1 membre et 36 invités en ligne

Uummaa - la recherche d'une vibration

120 jours
Par PaoBenett
mis à jour 04 juin
30 lecteurs
Informations générales
global view previous

Uummaa - la recherche d'une vibration

Au contact des Groenlandais

Mise à jour section : 04 juin

Cette section GPX , KML
Toutes les sections GPX , KML
Atammik Song
Quelle surprise ! Jamais nous n’aurions imaginé être accueillis de la sorte. Ce premier village de notre odyssée était important car il nous donnait les clés de compréhension du peuple groenlandais et de leur rapport à leur environnement. Nous ne sommes restés que 2 jours et demi mais les invitations ont fusé. Nous avons eu de nombreux gestes d’amitié, de chaleur humaine, de curiosité et d’ouverture. Nous avons compris, au travers des textes de cette chanson envoutante, écrite par un enfant du village, qu’ils s’étaient unis il y a quelques années pour lutter contre un projet de fermeture du village demandé par l’Etat. Ce premier exemple témoigne d’une façon totalement inattendue de l’importance que les villages accordent à leur communauté et à leur lieu de vie ancestral. La vie ici est paisible et libre. Heureuse, tout simplement.
Ça rigole dans les pêcheries de Royal Greenland !
Maniitsoq - Kangaamiut
Là où la logique voudrait que des conditions de vie dures façonnent des gens durs … c’est tout le contraire avec les Groenlandais dont la gentillesse et la tendresse nous surprennent tous les jours. Des attentions à chaque instant. Les mots et des regards profonds viennent vite. Un peu comme si l’isolement de certains village leur avait donné un plus d’humanité. Partout de la douceur, des gestes d’amitié et d’entraide. Nous chérissons ces gestes comme nous chérissons nos hôtes, leur joie et leur humour. La musique est omniprésente. Beaucoup d’entre eux jouent de la guitare et chantent en famille. Souvent des morceaux composés par eux-même et dédiés à ce qu’ils aiment : leurs proches, leurs ancêtres, leur village, la beauté de la mer et des montagnes. Leur mélodies sont douces et leurs voix aussi. Ainsi, comme à Atammik, nous quittons Maniitsoq avec leurs chansons en tête. La beauté et la simplicité de leurs mélodies résonnent en nous.
Kangaamiut - l'ile aux enfants
Kangaamiut l’ile aux enfants, l’ile aux sourires.
Apres une traversée venteuse du Fjord de l’Eternité, nous faisons une arrivée sportive vent arrière à Kangaamiut, village scénographique, perché à l’aplomb de son port naturel tout en enfilade.
L'hospitalité y est à nouveau extraordinaire grâce à l’entraide du village précédent qui avait annoncé notre arrivée.
Encore détrempés d’une journée de navigation sous la pluie, nous sommes accueillis avec nos dix sacs étanches chez Maria et Søren dans une maison qui sent le pain chaud.
Maria, qui est puericultrice nous ouvre les portes du jardin d’enfants. D’abord intimidés, la dizaine d'enfants de 3 à 6 ans se laisse apprivoiser avec nos crêpes. D’abord bouche bée devant les vidéos du petit catamaran, ils finissent par nous chanter des contines traditionnelles dont Frere Jacques.
Un sentier escarpé qui serpente  à travers une faille débouche sur un terrain de foot totalement improbable et un petit lac de montagne dans lequel se baignent et jouent les enfants comme si l’eau était à 25 degrés…
Vive les mariés
Vive les mariés ! 
C’est la fête au village ! Et comme le veut l’hospitalité villageoise, tout le monde est invité aux réjouissances ! Nous admirons les tenues traditionnelles colorées, le (kalaallisuut) des femmes, leur short en peau de phoque, leurs bottes (kamiks), ainsi que les vestes des hommes, plus sobres (blanches, bleues ou marron selon l’age),…
Au menu, des plats traditionnels de fête  : cabillaud et truite séchés, fumés à chaud, mataaq de baleine, marsouin et narval (peau et graisse) au goût de noisette,  renne en gigot ou séché, œufs de lump.
Mamaq !  Pilluarit ! 💚 🇬🇱
Saqqaq - le village du coté du soleil
Qu’il fait bon vivre à Saqqaq (ou Solsiden en Danois ce qui veut dire « du coté du soleil ») !
Nous aurons patiemment attendu la fenêtre météo favorable pour continuer notre itinérance vers le nord et Uummanaq : une longue étape de plus de 150 km pour sortir du Vaigat et contourner la péninsule de Nuussuaq, sans village, peu d'abris, et un passage de cap délicat. Eole en a décidé autrement. Nous avons décidé de laisser le bateau pour l'hiver. Cette halte nous a donné le temps de partager plus longuement la vie de ses habitants - tournés vers la pêche et la compétition de chiens de traineau - bricoler, cuisiner, faire ces rencontres fortes du bout du monde et… trouver le havre que nous souhaitions pour l’hivernage d’Uummaa. Qojanaq version XXL à  Martha Broberg et Elionora Broberg pour leur hospitalité chaleureuse et ces moments de vie en famille dans cette maison bleue à la baie vitrée panoramique
Découverte de la voile pour les enfants de Saqqaq
Uummaa, nous y sommes !
Tout ce que nous sommes venus chercher ici, au Groenland, nous l’avons encore trouvé, avec force et douceur, à Saqqaq.
En nous et ici résonne le cri d’alarme de Jean Malaurie qui nous a inspirés : « il est dans les roches, dans les mers, dans les glaces, une uummaa, un battement de coeur. Il appartient à l'homme de se mettre en phase avec cette énergie ».
Alors ces jours-ci, nous naviguons légers, sans nos sacs, autour du village de Saqqaq, juste pour le plaisir de la promenade à travers les Icebergs, juste pour ce battement de coeur.
 
Aujourd’hui, nous avons en plus répondu à la curiosité des enfants du village qui tournaient autour du bateau. L’envie nous démangeait depuis le début de l’expedition. Nous avons donc embarqué 2 enfants : Inaluk, 13 ans, puis Inuk, 7 ans.
Alors qu’ils sont habitués à naviguer sur de petits bateaux à moteur au milieu des icebergs, les regarder découvrir l’eau qui scintille à travers le trampoline, le vent dans les voiles nous a fait fondre. Oui, nous nous sommes émerveillés de leur émerveillement. Nous partageons en silence la magie de nous déplacer avec la seule force du vent. Nous avons de nouveau 7 et 13 ans. Les souvenirs de nos premiers bord nous reviennent. Seul le regard vigilant d’Inuk et d’Inaluk qui guettent la vague après la chute fracassante d’un morceau de glace traduit leur habitude de côtoyer ces géants.
 
Nous sommes bien, en harmonie avec notre envie profonde de transmettre et développer auprès de la jeune génération la joie vitale de se retrouver dans la Nature et la nécessité absolue de la préserver de notre mieux.
Partie de pêche en famille, une histoire de transmission
Partie de pêche entre pères et fils avec Oleeraq et Karl Ki, les frères Kristiansen, et leurs deux petits garçons, Aka (5 ans) et Inuunguaq (bientot 9 ans). Une histoire de transmission. Une leçon de patience, de méthode et de persévérance.

“Vous nous accompagnez à la pêche ce soir ? On va chercher du poisson pour nourrir les chiens, on se gardera quelques morues pour dîner ensemble”.

Il est 22h. Entre deux nuages, le soleil est encore haut. Nous nous répartissons dans leurs deux petites embarcations et partons, plein gaz, vers le fond d’un fjord majestueux, très encaissé, noyé dans la brume.
Du haut de ses 5 ans, Aka apprend, les yeux grands ouverts . Il copie les gestes de son père, comme celui-ci en a hérité de son grand-père Martin. 30 secondes suffisent pour que deux morues mordent. 10 kilos à remonter pour Aka, des morues aussi grandes que lui, c’est lourd. Ses efforts déclenchent éclats de rire sous le regard attendri de son papa. Curieux et amusé, Aka caresse les poissons. Attentif aux conseils de son père, il apprend à les découper, à les vider, les préparer.
Son cousin Innuunguaq, bientôt 9 ans, est déjà un apprenti confirmé. Sur le chemin du retour, posté à l’avant du bateau, il est exercé au repérage des phoques. Il tend subitement le bras vers l’horizon. Ce signal est évident pour son père Karl Ki : en une fraction de seconde, celui-ci échange quelques gestes codifiés avec son frere Oleeraq, dans l’autre bateau, à plusieurs centaines de mètres, pour le prévenir qu’ils ont repéré un groupe de phoques.  La poursuite est lancée. L’ambiance est subitement devenue frénétique. Moteurs vrombissants, nous nous lançons en direction du petit groupe, 5 têtes luisantes dans le soleil couchant. Les phoques ne restent qu’une poignée de secondes à la surface, pour reprendre leur souffle, avant de replonger pour quelques minutes et disparaître.
 
Nous ralentissons et remontons la passe entre les îles, scrutant les flots sombres à faible allure. Karl Ki explique que les phoques prennent le sens inverse du courant de marée.
Dans un silence attentif, petits et grands chasseurs se préparent à les voir remonter. « Puisi Ikni ! Un phoque, là ! » lance le jeune pêcheur.
 
Moteurs à nouveau à plein régime, nous fonçons vers les petites têtes qui ont refait surface. En un tour de main, Karl Ki ralentit, se saisit de son fusil, et dans un geste déjà rodé, Inunnguaq se baisse en se bouchant les oreilles au moment où son père tire. Manqué !

Alternativement, les deux frères, très complices, se relayent dans la chasse. Après plusieurs tentatives infructueuses, changement de stratégie : Oleeraq et Aka montent à bord du hors bord de Karl Ki, tandis que nous les suivons avec le deuxième bateau. Karl Ki est à la barre et Oleeraq au fusil.

Les petites tètes réapparaissent, Oleeraq tire et touche un phoque. Cette chasse est décidément un exercice d’adresse : il faut tirer très vite et toucher le phoque quand il a les poumons pleins. Sinon, il coule. Pas facile sur une surface mouvante. Il faut aussi aller le récupérer au plus vite et l’attraper au harpon pour le hisser dans le bateau. Notre prise est une bête magnifique de 120 kilos.

Ici, le phoque fait partie de l’alimentation traditionnelle des Groenlandais, courante comme festive. Certains morceaux seront donnés à leur grand-père, le reste aux chiens de traîneau qui, l’été, faute de courir sur la banquise, sont au repos et nourris tous les deux/trois jours.
 
« Pour son premier jour d’ecole, Aka pensait qu’il allait devenir pêcheur, après sa première journée de classe, il a compris que ce n’était pas tout à fait ça », nous a confié Oleeraq le le demain, amusé.

Ca rigole dans les pêcheries groenlandaises !

Ici, tout tourne autour de la pêche : dans le village d’Atammik se trouve une des 37 usines de traitement du poisson de la côte occidentale du Groenland. Chaque jour les 30 pêcheurs du villages y rapportent le produit de leur pêche. Deux équipes de six personnes, essentiellement de femmes, se relaient pour la préparation : calibrage, salaison (14 jours) ou congélation. Beaucoup de bonne humeur et d’efficacité, cette petite equipe soudée traite 4 à 5 tonnes par jour. Tous les 15 jours, un bateau de la Royal Greenland recupere les caisses, direction Nuuk puis le Danemark !
Commentaires