[Italie-Trek] A travers les Dolomites par l'Alta Via N°2 (partager) Vue d'ensemble

Traversée des Dolomites Italiennes par l'Alta Via N°2 de Bressannone à Feltre en autonomie totale.
Le récit en entier et toutes les photos ainsi que les conseils et le matos, c'est par ici -->http://www.ad-photos.fr/dolomites-italiennes-2015-alta-via-n2-du-nord-au-sud/
S'y rendre de manière douce : C'est possible en train bus Précisions : On l'a fait en covoiturage :)
randonnée/trek / escalade alpinsime
(réalisé) Quand : 24/07/15 Durée : 13.5 jours
Carnet créé par carterslap le 16 juil. 2015 modifié le 09 janv. 2016
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Le topo : Etape 8: Passo Valles - Bivacco Brunner (mise à jour : 09 janv. 2016)


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Le compte-rendu : Etape 8: Passo Valles - Bivacco Brunner (mise à jour : 09 janv. 2016)

Nous nous réveillons requinqués par notre festin d’hier soir. Il est 06h30 et le ciel est radieux. Pendant que l’on fait sécher la tente qui est trempée à cause de la rosée, nous déjeunons devant un panorama de montagnes et de prairies alpines.

Le départ est donné. Nous passons devant le refuge de Passo Valles où l’on s’arrête pour faire le plein d’eau aux toilettes. Les gérants ne font pas d’histoire et l’on peut remplir toutes nos gourdes. Une fois bien chargé, nous entamons notre ascension par un versant à l’ombre puis nous contournons la montagne pour atteindre une belle combe herbeuse où l’on se pose pour admirer la vue. La fatigue commence à se faire sentir dans le groupe.
Nous arrivons au refuge de Mulaz aux alentours de 12h. La bâtisse est nichée dans un petit cirque rocheux face à des pics abruptes et impressionnants. Nous nous installons sur la terrasse chauffée par le soleil et nous profitons de cette halte pour faire sécher quelques affaires encore mouillées du matin ou nos T-Shirt trempés de sueur.

J’ai l’impression que l’ambiance est un peu bizarre, un mélange de tension et de fatigue malgré le temps magnifique et une étape quasiment terminée. D’ailleurs, que fait-on maintenant? Plusieurs options s’offrent à nous. Grâce à la carte de Jérémie et Sandra, on sait qu’il y a un bivouac non gardé un petit plus loin, il faut cependant faire un petit détour. Mais nous ne savons pas s’il est ouvert, s’il y a de l’eau à proximité… Je vais demander au gardien du refuge ce qu’il en est. Le type est super sympa, un grimpeur invétéré à en juger par les photos l’illustrant sur les parois environnantes. Il parle super bien anglais enfin il est compréhensible par un Français tout du moins ;). Il m’informe donc que le bivouac est ouvert, qu’il est accessible et que c’est « a great spot« . C’est parfait! La décision est prise, nous partirons pour le bivouac de Brunner!!
Tout le monde est un peu HS et on fait durer le plaisir. On enchaîne, cappuccino et chocolat chaud! D’ailleurs le chocolat chaud de ce refuge est élu le meilleur du monde, c’est énorme comme dirait Jérémie!
Les filles demandent également si c’est possible de prendre une douche car les quelques jours sans hygiène capillaire commence à être dur à supporter. Les douches chaudes sont payantes, elles demandent donc si elles peuvent prendre une douche froide gratuite. Les gérants sont d’accord mais apparemment impossible de faire fonctionner la douche avec que de l’eau froide! C’est apparemment la première fois qu’on leur demande de prendre une douche froide! Bon tant pis, c’est douche au lavabo et lessive également!

14h. Nous partons pour le bivouac de Brunner. Il fait toujours chaud et le soleil tape sur nos fronts. On attaque tout de suite par une pente très raide d’une trentaine de mètre pour arriver un petit col, la Forcella Margherita. Le sentier se poursuit en courbe de niveau pour atteindre un névé. La trace devient moins évidente dans la neige et encore moins lorsque l’on atteint un pierrier assez instable au pied du col de Passo delle Farangole .

La trace se poursuit par une via ferratta assez aérienne. Nous plions nos bâtons de marche et les accrochons à nos sac à dos. Sandra part en tête suivi de près par Jérémie. Géraldine et moi optons pour passer dans le pierrier, dret dans le pentu. La trace passe sur notre gauche sur des promontoires rocheux, le but de notre escapade hors piste dans le pierrier est de rejoindre la piste un peu plus haut. Malheureusement, on avance la tête dans le guidon, assurant chaque pas dans ce tas de cailloux instable. Géraldine se déporte sur la droite tandis que je tente de me rapprocher du flanc gauche. La pente est vraiment raide, nous sommes quasiment couchés sur la pente. Je rejoins les promontoires rocheux à gauche alors que Géraldine se retrouve complètement à droite et un peu bloquée. Il faut qu’elle rejoigne impérativement la piste car le terrain ne s’améliore pas sur la droite. Mais le fait de s’être arrêté et de se retrouver face à la pente ne la rassure pas. Je lui dit de ne pas s’inquiéter, et de bien creuser de petites marches parallèles pour nous rejoindre mais elle hésite.
Jérémie, qui nous as rejoint, prends les choses en main, lâche son sac et traverse comme pour rire le pierrier pour aller prendre le sac à dos de Géraldine. La traversée est bien plus aisée maintenant et ils me rejoignent sans encombres. Avec le recul, je me suis dit pourquoi je n’y suis pas allé à la place de Jérémie. Je crois que j’étais convaincu qu’elle allait réussir quoiqu’il arrive vu qu’elle ne paniquait pas, il fallait qu’elle prenne son temps. Jérémie a réagi plus vite que moi! Encore Merci :). Quoiqu’il en soit, elle ne m’en a pas tenu rigueur… merci aussi 15x15

Nous continuons l’ascension qui est maintenant un peu plus aisée puis nous atteignons enfin le col de Passo delle Farangole. Le col est vraiment coincé entre les parois rocheuse et extrêmement étroit. L’ascension et l’épisode du pierrier m’a assez éprouvé émotionnellement, j’ai l’impression qu’on est resté des heures dans cette face! Une descente périlleuse nous attend maintenant. Etant équipé pour des vraies Via Ferratta, Sandra et Jérémie possède des casques et c’est ainsi que les filles vêtues de leur protection ouvrent la voie pendant que nous suivons de très loin la descente afin de ne pas faire tomber de pierres.
Lorsque l’on atteint le haut du cône d’éboulis situé en bas de la brèche, deux sentiers s’offrent à nous. Un à gauche et un à droite. Les deux semblent se rejoindre au même endroit, il n’y a pas beaucoup de choix de sortie dans ce cirque rocheux. Je pars sur la droite pendant que mes 3 compères restent en haut à attendre je ne sais quoi. Mon sentiment à ce moment est confus, je ne sais pas pourquoi mais je suis agacé, ils n’avancent pas, ils ne se décident pas « Qu-est-ce que vous foutez?? » leur crie-je sur un ton qui ne laisse aucun doute sur mon humeur… Pourquoi suis-je sur les nerfs? Je suppose que la fatigue et le coup de stress dans le pierrier y sont pour beaucoup.

Ils finissent par me rejoindre, les filles en empruntant le même chemin que moi et Jérémie à travers le pierrier en mode chamois.
Nous sortons du cirque et l’on se dirige à flanc de montagne vers l’entrée de la combe qui va nous conduire au bivouac Brunner. Je suis encore un peu tendu et à fleur de peau avec Géraldine qui est également crevée. Complètement épuisé, nous nous disputons pour des broutilles et c’est le cœur gros que l’on attaque la dernière ligne droite vers le bivouac. Chacun monte en silence, la tête penchée vers la rocaille blanchâtre. Soudain, nous tombons nez à nez avec un troupeau de bouquetin. C’est exactement ce qu’il nous fallait! Nous sommes complètement émerveillés! Je mitraille les pauvres bêtes. Puis nous reprenons notre route.érémie et Sandra suivent les traces rouges et blanches tandis que Géraldine tente une sortie hors piste dans un pierrier, encore… C’est une manie! C’est trop facile de suivre le sentier! Trop forte ;). Cette fois-ci tout se passe bien! Le bivouac se fait attendre! Où est-il??? Ce n’est qu’une fois devant, à quelques mètres, qu’on a pu le voir et pour cause, c’est une boite de sardine! Mais on peut quand même mettre 9 personnes dedans! Il n’y a personne sauf un randonneur qui repart peu de temps après notre arrivée. Nous sommes donc seuls au milieu de la roche. C’est surréel! C’est indescriptible! Un sentiment de liberté total… Rien d’autre à faire que fouiner dans la boite, préparer à manger, écrire dans le journal, prendre des photos, écouter, regarder, s’imprégner, vivre l’instant présent, déconnexion totale.
Nous nous installons donc et Jérémie vient me voir pour me demander si ça va, car il m’a trouver un peu « chafoin » lorsque l’on descendait le col. J’apprécie énormément qu’il vienne m’en parler et me demander le comment du pourquoi. C’est exactement ce que j’aurai fait si ça avait été l’inverse. Il est à l’écoute. Je m’excuse auprès de lui et auprès des filles un peu plus tard expliquant mon coup de stress et ma fatigue et mon envie de quitter le cirque rocheux bien qu’il n’y eut aucun risque.

Je veux absolument prendre une douche alors je pars au pieds du glacier qui s’écoule devant nous pour trouver une source d’eau. J’en profite pour me poser un peu, réfléchir et contempler seul le paysage. Ne trouvant pas mon bonheur, en remontant vers le bivouac, je passe sur un névé et je finis par me doucher avec la glace pilée dans les cheveux. C’est revigorant et je me sens propre. Je remonte. On mange et on se met enfin au lit, exténué. Une super nuit au doux bruit des grincements de matelas…



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