descendante je me laisse porter, sans aucun effort à 20 km/h.
Ce matin, écureuils et lapins se dandinaient sur la piste et disparaissaient furtivement.
Cette après-midi, toujours entourée par la végétation, accompagnée par le chant des oiseaux, ce sont les papillons qui virevoltent. Carole serait aux anges ici et pourrait faire tournoyer sa freloche.
Un petit détour par Saint-Savin me permet de découvrir un pont du XIIIe siècle et de visiter l’église abbatiale aux iconographies romanes, peintures murales uniques au monde. Le lieu est tout à fait exceptionnel !
Après 20 km, j’arrive à Chauvigny, aux vestiges surplombant la ville.
D’est en ouest, je viens de traverser la France.
Demain, je débuterai l’EuroVelo 3 qui me conduira jusqu’au cap Finisterra, puis ensuite je rejoindrai l’EuroVelo 1 jusqu’à Lisbonne.
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jeudi 9 juillet - 18e jour
62 km
Chauvigny, Availles-Limouzine
Une biche me guette
Je longe la Vienne et je circule sur une départementale. Les automobilistes vont vite. Je me sens en danger. J’ai peur sur la route ce qui me conduit à être très prudente. J’installe les dispositifs qui me rendent visible. Un mat surmonté d’un ample drapeau jaune, un gilet jaune sur le dos et les différents éclairages du vélo. Je suis visible de loin au moins à 150 mètres. Les automobilistes ne sont pas surpris par ma présence sur la route. De loin ils sont mis en condition et m’identifient comme un travailleur de la route. Par chance, le trajet sur cette route n’est pas très long. Je suis dirigée sur une piste cyclable.
Les voyages à vélo m’ont entraînée le long de grands fleuves, Danube, Rhin, Rhône, Loire… et m’ont permis d’approcher au plus près de nombreuses centrales nucléaires. Aujourd’hui, c’est celle de Civaux qui se trouve à portée de main.
En complément, une centrale photovoltaïque a été mise en service par EDF. Il est écrit sur un panneau : « La centrale solaire répond à un double enjeu environnemental : la production d'une énergie décarbonée et la revalorisation d’un terrain inutilisé. »
Et comme un slogan, EDF se targue de produire à plus de 95 % de l’électricité sans émission de CO2, grâce au nucléaire et aux énergie renouvelables.
Je ne peux que penser aux drames humains et écologiques engendrés par ces centrales et aux déchets hautement radioactifs dont on ne sait que faire.
Au village de Civaux, le bar-supérette-magazines est rendu très confortable et convivial par un coin salon et en prime la fraîcheur du lieu fait descendre la température corporelle.
La nécropole Mérovingienne classée au titre des monuments historiques en 1923, près de 1 000 sarcophages sont encore en place ou forment une clôture originale. Des sarcophages ouverts au milieu des tombes récentes, une chapelle en ruine forment un lieu exceptionnel et unique.
La météo caniculaire fait parler !!! Tout le monde l’aborde !
Les messages que je reçois n’en sont pas exempt. Pour un sédentaire, voyager à vélo semble être un pari fou.
Tout va bien ! Je veille à une parfaite hydratation et mon GPS me lance une alerte hydratation tous les quelques km que j’écoute avec assiduité. Mes pauses sont fréquentes, et parfois, allongée au pied d’un arbre au moment le plus chaud de la journée me permet un moment de sommeil récupérateur.
J’adopte une protection maximale du soleil par des vêtements qui me couvrent l’intégralité du corps. Je me suis également confectionner un chapeau collerette que je place sous mon casque, laissant toute ventilation à ce dernier. Je n’ai donc plus à me préoccuper du soleil, mais simplement de la chaleur.
Les villages sont désertés de tous habitants. Tous à l’intérieur dans les maisons aux volets clos.
Aucune voix d’enfant ne résonne. Le calme est absolu !
Chaque village possède encore son petit camping mignonnet en bordure de la Vienne.
De Chauvigny aux Pyrénées, je vais emprunter l’EuroVelo 3. Longue de 5 300 km, elle relie Trondheim (Norvège) à Saint-Jacques-de-Compostelle et notamment au cap Finisterra. Elle est appelée la Scandibérique dans sa partie française.
J’ai choisi de rouler à la découverte de paysages ruraux à la faveur de routes calmes ou de voies vertes, a contrario de la Vélodyssée, zone très touristique aux immenses campings parfois bruyants.
Lors d’un Tour de France à vélo, j’ai parcouru cet endroit avec Gaël, seulement âgé de trois ans. Aujourd’hui je me demande comment je réussissais à mobiliser une telle charge (enfant, remorque, bagages, vélo sans m’oublier perchée sur mon vélo).
Un embarcadère éveille ma curiosité. Un bac à chaîne permet de rejoindre la plage de Queaux. Voilà un excellent divertissement : traverser en bac !
Apres bien des efforts pour monter le vélo sur le bac, en évitant que ce dernier ne tangue de trop afin de ne pas finir à l’eau avec vélo et matériel, je tire sur la chaîne et progresse tranquillement vers l’autre rive. Une chaîne à poulie relie un câble tendu en travers de la Vienne. Le bac reste parfaitement dans la bonne trajectoire. Et c’est ainsi que j’arrive sur l’autre rive où je remarque un camping croquignolet, un immense terrain de jeux, une mini piscine, une plage et une guinguette. Cela aurait été une étape parfaite, mais il me reste une trentaine de km à parcourir.
Tout n’est pas joué ! Je dois retraverser ! De jeunes ados viennent à ma rescousse pour hisser mon lourd chargement. Il aurait été plus simple de décrocher les sacoches. Voulant a priori se simplifier la vie on se la complique.
Et il me faut redescendre… le bac tangue, les pédales sont emberlificotées dans les chaînes posées au sol. Après quelques sueurs froides me revoici sur la terre ferme, absolument ravie de mon exploit car pour rien au monde je n’aurais voulu rater cette traversée en solo.
Le dénivelé me met à rude épreuve. Heureusement le vent de dos m’aide un peu.
Au centre d’un village, devant l’église et sous les platanes un cyclo-voyageur est allongé. Surpris de me voir, en effet nous ne sommes pas légions dans cette région, il m’annonce : « Il est 14 h, l’heure de midi, je me repose en attendant que la chaleur décline un peu. »
C’est une excellente idée ! Je m’allonge aussi devant l’église, bien à l’abri du soleil.
Puis je traverse un paysage de désolation. Cela sent le brûlé. Une odeur âcre. Une étendue pelées où les flammes sont passées pour ne laisser que des souches calcinées et des champs noircis. Les pylônes en bois des télécommunications sont couchés au sol, brûlés à leur base. Des câbles courent en bordure de route, rétablissant temporairement la communication.
Un agriculteur encore tout ébranlé me raconte :
C’est un beau cadeau pour cette fin d’après-midi
Ce n’est pas en quelques bons délicats que je gravis cette montée, mais c’est en pestant, ahanant et jurant que l’on ne m’y reprendrait plus !
Une descente m’entraîne dans un dénivelé à 10 %. Je déchante vite. Je dois remonter de l’autre côté.
C’est ainsi que je me présente défraîchie, cheveux hirsutes au camping du lac bar-restaurant à Availles-Limouzine.
Après une douche glacée, coiffée et vêtue correctement, le gérant ne me reconnaît pas lorsque je reviens un peu plus tard. Ici on déguste de bons pavés de Limousine dans une bonne ambiance familiale.
62 km
Chauvigny, Availles-Limouzine
Une biche me guette
Je longe la Vienne et je circule sur une départementale. Les automobilistes vont vite. Je me sens en danger. J’ai peur sur la route ce qui me conduit à être très prudente. J’installe les dispositifs qui me rendent visible. Un mat surmonté d’un ample drapeau jaune, un gilet jaune sur le dos et les différents éclairages du vélo. Je suis visible de loin au moins à 150 mètres. Les automobilistes ne sont pas surpris par ma présence sur la route. De loin ils sont mis en condition et m’identifient comme un travailleur de la route. Par chance, le trajet sur cette route n’est pas très long. Je suis dirigée sur une piste cyclable.
Les voyages à vélo m’ont entraînée le long de grands fleuves, Danube, Rhin, Rhône, Loire… et m’ont permis d’approcher au plus près de nombreuses centrales nucléaires. Aujourd’hui, c’est celle de Civaux qui se trouve à portée de main.
En complément, une centrale photovoltaïque a été mise en service par EDF. Il est écrit sur un panneau : « La centrale solaire répond à un double enjeu environnemental : la production d'une énergie décarbonée et la revalorisation d’un terrain inutilisé. »
Et comme un slogan, EDF se targue de produire à plus de 95 % de l’électricité sans émission de CO2, grâce au nucléaire et aux énergie renouvelables.
Je ne peux que penser aux drames humains et écologiques engendrés par ces centrales et aux déchets hautement radioactifs dont on ne sait que faire.
Au village de Civaux, le bar-supérette-magazines est rendu très confortable et convivial par un coin salon et en prime la fraîcheur du lieu fait descendre la température corporelle.
La nécropole Mérovingienne classée au titre des monuments historiques en 1923, près de 1 000 sarcophages sont encore en place ou forment une clôture originale. Des sarcophages ouverts au milieu des tombes récentes, une chapelle en ruine forment un lieu exceptionnel et unique.
La météo caniculaire fait parler !!! Tout le monde l’aborde !
Les messages que je reçois n’en sont pas exempt. Pour un sédentaire, voyager à vélo semble être un pari fou.
Tout va bien ! Je veille à une parfaite hydratation et mon GPS me lance une alerte hydratation tous les quelques km que j’écoute avec assiduité. Mes pauses sont fréquentes, et parfois, allongée au pied d’un arbre au moment le plus chaud de la journée me permet un moment de sommeil récupérateur.
J’adopte une protection maximale du soleil par des vêtements qui me couvrent l’intégralité du corps. Je me suis également confectionner un chapeau collerette que je place sous mon casque, laissant toute ventilation à ce dernier. Je n’ai donc plus à me préoccuper du soleil, mais simplement de la chaleur.
Les villages sont désertés de tous habitants. Tous à l’intérieur dans les maisons aux volets clos.
Aucune voix d’enfant ne résonne. Le calme est absolu !
Chaque village possède encore son petit camping mignonnet en bordure de la Vienne.
De Chauvigny aux Pyrénées, je vais emprunter l’EuroVelo 3. Longue de 5 300 km, elle relie Trondheim (Norvège) à Saint-Jacques-de-Compostelle et notamment au cap Finisterra. Elle est appelée la Scandibérique dans sa partie française.
J’ai choisi de rouler à la découverte de paysages ruraux à la faveur de routes calmes ou de voies vertes, a contrario de la Vélodyssée, zone très touristique aux immenses campings parfois bruyants.
Lors d’un Tour de France à vélo, j’ai parcouru cet endroit avec Gaël, seulement âgé de trois ans. Aujourd’hui je me demande comment je réussissais à mobiliser une telle charge (enfant, remorque, bagages, vélo sans m’oublier perchée sur mon vélo).
Un embarcadère éveille ma curiosité. Un bac à chaîne permet de rejoindre la plage de Queaux. Voilà un excellent divertissement : traverser en bac !
Apres bien des efforts pour monter le vélo sur le bac, en évitant que ce dernier ne tangue de trop afin de ne pas finir à l’eau avec vélo et matériel, je tire sur la chaîne et progresse tranquillement vers l’autre rive. Une chaîne à poulie relie un câble tendu en travers de la Vienne. Le bac reste parfaitement dans la bonne trajectoire. Et c’est ainsi que j’arrive sur l’autre rive où je remarque un camping croquignolet, un immense terrain de jeux, une mini piscine, une plage et une guinguette. Cela aurait été une étape parfaite, mais il me reste une trentaine de km à parcourir.
Tout n’est pas joué ! Je dois retraverser ! De jeunes ados viennent à ma rescousse pour hisser mon lourd chargement. Il aurait été plus simple de décrocher les sacoches. Voulant a priori se simplifier la vie on se la complique.
Et il me faut redescendre… le bac tangue, les pédales sont emberlificotées dans les chaînes posées au sol. Après quelques sueurs froides me revoici sur la terre ferme, absolument ravie de mon exploit car pour rien au monde je n’aurais voulu rater cette traversée en solo.
Le dénivelé me met à rude épreuve. Heureusement le vent de dos m’aide un peu.
Au centre d’un village, devant l’église et sous les platanes un cyclo-voyageur est allongé. Surpris de me voir, en effet nous ne sommes pas légions dans cette région, il m’annonce : « Il est 14 h, l’heure de midi, je me repose en attendant que la chaleur décline un peu. »
C’est une excellente idée ! Je m’allonge aussi devant l’église, bien à l’abri du soleil.
Puis je traverse un paysage de désolation. Cela sent le brûlé. Une odeur âcre. Une étendue pelées où les flammes sont passées pour ne laisser que des souches calcinées et des champs noircis. Les pylônes en bois des télécommunications sont couchés au sol, brûlés à leur base. Des câbles courent en bordure de route, rétablissant temporairement la communication.
Un agriculteur encore tout ébranlé me raconte :
- Ici, il y a environ dix jours, sur plus de trente hectares le feu a tout brulé sur son passage. Les cultures, les haies, les forêts.
- Comment les fermes ont-elles été préservées alors que les dépendances sont brûlées ?
- Les fermes ont été préservées par les pompiers aidés par un moyen aérien, mais les dépendances n’ont pas eu cette chance. Une bergerie n’a pas résisté à l’assaut du feu et les quarante-huit moutons ont tous péris. J’ai eu de la chance, ma famille et moi sommes indemnes et je n’ai pas perdu d’animaux ! Mais cet événement nous a bien tourneboulés ! Maintenant il n’y a plus rien à brûler…
- J’espère que vous tous vous remettrez de cette frayeur !
C’est un beau cadeau pour cette fin d’après-midi
Ce n’est pas en quelques bons délicats que je gravis cette montée, mais c’est en pestant, ahanant et jurant que l’on ne m’y reprendrait plus !
Une descente m’entraîne dans un dénivelé à 10 %. Je déchante vite. Je dois remonter de l’autre côté.
C’est ainsi que je me présente défraîchie, cheveux hirsutes au camping du lac bar-restaurant à Availles-Limouzine.
Après une douche glacée, coiffée et vêtue correctement, le gérant ne me reconnaît pas lorsque je reviens un peu plus tard. Ici on déguste de bons pavés de Limousine dans une bonne ambiance familiale.
…/…
Vendredi 10 juillet - 19e jour
8 km à pied. Journée pause.
Availles-Limouzine
Promenade caniculaire jusqu’au village.
Deux Anglaises, retraitées, rejoignent le camping en milieu d’après -midi.
Elles sont parties de Bilbao et rejoignent l’Angleterre. Elles souffrent de la chaleur, des dénivelés, mais sont ravies. Elles sont brunies par le soleil et présentent toutes deux une maigreur exceptionnelle. Sympathiques et dynamiques nous passons un bon moment ensemble.
Journée à me déplacer en fonction de l’ombrage que m’offre l’arbre à proximité de ma tente.
8 km à pied. Journée pause.
Availles-Limouzine
Promenade caniculaire jusqu’au village.
Deux Anglaises, retraitées, rejoignent le camping en milieu d’après -midi.
Elles sont parties de Bilbao et rejoignent l’Angleterre. Elles souffrent de la chaleur, des dénivelés, mais sont ravies. Elles sont brunies par le soleil et présentent toutes deux une maigreur exceptionnelle. Sympathiques et dynamiques nous passons un bon moment ensemble.
Journée à me déplacer en fonction de l’ombrage que m’offre l’arbre à proximité de ma tente.

Section 4 Du 6 au 10 juillet