Rêver à vélo le long de la Somme avec Gaël et Jacqueline
7 jours
Une semaine de vélo va nous réunir. Cela fait déjà cinq ans que nous partageons cette passion. Une passion transgénérationnelle. Durant une semaine nous allons longer la Somme. Cyclo-voyageurs, nous dormirons dans les rares campings encore ouverts en cette fin de saison. Et une belle récompense nous attendra en baie de Somme : les phoques alanguis sur le sable.
Activité :
vélo de randonnée
Statut :
réalisé
DATE :
25/10/2025
Durée :
7 jours
Réalisé avec 1 enfant
son âge : 8 ansMobilité douce
Réalisé en utilisant transports en commun (train, bus, bateau...)
C'est possible (ou réalisé) en
train
Précisions :
Nous allons prendre le train pour aller et revenir des Hauts-de-Seine. Cependant, une traversée à vélo de douze kilomètres est nécessaire au sein de la ville de Paris.
Mise à jour section : 26 nov. 2025
l
lundi 27 octobre – 3e jour
60 km – 130 m
Péronne – Morcourt – Corbie – Vecquemont
Il a plu une bonne partie de la nuit.
Il pleut encore ce matin.
Puis une accalmie.
Idéal pour un autoportrait.
Le téléphone est calé sur la table de jardin devant notre tente Coco. Gaël pose. Je n’ai que dix secondes pour me placer à côté de lui. Le téléphone glisse. La photo est mal cadrée. Après plusieurs essais infructueux, la photo est presque parfaite.
Il est temps de partir car nous sommes attendus en fin d’après-midi.
Le ciel est gris, maussade, menaçant. Au centre de Péronne il se déverse en déluge sur nous. Les rafales de vent sont violentes. Ce n’est pas un temps pour pédaler ! Rapidement, nous revêtons nos vêtements de pluie mais nous sommes déjà trempés. Affairé, Gaël s’écrie : « Aide-moi ! Ma basket est bloquée dans le mon pantalon. » Tout en sautillant sur place, en tiraillant sur la jambe du pantalon, son pied finit par ressortir.
Nous voilà enfin enfin couverts, bien mouillés et prêts à affronter les intempéries.
Le vent endiablé cesse brusquement. Le ciel redevient bleu, seulement tacheté de quelques petits nuages blancs. Une belle journée s’annonce. Nous quittons le joli centre-ville historique et son château. Nous descendons une petite colline pour atteindre les étangs naturels entourant le centre de la ville. En poussant nos bicyclettes, nous empruntons le pont et jetons un coup d’œil oblique au bas de celui-ci, où, la veille, notre chute a eu lieu.
Nous rejoignons l’agréable piste cyclable. Gaël me demande :
« Tu penses que Gérard va à quelle vitesse ?
- Peut-être à 25 ou alors à 30 kilomètres à l’heure.
- Et nous ?
- Nous ! Nous sommes de vrais escargots ! À treize, peut-être quinze kilomètres quand nous appuyons fortement sur nos pédales. Je crois que Gérard est un grand sportif. J’ai vu des photos où il grimpe une montagne à vélo.
- Tu penses qu’il a gagné une médaille aux Jeux Olympiques ?
- C’est peu probable.
- Je vais aller le plus vite possible, regarde, et dis-moi ma vitesse sur ton compteur.
- Douze… quinze… dix-huit… vingt-deux…
Au bout de sa course effrénée, une fois que je l’ai rejoint, il continue :
« Est-ce que je pourrai demander à Gérard de faire la course avec moi ?
- Oui bien sûr, tu pourras ! »
Ce soir, nous passerons la soirée et la nuit chez Gérard et Michèle. Ils habitent à côté de Corbie. Sans camping, j’avais fait une demande sur un site d’hospitalité à vélo et ils m’ont répondu très chaleureusement. Nous avons hâte de les rencontrer.
Au bout d’un moment donné, Gaël s’exclame :
« Regarde de l’autre côté de la rivière ! Tu les vois aussi ?
- Ah oui ! Ils sont très colorés. Ils paraissent neufs.
- On y va ?
- D’accord ! D’ailleurs c’est l’heure du déjeuner ! Il est temps de faire une pause et l’endroit semble parfait. »
- Je vois un pont là-bas. »
Le village de Cappy est situé de part et d’autre de la Somme. Nous franchissons le pont et revenons un peu en arrière sur l’autre rive.
Gaël se précipite jusqu’à l’aire de jeux sur laquelle beaucoup de matériel sportif est installé et qu’il avait aperçue depuis l’autre côté du canal. Puis il me rejoint et nous testons ensemble les appareils de sport. Les machines qui tournent me font perdre la tête. Rien n’arrête Gaël ! Il me fait remarquer :
« Sur l’aire de jeux, je pense que des enfants ont oublié leurs jeux.
- Ils appartiennent peut-être aux enfants habitant dans les péniches qui sont amarrées à côté de nous.
- Ou alors les enfants du village n’ont pas envie transporter tout le temps leurs jeux. »
Les jeux abandonnés, tracteurs, petites voitures, seaux avec pelles et râteaux, ballons sauteurs, ballons, donnent encore plus de vie au lieu. Gaël s’en donne à cœur joie pendant que je prépare notre pique-nique. Il fait froid ! Le vent se lève et agite les grands arbres non loin de nous. Nous ne nous attardons pas !
Ensuite nous sommes intrigués par des voies de chemins de fer avec un écartement très étroit. La piste les suit et nous arrivons à l’ancienne Sucrerie de Santerre, c’est noté sur une cuve. De nombreux wagonnets, ouverts ou fermés sont disposés sur les rails. Le matériel est parfaitement entretenu alors que l’on ne voit aucune vie.
Cela devient une nouvelle aire de jeux pour Gaël. Lorsqu’il la quitte, je lui raconte l’histoire du lieu :
« Les rails ont beaucoup servi pendant la guerre. Ils permettaient à tous les wagonnets qu’on a vus de faire l’aller-retour sur une trentaine de km. Ils transportaient du matériel et des munitions. Après la guerre, les installations et le matériel ferroviaire ont été vendus à des industries. Ici, le site a été acheté par une Sucrerie qui a fermé depuis longtemps. Aujourd’hui la ligne qu’on a suivie sert au P’tit train de la Haute-Somme pour le bonheur des touristes.
- On va pouvoir monter dedans ?
- Hélas non, il est trop tard pour le trajet d’été et trop tôt pour les balades de Noël. » Tristement, il soupire : « Oh ! C’est trop dommage de ne pas pouvoir monter dans le petit train ! »
Nous poursuivons notre route.
Arrivés à l’écluse de Chipilly, je téléphone à Gérard. Il va venir à notre rencontre. Un bon moment après, nous repérons au loin un cycliste qui s’arrête et s’installe sur le bas-côté. Il nous prend en photo. C’est Gérard ! Une fois les présentations faites, nous repartons.
Gérard adopte notre vitesse. Il avance avec légèreté.
Gaël roule à côté de lui. Il n’ose pas lui demander de faire la course. Leur conversation va bon train. Je n’entends pas ce qu’ils se racontent. Puis nous reléguons Gaël à l’avant pour, nous aussi, échanger.
Gérard est un cyclo voyageur. L’année dernière il a fait le tour de France au plus près des côtes et des frontières. Il a gravi quatre-vingt-treize cols. Un champion ! C’est bien ce que j’avais pressenti en regardant ses publications. Pour lui, suivre la Somme est un exercice de récupération.
Puis nous arrivons. Michèle nous attend dans la rue. Elle nous filme, nous photographie. Nous sommes accueillis extrêmement chaleureusement dans la jolie maison de briques rouges. Nous nous régalons d’un gâteau au yaourt et aux pommes. Un délice !
Les échanges sont faciles, comme si nous étions des amis de longue date. Gérard, très patient, joue de nombreuses parties de babyfoot avec Gaël. Je suis ébahie devant la dextérité de Michèle. Un morceau de tissu et le voici transformé en objet utilitaire, une décoration ou un vêtement. Michèle est une vraie cheffe cuisinière. Nous le constatons lors du dîner.
Gaël leur offre notre récolte de noix. J’offre le livre que j’ai écrit concernant mon voyage à vélo au cap Nord. Gaël reçoit En route vers la Terre qu’il dévore le soir même et le lendemain. Une grande chambre est mise à notre disposition avec salle de bains attenante. Nous sommes reçus comme des rois.
Gaël est doublement aux anges car il s’est fait un véritable ami, Olaf le chien de la maison.
Nous n’avons pas le temps de visionner le film de Gérard sur son tour de France à vélo. Mais nous ne manquerons pas de le regarder à notre retour.
Gérard nous propose de nous accompagner demain matin sur un petit bout de notre chemin. Puis vient l’heure de nous coucher dans la maison où règne un climat de quiétude, de sérénité et de chaleur.
lundi 27 octobre – 3e jour
60 km – 130 m
Péronne – Morcourt – Corbie – Vecquemont
Il a plu une bonne partie de la nuit.
Il pleut encore ce matin.
Puis une accalmie.
Idéal pour un autoportrait.
Le téléphone est calé sur la table de jardin devant notre tente Coco. Gaël pose. Je n’ai que dix secondes pour me placer à côté de lui. Le téléphone glisse. La photo est mal cadrée. Après plusieurs essais infructueux, la photo est presque parfaite.
Il est temps de partir car nous sommes attendus en fin d’après-midi.
Le ciel est gris, maussade, menaçant. Au centre de Péronne il se déverse en déluge sur nous. Les rafales de vent sont violentes. Ce n’est pas un temps pour pédaler ! Rapidement, nous revêtons nos vêtements de pluie mais nous sommes déjà trempés. Affairé, Gaël s’écrie : « Aide-moi ! Ma basket est bloquée dans le mon pantalon. » Tout en sautillant sur place, en tiraillant sur la jambe du pantalon, son pied finit par ressortir.
Nous voilà enfin enfin couverts, bien mouillés et prêts à affronter les intempéries.
Le vent endiablé cesse brusquement. Le ciel redevient bleu, seulement tacheté de quelques petits nuages blancs. Une belle journée s’annonce. Nous quittons le joli centre-ville historique et son château. Nous descendons une petite colline pour atteindre les étangs naturels entourant le centre de la ville. En poussant nos bicyclettes, nous empruntons le pont et jetons un coup d’œil oblique au bas de celui-ci, où, la veille, notre chute a eu lieu.
Nous rejoignons l’agréable piste cyclable. Gaël me demande :
« Tu penses que Gérard va à quelle vitesse ?
- Peut-être à 25 ou alors à 30 kilomètres à l’heure.
- Et nous ?
- Nous ! Nous sommes de vrais escargots ! À treize, peut-être quinze kilomètres quand nous appuyons fortement sur nos pédales. Je crois que Gérard est un grand sportif. J’ai vu des photos où il grimpe une montagne à vélo.
- Tu penses qu’il a gagné une médaille aux Jeux Olympiques ?
- C’est peu probable.
- Je vais aller le plus vite possible, regarde, et dis-moi ma vitesse sur ton compteur.
- Douze… quinze… dix-huit… vingt-deux…
Au bout de sa course effrénée, une fois que je l’ai rejoint, il continue :
« Est-ce que je pourrai demander à Gérard de faire la course avec moi ?
- Oui bien sûr, tu pourras ! »
Ce soir, nous passerons la soirée et la nuit chez Gérard et Michèle. Ils habitent à côté de Corbie. Sans camping, j’avais fait une demande sur un site d’hospitalité à vélo et ils m’ont répondu très chaleureusement. Nous avons hâte de les rencontrer.
Au bout d’un moment donné, Gaël s’exclame :
« Regarde de l’autre côté de la rivière ! Tu les vois aussi ?
- Ah oui ! Ils sont très colorés. Ils paraissent neufs.
- On y va ?
- D’accord ! D’ailleurs c’est l’heure du déjeuner ! Il est temps de faire une pause et l’endroit semble parfait. »
- Je vois un pont là-bas. »
Le village de Cappy est situé de part et d’autre de la Somme. Nous franchissons le pont et revenons un peu en arrière sur l’autre rive.
Gaël se précipite jusqu’à l’aire de jeux sur laquelle beaucoup de matériel sportif est installé et qu’il avait aperçue depuis l’autre côté du canal. Puis il me rejoint et nous testons ensemble les appareils de sport. Les machines qui tournent me font perdre la tête. Rien n’arrête Gaël ! Il me fait remarquer :
« Sur l’aire de jeux, je pense que des enfants ont oublié leurs jeux.
- Ils appartiennent peut-être aux enfants habitant dans les péniches qui sont amarrées à côté de nous.
- Ou alors les enfants du village n’ont pas envie transporter tout le temps leurs jeux. »
Les jeux abandonnés, tracteurs, petites voitures, seaux avec pelles et râteaux, ballons sauteurs, ballons, donnent encore plus de vie au lieu. Gaël s’en donne à cœur joie pendant que je prépare notre pique-nique. Il fait froid ! Le vent se lève et agite les grands arbres non loin de nous. Nous ne nous attardons pas !
Ensuite nous sommes intrigués par des voies de chemins de fer avec un écartement très étroit. La piste les suit et nous arrivons à l’ancienne Sucrerie de Santerre, c’est noté sur une cuve. De nombreux wagonnets, ouverts ou fermés sont disposés sur les rails. Le matériel est parfaitement entretenu alors que l’on ne voit aucune vie.
Cela devient une nouvelle aire de jeux pour Gaël. Lorsqu’il la quitte, je lui raconte l’histoire du lieu :
« Les rails ont beaucoup servi pendant la guerre. Ils permettaient à tous les wagonnets qu’on a vus de faire l’aller-retour sur une trentaine de km. Ils transportaient du matériel et des munitions. Après la guerre, les installations et le matériel ferroviaire ont été vendus à des industries. Ici, le site a été acheté par une Sucrerie qui a fermé depuis longtemps. Aujourd’hui la ligne qu’on a suivie sert au P’tit train de la Haute-Somme pour le bonheur des touristes.
- On va pouvoir monter dedans ?
- Hélas non, il est trop tard pour le trajet d’été et trop tôt pour les balades de Noël. » Tristement, il soupire : « Oh ! C’est trop dommage de ne pas pouvoir monter dans le petit train ! »
Nous poursuivons notre route.
Arrivés à l’écluse de Chipilly, je téléphone à Gérard. Il va venir à notre rencontre. Un bon moment après, nous repérons au loin un cycliste qui s’arrête et s’installe sur le bas-côté. Il nous prend en photo. C’est Gérard ! Une fois les présentations faites, nous repartons.
Gérard adopte notre vitesse. Il avance avec légèreté.
Gaël roule à côté de lui. Il n’ose pas lui demander de faire la course. Leur conversation va bon train. Je n’entends pas ce qu’ils se racontent. Puis nous reléguons Gaël à l’avant pour, nous aussi, échanger.
Gérard est un cyclo voyageur. L’année dernière il a fait le tour de France au plus près des côtes et des frontières. Il a gravi quatre-vingt-treize cols. Un champion ! C’est bien ce que j’avais pressenti en regardant ses publications. Pour lui, suivre la Somme est un exercice de récupération.
Puis nous arrivons. Michèle nous attend dans la rue. Elle nous filme, nous photographie. Nous sommes accueillis extrêmement chaleureusement dans la jolie maison de briques rouges. Nous nous régalons d’un gâteau au yaourt et aux pommes. Un délice !
Les échanges sont faciles, comme si nous étions des amis de longue date. Gérard, très patient, joue de nombreuses parties de babyfoot avec Gaël. Je suis ébahie devant la dextérité de Michèle. Un morceau de tissu et le voici transformé en objet utilitaire, une décoration ou un vêtement. Michèle est une vraie cheffe cuisinière. Nous le constatons lors du dîner.
Gaël leur offre notre récolte de noix. J’offre le livre que j’ai écrit concernant mon voyage à vélo au cap Nord. Gaël reçoit En route vers la Terre qu’il dévore le soir même et le lendemain. Une grande chambre est mise à notre disposition avec salle de bains attenante. Nous sommes reçus comme des rois.
Gaël est doublement aux anges car il s’est fait un véritable ami, Olaf le chien de la maison.
Nous n’avons pas le temps de visionner le film de Gérard sur son tour de France à vélo. Mais nous ne manquerons pas de le regarder à notre retour.
Gérard nous propose de nous accompagner demain matin sur un petit bout de notre chemin. Puis vient l’heure de nous coucher dans la maison où règne un climat de quiétude, de sérénité et de chaleur.

2 - Péronne à Vecquemont