Tour de France et de ses pays frontaliers

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Une envie de liberté nous pousse à lâcher boulots et appartement afin de nous munir de nos vélos et de sillonner les routes de France et de ses pays voisins. Une chose est certaine, il n'est pas toujours utile d'aller chercher l'extraordinaire au bout du monde. On oubli d'aller visiter notre propre pays qui offre un dépaysement certain ! Il n'empêche nous passerons tout de même les frontières de la Belgique, du Pays-Bas, de l'Allemagne, du Luxembourg et de la Suisse. Résultat 4 mois de vélo, 4 mois de pur bonheur, de liberté totale et 6700 km au compteur ! Nous n'attendons plus qu'une chose pouvoir repartir ! 
S'y rendre de manière douce :
Précisions : Nous sommes partis de chez nous et sommes revenus à notre point de départ (ou presque) à la fin !
vélo de randonnée
Quand : 10/05/17
Durée : 124 jours
Distance totale : 7775.9km Dénivelées : +51830m / -51835m
Alti min/max : 0m/1565m
Carnet créé par clem et thib le 27 janv.
modifié le 14 avr.
391 lecteur(s) - 9
Vue d'ensemble

Le topo : Des Pyrénées aux Landes (mise à jour : 15 févr.)

Distance section : 477km Dénivelées section : +5602m / -6198m
Section Alti min/max : 617m/1565m
carte

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Le compte-rendu : Des Pyrénées aux Landes (mise à jour : 15 févr.)

On continue sur notre lancée, et gravissons le col de Mentée, Peyresourde et Aspin ! Le col d'Aspin nous laissa dans le suspens jusqu'au dernier mètres : passerons-nous au-dessus des nuages ? 
Nous faisons un jour de pause à Loudenvielle, joli petit village de montagne, le paysage est superbe ! Puis nous nous engageons dans le Pays Basque, nous n'avons pas échappé à sa réputation concernant le mauvais temps ... Puis à nouveau la chaleur et de beaux ciels bleus quand nous atteignons la côte. Nous traversons les landes et remontons jusqu'à Biscarosse. En juin, nous ne sommes pas encore embêté pas les touristes ! 
Montée pour atteindre Peyresourde
Montée pour atteindre Peyresourde
Nous atteignons notre point culminant aujourd’hui, au col de Peyresourde à 1569 m d’altitude. Je commence à prendre le rythme et je conserve une vitesse constante tout au long des 14 km de montée. Une petite dizaine de cyclistes me dépassent lors de mon ascension. L’un d’eux, un espagnol, m’encourage vivement. Il a tant d’entrain, que je le croise à nouveau à la descente alors que je n’ai toujours pas atteint le sommet. Alors qu’il ne me reste qu’un ou deux lacets, je sens les crampes monter et je me vois contrainte de ralentir le rythme au risque de me retrouver bientôt complètement immobilisée.
Le col de Peyresourde
Le col de Peyresourde
J’arrive au sommet en même temps qu’un monsieur d’un certain âge, il est suivi en voiture par sa femme. Et nous leur demandons de prendre une petite photo de Thibault et moi. 
Le lac de Loudenvielle
Le lac de Loudenvielle
Il est midi et nous nous arrêtons au beau petit village de montagne de Loudenvielle. Il y a un superbe lac où l’eau est d’un bleu turquoise. Alors que nous pique-niquons sur les rives et sous l’ombre des arbres, nous décidons finalement de nous arrêter ici deux jours. Nous ne souhaitons pas partir à la conquête du prochain col un dimanche, de plus, il annonce vraiment très chaud…
Montée du col d'Aspin
Montée du col d'Aspin
Nous nous faisons aucune illusion, le ciel couvert est haut et il y a peu de chance que le col Aspin nous permette de passer au-dessus de plafond grisâtre. Dans les derniers kilomètres de montée nous nous enfonçons toujours plus dans l’épaisseur de nuage. Nous n’y voyons pas à 10 mètres. 
En haut du col Aspin, le moment pique nique
En haut du col Aspin, le moment pique nique
Et pourtant à quelques centaines de mètres de l’arrivée, nous passons au-dessus et le spectacle est grandiose. Nous dominons une gigantesque mer de nuage. Nous sommes tout près et quelques mètres en dessous les vagues de fumée sont là, elles nous entourent et donnent au col des allures d’île en plein océan. 
Les vaches nous accueille en haut d'Aspin
Les vaches nous accueille en haut d'Aspin
Des Pyrénées aux Landes
Côte à plus 10% de moyenne sur 2,5 km ! On la sent passée avec les bagages !
Côte à plus 10% de moyenne sur 2,5 km ! On la sent passée avec les bagages !
Moi qui m’imaginais que le plus dur était à présent derrière moi, comme je me trompais. La difficulté n’est pas toujours là où on l’attend. Les épreuves du jour en sont la preuve. Pour commencer, il fait très chaud. Nous nous mordons les doigts de ne pas être parti plus tôt ce matin. Car bientôt nous nous attaquons à deux bonnes pentes. Arrivés en haut de la première à Labassère, nous allons au village afin de trouver une fontaine où nous désaltérer, ce sont les services municipaux qui nous indique où trouver le robinet tant attendu. Puis alors que nous la redoutons avant de la connaître vient la deuxième côte. Là, une toute petite route monte en piqué vers le village loin au-dessus de nos têtes. C’est comme un escalier sans aucune marche, la pente est très raide. Notre rythme cardiaque s’emballe, le souffle est court et la transpiration abondante. Dieu qu’il fait chaud ! C’est très dur et j’appuie de toute mes forces sur une pédale, puis sur l’autre. La pente est si abrupte que lorsque je tire sur mon guidon la roue avant se lève. Je sens le pneu amortir le micro-saut et j’ai peur de faire un salto contre mon gré ! J’essaye de ne pas trop tirer sur mes bras et de continuer à appuyer sur les jambes mais bientôt le vélo s’immobilise, et je pose le pied au sol. À présent, je pousse mon vélo, c’est la première fois depuis que nous sommes partis en mai que cela arrive. Je me dis «Clémence voici ta limite.» Mais il reste peut-être encore 1 km et pousser le vélo n’est pas moins fatiguant. Si je m’arrête, je suis obligée d’appuyer sur les freins pour ne pas que le voir m’embarquer dans la pente si durement gagnée. Bientôt, je rejoins Thibault qui m’a attendu. Je suis à bout de souffle et je commence à me demander comment je vais réussir à arriver en haut alors que je n’arrive même pas à pousser mon vélo.
Photo chèrement payée. Nous venons de prendre une côte à plus de 10% sur 2,5 km !
Photo chèrement payée. Nous venons de prendre une côte à plus de 10% sur 2,5 km !
C’est donc dans cette fameuse côte que nous allons recourir au système D. Thibault a absolument voulu acheter une laisse, un dérouleur qui permet de laisser plus ou moins de mou au chien attaché au bout. Il a acheté ceci avant les Pyrénées, afin de relier mon vélo au sien afin de pouvoir me tirer en cas de coup dur.  Moi qui la veille était fière de ne pas en avoir eu recours. Thibault attache mon vélo, la corde et le tandeur se tendent et nous donnons quelques bons coups de pédales pour rencontrer assez de vitesse pour garder notre équilibre. Thibault tracte la remorque et mon vélo, je mets toute la vigueur dont je suis encore capable pour soulager sa charge. Je peine à suivre son rythme et alors que j’imginais que cette méthode allait m’épargner, il a fallu que je suive malgré tout. Si j’arrêtais de pédaler, on tombait tout les deux. Nous arrivons finalement au bout de cette fameuse côte dont je me souviendrais toute ma vie à Saint-Germs-sur-L’Oussouet. Nous sommes à bout de force, ruisselant de sueur, mais nous y sommes arrivés. Nous nous asseyons un moment sur un petit muret de pierre à l’ombre d’une maison et soufflons un peu. Thibault prend une photo de cette vue qui lui plaît tant, il y a une très jolie maison de pierres et devant un tracteur rouge, en arrière plan une jolie montagne lissée de vert qui domine le village. J’ignore si c’est parce qu’il est fils d’agriculteur qu’il trouve tant de charme à un tracteur, mais son enthousiasme prête à rire. 


Alors que nous nous désaltérons toujours, un cycliste arrive et s’arrête à notre niveau pour discuter quelques minutes en attendant sa femme qui est un peu plus loin derrière.  Et alors que nous partageons avec quelle difficulté nous venons de gravir la côte qui arrive au village, ses yeux s’agrandissent et nous dit avec sidération : « Tous les cyclistes savent qu’il ne faut pas monter par là et aucun ne s’y risquent ! ». La pente est à plus de 10% de moyenne sur 2 km ! 

Des Pyrénées aux Landes
Le Pays-Basque sous la grisaille !
Le Pays-Basque sous la grisaille !
Nous traversons de nombreux villages typiques du Pays-Basque, les maisons sont blanches et décorées d’un colombage souvent rouge, quelquefois vert, parfois bleu. Ce sont de grosses bâtisses qui bénéficient toutes d’un jardin bien vert et d’une pelouse impeccable. Le paysage est très agricole, il y a de nombreux moutons et brebis dans les prés, quelques vaches également. Les courbes du relief sont douces et régulières, et les vallons s’enchaînent pour nous emmener toujours plus loin dans une campagne toujours plus rurale et parfois vidée de civilisation. Le ciel gris effleurent les terres au niveau de quelques petits cols. Oui, il y a des cols ! Nous arrivons à bout de l’un d’eux situé à tout juste 300 m d’altitude et nous y croisons la route de quelques vaches en pâturage. Pas de quoi s’effrayer après les Pyrénées ! Malgré le ciel bas, nous observons un grand nombre de milans et de vautours.
Les landes
Les landes
D’interminables plages de sables s’étendent le long des côtes, toutes cernées de forêts de pins encore plus imposantes. Nous retrouvons la chaleur que nous avions laissé dans les Pyrénées et sommes heureux d’être protégés par l’ombre des forêts de pins.
La dune du pilat. On apprécie déjà le bronzage du cycliste !
La dune du pilat. On apprécie déjà le bronzage du cycliste !
Nous restons des heures à observer de loin la dune du Pilat. Il fait si chaud, que lorsque nous décidons d'aller y faire un tour à 18h, le sable est brûlant et il est impensable de gravir la pente ! Certains s'essayent au parapente, nous nous irons nous baigner espérant nous rafraîchir. 
Dune du pilat
Dune du pilat
Ce soir pas besoin de feu d'artifice pour bénéficier d'un spectacle, l'océan et le soleil s'en chargeront. Les couleurs sont magnifiques et nous sommes nombreux à venir admirer les dernières lueurs de la journée. 
Bassin d'Arcachon
Bassin d'Arcachon
Il est très tôt lorsque nous nous engageons dans le baie du Bassin d'Arcachon. Nous nous arrêtons tous les 50 m pour observer les oiseaux. Tout est calme, les couleurs sont superbes, la chaleur encore supportable et il n'y a personne. 
Bassin d'Arcachon
Bassin d'Arcachon
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