De Besançon au cap Nord en 2022 ; de Besançon au cap Roca en 2026 ; et relier les deux caps à vélo.
Le cap Nord, point le plus septentrional d'Europe.
Le cap Roca, point le plus occidental du continent européen.
Le cap Nord, point le plus septentrional d'Europe.
Le cap Roca, point le plus occidental du continent européen.
Activité :
vélo de randonnée
Statut :
en cours
DATE :
30/06/2026
Durée :
65 jours
Mobilité douce
du pas de la porte au pas de la porte
Mise à jour section : 27 juil.
samedi 11 juillet - 20e jour
50 km - 649 m d+
Availles-Limouzine, Confolens, Exideuil-sur-Vienne, Pressignac
Cette nuit, le vent s’est levé brusquement et s’est emberlificoté dans les pins, les saules pleureurs et bien d’autres essences d’arbres se mirent à gémir, trop secoués à leur goût.
Le ciel désirait aussi entrer dans la compétition. C’est ainsi que silencieusement, il illuminait le camping par alternance. Toute cette folie me réveilla et je me dépêchai de mettre à l’abri le matériel resté dehors.
Le phénomène était bizarre car la tente ne subissait pas les assauts du vent. Comme si le vent restait perché à plusieurs mètres du sol.
Ce matin une des dames anglaises vient me saluer et me souhaite : « Good luck. » Autrement dit : « Bonne chance. » Formule traditionnelle tant de fois entendues.
Elle me tapote le bras. Cela aussi est tellement fréquent. On me touche lorsque je suis une cyclo-voyageuse. C’est une forme d’empathie, d’extrême gentillesse, d’humanité envers moi, la femme seule partie pour un long voyage. Ces gestes m’émeuvent toujours. Je l’ai regardée plus précisément et j’ai vu son regard aux yeux bleus illuminant son visage. Un visage tracé par de profonds sillons, modelé par un trop plein de soleil. Merci Leylani !
Pour les dix premiers kilomètres, des dénivelés positifs m’obligent à pousser mon vélo.
« Chi va piano va sano e va lontano » et se traduit littéralement par « Celui qui va doucement, va sainement, sûrement et va loin ».
Cela me convient bien !
Doucement j’arrive à Confolens.
Avec 2 730 habitants, elle est la ville la plus importante de la Charente Limousine.
Sur la terrasse d’un café faisant face au marché, une dame me précise les atouts de la ville : « Depuis 1958 notre festival de folklore de renommée internationale met en scène les musiques, chants, danses et coutumes populaires des cinq continents. Il est organisé chaque année la semaine du 15 août. Vous arrivez trop tôt ! »
En effet, sinon je serais restée quelques jours.
Il règne dans ce bourg une activité vivante autour de son marché ou sur le vieux pont voûté datant du 10e siècle. De nombreuses boutiques sont installées dans les rues. Certaines maisons sont à colombage.
Pour l’anecdote du jour, au marché, la vendeuse refuse de me vendre deux œufs argumentant que c’est six, douze ou rien du tout.
Je me confronte à quelques difficultés de ravitaillement, car avec la chaleur, je ne transporte pas d’aliments qui ne résistent pas en dehors du réfrigérateur. Cependant, j’achète une bonne tranche de jambon à l’os à la croûte croustillante et encore chaud. Un pain d’épeautre, des fraises et des cerises viendront compléter le déjeuner à venir.
Puis la route se poursuit. Je pousse ou alors je me laisse descendre à toute allure engageant sur une bonne longueur la côte à venir.
Devant une ferme, les balles de foin sont enrubannées dans du film plastique coloré rose. Ce sont les agriculteurs qui se mobilisent contre le cancer. Une partie du prix d'achat du film plastique est reversé à la lutte contre le cancer. Le rose pour le cancer du sein, le bleu pour soutenir la recherche contre les cancers de la prostate et le plastique jaune contre les cancer infantiles.
Concrètement, pour chaque rouleau de film plastique coloré acheté, deux euros seront versés à la recherche contre le cancer.
Peut-être est-ce la chaleur ou alors une chute de mes performances déjà bien médiocres dans les côtes, au delà de 3 % je descends précipitamment de mon vélo et je le pousse. Misère de misère !
Pour certaines côtes importantes le GPS m’avise du % de dénivelé positif, de la distance et du temps qu’il me faut pour la parcourir. La vitesse moyenne m’est indiquée en fin de journée. Ridiculement basse ! Je me rassure en pensant qu’il ne prend pas en compte les multiples pauses, la sieste…
Un château en ruine surplombe Ansac-sur-la-Vienne et la vallée de la Vienne donnant uair lugubre au lieu.
Les églises des villages me permettent une pause au frais. Celle d’Excideuil-sur-Vienne est particulière. Les maisons l’avoisinent à presque la toucher. Une flèche d’ardoises est dressée sur un clocher carré de quelques mètres de haut. Le manque d’ouvertures rendent l’intérieur obscur. Les bancs sont très bas laissant imaginer que seuls les enfants la fréquentent. Pour moi, tout ceci est parfait ! Je peux me reposer au frais et dans la pénombre.
En fin de journée, à quelques km du camping où je dois me rendre, une épaisse fumée noire s’échappe de l’orée d’un bois à quelque cinq-cents mètres de moi. Les flammes sont virulentes. Je téléphone aux pompiers. Ils ont déjà été prévenus et des hommes sont engagés.
Perdue, j’utilise Google Maps, pour me diriger jusqu’au camping. Comme d’habitude il m’indique des chemins herbeux en bordure de champs ou dans des forêts. À la sortie d’une forêt, je me retrouve bloquée derrière une barrière me séparant du camping. C’est absolument rageant ! Si près du but, de devoir rebrousser chemin dans la forêt et les champs pour retrouver la route.
Arrivée au camping situé au bord du lac de Lavaud et sur la plage de la Guerlie, la réceptionniste m’invite à me servir d’une délicieuse citronnade glacée. Ce camping touristique pratique des prix exceptionnellement bas pour les cyclistes.
50 km - 649 m d+
Availles-Limouzine, Confolens, Exideuil-sur-Vienne, Pressignac
Cette nuit, le vent s’est levé brusquement et s’est emberlificoté dans les pins, les saules pleureurs et bien d’autres essences d’arbres se mirent à gémir, trop secoués à leur goût.
Le ciel désirait aussi entrer dans la compétition. C’est ainsi que silencieusement, il illuminait le camping par alternance. Toute cette folie me réveilla et je me dépêchai de mettre à l’abri le matériel resté dehors.
Le phénomène était bizarre car la tente ne subissait pas les assauts du vent. Comme si le vent restait perché à plusieurs mètres du sol.
Ce matin une des dames anglaises vient me saluer et me souhaite : « Good luck. » Autrement dit : « Bonne chance. » Formule traditionnelle tant de fois entendues.
Elle me tapote le bras. Cela aussi est tellement fréquent. On me touche lorsque je suis une cyclo-voyageuse. C’est une forme d’empathie, d’extrême gentillesse, d’humanité envers moi, la femme seule partie pour un long voyage. Ces gestes m’émeuvent toujours. Je l’ai regardée plus précisément et j’ai vu son regard aux yeux bleus illuminant son visage. Un visage tracé par de profonds sillons, modelé par un trop plein de soleil. Merci Leylani !
Pour les dix premiers kilomètres, des dénivelés positifs m’obligent à pousser mon vélo.
« Chi va piano va sano e va lontano » et se traduit littéralement par « Celui qui va doucement, va sainement, sûrement et va loin ».
Cela me convient bien !
Doucement j’arrive à Confolens.
Avec 2 730 habitants, elle est la ville la plus importante de la Charente Limousine.
Sur la terrasse d’un café faisant face au marché, une dame me précise les atouts de la ville : « Depuis 1958 notre festival de folklore de renommée internationale met en scène les musiques, chants, danses et coutumes populaires des cinq continents. Il est organisé chaque année la semaine du 15 août. Vous arrivez trop tôt ! »
En effet, sinon je serais restée quelques jours.
Il règne dans ce bourg une activité vivante autour de son marché ou sur le vieux pont voûté datant du 10e siècle. De nombreuses boutiques sont installées dans les rues. Certaines maisons sont à colombage.
Pour l’anecdote du jour, au marché, la vendeuse refuse de me vendre deux œufs argumentant que c’est six, douze ou rien du tout.
Je me confronte à quelques difficultés de ravitaillement, car avec la chaleur, je ne transporte pas d’aliments qui ne résistent pas en dehors du réfrigérateur. Cependant, j’achète une bonne tranche de jambon à l’os à la croûte croustillante et encore chaud. Un pain d’épeautre, des fraises et des cerises viendront compléter le déjeuner à venir.
Puis la route se poursuit. Je pousse ou alors je me laisse descendre à toute allure engageant sur une bonne longueur la côte à venir.
Devant une ferme, les balles de foin sont enrubannées dans du film plastique coloré rose. Ce sont les agriculteurs qui se mobilisent contre le cancer. Une partie du prix d'achat du film plastique est reversé à la lutte contre le cancer. Le rose pour le cancer du sein, le bleu pour soutenir la recherche contre les cancers de la prostate et le plastique jaune contre les cancer infantiles.
Concrètement, pour chaque rouleau de film plastique coloré acheté, deux euros seront versés à la recherche contre le cancer.
Peut-être est-ce la chaleur ou alors une chute de mes performances déjà bien médiocres dans les côtes, au delà de 3 % je descends précipitamment de mon vélo et je le pousse. Misère de misère !
Pour certaines côtes importantes le GPS m’avise du % de dénivelé positif, de la distance et du temps qu’il me faut pour la parcourir. La vitesse moyenne m’est indiquée en fin de journée. Ridiculement basse ! Je me rassure en pensant qu’il ne prend pas en compte les multiples pauses, la sieste…
Un château en ruine surplombe Ansac-sur-la-Vienne et la vallée de la Vienne donnant uair lugubre au lieu.
Les églises des villages me permettent une pause au frais. Celle d’Excideuil-sur-Vienne est particulière. Les maisons l’avoisinent à presque la toucher. Une flèche d’ardoises est dressée sur un clocher carré de quelques mètres de haut. Le manque d’ouvertures rendent l’intérieur obscur. Les bancs sont très bas laissant imaginer que seuls les enfants la fréquentent. Pour moi, tout ceci est parfait ! Je peux me reposer au frais et dans la pénombre.
En fin de journée, à quelques km du camping où je dois me rendre, une épaisse fumée noire s’échappe de l’orée d’un bois à quelque cinq-cents mètres de moi. Les flammes sont virulentes. Je téléphone aux pompiers. Ils ont déjà été prévenus et des hommes sont engagés.
Perdue, j’utilise Google Maps, pour me diriger jusqu’au camping. Comme d’habitude il m’indique des chemins herbeux en bordure de champs ou dans des forêts. À la sortie d’une forêt, je me retrouve bloquée derrière une barrière me séparant du camping. C’est absolument rageant ! Si près du but, de devoir rebrousser chemin dans la forêt et les champs pour retrouver la route.
Arrivée au camping situé au bord du lac de Lavaud et sur la plage de la Guerlie, la réceptionniste m’invite à me servir d’une délicieuse citronnade glacée. Ce camping touristique pratique des prix exceptionnellement bas pour les cyclistes.
…/…
Dimanche 12 juillet - 21e jour
50 km
Pressignac, Montrond, Chazelles
Le bonheur du matin et du soir
Une biche traverse la route à quelqu’un pas devant moi et s’enfuit précipitamment à ma vue. La suivante reste tapie dans les fourrés. Elle ne prend pas le risque de se retrouver nez à nez avec moi. Malgré mes recherches, je n’arrive pas à la dénicher. Ces animaux ont l’art de la dissimulation et de la fuite silencieuse.
Un peu plus loin, des animaux plus communs se prélassent dans les champ et me regardent passer. Mais celles-ci ont laissé tomber leurs cornes. On obtient des Limousines sans corne à la suite d’une sélection génétique. Plus pratique pour les exploitants, ces vaches sans corne assurent leur sécurité et limitent les blessures entre animaux.
Dans les Charentes, les couvertures tout en rondeur reçoivent des tuiles romanes canal aux nuances ocrées (du rose clair à l’orangé foncé) qui annoncent le Midi. Côté mur, c’est pierre de taille jointoyée et parfois des enduits pour protéger des intempéries.
De nombreuses carrières sont présentes dans la région. À Chazelles, les habitants revendiquent leur petit village comme la « capitale de la pierre » dans laquelle serait issue la pierre du socle de la statue de la Liberté.
Les clochers des églises sont bas et affirment moins nettement la domination spirituelle et temporelle du clergé sur son territoire.
Je m’arrête à la boulangerie-pâtisserie de Massignac.
J’achète pain, viennoiserie. Le café est à emporter car ici la boulangère ne perd pas de temps avec la convivialité. Lorsque je lui demande si elle peut remplir mes gourdes, elle répond : « Vous trouverez de l’eau dans les sanitaires publics à cent mètres d’ici. »Je lui rétorque : « Cela ne se fait pas de refuser de l’eau. Elle doit sans doute vous coûter une fortune pour dédaigner m’en donner ! »
Il est rare de rencontrer des personnes avec si peu de cœur.
À la sortie de Massignac, je croise Sébastien, vététiste. Il fait demi-tour et me demande s’il peut m’accompagner sur quelques kilomètres.
Son vélo a un poids de 8 kg et il fait attention à l’eau qu’il emporte afin de ne pas se surcharger. Lorsqu’il apprend le poids du mien et de son chargement, il est stupéfait et comprend pourquoi je suis essoufflée dans la côte que nous grimpons tout en parlant.
Il me dit aimer les dénivelés positifs et apprécier cette région pour le VTT. Il possède une maison secondaire dans la région. Ni pollution lumineuse ni nuisance sonore, il entend les animaux de la forêt au cours de la nuit. Il s’intéresse tout particulièrement à mon voyage et lorsque je lui indique que je vais à Lisbonne, il me regarde attentivement et me précise qu’il est d’origine portugaise. Ses arrières grands-parents sont arrivés en France en 1910.
Il a appris ses origines tardivement. Son père les ayant reniées. Toutefois, ce dernier avait précieusement gardé toutes les pièces d’identité et autres sur ses aïeuls qu’il a remis à Sébastien à la veille de sa mort.
Après une dizaine de kilomètres, il repart en sens inverse après de longs remerciements chaleureux. Mon voyage l’a enthousiasmé ! Sa vie m’a intéressée.
Y’a vraiment rien de plat au niveau des contreforts du Massif-Central et les descentes ne me font pas récupérer le temps passé à gravir les côtes, à pied évidemment, qui se prolongent parfois sur plusieurs km.
Aujourd’hui, je pédale dans un four. La curiosité me pousse à regarder mon thermomètre. Misère ! Il affiche 45 degrés ! Il est donc temps de dormir au pied d’un arbre.
Je m’écarte de la route et prends un petit chemin. Un imposant arbre à belle frondaison m’encourage à m’allonger sur mon paréo bien étendu.
Je suis prise de sommeil et je m’endors. Une voix me réveille : « Madame ! Tout va bien ? » Après avoir rassuré la dame sur mon état, elle me propose de la suivre pour venir chercher de l’eau chez elle. Sa ferme est à deux pas de là. Mais mes gourdes sont pleines.
Une dame prévenante, attentionnée qui se soucie de son prochain .
Ragaillardie je dois terminer mon étape. Il ne me reste que douze km. À l’idée des côtes, cela me fatigue. À l’idée des descentes, cela me dynamise même si je dois ralentir ma vitesse car un vélo chargé comme le mien est dangereux.
J’absorbe rapidement l’eau contenue dans mes deux gourdes fixées au cadre de mon vélo. Je dois donc utiliser ma précieuse petite réserve prévue en cas d’urgence, nichée dans une des sacoches.
Et tout s’illumine ! Je passe devant un cimetière et refais le plein. Pour la fin de mon parcours, il ne me reste que huit kilomètres. À l’ancienne gare de Marthon, une locomotive est exposée devant un immense hangar sur lequel est accrochée une multitude de vélos et … l’ancienne voie ferrée, aplanie, se transforme en piste cyclable aux ramures des arbres faisant obstacle au soleil.
Huit kilomètres de pur bonheur, à bonne vitesse, le vent dans le dos et lorsque le dénivelé modeste s’inverse, je retrouve un peu de ma superbe m’imaginant même que je suis une sacrée bonne cycliste. J’oublie toutes mes difficultés, mon désarroi dans ces contreforts ardus des jours derniers. Je retrouve ce goût de la liberté et le bien-être des kilomètres qui me conduisent au loin.
La chance ne finit pas de me sourire car je suis entraînée au camping du Buron à Chazelles. Un lieu hors du commun. William a tout aménagé et construit de ses propres mains. Le terrain, en pente, est mis à profit par de nombreuses terrasses soutenues par d’énormes rochers. Des logements insolites sont dispersés tels des POD plus ou moins grands, une tente suspendue, d’autres posées au sol et plus spacieuses, une cabane en pierre cachée dans la forêt. Le cycliste est particulièrement choyée avec tables et chaises à disposition et deux abris. Nath, l’épouse de William, vient de prendre sa retraite et tient la cafétéria où elle concocte une cuisine simple et diététique.
William m’installe à la meilleure place. Tout en haut du camping avec une vue imprenable où j’installe ma tente au milieu d’une mini-clairière entourée d’arbres. Ils me mettront à l’abri.
C’est décidé ! Demain je reste ici ! Je dois reprendre les notes de mon journal afin de publier au moins le début. Partie depuis 13 jours, mes amies s’affolent de ne pas pouvoir me suivre !
50 km
Pressignac, Montrond, Chazelles
Le bonheur du matin et du soir
Une biche traverse la route à quelqu’un pas devant moi et s’enfuit précipitamment à ma vue. La suivante reste tapie dans les fourrés. Elle ne prend pas le risque de se retrouver nez à nez avec moi. Malgré mes recherches, je n’arrive pas à la dénicher. Ces animaux ont l’art de la dissimulation et de la fuite silencieuse.
Un peu plus loin, des animaux plus communs se prélassent dans les champ et me regardent passer. Mais celles-ci ont laissé tomber leurs cornes. On obtient des Limousines sans corne à la suite d’une sélection génétique. Plus pratique pour les exploitants, ces vaches sans corne assurent leur sécurité et limitent les blessures entre animaux.
Dans les Charentes, les couvertures tout en rondeur reçoivent des tuiles romanes canal aux nuances ocrées (du rose clair à l’orangé foncé) qui annoncent le Midi. Côté mur, c’est pierre de taille jointoyée et parfois des enduits pour protéger des intempéries.
De nombreuses carrières sont présentes dans la région. À Chazelles, les habitants revendiquent leur petit village comme la « capitale de la pierre » dans laquelle serait issue la pierre du socle de la statue de la Liberté.
Les clochers des églises sont bas et affirment moins nettement la domination spirituelle et temporelle du clergé sur son territoire.
Je m’arrête à la boulangerie-pâtisserie de Massignac.
J’achète pain, viennoiserie. Le café est à emporter car ici la boulangère ne perd pas de temps avec la convivialité. Lorsque je lui demande si elle peut remplir mes gourdes, elle répond : « Vous trouverez de l’eau dans les sanitaires publics à cent mètres d’ici. »Je lui rétorque : « Cela ne se fait pas de refuser de l’eau. Elle doit sans doute vous coûter une fortune pour dédaigner m’en donner ! »
Il est rare de rencontrer des personnes avec si peu de cœur.
À la sortie de Massignac, je croise Sébastien, vététiste. Il fait demi-tour et me demande s’il peut m’accompagner sur quelques kilomètres.
Son vélo a un poids de 8 kg et il fait attention à l’eau qu’il emporte afin de ne pas se surcharger. Lorsqu’il apprend le poids du mien et de son chargement, il est stupéfait et comprend pourquoi je suis essoufflée dans la côte que nous grimpons tout en parlant.
Il me dit aimer les dénivelés positifs et apprécier cette région pour le VTT. Il possède une maison secondaire dans la région. Ni pollution lumineuse ni nuisance sonore, il entend les animaux de la forêt au cours de la nuit. Il s’intéresse tout particulièrement à mon voyage et lorsque je lui indique que je vais à Lisbonne, il me regarde attentivement et me précise qu’il est d’origine portugaise. Ses arrières grands-parents sont arrivés en France en 1910.
Il a appris ses origines tardivement. Son père les ayant reniées. Toutefois, ce dernier avait précieusement gardé toutes les pièces d’identité et autres sur ses aïeuls qu’il a remis à Sébastien à la veille de sa mort.
Après une dizaine de kilomètres, il repart en sens inverse après de longs remerciements chaleureux. Mon voyage l’a enthousiasmé ! Sa vie m’a intéressée.
Y’a vraiment rien de plat au niveau des contreforts du Massif-Central et les descentes ne me font pas récupérer le temps passé à gravir les côtes, à pied évidemment, qui se prolongent parfois sur plusieurs km.
Aujourd’hui, je pédale dans un four. La curiosité me pousse à regarder mon thermomètre. Misère ! Il affiche 45 degrés ! Il est donc temps de dormir au pied d’un arbre.
Je m’écarte de la route et prends un petit chemin. Un imposant arbre à belle frondaison m’encourage à m’allonger sur mon paréo bien étendu.
Je suis prise de sommeil et je m’endors. Une voix me réveille : « Madame ! Tout va bien ? » Après avoir rassuré la dame sur mon état, elle me propose de la suivre pour venir chercher de l’eau chez elle. Sa ferme est à deux pas de là. Mais mes gourdes sont pleines.
Une dame prévenante, attentionnée qui se soucie de son prochain .
Ragaillardie je dois terminer mon étape. Il ne me reste que douze km. À l’idée des côtes, cela me fatigue. À l’idée des descentes, cela me dynamise même si je dois ralentir ma vitesse car un vélo chargé comme le mien est dangereux.
J’absorbe rapidement l’eau contenue dans mes deux gourdes fixées au cadre de mon vélo. Je dois donc utiliser ma précieuse petite réserve prévue en cas d’urgence, nichée dans une des sacoches.
Et tout s’illumine ! Je passe devant un cimetière et refais le plein. Pour la fin de mon parcours, il ne me reste que huit kilomètres. À l’ancienne gare de Marthon, une locomotive est exposée devant un immense hangar sur lequel est accrochée une multitude de vélos et … l’ancienne voie ferrée, aplanie, se transforme en piste cyclable aux ramures des arbres faisant obstacle au soleil.
Huit kilomètres de pur bonheur, à bonne vitesse, le vent dans le dos et lorsque le dénivelé modeste s’inverse, je retrouve un peu de ma superbe m’imaginant même que je suis une sacrée bonne cycliste. J’oublie toutes mes difficultés, mon désarroi dans ces contreforts ardus des jours derniers. Je retrouve ce goût de la liberté et le bien-être des kilomètres qui me conduisent au loin.
La chance ne finit pas de me sourire car je suis entraînée au camping du Buron à Chazelles. Un lieu hors du commun. William a tout aménagé et construit de ses propres mains. Le terrain, en pente, est mis à profit par de nombreuses terrasses soutenues par d’énormes rochers. Des logements insolites sont dispersés tels des POD plus ou moins grands, une tente suspendue, d’autres posées au sol et plus spacieuses, une cabane en pierre cachée dans la forêt. Le cycliste est particulièrement choyée avec tables et chaises à disposition et deux abris. Nath, l’épouse de William, vient de prendre sa retraite et tient la cafétéria où elle concocte une cuisine simple et diététique.
William m’installe à la meilleure place. Tout en haut du camping avec une vue imprenable où j’installe ma tente au milieu d’une mini-clairière entourée d’arbres. Ils me mettront à l’abri.
C’est décidé ! Demain je reste ici ! Je dois reprendre les notes de mon journal afin de publier au moins le début. Partie depuis 13 jours, mes amies s’affolent de ne pas pouvoir me suivre !
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lundi 13 juillet - 22e jour
Quelques km à pied
Chazelles
La nuit a été particulièrement chaude. Mon sommeil fut perturbé.
À l’aurore, le ciel se couvre, l’orage gronde au loin. Quelques gouttes de pluie tombent et furtivement le vent chasse les les nuages.
Dommage ! L’atmosphère a hautement besoin d’être rafraîchi.
Je m’allonge sur la chaise longue. Moment fort agréable et reposant. Six arbres, des aubépines qui se présentent sous la forme de grands arbres, des chênes pédonculés, m’entourent et font un précieux rempart contre le soleil revenu.
Je dois m’y mettre ! Il me faut élaborer à partir de notes à peine lisibles.
Quelle surprise ! À quelques mètres au-dessus de ma tête, un mouvement attire mon attention. Un oiseau est installé dans son nid, nullement perturbé par ma présence silencieuse..
La journée se déroule. Studieuse et concentrée j’essaie de retrouver les moments particuliers des jours précédents
Quelques km à pied
Chazelles
La nuit a été particulièrement chaude. Mon sommeil fut perturbé.
À l’aurore, le ciel se couvre, l’orage gronde au loin. Quelques gouttes de pluie tombent et furtivement le vent chasse les les nuages.
Dommage ! L’atmosphère a hautement besoin d’être rafraîchi.
Je m’allonge sur la chaise longue. Moment fort agréable et reposant. Six arbres, des aubépines qui se présentent sous la forme de grands arbres, des chênes pédonculés, m’entourent et font un précieux rempart contre le soleil revenu.
Je dois m’y mettre ! Il me faut élaborer à partir de notes à peine lisibles.
Quelle surprise ! À quelques mètres au-dessus de ma tête, un mouvement attire mon attention. Un oiseau est installé dans son nid, nullement perturbé par ma présence silencieuse..
La journée se déroule. Studieuse et concentrée j’essaie de retrouver les moments particuliers des jours précédents
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Mardi 14 juillet - 23e jour
55 km
Chazelle, Angoulême, Châteauneuf
Au cœur d’une bambouseraie
Il fait nuit lorsque je me lève
. Les jours raccourcissent.
Je rejoins Angoulême en suivant la voie ferrée et quelques axes à grande circulation mais dotés de voies cyclables et tronçons de voie vertes.
À l’approche d’Angoulême, aux confins urbains, la signalisation est ambiguë, je me perds, je tournicote, je rage, je peste. Le GPS n’arrive pas à recalculer l’itinéraire. Je dois revenir sur mes pas pour retrouver les panneaux et permettre au GPS de m’orienter.
Puis je roule sur le parvis de la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image d’Angoulême. Le musée a ouvert ses portes en 1989 dans d’anciennes brasseries réaménagées par l’architecte Roland Castro. C’est un établissement unique en France consacré à la bande dessinée. Aujourd’hui il est fermé.
Je pense faire une pause à Angoulême. Lorsque j’aperçois la ville établie sur un éperon dominant un méandre de la Charente où je roule, je déchante. La ville porte bien son nom « Le balcon du Sud-Ouest ».
La coulée verte m’entraîne toujours plus loin et la ville s’efface derrière moi.
L’EV3 s’égare dans les champs de blé, de maïs puis me fait traverser Trois-Palis où je reste interdite devant l’église Romane du XIe siècle. L'élégant clocher comporte trois niveaux couronnés d'un dôme conique à écailles de pierre. Elle est fermée, ce qui est regrettable car on peut aisément estimer les trésors qu’elle doit receler.
Après le village, je rejoins la coulée verte, véritable autoroute pour cyclistes. Elle est couverte d’un sable blanc très fin. Rapidement, la bicyclette et moi prenons cette même couleur.
Peu de dénivelés viennent entraver mon excellente progression du jour.
Puis brusquement, une embardée du chemin me conduit dans le vignoble charentais. C’est fini du plat pour quelques kilomètres !
Tout doucement, après avoir rejoint la Charente. j’arrive au camping Nomade. Il porte bien son nom. L’entrée forme un vaste couloir où cinq grands emplacements ont été dessinés. Des sièges réalisés avec des palettes donnent un peu de confort.
Ce couloir s’ouvre sur une clairière avec un établi brinquebalant pour vélo, couvert d’outils rouillés. Il ne viendrait à personne l’idée de repartir avec !
Un lavabo est installé sous un petit abri en bois. Il ne manque rien : un savon de Marseille suspendu à une ficelle garanti l’hygiène, un joli miroir encadré d’un motif torsadé en métal me surprend lorsque je me retrouve nez à nez avec moi, le casque sur la tête. Des verres sont à disposition, quelques livres aussi et une minie boîte aux lettres est suspendue pour y déposer son argent si toutefois le propriétaire ne passe pas dans la soirée. Deux petites cabines distancées, en bambou, reçoivent une toilette sèche et une douche à l’eau glacée pour une remise en forme au cours de cette vague de chaleur.
La surprise est encore au rendez-vous. Plus loin, après avoir franchi un petit couloir percé dans un embrouillamini de bambous, j’arrive au cœur de la bambouseraie. Sièges-palettes et tables-basse invitent à un moment de convivialité. Ce sera moi avec moi, car je suis la seule au Nomade. Je m’installe dans un fauteuil tissu suspendu à l’arbre central. Une balançoire à bascule pour enfant aussi rouillée que les outils est également déposée ici.
Un petit escalier en fer descend directement dans la Charente. Il me permettra simplement un bain de pieds.
Parfois le luxe n’est pas à la fin d’une étape, mais le charme si.
55 km
Chazelle, Angoulême, Châteauneuf
Au cœur d’une bambouseraie
Il fait nuit lorsque je me lève
. Les jours raccourcissent.
Je rejoins Angoulême en suivant la voie ferrée et quelques axes à grande circulation mais dotés de voies cyclables et tronçons de voie vertes.
À l’approche d’Angoulême, aux confins urbains, la signalisation est ambiguë, je me perds, je tournicote, je rage, je peste. Le GPS n’arrive pas à recalculer l’itinéraire. Je dois revenir sur mes pas pour retrouver les panneaux et permettre au GPS de m’orienter.
Puis je roule sur le parvis de la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image d’Angoulême. Le musée a ouvert ses portes en 1989 dans d’anciennes brasseries réaménagées par l’architecte Roland Castro. C’est un établissement unique en France consacré à la bande dessinée. Aujourd’hui il est fermé.
Je pense faire une pause à Angoulême. Lorsque j’aperçois la ville établie sur un éperon dominant un méandre de la Charente où je roule, je déchante. La ville porte bien son nom « Le balcon du Sud-Ouest ».
La coulée verte m’entraîne toujours plus loin et la ville s’efface derrière moi.
L’EV3 s’égare dans les champs de blé, de maïs puis me fait traverser Trois-Palis où je reste interdite devant l’église Romane du XIe siècle. L'élégant clocher comporte trois niveaux couronnés d'un dôme conique à écailles de pierre. Elle est fermée, ce qui est regrettable car on peut aisément estimer les trésors qu’elle doit receler.
Après le village, je rejoins la coulée verte, véritable autoroute pour cyclistes. Elle est couverte d’un sable blanc très fin. Rapidement, la bicyclette et moi prenons cette même couleur.
Peu de dénivelés viennent entraver mon excellente progression du jour.
Puis brusquement, une embardée du chemin me conduit dans le vignoble charentais. C’est fini du plat pour quelques kilomètres !
Tout doucement, après avoir rejoint la Charente. j’arrive au camping Nomade. Il porte bien son nom. L’entrée forme un vaste couloir où cinq grands emplacements ont été dessinés. Des sièges réalisés avec des palettes donnent un peu de confort.
Ce couloir s’ouvre sur une clairière avec un établi brinquebalant pour vélo, couvert d’outils rouillés. Il ne viendrait à personne l’idée de repartir avec !
Un lavabo est installé sous un petit abri en bois. Il ne manque rien : un savon de Marseille suspendu à une ficelle garanti l’hygiène, un joli miroir encadré d’un motif torsadé en métal me surprend lorsque je me retrouve nez à nez avec moi, le casque sur la tête. Des verres sont à disposition, quelques livres aussi et une minie boîte aux lettres est suspendue pour y déposer son argent si toutefois le propriétaire ne passe pas dans la soirée. Deux petites cabines distancées, en bambou, reçoivent une toilette sèche et une douche à l’eau glacée pour une remise en forme au cours de cette vague de chaleur.
La surprise est encore au rendez-vous. Plus loin, après avoir franchi un petit couloir percé dans un embrouillamini de bambous, j’arrive au cœur de la bambouseraie. Sièges-palettes et tables-basse invitent à un moment de convivialité. Ce sera moi avec moi, car je suis la seule au Nomade. Je m’installe dans un fauteuil tissu suspendu à l’arbre central. Une balançoire à bascule pour enfant aussi rouillée que les outils est également déposée ici.
Un petit escalier en fer descend directement dans la Charente. Il me permettra simplement un bain de pieds.
Parfois le luxe n’est pas à la fin d’une étape, mais le charme si.
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Mercredi 15 juillet - 24e jour
80 km
Châteauneuf, Barbezieux, Saint Hilaire, Clérac, Bayas
Une biche tapageuse
Je me réveille au son délicat provoqué par la pluie sur la toile de ma tente. Je me dépêche de replier mon matériel. Le ciel est extrêmement sombre. La dernière dernière sacoche fermée, une chute de grêlons s’abat sur moi. Des œufs de pigeon. Je place le casque sur ma tête pour me protéger et je cours vers un abri. Quelques minutes après, une pluie diluvienne se déverse.
La terre sèche est chaude rejette immédiatement ceci, ce qui a pour effet de monter l’hygrométrie.
Je pédale dans un four à vapeur !
Les vignobles de Charente me donnent de bons coups de chaud.
Un drôle de nom pour une voie verte : « La Galope Chopine ». Jolie balade bucolique, vivifiante, rapide, à l’abri du soleil. Plus de vingt kilomètres dans un cadre naturel apaisant aux parfums de campagne.
Plus d'une dizaine de gares ponctue cette voie ferrée et trois lampisteries dont l’une s’est enrichie de nombreux livres, ont été restaurées. Ce sont de petits abris en pierre de taille, qui étaient destinés au rangement et à la réparation du matériel d'éclairage et de signalisation : lampes, lampadaires, appliques et éclairage des voitures, lanternes portatives du personnel des compagnies ferroviaires, fanaux des trains. Étaient aussi stockés les combustibles des lampes (huile, pétrole, acétylène) ce qui en faisait un lieu dangereux qui devait être ventilé et dont l'accès était réservé au seul lampiste.
Je creuse René parti d’Orléans. Il pratique le cyclo-voyage depuis trois ans et n’avait pratiquement jamais utilisé un vélo auparavant.
Équipé comme moi avec de multiples sacoches et fier de ses paquetages, car un voyageur ne peut voyager avec une bagagerie légère.
Cela fait plus de deux mois qu’il a commencé son voyage en France au plus près des frontières, grimpant de nombreux cols.
Notre échange de plus d’une heure est très sympathique, rieur. Il me montre ses astuces. Comment garder la fraîcheur le plus longtemps possible de son eau. Il en a marre de boire de l’eau parfumée au plastique.
Aujourd’hui les lapins se déplacent devant moi par petits bonds. J’ai le temps de les observer. Ils avancent les deux pattes avant puis ramènent les deux pattes arrière sous le corps. Parfois, ils doivent penser que je suis une spectatrice de Kaninhop et sautent de plus belle.
Différentes biches se retrouvent devant moi et s’éclipsent hâtivement. Toutefois l’une me fait la fête. Une véritable joueuse. Elle ne s’effraie pas de ma présence. Je reste médusée par ses bonds impressionnants.
Entrechats, arabesques, bourrées me laissent médusée. Une véritable danseuse classique ! Puis elle me quitte, s’enfonce dans la forêt avec grand tapage de branches cassées.
80 km
Châteauneuf, Barbezieux, Saint Hilaire, Clérac, Bayas
Une biche tapageuse
Je me réveille au son délicat provoqué par la pluie sur la toile de ma tente. Je me dépêche de replier mon matériel. Le ciel est extrêmement sombre. La dernière dernière sacoche fermée, une chute de grêlons s’abat sur moi. Des œufs de pigeon. Je place le casque sur ma tête pour me protéger et je cours vers un abri. Quelques minutes après, une pluie diluvienne se déverse.
La terre sèche est chaude rejette immédiatement ceci, ce qui a pour effet de monter l’hygrométrie.
Je pédale dans un four à vapeur !
Les vignobles de Charente me donnent de bons coups de chaud.
Un drôle de nom pour une voie verte : « La Galope Chopine ». Jolie balade bucolique, vivifiante, rapide, à l’abri du soleil. Plus de vingt kilomètres dans un cadre naturel apaisant aux parfums de campagne.
Plus d'une dizaine de gares ponctue cette voie ferrée et trois lampisteries dont l’une s’est enrichie de nombreux livres, ont été restaurées. Ce sont de petits abris en pierre de taille, qui étaient destinés au rangement et à la réparation du matériel d'éclairage et de signalisation : lampes, lampadaires, appliques et éclairage des voitures, lanternes portatives du personnel des compagnies ferroviaires, fanaux des trains. Étaient aussi stockés les combustibles des lampes (huile, pétrole, acétylène) ce qui en faisait un lieu dangereux qui devait être ventilé et dont l'accès était réservé au seul lampiste.
Je creuse René parti d’Orléans. Il pratique le cyclo-voyage depuis trois ans et n’avait pratiquement jamais utilisé un vélo auparavant.
Équipé comme moi avec de multiples sacoches et fier de ses paquetages, car un voyageur ne peut voyager avec une bagagerie légère.
Cela fait plus de deux mois qu’il a commencé son voyage en France au plus près des frontières, grimpant de nombreux cols.
Notre échange de plus d’une heure est très sympathique, rieur. Il me montre ses astuces. Comment garder la fraîcheur le plus longtemps possible de son eau. Il en a marre de boire de l’eau parfumée au plastique.
Aujourd’hui les lapins se déplacent devant moi par petits bonds. J’ai le temps de les observer. Ils avancent les deux pattes avant puis ramènent les deux pattes arrière sous le corps. Parfois, ils doivent penser que je suis une spectatrice de Kaninhop et sautent de plus belle.
Différentes biches se retrouvent devant moi et s’éclipsent hâtivement. Toutefois l’une me fait la fête. Une véritable joueuse. Elle ne s’effraie pas de ma présence. Je reste médusée par ses bonds impressionnants.
Entrechats, arabesques, bourrées me laissent médusée. Une véritable danseuse classique ! Puis elle me quitte, s’enfonce dans la forêt avec grand tapage de branches cassées.
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Jeudi 16 juillet - 25e jour
40 km
Bayas, Sablons, Libourne
Une affichette du mauvais côté
Sans doute inexploitée, une vigne est utilisée comme pâture pour un troupeau de vaches. Elles délaissent l’herbe sèche pour se délecter des feuilles des pieds de vigne, hautement plus savoureuses. Intéressante façon de se nourrir sans courber l’échine
L’architecture des maisons à considérablement changée, les toits se sont abaissés. Les murs en grosses pierres calcaire leur donne un air cossu. Elles n’ont qu’un seul étage en général.
Des maisons abandonnées signifient le temps qui passent par leurs volets fermés, de guingois et à la peinture écaillée. Seul le lagerstroemia (lilas des Indes) devant les maisons continue à bien se porter.
La place Abel-Surchamp à Libourne se distingue par ses cafés animés et sa belle architecture.
La climatisation extrême d’un glacier chocolatier « Chez Sophie » me conviendrait parfaitement. Mais je ne peux laisser mon vélo sans surveillance. Je m’installe à une table sur la terrasse pour un délicieux sorbet accompagné d’un café. Il est 10h30 du matin. Habitude que j’ai prise dans les pays nordiques où l’on savoure des glaces toute la journée.
Assis à la table à côté de la mienne, des habitants de la ville parlent de leur hôpital.
L’hôpital de Libourne est un centre de référence en ophtalmologie et cela m’éviterait de passer à Bordeaux.
Régulièrement une intervention médicale m’est nécessaire.
L’hôpital est non loin. Je m’y rends et dépose mon vélo aux pompes funèbres situées face à l’hôpital.
La secrétaire du service ophtalmologiquen’est pas très complaisante face à la patiente que je suis qui se présente sans rendez-vous pour une intervention médicale. Elle lève les bras au ciel et me répond abruptement : « Ou irait-on si tout le monde faisait comme vous ! »
Par chance, un interne passe et accepte de réaliser tous les examens en pré-intervention. Cette dernière aura lieu demain.
Puis la secrétaire doit me donner ce rendez-vous. Auparavant elle s’adresse à sa collègue : « Rends-toi compte, il l’a ajoutée pour demain alors qu’il y a déjà trente personnes programmées ! », elle se tourne vers moi et ajoute : « Vous allez attendre longtemps ! »
Une affichette stipule que les patients doivent être aimables avec le personnel hospitalier. Il semblerait qu’elle ne soit pas tournée du bon côté.
Je suis satisfaite ! Cela me garantit la suite de mon voyage.
40 km
Bayas, Sablons, Libourne
Une affichette du mauvais côté
Sans doute inexploitée, une vigne est utilisée comme pâture pour un troupeau de vaches. Elles délaissent l’herbe sèche pour se délecter des feuilles des pieds de vigne, hautement plus savoureuses. Intéressante façon de se nourrir sans courber l’échine
L’architecture des maisons à considérablement changée, les toits se sont abaissés. Les murs en grosses pierres calcaire leur donne un air cossu. Elles n’ont qu’un seul étage en général.
Des maisons abandonnées signifient le temps qui passent par leurs volets fermés, de guingois et à la peinture écaillée. Seul le lagerstroemia (lilas des Indes) devant les maisons continue à bien se porter.
La place Abel-Surchamp à Libourne se distingue par ses cafés animés et sa belle architecture.
La climatisation extrême d’un glacier chocolatier « Chez Sophie » me conviendrait parfaitement. Mais je ne peux laisser mon vélo sans surveillance. Je m’installe à une table sur la terrasse pour un délicieux sorbet accompagné d’un café. Il est 10h30 du matin. Habitude que j’ai prise dans les pays nordiques où l’on savoure des glaces toute la journée.
Assis à la table à côté de la mienne, des habitants de la ville parlent de leur hôpital.
L’hôpital de Libourne est un centre de référence en ophtalmologie et cela m’éviterait de passer à Bordeaux.
Régulièrement une intervention médicale m’est nécessaire.
L’hôpital est non loin. Je m’y rends et dépose mon vélo aux pompes funèbres situées face à l’hôpital.
La secrétaire du service ophtalmologiquen’est pas très complaisante face à la patiente que je suis qui se présente sans rendez-vous pour une intervention médicale. Elle lève les bras au ciel et me répond abruptement : « Ou irait-on si tout le monde faisait comme vous ! »
Par chance, un interne passe et accepte de réaliser tous les examens en pré-intervention. Cette dernière aura lieu demain.
Puis la secrétaire doit me donner ce rendez-vous. Auparavant elle s’adresse à sa collègue : « Rends-toi compte, il l’a ajoutée pour demain alors qu’il y a déjà trente personnes programmées ! », elle se tourne vers moi et ajoute : « Vous allez attendre longtemps ! »
Une affichette stipule que les patients doivent être aimables avec le personnel hospitalier. Il semblerait qu’elle ne soit pas tournée du bon côté.
Je suis satisfaite ! Cela me garantit la suite de mon voyage.
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Vendredi 17 juillet - 26e jour
65 km
Libourne, la Réole
Être prise en photo
Cette épreuve m’attend donc ce matin. L’intervention peut très bien se passer ou alors m’occasionner des douleurs pendant deux jours. Je pourrai tout de suite après l’intervention évaluer si dans l’immédiat je peux continuer mon voyage.
Je dépose de nouveau mon vélo chargé de ses sacoches devant les pompes funèbres selon l’aimable accord du gérant.
Ce matin, je n’ai pas à rencontrer la coriace secrétaire. Le service ophtalmique est absolument fermé préservant ainsi l’hygiène et la stérilité du lieu. La salle d’attente est équipée de chaises et de quelques fauteuils relax. Tout a été bien réfléchi.
L’interne et l’infirmière sont surpris par cette intervention en urgence et lorsqu’ils en connaissent la raison, ils me questionnent sur mon voyage même pendant l’intervention et prennent encore un moment d’intérêt après celle-ci.
Ils me confirment qu’il n’y a pas de contre indication à faire du vélo, je dois toutefois éviter la poussière.
Et me voici repartie de plus belle. Je circule au sein du vignoble de Saint-Émilion aux paysages colorés entre combes et coteaux, inscrits au Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’UNESCO en tant que paysage culturel.
Je découvre le bourg de Saint-Emilion, cité médiévale de 1 608 habitants campée sur une éminence calcaire
Après les coteaux où cela monte et descend se présente à moi une délicieuse, ravissante et bienfaitrice voie verte, ancienne voie ferrée qui m’entraîne à l’ombre de sa dense végétation. Pendant vingt kilomètres je me laisse descendre avec une excellente climatisation naturelle. La descente est vive. Je croise un voyageur à vélo dans le mauvais sens, il peine. Malheur ! Je redoute ce qui m’attend lorsque la pente s’inversera. Mais tout se passe bien, je ne pousse pas mon vélo.
Le temps passe, je suis ravie d’avoir parcouru 65 km après être parti à 14h de Libourne.
J’arrive au camping municipal de la Réole à 19h30, exactement à l’heure de sa fermeture.
Je rencontre Jean qui pratique le cyclo-tourisme pour la deuxième fois. Il est parti de Corrèze pour rendre visite à sa mère résident à Bordeaux. C’est un spécialiste des chemins de Compostelle à pied. Il m’informe : « Si tu veux bénéficier des auberges et repas des pèlerins, prends la crédential (laissez-passer) à Saint-Jean-Pied-de-Port, sinon les portes des auberges se fermeront devant toi. Il me prend en photo car, dit-il : « C’est une coutume de se prendre en photo sur les chemins de Compostelle. »
(J’écris cette journée alors que je parcours depuis plusieurs jours le chemin de Compostelle. Un voyageur à vélo ne semble pas avoir toute légitimité pour les pèlerins. Personne ne m’a encore prise en photo !)
65 km
Libourne, la Réole
Être prise en photo
Cette épreuve m’attend donc ce matin. L’intervention peut très bien se passer ou alors m’occasionner des douleurs pendant deux jours. Je pourrai tout de suite après l’intervention évaluer si dans l’immédiat je peux continuer mon voyage.
Je dépose de nouveau mon vélo chargé de ses sacoches devant les pompes funèbres selon l’aimable accord du gérant.
Ce matin, je n’ai pas à rencontrer la coriace secrétaire. Le service ophtalmique est absolument fermé préservant ainsi l’hygiène et la stérilité du lieu. La salle d’attente est équipée de chaises et de quelques fauteuils relax. Tout a été bien réfléchi.
L’interne et l’infirmière sont surpris par cette intervention en urgence et lorsqu’ils en connaissent la raison, ils me questionnent sur mon voyage même pendant l’intervention et prennent encore un moment d’intérêt après celle-ci.
Ils me confirment qu’il n’y a pas de contre indication à faire du vélo, je dois toutefois éviter la poussière.
Et me voici repartie de plus belle. Je circule au sein du vignoble de Saint-Émilion aux paysages colorés entre combes et coteaux, inscrits au Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’UNESCO en tant que paysage culturel.
Je découvre le bourg de Saint-Emilion, cité médiévale de 1 608 habitants campée sur une éminence calcaire
Après les coteaux où cela monte et descend se présente à moi une délicieuse, ravissante et bienfaitrice voie verte, ancienne voie ferrée qui m’entraîne à l’ombre de sa dense végétation. Pendant vingt kilomètres je me laisse descendre avec une excellente climatisation naturelle. La descente est vive. Je croise un voyageur à vélo dans le mauvais sens, il peine. Malheur ! Je redoute ce qui m’attend lorsque la pente s’inversera. Mais tout se passe bien, je ne pousse pas mon vélo.
Le temps passe, je suis ravie d’avoir parcouru 65 km après être parti à 14h de Libourne.
J’arrive au camping municipal de la Réole à 19h30, exactement à l’heure de sa fermeture.
Je rencontre Jean qui pratique le cyclo-tourisme pour la deuxième fois. Il est parti de Corrèze pour rendre visite à sa mère résident à Bordeaux. C’est un spécialiste des chemins de Compostelle à pied. Il m’informe : « Si tu veux bénéficier des auberges et repas des pèlerins, prends la crédential (laissez-passer) à Saint-Jean-Pied-de-Port, sinon les portes des auberges se fermeront devant toi. Il me prend en photo car, dit-il : « C’est une coutume de se prendre en photo sur les chemins de Compostelle. »
(J’écris cette journée alors que je parcours depuis plusieurs jours le chemin de Compostelle. Un voyageur à vélo ne semble pas avoir toute légitimité pour les pèlerins. Personne ne m’a encore prise en photo !)

Section 5 Du 11 au 17 juillet