Gants de montagne chauds

par Julien dans Gants 08 mai 2013 mis à jour 26 déc. 2015 34616 lecteurs 7 commentaires (partager)

Test comparatif de gants chauds, moufles, et gants chauffants, pour la montagne hivernale

Après les gants légers et coupe-vent (voir notre comparatif), nous nous sommes intéressés aux gants pour la montagne hivernale, et avons sélectionné certains parmi les plus chauds des marques (onze marques ont été invitées à participer à ce test, neuf ont répondu à l'appel).
Si vous souffrez régulièrement des doigts à cause d’une mauvaise circulation sanguine au niveau des extrémités, ce test est fait pour vous ! Et plus généralement pour tous ceux qui pratiquent l’alpinisme, le ski de randonnée ou de piste, le parapente hivernal, le snowkite, la cascade de glace, et qui cherchent un gant adapté à leur activité, sans se geler les doigts.

Test comparatif de gants chauds, moufles et gants chauffants Nous testons dans ce comparatif les modèles suivants:

 

Voir le tableau comparatif des paires de gants, moufles et gants chauffants

Tableau comparatif des gants, moufles et gants chauffants


Voir le tableau complémentaire pour les gants chauffants

Tableau complémentaire des gants chauffants

 

Voir la discussion associée

 

Protocole de test

Test terrain en cascade de glaceUn week-end de test matériel pour Carnets d'Aventures : construction d'igloosNotre tableau comparatif et les fiches test de chaque gant vous éclaireront sur les caractéristiques objectives de chaque paire de gants, ainsi que sur leur qualité estimée selon les critères d’isolation thermique, d’étanchéité, de dextérité (précision, préhension), et de finition et robustesse.
Notre protocole de test est décrit ci-dessous.

Notons d’abord que tous les gants ont été testés par plusieurs personnes lors d’activités diverses telles que : ski de randonnée, cascade de glace, parapente hivernal, snowkite, speed riding, et même la confection d’igloo (activité très révélatrice de l’isolation thermique et de l’étanchéité des gants).
A chaque fois, les gants sont testés avec un modèle sur une main, et un autre modèle sur l’autre, ce qui permet de se faire un avis comparé dans des conditions similaires. Chaque participant note les différents critères sur 5 points et donne son avis sur ses points positifs, négatifs, les activités pour lesquelles le modèle lui semble adapté, etc…

 

Test de chaleur

L’aspect thermique a été particulièrement étudié, étant le premier critère de ce test.
Les gants ont d’abord été testés subjectivement comme expliqué ci-dessus, en particulier sur une cascade de glace artificielle avec un groupe qui échangeait de gants à chaque ascension. Ce test « terrain » a déjà permis de se faire une première idée de la classification des gants pour l'isolation thermique.

Ensuite, lors d’une journée de ski restée très froide et nuageuse dans une petite station au faible dénivelé, je me suis amusé à tester les gants les uns après les autres, en commençant par ceux supposés être les moins chauds, et en échangeant un à un les gants, pour aller vers les plus chauds. Précisons que je suis de ceux qui ont toujours froid aux mains, j’ai une assez mauvaise circulation et fais des onglées systématiques. J’ai d’ailleurs eu l’occasion d’avoir froid aux mains, au moins une fois, dans absolument toutes les paires de gants au cours des journées les plus froides de cet hiver, hors moufles et gants chauffés.
J’ai donc bien entendu commencé ce test à ski avec les mains largement gelées et insensibles. Puis, au fur et à mesure que je changeais de gant (un à la fois pour tester toujours 2 gants différents), je retrouvais peu à peu la sensation de mes doigts, mais uniquement sur la main qui venait de changer de gant. Ce test fut assez édifiant et m’a conforté dans le classement d’isolation thermique des gants. Bien entendu, j’ai dû prendre quelques précautions, comme le fait d’éviter tout contact avec du métal froid (perche ou bâtons), ce qui aurait créé une perte de chaleur par conduction de manière dissymétrique.

Après les tests « terrain », nous avons mis en place le test de la voiture. Choisissez une nuit froide (-3°C pour ce test) et humide, une route droite sur un plateau désert, en sortant juste la main gantée par la vitre, puis roulez à la vitesse constante de 50km/h sur quelques kilomètres. Testez les gants les uns après les autres...
Ce test a permis d’ajouter une nouvelle note comparative de chaleur, en s’affranchissant de variables externes : ici, si la main a froid, c’est simplement que le gant est peu isolant, et pas parce que vous avez froid à d’autres parties du corps, que le soleil s’est caché ou que vous avez accéléré la descente à ski !

Le test de la voiture : la main gantée est passée par la fenêtre
Le test de la voiture : la main gantée est passée par la fenêtre

Enfin, toujours dans la recherche de la plus grande objectivité possible, nous avons également mis en place le « test du congélateur ». Les gants sont testés un par un : on remplit un petit contenant (une « Pom’Potes » vide d’environ 130ml) d’eau chaude à environ 50°C, on en mesure la température et le poids puis on la place dans le gant au niveau de la paume. Le gant est ensuite fermé avec un élastique, et placé dans le congélateur pendant une heure. La température du congélateur est mesurée tout au long du test, puis la température finale de l’eau placée dans le gant.
On en déduit la résistance thermique du gant. Les formules utilisées sont explicitées plus longuement dans notre test comparatif de sacs de couchage de 0 à -10°C. La note obtenue a permis de confirmer des résultats, ou d’en affiner quelques-uns (notamment pour des problèmes de taille différente), mais globalement le test terrain est encore jugé le plus intéressant.

Le test du congélateur : remplissage du gant avec de l'eau chaude (dont on a mesuré poids et température)Le gant est placé dans le congélateur, dont on mesure la température pendant le test
Le test du congélateur : remplissage du gant avec de l'eau chaude (dont on a mesuré poids et température) / le gant est placé dans le congélateur, dont on mesure la température pendant le test

 

Test d'étanchéité

Pour évaluer l’étanchéité de manière moins subjective que sur le terrain, nous avons procédé de la manière suivante : on plonge la main gantée dans l’eau pendant 4 minutes et on exerce des pressions répétées sous l’eau (massage d’une boule de plastique souple).

Attention, ce n’est pas parce qu’un gant possède une membrane imperméable qu’il est totalement étanche. Tous les gants présentent des défauts d’étanchéité à l’eau liquide, du fait de leur construction complexe. De plus, la pression répétée (par exemple sur des poignées de bâtons, des piolets, des pagaies) est une condition favorable à la pénétration de l’eau. Sans compter qu’à l’usage, l’imperméabilité de la membrane diminuera, au niveau des plis notamment.
A noter que toutes les couches situées au-dessus de la membrane s’imbibent d’eau ; parfois les fabricants font le choix de mettre la membrane dans le gant interne (c’est le cas du Black Diamond Guide). Le gant externe peut alors se retrouver trempé même si la main reste sèche.

 

Différents types de gants testés

Cas particulier des gants « 3 en 1 »

Deux modèles de ce test, les Mountain Hardwear Medusa et Millet - K 3/1 GTX, sont des gants « 3 en 1 » : ils sont composés d’un gant externe imperméable et confortable, et d’une doublure amovible qui peut s’utiliser seule pour des manipulations plus fines, ou pour les phases de l’activité où l’on a moins froid aux mains (par exemple lors de la montée à ski de randonnée). Le gant externe peut également s’utiliser tout seul pour des raisons thermiques (tout en gardant l’étanchéité), mais sera en général un peu grand à lui seul pour permettre une bonne précision.

L’idée des « 3 en 1 » est séduisante en permettant beaucoup de modularité. Cependant, on trouve sur le marché des gants parfois assez décevants, soit par la qualité médiocre des sous-gants qui se décousent après quelques utilisations, soit des gants peu pratiques car le sous-gant est difficile à retirer ou à remettre dans le gant externe, soit parce qu’ils sont au final peu chauds ou encombrants.

Mais on peut dire que les deux gants testés « tiennent la route », et vous en trouverez toutes les caractéristiques dans les fiches test associées.

Les gants Outdoor Research Alti et Black Diamond Guide, eux, ont certes une doublure amovible, mais ne sont pas de véritables « 3 en 1 ». Le gant extérieur n’est pas confortable et souvent trop large lorsqu’il est porté seul, le gant intérieur n’est pas fait non plus pour être porté seul et est souvent assez épais (peu précis) et peu résistant à l’abrasion (nylon léger). La doublure interne permettra donc essentiellement de faire sécher le gant plus rapidement.

Cas particulier des gants 3 doigts

Le gant « 3 doigts » est un concept intéressant pour ceux qui souffrent des doigts gelés, en offrant un compromis entre dextérité et chaleur supplémentaire. Franchement, vous vous servez souvent de vos « petits doigts » en montagne, vous ?
La plupart des activités sont compatibles avec des gants 3 doigts, même les manips d’assurage sont tout à fait sures avec un gant comme le Mammut Eigerjoch.
Le Racer LTK est moins précis, mais sa chaleur incomparable nous a bluffés !
En général, ce sont le majeur, l’annulaire et l’auriculaire qui sont groupés, mais on trouve également sur le marché des gants 1+2+2.

Cas particulier des moufles

Inutile de vous faire un dessin, les moufles sont ce qu’il y a de mieux pour garder vos mains au chaud par grand froid, au détriment de la dextérité bien sûr.
Les deux paires testées (Black Diamond Super Light Mitt et The North Face Himalayan Mitt) sont excellentes et hyper chaudes. Mais soyez conscient qu’elles ne sont pas imperméables (malgré la présence de Gore-Tex XCR dans les Super Light). Pourtant leur utilisation lors de la construction d’igloo, les mains dans la neige pendant 5 heures,  n’a posé aucun souci. En fait l’étanchéité n’est pas vraiment un critère majeur, ces moufles ne sont normalement pas utilisées sous la pluie, et résistent très bien au contact prolongé de la neige (même humide).

Cas particulier des gants chauffants

C’est un sujet un peu « à part » mais qui ne manquera pas d’intéresser ceux qui souffrent de problèmes de circulation distale.
En revanche, l’utilisation des gants chauffants sera plus adaptée aux activités journée ou éventuellement sur 2-3 jours, que pour des voyages au long cours, bien que la recharge soit théoriquement possible (voir d’ailleurs notre dossier sur les panneaux solaires dans Carnets d'Aventures n°32).

Nous testons ici des gants chauffants des marques Black Diamond, Racer, Volt et Blazewear.
Les marques Therm-ic et Zanier proposent également des gants chauffants, mais c’est le même système (Therm-ic) que pour les Black Diamond, et ces derniers sont plus adaptés à la montagne technique.

Attention, les gants en mode chauffage actif peuvent perturber le fonctionnement des appareils de recherche de victime d’avalanche (DVA).
En réalité, nos tests effectués avec un DVA analogique et un DVA numérique sont plutôt rassurants à ce sujet, mais il conviendra de tester avec votre matériel.
Nous n’avons noté aucune perturbation notable avec le modèle Racer (à vérifier avec le changement de batterie fin 2013).
Pour les modèles Black Diamond et Volt, une perturbation notable du DVA analogique en position recherche est observée (bruit de fond important à longue distance de la victime avec un réglage de sensibilité élevée). Le DVA numérique ne semble pas perturbé dans son calcul. Dans tous les cas il convient d’éteindre son gant en mode recherche de victime par précaution.
Côté victime (si celle-ci est enfouie avec son gant allumé près de son DVA), la perturbation est minime et n'a pas gêné lors de notre recherche test, et ce même en recherchant avec notre DVA analogique, car lorsque l’on s’approche de la victime, la sensibilité diminue, et le bruit devient faible devant le signal reçu.

Tableau complémentaire des gants chauffantsLes gants chauffants ont fait l’objet d’une revue spécifique sur l’utilisation du chauffage et de la batterie, vous trouverez donc des informations complémentaires dans le tableau comparatif des gants chauffants (ci-contre).
L’autonomie des gants a été testée à +20°C et -10°C (dans un congélateur) pour vérifier la tenue au froid de la batterie. Celle-ci est plutôt bonne pour tous les gants (ce qui est plutôt rassurant pour l'utilisation prévue).

Concernant le durabilité des systèmes chauffants, rien à signaler après deux saisons d'utilisation. Il est clair qu’il vaut mieux éviter de trop plier ou compresser votre gant sous peine de mettre les circuits chauffants à rude épreuve. Comme d’habitude nous ne manquerons pas de mettre à jour les informations sur des tests longue durée.

 

Choisir votre paire de gants

Il ne faut pas que le gant taille trop petit. En effet un gant qui serre limite la circulation sanguine dans les extrémités qui seront alors nettement plus sensibles au froid. Ainsi un gant plus isolant mais très serré protégera moins du froid qu’un gant un peu moins isolant mais plus lâche. C'est pourquoi nous avons indiqué dans le tableau si les modèles nous ont paru tailler grand ou petit.

Selon l’activité pratiquée les contraintes sur les gants seront différentes. L’alpinisme et la cascade de glace, par exemple, sollicitent beaucoup l’intérieur de la paume (frottement de la corde, tenue du piolet ou du rocher), d’où la nécessité d’avoir des renforts sur cette partie.
Une certaine précision est également requise pour ces activités. Selon votre besoin, vous devrez en général faire un compromis entre chaleur et précision. Un gant « 3 en 1 », c’est-à-dire avec un sous-gant amovible, peut d’ailleurs être une solution intéressante, pour une plus grande modularité lors de manips spécifiques.

Tableau comparatif des gants, moufles et gants chauffantsVous trouverez dans le tableau de synthèse (ci-contre) des infos générales et comparatives sur les différents modèles testés.
Pour chaque modèle, un descriptif et des photos de détail se trouvent sur la fiche de test associée (cliquer sur le nom du modèle).

 

Test réalisé par Julien de l'équipe des testeurs Expemag.com
Voir tous mes tests : sacs de couchage -10-0°C, matelas de sol confortables, gants chauds, vêtements mérinos, vêtements Woodwear, masques de ski photochromiques, sacs à dos grand volume

 

Commentaires
posté le 05 janv. 2015
Theo34
Cet article est très intéressant. Les différentes techniques de test sont claires et précises. Seul bémol : les tableaux que l'on ne peut pas lire car la qualité de l'image est insuffisante. C'est flou.
Invité (utilisateur non inscrit)
posté le 06 janv. 2015
Olivier
Ben faut cliquer dessus !!! Ils apparaitront nettement plus gros ! :D
Invité (utilisateur non inscrit)
posté le 07 janv. 2015
Theo34
Peut être sur un PC mais avec une tablette ça ne fonctionne pas ....
Invité (utilisateur non inscrit)
posté le 12 nov. 2015
laurence
mais au niveau des gants chauffants, quel est le meilleur alors??? lequel conseillez vous?
Invité (utilisateur non inscrit)
posté le 14 nov. 2015
Johanna
Tu peux consulter le tableau des gants chauffants et la fiche de chaque paire (en cliquant sur les liens dans le tableau).
Invité (utilisateur non inscrit)
posté le 14 nov. 2015
Theo34
J'ai achété les Racer Heatwear Gants Femme l'hiver dernier, et ne le regrette pas.
Invité (utilisateur non inscrit)
posté le 23 janv. 2016
Mike
Je possède une paire de Zanier Heat hot GTX. En position 3 (maxi) j'ai encore froid au bout des doigts par température -8. Regrette cet achat.
Invité (utilisateur non inscrit)