Projet kayak poético-absurde "Ramène ta fraise!" Le Mans-Pornic en kayak pour une glace à la fraise. (partager) Vue d'ensemble

  Si j’allais jusqu’à la mer pour voir?! Et puis, le film “Comme un avion” sort en salle. Incroyable ironie, le film a des similitudes avec mon vécu personnel! Je décide de contacter la prod. pour faire de la fiction une réalité : qu’avez-vous fait du kayak du tournage? Après plusieurs mails sans succès, je les appelle... Le kayak appartient à...Podalydès lui-même. Je n’insiste pas...
Le Mans-La mer, mais dans quel but? Je regarde une carte...Tiens Pornic! Petit, j’y mangeais de succulentes glaces à la fraise. Mon but, je l’avais : Le Mans-La Fraiseraie !
Je trouve un vieux kayak et je le transforme en kayak de voyage : le “Ramène ta Fraise!”.
Je pars le 19 septembre pour 350 km sur la Sarthe et la Loire. Je fais de nombreuses rencontres : un homme qui a descendu la Tamise avec son fils. Un pionner du BASE-Jump en pleine campagne. Un éclusier-musicien qui m’a joué “Rame” d’Alain Souchon, un pêcheur préparant sa traversée de l’Atlantique,...! Des villages pittoresques, Béhuard, etc, des bivouacs sur la Loire magnifiques... Et, à l’arrivée à Pornic, le 3 octobre, une glace à la fraise bien méritée! Travaillant sur Robinson avec sa classe de 5e A, Amandine Pineau-Meiche, professeur de français au collège Costa Gavras au Mans, m’invita pour présenter mon périple. Je voulais surtout leur dire qu’il est possible de voyager à moindre coût. L’aventure commence quand on ferme  la porte de chez soi. Il faut suivre ses rêves car ils connaissent le chemin !

Adrien Boulard.

kayak de rivière / randonnée/trek
(réalisé) Quand : 19/09/15 Durée : 14.5 jours
Carnet créé par hadnb le 18 sept. 2015 modifié le 11 févr. 2016
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Le compte-rendu : 28,29,30 septembre 2015 (mise à jour : 11 févr. 2016)

 
Jour 10 : lundi 28 septembre 2015 : L'entrée dans la Loire!
Départ : Bouchemaine à 11h30.
Arrivée : sur une île sur la rive droite avant Le Fresne-sur-Loire (cf photo) à 18h00.
Distance parcourue (en kayak et à pied pendant les escales) = 31 km


08h00. Anthony Ganot, un très bon ami me fait la surprise de passer. Il travaille à Angers et avant d’aller travailler, m’apporte des croissants ! Je lui offre le café. S’il avait pu, nous aurions fait la descente ensemble ! Un homme arrive sur le balcon, il est du club de Bouchemaine. Je lui explique que je me suis permis d’installer ma tente sur le terrain et ici sur le balcon pour manger. On parle un peu de la navigation sur la Loire. (par vent très fort et contraire au courant, il a déjà vu des creux d’un mètre cinquante et devoir aller chercher en bateau à moteur des touristes en canoë qui n’arrivaient plus à avancer). Il me dit que les sables mouvants sur la Loire, c’est du pipeau. Ils nous souhaitent bonne journée et part s’entrainer. Il fait du kayak de vitesse (300 mètres). Anthony doit partir.
Je finis mon petit dej’ et je fais l’équilibriste avec ma double pagaie sur le garde-corps. Concentration, car c’est assez haut. Intermède de qualité.
Je découvre un robinet à l’extérieur. Il doit être là pour nettoyer les bateaux. Je me sens sale, j’ai les cheveux très gras. J’en profite pour prendre une douche, me laver les dents et faire un shampooing. L’eau est froide mais pas glacée. Avec le vent ça réveille bien. C’est agréable (car le soleil est présent). Que c’est agréable de se sentir propre ! La journée peut commencer !
Revoilà le sportif de haut niveau (une musculature incroyable). Je discute un peu avec lui et lui tire son portrait. Mais j’ai oublié de lui demander son nom. Fait remarquable : il a vécu au Mans très longtemps. Il a passé son enfance aux Sablons et est allé au collège Costas Gavras (à l’époque c’était le collège du Val d’Huisne). Maintenant il habite Angers et s’entraine au kayak de vitesse. Il espère participer aux prochains J.O.
11h29. Je pars. Un panneau : « Vous quittez les rivières du bassin de La Maine. »
11h45. J’arrive au confluent de la Maine avec la Loire ! Youpi ! Une grande étape ! Un changement de paysage radical aussi. C’est deux fois et demie plus large et le débit est impressionnant.
Je me suis amusé chez moi à comparer les débits moyens de la Sarthe, la Maine et la Loire.
La Sarthe = 34 m3/s (longueur = 313 km, source : Perche)
La Maine = 128 m3/s (longueur = 12 km, continuité de la Sarthe, la Mayenne et le Loir)
La Loire = 835,3 m3/s (longueur = 1012 km, source : Massif Central)
1m3 = 1 tonne. La Loire, c’est 835 tonnes d’eau/s. (plus de 2 fois le poids d’un boeing 747 chargé ou environ 70 000 vélos qui passeraient devant nous à la seconde !)
Je vois tout de suite les bouées qui délimitent le canal. Comme je descends, les bouées rouges doivent être à ma droite et les bouées vertes à ma gauche. Sur la Loire, le code maritime s’applique. (Au confluent, se trouve le village La Pointe. J’ai failli dormir ici la veille en couchsurfing mais la personne a vu mon message trop tard. Pour le coup c’était vraiment au bord de l’eau).
J’ai toujours le vent de dos. Une chance car il est toujours fort et rafaleux.

12h04. Je vois les premiers bancs de sable sur ma gauche.
Trois kilomètres plus loin, je commence à longer Béhuard. C’est une île et c’est aussi le nom de la seule commune française située sur une île sur la Loire. Je veux absolument la visiter.
12h04. Une falaise au bord de l’eau. Un site magnifique pour y grimper ! En plus il ne doit pas y avoir foule.
12h25. Je m’arrête derrière un banc de sable pour voir si je peux laisser mon kayak là, le temps de la visite. Mais il n’y a rien pour le fixer. J’en profite pour filmer le débit impressionnant de la Loire. Je repars. Les sillages des bouées créent des remous qui affectent la direction de mon kayak lorsque je passe trop près.
Juste avant le pont (qui rejoint Rochefort-sur-Loire à Béhuard et à Savennières), un ponton avec deux chalands. Alors au milieu de la Loire je décide vite d’y aller. Avec la force du courant, il faut viser en amont pour pouvoir arriver au bon endroit. Juste avant je me suis amusé à ramer à contre-courant. Je dois donner toute mon énergie pour...faire du surplace, tout juste avancer un peu. Justement à la fin, je finis quasi à contre-courant, de biais en gérant ma glissade progressivement. Je me mets à l’abri du courant derrière le ponton. Je passe tout juste avec mon mât sous les bras métalliques qui le retiennent. J’accroche l’avant du kayak et l’arrière du canot pneumatique pour être sûr qu’ils ne bougent pas. La berge est fortement en pente avec un mur de ronces. Je fais le cochon pendu sous un des bras métalliques pour pouvoir rejoindre le ponton. Il est glissant. Si je rate le rétablissement, je finis à l’eau avec mon sac et mes appareils. Je saute de l’autre côté, ouf !
Un petit sentier pédestre longe la Loire. Quelques belles habitations. Je rejoins les rues pavées du centre-bourg. On se croirait dans une petite rue de l’île de Ré. Des roses trémières ; une Balsamine de Balfour qui commence à envahir une vieille moto posée dans une ruelle près d’un restaurant fait mon bonheur. Je m’amuse comme un gosse à éclater les gousses. Sur le rebord de la fenêtre, une ardoise où est inscrit : « le plus court chemin d’une personne à une autre...C’est un brin de gentillesse. »
J’arrive sur la place de l’église. Je vois tout de suite le « baromètre » à crues sur une façade :
1910 : 6,78m,
1936 : 6,68m,
(...)
2000 : 5,59m.
Les inondations sont très courantes l’hiver. Moi qui me voyais déjà dans l’une de ces maisons, j’en suis moins sûr maintenant...
L’église est construite sur un rocher. On peut y monter par un petit sentier. En haut, un arbre. Je passe par une autre petite rue au retour et je retourne au ponton. Avant de partir je monte sur le pont qui traverse la Loire. C’est un pont à structures métalliques croisées. Un peu à l’américaine. Avec les ombres projetées au sol, ça fait une belle photo dans l’esprit « Route 66 ».
14h15. Je mange ma barre céréales et je repars.
14h32. Je m’arrête sur un petit port naturel bordé d’une plage de sable. Une digue protège l’entrée qui n’est d’ailleurs pas large. Il faut bien ramer pour ne pas heurter le rebord et se faire coincer par le courant. C’est un endroit très joli. Quelques barques se reposent. L’eau est limpide. Je décide pour la première fois d’installer ma camera gopro sur le mât à l’avant. Ce qui me permet de faire un plan en hauteur où l’on me voit à la fois ramer et où l’on peut voir le logo à l’avant « Ramène ta Fraise ! », ainsi que le paysage en arrière plan. Je n’avais toujours pas réalisé ce plan avant car une fois fixée sur le mât et parti en navigation, je ne peux plus accéder à la camera. Et pour allumer et éteindre la caméra ainsi qu ‘activer l’enregistrement, elle doit être connectée en WIFI avec mon téléphone. Hors le WIFI est énergivore pour la camera. Sa batterie ne tient pas plus de 15 minutes. Ce qui fait qu’il y a de forte chance que je ne puisse plus faire de plans de la journée par la suite. De même la batterie de mon portable dans cette configuration se vide rapidement et je dois faire attention à ce qu’elle ne se vide pas complètement pour 2 raisons : d’une, je ne pourrais plus couper l’enregistrement de la caméra et je me retrouverais avec une carte pleine inutilement et d’autre part, pour garder la possibilité de lire la carte géographique, de téléphoner si besoin. D’ailleurs comme promis, j’appelle Guillaume Thorin. On se donne rendez-vous le lendemain près de la ville où je me trouverai.
15h04. Je vois passer des oiseaux en vol de formation en V. Peut-être des canards souchet d’après ma recherche postérieure. Leur période de migration se situe vers le mois de septembre.
15h08. Six kilomètres après Béhuard, je passe sous un pont imposant, la Loire est vraiment large ! Les remous des piliers du pont créent, avec le courant, des tourbillons aux tailles non négligeables. Surpris la première fois, mon kayak s’enfonce légèrement et ralentit. Ce n’est pas forcément une bonne idée de viser pile le centre de deux piliers pour passer ; les vortex se rejoignent par triangulation.
Vers 18h00, soit 3 heures plus tard et environ 15 kilomètres après ce pont, je m’arrête sur une île (presqu’île en fait, car la Boire de Champtocé n’en fait pas tout à fait le tour) située sur la rive droite de la Loire avant Ingrandes pour bivouaquer et pour assister à l’un de mes plus beau coucher de soleil ! Je suis seul sur cette immensité de terres et de sable. Un canard me tiendra toutefois compagnie pendant la nuit en me chantant en boucle son petit air près de la tente. (c’est possible qu’il faisait sa parade nuptiale)
(repas du soir : Pâtes au poulet et légumes (Be Well)).
Anthony me rejoint pour un p'tit dèj' ensemble avant d'aller au taf.
Anthony me rejoint pour un p'tit dèj' ensemble avant d'aller au taf.
Un ancien manceau devenu angevin, spécialiste du kayak de vitesse.
Un ancien manceau devenu angevin, spécialiste du kayak de vitesse.
Lequel choisir?
Lequel choisir?
La pointe, embouchure de la Maine avec la Loire. Le paysage change, le débit aussi!
La pointe, embouchure de la Maine avec la Loire. Le paysage change, le débit aussi!
Il faut garder une certaine distance par rapport aux bouées. On arrive vite sur elles et se retourner serait très rapide.
Il faut garder une certaine distance par rapport aux bouées. On arrive vite sur elles et se retourner serait très rapide.
Un spot secret d'escalade! :)
Un spot secret d'escalade! :)
Débarquement à Béhuard. Pont de singe pour rejoindre le ponton...
Débarquement à Béhuard. Pont de singe pour rejoindre le ponton...
Un petit air d'île de Ré, vous n'trouvez pas?
Un petit air d'île de Ré, vous n'trouvez pas?
Les roses trémières aident à ce sentiment.
Les roses trémières aident à ce sentiment.
Sur la fenêtre d'un restaurant.
Sur la fenêtre d'un restaurant.
La douce lumière de septembre, toujours.
La douce lumière de septembre, toujours.
Une plante qui m'amuse toujours au détour d'une ruelle : la Balsamine de Balfour. On éclate les gousses de graines avec ses doigts.
Une plante qui m'amuse toujours au détour d'une ruelle : la Balsamine de Balfour. On éclate les gousses de graines avec ses doigts.
Ce n'est pas la rue du bar mais la boire est un bras secondaire souvent desséché de la Loire.
Ce n'est pas la rue du bar mais la boire est un bras secondaire souvent desséché de la Loire.
A Béhuard, il faut savoir vivre avec les crues...
A Béhuard, il faut savoir vivre avec les crues...
Vue du haut du rocher de l'église.
Vue du haut du rocher de l'église.
Sur le bar, encore une ligne de crues.
Sur le bar, encore une ligne de crues.
...
...
J'y passerai bien quelque temps!
J'y passerai bien quelque temps!
Béhuard.
Béhuard.
C'est une maison bleue...(bon, ok, c'est facile).
C'est une maison bleue...(bon, ok, c'est facile).
Route D106.
Route D106.
Ponton de Béhuard.
Ca souffle fort mais dans le bon sens!
Ponton de Béhuard. Ca souffle fort mais dans le bon sens!
Les piliers de pont créent des vortex qui ralentissent le kayak et l'écrase un peu. Mais la météo est toujours clémente, les remous sont abordables et surtout évitables.
Les piliers de pont créent des vortex qui ralentissent le kayak et l'écrase un peu. Mais la météo est toujours clémente, les remous sont abordables et surtout évitables.
Un de mes plus beaux bivouacs sur une île déserte de Champtocé-sur-Loire juste avant Ingrandes en arrière-plan.
Un de mes plus beaux bivouacs sur une île déserte de Champtocé-sur-Loire juste avant Ingrandes en arrière-plan.
Le bivouac est installé.
Le bivouac est installé.
C'est parti pour le spectacle!
C'est parti pour le spectacle!
Un fleuve d'huile.
Un fleuve d'huile.
Un petit air de Bagdad Café, la chaleur étouffante en moins.
https://www.youtube.com/watch?v=oCLpLWcX2cg
Un petit air de Bagdad Café, la chaleur étouffante en moins. https://www.youtube.com/watch?v=oCLpLWcX2cg
Les bancs de sable de la Loire.
Les bancs de sable de la Loire.
Faites de beaux rêves!
Faites de beaux rêves!
 
Jour 11 : mardi 29 septembre 2015.
Départ : Le Fresne-sur-Loire (l’île en amont) à 10h15.
Arrivée : Oudon (le port de plaisance derrière la gare) à 19h34.
Distance parcourue (en kayak et à pied pendant les escales) = 35 km

Je me lève naturellement vers 07h45. Ce matin il fait très frais et humide. Je grelote un peu et peine à me réchauffer une fois sorti de mon duvet. A l’extérieur, j’assiste au lever du jour. Cet endroit est vraiment somptueux. Les premiers rayons du soleil percent enfin au-dessus du relief, je commence à me réchauffer. Je reçois un appel de Guillaume Thorin. Il est motard à la gendarmerie nationale. Il me semblait bien avoir entendu un klaxon ce matin. Il était sur une route de l’autre côté de la Loire avec un collègue. C’est un ami commun de l’ULM qui nous a mis en relation. Comme il le dit : « Bon, il n ‘a pas que des qualités car il est gendarme, mais il est sympa et vous avez des points communs. » On se donne rendez-vous à la descente à bateau à Ingrandes.

Après avoir déjeuné (Petit-déjeuner chaud à base de céréales (marque : Be Well)) et remballé, je pars vers 10h15.
10h25. Un kilomètre plus loin, j’arrive à la descente à bateau d’Ingrandes. Guillaume et son collègue sont près des motos à m’attendre. Il est surpris par la distance que j’ai réalisée hier. Nous discutons de mon périple et de ce qu’il a déjà fait en kayak sur la Loire avec sa femme. Mais comme il est en service, et ne peut pas rester longtemps, nous nous donnons rendez-vous pour manger ensemble ce midi à Florent-le-vieil car il y a un restaurant avec terrasse près de l’eau.
Un kilomètre plus loin, deux sortes de digues en béton créent un goulot de rétrécissement sur la Loire. Forcément, le courant s’accélère et je dois faire attention à bien maintenir droit le cap du bateau pour ne pas trop rentrer et être dévié par les tourbillons assez importants (je me dis que ce passage doit être « musclé » lorsque les précédents jours il a plu).
11h33. Une heure et 8,5 kilomètres plus loin me voici à Saint Florent-le-Vieil. C’est une moyenne bourgade perchée, dominant la Loire. Je m’arrête sur la descente à bateau. L’hôtel de la Gabelle où se situe le restaurant affiche malheureusement complet. Ayant un peu de temps avant que Guillaume me rejoigne, je décide de laisser mon kayak et de partir explorer les environs, à la recherche, aussi, d’un autre établissement. Je traverse la rue de  Bretagne et remonte la Grande Rue. J’arrive devant la Mairie imposante et dominant la ville. Derrière moi, le Bistrot de la Mairie. Mais un habitant que j’ai croisé auparavant m’a conseillé le resto ouvrier « Le Mont Glonne ». En attendant, Guillaume, je demande à la gérante son autorisation pour recharger mes batteries à une prise électrique. J’attends dehors. Un homme et une femme arrivent à vélo. Lui est en VTT et elle en vélo électrique. On s’assoit à la terrasse quelque temps pour discuter de cyclonomadisme. Ils sont partis quatre jours à remonter la Loire. Mais c’est une première pour eux et ils ne pensaient pas perdre, dans une chute malencontreuse, leur portable, saint graal pour leur logistique et leur orientation. Ils ont quelques difficultés à trouver leur gite pour ce soir et espèrent ne pas devoir les prévenir si ils avaient du retard sur leur parcours prévisionnel. Guillaume me rejoint. Nous discutons tous les quatre puis nous les saluons en leur souhaitant bon périple. Nous allons manger.
Pour ma part, un bon steak-frites. Guillaume apprécie « mon délire ». Je sens que ça lui donne de futures idées (il m’envoya un message plus tard : il envisage de faire en kayak le canal de Nantes à Brest). Il me parle de sa mésaventure avec sa femme sur la Loire. Leur kayak s’est renversé contre une bouée. Heureusement, ils ont pu rejoindre la berge sans trop de difficultés. Il me prévient qu’à partir d’Ancenis, on commence à ressentir la marée. Je pensais que j’y serais contraint un peu plus tard. Ca va m’obliger à suivre les horaires des marées car on ne peut pas lutter à la rame contre la marée. Je devrais continuer sur les tranches horaires « marées descendantes » !
Il a beaucoup voyagé de part son travail. Mais il se retrouve régulièrement d’une manière ou d’une autre près de la Loire. Il apprécie ce fleuve. Nous parlons parapente et paramoteur également.
Il me donne la trentaine de piles que je lui avais commandé la veille au téléphone (je lutte depuis plusieurs jours pour réussir à charger à la fois mon téléphone et ma caméra, mais le froid de la nuit compromet les performances de la batterie du panneau solaire. Elle se décharge à cause du froid. Je dois donc, plus que prévu, utiliser mon boîtier à piles avec sortie USB. 4 piles=1 seule recharge) et nous sortons du restaurant. Nous nous dirigeons vers l’esplanade située devant l’abbatiale de Saint-Florent-le-Vieil pour y admirer la vue plongeante sur toute la Loire, l’île Mocquart, l’île du Buzet et l’île Batailleuse.
Guillaume doit retourner travailler mais me propose de me payer l’apéro à l’endroit où je m’arrêterai pour le bivouac. Je continue à marcher sur ce jardin suspendu. Je croise une cyclotouriste. Ma curiosité est piquée, je lui demande quel parcours elle réalise le long de la Loire. Elle fait Nantes-Tours toute seule. Elle s’appelle Laura Picollec. Elle est fromagère dans le Finistère. Elle profite de quelques jours de congés pour découvrir ce fleuve. C’est la première fois qu’elle part en voyage à vélo mais elle est déjà séduite et pense réitérer l’aventure ! Je fais son portrait devant la Loire.
Je retourne à mon kayak et j’en profite pour faire une photo (pour remercier mon premier sponsor ou plutôt mon premier donateur car le seul et l’unique sponsor de cette aventure c’est mon amie et moi-même) du flotteur insubmersible pour ma caméra : un flacon de test urinaire (non utilisé, je préfère préciser) en don gratuit dans toute pharmacie que j’ai rempli de mousses PU (polyuréthane), elles-mêmes récupérées dans des containers de zone industrielle. Le tube à essai avec bouchon étanche du pack m’a servit de micro-salière, restriction de place et de poids oblige.
15h40. Le vent est toujours fort et rafaleux. Mais toujours dans le dos. Dommage, que je n’ai pas fabriqué comme à mon idée première une voile de spi pour avancer sans effort ! Le mât de mon kayak devait être de construction plus solide pour accueillir une voile de spi que j’aurais adaptée de vrais plans de voilier. Mais un ami kayakiste m’a fait part de son inquiétude en cas de retournement du bateau. En effet, si le mât solide venait à toucher le fond, s’il ne pliait pas, il arracherait une partie de l’avant du kayak. J’ai donc abandonné l’idée. Le périple ne se fera qu’à la force des bras.
15h58. Une barge motorisée en alu me double.
17h08. Vers Ancenis, je fais une pause à l’abri du courant derrière une digue de sable et de rochers pour me dégourdir les jambes. Cet abri crée un bassin d’eau peu profonde, limpide qui donne envie de se baigner.

19h00. 14 kilomètres plus loin, je longe Champtoceaux. J’ai découvert ce lieu avant mon départ par hasard avec un reportage. Champtoceaux anciennement Châteauceaux signifie « château haut ». En effet, celui-ci est dressé sur une colline qui surplombe la Loire de 70 mètres où se trouve le panorama du jardin du Champalud qui est classé au patrimoine depuis 1935.
Je ne m’y arrête pas mais je sais que je reviendrai le visiter. La vue de là-haut doit être sans pareil. Le soleil rasant brûle la peau.

19h18. Je passe sous le pont qui relie Champtoceaux à Oudon.
19h34. Je m’arrête (à une descente à bâteau) près du camping de la Tour derrière la gare de Oudon. Je finis de planter ma tente de nuit lorsque Guillaume et sa fille me rejoignent. Il a vécut quelques temps en Bourgogne. C’est là qu’il a commencé sa formation de paramoteur et qu’il a rencontré les personnes que je connais également (moi par ma participation aux championnats de France d’ULM en 2014). Le Ratafia est un apéritif traditionnel de Bourgogne. Il m’en apporte pour m’offrir un apéritif. Je ne connais pas. Je ne tiens pas forcément à boire de l’alcool après 9 heures passées à ramer connaissant ma faible aptitude à tenir l’alcool mais ça lui fait plaisir et ça me fait plaisir de partager un bon moment. Et puis me dis-je, je dormirai d’autant mieux. Il me servit un grand verre. C’était très bon, sucré. Mais je ne savais pas ce qu’était réellement du Ratafia*...
Sa fille nous prend en photo en train de trinquer devant la Loire.
Ils doivent me quitter. Je commence à me faire à manger. Ce soir : Lasagnes XL – 1000Kcal (Mountain House). Hmm ! Ca va être bon ! J’ai une faim de loup. Alors que l’eau chauffe, je lis sur le sachet : « Remuer avec soin et fermer la glissière. Laisser reposer puis assaisonner et servir directement depuis le sachet. » Il est bien mis « assaisonner » mais je ne vois pas de sachet d’assaisonnement ? Me dis-je. Tant pis, je fais sans. Je verse l’eau bouillante...Tiens, un sachet qui remonte, le sachet d’assaisonnement ! J’ai du mal à le déchirer avec mes mains, je prends mon couteau, l’entaille et le verse dans le contenu lyophilisé. C’est noir charbonneux avec des sortes de graines comme des grains de poivre non concassés. Je me dis que c’est du lyophilisé, que c’est normal que ça peut paraître d’aspect curieux. Je mélange et j’avale mon repas en moins de deux.
Mais au moment de jeter mes sachets vides, je vois sur le petit sachet que j’ai découpé : « DO NOT EAT ». Quoi ?! De plus le sachet est vert ce qui n’invite pas à la vigilance... ! Je regarde de plus près : « oxygen absorber »...Je viens de manger l’absorbeur d’humidité du sachet... ! Je trouvais quand même un arrière-goût pas terrible à ce plat...
Comment peut-on mettre « assaisonner » sans sachet d’assaisonnement ?? Un sportif épuisé peut faire l’amalgame avec le sachet anti-humidité présent, non ? D’autant plus qu’il peut y avoir incompréhension liée à la langue de la notice (ces menus lyophilisés sont prévus pour des expéditions internationales)...
Je regarde sur internet les conséquences et les effets sur mon organisme des produits que j’ai avalé : « problème de santé irrémédiable une heure après l’ingestion »... ! Horreur ! Je ne panique pas mais je cours me faire vomir pour ne pas prendre de risque et je décide d’appeler le 15. Après trois interlocuteurs, j’ai un médecin en ligne :
Moi : Je viens d’avaler par inadvertance un sachet anti-humidité (je donne les termes exacts des produits chimiques dont j’ai oublié le nom)
Le médecin : allez aux urgences les plus proches.
Moi : je fais un périple en kayak, je suis près de la Loire seul dans ma tente.
Le médecin : Ah...
Moi : oui...
Le médecin : ca va vous vous sentez bien ?
Moi : oui...Enfin...Pour le moment ça va,... (?)
Le médecin : bon bah si ça va, ça va !
Moi : Ah...Ok, excusez-moi de vous avoir dérangé..
Le médecin : pas de souci, au revoir.
Moi : oui,...Au revoir,...enfin, non, j’espère pas.
Je bois un bon paquet d’eau pour éviter que ma gorge me brûle et pour diluer tout ça et je m’endors.

*Le Ratafia est de la goutte mélangée à du jus de raisins : 2/3 de goutte, 1/3 de jus de raisins. Ceci peut expliquer cela...

 « La seule œuvre véritablement aventureuse de notre époque est peut-être devant nous avec les livres de Breton, et nous ne pourrions en douter que si nous persistions à ne pas tenir compte du changement de signe qu’a subi à l’époque moderne la notion de l’aventure. Ce qui pour le Moyen Age était source d’enthousiasme, sentiment de l’obstacle mieux que vaincu : volatilisé, c’était le triomphe imaginaire remporté sur les impossibilités matérielles alors toutes puissantes : c’était l’attirail des tapis et des chevaux volants, des fées, des géants, des enchanteurs, des armes magiques. Ce monde ouvert, irrévélé, accumulant autour de l’homme ses grands bancs de brouillard, ce monde de la chance exorbitante qu’était le monde des premiers âges s’est brusquement coagulé sous nos yeux. Les impossibilités matérielles ont reculé d’un coup au delà de toute limite, laissant aujourd’hui, même aux triomphes techniques les plus bouleversants, on ne sait quel arrière goût de "déjà vu" fastidieux – en même temps le monde social où s’ouvraient autrefois, exacerbées peut-être par la rigidité des barrières sociales, des chances véritablement fabuleuses (devenir prince,– devenir roi) s’est sclérosé brusquement sous le poids étouffant de l’universel enregistrement de la police, des lois, des archives, du mécanisme d’une réglementation envahissante qui déprécie tous les possibles à mesure qu’elle les multiplie banalement (il a pu être exaltant sans doute d’imaginer Cendrillon devenant princesse : il ne l’est plus, même pour des enfants, d’imaginer un prolétaire devenant président de la République – et cela du fait que ce haut magistrat ne nous apparaît au fond que comme un rouage plus pitoyablement commandé encore que les autres, plus incapable qu’un autre de répondre à l’élan aujourd’hui presque impossible à satisfaire vers un être "hors série" – "hors la loi"). Notre conception de l’aventure a dû en conséquence changer entièrement de sens. Avec l’achèvement de l’exploration de la planète (l’exploration de la matière n’a pas le même retentissement imaginatif) s’est terminée l’ère de l’aventure diffuse et vaguante : celle des romans de la Table Ronde comme celle de Robinson Crusoé. »

Extrait du livre de Julien Gracq, André Breton, quelques aspects de l’écrivain.

Julien Gracq (1910-2007) est né à Saint Florent-le-Vieil.
Enfin quelques rayons pour me réchauffer le dos!
Enfin quelques rayons pour me réchauffer le dos!
Ingrandes se réveille.
Ingrandes se réveille.
Ca souffle en altitude.
Ca souffle en altitude.
Calor!
Calor!
Derrière le bivouac.
Derrière le bivouac.
Un p'tit déjeuner chaud pour se décontracter.
Un p'tit déjeuner chaud pour se décontracter.
Ingrandes.
Ingrandes.
Sur les hauteurs de Saint-Florent-Le-Vieil en compagnie de Guillaume Thorin.
Sur les hauteurs de Saint-Florent-Le-Vieil en compagnie de Guillaume Thorin.
Saint-Florent-Le-Vieil.
Saint-Florent-Le-Vieil.
J'ai troqué mon kayak contre un vélo.
J'ai troqué mon kayak contre un vélo.
Laura Picollec, fromagère dans le Finistère. C'est sa première expérience de cyclonomadie! 
Elle remonte la Loire seule de Nantes jusqu'à Tours.
Laura Picollec, fromagère dans le Finistère. C'est sa première expérience de cyclonomadie! Elle remonte la Loire seule de Nantes jusqu'à Tours.
Mon premier sponsor malgré elle : la pharmacie Saint-Lazare au Mans qui m'a fournit gracieusement le test d'urine, superbe flotteur-imperdable pour la gopro.
Mon premier sponsor malgré elle : la pharmacie Saint-Lazare au Mans qui m'a fournit gracieusement le test d'urine, superbe flotteur-imperdable pour la gopro.
Je quitte Saint-Florent-Le-Vieil après avoir déjeuné avec Guillaume.
Je quitte Saint-Florent-Le-Vieil après avoir déjeuné avec Guillaume.
Une pause s'impose!
Une pause s'impose!
Une digue pour se mettre à l'abri du courant.
Une digue pour se mettre à l'abri du courant.
Oiseaux migrateurs.
Oiseaux migrateurs.
En face de Champtoceaux, où se situent les jardins suspendus.
En face de Champtoceaux, où se situent les jardins suspendus.
Eclipse de fraise!
Eclipse de fraise!
Rame, rameur, ramez...
Rame, rameur, ramez...
Arrivé à Oudon à 19h30. J'en ai plein les bras.
Je préfère arriver plus tôt pour avoir le temps de monter la tente de jour et profiter un peu de la soirée.
Arrivé à Oudon à 19h30. J'en ai plein les bras. Je préfère arriver plus tôt pour avoir le temps de monter la tente de jour et profiter un peu de la soirée.
Le coupable : le ratafia!
Le coupable : le ratafia!
Le ratafia, tel le fresnel du phare dans la nuit guidant les kayakistes perdus (hips!).
Le ratafia, tel le fresnel du phare dans la nuit guidant les kayakistes perdus (hips!).
Assaisonnez qu'il disait!
Assaisonnez qu'il disait!
Et hop, un peu fatigué, plus lucide et en n'ayant vu que les dessins de la notice, bien mélangé tu ne vois plus l'absorbeur d'oxygène...No Comment please!
Et hop, un peu fatigué, plus lucide et en n'ayant vu que les dessins de la notice, bien mélangé tu ne vois plus l'absorbeur d'oxygène...No Comment please!
 
Jour 12 : mercredi 30 septembre 2015.
Départ : Oudon vers 10h00.
Etape : Nantes à 13h36
Arrivée : Indre (lès Basse-Indre) à 16h47
Distance parcourue (en kayak et à pied pendant les escales) = 36,6 km


08h00. Je suis toujours vivant. Pas de mal de ventre. C’est la première fois que je ne fais pas trop attention à l’exposition du soleil pour mon bivouac. Je suis arrivé trop tard hier pour penser à ça. Je suis à l’ombre, il fait froid. En plus c’est humide. Je détache rapidement le double-toit de ma tente et l’étend pour qu’il ait le temps de sécher au maximum avant de replier mes affaires. Je me fais un repas et une boisson chaude. Ce matin c’est : Muesli au chocolat (Real Turmat).

La grande question des toilettes ou comment faire ses besoins dans la nature :
En allant sur les sites d’escalade cela fait longtemps que le « grimpeur-citoyen raisonnable » applique « l’enfouissement de caca/zéro déchet » mais il existe un livre que je vous conseille, qui est sorti depuis, qui traite du sujet : Comment chier dans les bois de Kathleen Meyer. Toujours est-il voici la recette :
_ Faire un trou dans une zone (relativement dégagée des feuillages et branchages secs. Sinon les balayer. Surtout l’été !) avec une pelle américaine (pliante) pour les mieux équipés ou avec un bout de bois, etc,
_ Faire ses besoins,
_ Au pire des cas enterrer le papier souillé. Mais mieux, avec un briquet, le brûler dans le trou en prenant soin de ne pas déclencher un incendie. Veillez à rester jusqu’à consumation complète du papier,
Autre solution : récupérer le papier et le mettre dans une poubelle proche. Et si il n’y a pas de poubelle, placer le papier dans un sac plastique que vous aurez dans vos affaires pour le mettre ensuite à la poubelle,
_ Puis reboucher le trou.
Résultat : un site propre non pollué, et non sali pour les éventuels randonneurs !

Mais par expérience, il est souvent bien plus compliqué d’aller aux toilettes en ville que dans la nature (sans payer je veux dire). En effet, nous avons bien du mal à trouver des toilettes publiques dans nos villes et villages en France. Et lorsqu’elles sont présentes, elles ne disposent pas toujours de papiers et surtout de savon, indispensable pour l’hygiène personnelle et collective et la santé publique ! Elles ne sont pas entretenues et nettoyées quotidiennement. Cela n’incite pas à leur utilisation et crée une habitude de la population de « non-hygiène » banalisée. C’est un devoir public qui n’est pas rendu par l’Etat envers sa population. Le fait que le sujet soit « tabou » fait qu’il n’intéresse pas les pouvoirs publics. Hors, c’est un réel problème de santé public !
Fait troublant, il n’y a pas parité dans le dédain de l’hygiène : on trouve très souvent du savon dans les toilettes pour femme et non dans les toilettes pour homme. Comme si, la femme serait plus sale (?!) Ou comme si l’homme aurait la permission d’être sale... ?!
Autre point rapidement, le fait de se retenir d’aller aux toilettes crée des problèmes de santé chez la personne (dysfonctionnements rénaux entre autres,...). Voilà pour l’aparté des toilettes. C’est une vraie question qui mérite qu’on s’y arrête.
Reprenons le déroulé de la journée.

Je mets environ 2 heures le matin à lever le camp. Je pense être parti vers 10h00.
10h34. Une bouée verte danse et tourne sur elle-même par la force du courant.
10h35. Des ruines de château sur droite à hauteur de Saint-Méen*. Quasiment en face, l’île Perdue*. Le TGV longe la Loire. Comment font-ils lors de crues, la ligne n’est pas vraiment surélevée ?
10h48. Une bouée marquée « 72 », Sarthe Powaa !
4 kilomètres après Oudon, sur la commune Le Cellier, je passe sans le voir devant le château de Clermont qui appartenait à Louis de Funès. C’est maintenant un musée qui retrace son parcours d’homme et de comédien. Je voulais m’y arrêter pour le visiter mais il n’est ouvert que le week-end. Tant pis, je reviendrai.
Je recroise la barge en alu vue la veille en milieu d’après-midi. 3 personnes la trentaine à bord. Je vais vers eux. Ils sont là pour sonder la Loire et faire des relevés topographiques des fonds. Effectivement la Loire est vivante et les bancs de sable se déplacent constamment. Il faut en permanence vérifier et contrôler ne serait-ce que pour la navigation maritime sur la Loire.
12h33. J’aperçois mon premier bateau de pêche au mouillage. La Loire est vraiment large à cet endroit ; je pense être entre l’île de la Chênaie et l’île Arrouix (entre Saint-Julien-de-Concelles et Thouaré-sur-Loire).
12h42. Quelques vaches, les pattes dans l’eau me regardent passer.
Vers 13h15, je longe l’île Héron qui est une réserve ornithologique et j’arrive à la pointe de l’île de Nantes, d’un côté le bras de Pirmil et de l’autre le bras de la Madeleine. Mince... ! Avec le courant j’arrive vite sur la patte d’oie, je ne sais pas quel bras prendre pour voir l’île aux machines. J’appelle Guillaume qui me dit de prendre à droite. Ouf ! Merci.
13h36. Je passe sous le premier pont où je vois la ville bien présente. C’est un pont à haubans. Il s’appelle le pont Eric Tabarly* ! (*Tiens, décidément, mon voyage est lié à ce marin !)
Sur gauche un peu en amont, le Conseil régional des Pays de La Loire*.
Juste après un autre pont et sur la gauche, un bâtiment siglé Ouest France (que je filme, p’tit clin d’oeil à mon article).
J’enregistre le son, l’ambiance de la ville pendant une minute.
13h58. Je vois la grue jaune et le carrousel des mondes marins de l’île aux Machines. Mais aussi, dans le ciel, je vois pour la première fois le Beluga. C’est l’avion super-porteur d’Airbus. Sa taille est impressionnante. Mais je suis surpris de la petite envergure de ses ailes par rapport à sa taille. Il doit avoir un sacré aérodynamisme et une sacré poussée moteur !
En face le destroyer (musée naval) qui vient tout juste d’être repeint par un collectif de graffeurs. J’espérais faire escale sur l’île mais les pontons sont bien trop hauts et les rebords vaseux...
14h07. Je ressens pour la première fois le phénomène ondulatoire qui se crée pendant 10 ou 15 minutes au début de chaque phase de marée. De grandes ondes à fortes amplitudes. C’est impressionnant d’autant plus que je suis à ras de l’eau.
14h30. 3 kilomètres après les Machines de l’île, un supertanker amarré près de silos juste avant un pont suspendu. Zones portuaires, maritimes, industrielles.
16h47. J’arrive à Indre. Il y a un bac pour véhicules et piétons pour passer de l’autre côté. Des grandes descentes à bateau. Je préfère m’arrêter là car le niveau de l’eau est déjà assez bas et j’ai peur qu’il y ait bientôt trop de vase à découvert pour pouvoir rejoindre le bord plus loin.
Je laisse rapidement mon kayak et prospecte un lieu pour bivouaquer. Il n’y a que ce terrain d’herbes rases au sol dur en plein centre-ville (place Jean Bordais). J’espère que je ne serai pas dérangé par des fêtards ou par la police qui souhaiterait que je parte. Je commence à remonter toutes mes affaires. Un homme me voit faire et me propose gentiment son aide. On porte le kayak puis le canot ensemble. On discute pas mal. Il est sympa.
Plus tard, un autre homme s’arrête, intrigué par mon kayak « Ramène ta Fraise ! ». Il aime beaucoup mon projet. Il me demande si j’ai lu le livre Aventures en Loire de Bernard Ollivier. Non, lui dis-je. Il me répond : « C’est le récit d’un type qui a descendu la Loire de la source à l’estuaire. Je l’ai lu, il est en train de prendre la poussière dans ma bibliothèque. Attends que je retourne chez moi... » Il partit. Entre temps, une femme, des petits enfants intrigués auxquels je racontais que ma mission était de la plus grande importance : j’allais manger une glace à la fraise ! D’ailleurs, j’ai toujours voulu faire une série photo sur le lien très fort qu’il existe entre un enfant et sa glace ! Plus rien n’existe autour. C’est du bonheur pur ! Un jour, il faudrait que je m’y attèle.
L’homme revient, me donne le livre et s’en va, sans un mot. Je marque un temps : ..., j’aurais aimé discuter encore, tant pis. Merci pour le livre en tout cas, me dis-je, j’ai hâte de le lire. Je m’allonge dans la tente et fais une sieste à demie éveillée en profitant de la chaleur.
Le camping est 5 étoiles : un robinet d’eau et des toilettes publiques automatisées avec papier et savon. Les deux ensemble c’est rare en France pour être souligné !
18h00. Un remorqueur et le supertanker «African Jacaranda » que j’ai vu près des silos passent. Le tirant d’eau est impressionnant.
Une femme est assise sur le rebord à lire une BD pendant que ses enfants jouent. Elle regarde de temps en temps l’eau qui remonte fortement. Ce sont les grosses marées en ce moment (Hier 117, aujourd’hui 116 et 113).
Nous discutons un peu. Je vois passer un bateau avec 4 rameurs. Elle me dit que c’est un aviron de mer. Je n’en avais encore jamais vu. Elle me dit qu’elle fait partie du club. Peut-être connait-elle les marées ou un site à me conseiller pour les consulter pour demain matin ; je lui demande. Elle me propose d’aller voir Pierre le président du club de l’autre côté de la route au niveau du hangar où sont entreposés les bateaux. Il est très sympa. Nous discutons beaucoup. Il me rassure sur la suite lorsque je lui demande si il y a des subtilités à connaître. Il a le carnet des marées. Je prends en photo la page des jours concernés. Demain, la marée est haute à 8h42. Il va falloir que je me lève vers 6h30 pour ne pas perdre le créneau de plus de 7 heures.
Ce soir au diner c’est kebab rue Charles Laisant. Le soir, la faim me gagne vous l’aurez compris et je me rue sur des plats riches et (un peu) gras.
Je me couche vers 21h00 pour être en forme demain matin à l’aube.

*Je ne savais pas ces informations au moment de passer en kayak.

Arrivé trop tard hier soir, je n'ai pas fait attention à l'endroit du bivouac par rapport au lever du soleil : il fait très humide et je suis à l'ombre...Brrr.
Arrivé trop tard hier soir, je n'ai pas fait attention à l'endroit du bivouac par rapport au lever du soleil : il fait très humide et je suis à l'ombre...Brrr.
Chaleur et migrateurs.
Chaleur et migrateurs.
Le Cellier. 
Je passe devant le château de Louis de Funès devenu un musée retraçant son histoire.
Le Cellier. Je passe devant le château de Louis de Funès devenu un musée retraçant son histoire.
13h40. Le pont Eric Tabarly à l'entrée de Nantes.
13h40. Le pont Eric Tabarly à l'entrée de Nantes.
Le Beluga, le mastodonte des airs d'Airbus.
Le Beluga, le mastodonte des airs d'Airbus.
Ses ailes semblent trop petites par rapport au volume...!
Ses ailes semblent trop petites par rapport au volume...!
Les pièces partent en vol pour la fin de l'assemblage à Toulouse.
Les pièces partent en vol pour la fin de l'assemblage à Toulouse.
L'île aux Machines. Marée trop basse et pontons trop hauts (trop de vase) : pas d'escale tant pis.
L'île aux Machines. Marée trop basse et pontons trop hauts (trop de vase) : pas d'escale tant pis.
Velvet et Zoer viennent de repeindre le musée militaire flottant le "Maillé-Brézé" quelques jours auparavant. Un peu de couleurs dans ce monde de gris!
Velvet et Zoer viennent de repeindre le musée militaire flottant le "Maillé-Brézé" quelques jours auparavant. Un peu de couleurs dans ce monde de gris!
Géant enjambant.
Géant enjambant.
16h50 : arrivée à Indre.
140x25 mètres.
16h50 : arrivée à Indre. 140x25 mètres.
Le bivouac installé directement sur un bout de pelouse dans le centre-ville. Terre peu épaisse et dure : difficile de planter la tente! Robinet d'eau potable et toilettes publiques auto., le grand luxe!
Le bivouac installé directement sur un bout de pelouse dans le centre-ville. Terre peu épaisse et dure : difficile de planter la tente! Robinet d'eau potable et toilettes publiques auto., le grand luxe!
Un homme qui me voit m'installer vient spontanément discuter. Il me parle de ce livre et me dit qu'il revient un peu plus tard. Il me l'offrit...!
Un homme qui me voit m'installer vient spontanément discuter. Il me parle de ce livre et me dit qu'il revient un peu plus tard. Il me l'offrit...!
Grand coef. de marée : 116 aujourd'hui. L'esplanade est recouverte.
Grand coef. de marée : 116 aujourd'hui. L'esplanade est recouverte.
Pierre, président du club d'avirons de mer à Indre me donne les horaires des marées pour les prochains jours selon les lieux où je me situe. Depuis Oudon, je fais en fonction des marées et je me lève plus tôt pour pouvoir partir à marée descendante.
Pierre, président du club d'avirons de mer à Indre me donne les horaires des marées pour les prochains jours selon les lieux où je me situe. Depuis Oudon, je fais en fonction des marées et je me lève plus tôt pour pouvoir partir à marée descendante.
Le bac et le bivouac.
Le bac et le bivouac.
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