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Un tour des Alpes du sud en gravel

7 jours
752km
+17747m / -17420m
Anthony
Par Anthony
mis à jour 17 déc. 2025
1065 lecteurs
Coup de Coeur
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Un tour des Alpes du sud en gravel

Jour 4 : entrée en Italie

Mise à jour section : 16 déc. 2025

108km
+3003m / -2741m
51m/1352m
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Réveil vue mer, que l’on devine malgré le ciel laiteux chargé d’humidité. Il y a quelque chose d’agréable à dormir peu avant un beau sommet panoramique : ça motive à s’extraire du duvet, même quand le corps est encore engourdi par la fraîcheur nocturne. Sans réchaud ni popote, pas de café. Là-haut, les premiers rayons du soleil remplacent le breuvage sacré.
Là-bas c'est l'horizon.
Là-bas c'est l'horizon.
J'aurais pas dit mieux.
J'aurais pas dit mieux.
Depuis hier, j’ai quitté l’itinéraire des P’tites Routes du Soleil Gravel qui termine juste à côté, à Nice. La Méditerranée et moi, c’est une relation toxique façon "je t’aime, moi non plus". Depuis les Hautes-Alpes, elle est magnétique, une promesse d’infini bleu. Mais dès que j’aperçois le béton et l’effervescence qui la borde, je fais demi-tour comme un chat devant une baignoire. Et surtout, le genou est d’accord pour jouer les prolongations, la météo au beau fixe, et la motivation crève le plafond.

J’avais gardé sous le coude un autre tracé, celui de l’Alps Divide. Une course d’ultra-cyclisme qui traverse les Alpes françaises, de Menton à Thonon. 32.000 m de dénivelé et 1000 km, une bagatelle. En 2024, le plus rapide l’a terminée en moins de 5 jours. Son tracé emprunte la Route du Sel, ce tracé mythique qui m’avait tapé dans l’œil deux ans plus tôt. Contrairement aux furieux du mollet, je compte profiter du paysage et mi-octobre, il n’est visible que 12 heures par jour.
Je vire donc vers l’est, pour rejoindre ce tracé sur les hauteurs de Sospel, par un dédale de routes sinueuses quasi désert. On en oublierait presque que la côte d’Azur est si proche. Puis je file vers l’Italie par le joli col de Vescavo, avant de basculer vers un nouveau purgatoire : la vallée de la Roya et sa route encaissée, fréquentée, et truffée de tunnels. L’ancienne route – en décrépitude – permet d’y échapper, parfois dans une ambiance zone industrielle en friche.
La D15, aucune voiture rencontrée en une heure. La route était bien ouverte ce jour-là.
La D15, aucune voiture rencontrée en une heure. La route était bien ouverte ce jour-là.
Lucéram.
Lucéram.
Sospel.
Sospel.
Comme la veille, le tracé m’extrait de cette vallée par une sortie de secours qui grimpe aux arbres. Les pourcentages s’affolent et il ne reste plus beaucoup de pignons à gauche, pour ne pas dire aucun. On bascule ainsi dans la vallée voisine, au milieu des oliviers. La descente évite à tout prix la route, en prenant des pistes et sentiers surprenants : cette Alps Divide promet d’être belle !

Dernier point bas, très proche du niveau de la mer. Là-haut, la frontière franco-italienne culmine à 2000 mètres. Les calculs sont vite fait, même Kévin y arrive : ça va monter. Pigna est le dernier village au pied de la difficulté. C’est aussi le dernier village italien que je devrais croiser, alors je dois faire honneur à la gastronomie italienne dont j’ai tant vanté les mérites. Escale sucrée à la gelateria, savourée sur la place du village, animée par les discussions entre anciens du village. Leur bras s’agitent en rythme avec l’accent chantant, dans une symphonie de geste et de voyelle à faire pâlir un chef d’orchestre. Diantre, je n’y comprends pas un mot mais je suis le débat avec ferveur, comme une finale de coupe du monde. Ventre plein et sourire aux lèvres, j’enquille la montée déterminé comme jamais à dormir le plus haut possible ce soir.
Vallée de la Roya. Court passage dans le tunnel obligatoire.
Vallée de la Roya. Court passage dans le tunnel obligatoire.
Pourcentage indécent, je fais de l'huile au milieu des oliviers.
Pourcentage indécent, je fais de l'huile au milieu des oliviers.
Jour 4 : entrée en Italie
Panda et villages perchés et colorés : serions-nous en Italie ?
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Là c'est certain, nous y sommes.
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