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Rêver à vélo le long de la Somme avec Gaël et Jacqueline

7 jours
Par Jacqueline25
mis à jour 04 déc. 2025
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Rêver à vélo le long de la Somme avec Gaël et Jacqueline

3 - Vecquemont à Long

Mise à jour section : 27 nov. 2025
3 - Vecquemont à Long
mardi 28 octobre – 4e jour
54,2 km / 76 m
Corbie – Amiens – Picquigny – Long
 
Nous sommes réveillés aux aurores.
La maison est silencieuse.
Nous patientons dans la chambre.
Gaël me raconte le début de En route vers la Terre :
« La famille Komète quitte la planète Titanus pour aller en vacances sur la Terre. Mais le garçon boude : il n'a pas envie d'aller sur cette planète préhistorique ! 
-       Parfois les enfants s’opposent à leurs parents sans véritablement de raison.
-       Moi ! J’aime bien notre planète ! J’aime beaucoup de choses, le ski, le bateau, le vélo. J’ai hâte aussi de voir les phoques.
-       Tu as de la chance de faire autant de choses.
-       Est-ce qu’on aura un article dans le journal avec notre photo ?
-       Certainement ! J’informerai José de notre voyage. Il a pris l’habitude d’écrire des articles chaque fois que nous partons tous les deux et aussi lorsque je pars seule.
Puis nous retrouvons Michèle et Gérard. Le petit-déjeuner nous réunit et, peu après, ce sont les au revoir avec Michèle sans oublier Olaf le chien.
Nous partons, accompagnés de Gérard, sous l’œil attentif de Michèle qui prend le temps de nous photographier, de nous filmer. Un petit trépied me serait nécessaire pour maintenir le téléphone et pouvoir nous photographier régulièrement.
Gaël sollicite Gérard : « On fait la course ?
-       D’accord ! Place-toi à ma gauche, loin du canal. Regarde loin devant-toi, car il ne faut pas que nos vélos se heurtent.
Ils me distancient rapidement. Et chacun crie sa victoire :
-       J’ai gagné !
-       Non ! c’est moi !
-       Nous sommes arrivés en même temps !
Chargée de relever les scores, je confirme qu’ils sont tous les deux ex aequo.
Gérard informe Gaël :
« Jules Vernes a vécu longtemps à Amiens. On peut visiter sa jolie maison en brique rouge surmontée d’une tour. As-tu déjà lu ses romans d’aventures ?
-       Non ! Jamais !
-       Il a écrit le tour du monde en quatre-vingts jours.
-       J’aimerais bien lire cette aventure. Grand-mère ! Tu m’achèteras le livre ? »
-       Voici une excellente idée cadeau pour Noël !
La véloroute est pleine de charme. Nous longeons de vastes étangs de pêche et nous entrons dans Amiens par le cœur même des hortillonnages.
Gérard explique : « Les petits ponts conduisent au marais où l’on cultive des légumes. Il ne reste plus que dix hortillons. C’est le nom des maraîchers. C’était le métier de mes parents. Regarde ! Voici un jardin !
-       Ah oui ! Je vois des salades ! Elles sont bien alignées !
-       On remarque aussi des choux.
-       Et aussi des potimarrons. Grand-mère cuisine souvent des soupes avec. Avant j’aimais bien mais maintenant je n’aime plus. 
Une des fantaisies des jardins, ce sont les petits ponts qui enjambent le petit canal qui les sépare du chemin de halage. De charmantes portes en fer forgé donnent accès à ces petits coins de paradis qui pour certains ont été transformés en jardins d’agrément.
Gaël s’arrête à la plupart des ponts, grimpe les escaliers et remarque un message humoristique sur l’une des portes avec une sonnette factice : « Nous n’avons pas de sonnette, mais appuyez ici, nous vous entendrons. » Ici ! C’est un piège à souris sur lequel est noté : Décamp’. Heureusement Gaël n’a pas appuyé !
Nous faisons une pause dans un salon de thé situé sur la place de la cathédrale d’Amiens.
Le lieu a beaucoup de cachet, de choix et de gourmandises bio. Nous nous régalons.  Gaël a décidé de payer, mais il ne sait pas encore que c’est un grand écart dans son budget. Le garçon lui indique le prix. Gaël compte sa richesse et je l’entends répondre : « Je n’ai que vingt-sept euros. Il manque un euro ! » Il s’ensuit un échange de regards entre le garçon et lui. Pour l’un : un coût est un coût, mais comment le dire à un enfant. Pour l’autre : je ne peux pas vous donner plus.
Dommage ! Je ne laisse pas cette histoire se dérouler jusqu’à son terme pour en connaître l’issue. J’interviens en donnant dix euros à Gaël. Lorsqu’il revient à table, Gérard lui offre aussi dix euros. Sa fortune est reconstituée !
Puis, furtivement, nous entrons dans la cathédrale regarder le dallage, car Gérard nous a dit que grâce à celui-ci, disposé en forme de croix gammée, la cathédrale a échappé aux bombardements. Si l’on regarde bien, on peut aussi remarquer que de nombreuses églises et cathédrales n'ont pas été détruites par les guerres. 
Gaël se renseigne : 
« Qu’est-ce que c’est une croix gammée ?
-       C’est un symbole, une croix qui a été mis sur un drapeau par les nazis au cours de la deuxième guerre mondiale.
-       C’est quoi un nazi ?
-       C’est quelqu’un d’extrêmement violent. C’est ce qui a abouti à la deuxième guerre mondiale.
-       Je crois que je n’aime pas les nazis. »
Puis nous admirons la plus grande cathédrale de France. Nous paraissons minuscules dans la nef. Nous sommes admiratifs devant les vitraux et surtout devant la rosace de la mer. 
Et au pas de course nous allons acheter pantalon et polo, car les vêtements de Gaël sont en piteux état depuis le moment où il a décidé de nettoyer les roues de son vélo en passant dans les flaques d’eau, avec pour conséquence d’avoir des pneus à peu près propres, mais un vélo maculé de taches de boue ainsi que les jambes de son pantalon.
Nos bagages, réduits au minimum, s’enrichissent d’un joli pantalon gris foncé en tissu feutre de laine et d’un polo noir aux manches longues.
Puis nous repartons de plus belle, toujours avec Gérard qui semble prendre plaisir à notre virée à la vitesse escargot et à nos multiples arrêts, dont l’un arrivera peu après sur une aire de pique-nique bien aménagée. Nous avons à peine le temps de terminer de déjeuner que la pluie s’invite. Et hop ! Nous revêtons nos vêtements imperméables. Voyant Gérard enfiler ses surchaussures, Gaël accepte sans sourciller de porter les siennes. Depuis plusieurs années il rechigne à cette idée. Il ronchonne et dit à ce propos : « C’est vraiment moche ! Cela me fait d’énormes pieds ! »
Nous rencontrons les premiers cyclotouristes depuis notre départ. Des Parisiens. Trois couples de retraités partis depuis Amiens et se rendant à Saint Valéry. Ils sont surpris d’apprendre que nous avons commencé notre voyage peu après la source de la Somme.
Nous repartons complètement frigorifiés. Nous avons de bons vêtements chauds et quelques coups de pédale suffisent à nous réchauffer. Gérard est moins bien équipé que nous.
De fil en aiguille, il nous accompagne jusqu’au camping de Long. Il ne s’attarde pas car il doit faire le chemin en sens inverse pour rentrer chez lui. Son vélo n’est pas pourvu d’éclairage et il craint de se faire surprendre par la nuit. À son arrivée il nous avisera qu’il a parcouru au total quatre-vingt-dix-sept kilomètres.
Nous prenons possession d’une magnifique tente rigide tipi. Elle possède deux espaces. L’un d’eux est un espace de vie équipé d’un coin cuisine et d’un salon et l’autre est conçu pour la nuit et comporte trois lits dont l’un est posé sur une mezzanine. Un petit chauffage soufflerie tempère très légèrement cet intérieur. Une grande terrasse extérieure avec table complète l’ensemble. Nous sommes ravis lorsque nous dénichons des hébergements insolites.
Gaël me soumet son idée : « On peut téléphoner à Michèle et Gérard. Il y a assez de place pour nous tous, et je peux organiser une place pour Olaf à côté de mon lit. » Je reconnais la générosité de Gaël ! Mais je ne retiens pas son idée.
À la nuit noire, nous reprenons nos vélos pour nous rendre au centre du village de Long où se trouve un restaurant. Le magnifique château nous surplombe et nous admirons l’immense serre aux milliers de roses.
Au village, nous retrouvons les cyclotouristes rencontrés au moment du déjeuner. L’un a été victime d’une crevaison et ils n’ont pas su réparer la roue. Ils ont dû faire venir un réparateur situé à Abbeville pour leur venir en aide. Ils doivent encore parcourir une dizaine de kilomètres en pleine nuit pour rejoindre le gite qu’ils ont loué.
Après leur départ, Gaël me questionne :
« Sais-tu remplacer une chambre à air ?
-       Oui ! J’ai appris. Le vélociste m’a montré comment faire. Puis j’ai démonté et remonté plusieurs fois, aussi bien la roue arrière que la roue avant.
-       Eux, ils ne savent pas ! Heureusement qu’un réparateur est venu les aider, sinon je me demande ce qu’ils auraient fait dans la nuit.
-       En effet, je ne sais pas ce qu’ils auraient fait. Ils ne doivent pas avoir de tentes avec eux. Ils ont eu de la chance qu’un réparateur se déplace.
-       S’il nous arrivait une grosse panne la nuit, qu’est-ce qu’on ferait ?
-       Nous avons la possibilité de planter la tente pour passer la nuit et trouver une solution le lendemain. D’ailleurs je transporte la tente, mais nous ne l’utiliserons certainement pas. Pour les deux nuits restantes nous irons dans le bel hôtel conseillé par Gérard.
-       Je pourrai porter mes beaux vêtements tout neufs ?
-       Bien sûr !
Après un bon repas, nous repartons à notre superbe tente.
La nuit sera froide, pluvieuse. Nous observons, au cours d’une petite sortie nocturne, que le camping est plongé dans une nuit noire. L’illumination de notre tente n’en est que plus resplendissante.
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