V'Asie à Vélo

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V’Asie à vélo
 
Voyager au bout du monde, on en rêvait depuis longtemps, mais c’était peu conciliable avec notre volonté de ne plus prendre l’avion. Quand on s’est mis à faire de petites vacances à vélo, on a découvert combien c’était simple et plaisant, et aidés par la lecture assidue de Carnet d’Aventure, notre envie s’est concrétisée !
Nous enfourcherons donc Bucéphale et Éclair, nos fidèles destriers à pédales, le 29 août, pour un périple autour de l’Eurasie qui devrait durer 15 mois, sans carbone, sauf un bout de transsibérien pour éviter les grands froids. 
Notre intention : parcourir notre planète le plus simplement possible en évitant les impacts négatifs que peut engendrer le voyage. Malgré sa simplicité, notre voyage se veut joyeux et bon vivant : nous essaierons d’enrichir notre carnet de recettes de bivouac avec de petits plats « gastronomiques » au réchaud (pourquoi pas agrémentés de plantes sauvages), et d’ajouter à notre cahier de chants préférés ceux des personnes que nous rencontrerons.
 
Anabelle et Loris

Encore plus de détails sur https://vasieavelo.worpdress.com . Des photos, des poemes, des videos, des recettes et des astuces ! Venez donc faire un tour ;)
vélo de randonnée
Quand : 29/08/16
Durée : 455 jours
Distance totale : 25015.5km
(dont 24429.3km réalisés)
Carnet créé par vasieavelo le 18 août 2016
modifié le 01 août
886 lecteur(s) - 14
Vue d'ensemble

Le topo : Europe (mise à jour : 01 août)

Distance section : 3083.9km

Milieu traversé :

Environnement : [campagne]

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Le compte-rendu : Europe (mise à jour : 01 août)

1-France : Départ, montagnes et copains
Publié le 3 septembre 2016par vasieavelo
Du courage ?
Ca y est, l’heure du grand départ est arrivée !
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Un départ chargé en émotion. L’excitation du départ bien sûr. L’impatience de partir, enfin, arpenter les routes après des mois de préparation. La joie de voir tout les gens auquels on tiens une dernière fois avant plusieurs mois. Mais aussi, un peu de tristesse, pour les aurevoirs, car l’on ne se reverra pas avant longtemps, et qu’il y aura un manque, forcément, qu’il sera difficile de combler par skype ou téléphone. Même si l’on y est préparé, cela est toujours un peu dur.
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On nous souhaite souvent « bon courage » pour notre voyage. On trouve pourtant qu’il n’en nécessite pas tant que cela. Il faut pour nous bien plus de courage pour travailler 40h/semaine (ou plus) devant un ordi pour rembourser un crédit, que pour passer un an de vacances à voyager autour du monde. Le courage, c’est quand même super subjectif. Alors, quand même, si notre voyage demande du courage, c’est bien au moment du départ pour quitter les gens qu’on aime.
Les montagnes
150x150Nous sommes donc partis en compagnie de Monique et Pascal qui nous accompagnent pour les deux premières étapes, d150x150irection Grenoble. Deux étapes ne seront pas de trop pour y arriver tranquillement. La mise en jambe se fait donc en douceur. Ces premières étapes  (voir même juste avant le départ) nous permettent d’ajuster des petits points techniques (vis défectueuses, dérailleurs à re-régler, portes-bagages taquins…).
Nous arrivons très vite en vue du Vercors et déjà nous ne regrettons pas d’avoir choisi de partir par les Alpes. 1023x153
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Les copains
Pour ces 5 premiers jours, nous n’avons pas vraiment eu l’occasion de nous mettre en mode bivouac. Nous avons planté la tente seulement le premier jour. Nous étions avec Monique et Pascal et alors, probablement à cause de l’inertie de groupe, nous repartons assez tard le lendemain matin.
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Les autres jours nous avons toujours été accueillis par des amis ou de la famille. A chaque fois, l’accueil fut fort chaleureux et ce fut un plaisir ! Bien que l’on se demande des fois si cela est plus reposant que planter la tente 16x17
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Avec Maud et Adrien à Grenoble


Le seul autre jour où nous aurions dû  planter la tente, la gérante du camping d’Albertville nous a donné une tente en dur tout confort pour le même prix qu’un emplacement car nous venions d’essuyer notre premier grain et elle ne souhaitait pas qu’on reparte déjà avec des affaires mouillées.  Le lendemain, nous repartirons à 11h. Pas d’excuse d’inertie de groupe cette fois-ci.
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Chez Christophe, Marie-Jo, Pauline et Fanny à Pringy


 
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Chez Lulu, JB et Émilie.



C’en est donc fini de la France : nous attaquons la Suisse cet après-midi. En dehors des pistes cyclables (fort agréables et roulantes il faut le dire), où se faire doubler par des VGV (Vélos à Grande Vitesse) qui te sifflent pour que tu les laisses passer est moyennement sympathique, nous sommes surtout passés par des petites routes et avons reçu pas mal d’encouragements et de sourires. Nous avons même reçu une proposition d’hébergement par un couple de retraités chez qui nous remplissions nos gourdes ! Quand on connait la réputation de la France en matière d’accueil, c’est plutôt encourageant pour la suite !


2-La Suisse, paradis des cyclo-randonneurs avec de bonnes cuisses* !

Publié le 10 septembre 2016par vasieavelo

Entre montagnes et lacs, des paysages incroyables
On ne s’y attendait pas forcément (en tout cas, pas à ce point), mais la Suisse est vraiment un pays magnifique ! On a commencé au dessus du lac de Genève, avec vue sur les montagnes derrière, et surtout le Mont Blanc comme on n’a pas l’habitude de le voir (c’est à dire, vu d’un autre côté).
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On trouvait déjà ça super beau, mais ça a continué, même une fois ce lac passé. Alors, oui, on force bien dans les montées (c’est rarement plat), mais qu’est-ce que c’est beau !
800x448Collines verdoyantes, vallées parsemées de maisons en bois (type gros chalets avec plein de fenêtres), montagnes montagnes montagnes, et des lacs partout. Dès qu’on en quitte un, on en trouve un autre ! On se demande si le pays n’est pas plus recouvert d’eau que de terres ! 16x17 On ne s’en lasse pas ! 800x313
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Des routes cyclables partout
Ça, c’est vraiment top : en Suisse, il y a des itinéraires cyclables à peu près partout, très bien flêchés et indiqués par des panneaux marrons bien voyants (sauf quand des fleurs ont décidé de pousser dessus!), avec souvent des plans récapitulatifs pour la région. C’est super confortable de ne pas avoir besoin de s’arrêter pour regarder la carte trop souvent. On regarde quel itinéraire nous convient, et on se laisse guider. Du coup, on conseille vraiment la Suisse aux amateurs de cyclotourisme*. Des fois, ils sont un peu joueurs et nous font passer par des pistes ou des chemins de VTT, mais bon, on se dit que ça nous entraine pour les pays où il n’y aura pas du goudron partout !
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Les panneaux de la véloroute 1 que nous suivons dans le vignoble vers Lausanne



 
Un bon entrainement physique
Oui, bon, alors, il faut aimer la grimpette, parce qu’autant vous prévenir : il n’y a pas de plat ! C’était d’ailleurs le but : s’entrainer un peu à la montagne dans des conditions « européennes » avant d’aller en Himalaya. Mais cela a plusieurs avantages :


  • On est super fier d’arriver en haut 16x17 (même si on met le temps)
  • Les descentes sont démentes (‘fin, si on n’a pas peur, hein, parce que parfois, c’est un poil crispant), qu’est-ce que c’est grisant cette sensation de vitesse quand même !  Parfois, on est même ralenti par des véhicules à moteur (tracteurs ou scooters).
  • On a tout le temps d’admirer le paysage, et de se dire que ça vaut largement le coup.

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    Le col de Jaunpass et sa moyenne de 12%. Ca grimpe!




Du coup, c’est à ça que servent les bonnes cuisses ! (Mais si on ne les a pas déjà, on peut se les faire en route, hein !)
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Des rencontres
1er jour en Suisse. On nous a conseillé de ne pas trop bivouaquer sans demander la permission aux fermiers, qui seront certainement tout contents de nous prêter un bout de champ. Il est 17h30, la vue sur le lac Lémant et sur le Mont Blanc est splendide, et d’immenses prés tout plats ne demandent qu’à accueillir notre tente. Allez, on se lance, on va frapper à la porte d’une ferme et demander si on peut planter notre maison ambulante ici. Pas de réponse à la 1ère ferme. C’est pas grave, essayons-en une autre ! Pas de réponse non plus. Ben alors, ils sont où, les gentils fermiers ? Nous apercevons au loin 2 promeneuses et filons pour leur demander de l’aide. Elles nous répondent qu’elles ne savent pas où on peut aller mais nous proposent de nous suivre jusqu’à chez elles, où leur voisine saura peut-être. En fait, la voisine nous indique « qu’on n’a pas le droit de se mettre n’importe où, ici », et qu’il faut qu’on aille au camping, quelques kilomètres au dessus. Pffff, ça ne nous enchante guère, on voudrait vraiment bivouaquer, et surtout garder la vue sur le Mont Blanc, mais on n’a plus trop le choix. On décide donc de monter. Une autre ferme attire notre attention : grosse maison, énorme silo, et plein de terrains plats sans vaches tout autour. Si on tentait notre chance ici ? Ce sera l’échec, encore une fois. Le fermier nous dit encore qu’on n’a pas le droit de se mettre ici ! Finalement, on finit notre montée et on va se cacher dans un pré non loin du camping. On est un peu déçu de ne pas se coucher face à la belle vue (mais pas grave, le lendemain nous nous lèverons super tôt pour déjeuner face à lui avec le soleil levant), et déçus surtout de l’accueil des suisses. Le lendemain, du coup, on est un peu refroidi, et on décide que cette fois, on ira se cacher directement, sans demander. En bas d’une grosse montée, autour de 17h, une voiture s’arrête à notre hauteur. Dedans, une jeune femme nous demande si on sait où dormir, et alors qu’on lui répond qu’on ne sait pas trop, nous propose de venir chez elle. Youpi ! Pas eu besoin de demander cette fois-ci ! C’est comme ça que nous faisons la connaissance de Rahel, cyclo-voyageuse au long cours par le passé, naturopathe en formation, cuisinière hors pair  (miam, le curry de légumes façon thaï), et habitante d’une jolie roulote sur les hauteurs de Vevet. Nous n’arrêtons pas de nous répéter que nous avons de la chance, c’est une sacrée coincidence qui nous a menés là ! Nous passons en sa compagnie une soirée et une matinée fantastiques, riches d’échanges, de conseils voyage et de discussions sur la vie. Il a beau pleuvoir encore quand nous repartons le lundi midi, nous sommes boostés pour la suite !
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Nous avons ensuite fait plusieurs rencontres, de plus en plus, d’ailleurs, au fur et à mesure des jours, plus sommaires que celle-ci, mais toujours très appréciables. Souvent, les gens qui nous abordent ont l’air contents pour nous, nous disent que ce qu’on fait, c’est un peu le rêve de chacun, et que c’est super de le vivre en vrai. Parfois, ils ouvrent de grands yeux quand on leur dit qu’on va en Asie, et nous répètent « à vélo!?! », et on acquiesce : « oui, oui » mais on se sent obligés de modérer « enfin, on prend le transsibérien, quand même. » Un jour, à Honau, une femme qui nous remplit les gourdes est si fan de notre voyage qu’elle nous dit de repasser la voir au retour. Si on lui avait dit qu’on ne savait pas où dormir, elle nous aurait accueillis, mais comme on lui a dit qu’on dormait dans la forêt, elle n’ose pas contrecarrer nos plans. Dommage, on saura pour la prochaine fois qu’il vaut mieux dire d’abord qu’on ne sait pas ! On apprend, on apprend. Et pour finir, un hôte extra nous a accueilli pour notre avant-dernière nuit suisse : Clément et sa bonne humeur à toute épreuve. Encore une fois, nous sommes choyés ! =)
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Rapperswil chez Clément, quel accueil !



 
La Suisse, à part ça
En vrac, quelques (autres) touches de Suisse qui nous ont marqués :


  • Dans les campagnes, les noms des enfants avec leur date de naissance, peints sur des pancartes colorées représentant souvent des animaux, devant les maisons




  • Le suisse allemand, qui comporte pas mal de mots en français, comme « merci » ! (Au début, à chaque fois que quelqu’un nous disait « merci », on se demandait comment il avait deviné qu’on était français !!!)




  • Les Migros et Coop présents partout, et qui font à la fois supermarché, banque, assurance, magasin de jardinage, restaurant…




  • Les églises au clocher très très pointu




  • Les maisons en bois avec pleiiiiiiin de fenêtres (parfois une vingtaine sur la façade principale) ou des volets psychédéliques (peints avec des rayures rouges et blanches qui tournent). (Pas les 2 à la fois, ce sont 2 types de maisons de 2 coins de la Suisse)




  • Les bardages bois faits de plein de petites tuiles, comme des écailles de poisson.




  • Les panneaux ou banderoles annonçant la rentrée scolaire et demandant aux automobilistes d’arrêter les pneus.




  • L’expression « c’est monstre bien » en suisse romande. 16x17




  • Les auto boutiques qui bordent des routes (dont les caisses cadenassées ne permettent malheureusement pas de rendre la monnaie)
  • Le bruit des cloches des vaches, présent en presque en continu.
  • Le calme pour les douches en pleine nature.


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*  Ce titre est à nuancer si vous avez un petit budget : en effet, les prix suisses sont assez exorbitants. Pour notre part, on s’en est bien sorti car on a pu soit bivouaquer, soit être accueilli gratuitement (mais c’est pas forcément facile, cf notre point sur les rencontres), et parce qu’on achetait vraiment que des produits bruts pour les repas. Mais notre luxe du midi (les chips) coutait quand même entre 3 et 4 francs (environ 3 euros).


3-L´Allemagne, ça vous gagne !

Publié le 19 septembre 2016par vasieavelo
Surprises
Nous n’avions pas vraiment d’attentes en passant par la  Bavière. Nous avions surtout choisi ce chemin car il est beaucoup moins ardu que les Alpes Autrichiennes que nous apercevons la plus part du temps à l’horizon.
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Alors certes, les Alpes, cela monte beaucoup, mais la Bavière est en fait loin d´être plate ! En attestent les presque 7000 m de dénivelé cumulés (dixit le gps) sur les 395 km que nous avons parcourus dans ses collines.

Par contre la beauté des paysages reste à couper le souffle. Et quand on ne s´y attend pas forcement, c´est encore mieux. 16x17
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Encore une fois, nous suivons un itinéraire cyclable qui est tout tracé jusqu’à l’Autriche : la Bodensee-Königsee Radweg qui relie deux lacs aux deux extrémités de la Bavière. Pile notre itinéraire (même si cela fait quand même pas mal de petits détours…)  C’est toujours très agréable et nous n’avons pas besoin de carte car tout est fléché, même si, il faut bien l’avouer, les panneaux suisses étaient beaucoup plus visibles et nous les avons ratés bon nombre de fois ici.
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Par contre si vous prévoyez de suivre cet itinéraire, c’est un peu comme en Suisse, vous ne passerez pas avec votre vélo de route. Des pistes praticables au début deviennent vite des chemins caillouteux. Avec les montées et descentes, nous sommes contents d’avoir nos gros pneus à crampons, même si malgré tout, les roues chassent de temps en temps. Nous avons même droit à la première chute d´Anabelle dans un chemin en descente à 12%, plein de graviers, que Loris avait repéré pour couper un détour…
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Energie, Religion et Traditions
Sur les routes, il n’est pas rare que l’on se fasse dépasser à toute vitesse par des personnes d’un certain âge, ou bien au physique à l’opposé du sportif… Un peu démoralisant au-début, et puis on se rend vite compte qu’ici, il y a un nouveau sport que le cyclisme. C’est le cyclisme assisté ! Forcément c’est plus facile et ça va plus vite. Et même les jeunes au physique d’athlète le pratiquent ! Environ 2 vélos sur 3 sont pourvus d’un moteur et de la batterie qui va avec. Pas sûr que cela soit très intéressant quand on connait l’énergie grise nécessaire pour la fabrication d’un tel vélo comparé à un vélo classique. Sans parler de la batterie et de tous les problèmes qu´elle pose (recyclage, monopole sur le lithium… ). Cependant, cela permet a priori à des personnes qui ne feraient pas de vélo d’en faire. Ce qui fait toujours des voitures en moins. 16x17  Et puis, donc, les infrastructures pour vélo suivent et sont très bien faites ce qui est plutôt cool ! D’ailleurs, même s’il y a beaucoup de barrières pour accrocher les vélos, comme à Bregenz sur le lac de Bodensee (bon ok c’est en Autriche car on y a déjà fait un petit bout de quelques kilomètres), beaucoup n’y sont même pas accrochés… Le rêve quoi : pouvoir laisser son vélo sans l’accrocher avec une grosse chaîne de 4 kg qui passe dans les deux roues et la selle et ne rien se faire piquer ;).
Les villages et les petites villes que nous traversons sont très mignonnes ! Les maisons sont assez semblables aux maisons suisses avec leurs grandes façades pleines de fenêtres, très fleuries aussi. A une exception près, ici, leurs toits sont couverts de panneaux solaires, photovoltaïques et thermiques. Elles sont aussi beaucoup plus regroupées en hameaux. Contrairement à la suisse, où chaque pré a sa maison ou sa grange, ce qui permet de trouver des coins de bivouac plus facilement, même si on a eu un peu de mal à trouver parfois. Mais même quand le paysan est venu nous trouver un matin, c’était pour nous indiquer qu’il avait enlevé le courant de la barrière pour qu’on puisse sortir de son pré, donc ça va, ils sont cools, même si ils parlent un patois bavarois qu’Anabelle ne comprend pas toujours.
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Les petites villes sont aussi fort charmantes. Pas d’immeubles ici. Plutôt des maisons de 2 ou 3 étages, parfois partagées en plusieurs appartements. Comme chez notre hôte Warmshower d’un soir, Alex, qui a pris le temps de nous recevoir et de nous cuisiner un super repas végétarien malgré son boulot prenant et sa préparation active du marathon de Berlin dimanche prochain. A priori ils semblent assez pratiquants dans le coin. En témoignent les prières qu’il fera avant le repas et le petit déj’ (à base de porridge qu’il nous a cuisiné), mais aussi les dessins de scènes de la bible parfois peintes sur les façades des maisons, ou les grosses croix mises sur les mêmes maisons, ou encore les inscriptions au dessus des portes 20*C-M-B*16, inscrites par les enfants qui viennent chanter pour l´épiphanie, qui correspondent aux initiales des rois mages entourées par l’année où ils sont venus. Nous apprendrons cette dernière info de Barbara, hôte exceptionnelle qui nous cuisinera un succulentissime simili-couscous végétarien (décidément beaucoup de cyclos sont végétariens, comme quoi pas besoin de steaks pour avoir de grosses cuisses musclées 16x17 ), avec les légumes bio du jardin s’il vous plait ! Nous passerons une excellente soirée et malgré qu’elle soit malade, elle mettra tout en oeuvre pour nous chouchouter.
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Autumn is coming
Nous dormons ensuite dans notre petite chambre privée, en réalité l’atelier de sa sœur prof de harpe, où nous serons bercés par le bruit de la pluie qui tombera jusqu’au matin.  Le lendemain, dur de partir et de quitter ce petit cocon douillet, car il pleut des cordes. En fin de matinée, il faut s’y faire, pour maintenir notre moyenne de 60 km par jour. Il faut alors partir sous la pluie battante qui n’a pas l’air de vouloir s’arrêter…
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Sur la route nous recroisons Ama, une cyclotouriste suisse allemande que nous avions déjà croisée à notre entrée en Allemagne, qui rejoint Vienne en vélo en passant par Salzburg. Elle égaye un peu la journée, et en plus, peut demander la route avec plus de précisions que nous puisqu’elle parle Allemand (uniquement). 16x17
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Le soir, un bivouac nous permet d’éprouver la tente ! Et aussi de remarquer quelque chose : pour plier au sec, mieux vaut planter la tente sur un champs détrempé et sous la pluie ! (Car le matin il n´y a alors pas de rosée.)
Mais au moins, ce temps est une bonne excuse pour boire des bières ! Du coup, on se retrouve au milieu des gens qui mangent à 17h, à boire nos bières servies par des dames habillées en tenu bavaroises traditionnelles.


4.1-Autriche, Autriche

Publié le 2 octobre 2016par vasieavelo

Attention, nous nous en excusons par avance : cet article va etre sans accent (mysteres du clavier slovque).
Ceci est donc un petit poeme compose sur la route, qui vous donnera un petit apercu de notre passage en Autriche.
En quittant Salzburg, que ca grimpe, oh hisse !
Pour monter cette cote, fallait etre fortiche !
On ne prend plus qu’un gros col en Autriche,
Filons vers l’Danube, l’Eurovelo 6.
Parfois, au bivouac, nous voyons des biches,
Et si la rosee laisse la tente trempee,
Le soleil de midi peut tout secher.
Tant pis si alors, on se paie l’affiche !
Accueillis par des hotes bien « sympatisch »
Qui nous font gouter quelques plats « typisch »
Strudel aux legumes en guise en quiche,
Le jour de repos fait du bien aux miches !
Visite de Vienne, jolis batiments,
Knodel, cafe creme, on fait les gourmands.
1 euro en poche, on n’est plus tres riches…
V’la Bratislava, ‘wiederschon Autriche !
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Chez Lili et Konrad a Vienne



 
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A Salzburg, chez Tania, Alex et Louis


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4.2-Pour l’Autriche, dans notre poème, même pas on triche !

Publié le 3 octobre 2016par vasieavelo
Parfois, sur le vélo, on regarde le paysage et on ne pense à rien, parfois, on laisse notre esprit vagabonder, mais souvent (pour Anabelle), on réfléchit ! Et pour ce qui est des titres des articles, elle aime trouver des rimes qui correspondent bien au pays en question. Pour l’Autriche, c’était au départ un peu difficile de trouver des rimes en « iche », puis finalement, il y en a eu tellement qu’on s’est dit que faire une sorte de poème sur le pays serait marrant.
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Cet article ne se veut pas un doublon du précédent (le poème), mais peut-être une explication de certaines choses pas très claires, et quelques précisions 16x17
Salzburg
Nous sommes arrivés en Autriche quasi-directement par la ville de Salzburg, où nous devions séjourner chez Alex et Tanja. Ça a été vraiment agréable de pouvoir se poser 2 nuits, pour la première fois, et de passer une journée à visiter la ville. Même si il n’a fait que pleuvoir pendant ces 2 jours… Nous avons goûté pour la première fois un Strudel végétarien (sorte de pâte feuilletée habituellement fourrée  de pommes et mangée comme dessert, mais ici aux légumes) cuisiné par Alex et vraiment délicieux ! 800x448Nous avons également pu constater que les touristes chinois/japonais étaient décidément partout et par tous les temps ! (C’est la ville de Mozart quand même.)448x800
Après les montagnes, le Danube
Nous avons quitté Salzburg sous la pluie et comme vous avez pu le lire avant, par une montée mémorable.  A vrai dire, un panneau avec un signe étrange que l’on ne comprenait pas (sorte de T inversé) aurait pu nous mettre sur la piste de l’arnaque. Le fait est qu’on avait loupé la route qu’on voulait prendre, et qu’il n’y avait plus guère d’options. Du coup, après quelques mètres à environ 20%, on s’est dit que ça allait se calmer, mais non ! Cette satanée montée dure plus de 2 km, et d’après le GPS de Loris, passe par des pentes de 29% ! On avait l’impression que c’était plat quand la pente était aux alentours des 15%… On a donc passé une bonne moitié du temps à pousser les vélos. Parfois, on re-tentait de monter dessus, mais au bout de quelques coups de pédales, on tombait sur le côté ! Un vrai calvaire. Au moins, on s’est bien réchauffés ! 800x448Cette journée a été un peu galère car le coin de bivouac aussi a été un peu compliqué à trouver. En effet, nous étions dans un parc naturel et le bivouac était interdit. Et on ne pouvait pas faire comme si on ne l’avait pas compris, car il y avait partout des panneaux avec un picto de tente barrée… On a finalement réussi à trouver un emplacement un peu caché d’où seul un énorme château pouvait nous voir. 800x448800x448Ça s’est arrangé par la suite, à tous les points de vue : météo splendide et qui n’a fait que s’améliorer toute la semaine, un dernier col un peu long, mais avec une pente tout ce qu’il y a de plus correcte, puis une route toute plate mais très jolie le long du Danube. Quand nous l’avons rejointe, Anabelle a dû s’exclamer une bonne dizaine de fois en une demi-heure « C’est trop beau ! Et en plus c’est plat ! C’est trop bien ! ». 800x313800x448800x448800x313800x448
Arrivée sur Wien
Ça aurait pu être galère, mais ce fut finalement un plaisir ! On nous l’avait décrite comme une ville-musée, hyper touristique (ce qui est vrai), mais y arriver en vélo le long du Donao (nom allemand du Danube) nous a permis de découvrir des coins peut-être plus authentiques et très sympas. Pour l’hébergement, nous avons trouvé en dernière minute de supers hôtes qui ont accepté de nous accueillir 2 nuits, nous ont fait (une fois encore) un strudel aux légumes (!) et nous ont concocté un programme de visite de la ville à vélo, nous indiquant le meilleur endroit où boire un café viennois, où avoir une jolie vue sur la ville… Leur appartement était une sorte de caverne aux trésors, dans laquelle on pouvait trouver une pièce bricolage-atelier de réparation de vélos, une imprimante 3D, une machine à café connectée bricolée par leurs soins…, et sur les murs de laquelle étaient affichées des photos de leurs voyages à vélo en Turquie, Iran, Asie du Sud-Est. Nous étions aux anges. 800x448La visite de la ville sous le beau temps cette fois-ci a donc été vraiment chouette. On a adoré les bâtiments de l’artiste Hundertwasser (style art nouveau, parait-il), mais aussi toute l’architecture classique impressionnante. Autant il y a beaucoup de beaux bâtiments dans le centre-ville de Lyon, autant ici, c’est partout ! Dans chaque rue, même dans les districts un peu éloignés, on voit de gros bâtiments de capitalistes, comme dirait Loris (d’après un certain Michka) ! On a également pu déguster les knödel, dont Alex nous avait parlé. On a, comment dire, aimé… mais bon, on en mangerait pas tous les jours non plus ! C’est en fait une sorte de grosse boule de farine cuite, comme une sorte de quenelle ronde, mais en moins bon, et servie dans de la sauce, ou en accompagnement d’un plat en sauce. En tout cas, ça nourrit ! Et accompagné d’une bonne bière autrichienne, ça passe bien !
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Comme on le laissait présager dans l’autre article, les prix en Autriche sont assez élevés (sauf pour la bière). Peut-être pas du niveau de la Suisse quand même. Pour finir, l’Autriche était le dernier pays (avant la Chine) dont on parlait à peu près la langue. Ça risque donc d’être un peu plus folklo par la suite.  16x17 A suivre !
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5-En Slovaquie, c'est Haluski !

Passé Bratislava, nous commençons vraiment à être dépaysés, ce qui n'est pas pour nous déplaire.

En effet, comme annoncé en teaser dans l'article sur l'Autriche (;)), nous ne parlons pas un mot de Slovaque. En plus les gens ici, exceptés les jeunes, ne parlent pour la plupart ni anglais ni allemand... Un héritage de l'aire soviétique ou le russe était obligatoire. L'allemand pouvait être choisi en option, mais l'anglais était vraiment réservé à l'élite.
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La différence historique entre l'Europe occidentale et l'Europe de l'Est, ex-soviétique, est vraiment palpable malgré l'appartenance à l'Union Européenne depuis plus de 10 ans. Les vestiges de bunkers sont là, à la frontière avec l'Autriche, pour rappeler le rideau de fer qui partageait il n'y a encore pas si longtemps l'Europe en deux. Bratislava est semblable à la plupart des capitales et des grandes villes européennes. Palais stylés (soit Bourbons, soit Medicis comme partout ^^), gros bâtiments imposants avec, en plus, des bâtiments caracteristiques de l'Est. L'architecture soviététique est très carrée et plutôt rigide (certains diront très laide et plutôt moche;) ).
Mais dans les campagnes que nous traversons, les différences sont plus notables. Par exemple ces petites maisons rectangulaires, sans étages, toutes semblables, bien alignées, ces fils électriques bien visibles qui les relient, tissant une toile noire dans les villages - villages le plus souvent constitués d'une seule rue. Et les hauts parleurs qui jouent de la musique avant qu'une voie féminine nasillarde ne fasse une annonce, plusieurs fois par jour. La première fois cela surprend, et comme nous sommes près d'une centrale, on se pose des questions... Heureusement, personne ne s'affole dans la rue, cela doit seulement être la météo ou les résultats du loto. :)
[caption id="" align="aligncenter" width="500"]500x280 La lessive quotidienne du soir[/caption]
Beaucoup de petits commerces, souvent dans des petits bâtiments en béton sans fenêtre, sont présents dans ces grandes rues, et avec les grands pâturages entre les villages, on se croirait un peu dans le far west avec nos fidèles destriers.^^ (Surtout Loris, qui lit un bouquin se passant au 19ème siècle dans le Montana.)
On peut également voir beaucoup de chateaux, malheureusement en ruine pour la plupart car personne ne s'en occupe. Et à l'entrée de chaque village, un blason particulier aux couleurs de la ville accompagne le panneau indiquant le nom de la commune.
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[caption id="" align="aligncenter" width="500"]500x279 Les cowboys aux bivouac[/caption]
Côté vélo, on ne trouve malheureusement plus de pistes cyclables... C'est vraiment dommage, parce qu'ici le vélo n'est plus du loisir mais un moyen de transport moins cher que la voiture pour les trajets quotidiens. On ne croise donc plus de cyclo-toursites sur les routes, et on est maintenant plus une curiosité  pour les locaux, qui nous regardent parfois d'un oeil bizarre (Mais que font ces gens qui semblent faire du vélo pour le plaisir???). Le manque d'infrastructures pour le vélo est d'autant plus regrettable que les conducteurs ici roulent à toute vitesse et passent vraiment près de nous (on voit d'ailleurs plus d'animaux morts sur la route en quelques jours que dans toute notre vie :(). Mais on est de plus en plus habitués et on finit par ne plus être effrayés (par les camions, pas par les animaux morts;)), donc  ça se passe bien. Et ça nous entraine pour la suite, car en Asie, ce sera pire, parait-il !
A part ça, l'automne est arrivé, et c'est beau ! La journée, il fait encore chaud (on prend même le pique-nique à l'ombre !), mais on commence à voir les arbres changer de couleur et prendre des teintes automnales.
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    500x196Fin septembre, nous arrivons chez Jaro et Iva, des hôtes géniaux qui ont voyagé à vélo  à travers l'Europe et l'Amérique du Sud, chez qui on se sent comme à la maison et même comme des membres de la famille en partant. Apres avoir tenté de nous retenir un jour de plus, car le temps a changé, ils nous serrent dans leurs bras en nous souhaitant bon voyage !500x280

La ville dans laquelle ils vivent (Povazka Bystrica) n'est pas tres belle, mais il y a à quelques kilomètres un joli lac artificiel entouré de montagnes.500x280
Avec eux nous avons des discussions passionnantes (qui nous font nous coucher vraiment plus tard que d'habitude...).
Ainsi, on peut discuter politique. Ça nous fait plaisir parce que c'est très difficile de connaitre ce que les gens pensent de leur pays, de leur gouvernement... juste en passant dans les rues, ou en regardant les informations en France. Et super intéressant. Et rassurant (ou pas) de voir que c'est pareil partout. Ainsi, ils nous disent par exemple qu'à chaque élection, ils sont obligés de voter pour le moins pire, ou que le gouvernement préfère fournir des tablettes aux ecoles qu'employer assez d'enseignants. :-S
En tout cas, on en profite parce qu'après, en Russie et Chine, ça va être plus dur d'avoir de telles discussions avec les habitants...
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Chez eux, on goûte pour la premiere fois un plat slovaque : des sortes de knoddel, mais contrairement à ceux goutés en Autriche, ceux-la sont sucrés et fourrés aux prunes. Ils les servent avec une ribambelle d'agréments, comme des graines de pavot moulues (le pavot est très populaire dans les patisseries ici), de la chapelure, du fromage blanc, ou du beurre fondu. Delicieux, mais un peu bourratif quand même. Pour preuve, Loris admettra à la fin du repas qu'il a trop mangé !
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Une fois partis de chez Iva et Jaro, l'hiver nous tombe dessus d'un seul coup ! Heureusement qu'on avait fait une provision de chaleur chez eux ! (Au sens propre comme au figuré, car on est parti avec un thermos d'eau chaude et plusieurs knoddels pour notre repas du soir.) Il fait maintenant très froid et il pleut toute la journee. Au matin du jour suivant, nous découvrons un peu de neige aux 4 coins de la tente. Nous prenons notre temps pour déjeuner dans la tente, pensant que cela va peut-être se rechauffer, mais alors que nous nous apprêtons à partir, la neige revient. D'abord quelques flocons, puis de plus en plus, et de plus en plus gros ! Il neigera ainsi toute la journee et nous serons bien contents de trouver un restaurant pour manger à l'abri et au chaud le midi ! Nous sommes dans une région touristique, où les villages ont un peu des allures de petites stations de ski (mais en plus "traditionnelles" et plus mignonnes).
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Heureusement, une fois encore, nous sommes hébergés par de super hôtes qui ont tout prévu pour que nous gardions un souvenir inoubliable de l'hospitalité slovaque : une maison chauffée par un poêle à bois rien que pour nous, avec un lit fait, des serviettes pour la douche, et un frigo allumé specialement pour accueillir nos provisions !
 
[caption id="" align="aligncenter" width="500"]500x280 Notre hote Timotej et sa copine Dominica
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Nous devons tout ça a Timotej, un jeune slovaque passionné de voyages, qui essaye de monter une chaine youtube pour faire découvrir la Slovaquie à travers le voayge et inciter les gens à venir la visiter. Il aimerait pouvoir gagner assez d'argent grâce à cette chaine pour pouvoir ensuite voyager un peu plus loin.
Avec lui et sa copine, nous allons au restaurant et mangeons les fameux "haluskys", sortes de pâtes à base de farine de blé et de pommes de terre (un peu comme des gnocchis), le plat qui semble le plus populaire en Slovaquie (ils en sont très fiers) et que nous avons mangé tous les jours au restaurant quand il faisait très froid. A vrai dire, c'est bon, mais ça casse pas des briques non plus. C'est des pâtes, quoi  !
Dans le village de Timotej, comme dans les autres petits villages slovaques, le code de l'urbanisme n'existe pas. Ainsi, les maisons en béton qui ont remplacé les maisons traditionnelles en bois peuvent arborer des couleurs très "surprenantes" ;)
[caption id="" align="aligncenter" width="500"]500x280 Un petit the devant le poele chez Tomotej, rien de tel pour se rechauffer apres une journee a pedaler sous la neige ![/caption]
Après cette pause encore une fois très chaleureuse, nous prenons la route pour la Pologne, ravis d'avoir découvert ce beau pays et quelques uns de ses habitants vraiment hospitaliers !
Cela fait quelques jours qu'on a appris qu'en Pologne, ils n'avaient pas l'euro ! Cool, voilà qui sera encore un peu plus dépaysant !
***


6-En Pologne, on se gèle les pognes !

Nous sommes restés près d'un mois en Pologne et avons donc eu le temps de bien nous imprégner de ce pays. Nous avions donc beaucoup à dire, et malheureusement peu de temps à y consacrer, c'est d'ailleurs pour cette raison que nous avions décidé de publier quelques brèves. Nous allons donc maintenant essayer de faire le tour de ce qui nous a marqués en Pologne.
Un accueil incroyable
Nous arrivons en Pologne par les montagnes Tatra qui sont à cheval sur la Slovaquie et la Pologne.
[caption id="" align="aligncenter" width="500"]500x280 L´ancien poste frontière Slovaquie-Pologne nous permet de pique-niquer à l´abri.[/caption]
Le 2ème jour, alors que nous pique-niquons sur un stade, le gardien nous invite à boire le café dans sa loge, nous raconte sa vie dans un mélange d'allemand, de polonais, et de quelques mots de différents langues (français, italien...). Nous lui disons que nous aimons bien son café (à la soviétique, un peu comme en Turquie, c'est à dire une infusion avec du café au fond de la tasse - et même dessus si on n'attend pas que ça se dépose ) et il nous en offre un paquet. Nous réussissons à refuser sans le vexer en lui disant qu'on n'a pas de quoi le faire comme nous campons.
Ce même jour, nous nous rendons à Mislenice où  nous devons rencontrer Kasia, notre hôte pour 3 jours. Avant d'aller chez elle, nous faisons quelques courses pour pouvoir lui cuisiner des bons petits plats. Alors que nous gardons les vélos, chacun à notre tour, pendant que l'autre est au magasin, on nous offre, à tour de rôle, 10 zlotis (environ 2€50) et un sac de fruits ! Si bien qu'Anabelle, gênée, déplace les vélos pour se mettre dans un endroit moins voyant !
[caption id="" align="aligncenter" width="500"]500x280 "Petite" balade de 40km quand même lors de notre jour de repos à Mislenice, avec notre hôte, Kasia[/caption]
Globalement, partout en Pologne, les gens essaient de communiquer avec nous, dans un mélange de plusieurs langues (l'allemand étant la plus représentée, Anabelle est vraiment contente d'avoir appris cette langue au collège) et sont toujours très excités quand on leur dit qu'on vient de France et qu'on a tout fait à vélo! Ces petites rencontres, même si elles sont assez ponctuelles, nous font toujours plaisir et on repart toujours avec un grand sourire collé aux lèvres. D'autres fois, ça dure un peu plus longtemps, comme avec cet homme qui s'arrête à côté de nous alors que nous sommes en train d'essayer de réparer le porte-bagage de Loris, et qui nous invite alors à le réparer chez lui, puis, évidemment, à prendre le café. :)
[caption id="" align="aligncenter" width="500"]500x280 Notre sauver lorsque la vis du porte-bagages de Loris était sciée nette et bloquée dans l’œillet[/caption]
Et il y a bien sur les rencontres plus approfondies, avec ceux chez qui nous passons la nuit. Cela arrive 3 fois en Pologne, et  comme toujours nous en sommes ravis. Discussions autour du voyage, de l'éducation, de la vie dans nos pays respectifs, dégustation de spécialités culinaires locales (ou pas) font toujours partie de ces rencontres.
[caption id="" align="aligncenter" width="500"]500x280 Récolte de baies d´aronia avec Piotr
[/caption][caption id="" align="aligncenter" width="500"]500x280 Sympathique soirée chez Fred et Anja[/caption]
Mois d'octobre = temps pourri
Côté météo, nous ne sommes vraiment pas gâtés. À peine fini le 1er épisode neigeux que nous avons droit à la pluie, au vent, au gris. Des jours entiers de brouillard, où nous attendons que ça se lève, faisons des prières au soleil, mais il n'est là que dans nos rêves ! Si bien qu'un matin, alors qu'il a plu toute la nuit et que nos affaires sont trempées, nous décidons pour la première fois d'aller nous réfugier dans un hôtel. Faire du vélo sous la pluie, c'est déjà pas très cool, mais quand en plus, le soir, il faut dormir sous une tente mouillée, sans espace pour faire sécher, ça fait un peu râler. Et comme on est dans une partie de la Pologne un peu désertique (au niveau population, pas au niveau du climat !), on ne trouve pas d'hôte dans le coin... Heureusement, après l'épisode de grosses pluies, il n'y a sur la dernière semaine plus que des petites averses tous les jours. Le soleil apparait même quelques fois timidement entre les épais nuages...
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Entre forêt primaire et bisons sauvages, une bonne dose de nature dans les paysages
En Pologne, nous ne visitons qu´une grande ville : Cracovie (ou Kraków). Nous ne restons pas longtemps mais apprécions son centre historique et ses jolis bâtiments, qui relancent Anabelle sur sa blague préférée : réciter à Loris la dernière strophe du poème sur Vienne, en l´adaptant à chaque ville visitée : "Visite de Cracow, jolis batiments - Wodka, pierogi, on fait les gourmands...".
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[caption id="" align="aligncenter" width="500"]500x280 Et même que nous y passons une nuit en bivouac, dans un "parc" ![/caption]
 
Ensuite, c´est la campagne pendant plus de 2 semaines. Ça ne nous déplait pas, la campagne, on aime ça ! On fait d´ailleurs de petits détours pour passer dans les endroits que nos hôtes nous conseillent. Parfois, c´est pour aller admirer des falaises (l´escalade nous manque un peu), parfois, pour passer dans une foret primaire (la dernière d´Europe !).
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[caption id="" align="aligncenter" width="500"]500x280 Casimierz Dolny, une jolie petite ville d´artistes au milieu de la campagne[/caption]
Les 2 fois, on ne profite malheureusement pas autant du lieu qu´on aurait aimé. Vous devinez pourquoi ? La pluie, encore elle, nous oblige à écourter un brin la contemplation. On prend quand même le temps d´aller faire un tour guidé dans la foret primaire de Bialowiesa, où l´on peut voir des arbres gigantesques (le plus grand fait 65 mètres), des taaaaaaas de champignons, mais malheureusement pas de bisons !
[caption id="" align="aligncenter" width="500"]500x280 la forêt primaire de Bialowiesa[/caption][caption id="" align="aligncenter" width="500"]500x280 Les fameux champignons tueurs du Nom de la rose, qui servaient avant à fabriquer l´encre[/caption]
On est alors un peu déçus, car ils sont la principale attraction du coin : des bisons sauvages en Pologne, imaginez-vous ! Notre guide nous explique à la fin du tour qu´il faut en fait se lever très tôt pour les voir, car ils connaissent bien les habitudes des humains, et viennent donc paitre dans la prairie pendant la nuit et partent au lever du jour. Ah, c´est comme ça ? Et bien tôt, on se lèvera ! Et les bisons, nous les verrons ! A 6h30, il fait encore nuit quand nous partons de l´agroturystyka où nous logeons pour nous diriger vers les prés qui précèdent la forêt. Et effectivement, au bout de 2/3 minutes, nous voyons un premier troupeau ! Nous sommes alors tout excités et essayons de nous approcher doucement pour prendre des photos, mais on est repérés et ils s´échappent dans la forêt. Zut ! Nous continuons notre route et retombons alors sur 2 spécimens qui broutent tranquillement. Cette fois-ci, nous essayons d´être plus discrets et approchons à la manière d´indiens. Nous pouvons alors tranquillement les observer cachés derrière une botte de foin. Loris ne peut s´empêcher de les mitrailler, il faudra faire du tri dans les photos...
[caption id="" align="aligncenter" width="500"]500x281 Et voila les bestioles !!!
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Les routes polonaises, encore un bon entrainement pour l'Asie
L'Est est la partie la plus pauvre de la Pologne. On le ressent en passant dans les villes qui sont assez sinistrées (un peu comme certaines villes du nord de la France) mais encore plus dans les campagnes où les maisons en bois minuscules semblent parfois prêtes à s'écrouler, où les uniques "sklep" (épiceries) sont dans un état douteux et où les routes ne sont asphaltées que dans les villages. Le panneau de sortie de village passé, on retrouve la piste de terre battue pleine de trous et de bosses, parfois en tôle ondulée, parfois tellement boueuse qu'on patine ou qu'on n'arrive plus à avancer.
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[caption id="" align="aligncenter" width="500"]500x280 A cette saison, les nids de cigogne sont malheureusement vides.[/caption]
Le niveau de vie de cette partie de la Pologne est assez bas. Plusieurs polonais nous expliquent que dans toutes les familles, il y a au moins une personne qui travaille ou qui a travaillé à l´étranger, le plus souvent en Allemagne (mais ça peut être aussi en Angleterre ou en France). D´après eux, passer quelques mois la-bas permet ensuite de vivre décemment en Pologne le reste de l´année. Certaines familles choisissent de passer plusieurs années à l´étranger et de revenir ensuite vivre en Pologne quand elles ont économisé assez. Ils semblent tous assez désespérés de ce décalage qui existe avec les pays de l´Ouest de l´Europe, comme ils nous appellent. En effet, malgré que les prix nous paraissent extrêmement bas, les salaires d´ici permettent à peine à une personne travaillant à temps plein de vivre dans de bonnes conditions (d´où l´état de délabrement de certaines maisons).
Et c´est partie pour la Lituanie !
Juste avant de passer la frontière, nous assistons à un magnifique coucher de soleil sous les nuages. Ces derniers jours en Pologne, il nous a souvent fait le coup de ne sortir de sous les nuages que quelques minutes avant de se coucher. On espère que là-bas, on trouvera un peu de beau temps, mais c´est pas gagné !
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Commentaires
share posté le 19 août 2016

Olivier
Caribou
(1687 messages)
Inscription : 27/04/06

Message privé
Message de l'admin :
Bonjour, ce carnet est vide et ne contient qu'un lien vers un blog, du coup il ne peut être public car son intérêt est trop limité, ce n'est pas le fonctionnement de MyTrip, merci de votre compréhension. Vous pourrez bien entendu le remettre public une fois qu'il sera étoffé
Bonne journée
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