Un tour des Alpes du sud en gravel
7 jours
752km
+17747m
/ -17420m
Il parait que le bonheur, c’est d’aimer ce que l’on a. Moi j’ai les Alpes du Sud. À vélo, en packraft, à ski, en parapente... C’est magnétique, j’y retourne inlassablement. En long, en large et en travers. D’abord par plaisir de l’aventure qui débute et termine sur le pas de sa porte. Mais aussi pour ce doux mélange entre connu et inconnu, entre belle nostalgie et ivresse de la découverte. Récit d’un voyage improvisé en dernière minute qui a rendu un homme heureux. De la mer à la montagne, des pistes plus ou moins roulantes, des paysages sublimes, de 0 à 2500m avec quelques bosses au milieu, tout ce qui fait rêver est réuni dans les Alpes du sud, non ? On y trouve même du kouign-amann à faire saliver un Breton pur beurre.
Activité :
gravel
Statut :
réalisé
Distance :
752km
DATE :
20/10/2025
Durée :
7 jours
Dénivelées :
+17747m
/ -17420m
Alti min/max :
51m/2424m
Mobilité douce
Réalisé en utilisant transports en commun (train, bus, bateau...)
C'est possible (ou réalisé) en
train
Précisions :
Les gares de Sisteron (départ) et de Chorges (arrivée) sont accessibles via la ligne TER Marseille-Briançon.
Mise à jour section : 17 déc. 2025
123km
+2337m
/ -2976m
659m/2424m
Lever aux aurores, avec deux objectifs clairs : attraper les premiers rayons sur le col de la Moutière, et arriver assez tôt à Barcelonnette pour braquer la Maison Boeri. Parmi les gourmandises qu’ils confectionnent, leur kouign-amman est mon TOP1, en tant que breton délocalisé. Une bouchée suffit pour soigner simultanément hypoglycémie, hypothermie, et la fameuse hypolipidie provoquée par une carence en beurre.
Tout ce dont j’aurais besoin, puisque j’ai voulu le beurre et l’argent du beurre, mais la crémière m’a rappelé à l’ordre : à 2500 mètres, mi-octobre, le matin, le thermomètre flirte avec le zéro. Voilé, le soleil timide ne compense pas mes gants fins (et troués) et mes chaussures aérées. Un équipement en classe G d’isolation, je suis une passoire thermique ambulante. Je chope l’onglée à la montée alors que ma vitesse s’écrit d’un seul chiffre. À deux pas d’ici, la Cime de la Bonette parade avec son titre ronflant de plus haute route d’Europe. Cette variante par la Moutière, c’est la variante gravel, intimiste, de ceux qui préfèrent les grands espaces au selfie devant le panneau du col.
Tout ce dont j’aurais besoin, puisque j’ai voulu le beurre et l’argent du beurre, mais la crémière m’a rappelé à l’ordre : à 2500 mètres, mi-octobre, le matin, le thermomètre flirte avec le zéro. Voilé, le soleil timide ne compense pas mes gants fins (et troués) et mes chaussures aérées. Un équipement en classe G d’isolation, je suis une passoire thermique ambulante. Je chope l’onglée à la montée alors que ma vitesse s’écrit d’un seul chiffre. À deux pas d’ici, la Cime de la Bonette parade avec son titre ronflant de plus haute route d’Europe. Cette variante par la Moutière, c’est la variante gravel, intimiste, de ceux qui préfèrent les grands espaces au selfie devant le panneau du col.
Congelé au col, l’angoisse monte d’un cran : la descente est à l’ombre, et je sais qu’elle est défoncée. J’y étais passé en 2019, à vélo et parapente, et mes bras s’en souviennent encore. Rebelote, la grosse galère, cette fois agrémentée de quelques plaques de glaces. Je tâche de piloter dans cet enfer avec la dextérité d’un mister Freeze tout juste sorti du congélateur. Je m’arrête pour faire les moulinets avec les bras à faire frémir un hélicoptère, sans succès. Le seul salut, c’est la fuite vers le bas. Vers le gras.
Arrivée à Bayasse. Le bitume a l’air de velours, l’air se réchauffe. Cet endroit a le goût de la libération : c’est ici qu’il y a deux ans, on avait traversé le col de la Cayolle à skis, vélo sur le dos. Un exercice déconseillé par tous les ostéopathes de France, mais qui nous fait encore rire aujourd’hui. Le fameux fun de type II je crois.
Arrivée à Bayasse. Le bitume a l’air de velours, l’air se réchauffe. Cet endroit a le goût de la libération : c’est ici qu’il y a deux ans, on avait traversé le col de la Cayolle à skis, vélo sur le dos. Un exercice déconseillé par tous les ostéopathes de France, mais qui nous fait encore rire aujourd’hui. Le fameux fun de type II je crois.
Arrivée à Bayasse. Le bitume a l’air de velours, l’air se réchauffe. Cet endroit a le goût de la libération : c’est ici qu’il y a deux ans, on avait réenfourché les vélos après avoir traversé le col de la Cayolle à skis, vélo sur le dos. Un exercice déconseillé par tous les ostéopathes de France, mais qui nous fait encore rire aujourd’hui. Le fameux fun de type II je crois.
La mâchoire encore paralysée par le froid, et traumatisé par mon échec boulanger de la veille, je passe un appel désespéré à la Maison Boeri. J’articule comme si je sortais du dentiste, mais le message est reçu 5/5. Verdict : il en reste un. Un seul kouign-amann, le précieux (merci mais tu peux garder ton anneau Gollum). Ils acceptent de le mettre de côté. Sans s’en douter, ces gens-là viennent de sauver une vie. Ni une ni deux, je me lance à corps perdu dans les gorges du Bachelard, sans demander mon reste et presque sans toucher aux freins, dopé par la seule perspective de la promesse grasse et sucrée tant convoitée.
La mâchoire encore paralysée par le froid, et traumatisé par mon échec boulanger de la veille, je passe un appel désespéré à la Maison Boeri. J’articule comme si je sortais du dentiste, mais le message est reçu 5/5. Verdict : il en reste un. Un seul kouign-amann, le précieux (merci mais tu peux garder ton anneau Gollum). Ils acceptent de le mettre de côté. Sans s’en douter, ces gens-là viennent de sauver une vie. Ni une ni deux, je me lance à corps perdu dans les gorges du Bachelard, sans demander mon reste et presque sans toucher aux freins, dopé par la seule perspective de la promesse grasse et sucrée tant convoitée.
Barcelonnette. J’atteins le Nirvana. Installé en terrasse, plein soleil, je déguste ma relique bretonne avec un plaisir non dissimulé. Instantanément, mon corps pardonne l’expérience polaire du matin. Pour garantir un rétablissement total, je glane aussi quelques gourmandises chez la maison Padiou, sur le trottoir d’en face. Appelez ça de la prévoyance ou de la gourmandise. Moi je n’y vois qu’une devise épicurienne : choisir c’est renoncer, donc autant tout goûter quand c’est bon.
Le temps se gâte au moment de quitter Barcelonnette. Je longe l’Ubaye pour retrouver rapidement mon jardin. Malgré le ciel maussade, je choisis l’option plus longue, donc bien plus jolie, de suivre le tracé du tour de Serre-Ponçon gravel (faudra que je vous en reparle). Je pose le pied à Chorges au moment précis où les premières gouttes de pluie frappent le sol. Voilà une affaire rondement menée.
Quelques infos supplémentaires
ITINÉRAIRE ET ACCÈS
J'ai donc majoritairement suivi les P'tites routes du soleil gravel dans un premier temps, puis l'Alps Divide dans un second temps. Pour ces itinéraires, il est vivement conseillé (pour ne pas dire impératif) de suivre le sens indiqué.
Il est possible d'agrandir ou de varier l'itinéraire :
- en empruntant l'itinéraire des P'tites routes du soleil gravel plus en amont (à Die par exemple, desservi par la ligne TER Valence-Briançon).
- et en continuant la trace de l'Alps Divide plus au nord (à Briançon par exemple)
- ou bifurquer sur le Turin-Nice gravel, que j'avais suivi en partie il y a deux ans
VÉLO ET ÉQUIPEMENT
- Comme précisé en introduction, cette virée a été l'occasion de tester le Kona Ouroboros, un gravel suspendu. Quoi qu'il en soit, cet itinéraire demeure assez exigeant, avec une difficulté croissante si l'on suit ma trace. D'abord en termes de dénivelé, mais aussi de terrain : on roule majoritairement hors route, avec des journées de 50 à 80% de pistes. Et elles ne sont pas toujours commodes. Mais qu'elles sont belles !
- Bagagerie : avec ce vélo, l’espace disponible pour les sacoches était très réduit. Voilà pourquoi j’ai un sac à dos, et si peu d'affaires !
ITINÉRAIRE ET ACCÈS
J'ai donc majoritairement suivi les P'tites routes du soleil gravel dans un premier temps, puis l'Alps Divide dans un second temps. Pour ces itinéraires, il est vivement conseillé (pour ne pas dire impératif) de suivre le sens indiqué.
Il est possible d'agrandir ou de varier l'itinéraire :
- en empruntant l'itinéraire des P'tites routes du soleil gravel plus en amont (à Die par exemple, desservi par la ligne TER Valence-Briançon).
- et en continuant la trace de l'Alps Divide plus au nord (à Briançon par exemple)
- ou bifurquer sur le Turin-Nice gravel, que j'avais suivi en partie il y a deux ans
VÉLO ET ÉQUIPEMENT
- Comme précisé en introduction, cette virée a été l'occasion de tester le Kona Ouroboros, un gravel suspendu. Quoi qu'il en soit, cet itinéraire demeure assez exigeant, avec une difficulté croissante si l'on suit ma trace. D'abord en termes de dénivelé, mais aussi de terrain : on roule majoritairement hors route, avec des journées de 50 à 80% de pistes. Et elles ne sont pas toujours commodes. Mais qu'elles sont belles !
- Bagagerie : avec ce vélo, l’espace disponible pour les sacoches était très réduit. Voilà pourquoi j’ai un sac à dos, et si peu d'affaires !

Jour 7 : kouign amann et arrivée