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3 Fous sur la diagonale

15 jours
160km
+9389m / -10408m
Par La Lozère
publié 14 déc. 2025
909 lecteurs
Informations générales
Mise à jour section : 07 déc. 2025

24.4km
+819m / -1709m
1549m/3048m
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Houla…. La nuit fut courte. Quand le réveil sonne, nous serions bien restés au lit car ce ne fut pas la meilleur nuit. Mais bon, on sait qu’aujourd’hui l'étape est comme qui dirait intéressante et compliquée. Intéressante car on ne met pas un réveil à 3h30 du matin pour rien: on espère un beau levé de soleil au sommet du Piton des neige. Et compliquée car c'est l'étape redoutée de toute notre traversée. Elle va être trèèèès longue. On nous annonce 25km et surtout 1700m de dénivelé négatif.
Tout le refuge s'éveille à peu près en même temps. 3h45, nous voici fin prêt pour l'ascension finale vers le sommet. Il fait nuit noire: les lampes frontales sont de sortie. Marcher à la frontale change un peu les repères. On ne voit rien autour de nous, juste nos pieds. Et il faut être vigilent car le terrain est piégeux avec des pierres partout.
Une longue file indienne depuis le refuge se dessine dessous nous. Ce sont des dizaines de petits points lumineux les uns derrière les autres. Le contraste est magnifique car le jour est en train de se lever, et de jolies couleurs sont en train d'apparaitre.

Jour 9
Il nous faut 1h45 pour gravir les 500m de dénivelé du refuge au sommet. A 5h30, nous sommes au point culminant de La Réunion soit 3070m. On n’a pas long à attendre pour que les premières lueurs du jour pointent le bout du nez: c'est vraiment magnifique. De superbes couleurs sur une mer de nuage mais un vent à décorner un bœuf et très froid: Nuit + altitude = glagla…  Notre équipement complet est utilisé et on est bien.
Le soleil n'est pas encore levé totalement mais l'aurore commence à nous offrir de nouvelles et belles couleurs: pas un nuage au-dessus de nous, un ciel magnifiquement dégagé. Nous profitons du moment pour faire comme tout le monde: la traditionnelle photo avec la petite pancarte.
Jour 9
Le soleil est maintenant complétement sorti et avec lui, l'illumination du paysage. On profite un peu du moment et nous entamons la descente car pour nous aujourd'hui, ce sommet n'est qu'une partie de notre journée.
Jour 9
Après 1h15 de marche, nous voici de retour au refuge vers 7h. En partant tôt ce matin, nous n’avons pas pris de petit déjeuner et nous avons le ventre vide: il est temps de remédier à cela et de se restaurer. Nous refaisons nos sacs à dos avant de repartir car nous avons effectué la montée au sommet avec des sacs « allégés ». Nouveau départ du refuge vers 7h45. Maintenant, on entre dans le vif du sujet: une longue et difficile descente nous attend. Le terrain est toujours autant compliqué, très irrégulier avec plein de cailloux partout. On a l'impression de ne pas avancer tellement le terrain est compliqué. Les genoux « morflent » sévère: si toute l'étape est comme ça, ça va être un calvaire pour finir.
On a même droit au survol des WC chimiques. On sera arrivé une journée trop tôt.

Jour 9
Un dernier regard sur Cilaos et nous voici arrivés à Marre à Boue. On a de la chance, le terrain est sec. La légende veut qu'en saison humide, ce passage soit un enfer avec de la boue partout. Il parait même que certains ont perdu une chaussure et ne l'ont jamais retrouvé. Bref, on angoissait un peu avec ce passage mais finalement, on s'en sort bien. Karine et Thierry s'amusent même de cette situation en mimant une marche avec de la boue jusqu'aux genoux.
La suite de la descente est vraiment difficile: on marche dans le lit d'un ruisseau. Heureusement, il n'y a pas d'eau. Mais cela reste quand même compliqué: il n'y a plus de chemin, juste du franchissement de marches et rochers. Les pieds et les chevilles souffrent. Gwen sent un petit échauffement arrivé alors la pharmacie est de sortie pour anticiper tout risque d'ampoules.
Malgré tout, il y a quand même de jolies points de vue et même quelques échelles à gravir pour cheminer sur une jolie crête.
Nous sortons enfin de cet enfer. La fatigue est là et il ne nous reste encore pas loin de 10km à faire. D'un seul coup, on change de paysage: on n'est plus à La Réunion mais plaine Margeride en Lozère. La transition est saisissante: prairies et vaches font parties du paysage.
Jour 9

La fin de l'étape est monotone avec une grande partie sur la route. On en a plein les pattes: cela fait plus de 13h que nous sommes dans cette étape. La fatigue aidant, Thierry a un beau saignement de nez peu avant d'arriver. Il a du sang sur le visage ce qui n'est pas du plus bel effet.  Heureusement on ne croise personne…….Après un moment et un paquet de mouchoirs plus tard, tout rentre dans l’ordre. Vivement que cette étape se termine.
Voilà, nous sommes arrivés… Finalement, 27km, 1000m de D+ et 2000m de D-. Nous sommes complètement cuits mais heureux d'en avoir fini. On en a bien chier mais cette étape tant redouté, on L'A FINIE.
Jour 9
Le gite de ce soir est vraiment top: une belle petite maison avec tout le confort. On en profite pour une bonne douche chaude et un bon thé pour nous requinquer un peu. Notre hôte, Stéphane Hoareau du gite "Hydrangea 974" est vraiment super sympa. Il est intarissable sur la randonnée, le trail, son île, etc. Bref on passe un super moment et les discussions très enrichissantes. On a oublié de réserver en avance notre pique-nique du lendemain mais il nous propose un sandwich. On ne demande pas mieux, ce sera parfait. Le repas du soir est pris avec un couple qui fait également la traversée mais en dodo sous tente. Il profite un peu de la chaleur de la maison car dehors il ne fait pas chaud.
Ce soir, on se couche éreinté mais content.
Auguste Murat (1886-1979), surnommé le shérif de la Plaine, fut un pionnier de la Plaine des Cafres. Instituteur, commerçant et éleveur, il créa un service de diligences et l’Hôtel du Bon Accueil. En partageant ses terres entre une cinquantaine de familles, il donna naissance au Bourg Murat qui nous accueille ce soir et qui porte aujourd’hui son nom.
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