Trek Haut Atlas marocain

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10 jours de traversée du Haut Atlas marocain pour 17 jours de voyage entre Zaouïa Ahansal et Aït Alla (est/ouest) en passant par les hauts plateaux, les vallées d'Aït Bouguemez et de la Tessaout, au pied du M'Goun avec mon fils de 14 ans
La vidéo sur:  https://www.youtube.com/watch?v=H8WX3gq3gqo 
randonnée/trek
Quand : 8/4/14
Durée : 10 jours
Distance totale : 127.3km Dénivelées : +4895m / -4623m
Carnet créé par philippe milhau le 29 Oct
modifié le 07 Nov
246 lecteur(s) - 3
Vue d'ensemble

Le topo : Section 2 (mise à jour : 31 Oct)

Distance section : 11.7km Dénivelées section : +1150m / -211m carte

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Le compte-rendu : Section 2 (mise à jour : 31 Oct)

Jour 2 : Taghia (1900m) – pâturage de l’Almou n’Toucht (2800m)

8km, 6h, + 1084m, - 241m

Au petit matin nous redescendons dans le village jusqu’à l’épicerie d’où nous contemplons en regardant vers les falaises plein ouest ce que cette journée nous réserve (les choses vont réellement commencer là). D’après les informations du topo et les consignes de Mustapha, je visualise l’itinéraire que nous devons prendre pour rejoindre la tache vert clair d’un bosquet de buis bien visibles qu’il nous faudra dépasser pour nous enfiler dans le boyau dit du tire bouchon. Face à ce mur de 1000m de hauteur nous avons peine à nous imaginer les gravir et encore moins de croire qu’un passage y soit possible.
Bien repérer les buis verts clairs en haut 
avant d’obliquer vers la droite et prendre le boyau
Bien repérer les buis verts clairs en haut
avant d’obliquer vers la droite et prendre le boyau
Nous distribuons quelques bonbons aux enfants qui nous ont escortés encore une fois et traversons l’oued Ahansal au niveau de trois moulins avec empressement avant que tous les autres enfants du village ne rappliquent ! Nous nous engageons sur une trace assez bien marquée qui borde par la droite quelques habitations et qui suit une crête arrondie. Au niveau d’une large bande de terre rouge nous traversons vers le sud jusqu’à un replat. A ce moment nous aurions du obliquer de nouveau vers l’ouest mais la trace continuant vers le sud est si prononcée que je la suis bêtement. Au bout d’un moment elle se perd et je me rends compte de mon erreur. Bien qu’encore tôt il fait très chaud, nous sommes chargés et approchons les 2000m. Plutôt que rebrousser chemin je décide de m’engager dans un talweg graveleux dans lequel nous laissons toutes nos forces ! Ereintés, nous multiplions les pauses et buvons beaucoup d’eau. Finalement nous atteignons à vue le bosquet de buis d’où nous récupérons le sentier qui s’élève encore brutalement en lacets.
Nous récupérons la trace au niveau des buis
Nous récupérons la trace au niveau des buis
Enfin nous arrivons à l’entrée du couloir de moins de dix mètres de large et qui s’initie entre les falaises. Nous sommes soulagés mais pas au bout de nos peines car la montée sur ce terrain instable est particulièrement difficile.
C'est plutôt raide!!
C'est plutôt raide!!
Nous grignotons un bout assis sur une fine rive les pieds dans le vide avant de franchir le pas en colimaçon fait par les bergers de troncs de genévriers et de cailloux coincés entre les parois espacées ici d’un mètre cinquante. C’est grandiose.
le passage du tire bouchon
le passage du tire bouchon
La fatigue aidant, nous nous entêtons à escalader les derniers mètres de la cheminée et sortons sur les crêtes 50m au dessus de la véritable sortie ! Peu importe, nous sommes ravis et impressionnés par la vue sur l’Atlas et tout en bas sur le cirque de Taghia. Nous aurons mis 4h30 au lieu des 2h45 indiqué dans le topo !
Vue sur Taghia et l’Atlas
Vue sur Taghia et l’Atlas
Nous suivons la crête avant de remonter le pli d’un cours d’eau asséché pour nous octroyer une pause sous une barre rocheuse. Martin s’endort aussitôt, je somnole aussi mais suis rapidement rattrapé par une autre inquiétude, il nous faut maintenant trouver la source car nous sommes quasiment à sec.

D’où nous sommes le plateau semble si vaste que cela me donne le tournis et je n’arrive pas à me repérer ni même à me remémorer les indications de Mustapha. J’entends des enfants jouer au dessus de la barre rocheuse mais dès qu’ils me voient ils s’enfuient en courant. Je reprends tranquillement carte, boussole et topo et finit par visualiser le massif caractéristique en forme de pyramide me remémorant les propos de Mustapha. Il faut y aller droit dessus et c’est effectivement ce que nous faisons pour enfin trouver la source Taghbalout Agoudal n’Ilamchane à 2730m.
Viser le pic en forme pyramidale, la source est au pied !
Viser le pic en forme pyramidale, la source est au pied !
De la source la trace est plus évidente et nous la suivons en direction d’abord du nord-ouest le cœur léger sous l’œil incrédule de quelques dromadaires de la tribut des Aït Atta. Nous croisons une nomade se rendant à la source remplir ses bidons « salam aleykoum ». Le sentier contourne le massif et reprend bientôt la direction sud-ouest puis sud. Nous sommes stupéfaits de l’immensité qui s’ouvre à nous et de ce décor grandiose, nous croisons d’autres dromadaires, laissons sur notre droite les canyons de l’aqqa n’Tazargh après un petit col à 2810m.
Section 2
La trace défile devant nous et notre marche devient lourde et mécanique tandis que nous restons en contemplation devant ce panorama. Nous croisons deux berbères qui nous questionnent et nous proposent de les suivre dans leur campement mais celui-ci semble loin derrière nous et nous déclinons poliment en les saluant. Le chemin nous conduit vers un nouveau col d’où nous apercevons enfin le pâturage de l’Amou n’ Toucht où je décide de nous arrêter pour la nuit. Celui-ci est occupé par des campements de nomades et je crains un instant que nous ne soyons pas tolérés.
Le pâturage de l’Amou n’Toucht, 
pour demain suivre tout droit le petit vallon au dessus du campement
Le pâturage de l’Amou n’Toucht,
pour demain suivre tout droit le petit vallon au dessus du campement
Deux jeunes filles d’une première tente nous accostent pour nous vendre des bijoux. Craignant ne pas être les bienvenus, je leur achète une babiole et leur demande si nous pouvons camper là. Pas de problème. Nous choisissons un coin en retrait et tendons entre mes bâtons mon poncho pour nous protéger du soleil accablant et nous couchons sur nos tapis de sol pour récupérer un peu. Le sol est tapissé d’herbes épineuses et nous nous félicitons d’avoir opté pour des tapis de sol Thermarest épais et indestructibles !

Puis alors que le soir tombe nous mangeons une soupe et sommes sollicités une nouvelle fois par les nomades qui veulent nous vendre des bijoux. Nous ne cédons pas mais ils insistent beaucoup et longtemps sans toute fois être désagréables. Je partage avec eux quelques gourmandises et ils finissent par regagner leur tente. Tard dans la soirée je verrai des cavaliers et caravanes traverser le pâturage en me demandant où peuvent-ils aller à cette heure si avancée et si loin de tout. La nuit tombe à 20h30 et nous aussi.
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Carnets d'Aventures N°52