1 membre et 13 invités en ligne

Le Tour des Monts d'Aubrac

6 jours
173km
+3893m / -3771m
Par Béryl
publié hier
80 lecteurs
Informations générales
Le Tour des Monts d'Aubrac en suivant plus ou moins la trace officielle.
Activité :
randonnée/trek
Statut :
réalisé
Distance :
173km
DATE :
28/05/2026
Durée :
6 jours
Dénivelées :
+3893m / -3771m
Alti min/max :
797m/1412m
Mobilité douce
Précisions : Pas simple de se déplacer horizontalement en France sans sa voiture...
Toutes les sections GPX , KML

Le Tour des Monts d'Aubrac

Les étapes :

1
mise à jour : 06 août
Juin 2024.
Alors que je termine un trek plus tôt que prévu (disponible ici), ma frustration me pousse à repartir dès que je suis rentré.
Ça tombe bien, mon fils a les guiboles qui frétillent et voudrait bien se frotter à quelques jours de rando en bivouac.
Le tour des Monts d'Aubrac était dans mon viseur depuis pas mal de temps. Une petite semaine à courir la campagne avec pas mal d'options pour, au choix, couper ou rallonger le parcours, me semble un format idéal pour prendre un max de plaisir.
Seulement voilà, en cette maudite année, il était dit que rien ne passerait. Nous sommes rentrés au bout de trois jours. Un genou de mon gosse a moyennent apprécié la petite sortie et, malgré la genouillère, lui tirait une grimace de douleur dès qu'il posait le pied au sol. Nous avons eu la chance de tomber sur un brave gars, venu dépanner un tracteur au milieu d'un bois peu avant Laguiole, brave gars qui a bien voulu nous ramener sur Aumont-Aubrac, là où se situait son dépôt, à 100m du camping d'où nous étions partis. Un peu de chance dans notre malheur.
Re-frustration, donc, pour ma part.
En ce début de mois de mai 2026, mon boss m'ayant mis dehors en s'apercevant qu'il me restait plus de jours de congés à prendre qu'il n'en rentre dans un mois ("à solder avant le 31 !"), j'ai saisi l'occasion pour tenter l'aventure à nouveau.
En solo, ce coup-ci. Et jusqu'au bout.
Allez venez, je vous emmène ...
2
27.2km
+536m / -418m
mise à jour : il y a 2 jours
De charmants envahisseurs
Samedi 23 mai 2026

Arrivé au camping hier, je me suis installé au même emplacement qu'il y a deux ans. Le service de garage mort me permet de laisser la voiture ici. À cette période, le camping est "semi-ouvert", c'est-à-dire que l'on peut s'y installer, mais il n'y a personne à l'accueil. J'ai dû passer à l'office du tourisme pour régler la note et récupérer le code d'ouverture de la barrière.
Pourtant, je constate avec sidération l'affluence des "pèlerins" de Compostelle qui envahissent littéralement la ville. L'impression qu'ils sont vomis là par une cohorte de bus !
Il y en a partout et j'ai bien du mal à trouver une place au bar où je décide de m'envoyer une petite mousse. Cela dit, peu semblent avoir pris l'option bivouac, ceci expliquant pourquoi je n'en découvrirai que quelques-uns au camping.
L'un d'entre eux a attiré mon attention en me rappelant (je l'avais lu dans le topoguide, mais complètement zappé) la transhumance qui se prépare pour dimanche : "Mieux vaut ne pas se retrouver derrière les troupeaux, ou alors prévoir des bottes !"
Bon, elle passe par Aubrac, village qui n'est pas sur ma trace, mais je constaterai qu'elle draine beaucoup de monde sur les routes et surtout, dans les hébergements.

Départ à 6h30, ce matin. Un départ poussif ; la nuit a été courte !
Déjà, le camping est proche d'une autoroute, pas la berceuse idéale, mais en plus, une tribu d'homos emmerdicus se sont échangé leur ress...
3
34.9km
+693m / -983m
mise à jour : il y a 2 jours
Quatre médecins et une infirmière
Dimanche 24 mai 2026

Un inconvénient des petits villages, c'est qu'ils sont... petits. Autrement dit, tout est regroupé dans un périmètre assez restreint dont le centre est bien souvent une église. Et dans les églises, il y a bien souvent des cloches. Et ces mêmes cloches sonnent, bien souvent, au moins toutes les heures. Voire toutes les demi-heures. Voire, comme celle juste à côté du gîte dans lequel j'ai passé la nuit, tous les quarts d'heure ! Problème récurrent sur mes treks.
Bref, quand j'ouvre les yeux, mon téléphone m'annonce 4h40 et je remarque que mes bouchons d'oreilles sont tombés pendant mon sommeil. La fatigue a ceci de salvateur qu'elle m'abrutit parfois tellement que je m'endors en sursaut, comme dit ce brave Gaston, et me déconnecte rapidement des agressions extérieures.
À peine une heure passée et me voilà devant le fronton de cette même église, sans rancune, pressant le pas afin d'arriver sur le plateau peu avant le lever du soleil.
J'y suis une vingtaine de minutes après et le spectacle commence !
4
27.8km
+956m / -687m
mise à jour : 18 août
Un goût de Pyrénées
Lundi 25 mai 2026

À 5h00 du mat', frontale sur la tête, je suis le seul à errer dans le camping. Les sanitaires sont trop éloignés de ma tente pour y laisser mon téléphone à charger. Un rapide aller-retour pour la toilette et, mon barda plié, me voilà parti. Je prends quand même une photo des nombreux camping-cars qui pullulent dans le coin.
Cette étape est la plus physique de la boucle. Je ne me souvenais pas à quel point ! 400m de dénivelé positif en 4 kilomètres, on se rapproche assurément des Pyrénées !
Cette première grimpette me sèche bien, d'autant plus que la montée emprunte des sentiers caillouteux où la vigilance est de mise.
Heureusement, je suis parti à la fraîche, comme d'habitude, ce qui me permet aussi d'admirer le lever du soleil, un de mes petits plaisirs de trek. Pas pressé, je m'autorise quelques pauses contemplatives pour reposer le corps et enchanter l'esprit.

5
35.3km
+748m / -660m
mise à jour : hier
Dans le four, les randonneurs !
Mardi 26 mai 2026

Il n'est pas 5h00 quand je me pose sur la table de pique-nique près des toilettes où chargent mon téléphone et ma batterie portable. Ce soir, c'est bivouac sauvage, autant prévoir.
Je consulte la carte à la lueur rouge de ma frontale. Sur mon road-book, j'ai prévu un arrêt vers le hameau de La Brugère, histoire de faire le plein d'eau avant de poser la tente. En bivouac, l'eau est essentielle. Il me faut mes deux litres ; en dessous, le confort en pâtit.
Un germe d'idée pointe son nez ; il y a peut-être moyen de rendre le bivouac moins sauvage que prévu...
6
19.1km
+340m / -488m
mise à jour : hier
Raccourcis
Mercredi 27 mai 2026

Un frottement. Léger.
Instantanément mes yeux s'ouvrent. Je n'ai pas rêvé, c'est sûr.
Un autre, à peine perceptible.
En hypervigilance, toute mon attention se fixe sur les sons ambiants.
Des bruits de pas, sur le côté de ma tente. Discrets. Des froissements d'herbe, tout au plus.
Les voilà à ma tête. Dans le noir, j'essaie d'analyser au mieux la situation. Ma frontale est là, tout près de moi avec mon téléphone ; mon caleçon à mes pieds, sur mon pantalon, de sorte que je peux les attraper en étant assis. Si je dois sortir, autant prévoir le minimum !
Les pas font le tour. Arrivés sur ma gauche : une pause.
Je fais un mouvement volontaire qui faire crisser mon matelas de sol. J'ai la frontale dans la main. Je sais qu'il y a une bande de gravier contre le bâtiment près duquel j'ai planté ma tente, hier soir, à l'ombre.
J'attends.
Ça contourne et s'arrête à l'entrée. Si je sortais, là, maintenant, j'aurais la personne devant moi, car je suis sûr que ces pas sont humains. Problème : pour sortir, j'ai deux fermetures éclair à ouvrir et un scratch de sécurité. Largement le temps de prendre la fuite.
Il est temps d'en finir ; je me racle la gorge et bouge franchement. J'en profite pour enfiler mon caleçon. Je suis prêt. Assis, je ferme les yeux - histoire d'être encore plus dans le noir ! - et me concentre au maximum sur mon ouïe.
Plus rien. Pas même un bruit de pas qui s'éloignent. Rien.
J'attends e...
7
28.3km
+620m / -535m
mise à jour : 21 sept.
Rencontres nocturnes
Jeudi 28 mai 2026

Parti toujours un peu tard ces derniers jours, je n'ai pas pu me faire mon kif en trek : le départ de nuit à la frontale.
Ce matin, réveil à 3h15. J'avais prévenu hier soir que j'allai me lever très tôt et préparé mes affaires en conséquence. Mon sac m'attend en bas avec mon petit-déj déjà sur la table. Je n'ai que le minimum avec moi. À peine deux minutes après, je suis attablé.
Démarrage à 4h30. Je traverse le village désert, me repère grâce au GPS et me voilà rapidement dans le noir total avec juste un faisceau de lumière devant. C'est dans ces moments-là que je fais le plus de rencontres improbables. Et ce matin, je vais être gâté.