Rêver à vélo le long de la Somme avec Gaël et Jacqueline
7 jours
Une semaine de vélo va nous réunir. Cela fait déjà cinq ans que nous partageons cette passion. Une passion transgénérationnelle. Durant une semaine nous allons longer la Somme. Cyclo-voyageurs, nous dormirons dans les rares campings encore ouverts en cette fin de saison. Et une belle récompense nous attendra en baie de Somme : les phoques alanguis sur le sable.
Activité :
vélo de randonnée
Statut :
réalisé
DATE :
25/10/2025
Durée :
7 jours
Réalisé avec 1 enfant
son âge : 8 ansMobilité douce
Réalisé en utilisant transports en commun (train, bus, bateau...)
C'est possible (ou réalisé) en
train
Précisions :
Nous allons prendre le train pour aller et revenir des Hauts-de-Seine. Cependant, une traversée à vélo de douze kilomètres est nécessaire au sein de la ville de Paris.
Mise à jour section : 03 déc. 2025
vendredi 31 octobre – 7e jour
30 km à vélo / 628 km en train
Saint-Valéry-sur-Somme – Noyelles-sur-Mer – Paris – Dijon – Besançon
Dernier jour de notre voyage.
Les sacoches sont accrochées aux vélos.
Des clients de l’hôtel sont surpris.
En effet, plusieurs personnes observent nos montures posées devant le restaurant de l’hôtel. Puis ils s’adressent à Gaël :
« Ce n’est pas souvent que l’on rencontre une mamie cyclotouriste accompagnée de son petit-fils. Tu as de la chance de participer à une telle aventure ! Vous prenez le temps d’observer la nature qui vous entoure, de discuter avec les gens, de découvrir le monde. Félicitations pour ton courage à pédaler longuement chaque jour.
– Ma maman dit qu’elle est contente que je parte à vélo avec grand-mère parce que c’est exceptionnel. Et qu’elle ne ferait jamais ce que sa maman fait.
– Nous non plus on n’aurait pas le courage de pédaler comme vous, avec des vélos chargés comme les vôtres, même si cela donne envie.
– Moi j’aime beaucoup ! J’avais trois ans lorsque je suis parti la première fois. Nous avions fait le tour de Bourgogne.
– C’est une chance pour toi ! »
Je rajoute aussitôt : « Et pour moi aussi ! »
Au cours du petit-déjeuner, les deux couples nous font des sourires, des signes de la tête, de la main. Tant de considération nous gêne un peu.
Puis il est temps d’enfourcher nos bicyclettes pour nous rendre à la gare de Noyelles-sur-Mer située à une dizaine de kilomètres. Le train pour Paris part en fin de matinée. Nous devons être prévoyants, car nous ne sommes pas à l’abri d’une crevaison qui nous retarderait considérablement.
Une partie de la piste cyclable relie Saint-Valery-sur-Somme au Crotoy. Deux villes emblématiques de la baie de Somme. Nous nous arrêterons, à mi-chemin, à la petite gare de Noyelles-sur-Mer.
Nous sommes heureux d’emprunter le chemin de terre du Cap Hornu pour embrasser une dernière fois la vue somptueuse sur la baie. Puis nous empruntons l’itinéraire du Tour de baie en longeant la Somme. Au port de la jolie cité médiévale de Saint-Valéry, nous sommes encore émerveillés par les bateaux tanguant légèrement.
Seuls sur la piste cyclable, nous pédalons joyeusement. Gaël devant et moi derrière. Puis il s’écrie :
« Je vois des moutons !
– Ce sont les moutons de prés-salés qui pâturent sur le vaste marais. »
J’ai à peine le temps de terminer ma phrase que Gaël frôle le talus, zigzague sans réussir à maintenir son équilibre et tombe dans le talus. Plus de peur que de mal !
Bien en avance, nous patientions dans la gare de Noyelles où nous croisons les deux couples de parisiens à vélo, rencontrés durant notre voyage. Ils sont ravis de leur petit tour à vélo de deux étapes.
À la gare de Noyelles, ni sous-terrain, ni passerelle, ni ascenseur. Les deux voies ferroviaires se traversent sur un passage planchéié. La prudence et la rapidité sont de mise.
Nous sommes extrêmement surpris de voir apparaître, sur des voies spécifiques, l’authentique train à vapeur touristique. Nous admirons la petite locomotive et ses wagonnets, déçus quand même de ne pas partager la balade avec les passagers…
Pour nous, ce sera le TER en direction de Paris. Nous posons sans difficulté nos bicyclettes à l’endroit réservé pour les vélos. Nous nous asseyons sur des strapontins à proximité.
À Paris, le train déverse sur le quai son flot de passagers. Nous descendons les derniers après avoir attendu que l’accès à nos vélos soit possible. Je peux enfin reprendre mes esprits lorsque nous posons le pied sur le quai. Les voyageurs, pressés, sont déjà loin.
Nous non plus n’avons pas un instant à perdre. Nous ne disposons que de deux heures pour traverser Paris de la gare du Nord à la gare de Bercy. C’est un temps très court avec un enfant à vélo. J’avise Gaël :
« Nous sommes tenus d’arriver à la gare de Bercy en moins de deux heures.
– Si nous n’y arrivons pas, nous prendrons le train suivant.
– Hélas, c’est le dernier train de la journée en direction de Dijon. Lorsque nous marcherons, nous pousserons très très vite nos vélos. Si nous arrivons en retard, nous louerons une chambre d’hôtel et nous prendrons le train demain matin.
– Si nous réussissons à prendre le train, je pourrai voir ma maman ce soir. »
Sur ce cri du cœur, nous empruntons la piste cyclable qui passe devant la gare. Nous ne perdons pas de temps. Par chance, nous sommes protégés des rues par les voitures en stationnement. Nous poussons nos vélos lorsque nous traversons les carrefours. Un cycliste me souhaite bon voyage et lève le pouce à l’attention de Gaël. Nous ne croisons aucun autre cyclo-voyageur ni enfant à vélo. Tout se passe bien. Contrairement à l’aller, ce retour rapide ne nous permet pas d’observer les beautés de Paris.
Ouf ! Nous voilà arrivés ! Nous sommes même en avance à la gare de Bercy où se presse un monde impressionnant. Le panneau d’affichage indique que le train que nous devons prendre est complet. Nous patientons tout de même au milieu des autres voyageurs.
À moment donné, cette cohue avance petit à petit. Pour nous, c’est difficile de nous mobiliser avec nos bicyclettes. À l’entrée du quai, nous devons présenter nos billets au contrôleur. Tant bien que mal, nous réussissons à franchir cette première barrière. Le contrôleur nous conseille vivement de nous rendre à l’extrémité du train. Et effectivement, le nombre de voyageurs se raréfie au fur et à mesure de notre avancée.
Nous montons dans un wagon presque vide. J’installe mon vélo. Une dame se précipite pour aider Gaël. En même temps, curieuse, elle lui pose un tas de questions sur notre voyage.
Puis le wagon se remplit. Un monsieur âgé ne trouve pas de place et s’assied sur sa valise. J’explique à Gaël :
« Tu dois céder ta place au monsieur. C’est une bonne manière. C’est du respect, de la politesse.
– C’est toi qui lui dis ?
– Précise-lui simplement que tu lui laisses ta place. »
Le monsieur accepte avec soulagement.
Peu après, un siège se libère et le monsieur se déplace en nous remerciant chaleureusement. Tous les deux maintenant assis, nous mettons à profit le voyage pour lire, jouer aux cartes, aux galets à déplacer en ligne…
Et nous voici sur le quai de la gare de Dijon. La dame qui est venue en aide à Gaël à notre départ, agite ses mains dans notre direction depuis l’intérieur du wagon.
Nous retrouvons la jolie passerelle du jardin de l’Arquebuse. Cette fois-ci nous l’admirons en la surplombant. C’est une jolie construction toute en finesse, sinueuse, se recourbant sur elle-même et illuminant une partie du parc de l’Arquebuse déjà plongé dans l’obscurité.
Puis nous arrivons… Gaël se précipite pour retrouver sa maman. Ils sont heureux de se revoir après cette séparation d’une semaine.
Gaël raconte à n’en plus finir…
30 km à vélo / 628 km en train
Saint-Valéry-sur-Somme – Noyelles-sur-Mer – Paris – Dijon – Besançon
Dernier jour de notre voyage.
Les sacoches sont accrochées aux vélos.
Des clients de l’hôtel sont surpris.
En effet, plusieurs personnes observent nos montures posées devant le restaurant de l’hôtel. Puis ils s’adressent à Gaël :
« Ce n’est pas souvent que l’on rencontre une mamie cyclotouriste accompagnée de son petit-fils. Tu as de la chance de participer à une telle aventure ! Vous prenez le temps d’observer la nature qui vous entoure, de discuter avec les gens, de découvrir le monde. Félicitations pour ton courage à pédaler longuement chaque jour.
– Ma maman dit qu’elle est contente que je parte à vélo avec grand-mère parce que c’est exceptionnel. Et qu’elle ne ferait jamais ce que sa maman fait.
– Nous non plus on n’aurait pas le courage de pédaler comme vous, avec des vélos chargés comme les vôtres, même si cela donne envie.
– Moi j’aime beaucoup ! J’avais trois ans lorsque je suis parti la première fois. Nous avions fait le tour de Bourgogne.
– C’est une chance pour toi ! »
Je rajoute aussitôt : « Et pour moi aussi ! »
Au cours du petit-déjeuner, les deux couples nous font des sourires, des signes de la tête, de la main. Tant de considération nous gêne un peu.
Puis il est temps d’enfourcher nos bicyclettes pour nous rendre à la gare de Noyelles-sur-Mer située à une dizaine de kilomètres. Le train pour Paris part en fin de matinée. Nous devons être prévoyants, car nous ne sommes pas à l’abri d’une crevaison qui nous retarderait considérablement.
Une partie de la piste cyclable relie Saint-Valery-sur-Somme au Crotoy. Deux villes emblématiques de la baie de Somme. Nous nous arrêterons, à mi-chemin, à la petite gare de Noyelles-sur-Mer.
Nous sommes heureux d’emprunter le chemin de terre du Cap Hornu pour embrasser une dernière fois la vue somptueuse sur la baie. Puis nous empruntons l’itinéraire du Tour de baie en longeant la Somme. Au port de la jolie cité médiévale de Saint-Valéry, nous sommes encore émerveillés par les bateaux tanguant légèrement.
Seuls sur la piste cyclable, nous pédalons joyeusement. Gaël devant et moi derrière. Puis il s’écrie :
« Je vois des moutons !
– Ce sont les moutons de prés-salés qui pâturent sur le vaste marais. »
J’ai à peine le temps de terminer ma phrase que Gaël frôle le talus, zigzague sans réussir à maintenir son équilibre et tombe dans le talus. Plus de peur que de mal !
Bien en avance, nous patientions dans la gare de Noyelles où nous croisons les deux couples de parisiens à vélo, rencontrés durant notre voyage. Ils sont ravis de leur petit tour à vélo de deux étapes.
À la gare de Noyelles, ni sous-terrain, ni passerelle, ni ascenseur. Les deux voies ferroviaires se traversent sur un passage planchéié. La prudence et la rapidité sont de mise.
Nous sommes extrêmement surpris de voir apparaître, sur des voies spécifiques, l’authentique train à vapeur touristique. Nous admirons la petite locomotive et ses wagonnets, déçus quand même de ne pas partager la balade avec les passagers…
Pour nous, ce sera le TER en direction de Paris. Nous posons sans difficulté nos bicyclettes à l’endroit réservé pour les vélos. Nous nous asseyons sur des strapontins à proximité.
À Paris, le train déverse sur le quai son flot de passagers. Nous descendons les derniers après avoir attendu que l’accès à nos vélos soit possible. Je peux enfin reprendre mes esprits lorsque nous posons le pied sur le quai. Les voyageurs, pressés, sont déjà loin.
Nous non plus n’avons pas un instant à perdre. Nous ne disposons que de deux heures pour traverser Paris de la gare du Nord à la gare de Bercy. C’est un temps très court avec un enfant à vélo. J’avise Gaël :
« Nous sommes tenus d’arriver à la gare de Bercy en moins de deux heures.
– Si nous n’y arrivons pas, nous prendrons le train suivant.
– Hélas, c’est le dernier train de la journée en direction de Dijon. Lorsque nous marcherons, nous pousserons très très vite nos vélos. Si nous arrivons en retard, nous louerons une chambre d’hôtel et nous prendrons le train demain matin.
– Si nous réussissons à prendre le train, je pourrai voir ma maman ce soir. »
Sur ce cri du cœur, nous empruntons la piste cyclable qui passe devant la gare. Nous ne perdons pas de temps. Par chance, nous sommes protégés des rues par les voitures en stationnement. Nous poussons nos vélos lorsque nous traversons les carrefours. Un cycliste me souhaite bon voyage et lève le pouce à l’attention de Gaël. Nous ne croisons aucun autre cyclo-voyageur ni enfant à vélo. Tout se passe bien. Contrairement à l’aller, ce retour rapide ne nous permet pas d’observer les beautés de Paris.
Ouf ! Nous voilà arrivés ! Nous sommes même en avance à la gare de Bercy où se presse un monde impressionnant. Le panneau d’affichage indique que le train que nous devons prendre est complet. Nous patientons tout de même au milieu des autres voyageurs.
À moment donné, cette cohue avance petit à petit. Pour nous, c’est difficile de nous mobiliser avec nos bicyclettes. À l’entrée du quai, nous devons présenter nos billets au contrôleur. Tant bien que mal, nous réussissons à franchir cette première barrière. Le contrôleur nous conseille vivement de nous rendre à l’extrémité du train. Et effectivement, le nombre de voyageurs se raréfie au fur et à mesure de notre avancée.
Nous montons dans un wagon presque vide. J’installe mon vélo. Une dame se précipite pour aider Gaël. En même temps, curieuse, elle lui pose un tas de questions sur notre voyage.
Puis le wagon se remplit. Un monsieur âgé ne trouve pas de place et s’assied sur sa valise. J’explique à Gaël :
« Tu dois céder ta place au monsieur. C’est une bonne manière. C’est du respect, de la politesse.
– C’est toi qui lui dis ?
– Précise-lui simplement que tu lui laisses ta place. »
Le monsieur accepte avec soulagement.
Peu après, un siège se libère et le monsieur se déplace en nous remerciant chaleureusement. Tous les deux maintenant assis, nous mettons à profit le voyage pour lire, jouer aux cartes, aux galets à déplacer en ligne…
Et nous voici sur le quai de la gare de Dijon. La dame qui est venue en aide à Gaël à notre départ, agite ses mains dans notre direction depuis l’intérieur du wagon.
Nous retrouvons la jolie passerelle du jardin de l’Arquebuse. Cette fois-ci nous l’admirons en la surplombant. C’est une jolie construction toute en finesse, sinueuse, se recourbant sur elle-même et illuminant une partie du parc de l’Arquebuse déjà plongé dans l’obscurité.
Puis nous arrivons… Gaël se précipite pour retrouver sa maman. Ils sont heureux de se revoir après cette séparation d’une semaine.
Gaël raconte à n’en plus finir…

Le retour 31 oct