Tour du Hardangerjøkulen (Norvège)

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Tour depuis Finse avec la vue chaque jour sur le glacier, et en bonne partie sur le sentier au plus près de la glace.
randonnée/trek
Quand : 29/07/21
Durée : 5 jours
Distance globale : 83.5km
Dénivelées : +1489m / -1705m
Alti min/max : 966m/1505m
Carnet créé par jolours le 07 juil.
modifié le il y a 3 jours
S'y rendre de manière douce : C'est possible en train
Précisions : En plus c'est une des plus belles lignes de Norvège!
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Vue d'ensemble

Le topo : Le tour réalisé (mise à jour : il y a 3 jours)

Description :

L'esprit de ce parcours, c'était d'être au plus près du glacier tout en restant dans le trek (pas de matos de glace donc). S'est ajouté une contrainte pratique de nombre de jours à disposition limités, et donc la nécessité de ne pas partir trop loin. Et finalement, la volonté d'éviter le même scénario que l'année dernière où, parti du niveau de la mer, nous avons pris 1.5 jour à monter (raide) pour accéder au plateau que nous voulions découvrir.

Nous avons pris le sens Finse -> Ustaoset. L'avantage est de faire la grande descente pour Ustaoset avec les sacs léger, au lieu de monter avec toute la nourriture. Par contre on avait le glacier dans le dos à la fin, donc il faut de temps en temps se retourner pour regarder la vue.

A part la section décrite vers Rembesdalsvatnet (évitement possible), l'entier du parcours suit un bon sentier. Il y a des névés, des pierriers et des rivières à traverser à gué. Les passages des plus grosses rivières sont équipés de ponts. Ceux-ci peuvent être difficiles, avec des échelles verticales pour y accéder, et suspendu parfois assez haut au-dessus de l'eau.

Il y a bien assez d'eau partout (raison pour laquelle je n'ai indiqué aucun point d'eau sur la carte, la Norvège en entier est un point d'eau!) et elle est en principe potable (en tout cas je ne suis jamais tombé malade et je ne la purifie pas).

Point du vue équipement, il faut bien garder en tête que c'est la Norvège au-dessus de 1000m. Donc il peut faire froid, pleuvoir, y avoir du brouillard, neiger, grêler... Bref, oubliez pas vos chaussettes de laine!
Quelques cabane DNT se trouvent sur le parcours (indiquées sur la carte). Elle fournisse un ravitaillement de base et, même si le bivouac c'est super, certains en apprécieront sûrement le confort. Il faut télécharger une app à l'avance qui permet de faire les paiements hors ligne pour acheter du ravitaillement, tout est expliqué sur le site de DNT.
Ma position

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Le compte-rendu : Le tour réalisé (mise à jour : il y a 3 jours)

Nous rejoignons Finse en à peine 2h de train depuis Bergen. C'est donc un trek "à la maison".
Finse est le point le plus haut de la ligne de train Oslo - Bergen (qui est magnifique cela dit). C'est une station de montagne d'où l'on peut partir marcher, faire du vélo (le long de la route de construction de la voie ferrée, un classique) ou aller sur le glacier. En hiver c'est un excellent départ de sortie à fjellski et aussi un spot de kite ski sur le lac gelé. On y trouve divers logements (hôtel, cabane DNT, chalets à louer et comme partout en Norvège le camping sauvage est autorisé). Il y a aussi une station de recherche scientifique où j'étais sensé être cet hiver.

L'avantage de partir de Finse est d'être directement en altitude. Marcher dans l'ouest de la Norvège, pays de fjords, c'est souvent commencer par une méga montée très raide.
Au début nous sommes sur la piste empruntée par les vélos et devons nous tasser plusieurs fois. Mais rapidement nous partons de notre côté en direction du glacier. Il pleuvine, il fait froid et les nuages sont bas. Après un premier pont suspendu nous passons notre premier névé. L'hiver passé a été très sec et le printemps très chaud donc globalement il reste peu de neige.
Le tour réalisé
Les ponts suspendus sont impressionnants et pas tous en bon état.
Les ponts suspendus sont impressionnants et pas tous en bon état.
Premier bivouac, le matin le ciel fini par s'ouvrir.
Premier bivouac, le matin le ciel fini par s'ouvrir.
La première partie est au plus près du glacier. C'est beau et impressionnant. Nous bivouaquons avec la vue sur une langue glacière. Fait plutôt rare, je trouve qu'il fait trop froid pour aller se baigner (bien que l'eau soit liquide, mon paramètre habituel).
La descente sur Rembesdalsseter est rude, avec des grosses marches et des passages assez raides. Nous croisons un couple qui nous apprends que le pont au-dessus du Rembesdalsvatnet a été reconstruit, nous évitant un détour. Le sentier jusqu'au pont est lui aussi technique dans des vieux éboulis recouvert de végétation. Nous sommes content de trouver le pont puisqu'il ne fait aucun doute que cette rivière de fonte ne se traverse pas à gué (en tout cas pas sans équipement). La montée de l'autre côté est raide et en plein soleil, nous progressons lentement, d'autant plus que nous perdons le sentier et finissons pas escalader les petites barres rocheuses que le sentier devait éviter.
Nous sommes toujours au plus près du glacier mais le voyons moins, la faute à une topographie différente. C'est très vert et super pour bivouaquer.
Descente sur Rembesdalsseter
Descente sur Rembesdalsseter
On cherche le sentier...
On cherche le sentier...
Allez, quelle cotation là?
Allez, quelle cotation là?
Le Rembesdalskåka, langue du Hardangerjøkulen.
Le Rembesdalskåka, langue du Hardangerjøkulen.
Il faut se les farcir ces échelles verticales pour monter sur le pont!
Il faut se les farcir ces échelles verticales pour monter sur le pont!
Passage de rivière à gué. Bien que l'été ici soit anormalement sec, les rivières de fonte ne sont pas affectées. C'est plutôt l'inverse puisque il fait chaud et que le glacier fond.
Passage de rivière à gué. Bien que l'été ici soit anormalement sec, les rivières de fonte ne sont pas affectées. C'est plutôt l'inverse puisque il fait chaud et que le glacier fond.
Une fois passé Sysenvatnet, le glacier se trouve dans notre dos. Nous devons donc nous arrêter régulièrement pour regarder derrière et l'admirer. Nous avons choisi ce sens de marche pour éviter de commencer par une grande montée depuis Ustaoset. Mais le reste du paysage est aussi absolument respectable: nous avons la vue sur le début du plateau de Hardangervidda. C'est sauvage, ouvert et il n'y a pas d'arbre (mon groupe de recherche à l'Université de Bergen est spécialisé dans la végétation de l'étage alpin et connu pour ne pas aimer les arbres; j'adhère totalement à cette ligne).
Nous voyons le glacier de Hardanger tous les jours. C'est quand même joli!
Nous voyons le glacier de Hardanger tous les jours. C'est quand même joli!
Nous bivouaquons sur le Olavsbuhæa dans un paysage lunaire. Un orage éclate pendant la nuit mais se tiendra finalement à distance. Nous ne dormirons pas beaucoup et pas très bien, sur ce plateau n'offrant aucune protection, en plein vent avec un orage qui nous tourne autour.

Après avoir passé la gigantesque cabane DNT de Krækja, nous arrivons à la route 7. C'est la route qui traverse Hardangervidda et une des principales liaisons routières entre Bergen et Oslo. Nous devons l'emprunter sur environ 600m. Elle est construite sur une digue qui nous permet de traverser un grand lac. Moment stressant donc. Il n'y a pas de place pour les piétons, nous sommes contraints de marcher en dehors de la glissière sur un petit sentier surplombant l'eau. C'est bizarre, les itinéraires de marche officiels passent là mais aucun aménagement n'a été prévu.
Le passage le long de la route n°7. Bof bof...
Le passage le long de la route n°7. Bof bof...
Abri de Monsbu. Rudimentaire mais bon à savoir en cas de mauvais temps. A priori pas d'eau à proximité.
Abri de Monsbu. Rudimentaire mais bon à savoir en cas de mauvais temps. A priori pas d'eau à proximité.
Pour notre avant dernier jour nous évoluons dans un paysage assez plat. Heureusement que nous pouvons toujours nous retourner pour regarder le Hardangerjøkulen! L'orientation n'est pas simple, bon moment pour Victoria pour apprendre à faire une triangulation.
Nous passons Tuva, qui de loin semble être une sympathique auberge de montagne. La génératrice en continu, la taille du parking et l'aspect commercial de l'ensemble nous refroidissent vite. La descente sur Ustaoset est, comme anticipé, rude. Nous somme content de faire ça avec des sacs légers de fin de trek. Mais la vue sur les montagnes qui surplombent Ustaoset est magnifique, et le sifflement du train ajoute à l'ambiance. Nous arrivons 6h avant notre train (ils sont très occupés en été donc mieux vaut réserver) et en profitons pour nous baigner.

En conclusion, il s'agit pour nous d'un beau trek express juste derrière la maison, idéal vu que je ne pouvais pas vraiment me permettre plus de 3 jours de vacances cet été. Il serait aussi faisable avec des nuits en refuge. Néanmoins, le faire intégralement en refuge ferait des étapes longues (mais des sacs plus légers). Par contre pour nous alléger nous aurions pu nous ravitailler dans les cabanes DNT.
L'accès en train direct est un plus énorme, c'est super simple. On pourrait croire qu'un trek aussi accessible soit blindé de monde, mais nous n'avons pas croisé tant de gens que ça. Il faut dire que la distance entre les cabane DNT impose soit le bivouac soit des longues étapes.

Texte, photos et topos en collaboration avec mon amie Victoria.
Dernier bivouac dans une très belle lumière.
Dernier bivouac dans une très belle lumière.
Piquer une tête en attendant le train, le méga luxe!
Piquer une tête en attendant le train, le méga luxe!
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