Le Tour des Monts d'Aubrac en suivant plus ou moins la trace officielle.
Activité :
randonnée/trek
Statut :
réalisé
Distance :
173km
DATE :
28/05/2026
Durée :
6 jours
Dénivelées :
+3893m
/ -3771m
Alti min/max :
797m/1412m
Mobilité douce
Précisions :
Pas simple de se déplacer horizontalement en France sans sa voiture...
Mise à jour section : 21 sept.
28.3km
+620m
/ -535m
965m/1256m
Rencontres nocturnes
Jeudi 28 mai 2026
Parti toujours un peu tard ces derniers jours, je n'ai pas pu me faire mon kif en trek : le départ de nuit à la frontale.
Ce matin, réveil à 3h15. J'avais prévenu hier soir que j'allai me lever très tôt et préparé mes affaires en conséquence. Mon sac m'attend en bas avec mon petit-déj déjà sur la table. Je n'ai que le minimum avec moi. À peine deux minutes après, je suis attablé.
Démarrage à 4h30. Je traverse le village désert, me repère grâce au GPS et me voilà rapidement dans le noir total avec juste un faisceau de lumière devant. C'est dans ces moments-là que je fais le plus de rencontres improbables. Et ce matin, je vais être gâté.
Jeudi 28 mai 2026
Parti toujours un peu tard ces derniers jours, je n'ai pas pu me faire mon kif en trek : le départ de nuit à la frontale.
Ce matin, réveil à 3h15. J'avais prévenu hier soir que j'allai me lever très tôt et préparé mes affaires en conséquence. Mon sac m'attend en bas avec mon petit-déj déjà sur la table. Je n'ai que le minimum avec moi. À peine deux minutes après, je suis attablé.
Démarrage à 4h30. Je traverse le village désert, me repère grâce au GPS et me voilà rapidement dans le noir total avec juste un faisceau de lumière devant. C'est dans ces moments-là que je fais le plus de rencontres improbables. Et ce matin, je vais être gâté.
C'est un gros hérisson qui ouvre le bal, tellement gros que j'ai cru que c'était un ragondin ! Il traverse le chemin, pépère, renifle un peu le bas-côté et s'enfonce dans la pente herbeuse sans faire attention à moi. Je regarde les herbes bouger au fur et à mesure de son avancée ; il a l'air de savoir où il va !
Plus loin, deux petites lumières s'allument devant moi. Fixes un court instant, les voilà qui s'animent et semblent se rapprocher. Deux autres apparaissent à l'endroit où étaient les premières. En surplomb sur ma droite, une nouvelle paire s'illumine. Des chats ? Je m'arrête.
La première s'approche toujours et finit par entrer dans le cône de lumière de ma frontale : un renardeau ! Il fait quelques pas supplémentaires et se fige. Je ne bouge pas d'un poil. Le voilà qui reprend sa marche et s'arrête à moins d'un mètre de moi. Les deux autres, dont je ne sais si ce sont ses parents ou ses frères et sœurs, ne me quittent pas des yeux. Finalement, le petit renard est à mes pieds. Intrigué, il renifle mon bâton. Éclairé par la lumière froide de ma frontale, il apparait tout gris. Je le laisse faire un long moment en respirant à peine. Un petit coup de langue lui fait comprendre que cette drôle de tige n'a rien de comestible. À une dizaine de centimètres de mes chaussures, il n'ose cependant s'avancer plus ; je ne dois pas dégager une odeur très rassurante. Je bouge très lentement mon bâton, mais cela suffit à l'affoler ; il repart vers les siens avec un petit cri. De suite, toutes les petites lumières s'éteignent. Le charme est rompu.
Plus loin, deux petites lumières s'allument devant moi. Fixes un court instant, les voilà qui s'animent et semblent se rapprocher. Deux autres apparaissent à l'endroit où étaient les premières. En surplomb sur ma droite, une nouvelle paire s'illumine. Des chats ? Je m'arrête.
La première s'approche toujours et finit par entrer dans le cône de lumière de ma frontale : un renardeau ! Il fait quelques pas supplémentaires et se fige. Je ne bouge pas d'un poil. Le voilà qui reprend sa marche et s'arrête à moins d'un mètre de moi. Les deux autres, dont je ne sais si ce sont ses parents ou ses frères et sœurs, ne me quittent pas des yeux. Finalement, le petit renard est à mes pieds. Intrigué, il renifle mon bâton. Éclairé par la lumière froide de ma frontale, il apparait tout gris. Je le laisse faire un long moment en respirant à peine. Un petit coup de langue lui fait comprendre que cette drôle de tige n'a rien de comestible. À une dizaine de centimètres de mes chaussures, il n'ose cependant s'avancer plus ; je ne dois pas dégager une odeur très rassurante. Je bouge très lentement mon bâton, mais cela suffit à l'affoler ; il repart vers les siens avec un petit cri. De suite, toutes les petites lumières s'éteignent. Le charme est rompu.
Un peu plus d'une heure après, me voici arrivé à Termes, qui ne marque pas encore la fin de l'aventure, comme on pourrait s'y attendre. Là, deux options s'offrent à moi : vers le nord, le chemin part en direction de Saint-Chély-d'Apcher et rallonge de plus d'une dizaine de kilomètres ; vers le sud, la trace est plus courte, mais aussi plus sauvage, ne croisant aucun village. Mon côté ours solitaire est mis dans la balance d'un côté avec mon envie de café de l'autre. Un coup d'œil sur la carte : bah, Aumont n'est pas si loin, j'aurai mon café dans la matinée quoi qu'il en soit. Allez zou, cap au sud !
Je ne rencontre effectivement personne sur cette portion, mais ne passe tout de même pas bien loin de la civilisation en longeant une ligne d'éoliennes dont les ronrons m'accompagnent un long moment jusqu'au sommet du Truc de l'Homme (1260m).
Je rejoins la trace nord au hameau de Saléles et arrive peu de temps après au village de Fau-de-Peyre où je me pose à l'auberge du coin pour un petit café bien mérité. Un groupe de touristes, qui ont, semble-t-il, dormi là, sont attablés au petit-déj et me dévisagent quand je m'avance au comptoir, se croyant probablement seuls dans ce trou paumé. L'effet saloon est cependant de courte durée et le rigolo de service lâche une vanne à deux balles qui fait rire tout le monde et relance les conversations.
J'indique à la dame derrière le zinc que je m'installe dehors, bien heureux de m'isoler, et mon café arrive peu de temps après. "M'isoler", c'est quand même très relatif ; je suis pile en face de la porte de sortie et dois répondre au bonjour de chacun passant obligatoirement par là pour regagner l'hôtel de l'autre côté de la route. Au bout d'un moment, je me plonge consciencieusement sur les prévisions météo de mon portable, prévisions météo que je connais déjà par cœur !
Quand j'estime que tout le monde est sorti (ah non, il reste quelques retardataires), je rentre pour régler l'addition. Adorable, la dame me propose les viennoiseries restantes, "Sinon, je les jette !"
Bah, une choco de temps en temps, ça ne fait pas de mal (je fais très attention au gras et au sucre).
Les batteries rechargées - même si elles étaient loin de l'être -, je repars d'un bon pied pour la dernière ligne droite.
Je rejoins la trace nord au hameau de Saléles et arrive peu de temps après au village de Fau-de-Peyre où je me pose à l'auberge du coin pour un petit café bien mérité. Un groupe de touristes, qui ont, semble-t-il, dormi là, sont attablés au petit-déj et me dévisagent quand je m'avance au comptoir, se croyant probablement seuls dans ce trou paumé. L'effet saloon est cependant de courte durée et le rigolo de service lâche une vanne à deux balles qui fait rire tout le monde et relance les conversations.
J'indique à la dame derrière le zinc que je m'installe dehors, bien heureux de m'isoler, et mon café arrive peu de temps après. "M'isoler", c'est quand même très relatif ; je suis pile en face de la porte de sortie et dois répondre au bonjour de chacun passant obligatoirement par là pour regagner l'hôtel de l'autre côté de la route. Au bout d'un moment, je me plonge consciencieusement sur les prévisions météo de mon portable, prévisions météo que je connais déjà par cœur !
Quand j'estime que tout le monde est sorti (ah non, il reste quelques retardataires), je rentre pour régler l'addition. Adorable, la dame me propose les viennoiseries restantes, "Sinon, je les jette !"
Bah, une choco de temps en temps, ça ne fait pas de mal (je fais très attention au gras et au sucre).
Les batteries rechargées - même si elles étaient loin de l'être -, je repars d'un bon pied pour la dernière ligne droite.
Après un énième agacement auprès d'un propriétaire qui s'étonne de mon refus de caresser son chien "qui est gentil, vous ne risquez rien", chien qu'heureusement j'avais repéré m'attendant derrière un muret pour me niaquer les mollets - et que j'ai pu esquiver précisément parce que je l'avais vu -, j'arrive en vue d'Aumont-Aubrac une bonne heure après.
Il est 10h30 et j'ai bouclé l'étape ; record battu ! Pour fêter la fin de l'aventure, quoi de mieux qu'une bonne bière fraîche. Me voilà donc revenu au bar de départ, précisément à la même table où j'étais il y a six jours. Le village est toujours envahi de pèlerins de Saint-Jacques. Je ne sais combien de temps dure cette invasion tous les ans, mais je me dis que les habitants ont bien du courage ! Ou de la patience.
Bon, en fait, je n'ai pas tout à fait terminé cette étape, il me reste encore trois kilomètres pour rejoindre le camping où m'attend ma voiture. Pensez donc s'ils sont vite avalés, ces kilomètres-ci ! J'y doublerai nombre de pèlerins auxquels je finirai par répondre un "buen camino" de rigueur sans plus leur expliquer que je ne suis pas des leurs.
Le tout dernier kilomètre s'effectue en solo et je termine au pied de ma titine, toute crottée de pollen et de sable du désert.
Une bonne douche s'impose, aussi bien pour le conducteur que pour le véhicule !
En attendant, il me reste 4h30 de voiture pour rentrer à la maison et, moi qui ai horreur de rouler en bagnole, ça me mine beaucoup plus que si je devais refaire la boucle entièrement à pied !
Il est 10h30 et j'ai bouclé l'étape ; record battu ! Pour fêter la fin de l'aventure, quoi de mieux qu'une bonne bière fraîche. Me voilà donc revenu au bar de départ, précisément à la même table où j'étais il y a six jours. Le village est toujours envahi de pèlerins de Saint-Jacques. Je ne sais combien de temps dure cette invasion tous les ans, mais je me dis que les habitants ont bien du courage ! Ou de la patience.
Bon, en fait, je n'ai pas tout à fait terminé cette étape, il me reste encore trois kilomètres pour rejoindre le camping où m'attend ma voiture. Pensez donc s'ils sont vite avalés, ces kilomètres-ci ! J'y doublerai nombre de pèlerins auxquels je finirai par répondre un "buen camino" de rigueur sans plus leur expliquer que je ne suis pas des leurs.
Le tout dernier kilomètre s'effectue en solo et je termine au pied de ma titine, toute crottée de pollen et de sable du désert.
Une bonne douche s'impose, aussi bien pour le conducteur que pour le véhicule !
En attendant, il me reste 4h30 de voiture pour rentrer à la maison et, moi qui ai horreur de rouler en bagnole, ça me mine beaucoup plus que si je devais refaire la boucle entièrement à pied !

Fournels/Aumont-Aubrac