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Uummaa - la recherche d'une vibration

120 jours
Par PaoBenett
mis à jour 04 juin
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Uummaa - la recherche d'une vibration

Les moments forts

Mise à jour section : 04 juin

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Rodéo dans Qaquq Sound
Rodeo dans Qaquq Sound

A peine quitté le port de Nuuk, plongeon dans l'aventure sans transition.  

Canal intérieur naturel qui relie Nuuk à la baie située en bordure du village d'Atammik, 80 km plus au nord, le Qaquq sound est peu profond et traversé par les courants, notamment ceux des marées. Au jusant ou comme au flot, ses eaux se transforment en un rapide ou en tapis roulant. La navigation devient rock'n roll - tantôt en mode rafting, il faut sortir les pagaies, tantôt en version carrousel, le cata devient incontrôlable, tourne sur lui-même, ballotté au gré des tourbillons. Attention aux safrans !
Hommage à Janusz Kurbiel, pionnier de l'exploration polaire à la voile légère
Ile de Talerulik, un sac de ciment, une stèle commémorative.

A la suite d’une rencontre improbable en Mer de Bering, Janusz et Joëlle Kurbiel, pionniers de l’exploration polaire à la voile légère, m’embarquent dans deux campagnes d’exploration, en 2013 et 2016 (Groenland occidental, Labrador, Terre-Neuve). J’étais à bord de Vagabond’elle lorsque Janusz K. nous a quitté au petit matin paisible et ensoleillé de ce 22 août 2016. 
Explorateur polaire, Ingenieur, climatologue, (concepteur de la série des voiliers d’exploration Vagabond, aujourd'hui skippé par Eric Brossier), Janusz K. a étudié l’impact du réchauffement climatique en Arctique et la navigation des vikings. En 40 ans de navigation, il a mené 32 expéditions en Arctique pour lesquelles il a reçu de nombreuses distinctions, dont le premier passage du nord ouest d’est en ouest, la circumnavigation de l’archipel du Svalbard dans les deux sens et des records de latitude septentrionale.

Revenir 7 ans plus tard à Talerulik lui rendre hommage en construisant sous une pluie battante une stèle en sa mémoire, face à l'est qu'il aimait tant me donne l’occasion de lui exprimer toute ma gratitude pour l’initiation à cet Arctique magnifique, rude et fragile, ma reconnaissance pour ses précieux enseignements et rendre hommage à ce grand « capitaine des glaces », épris de découverte et de liberté.
Traversée de la Baie de Disko d'Aasiaat à Qeqertasuaq sur l'ile de Disko en passant par le village de Kitsissuarsuit
Changement d’itinéraire - Traversée de la baie de Disko de Aasiaat à Qeqertarsuaq en passant par Kitsissuarsuit.
Après maintes réflexions et discussions avec les locaux, il nous parait préférable de remonter vers le nord en contournant la cote orientale de l’ile de Disko (taille comparable à la Corse) plutôt que de longer le fond de la baie en passant par Illulissat. Nous évitons ainsi une zone peu venteuse où la glace peut être très dense en raison de l’Isfjord - un des glaciers les plus actifs du monde.
Cette option, 60 km en pleine mer est l’occasion de découvrir le charmant village de pêcheurs de Kitsissuarsuit (les iles occidentales en groenlandais) et de faire halte à Qeqertarsuaq.
Encore et encore l’hospitalité groenlandaise nous ouvre la porte, l’occasion de belles rencontres. 
Les icebergs balisent notre route, dans le brouillard - omniprésent, ils prennent des silhouettes fantasmagoriques.  Ici un profil de vieux pêcheur, là des ours joueurs, et régulièrement, dans une détonation ou un déchirement, un morceau de glace s’arrache et tombe dans la mer. Un jet de baleine dans les vagues nous annonce sa présence. Ce matin, elle était à quelques encablures de la plage de sable noir…
Traversée du Vaigat (Baie de Disko côté oriental) de Qeqertasuaq à Saqqaq
Traversée du Vaigat (Baie de Disko côté oriental) - de Qeqertasuaq à Saqqaq

A nouveau, une étape cruciale de notre périple, par sa distance entre deux villages. Alors que nous pensons mettre de 3 à 5 jours pour rejoindre Saqqaq depuis Qeqertarsuaq, notre Hobie Cat Tiger avale les 130 km en 34 heures. Peu de sommeil, des vents du sud plus que porteurs…
Malgré une fenêtre météo annoncée favorable, la première journée se deroule dans une petole totale, à ramer au milieu des icebergs omniprésents, à la fois fascinants et dangereux. A chaque détonation, nous guettons leur effondrement ou leur retournement.
Dans un brouillard devenu désormais familier, nous faisons halte à 2h du mat’ sur une plage de galets noirs, très en pente. Trop pour y beacher en securité ou maintenir notre esquif perpendiculaire aux vagues. Fatigués, nous jetons quand même l’ancre sur la grève en restant à bord, et essayons de dormir quelques heures sur le trampoline sans sac de couchage. Malgré nos combinaisons de survie et notre équipement grand froid, nous ne nous assoupissons pas plus d’une heure et nous nous réveillons, comme d’habitude, grelottants,  transis par le froid et l’humidité. Après avoir réchauffé de l’eau et repris quelques forces, nous repartons à l’attaque du Vaigat, (nom danois donné au bras de mer nord de la baie de Disko) … Nous ferons nos siestes en mer !
Eole se manifeste enfin. De 6h à 20h, nous avalons avec délectation les kilomètres sous spi, le long des plages de sable clair de Disko. Nous sommes très tentés d’aller y bivouaquer pour récupérer de notre nuit blanche.
La météo annonçant une chute du vent le lendemain, nous décidons de nous lancer dans la traversée du Vaigat. Il est 20h. Le vent forcit rapidement. Affalage de spi. Prise de ris. La mer devient très hachée. Elle nous impose une hyper vigilance éreintante : présence de growlers à fleur d’eau, prise d’eau dans une coque, surveillance permanente de l’apparition d’éventuelles faiblesses dans le gréement. Dans un empannage, la bôme vient égratigner le nez de Pao, sans gravité.
2h du mat’. Dans les lueurs du crépuscule (les nuits commencent à s’assombrir), nous abordons Saqqaq au grand galop en slalomant entre les icebergs échoués devant l’entrée du petit port naturel, frontale ouverte. Un container providentiel nous accueille. Nous sommes fatigués nerveusement mais la récompense est à la hauteur… Le village de Saqaq est grandiose. Sans doute l’un des plus beaux que nous ayons vus, de par la quantité d’icebergs qui flottent à proximité.
God morgon Saqqaq !
Dernier bord sous spi dans les glaces - le dernier frisson
Il y a toujours 3 stades dans les projets d’aventure

Celui de naviguer le long de la côte ouest du Groenland en catamaran de sport n’y déroge pas : ils sont d’abord « stupides », puis « dangereux » et enfin, ils sont « évidents ». C’est souvent dans les derniers bords que l’on en prend la pleine mesure. Ces bords deviennent l’image de votre vie. Ils vous construisent en Homme Libre. Ils justifient tout …
La bêtise ou la clairvoyance du rêve initial. Le voyage intérieur. Le long cheminement de la préparation matérielle. Les moments de doute. Les renoncements de toute nature. La douleur des silences dans lesquels il a parfois fallu affronter les regards culpabilisants et défaitistes. Ces bords effacent les inquiétudes passées : lorsqu’il s’agit d’acheter un bateau sans l’avoir essayé, d’avoir des check-lists à n’en plus finir tout en sachant qu’une pièce manquante mettra fin au projet, décider de partir même sans la totalité des financements, d’être au rendez-vous du bout du monde sans savoir dans quel état le bateau arriverait d’un transport en container. Et si, et si, et si … et si nos coques de quelques millimètres se transpercent en heurtant un rocher ? Et si nos coques prennent l’eau abondamment ? Et si le vent se lève furieusement ? Et si nous démâtions loin des côtes ? Et si le froid et l’humidité nous usaient. S’ils nous écoeuraient ? Et si ce banc de rappel dériveté supportant nos sacs et notre poids venait à céder et à basculer ? Et si l’un de nos safrans cédait ? Et s’il s’abimait sur un rocher à marée descendante ? Et si nous chavirions ? Et si nous ne trouvions pas d’abri pour les nuits prochaines ? Une image : nous avons fait le choix de ne jamais nous accrocher à notre « ligne de vie », censée garantir notre sécurité. Pourquoi ? Pour rester libres. Libres, dans la solitude de nos choix.
Préparation à l'hivernage
Préparation à l’hivernage

Uummaa est un nomade. Pour passer un bon hiver, il fallait lui  trouver un port d’attache. Ce sera Saqqaq. Sur la petite plage en contrebas de la maison bleue. La maison de Martha et d’Elionora.
Ici, l’entraide va de soi, les gars ont débarqué après le dîner pour nous aider à démâter et déplacer ce drôle de bateau sans moteur. Il sera à l’abri des tempêtes hivernales, sur cette grève face aux icebergs, à côté du vieux séchoir à poissons. Sous l’œil vigilant des sœurs Broberg. En nous attendant, le temps d’un hiver, en compagnie des chiens de traîneaux, ses voisins.
Dans la flamboyance cuivrée du soleil couchant, nous redevenons des « terriens ferme », bientôt citadins, et Uummaa se sédentarise pour l’hiver.
Comme le drapeau groenlandais, le ciel est rouge vibrant des moments intenses de cette expédition qui s’achève.
Takuss !
Saqqaq - Préparatifs pour la saison 2
Uummaa Expedition. Saison 2. Départ.

Top départ de notre itinérance ! Après avoir attendu plusieurs jour un bateau pour Saqqaq,  nous avons retrouvé notre petit catamaran dans un parfait état - (donc le froid conserve...). Nous l’avons gréé et préparé en apportant plusieurs améliorations : dans les prises de ris (le précédent montage était trop long à mettre en oeuvre), ajouté des clips pour poser les pagaies, une ancre sac pour maintenir le bateau perpendiculaire a la plage, refait l’étanchéité des tableaux arrière, du gel coat, une nouvelle dérive qui n’a pas manqué d’être rabotée dans l’avion, etc …
Dans ce village paisible, nous avons la joie d’être accueillis comme en famille chez nos amies Martha et Elionora qui avaient eu la gentilesse de stocker notre materiel sous leur maison bien au sec entre traineaux et peaus de rennes, et de retrouver nos amis du villages. Il fait 4 degrés, donc frisquet. Lorsqu’il n’y a pas de vent, les moustiques sont féroces.
La première étape sera la plus longue de notre trajet. Elle pourra durer 3 ou 4 jours, voire plus. Le premier village est à 180 km et nous avons l’équivalent de la pointe du Finistère à passer (environ la distance entre Benodet et Roscoff), si possible en 2 étapes
Le vent devrait s’étaler aujourd’hui dans le bon sens. The answer my friend, is in the wind.
Saqqaq - Uummannaq
Saqqaq - Péninsule de Nugssuaq- Uummannaq (180 km) 

Voilà une première grande étape franchie ! Le Vaigat, bras de mer entourant le nord de l’ile de Disko, a tenu sa redoutable réputation : le vent fripon nous a cueillis en sortie de baie, un peu comme pour nous dire de dégager, aller oust, bon vent ! Notre esquif nous a ensuite propulsés dans des eaux sablonneuses, et permis d’explorer deux magnifiques sites pour camper. Nous serions bien restés une semaine dans chacun de ces deux bivouacs idylliques  !
Uumaannaq - Sattut
Uummanaq, l’île "En forme de cœur" en groenlandais, trône majestueusement dans cette grande baie éponyme, au nord de celle de Disko.
Uummannaq, c’est aussi une île chère à Jean Malaurie qui y créa un Institut polaire. Cet institut partage ses locaux avec un centre pédagogique et musical accueillant des élèves venus de tout le Groenland. Nous avons eu la chance de découvrir son ambiance et de partager des crêpes avec ses petits pensionnaires.

Saattut, quant à lui, est un petit village sur une ile plus modeste mais avec une vue 360 exceptionnelle.
Merci à tous ceux qui nous ont hébergés à Ummannaq : Rasmus et son canapé, à 3h du mat’, fraîchement débarqués de 24h de navigation à Ann Andreasen, directrice et à son équipe du Children’s Home (Helen, Ani, Nivi, Sofia). Puis à Saattut, après une arrivée rock n’roll dans le grand vent, merci à ceux qui nous ont accueillis : Tina, l’institutrice danoise et Apollo son mari  groenlandais pêcheur pour un café mattaq, de narval Kristine et Nuqa pour un anniversaire surprise suivi de danses endiablées !
Crédits chansons aux enfants de @Uummannaq Children’s Home « Uumannimmiq Song » et à l’artiste groenlandais Muusi pour son titre « Qimussersuaq » (Album : Inuuneq illit)
Saattut - Ukkusissat
Certaines navigations vous marquent à vie. 
Ce fut le cas entre Saattut et Ukkusissat.
Et vous aurez compris à quoi nous carburons : un peu de vent, des paysages grandioses, un bateau, des baleines…
A la rencontre de la vibration - sur mer comme sur terre
Savourez avec nous ces 2 minutes d’immersion !

En montagne comme en mer, l’effort et la ténacité apportent des réponses souvent proportionnelles à l’engagement qu’on y met. 
Au fil de nos navigations, nous multiplions ces moments suspendus qui justifient le voyage …

Galère, galère, c'est chaud devant Kangaasuk
Sans vouloir se faire peur, parmi les galères auxquelles nous pouvons être confrontés, il y a la voie d’eau, le démâtage involontaire, la perte d’un safran, et le dessalage. Ecartons l’homme à la mer, épisode déjà éprouvé dans d’autres circonstances, au beau milieu de l’Atlantique.
Fort heureusement, rien de tout cela ! Mais nous avons connu un (petit) problème de (grand) voile qui aurait pu nous couter cher : la poulie qui sert de relais en tete de mat (la drisse est dite moufflée) pour hisser et surtout pour affaler la grand voile s’est abimée, rendant progressivement la manoeuvre de plus en plus difficile, voire impossible.
Or, au Groenland, les changements de vent sont rapides, en force et en direction, et nous devons souvent « prendre un ris » (réduire la voilure) voire deux, dans l’urgence, et ce plusieurs fois par jour. Notamment, lors des passages de cap, immenses falaises, le vent devient redoutable (et redouté des locaux), rafales et mer hachée malmènent notre frêle embarcation.
La prise de ris est donc la manoeuvre la plus importante à pouvoir réaliser. D’autant plus qu’un catamaran de notre taille est évidemment sujet à retournement, ce risque étant atténué par le poids de nos sacs, mais quand même… La moindre petite avarie sur cette mer glaciale et peu fréquentée peut prendre des proportions dramatiques…
C’est donc évidemment en plein coup de vent que notre drisse est restée bloquée. Devant l’urgence de la situation, nous avons tenté de rejoindre une mince plage de sable (de plus en plus rare dans la région) qui au loin semblait accueillante. Mal abritée et pavée de rochers, à la pointe d’un cap battu par les vagues, nous avons manqué d’y fracasser les coques. Nous en sommes repartis fissa, pour arriver enfin au petit matin brumeux dans le port d’Upernavik Kujalleq.
Nous avons profité de notre halte pour démâter et changer la pièce défectueuse, avec l’aide joviale et curieuse des pêcheurs du village. Un grand moment de partage et d’échanges techniques sur la méthode 
Oui, nous avons eu chaud au Groenland !
Naviguer sur cata dans l'Arctique - chaud devant !
Après Kangersuatsiaq et sa partie de pêche en famille, nous partons en direction d’Upernavik, la dernière grande ville (>1000 hab). Située à 55 km, nous la rejoignons à travers son magnifique archipel, sa constellation de fjords et ses immenses falaises abritant des centaines de colonies d’oiseaux.
Naviguer en Hobie Cat sous ces latitudes (73 degrés nord), c’est rechercher en permanence le meilleur compromis entre vent et sécurité et rester vigilants à une météo très changeante, sans préavis : à l’intérieur de l’archipel et des fjords, peu de mer, peu de vent, au large, du vent, beaucoup… et en rafales, des nappes de brouillard localisées, venteuses, qui défilent par vague, une mer hachée et rude pour notre esquif. L’arrivée à Upernavik sous spi dans le soleil matinal, après 20h de navigation et une « nuit » rock n’roll fut une récompense…
Nous y restons quelques jours, le temps de laisser passer un coup de vent, puis prenons la décision de repartir vers le village d’Aappilattoq, qui sera la dernière halte de notre voyage.
Situé très à l’intérieur, au bord de l’Isfjord, au fond duquel se trouve l’un des glaciers les plus actifs du Groenland, nous savons que nous y trouverons moins de vent, et donc plus de securité, mais aussi plus de glace ! Rien ne vaut l’avis des locaux. Les pêcheurs nous ont dit que cela devrait passer.
Alors allons-donc voir !
Uummaa, la vibration
Soudain … l’apothéose !
Était-ce un rêve ? Avons-nous vraiment vécu ces instants ?
Il est 2 heures du matin. Partis d’Upernavik vers 13h, nous commençons à ressentir la fatigue, après plus de 10h de navigation à fleur d’eau. Le pack de glace infranchissable, à quelques kilomètres du village d’Aappilattoq situé au bord de l’Isfjord, nous a malheureusement contraint à un long détour. La mer ne cesse de s’aplatir, le vent de tomber et le ciel gris pommelé … de rougoyer.
Soudain, c’est l’embrasement.
Le ciel et la mer miroirs s’enflamment et fusionnent dans un rouge magma intense. Le silence est sidéral. Le crépuscule et l’aurore se superposent. Le feu du ciel gelé plonge dans la glace sang. Le temps s’est arrêté. Nous avons cessé de pagayer. Effacées, la fatigue et l’envie pressante d’arriver.
Une forme d’ivresse nous envahit. Nous en perdons avec bonheur tous nos repères physiques et sensoriels. Envie de plonger dans le ciel, de voler dans l’eau. Le vertige est irrésistible.
Devant nous le sublime dépasse l’ordre du monde. N’est-ce pas ce que nous sommes venus chercher dans ces paysages fantasmagoriques ? Nous disparaissons, nous fondons dans ces phosphorescences saturées qui nous engloutissent corps et âme. Saisis par la pleine puissance de la nature. Sa démesure. Son énergie. Sa respiration. Intensément vivants.
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