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Choisir son packraft

par Anthony 30 juin 2022 3707 lecteurs 6 commentaires Lecture 5 min.

Résumé :

Lors de la rédaction de notre guide pratique packraft (publié dans CA68), nous avons testé toute une flotte de packrafts afin d’en apprécier la diversité et les spécificités. De loin, il n’y a rien qui ressemble plus à un packraft qu’un autre packraft. Pourtant, en regardant de plus près, certains détails font la différence. Nous avons testé une dizaine de modèles pour vous aider à faire votre choix.

Quelle marque de packraft choisir ?

Devant l’offre désormais très large, nous nous sommes concentrés sur ces fabricants :
  • Alpacka : ils représentent la genèse du packraft, en Alaska. Forte de son expérience, l’enseigne américaine a constamment innové depuis plus de 20 ans, et propose des bateaux dont la réputation n’est plus à faire. Ils continuent de produire aux États-Unis.
  • Anfibio et MRS : ces marques allemandes sont apparues plus tard (début des années 2010). L’objectif était de créer des packrafts plus accessibles, autant en matière de prix que de disponibilité. Si la conception est européenne, la fabrication se fait quant à elle en Chine.
  • Mekong : fraîchement née en 2019, cette enseigne crée et fabrique ses packrafts en France (Drôme). Ils débordent d’idées et de motivation ! Si vous nous lisez régulièrement, vous savez qu’on les connaît bien à la rédaction, ce qui ne nous empêche pas d’être objectifs à leur égard :).
Il existe bien d’autres marques sur le marché. Citons Kokopelli par exemple, qui est assez connue dans l’Hexagone. Toutefois, pour avoir le temps de naviguer suffisamment avec chaque bateau, nous avons préféré nous limiter aux 4 enseignes ci-dessus.

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Quel type de packraft pour quelle pratique ?

Désormais, il existe de nombreux types de bateaux selon la pratique envisagée. Certains sont davantage dessinés pour l'eau vive technique, tandis que d'autres sont réservés à des navigations plus calmes. Les premiers sont plus polyvalents, mais aussi plus lourds et plus encombrants. Les seconds sont minimalistes, légers et compacts, mais peu adaptés si les conditions se dégradent... Comme d'habitude, c'est une affaire de compromis. Attention donc à ne pas forcément opter pour le bateau le plus léger et/ou le plus compact : chaque modèle a son domaine de prédilection !
Conditions calmes parfaites pour un bateau minimaliste.
Conditions calmes parfaites pour un bateau minimaliste.
Rivière classe 4+ où un bateau adapté et une bonne expérience de navigation sont nécessaires ! (Mathieu sur le Guil)
Rivière classe 4+ où un bateau adapté et une bonne expérience de navigation sont nécessaires ! (Mathieu sur le Guil)

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Pour notre test de packrafts, nous avons délibérément essayé des profils de bateaux très différents, afin de voir leurs avantages et inconvénients selon la navigation envisagée. Toujours dans l'optique de bien prendre le temps de naviguer avec chaque bateau testé, nous nous sommes limités à quelques bateaux par enseigne, dédiés à telle ou telle pratique. Mais gardez en tête que chacune des marques citées précédemment propose bien entendu une grande gamme de packrafts adaptés à chaque pratique. Si dans nos rêves les plus fous nous aurions voulu les essayer tous, la réalité nous rattrape donc nous avons privilégié la qualité du test plutôt que la quantité de packrafts essayés.

Par conséquent, voici quelques remarques utiles pour apprécier ce test :
  • certaines critiques (positives ou négatives) adressées à un bateau peuvent parfois s’appliquer à des modèles de la même enseigne, que nous n’avons pas forcément eu entre les mains. On vous fait confiance pour faire le jeu des 7 erreurs !
  • il ne s'agit pas d'un comparatif de packrafts stricto sensu, mais plutôt d'une vue d'ensemble de ce qui existe. En d'autres termes, nous avons volontairement choisi des bateaux très différents entre les enseignes pour montrer le plus de choses possibles !

Dans quelles conditions de test ?

Où ? Basés dans les Hautes-Alpes, nous avons pu naviguer principalement sur la Durance et l’Ubaye ainsi que sur le lac de Serre-Ponçon. Cette année étant très sèche, nous avons tardé à avoir des débits convenables dans les rivières, mais les bassins d’eaux vives de St-Clément-sur-Durance et de l’Argentière-la-Bessée. ont fourni un terrain de test idéal pour compléter ce test.
Qui ? J’ai navigué dans tous les bateaux, Olivier et Johanna se sont prêtés au jeu en naviguant sur la Durance également. Des amis kayakistes (moniteurs, enthousiastes, ou débutants) ont apporté leur pierre à l’édifice grâce à leurs expériences respectives.
Les rassemblements de la communauté packraft (début mai et fin mai) ont enfin été de belles occasions d’échanger entre pratiquants de divers horizons.
item photo

Quels critères de choix ?

Voilà donc les points auxquels nous portons attention :
  • Facilité de gonflage, d’installation et de rangement : sur le terrain, plus les manipulations sont faciles, plus l’esprit est libéré.
  • Poids et compacité : c’est pour ça qu’on aime le packraft, on peut l'emporter partout !
  • Aptitudes de navigation : comment le bateau se comporte dans les navigations pour lesquelles il est destiné.
  • Finitions : pertinence des tissus utilisés, détails, résistance…

Aussi, rappelons en quelques lignes les points abordés dans notre guide pratique packraft (publié dans CA68) afin de choisir un packraft adapté à son programme :
  • Profil de bateau : minimaliste, ponté ou auto-videur sont les 3 grands choix principaux. Il définissent d'emblée le type de navigation souhaitée : les minimalistes seront réservés aux conditions calmes (eau et météo), tandis que les autres permettent de naviguer en conditions tumultueuses (eau vive, météo moins clémente, températures fraîches...) 
  • Géométrie : les bateaux plus longs sont en général plus véloces, plus aptes à naviguer face au vent, mais aussi plus lourds !
  • Zip étanche : il permet de glisser des affaires dans les boudins du packraft, ce qui permet de les garder au sec pendant la navigation. 
  • Cale-cuisses, cale-pieds, dossier : pour une navigation en eau vive, ils deviennent vite indispensables pour faire corps avec son embarcation. Rappelons qu'il est aussi capital d'avoir un bateau à la bonne taille pour sa morphologie !
  • Boucles d'amarrage : elles permettent d'accrocher des éléments sur le pont : un vélo, un sac... et d'installer une petite ligne de vie, utile en cas de dessalage !
  • Sac de pont : sac étanche vendu en option, il permet d'avoir quelques affaires à portée de main. Très pratique en voyage.
Vous avez dit compact ? Un Alpacka Refuge à gauche, et un Alpcka Expedition à droite.
Vous avez dit compact ? Un Alpacka Refuge à gauche, et un Alpcka Expedition à droite.

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Voir les fiches des éléments de ce dossier :

Caribou Alpacka
2390 g 1025 €
Refuge Alpacka
2320 g 1450 €
Expedition Alpacka
4.05 kg 1775 €
Delta MX Anfibio
1900 g 660 €
Revo CL Anfibio
3.06 kg 760 €
Alligator SB MRS
4.6 kg 1400 €
Pablo Whisky Bar Mekong
3.4 kg 770 €

L'auteur et testeur de ce dossier :

Anthony Anthony
Commentaires
Lecteur1434 - 20 mars
Bonjour Anthony,
Merci pour les tests de packraft.
Pour faire du bikeraft, quel modèle recommandes-tu ? le caribou ou le pablo whisky bar ?
Marc

Anthony - 21 mars
Bonjour Marc
Merci pour ton message.
Ce sera compliqué de te répondre... Déjà, les deux modèles sont de bons bateaux, donc il n'y a pas de mauvais choix. Avant de détailler, peux-tu m'en dire plus sur le type de navigation que tu envisages ? Ça pourrait orienter ta décision ;)

Lecteur1434 - 24 mars
Bonjour Anthony,
Je pensais aux gorges du tarn, la loire, l'ain, la drôme, le lot, la dordogne. J'envisage pas de descendre des rapides avec mon vélo sur le packraft même si ton récit sur la rivière Soca en Slovénie donne envie.

Anthony - 30 mars
Bonjour Marc
Les rivières que tu cites sont déjà de superbes navigations.
Voilà quelques éléments, même si le sujet mériterait un article entier à lui seul ! J’utilise depuis quelques années un Mekong Pablo Whisky Bar, taille “Plus”, ponté. En fait, je dirais qu’il n’y a pas de bonne solution (ni de bonne situation, si tu as la référence Astérix ;)), mais plutôt à trouver un équilibre entre les avantages et inconvénients de chaque système :
- avec pontage : il ajoute du poids, l’action de juper peut être un peu fastidieuse, mais cela assure une excellente protection (contre l’eau, le froid, les coups de soleil…).
- sans pontage (j’appelle ça “bateau ouvert” aussi) : c’est plus léger, mais l’eau rentre petit à petit, même sur des rivières de classe I (pagaies qui “gouttent”, micro-rapides où l’on prend une vaguelette de côté… franchement on se mouille même sur de l’eau très calme). Donc, sauf climat très clément, ça demande de se protéger les jambes, voire de s’arrêter pour écoper le fond du bateau régulièrement. Petit avantage de l’absence de pontage : cela offre davantage de configurations pour placer le vélo (le pédalier peut être placé du côté du pilote, avec le pontage il est obligatoirement à la proue).
- pontage amovible : une solution intermédiaire ? Mekong le propose. À une époque, le zip n’était pas étanche mais ils ont résolu le problème depuis.
- taille : mon bateau est volontairement en taille “Plus”. Je ne suis pas grand (1m76), c’est pour laisser davantage de place pour pagayer. Sur un petit bateau, l’espace pour installer le vélo est réduit, et peut vite gêner le mouvement de pagayage (ce qui peut être très désagréable sur de longues navigations). Un ami utilise même son packraft biplace pour faire du bikeraft : une place pour lui, une place pour le vélo !
- stockage interne : je trouve ça indispensable. Avec le vélo sur le pont, si on ajoute des bagages, on ne voit plus rien :) On pourrait aussi les placer au niveau des jambes mais cela demande beaucoup d’attention pour ne pas les mouiller (même avec un pontage).
- boudin frontal surdimensionné comme le Caribou ? Je n’en ai pas ressenti le besoin… parce que je suis assez lourd pour équilibrer le bateau ?! :D En tout cas, avec les bagages qui sont plutôt situés à l’arrière du bateau, mon bateau Mekong me convient. Mais si l’on place tous les bagages sur l’avant, le Caribou est intéressant. Il n’existe qu’en configuration ouverte (autovideur ou non).

Lecteur1434 - 26 août
Bonjour Anthony,
Quel est le type et la taille des sangles que tu utilises pour accrocher ton packraft au guidon de ton vélo ?

Anthony - 03 sept.
Bonjour !
Pardonne ma réponse tardive, nous sommes en plein bouclage du prochain numéro de Carnets d'Av :)
D'autant plus que mon système est plus ou moins complexe, car j'ai peu à peu changé ma manière de faire.
- de base, j'accroche le packraft au support de bikepacking (harnais Vaude Trailfront, sangles noires peu visibles)
- et j'ajoute une sangle (rayon bricolage classique) qui vient entourer la potence au-dessus, et le haut de la fourche en-dessous. Cela permet de "plaquer" l'ensemble contre le cadre.
- et enfin, comme j'utilise (très souvent) des sangles de type Voilé straps pour attacher le vélo au packraft, j'en profite pour les utiliser ... lorsque j'attache le packraft au vélo ! J'ai donc 4 sangles (modèle Stretch-loc de SeaToSummit) : les deux plus courtes servent à maintenir le packraft et le matos roulé (jaunes, visibles au centre), et les deux plus longues servent à "encore plus" maintenir le packraft au guidon. Avouons qu'elles ne sont pas du tout indispensables, mais je préfère les avoir au guidon que dans mes sacoches (autant qu'elles servent !). Détail important : les plus grandes sont le modèle Stretch-loc 30 : 46 grammes l'unité, pour 75 cm de long. C'est grand, très grand (pour un Voilé strap)... et ça passe tout juste (on le devine sur la photo de dessus, il reste peu de trous !).

Vue de face :
https://www.expemag.com/med...
Vue du dessus :
https://www.expemag.com/med...

J'espère t'avoir aidé :)