20 invités en ligne

14 jours pour rentrer en France à bicyclette

14 jours
448km
+9838m / -9562m
Par MLG
mis à jour 11 sept. 2019
1218 lecteurs
Informations générales
Deux semaines à VTT à travers les déserts, sierras, petites routes et singles d'enfer espagnols, pour remettre le pied en France, après avoir passé les Pyrénées...
Activité :
VTT BUL
 trail  canyonning
Statut :
réalisé
Distance :
448km
DATE :
03/06/2019
Durée :
14 jours
Dénivelées :
+9838m / -9562m
Alti min/max :
235m/2367m
Mobilité douce
C'est possible (ou réalisé) en train
Précisions : Nous avons pris le train à l'aller (Grenoble > Cortes de Navarra), comme au retour (Montrejeau > Grenoble). Ce n'est pas une mince affaire (surtout pour prendre les TGV), mais on y est arrivés ;)
Toutes les sections GPX , KML

14 jours pour rentrer en France à bicyclette

Les étapes :

1
mise à jour : 19 août 2019
Lundi 03 Juin
19h30

Voilà plus de 12h que nous avons quitté Grenoble. Nos 3 vélos en ont vu de toutes les couleurs : les crochets des TER dans lesquels leurs roues ne passent pas, leurs sacs poubelle de transport pour passer incognito dans les TGV et même un compartiment 1ère classe sur la ligne Barcelone-Madrid.

Nous aussi on a eu droit aux montagnes russes émotionnelles: une contrôleuse intriguée par nos bagages qui nous demande juste de laisser le passage dégagé, une contrôleuse tenace qui nous promet une amende et nous poursuit d'un train à l'autre, un contrôleur qui nous propose de l'aide pour ranger et éviter d'abimer nos 2 roues et un contrôleur qui nous garantie que nous ne monterons pas dans son train avant de changer d'avis brusquement alors que nous perdions espoir...

Mais finalement, nous voici comme prévu dans notre dernière correspondance. C'est un vieux train intercité tagué, sans clim ou écran LCD pour nous donner notre vitesse de pointe. Mais le contrôleur nous à indiqué avec un grand sourire un espace pour nous et nos vélos. Nous les déballons à bord et installons nos bagages. Il est juste 20h quand nous atteignons notre terminus: Cortes de Navarra. Nous descendons, le train redémarre et laisse apparaître quatre tête bien connues. Nous sommes seuls dans cette petite gare pour nos retrouvailles (3 voyagent déjà à vélo depuis 2 mois). 7 copains, 7 vélos et un billet retour dans 14 jours de l'autre côté de la frontière...


2
69.5km
+662m / -547m
mise à jour : 08 sept. 2019
Premier réveil en Espagne. On ne réalise pas encore tout à fait ce que sera notre quotidien pendant les 2 semaines à venir, et d'ailleurs les automatismes d'installation/repliage du camp ne sont pas encore là. Mais on apprend vite! Par exemple hier soir, lorsque les "expérimentés" ont enfilé leur pantalon et veste de pluie par 30°C j'ai hésité peu de temps à faire pareil: il faut être prêt à suer pour survivre aux moustiques ;)

Après avoir fait le plein d'eau, nous nous élançons pour une longue journée à travers le désert des Bardenas Reales. Nous progressons principalement sur pistes et croisons peu de monde hormis quelques touristes à bord de leur voiture en mode safari. La réserve des Bardenas est un paradis pour vautour et certaines zones sont interdites d'accès pour cause de nichage. Mais l'animal le plus dangereux que nous croisons ce jour là, ce sont des abeilles! La pince à épiler (pour retirer les dards) et la cortisone sont déjà sorties de la trousse de secours.

On repart tout doux en direction d'El Rallon et ses falaises digne du grand canyon. Une ferme vide nous sert d'abri pour le repas de 14h, il fait très chaud. Rafraichissement dans les abreuvoirs pour tout le monde! Nous sortons finalement du parc des Bardenas à El Paso, et descendons vent dans le dos jusqu'à Carcastillo. On se rafraichit à la fontaine puis au bar, on file faire quelques courses pour tenir jusqu'au lendemain soir (les magasins ouvrent en fin d'après midi) et on boucle les quelques kilom...
3
56.9km
+592m / -320m
mise à jour : 08 sept. 2019
On ne se presse pas ce matin car la météo est assez maussade. On plie le camp vers 10h après un petit déjeuner rapidement englouti. On progresse tranquillement le long du Rio Aragon. On s'arrête à plusieurs reprises dans des petits villages pour manger, faire le plein d'eau et les courses, passer à la pharmacie, etc. On décide finalement de quitter l'itinéraire à travers la sierra qui avait été programmé car le terrain nous ramène à la réalité: on n'avance pas aussi vite que nos estimations. Une petite route tranquille plus au nord nous permet de gagner facilement du terrain, sans compter que c'est agréable de voir défiler le paysage. On dégotte un petit coin pour bivouaquer peu avant Longas. Au programme: kilo de pâtes et tournoi international de coinche !
4
47.8km
+1486m / -1633m
mise à jour : 11 sept. 2019
Une belle journée de VTT ! Après un échauffement sur route puis piste, le passage à un joli petit col où le paysage évolue rapidement, on déboule dans une zone "incertaine". C'est d'abord un combat dans la boue qui joue à bloquer nos roues. C'est ensuite un concours de passage à gué, où le compteur des chutes se débloque franchement. Heureusement, on casse une chaine ce qui nous donne un prétexte pour faire une pause picnic puis une sieste au bord de l'eau.

5
49.3km
+717m / -630m
mise à jour : 11 sept. 2019
Une petite averse est venue nettoyer nos vélos cette nuit. Notre petit déjeuner est suffisament conséquent pour que le ciel ait le temps de se dégager et que le soleil apparaisse. Notre plan initial a évolué, et nous comptons rejoindre Alquézar en 2 jours au lieu de 3 initialement prévus.

Nous commençons la journée par une remontée vers les Mallos de Riglos, spot bien connu des grimpeurs. Après un poussage physique, une piste nous mène jusqu'au pied des impressionnantes falaises.
6
51.2km
+924m / -913m
mise à jour : 08 sept. 2019
Le réveil est matinal dans notre château. Pas de petit-dej ce matin car nous avons terminé nos réserves. Le premier objectif de la journée est donc de trouver une "panaderia" pour ramener notre estomac à un état respectable.

Nous poursuivons notre parcours sur de petites routes, de petit village en petit village déserts. Sur notre gauche la Sierra de Guara et ses canyons fait son apparition. C'est beau, mais cela signifie aussi que la route serpente beaucoup pour traverser les ravines successives. Une portion de single nous mène jusqu'à la rivière Tamara qui invite à la baignade.

Nous poursuivons encore sur une dizaine de kilomètres, tantôt sur piste puis sur route. La chaleur se fait sentir. Nous atteignons finalement Alquézar, un très beau village médiéval à l'extrémité sud-est de la Sierra de Guara. Les parking complets, les terrasses bondées et la concentration de bureaux des guides contraste avec la peu de monde que nous avions croisé jusqu'ici.

Après un resto de récupération, nous nous installons au camping du village. Un superbe endroit où la pelouse ne demande qu'à accueillir notre dos courbaturé...
7
10.5km
+414m / -415m
mise à jour : 08 sept. 2019
La voici, la voilà, la journée de "repos" ! L'objectif de la journée est de découvrir le fameux canyon du Rio Vero. Après avoir loué le matériel adéquat (obligatoire), nous rejoignons le milieu du canyon sous une grosse chaleur. Chacun y va de sa technique pour transporter la combinaison sans effort. Mais personne ne pense à enfiler le bas, solution pourtant fortement adaptée vue la végétation dans la descente vers la rivière (vraisemblablement peu parcourue).

On peut enfin se rafraichir dans le rio. Cela commence par une marche aquatique facile au pied de falaises impressionnantes, mais les choses deviennent rapidement davantage intéressantes. Le canyon s'encaisse est devient très ludique: cascades, vasques, sauts, passages souterrains, etc. On se régale!
8
45.6km
+1087m / -1114m
mise à jour : 08 sept. 2019
La journée commence par un petit déjeuner royal au camping d'Alquézar. On quitte le village après avoir réinstallé tout notre matériel. Après un passage sur le Rio et une courte portion de piste, on rejoint une petite route qui file au nord. Une poignée de frein qui se fait la malle, une crevaison lors de l'unique pause sur le bas côté: on ne s'ennuie pas en longeant la sierra de Guara.


9
38.5km
+1889m / -1454m
mise à jour : 08 sept. 2019
Nos estimations météorologiques et nivologiques nous laissent penser qu'une tentative pour repasser en France dès le lendemain serait possible. Nous réservons un véhicule de location pour le surlendemain (ce qui nous permettrait de passer en France par le tunnel de Bielsa, interdit aux vélos...) en cas d'échec.

La journée débute sous un beau soleil, à longer la Montanesa et ses airs dolomitiques. Nous écourtons au maximum notre passage obligé par la nationale (qui file en France) et bifurquons sur une montée raide et régulière de l'autre côté de la vallée. C'est l'occasion pour certains d'échanger leurs vélos pour un test : clairement on ne roule pas tous sur des montures équitables! Notamment, la remorque monoroue complique bien la tâche...
10
34.3km
+1432m / -1620m
mise à jour : 08 sept. 2019
Big day! Si tout va bien, nous dormirons en France ce soir! Le temps est couvert et quelques gouttes donnent le départ de la journée. Nous espérons seulement que le plafond nuageux restera au delà des 2500 m... L'échauffement sur route est relativement court, mais bienvenu: après 5 km, nous bifurquons à droite sur une piste très raide, parfois moyennement roulante. Chacun à son rythme car la route est longue jusqu'en haut.

Une fois arrivés à mis hauteur, un vent frais nous accueille et des névés apparaissent. On quitte finalement la piste pour un portage de 150m+ vers 2250m. On se relaye pour porter les remorques et amener tout le matériel à bon Port... d'Ourdissétou ! Altitude 2400 m, adios Espana, coucou la France!

On aperçoit alors le côté nord du col, que l'on imaginait plus ou moins enneigé... Mais pour l'instant, aucun obstacle en vue :) Il faut quand même être prudent dans la descente, car le terrain est humide et le sentier bien encombré. Ce n'est que 1h30 plus tard nous atteignons l'hospice en bas du vallon, marquant la fin des hostilités. Nous déroulons ensuite jusqu'à Saint Lary, où la piscine n'attend que nous !

11
44.9km
+635m / -916m
mise à jour : 08 sept. 2019
Vendredi 14:


La fin du voyage approche puisqu'un TGV nous attend dimanche après midi à Toulouse. Pas de souci de ce côté là, il nous suffit d'attraper un TER d'ici là à Saint Gaudens ou Montrejeau. Une journée très courte nous attends aujourd'hui puisque nous avons trouvé un "warmshower" à Sarrancolin pour ce soir : 18 km sur route en descente...

On choisit bien malgré nous de pimenter la journée en attendant (à coup de farniente) l'arrivée de l'orage pour nous élancer. La pluie forcit et nous oblige à sortir nos capes pour la première fois depuis 10 jours. Alors qu'il tombe déjà des cordes, la pluie redouble à nouveau. On a rarement vécu un tel déluge... On se réfugie dans une auberge à Sarrancolin, et un franc soleil refait son apparition le temps d'engloutir un chocolat chaud.

Samedi 15:

Dernière étape pour nous avant de laisser nos compagnons sur leur route vers Grenoble. La météo est à nouveau mitigée, mais nous devons faire face cette fois-ci à une fine bruine. Nos vélos, fraîchement lavés la veille, reprenne leur plus belles couleurs car la piste que nous empruntons se transforme rapidement en bourbier. Le thème du jour? Poussage à la montée, glissade à la descente!

Notre périple s'achève au camping **** de Montrejeau où l'on se sent un peu en décalage. On debriefe de notre aventure devant une grande pizza.

Dimanche 16:

C'est l'heure du retour à la réalité. Il reste un gros point d'interrogation: pourra t-on embarquer dans le TGV après nos déboires de l'alle...