Le Tour des Monts d'Aubrac en suivant plus ou moins la trace officielle.
Activité :
randonnée/trek
Statut :
réalisé
Distance :
173km
DATE :
28/05/2026
Durée :
6 jours
Dénivelées :
+3893m
/ -3771m
Alti min/max :
797m/1412m
Mobilité douce
Précisions :
Pas simple de se déplacer horizontalement en France sans sa voiture...
Mise à jour section : 18 août
27.8km
+956m
/ -687m
804m/1338m
Un goût de Pyrénées
Lundi 25 mai 2026
À 5h00 du mat', frontale sur la tête, je suis le seul à errer dans le camping. Les sanitaires sont trop éloignés de ma tente pour y laisser mon téléphone à charger. Un rapide aller-retour pour la toilette et, mon barda plié, me voilà parti. Je prends quand même une photo des nombreux camping-cars qui pullulent dans le coin.
Cette étape est la plus physique de la boucle. Je ne me souvenais pas à quel point ! 400m de dénivelé positif en 4 kilomètres, on se rapproche assurément des Pyrénées !
Cette première grimpette me sèche bien, d'autant plus que la montée emprunte des sentiers caillouteux où la vigilance est de mise.
Heureusement, je suis parti à la fraîche, comme d'habitude, ce qui me permet aussi d'admirer le lever du soleil, un de mes petits plaisirs de trek. Pas pressé, je m'autorise quelques pauses contemplatives pour reposer le corps et enchanter l'esprit.
Lundi 25 mai 2026
À 5h00 du mat', frontale sur la tête, je suis le seul à errer dans le camping. Les sanitaires sont trop éloignés de ma tente pour y laisser mon téléphone à charger. Un rapide aller-retour pour la toilette et, mon barda plié, me voilà parti. Je prends quand même une photo des nombreux camping-cars qui pullulent dans le coin.
Cette étape est la plus physique de la boucle. Je ne me souvenais pas à quel point ! 400m de dénivelé positif en 4 kilomètres, on se rapproche assurément des Pyrénées !
Cette première grimpette me sèche bien, d'autant plus que la montée emprunte des sentiers caillouteux où la vigilance est de mise.
Heureusement, je suis parti à la fraîche, comme d'habitude, ce qui me permet aussi d'admirer le lever du soleil, un de mes petits plaisirs de trek. Pas pressé, je m'autorise quelques pauses contemplatives pour reposer le corps et enchanter l'esprit.
Très vite, le soleil vient me tapoter l'épaule en me rappelant que la crème solaire dans le sac ne fera pas grand-chose pour moi si elle y reste !
Je me résous donc à faire une pause poisse, comme je l'appelle. Mieux vaut que j'économise mon capital soleil, comme nous le rabâchent certaines blouses blanches (ou pas) médiatisées en cette saison. En bon mécréant de ces discours capitalistes, je ronchonne intérieurement, mais sacrifie malgré tout les parties exposées de ma peau à la sainte pommade juste pour éviter l'effet vanille-fraise d'un bronzage mal maîtrisé. Et encore, point trop n'en faut. De toute façon, le tube est quasiment vide, et si ancien que j'ai bien du mal à en extraire quelques gouttes pâteuses.
Allez, je repars, prêt à affronter la fournaise du plateau !
Je me résous donc à faire une pause poisse, comme je l'appelle. Mieux vaut que j'économise mon capital soleil, comme nous le rabâchent certaines blouses blanches (ou pas) médiatisées en cette saison. En bon mécréant de ces discours capitalistes, je ronchonne intérieurement, mais sacrifie malgré tout les parties exposées de ma peau à la sainte pommade juste pour éviter l'effet vanille-fraise d'un bronzage mal maîtrisé. Et encore, point trop n'en faut. De toute façon, le tube est quasiment vide, et si ancien que j'ai bien du mal à en extraire quelques gouttes pâteuses.
Allez, je repars, prêt à affronter la fournaise du plateau !
Effectivement, arrivé sur là-haut, je ne suis pas déçu (si l'on peut dire) ; ça cogne fort !
Les rares arbres qui me tendent leurs branches sont trop excentrés du chemin pour que je me permette un détour. Le randonneur a horreur des détours !
Heureusement, quelques passages boisés apaisent la fournaise, et encore, quand je dis fournaise c'est relatif ; à la maison, il fait presque dix degrés de plus ! Cependant, par endroit le chemin est si large que l'ombre bienvenue s'arrête à la lisière et je me retrouve à marcher en plein cagnard tout en traversant une forêt.
Mais je ne crache pas dans la soupe, surtout quand elle est bonne ; les paysages qui s'enchainent sont suffisamment beaux pour que j'en oublie ces petites indispositions.
Les rares arbres qui me tendent leurs branches sont trop excentrés du chemin pour que je me permette un détour. Le randonneur a horreur des détours !
Heureusement, quelques passages boisés apaisent la fournaise, et encore, quand je dis fournaise c'est relatif ; à la maison, il fait presque dix degrés de plus ! Cependant, par endroit le chemin est si large que l'ombre bienvenue s'arrête à la lisière et je me retrouve à marcher en plein cagnard tout en traversant une forêt.
Mais je ne crache pas dans la soupe, surtout quand elle est bonne ; les paysages qui s'enchainent sont suffisamment beaux pour que j'en oublie ces petites indispositions.
J'arrive enfin à l'endroit où, deux ans auparavant, nous avons arrêté le trek avec Malo. Il souffrait trop du genou et pouvait difficilement poser le pied par terre. Heureusement, un fourgon de dépannage d'engin forestier stationnait dans cette clairière où j'avais repéré l'adresse du garage à Aumont-Aubrac. Revenant un peu en arrière, j'avais demandé au mécano qui intervenait sur un tracteur en panne à cet endroit s'il pouvait nous déposer au village en rentrant. Il avait accepté sans problème et peu de temps après, nous étions revenus à notre point de départ. Coup de bol, le gars nous avait dit qu'il n'intervenait jamais dans ce secteur ; il était venu, car personne d'autre ne pouvait !
Bref, au bon endroit, au bon moment : définition de la chance.
Bref, au bon endroit, au bon moment : définition de la chance.
La descente vers Laguiole s'annonçait longue et elle le fut. Interminable, même. Tellement qu'à deux kilomètres à peine de l'arrivée, je faisais encore une pause pour une recharge rapide.
Bref, me voilà arrivé à un rond-point où je cherche désespérément un panneau m'indiquant le camping visé. Trouvé ! Allez hop, je prends une route qui grimpe en lacets sur les hauteurs du village. De nombreuses voitures me frôlent et je suis souvent obligé de m'écarter sur le bas-côté pour éviter de me faire emporter. Rien n'est prévu pour le piéton, ici. Un voyant rouge s'allume dans ma tête : syntax error, mon gars, le territoire ne correspond pas à la carte.
Me voici revenu au rond-point de départ. Je tourne, je vire, je zoome sur mon gps. Voyons voir, cette petite route qui semble monter vers un lotissement ; je m'avance, regarde à droite, regarde à gauche ; tiens, voilà ! Un panneau qui indique l'accès au camping pour les piétons, justement, afin d'éviter la route pour y arriver en voiture. La route que j'avais prise.
L'installation de la tente est vite faite et, après la douche, je redescends en ville pour un ravito. J'avais repéré un supermarché lors de la préparation du trek et m'y dirige à l'instinct, la carte en tête.
J'y arrive assez rapidement quand le voyant d'à côté, le orange, celui qui me dit qu'il y a piballe sous caillou, s'allume à son tour dans ma tête. Je flaire un problème. Voyons voir, nous ne sommes pas dimanche, il est 16h00 et le parking est vide. Je m'approche un peu plus. Portes fermées. Pas d'affiche indiquant une fermeture exceptionnelle. Bizarre.
Une dame sur le côté caresse amoureusement l'écran de son téléphone. Bien décidé à comprendre, je l'interpelle : "Bonjour madame. Savez-vous pourquoi le supermarché est fermé ?"
Elle me regarde d'un drôle d'air, mi-surpris mi-intrigué et me lance : "C'est le lundi de Pentecôte, mon petit monsieur, c'était ouvert que ce matin !"
Le lundi de Pentecôte... Je l'avais oublié celui-là. Classique, je suis souvent désynchronisé quand je suis en balade. Je m'en explique à la dame en bredouillant, mais elle s'est déjà replongée avec passion dans son étreinte numérique sans me prêter plus attention.
Dépité, je repars vers le centre-ville où je m'arrête dans un troquet pour la petite mousse de rigueur. En face, une boulangerie ouverte avec en rayon quelques quiches alléchantes : tout ce dont j'ai besoin, en fait, pour ce soir et l'étape de demain où j'ai prévu un bivouac sauvage.
Bivouac qui finalement, en forçant un peu le destin, ne sera pas aussi sauvage que prévu.
Bref, me voilà arrivé à un rond-point où je cherche désespérément un panneau m'indiquant le camping visé. Trouvé ! Allez hop, je prends une route qui grimpe en lacets sur les hauteurs du village. De nombreuses voitures me frôlent et je suis souvent obligé de m'écarter sur le bas-côté pour éviter de me faire emporter. Rien n'est prévu pour le piéton, ici. Un voyant rouge s'allume dans ma tête : syntax error, mon gars, le territoire ne correspond pas à la carte.
Me voici revenu au rond-point de départ. Je tourne, je vire, je zoome sur mon gps. Voyons voir, cette petite route qui semble monter vers un lotissement ; je m'avance, regarde à droite, regarde à gauche ; tiens, voilà ! Un panneau qui indique l'accès au camping pour les piétons, justement, afin d'éviter la route pour y arriver en voiture. La route que j'avais prise.
L'installation de la tente est vite faite et, après la douche, je redescends en ville pour un ravito. J'avais repéré un supermarché lors de la préparation du trek et m'y dirige à l'instinct, la carte en tête.
J'y arrive assez rapidement quand le voyant d'à côté, le orange, celui qui me dit qu'il y a piballe sous caillou, s'allume à son tour dans ma tête. Je flaire un problème. Voyons voir, nous ne sommes pas dimanche, il est 16h00 et le parking est vide. Je m'approche un peu plus. Portes fermées. Pas d'affiche indiquant une fermeture exceptionnelle. Bizarre.
Une dame sur le côté caresse amoureusement l'écran de son téléphone. Bien décidé à comprendre, je l'interpelle : "Bonjour madame. Savez-vous pourquoi le supermarché est fermé ?"
Elle me regarde d'un drôle d'air, mi-surpris mi-intrigué et me lance : "C'est le lundi de Pentecôte, mon petit monsieur, c'était ouvert que ce matin !"
Le lundi de Pentecôte... Je l'avais oublié celui-là. Classique, je suis souvent désynchronisé quand je suis en balade. Je m'en explique à la dame en bredouillant, mais elle s'est déjà replongée avec passion dans son étreinte numérique sans me prêter plus attention.
Dépité, je repars vers le centre-ville où je m'arrête dans un troquet pour la petite mousse de rigueur. En face, une boulangerie ouverte avec en rayon quelques quiches alléchantes : tout ce dont j'ai besoin, en fait, pour ce soir et l'étape de demain où j'ai prévu un bivouac sauvage.
Bivouac qui finalement, en forçant un peu le destin, ne sera pas aussi sauvage que prévu.

St-Chely-d'Aubrac/Laguiole