Saute mouton sur l'Alpe

(réalisé) share(partager)
4 semaines à vélo en solo pour traverser l’arc alpin de Ljublijana à Gap, par monts et par cols. Récit en 4 sections :
1-France/Slovénie/Autriche 
2-Italie
3-Suisse
4-France
S'y rendre de manière douce : C'est possible en bus
Précisions : En train de Gap à Marseille puis avec un autocar de la compagnie FLIXBUS de Marseille à Ljublijana (environ 50€, et...16 heures de bus!!!)
vélo de randonnée / VTT
Quand : 11/07/18
Durée : 30 jours
Distance totale : 1194.3km Dénivelées : +16137m / -15467m
Alti min/max : 298m/2300m
Carnet créé par La Tribu le 31 août
modifié le 21 déc.
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Vue d'ensemble

Le compte-rendu : Italie (mise à jour : 11 oct.)

ITALIE
Lundi 16 juillet 2018
Lienz – Tobblacher See
Distance : 44.65  km
Durée : 3h51
D+ : 665 m.
Petit coup de mou, aujourdhui. J’ai pas la frite, et pourtant, au début du moins, ça ne monte pas beaucoup… Aurais-je besoin de repos ? La pente se renforce, ça monte, ça monte…. Pour finalement déboucher sur un plateau et sur la petite ville de Dobbiacco. Quelques courses et 3 km plus tard je débarque au camping du Tobblachersee où je plante la tente. L’eau est glaciale (je dirais 12° ; j’y ai trempé les pieds, il va falloir m’amputer de quelques orteils…) mais le paysage est sublime.

Le coin des tentes est tout au bout, le terrain est en pente (ben oui, y’a qu’à mettre des cales sous le matelas…) et ce soir il sera bondé de tentes. Pourquoi c’est toujours les mêmes qui sont discriminés ? A côté de moi, trois motards s’installent. Celui qui est dans la tente la plus proche va ranger dix fois ses top-cases avant de s’endormir, à point d’heure….


Mardi 17 juillet 2018
Tobblachersee – journée de repos
Distance : 23.08km
Durée : 0
D+ : 0
Grasse matinée ce matin, lessives, repos, sieste…. Je profite du soleil. Petite visite de Dobbiacco : statue de Gustav Mahler, compositeur autrichien, fin XIX – statue de Maximilien 1er, qui séjourna au château de Dobbiacco pour ses vacances d’été en 1508 et 1511, période pendant lesquelles il préparait ses guerres contre la République de Venise…

Dans une boutique de vélo, j’ai failli craquer pour une tenue de cycliste tyrolienne (T-shirt/chemise à carreaux et short en cuir pour Monsieur, et tenue de Heidi pour Madame, la classe, quoi…)

J’ai bien tenté une petite baignade, mais non, décidément, c’est trop froid. D’ailleurs, il n’y a personne dans l’eau!

J'ai failli craquer pour une jolie tenue cycliste...
J'ai failli craquer pour une jolie tenue cycliste...
Tobblacher See - Pas la peine de réver, l'eau est à 10 degrés...
Tobblacher See - Pas la peine de réver, l'eau est à 10 degrés...
Journée de repos au Tobblacher see. J'en profite pour me refaire une beauté...
Journée de repos au Tobblacher see. J'en profite pour me refaire une beauté...
Mercredi 18 juillet 2018
Tobblachersee – Lago di Fanes
Distance : 29.61 km
Durée : 3h31
D+ : 528 m.
Vitesse moyenne 8.41 km/h
Remontée tranquille du val di Landro. Je fais route pour quelques kilomètres avec deux papis italiens, Alfredo et Alberto, fort sympathiques. L’un est avocat, il pédale, mais reste pendu au téléphone pour régler les affaires en cours. L’autre est architecte. Je les laisse peu après Ospitale d’Ampezzo, ils descendent au sud vers Cortina alors que je pars plein est vers le massif de Fanes, sur l’Alta via n° 10.

Je traverse le torrent de Boite (et j’essaye de pas m’en mettre une, de boîte, car c’est vraiment très escarpé) et je commence la longue montée vers le Lac de Fanes, à la limite entre les parcs régionaux de Cortina et de Fanes/Braies. Interdiction de camper des deux côtés… !

Ca va me prendre un peu de temps, et même, sur quelques tronçons, je serai obligée de détacher les sacoches et de faire des navettes afin de tout monter séparément. Il est vrai que je suis sur un itinéraire pédestre, pas sur un circuit vélo… Dans ces cas-là,  j’ai  l’impression d’être un bousier, ce petit scarabée qui pousse sa boule de bouse, trois fois plus grosse que lui… (notons quand même qu’il a la particularité d’être, à son échelle, l’insecte le plus fort du monde !!! puisqu’il aurait été démontré qu’il peut soulever 1141 fois son poids… !)

L’emplacement de bivouac est magnifique, au bord du ruisseau, au niveau du Lago di Fanes (alt : 1840 m.) entre les sommets vertigineux de Croda del Vallon Bianco (2686m.) au sud, et Croda d’Antruiles (2405m.) au nord.

Lago di Fanes. Si c'est pas le paradis, ça y ressemble...
Lago di Fanes. Si c'est pas le paradis, ça y ressemble...
Jeudi 19 juillet 2018
Lago di Fanes - Armentarola
Distance : 13.54 km
Durée : 2h25
D+ : 260 m.
Vitesse moyenne 5.58 km/h !!!
J’aimerai bien qu’on m’explique pourquoi, tous les matins vers 5h00, il fait un froid glacial ???

Dès le départ du bivouac, ça monte. En fait c’est ça le problème de la montagne : c’est que des montées et des descentes…

Mais les Dolomites, c’est beau, y’a pas à dire… Je sais pourquoi je suis là. Je me sens à ma place. J’arrache littéralement à la piste les 27 kg de mon barda. Mais pas une fois je ne me suis sentie découragée, ou inquiète, pendant ce périple. Je sais que je vais y arriver. Je vais doucement, j’avance lentement, je fais des navettes, et si c’est trop long, je plante ma tente. C’est aussi simple que ça.

Après 1h20 de pédalo-poussage, je parviens sur le plateau, à la Uscia di Gran Fanes (altitude : 2102m.), après 260 m. de dénivelées un peu éprouvantes. Mais le paysage est fabuleux. Les 50 derniers mètres de dénivelée s’adoucissent un peu, je peux remonter sur le vélo.

Je pousse jusqu’au col à pieds (2157m.)

Vient ensuite un long plateau où je peux enfin aligner quelques coups de pédale…. Et une nouvelle gamelle ! Arghhh ces pédales automatiques !!!

Un dernier coup de cul (plutôt : de pédale, car le cul, ça ne sert pas à grand-chose ici…) et me voilà sur un promontoire rocheux, à admirer la vallée qui descend vers Armentarola.

La montée était dure, la descente l’est tout autant. Un long passage rocheux, équipé de câbles, demande beaucoup d’attention et de prudence, et des allers retours successifs pour tout acheminer. Moi qui pensais avoir de l’avance, et l’énergie nécessaire pour avancer encore un bout sur l’itinéraire, je suis bien contente de trouver un camping à la sortie du parc.

Comme souvent dans les campings, le terrain est dur et caillouteux. Impossible de planter un piquet ! J’applique donc la technique des copines : petit cailloux/ficelle/groscailloux. C’est radical. Encore faut-il avoir des cailloux. Et hop ! la tente est montée.

Chaque parcelle de mon être frémit de bonheur devant de tels paysages... Et c'est plus fort que moi : il faut que j'aille voir ce qu'il y a derrière les montagnes et derrière l'horizon...
Chaque parcelle de mon être frémit de bonheur devant de tels paysages... Et c'est plus fort que moi : il faut que j'aille voir ce qu'il y a derrière les montagnes et derrière l'horizon...
Pour la descente, il faut rester vigilant... On y va douuucement!
Pour la descente, il faut rester vigilant... On y va douuucement!
Le massif de Fanes, versant Armentarola
Le massif de Fanes, versant Armentarola
Vendredi 20 juillet 2018
Armentarola – Monte Pana
Distance : 42 km
Durée : 4h40
D+ : 972 m.
Vitesse moyenne 8.99 km/h
Peu après le départ, je retrouve une vieille connaissance sur la route qui descend du col Falzarego : un petit bonhomme en bois, juché sur un vélo ; on l’avait vu l’an dernier, lors de notre périple des Dolomites à Venise. Il est toujours là…
La piste cyclable, très agréable, longe la rivière San Cassiano et m’amène à la bifurcation de La Villa-Stern, où je vais commencer à remonter vers le Paso Gardena.
J’ai un mal fou à trouver un drapeau italien pour orner le mât arriere qui me sert de cale vélo lorsque je m’arrête.
Vers midi, une averse m’oblige à me réfugier à la gare intermédiaire du télécabine. Non non non, je ne craquerai pas, je finirai le col sur mon vélo !... J’envisage un temps d’installer mon bivouac ici à l’abri si la pluie persiste, mais le soleil réapparait, et j’en profite pour arriver au col du Paso Gardena, pas très difficile, il est vrai (2121 m.). Je profite de la belle et longue descente vers Wolkenstein/ Selva di Val Gardena. Et comme d’habitude, alors que je suis quasiment à l’arrêt… boum, une nouvelle chute. J’ai vraiment du mal à décaler, avec ces pédales automatiques…
La route s’arrête, et je commence à remonter les pistes de la station du Monte Pana, dans le massif du Sasso Lungo. Et comme son nom l’indique, « Monte Pana », ça monte !!! Ca grimpe même bien raide !!! Mais avant de planter le bivouac, j’aimerais bien en finir avec les montées, histoire de commencer l’étape, demain, par de la descente, surtout si le temps est mitigé… Enfin, vers 18.00, la pente devient horizontale et bientôt la descente s’amorce. Je plante ma tente juste avant le déluge, ouf !
Et comme d’habitude, les messages et whatsapp de « ma bande » me réjouissent. C’est ma récompense de la journée !
Au dîner, je finis enfin le dernier petit pain au cumin acheté à prix d’or à Dobbiacco. Le pain au cumin, à l’anis, bref, toutes ces épices, j’en raffole pas… surtout au petit déjeuner, avec de la confiture de framboises!!!
Oh oh!!! Je retrouve un vieux pote déjà rencontré lors de ma traversée Dolomites-Venise en 2017. Il a pas beaucoup avancé...
Oh oh!!! Je retrouve un vieux pote déjà rencontré lors de ma traversée Dolomites-Venise en 2017. Il a pas beaucoup avancé...
Le soleil est revenu lorsque je franchis le Paso Gardena, 2121 m.
Le soleil est revenu lorsque je franchis le Paso Gardena, 2121 m.
Sympa, la déco...
Sympa, la déco...
Samedi 21 juillet 2018
Monte Pana - Bolzano
Distance : 63.98 km
Durée : 4h07
D+ : 403 m.
Vitesse moyenne 15.48 km/h 
Il a plu toute la nuit, avec l’orage, le tonnerre, la foudre et les éclairs, il ne manquait rien. Le petit déjeuner sous la toile, c’est pas le mieux, mais heureusement le temps se calme vers 8.00 et me permet de plier tranquillement au sec. La toile, chargée d’eau, pèse un poids de folie, je la ferai sécher à la pause de midi. Je commence à pédaler vers 8.30, je n’ai jamais été aussi matinale !!!

Allez hop, encore une belle côte pour passer l’Alpe di Siusi… Sacrée Siusi !!! C’est pas facile, au réveil, sur la terre trempée !

La vue est magnifique, les paysages bucoliques se succèdent, vertes prairies, chalets en bois, forêts de sapins, troupeaux de vaches… il ne manque que la petite Heidi !

Je croise deux jeunes vaches coquines, qui en veulent à mes drapeaux…

J’arrive à Saltria, dans une cuvette. Pas à tortiller, quand on est dans un fond de cuvette,  il faut remonter !!!

Des camions sillonnent les routes pour venir récolter le lait des fermes.

Enfin, après 7 km et 260 m. de dénivelée positive, j’ai enfin droit à la descente. Et ce n’est même pas une descente, c’est carrément une plongée vertigineuse vers Campodazzo et la vallée de l’Iscaro…

Ca n’en finit pas de descendre…. Les paysages sont extraordinaires, les falaises accrochent des lambeaux de nuages, les vallées sont noyées de brumes, tout est irréel. Et j’avance dans cette féérie comme dans un rêve…

750 mètre de D- plus bas, je rejoins le fond de vallée, son autoroute, symbole de civilisation, son fleuve sale, et les bruits assourdissants de la vie moderne. La chute (au sens figuré cette fois ci, hein ?!!) est rude. 

La montagne à vélo, ça va tout de suite plus vite quand ça descend, et à midi, j’arrive à Bolzano. Une portion de poulet-frites plus tard, je rejoins le camping Moosbauer, à la sortie Nord-Est de la ville (dans les sanitaires, de beaux posters de la région et des coutumes locales, des paysages, des métiers du bois, des costumes… Les propriétaires, allemands, changent de thèmes tous les 2-3ans). Dans ces régions du nord, on ne sait pas si on est encore en Italie ou déjà en Autriche… ce sont les conséquences des mouvements de frontières suite aux conflits passés ? toujours est il que tout le monde parle aussi bien italien qu’allemand.

 Un petit bain à la piscine pendant que la tente sèche, et je repars pour un petit tour en centre-ville. Un petit tour au musée archéologique pour aller saluer un vieux monsieur de quelque 5000 ans, Ötzi, découvert en 1991 dans une vallée du sud Tyrol. Ma parole, je rencontre que des vieux pendant ce voyage !!!

Ah, mes copines les vaches... toute une histoire!!!
Ah, mes copines les vaches... toute une histoire!!!
Alpe di Siusi
Alpe di Siusi
Vue vertigineuse sur la vallée de l'Iscaro
Vue vertigineuse sur la vallée de l'Iscaro
Ötzi, un Papi de...5000 ans!!!
Ötzi, un Papi de...5000 ans!!!
Dimanche 22 juillet 2018
Bolzano - Silandro
Distance : 61.96 km
Durée : 4h06
D+ : 547 m.
Vitesse moyenne 15.06 km/h
Remontée le long de l’Adige (vent de face) sur une piste cyclable entre fleuve et vergers. J’accroche un papi qui va à peu près à mon rythme et je me mets dans sa roue, profitant du vent relatif et de son aspiration … Mais c’est qu’il avance, le bougre, sur son vieux biclou !!! Qu’importe, je m’économise un peu. Nous finissons par échanger quelques mots, et gentiment, il se propose de me faire traverser Merano, où l’itinéraire est un peu compliqué, en centre-ville. Il connait, il est chez lui ! je peine un peu à le suivre… Tant pis pour la visite de Merano, mais j’ai gagné du temps, de l’énergie et du stress, car le vélo-sacoches, avec la circulation, c’est toujours un peu angoissant…

Passé Merano, ça commence à grimper. L’Adige n’est plus un long fleuve tranquille, mais un beau torrent, on sent qu’il y a du débit et de la pente !!! Et passé Lagunde/Algund, les 6 virages consécutifs (et numérotés !) font bien mal aux mollets…

J’échange quelques mots avec un américain du Colorado en route pour Salzbourg.

La piste retrouve enfin un profil plus calme, les villages se succèdent, et peu après Silandro, je trouve une aire de pique-nique un peu à l’écart de la piste, et à l’abri d’une haie, qui me fera un bel emplacement pour la nuit.

 
Lundi 23 juillet 2018
Silandro – Parc du Stelvio
Distance : 48.66 km
Durée : 4h57
D+ : 1086 m.
Vitesse moyenne 9.82 km/h
Total 583 km
Encore du temps couvert ce matin ; le mauvais temps m’angoisse toujours un peu : la moindre tache bleue porte tous mes espoirs…. Non pas que je redoute la pluie, elle ne m’empêche pas de pédaler, c’est toujours mieux que de rester calfeutré sous la tente, mais c’est pas marrant, et ça demande beaucoup de vigilance, surtout dans les descentes. Et puis le soleil, c’est quand même plus joli pour les photos…
Une connexion free wi-fi sur la place du village de Glorenza me rassure quant à la météo : nuageux, mais pas de pluie, pour toute la semaine.

Je quitte maintenant le débit tranquille de l’Adige pour remonter le long d’un torrent tumultueux, et à Valchava, je m’engage à nouveau sur des pistes et des sentiers pour traverser le massif du Stelvio. Je quitte l’Autriche pour un bref passage en Italie entre le Val Müstair et le Valle del Livigno.

Le bivouac est interdit dans les Parcs naturel, c’est bien stipulé ; je me fais donc toute petite, mais avec ma belle tente orange, c’est difficile de passer inaperçu… Il faut ruser pour s’installer, assez loin de la piste pour ne pas être repérée, assez près du torrent (Aua da Vau) pour profiter de l’eau courante dans la salle de bains… Bref, un bon emplacement de bivouac, c’est tout un art. Et il m’est arrivé quelques fois de déplacer mon bivouac de quelques centaines de mètres parce que « je ne le sentais pas ». Le flair… Et ce soir, en pleine montagne, trouver un emplacement plat relève de l’exploit. J’installe mon bivouac de rêve sous un sapin, sur une bosse à peu près horizontale, entre une bouse séchée, des racines et un nid de fourmis.

Le long de l'Adige
Le long de l'Adige
Sympa, la déco...
Sympa, la déco...
J'ai trouvé la Batmobile!!! (celle de gauche, hein?!!!)
J'ai trouvé la Batmobile!!! (celle de gauche, hein?!!!)
Parc du Stelvio
Parc du Stelvio
Un p'tit coin de paradis dans le massif du Stelvio
Un p'tit coin de paradis dans le massif du Stelvio
Mardi 24 juillet 2018
Parc du Stelvio - Livigno
Distance : 38.25 km
Durée : 4h13
D+ : 689 m.
Vitesse moyenne 9.03 km/h 
J’avais calé le matelas avec les sacoches afin d’être à peu près à plat. Et contre toute attente, la nuit fur plutôt bonne, bien qu’un peu fraîche. Normal, à environ 1900 m. d’altitude…

Encore une bonne heure de montée, de roulage et de poussage, et me voilà enfin au col Döss Radond (2250 m.). Je quitte maintenant le Val Vau pour enquiller une descente fabuleuse dans le Val Mora. La piste doit être connue des Vttistes, j’en croise beaucoup. Mais peu d’entre eux ont des sacoches…

Emportée par mon élan, je loupe la bifurcation à gauche qui suit le Val Mora, et je me retrouve encore une fois dans une montée bien raide… (il m’avait bien semblé voir un panneau « interdit aux VTT » à l’entrée de cette piste…). Peu importe, je tournerai à la prochaine piste… sauf que la piste suivante, c’est un pur sentier de randonnée, qui descend bien raide. .. prudente, je descends les tronçons les plus exposés à pieds… c’est pas le moment d’avoir un accident !!! et je rejoins la piste du Val Mora, qui devient bientôt un single magnifique, jusqu’au Lago di San Giacomo di Fraele. Il reste encore quelques névés….

D’un coup de pédale, je passe d’Autriche en Italie. L’arrivée sur le lac est saisissante. L’espace s’élargit d’un coup, comme une bouffée d’oxygène lorsqu’on a retenu sa respiration, et le turquoise de l’eau éclate soudain. Un pur bonheur. Mais l’eau est quand même bien fraîche !

Pause obligatoire pour recharger les batteries (pour ma part, j’ai une batterie dans chaque godasse. Contrairement à tous ces cyclistes qui me doublent, sur leurs vélos électriques…. Et la beauté de l’effort, alors ? J’ai même croisé un gamin de 12 ans sur un engin électrique…), et petite sieste avant d’enquiller sur le Paso di Alpisella (2268m.) puis la belle descente sur Livigno.

Quelques belles pièces d’eau se succèdent au niveau du col.

La piste de descente est parfois bien raide au  début, les freins chauffent…finalement, je débouche sur le lac de Livigno, quasiment sur la terrasse d’un restaurant… j’ai l’impression d’arriver dans une fête foraine ! Du bruit, du monde, et des odeurs de frites….

Bivouac le long du torrent de Vallacia.

Quand enfin ça monte à plat, c'est plus simple
Quand enfin ça monte à plat, c'est plus simple
Döss Radond ou Passo di Valmora (2234m.)
Döss Radond ou Passo di Valmora (2234m.)
Elle est pas belle la vie?!!
Elle est pas belle la vie?!!
Lago di San Giacomo
Lago di San Giacomo
Pour l'itinéraire, y'a que l'embarras du choix... Et si on regarde bien... même le bus monte jusqu'ici!
Pour l'itinéraire, y'a que l'embarras du choix... Et si on regarde bien... même le bus monte jusqu'ici!
Livigno (c'est  marqué dessus...)
Livigno (c'est marqué dessus...)
Lago di Livigno
Lago di Livigno
Mercredi 25 juillet 2018
Livigno - Plauns
Distance : 38.13 km
Durée : 2h58
D+ : 495 m.
Vitesse moyenne 12.80 km/h
TOTAL 659 km
Mon porte bagage avant vient de casser, je dois attacher mes deux sacoches sur le PB arrière, en équilibre instable, mais surtout il faut trouver un moyen de rafistoler l’arc avant, qui maintient les deux rails de façon parallèle sur la fourche avant. Le PB étant en alu, je sens la galère arriver à grands pas. Ou alors, il faut en commander un par l’intermédiaire d’une boutique de cycles, mais le temps que ça arrive, ça va bien me cramer 2-3 jours… Je m’adresse au patron du carrossier du village qui, après m’avoir dit que oui, il peut ressouder sur de l’alu, mais bon, il travaille pas dans le vélo, hein ?! lui il est carrossier, etc etc… et il m’envoie carrément bouler, un vrai ours (comme quoi les ours ne sont pas forcément là où on les attend…). Bref, il me prend les deux morceaux du PB, et avant que j’aie pu lui expliquer quoi que ce soit, m’envoie attendre dehors…. Au bout d’une heure, il me rend le PB ressoudé…. à l’envers…. Je sens que la journée va être  très longue….

Avec beaucoup de patience, de persuasion, et de sourires, j’arrive à lui faire re-casser et ressouder l’engin. 

Ouf ! Il est midi, je ne sais pas si mon PB ira bien loin, on verra bien…

J’attaque enfin la remontée du Val Livigno par la piste caillouteuse, mais alors qu’elle se redresse et serpente en zig zag jusqu’à la Forcola di Livigno (2315m.), j’avise une échappatoire qui rejoint la route. Malheureusement, des éboulements ont emporté la piste, il me faut démonter les sacoches et porter le vélo. Et passer le tout à bout de bras par-dessus le parapet de la route !!! Comme quoi, quand il n’y a pas d’autre solution, on se découvre des ressources insoupçonnées…

De la Forcola, je rejoins en descente la bifurcation (1887 m.) puis la longue montée vers le Paso Bernina (1887 m.). J’ai droit à des « Respekt ! » de la part d’autre cyclistes, qui eux, descendent et voyagent légers. Arrivée au col, et sans doute à cause du manque d’oxygène qui me fait agir parfois de façon un peu bizarre, je tente un bain de pieds dans le lac de la Cruzeta avec mon vélo. Lui aussi a les pneus qui chauffent !!! Puis je croise 3 couples d’allemands qui voyagent en Aston Martin, mais je ne repère ni James Bond, ni ses girls… ! Mais ça vaut la photo tout de même !!!

Hilare, je poursuis ma descente jusqu’au camping de Mortebach. L’endroit est super, enfin un vrai camping pour de vrais campeurs !

Col de la Bernina
Col de la Bernina
Trop belle cette photo. Oui, bon, merci internet. Mais elle est classe, non?!
Trop belle cette photo. Oui, bon, merci internet. Mais elle est classe, non?!
Ah ah!!! je retrouve mes copines!
Ah ah!!! je retrouve mes copines!
Passo Bernina
Passo Bernina
Il est où, James Bond???
Il est où, James Bond???
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