Phetkassem Road: De Bangkok à Phuket à vélo.

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  De Bangkok à Phuket à vélo. 
Mars 2014.
 
La Thaïlande est un pays accueillant, stable et d’une rare beauté ; Il nous tenait à cœur de traverser Bangkok à vélo, de longer le littoral du golfe de Thaïlande parsemé de sites magnifiques, de dormir chez les moines bouddhistes et chez les pêcheurs , de plonger à Ko Tao spot international subaquatique, de se promener en « Long tail » dans la réserve de Phang Na, de découvrir les îles encore sauvages de Ko Yao. 
C ‘est fait 
Notre récit est un peu long , on espère qu’il suscitera l’envie d’aller. (. JJ et Pat)

 
 
 
 
vélo de randonnée
Quand : 08/03/14
Durée : 21 jours
Distance totale : 336.9km
Carnet créé par jclarasso le 15 janv. 2016
modifié le 22 janv. 2016
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Le topo : Section 1 (mise à jour : 22 janv. 2016)

Distance section : 336.9km

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Le compte-rendu : Section 1 (mise à jour : 22 janv. 2016)

 
 
 
SAMEDI 8 MARS 2014

 

BANGKOK SUVARNABHIMO- BANGKOK CENTRE  HISTORIQUE (45 km à vélo)

 
Nous quittons l’aéroport de Bangkok - Suvarnabhimo par la 4 voies qui permet de prendre la direction du centre ville. Nous sommes un peu perdus dans l’immense échangeur de bitume. Tout est grand, la route , les bus. Le bâtiment de l’aéroport semble sortir d’une autre dimension. Après avoir parcouru 10 km sur une voie rapide nous nous apercevons de notre erreur d'orientation.
 
 Nous décidons de faire demi-tour, presque 20 km pour rien  sur une voie express. La ville est bruyante, polluée, sale et mal-odorante, les odeurs de poulets grillés, de poissons fris se mêlent aux odeurs d’égout et de gaz d’échappement. Nous pénétrons peu a peu dans cette mégalopole extravagante, bouillonnante de vie , d’audace économique, capitale du tourisme sexuel. La circulation est de plus en plus dense, la voie de chemin de fer domine la voie express qui surplombe les avenues qu’enjambent les passerelles et toboggans, tout cela  se reflète dans les façades de verre des buildings.
Vers 18h, nous quittons Sukhumvit Road pour emprunter Pridà Alley.  C’est une rue ombragée où crache la sono d’un établissement de nuit. Le quartier nous plaît bien, il reflète ce que  l’on attend de Bangkok.
Nous prenons une chambre au 6 ème étage de l’hôtel « La Promenade». Notre fenêtre donne sur un parc de verdure, la climatisation est bruyante mais l’établissement est propre.
Après la douche, nous  décidons à la nuit tombée de découvrir le quartier. L’activité est intense, les «vieux blancs» se promènent main dans la main avec des jeunettes, les stands de poissons  et autres victuailles se succèdent. Quelques restaurateurs ont dressé la table dans un jardin arbore de palmiers, chamérops et strelitzias. Nous sommes étonnés par le nombre de Bar-trucks. Ce sont pour la circonstance des fourgons d’ancienne génération Volkswagen Transporter décorés de ruban de led multicolores, boules à facettes. Les tableaux de bord  sont souvent habillés de moquette rose.  Le toit est découpé pour le rendre ouvrant comme un coffre à jouets, les bouteilles de Chivas, Gin, Vodka et autres sont alignées comme des quilles le long d'un comptoir rutilant.
En regagnant notre hôtel nous passons devant LE KIWI, célèbre volatile de Nouvelle Nouvelle-Zélande. Son nom ne trompe pas, il s’agit d'un pub tenu par un anglais. Une dizaine d’écran de TV diffuse des images de Foot, de jeu à XIII et de rugby. Aujourd’hui, c‘est une journée du Tournoi des 6 nations. En raison du décalage horaire le match de l’équipe de France en Écosse sera proposé à minuit à la suite de celui de l’Italie en Irlande. Deux matches impliquent  4 mi-temps = 1 Heineken + 3 Guinness. A 2 heures du matin, la France a gagné, je peux aller rejoindre Patricia restée à l’hôtel.  . . 
 
DIMANCHE 9 MARS

 

BANGKOK- HAT  CHAO SAMRAN (130 km en bus et 40 km à vélo).

 
Le réveil est tardif, l'air est moite, la température vers 10h est déjà de 35 degrés. La nuit a lavé les pêchés. Nous reprenons notre raid urbain sur la même avenue où nous l'avons laissé. En ce dimanche, la circulation est moins dense. Les feux rouges à décompte à rebours se succèdent. Ce système d'affichage lumineux indiquant l'attente restant avant de démarrer est présent à tous les carrefours. Les chiffres rouges ou verts sont placés de l'autre côté de l'intersection, suspendus à un portique de 5 ou 6 mètres de hauteur tel le «Start» d'un grand prix de F1. A zéro l'immense cortège métallique se met en branle dans un vacarme odorant et nous, en appuis sur nos pédales, masques de papiers sur le nez peinons à reprendre le rythme des tuk-tuks.
Au bout d'une heure soit environ 15 km nous traversons le  centre historique de Bangkok où palais, demeures royales de l'ancien Siam et temples bouddhistes se côtoient.
Nous faisons une halte au Palais SUTHATTHEPRARAM.Une multitude de toitures de tuiles rouges et de panneaux de pierres grises ornées de bois sculptés perchés sur des colonnes blanches protègent 146 bouddhas étincelants, disposés au coude à coude  dans une galerie en périphérie du temple. Devant l'entrée, une vendeuse d'offrandes  enfile à l'aide d'un fil de fer de petites fleurs jaunes et roses sur des colliers de jasmin. Elle m'en propose 3 pour 20 bahts (50 c d’Euros).
Notre ras le bol de la ville est plus fort que notre curiosité. Nous abandonnons la richesse culturelle et historique pour enfourcher nos vélos et fuir vers les côtes verdoyantes du pays.
Un grand toboggan nous permet de franchir les eaux grises du CHAO PHRAYA.
Nous sommes contraints d'emprunter les voies expresses urbaines bondées de bus, de camions et de véhicules en tous genres. Notre patience et notre entêtement à n’utiliser que l'énergie de nos mollets pour rejoindre Phuket situé à 1000 km plus au sud sont bafoués lorsque nous nous retrouvons au centre de la jonction de 2 motorways de 4 voies chacune. Le zébra central est l'unique refuge qui nous permet de retrouver de la lucidité pour glisser dans le flot incessant de voitures. Encore quelques kilomètres  et nous capitulons à la vue d'une gare routière. Il est 13 heures, la température approche les 40 degrés.
C’en est trop. Patricia se laisse convaincre du raisonnable.
Quinze minutes plus tard nous sommes installés séparément dans un vieux bus une poche de beignets de poisson froid négociée à la dernière minute en guise de déjeuner. Nos vélos sont compressés dans le soute contre la batterie de réservoir de GPL.
 
Patricia s'endort pendant que je rédige le journal du  voyage.
A 14h30, le bus éjecte ses baroudeurs et leurs bardas sur le trottoir de PHETCHABURY, petite ville tranquille à 130 km de la capitale. Nous traversons en 2 coups de pédale son centre sans intérêt, et nous prenons la direction de l'océan en suivant une allée ombragée bordée de grands arbres. Puis une longue route jalonnée de poteaux métalliques surmontés de pelotes de fils électriques inextricables et de belvédères poussiéreux nous conduit à KWANG .
Sur notre droite, sous le squelette d'une structure en béton se tiens le marché du dimanche. Magnifique, chaleureux, authentique, original nous n'avons pas de mot pour décrire cette ambiance tropicale. La vie y est intacte. Des dizaines de femmes s'affairent à la cuisine sur des frêles brûleurs de gaz pour préparer des beignets de calamars, des fritures d’œufs de caille, des plats traditionnels thaï, des  brochettes de poulets et du poulet frit....des fruits exotiques et des produits de la mer complètent les étals.
 
A coups de 20 bahts par ci ou par la, nous remplissons nos penses sans se méfier des risques de tourista. On osera même déguster des larves, des criquets et une sauterelle grillée.
Dix kilomètres plus au sud, sur une route presque tranquille nous sommes attirés par l'originalité d'un abri de bus à l'architecture locale. Une passante à moto scelle sur un cliché une image inoubliable et nous rencarde sur la présence de bungalow à louer au bout du chemin. C'est un ancien hangar agricole transformé en gîte. Les alvéoles de fourrage ont été équipées en logements confortables. Seul bémol ...pas de fenêtre. Mais l'inconfort est justifié par le prix, 10 euros la nuit.
Nous voilà installés et douchés. Le village balnéaire  de HAT  CHAO SAMRAN est à 2 km. Frontale sur la tête, nous enfourchons nos vélos pour s'y rendre.
 
On découvre un superbe site bordé par une plage de cocotiers,  maisons de pécheur et quelques établissements touristiques de petites tailles constituent la bourgade, l'endroit est sympa.
Nous poussons notre curiosité au fond d'une traverse qui semble animée. Nous débouchons sur ce qui doit être la place centrale où se déroule une fête bouddhiste. Au centre de la place se dresse la reproduction d'un temple en haut du quel prône un cercueil. A chaque angle des effigies en l'honneur du défunt: un moine vénéré et respecté dont nous ne saurions répéter le nom. Tout autour se  trouvent  des tribunes drapées de blanc et de jaune mangué, au premier rang des bancs sculptés accueillent  les personnalités honorables. Les chaises sont habillées de housses immaculées. En arrière plan, une enfilade d’instruments de musiques gravés de pierres précieuses laissent échapper un son himalayen, pendant que les Monks murmurent des prières.
 
La fête ne serait pas totale s'il n' y avait de kermesse locale. Une jeep course un avion qui survole un bateau lequel tente de rattraper la moto qui le précède. Entièrement construit par son propriétaire chaque sujet du manège est suspendu à une charpente en rotation qui pivote propulsée par un ventilateur domestique. Les jeux gonflables, pêche au guppies, carabine à bouchon et jeux de fléchettes  complètent la foire.
         On s'attable devant une assiette de vermicelle à l'omelette de sèches, puis on déguste le kao-lam (riz thai cuit dans un morceau de cane à sucre). Un feu d'artifice et l'illumination de feu de Bengale clôturent la soirée. Nous retournons à vélo dans la douceur de la nuit à notre hébergement de campagne.  
 
LUNDI 10 MARS 2014

 

HAT  CHAO SAMRAN- HUA HIN

 
Nous ouvrons la porte de la chambre. Le gardien se tient debout à quelques mètres les bras croisés. Il attendais notre apparition pour nous proposer du café.
 

Nous repassons à HAT  CHAO SAMRAN, triste comme un lendemain de fête, les ouvriers s’affairent au démontage puis nous longeons le littoral par une belle route bordée d’une piste cyclable. Nous nous arrêtons sous une tonnelle qui abrite un commerce de bord de route, la patronne fend des coques semblables à des noix de coco, elle en extrait trois fruits gros comme des abricots et de la couleur du litchi. Elle nous tend ce fruit en disant : thin, c’est le nom de ce fruit.
Deux allemandes à vélo qui envisagent le même parcours que nous s'arrêtent également pour nous saluer.
Après 30 km nous arrivons à CHA-AM. C'est une petite station balnéaire qui a conservé son patrimoine architectural et son port de pêche artisanal malgré la construction de hauts immeubles d'appartements et de vastes complexes hôteliers. Quelle joie nous emplit à la vue de ses dizaines de bateaux multicolores décorés de pavillon bleu rouge et jaune amarrés au ponton de maisons sur pilotis réparties de part et d'autre de l’embouchure de la rivière. La pêche est une activité bien vivante qui mobilise une main d'œuvre locale très expérimentée aux méthodes de travail traditionnelles. C'est ainsi que l'on a pu assister au déchargement  de centaines de caisses de calamars pesées méticuleusement l'une après l'autre à l'aide d'une balance plus proche du pèse personnes que de la bascule. En même temps un marin bascule des pains de glace d'une centaine de litres dans un broyeur à couteaux, lequel déverse la glace pilée sur une visse sans fin qui monte les éclats de glaces au sommet d'une goulotte. De là, la glace pilée glisse jusque dans la cale d’un navire prêt à appareiller.
Poissons grillés , brochettes de cuisse de poulet et riz comblent  notre appétit sur une table revêtue d'une toile cirée qui nous colle aux coudes.
  
Une passerelle jaune qui enjambe le cour d’eau verdâtre nous permet de poursuivre notre route vers HUA-HIN, d'abord le long des plages puis par une deux fois trois voies qu’il est impossible d'éviter. Nous tentons bien à plusieurs reprises de chercher une route parallèle au front de mer, mais en vain, chaque traverse se termine  en cul de sac au pied d’un récent hôtel.
Vers 14h00 la température atteint 40 degrés. Au 70 ème kilomètre nous pénétrons dans la ville de HUA-HIN. Nous nous arrêtons devant un marchand ambulant proposant des coca frais  et des fruits pelées. Ananas, pastèques et papayes. Jean-jacques s'éclipse le temps d'un besoin pressant et reviens 10 mn plus tard. « Si tu veux un endroit sympa pour la nuit, j’ai ce que tu cherches ».
Nous enfourchons nos vélos et à travers un dédale de petites ruelles traversant un bidon- ville puis en suivant un canal profond  sécurisé par un grillage et dégageant une odeur nauséabonde nous progressons à la stupéfaction des habitants qui tentent de nous dissuader de continuer dans cette direction. Les touristes ne viennent jamais ici ...  Puis nous foulons de nos pieds le sable de la plage, poussant péniblement nos pesants vélos. Nous contournons quelques maisons  de pêcheur pour découvrir la case de notre hôte Nylan.
 
 

Nylan habite une petite case de bois de 6 ou 7 m2 seulement, sur l’avant se trouve une plate forme de planche surélevée du sable de 50 cm et recouvert de plaques de fibrociment. Sur l'arrière un appentis sert de rangement à son matériel. La marrée est basse et sa barque de pêche gît sur la grève amarrée à une grosse ancre dont le jas est planté dans le sol.
Nylan répare ses filets assis sur la marche de sa porte.    
La population se mobilise pour nous accueillir. Un ami de Nylan nous montre le tuyau d’eau pour la toilette puis reviens quelques minutes plus tard avec du poisson séché, des brochettes  et des beignets alors que  la voisine cuisine du poisson bouilli  et du riz. On n'a pas faim car il n’est que 16h mais nous ne pouvons faire autrement que d’avaler tous ces aliments.
Pour ne pas arriver les mains vides nous avons apporté  4 Changs. (Bière locale).
Nylan continue ses travaux. Nous nous installons à l'extérieur sur la terrasse, nous faisons face à la mer le dos appuyé sur un amas de filets, les jambes glissées dans nos sacs à viande. Elle n’est pas belle la vie ?
Plus tard Nylan nous propose 2 boîtes de coca frais, une voisine nous apporte un bol de riz recouvert d’œufs et d’oignons fris, puis un homme apporte un ventilateur en simulant le bruit du moustique.
La nuit avance au rythme de la musique Thaï que crache la radio de Nylan. Elle ne s'arrête jamais, pas plus que le néon blanc branché sur l'éclairage public. Dans ces conditions il est difficile de trouver le sommeil, le cauchemar se poursuit jusqu' à 2 heures du matin.
 
 

 
MARDI 11 MARS 2014

 

HUA HIN- BO NOK  (96 km à vélo.)

 

 
La nuit a été un cauchemar dans un cadre idyllique.
Nylan nous propose un seau pour la toilette et nous prépare le café, puis il prépare le petit déjeuner : poissons bouillis avec oignons et riz blanc, un régal.
 
Nous quittons notre hôte vers 9h00 avec beaucoup de regret
A peine sorti  du sable, une crevaison nous retarde un peu.
Le ciel est voilé et la température grimpe à 34 degrés. Les 20 km de route qui nous éloignent de HUA HIN ne sont pas très agréable, nous bifurquons enfin vers le littoral pour atteindre PAK NAM PRAN et sa jolie plage de sable blanc arborée de cocotiers.
Quelques bateaux de pêche secoués par la houle mouillent dans la baie.
A proximité deux temples bouddhistes se font face dans un décor de carte postale.
Nous poursuivons la route qui longe le bord de mer parfois la chaussée rentre dans les terres, traverse des cocoteraies ou des rizières  pour ré-apparaître quelques kilomètres plus loin. Ce petit jeu de cache-cache complique notre étape et rallonge la distance.
Vers 14h00, en contre bas de la route sous un auvent de palme une dizaine de femmes s'affairent activement.
 
 


 Nous descendons la rampe menant à un atelier de confection de de fruits fris. Certaines d'entre elles coupent des bananes, des patates rouges ou des racines de bambous en rondelles ou en bâtonnets pendant que d’autres les plongent dans des bacs d’huile bouillante à la chaleur d’un feu de bois. Ces chips de bananes et autres sont ensuite conditionnées dans des sachets en plastiques.
 
 L‘autre spécialité de la maison est la purée d’Ananas ou de papayes macérés dans du lait de coco puis confite, un vrai régal. La patronne nous donne 2 barquettes remplies d'une mélasse jaunâtre.
 
Nous longeons ensuite la longue plage désertique de Ban Nong Khaem Noi , quelques « guest houses » et établissements de plage ont pris place sur ce site superbe, mais à en juger par les importants travaux d'aménagement en cours, il reste peu de chance de revoir cet endroit intact encore longtemps. A l’horizon se détachent la masse importante des collines du parc National de Khao Sam Roi Yat hautes de 650m.
 


 Après 70 km de progression avec  le vent de face nous traversons le Parc, les plages ont fait place des étangs entourés d'épaisse végétation au dessus de laquelle parfois dépassent la toiture d’un temple. Puis quelques singes perchés sur des panneaux indicateurs suivent des yeux notre passage. Nous arrivons après 95 km à Ban Bo Nok.
 
La gestionnaire des Cinq bungalows super kitch alignés en rang d'oignon à 100 m de la plage nous accueille gentiment. Nous nous installons pour la nuit contre le paiement de 500 bahts environ 11 euros, petit déjeuner compris.      
 
MERCREDI 12 MARS 2014

 

Ban Bo Nok – Thap Sakae.  ( 110 km a vélo)

 

Départ à la fraîche ce matin et arrêt immédiat au temple tout proche qui héberge l'école du village. Patricia émerveillée par tous ces écoliers en tenue orange joue les reporters. Elle ne passe pas inaperçue avec son casque surmonté d'une casquette rouge posée à l’envers, ses yeux bleus qui transpercent son teint écrevisse.
Ce matin la route qui fuit le village vers l’ouest est quasi déserte, nous empruntons un toboggan tout neuf qui enjambe la voie ferrée et obliquons vers l’ouest pour éviter la route à 2x4 voies qui descend vers le sud.
A l’ombre d’un abri de planche, sur le bord de la route une thaïlandaise propulse des projectiles pour faire fuir les oiseaux intéressés par ses semences. L’occasion est trop belle pour s’initier à l’art du lance pierre. Un bâton en forme de Y équipé d’un élastique lui sert à lancer à une centaine de mètres des billes d’argile qu’elle a soigneusement roulées dans ses doigts. Avec beaucoup d’adresse elle fait déguerpir les nombreux volatiles.
Après 2 ou 3 essais qui vont naître chez elle des éclats de rire nous réussissons à imiter son niveau technique. 
Le goudron fait place à la latérite, la piste  traverse des exploitations de figues de barbarie, d’ananas et de mangues. Les seuls véhicules qui utilisent cette voie transportent les produits agricoles vers la ville.
Nous croisons une procession de villageois coiffés de chapeau de paille colorés et portant un habit traditionnel orné de chapelets d’offrande. Ils se rendent au « Wat » en cortège de 4x4 donc le premier transporte un bruyant orchestre.
Nous apercevons au loin le temple perché de la colline de PRACHUAP, c'est le signe que nous approchons de la route numéro 4 qui relie la capitale au sud du pays à l’image de la RN 7 en France. Il nous faut traverser cet axe et rejoindre une route secondaire qui parallèle à la voie ferrée traverse des cocoteraies ombragées et des étangs abritant des oiseux migrateurs. La température est de 38 degrés en ce début d'après midi nous avons seulement 62 km dans les mollets.
Retour sur la route numéro 4 pendant 20km, ras le bol de la circulation nous fuyons dans la cocoteraie et découvrons une piste de terre longeant le chemin de fer. Un vrai régal pendant 5 km de paysage polynésiens avant d’aboutir dans une exploitation de coco d’un autre temps. Ressemblant a une maison coloniale, teintée de bleu pâle la grande battisse toise les cocotiers avec beaucoup d'arrogance, les chiens aboient et un jeune thai sort sur le seuil de la porte. Il joint ses mains au niveau de son torse, s’incline plusieurs fois lentement dans notre direction en signe de bienvenu.  Nous sommes au pays du sourire.
Le rythme de pédalage est de plus en plus aisé. Ça devient presque facile, boostés par l’euphorie nous avalons les km à bonne vitesse. Au 100 ème nous quittons définitivement  la route numéro 4 pour rejoindre le littoral à Thap Sakae. Un grand chapiteau abritant une foire est installé au centre de l'agglomération. Comme à l’accoutumé les stands de cuisine thai y sont nombreux, vu l’heure avancée, c’est pour nous l’occasion de se restaurer. Puis dans la pénombre nous repartons 45 mn plus tard à la recherche d’un hébergement. Nous essuyons deux refus de locaux estimant que leur maison n’est pas assez bien pour nous, puis nous tentons notre chance auprès d’un bureau de l’ EGAP ( = EDF), pas possible non  plus. Un peu plus loin deux pêcheurs sous leurs abris de fortune nous proposent le gîte et le couvert. Le cadre est superbe, sable blanc palmiers et cocotiers, couchage possible sur le pont du bateau à sec. Mais l’un des deux est éméché impliquant le « non merci » de Patricia....
A deux cents mètres de là, trois bungalows offrent une vue superbe sur le golfe de Thaïlande.
Onze euros la nuit.
Une Chang (bière thai) à la main, le cul dans le sable  nous comtenplons  la mer.
 
JEUDI  13 MARS 2014

Thap Sakae- Chumphon (170 km à vélo).

 

Puis Chumphom- Ko Tao par le Ferry de nuit.

 
 
Partageant le même sentiment de guilli-guilli toute la nuit, nous concluons avoir dormi avec des puces rouges,
Avant de quitter le bungalow à 8h00, Jean-jacques prend renseignement auprès du patron pour connaître la distance séparant Thap Sakae de Chumphon. Dans un anglais approximatif assez proche du sien, il lui répond après avoir consulter Internet : One hundread and fifthy et lui comprend : One hundread and Fiftheen , ce qui est très diffèrent surtout lorsqu' on circule à vélo.
La température est inférieure à 30 degrés, il y a un air frais , ça change un peu.
Après 15 km nous faisons une première halte pour le petit déjeuner cher Than ,un charmant Thai selon Patricia. Deux jus d’ananas frais et deux bols de riz agrémentés d’œuf et de légumes pour 90 bahts (environ 2 euros).
Nous parcourons aujourd'hui la plus belle étape depuis Bangkok. De petites routes sans aucune circulation longent le sable bordé de pelouse , de l’autre côté une succession de petites maisons Thai aux couleurs chatoyantes rose, bleu , vert pistache...Plus loin la route enjambe et longe un bras de lagune pendant quelques kilomètres ; des bateaux de pêcheurs sont amarrés de chaque côté. Au bout de la lagune se trouve un groupe de maisons sur pilotis.
Nous nous arrêtons à une exploitation de poissons séchés. Les petits poissons sèchent au soleil sur des centaines de clayettes posées sur des piquets à 50 cm du sol dans un décors paradisiaque, seul le bruissement des branches de cocotiers et les rouleaux des vagues sur le sable blanc perturbent le silence. Deux Thai retournent  méthodiquement les clayettes  une à une. Le poisson est préalablement bouilli dans de grands bacs métalliques encastrés dans des fours en maçonnerie alimentés par un feu de bois.
Nous arrivons à Ban Tha Manao, deux grandes digues sur pilotis, l’une en bois l’autre en béton retiennent des dizaines de bateaux de pêche bordées de rampes lumineuses. Au bout du ponton, le dernier rentré décharge sa cargaison alors qu’un camion au soleil est en cours de chargement de glace pilée.
Nous traversons de grande forêt de caoutchouc et des palmiers, il est 15h la température est de 38 degrés.
Le bord de mer disparaît et la route se transforme maintenant en grand huit, les monta-calas se succèdent nous obligeant à des efforts supplémentaires en plein soleil. Le but de l'étape du jour est d'arrivée à Chumphon avant le départ du ferry pour Ko Tao qui quitte le quai à 22 heures.
Nous passons le 90[sup]e[/sup] km. Un automobiliste nous aborde alors que nous sommes arrêtes à une intersection. En lui disant que nous allons à Chumphon il répond Eighthy (je comprends Eightheen) bêtement je calcule 90 + 18 = 108 km. C’est a peu prés ce que l’on nous a dit avant notre départ.
Dix km plus loin nous nous arrêtons à un marché pour acheter du ravitaillement, beignets de crabe, grillade de pâte de viande  et coca. Nous redemandons la distance restant  pour Chumphon , une jeune fille affiche 7 doigt , c'est bon on y est presque sauf que sept doigts c’est SOIXANTE DIX KILOMETRES. Les quiproquos se multiplient et se tiennent jusqu’au moment où un panneau affiche---- Chumphon 48 km----- Douche froide, la nuit tombe, la fatigue est là et en plus JJ crève sa roue arrière par un grosse vis. Mutinerie à bord, Patricia ne veux plus avancer, elle veut arrêter un pickup, JJ lui propose de prendre une chambre dès que possible. Elle a des brûlures sur les lèvres, une allergie au soleil sur les cuisses et le derrière en feu. Mais le temps nécessaire à la réparation calme les ardeurs et nous repartons de plus belle.   
La nuit tombe, nous enfilons les gilets fluos, et sortons frontales et feux rouges. Notre progression se fait maintenant  de nuit, il  reste 30 km. Fort heureusement le bas côté est en bon état. C’est super agréable de rouler de nuit, torse nu et gilet ouvert offrant le buste à la fraîcheur.
Nous sommes vigilant aux divers obstacles qui pourraient se présenter, trous, sable, absence de revêtement, chiens.....Nous pensons à tout sauf à une petite dame vêtue de noir, en appuis sur sa béquille qui claudique lentement sur le côté de la voie...juste le temps de crier «  ATTENTION » et de donner un coup de frein qui siffle dans la nuit et elle est déjà derrière  encore sur ses jambes. JJ n’a vu que le reflet de sa béquille  et sa frêle silhouette. Patricia plus décalée l'a aussi évitée de justesse. En cas de choc, c'est hôpital pour la pauvre dame et prison pour nous.
Chumphon n’est plus qu’à 15 kilomètres, puis à 10 puis à 3 km. On s’ arrête au coin d'une avenue pour avoir confirmation que le port est bien vers la gauche.....grands signes positifs de la tête de tous les hommes attablés à la terrasse d’un bar , on redémarre et on entend « Thirstheen- kilo » Nous avons bien compris 13 km , le port est encore à une demi heure de vélo.
C’est au bout de 170 km et 13 heures de voyage que nous achetons nos billets de ferry pour Ko Tao.       
Un bloc sanitaire rudimentaire sur le port nous offre une douche appréciée.
Le bateau appareille vers 22h00, vélos sanglés contre le bastingage.
 
 
VENDREDI 14 et SAMEDI 15 MARS 2014

 

Sur l'île de Ko Tao (ko= Iles  Tao=Tortue)

Puis traversée de nuit jusqu'à Surratthanit. 

 
La traversée depuis CHUMPHON s’effectue de nuit, bercée par le boucan métallique du moteur similaire à un bruit de marteau piqueur. Patricia, boules Quiès fichées dans les oreilles a dormi comme un bébé  et moi comme un pépé angoissé. 96 couchettes équipent l’unique dortoir du bateau, le pont inférieur abrite les cabines de l'équipage. Le bateau est chargé de matériaux de construction, de bois, de citernes en plastique et autres palettes bâchées dissimulant leur contenant, bouteilles d’eau minérale...Tout ce qui est  nécessaire à la vie insulaire est a bord.
A 6h00 du matin, il fait encore nuit et les lumières de la côte se rapprochent, le moteur ralenti son rythme et apaise nos tympans. Le débarquement est très rapide.
Nous remontons la rue principale de BAM MAE HAT, pentue et bordée de commerce pour trouver refuge dans un petit restaurant local. Le jour se lève, la population aussi. Plus de touristes donc moins de chaleur dans le sourire des Thai. Une soupe de vermicelle agrémentée de je ne sais quoi est notre petit dej.
Puis nous allons au quartier de Hat Sairée, où se regroupe une grande partie des clubs de plongée. Il parait qu’ici se trouvent les plus beaux spots du monde. Le club Francophone Aqua Tao a notre préférence et nous réservons des places pour la sortie du lendemain. Nous partons visiter l'île à vélo. Le relief  est assez scabreux, les 21 km2 de l'île sont très boisés, deux routes principales en forme de Y permettent de desservir par des voies bétonnées très pentues  les petites criques de plage de sable fin. De charmants bungalows bien intégrés au site bâtis sur les gros blocs de granite à moitié immergés offrent un décor de cartes postales. Malheureusement la construction de grosses battisses et de somptueuses villas commencent à marquer l’environnement. La population est faite d’indigènes, de touristes généralement jeunes (20 à 30 ans) et de travailleurs saisonniers embauchés en grande partie par les centres de plongée comme moniteurs (jeunes aussi). De ce fait, Patricia et moi représentons la quai totalité de Seniors de l'île. 
Nous louons un bungalow dans un coin assez calme et repartons déambuler dans le quartier pour consommer au coin de la rue un plat thai et un jus de Dragon-fruit.
Le rendez vous au club de plongée est fixe à 6h15 du matin pour un départ à bord d’un très beau bateau en bois à 3 ponts pouvant accueillir jusqu’à 50 plongeurs. Nous sommes 18 à bord, on a donc la place pour préparer le matériel. Nous immergeons sur CHUMPHON PINACCLE avec Max le dive-master et Alex un breton d’origine et boulanger sur l’ île de Ko Phangan. Les deux plongées se font sur le même spot, rien d’exceptionnel, peut-être à cause d’une luminosité faible. Beaucoup de petits poissons et peu de coraux, nous ne regrettons pas cette belle plongée.
L'après midi est consacré au farniente, balade et baignade sur la plage, bière à la terrasse d’un troquet.  
Nous avions prévu de prendre le bateau pour Ko Phangan cet après midi (Samedi), mais en raison de la « full moon », les compagnies refusent de transporter nos vélos. La Full Moon est un rassemblement de fêtards sur l'île voisine où fête, alcool et musique à « donf » sont ininterrompues pendant 24 heures. Nous prenons donc à 21h30 le ferry de nuit pour aller directement sur le continent a SURRATTHANIS. Double intérêt pour nous, éviter la zone trop touristique de Ko Phangan et de Ko Samuit et gagner deux jours pour profiter d’avantage de la région de Krabi et de  la baie de Phang Nga, la plus belle du monde.
Le bateau est assez confortable et moins bruyant que celui qui nous a amené à Ko Tao.
Nous trouvons le sommeil avant qu’il large ses amarres.
 
 
DIMANCHE 16 MARS 2014.

 

Surratthani – Ban Playkorn (95 km à vélo)

 
 
Le JASOEN a effectué la traversée par une mer belle et remonte la rivière dans la nuit  jusqu'à un appontement. Il est environ 5h00 et le chef de cabine allume la lumière du dortoir en criant : « The boat is arrived at Surratthani », une premier fois en Anglais et une deuxième fois en Thai.
Nous avons à peine le temps de sortir sur le pont que la cargaison est déjà à terre grâce à l'efficacité des jeunes matelots Birman, visage peinturluré déjà en sueur.
Les services maritimes ont mis à disposition des arrivants une table et propose du café gratuitement. Nous rencontrons un américain du Massachusetts  vivant à Changmail avec sa compagne Thaïlandaise qui effectue un voyage à moto. Vers 6h15 le jour est a peine levé, nous enfourchons nos vélos et traversons le grand pont en béton qui enjambe la rivière, nous dirigeons vers la ville en direction du sud. Nous n’avons pas   de route sur le GPS, il faut donc s’orienter à la boussole en se référant à la carte insuffisamment précise. On s’en sort bien et 5km plus loin la ville de Surratthanis est déjà derrière nous.
Nous empruntons la route 4002 en direction de Ban Na San. Cette grande route est généralement très fréquentée mais ce dimanche et à cette heure matinale la circulation est faible ce qui nous permet de gagner rapidement vers le sud. Nous arrivons à Lum Sai où la 4002 prend fin devant un grand toboggan en travaux qui permettra prochainement de franchir le carrefour de la route 44.
Sur le bas côté, une petite échoppe tenue par une thaïlandaise et ses 2 filles propose des grillades de poulet et diverses préparations à base de riz et de jus de coco grillés roulés dans des feuilles de différents végétaux. Nous gouttons à presque tout.
Nous poursuivons à bon rythme notre descente jusqu’Ban Na San où nous  faisons une nouvelle halte à la terrasse ombragée d’un commerçant avide de rencontre. Celui-ci parle bien l’anglais pour avoir travailler dans un hôtel  sur l'île de Ko Samui.
La seule curiosité touristique du coin est une cascade un peu loin de notre route, et une grotte que nous décidons d’aller visiter. Hélas l’accueil est repoussant et la caissière n’a pas la monnaie de nos 1000 bahts.
Nous arrivons  à Nam Phu, petit village comme tant d’autres sur notre route. Un barnum à larges bandes jaunes et noires joliment décoré occupe une partie de la route, il semble que la fête qu’il abrite est plus importante que la circulation des usagers.
Sous le barnum un groupe de personne attablé emballe dans un papier cellophane des statuettes de bouddha, à côté le portrait d’un homme trône sur un chevalet. Élevé à  2 m du sol  au dessus d’une cascade de fleurs, un cercueil blanc entouré d’ornements domine la scène. Il s’agit d’une cérémonie de funérailles. La fille du défunt et son fiance maîtrisant l’anglais viennent à notre rencontre et nous invite à table.
Au coin de la rue, les tentes destinées à accueillir les convives s'étalent sur une trentaine de mètres et de gros poêlons sur un feu de bois mijotent des plats de poisson, porc et poulet. Un groupe de femme sous un auvent épluche d’innombrables légumes. La veuve nous offrent une statuette de bouddha que l’on s’engage à suspendre à notre coucou en respect pour son époux. Nous repartons le ventre plein en direction de Phukett.  
Le réseaux routier du sud de la Thaïlande est assez simpliste, il quadrille le pays en petits polygones de 15 à 50 km de côté. L'échelle de notre carte est trop petite (1cm pour 9km) pour envisager de traverser l’un d’eux. Mais au sud de Ban Na San, l’exploitation du caoutchouc a permi la construction de pistes de terre ou bétonnées qui desservent les habitations et les fôrets. C’est en s’engouffrant sur l’une d’elles que l’on découvre une autre facette de ce pays. Une vie à l’ombre des grands arbres, organisée en bourgade linéaire le long de la piste où de petites maisons d’architecture très variée se succèdent avec un point commun- le Krae-. Petite plate forme de bois surmontée d’une toiture qui accueillent toute la famille pour un rassemblement de convivialité où jeunes et vieux échangent dans une ambiance rieuse en regardant les rares passages sur la piste qui constituent la seule animations du quartier.
Il nous faut trouver un accueil pour la nuit.
Nous faisons halte à plusieurs reprises devant les-Krae- en adressant de chaleureux –See weut dii ke- (bonjour), parfois les habitants ne nous portent pas cas et nous poursuivons notre chemin, parfois il s'en suit une tentative de communication. Vers le 92 ème kilomètre, nous passons le portail de la famille de Monsieur Mee Kitt. Il est en train de couper une branche d’arbre avec sa femme. Au fond du jardin le reste de la famille se protège du soleil. A notre vue, il va chercher une perche au bout de laquelle se trouve une lame courbée. Avec dextérité et à bout bras , il décroche 2 noix de coco qui tombent et roulent au sol. Sa femme en décapite une à l’aide d’une feuille de boucher lui créer une ouverture grosse comme une pièce de 2 euros et la tend à Patricia qui , basculant la tête en arrière, avale de grosses goulées tièdes de son jus. A tour de rôle nous séchons son contenu. Puis la femme fend la noix en deux et nous donne moitié chacun et nous tend une cueillière pour en déguster la chair.
Tout cela à durer moins de 5mn.
Accusant un coup de chaleur Jean jacques s’endort sur un muret pendant que Patricia discute avec les enfants et petits enfants du couple.
Au réveil, Monsieur Kitt nous propose une douche dans son toilette de jardin. Il refuse de nous héberger pour la nuit mais nous propose de nous conduire au temple qui se trouve un peu plus  loin sur la piste à environ 3 km.
Nous voilà repartis, lui en petite moto et nous à vélo. Trois kilomètres plus loin, alors qu’un autre thai en moto s’est joint à nous, monsieur Kitt arrête sa moto sous un immense arbre au tronc multi-centenaire.Sur la droite un moine en tunique orangée s’active à la construction d’un temple.  
 Nous sommes à Ban Playkorn, une bourgade de 300 habitants.
Le moine déroule deux nattes sur le sol de l’autel à côté de la statue de bouddha et nous demande de bien vouloir dormir dans une orientation bien définie: les pieds à l’opposé de Bouddha.          
De jeunes filles viennent nous rendre visite ainsi que la famille entière de Fharan, torse nu, l’air éméché mais super amusant. Il nous initie à la –waters tumtum- , une formule à lui pour décrire la douche à l'écuelle.
Oreillers, ventilateur, bouteilles d’eau sont gracieusement mis à notre disposition. Bien que la natte sente le pied de moine, nous profitons d'une  nuit calme et de la fraîcheur de la forêt.
 
LUNDI 17 MARS 2014.

 

Ban Playkorn- Leam Sak (99 km à vélo)

 
A 6h15, Mam la fille de Fharan  ouvre sa boutique face au grand arbre multi-centenaire. Le jour se lève et la lumière du soleil découpe la silhouette des branches.
Peu de temps après une dame arrive près de l’autel pour y déposer le plateau en inox de notre petit déjeuner. Dessus se trouvent un bol de riz, un plat de porc épicé, 2 morceaux de poisson et une soupe aux alludres. Le riz et le porc feront l’affaire, nous laissons le potage aux insectes pour les moines.
Nous plions bagages vers 10 heures et quittons le temple après d’interminables remerciements réciproques.
Cinq kilomètres de piste nous conduisent à la route 44 descendant vers Phukett en direction du Sud Ouest de la Thaïlande. La température est de 43 degrés. Au bout d’une vingtaine de kilomètres nous quittons la 44 et commençons à apercevoir les pitons granitiques de la region de Krabi. Vers 12h30 nous nous arrêtons dans une boutique à Play Phraia pour se protéger de la chaleur et boire une boisson fraîche et sucrée. Jean Jacques s' endors sur le carrelage pendant que Patricia écrit son journal. La générosité des thai sera encore prouvée puisque il nous sera offert riz et porc. La noix de coco offerte la veille par Monsieur Kitt est notre dessert.
La route est fréquentée par de nombreux camions de plus la bande réservée aux deux roues est presque inexistante, c'est ici la portion de route la plus dangereuse depuis Bangkok.
Un panneau sur la droite de la route annonce la présence d’un centre d'entraînement de boxe thai, sport national en Thaïlande. Après 1 km de piste en forêt nous arrivons à un complexe en pleine nature comprenant un grand chapiteau protégeant le ring, 2 maisons sommaires et un petit temple bouddhiste. Un vieil homme assis en tailleur fait face à son maître, les mains jointes contre le torse. Il se tourne pour nous saluer. C’est un ancien champion de boxe, il nous présente les différents posters où il apparaît tout jeune et au sommet de sa gloire. Il offre à Patricia un flottant de boxe.
Un peu plus loin, cherchant à rompre avec la monotonie du goudron nous empruntons une piste qui nous amène dans un décor somptueux. Nous avons fait un retour en arrière de 2 km.
Il nous reste environ 25 km de route lassante pour rejoindre Leam Sak situé dans le golfe de Phukett.       
Nous découvrons un bord de mer inaccessible occupé en une continuité de maisons sur pilotis. La grande curiosité de Leam Sak est son temple, occasion pour nous d’aller demander  l'hospitalité.
Nous sommes reçu froidement et prudemment par un moine. Les moines sont sept dans cet immense domaine de plusieurs grands bâtiments. Un grand parc ceinturé par un haut mur comdamné par un grand portail rend le lieu austère. Avant de donner son accord, le moine accourt vers le grand chef pour l'informer de notre arrivée puis il vérifie sur nos passeport la véracité de nos déclarations. Il nous accompagne vers un bâtiment situé en contrebas.
A l’angle d’un temple il nous désigne un moine assis en tailleur vêtu de sa tunique orange. Celui-ci n'exprime aucun sentiment, son visage est froid et son regard vif. He’s the big chief. Le moine qui nous accompagne nous demande de nous agenouiller en joignant les mains devant notre torse. C'est ce que nous faisons immédiatement.
En bas d'un escalier par prudence nous attachons nos vélos. Le moine accompagné de ses collégues remonte un grand rideau métallique et ils nous montent deux tantes et installent deux matelas sur une natte, à l'interieur du local. On nous rappelle les consignes des lieux « NO LOVE » , en prenant soin d'épeler chaque lettre du mot. L-O-V-E.
Nous prenons le diner dans une petite gargotte au bord de la route à 500 m de là puis nous regagnons le temple.
Nous disposons de toutes les commodités pour la nuit et pour la toilette.
    
 
MARDI 18 MARS 2014

 

Leam Sak- Ko Yao Noi

(70 km à vélo + 14 km long Tail)

 
 
On s’active dans la pièce voisine. Des hommes et des femmes préparent la cérémonie religieuse dans la salle des prières toute proche. Intrigues nous nous glissons à tour de rôle parmi les fidèles qui ont pris place face sur des chaises de bois. La cérémonie a commencé , une douzaine de personnes récitent inlassablement l’incantation au prophète, à gauche de bouddha les sept moines assis en tailleur se restaurent des offrandes, ils saisissent de leur main gauche la nourriture déposée dans un contenant sphérique enveloppée dans une étoffe. Ils mangent goulûment  pendant toute la cérémonie et au bout d’un demi heure tout le monde sort de la salle. Les fidèles s’orientent vers une cour et s’installent à une table pour y prendre un petit déjeuner. Ils nous invitent à manger avec eux le reste des offrandes, poisson, riz et Koa Lam.
Une seule dame parle correctement l’anglais, elle nous apprend qu’il n’y a pas de bateau au départ de Leam Sak pour Ko Yao Noi et qu’il faut de rendre à Tha Lane pour en trouver un. Tha lane est situé  à 60  km plus au sud, c'est le port le plus proche disposant de liaison régulière.
Avant de quitter le temple , nous allons remercier nos hôtes devant leurs appartements.
Nous voulons vérifier auprès des locaux les dires de la dame, un gamin à cyclomoteur nous guide  jusqu’au port qui se résume à un simple ponton sur pilotis dans uns baie d’une beauté incroyable. En arrière plan des montagne arrondies couvertes de végétation dominent une superbe mangrove qui en raison de la marrée basse découvre ses racines. Sur le plan d’eau,  des maisons de bois grises sur pilotis s’isolent de la surface en révélant leur reflet.
Trois grands « Long Tail » et quelques barques de pêcheur constituent la flotte disponible. Trois mille bahts est le prix de la course que me propose le Boat-Man (75 euros) pour gagner Ko Yo Noï. Le prix est 10 fois inférieur au départ de Tha Lanely.
La route qui quitte Leam Sak est une 4 voies très large, bordée de cabanes souvent couvertes de tôle. Cette route dimensionnée présage certainement à un développement touristique prochain. Il est 10 heures, la température est de 35 degrés.
Nous sommes obligés d’emprunter un tronçon de la route 42 fréquentée par des camions se rendant à Krabi  pendant une vingtaine de kilomètres, puis nous bifurquons par une route secondaire à travers la foret en direction du littoral. Cette route sillonne dans une vrai foret vierge où s'entremêlent de grands arbres feuillus , des bananiers, des lianes et palmiers. Les grands cocotiers dépassent leurs têtes de cet écrin de verdure. Nous traversons de nombreux villages et remarquons la présence de mosquée signe que nous entrons dans la région de Krabi.
La route glisse entre des grosses montagnes arrondies, verdoyante ce qui lui rajoute encore a sa beauté.
Les quelques véhicules qui utilisent cette route sont essentiellement des camionnettes transportant la production locale de........... Ce sont de grosses grappes de fruit rouges agglutinées en boule, se développant comme les dattes en haut des troncs à la naissance des palmes. Ce végétal est utilise pour la production de carburant et d’huile.
En ce but d'après midi le ciel se charge de gros nuages blancs et la température se rafraîchit avec la venue de l’air marin.                 
Nous arrivons à Tha Lane, la route passe en corniche au dessus de la mer et nous offre un point de vue exceptionnel sur la baie de Phang Kna truffée de monticules luxuriants,  au fond les iles de l’archipel des Pakoh. Plus loin nous pouvons deviner Ko Yao Noi et Ko Yao Ya. La luminosité faiblarde rend l’horizon un peu flou. 
Le muezzin appelle à la prière.
Nous suivons le fléchage indiquant l'embarcadère Tha Lane Pier et  arrivons sur un grand ponton en béton à 4 ou 5m au dessus du niveau de la mer. En bas de l’escalier le Long Tail qui vient d’accoster décharge ses passagers et marchandises. Une moto est montée à bout de bras par l'équipage, paquets et cartons se passent de mains à mains.
C’est le « Long Tail » de 17h00 nous affirme une parisienne vivant depuis peu sur Ko Yao Noi, le dernier de la journée pour rejoindre l'île.
Trente minutes plus tard, une vingtaine de passagers, leurs bagages , un sac de riz, une moto et nos deux vélos sont embarqués. Le – 4 cylindres- démarre dans une pétarade, le bateau manoeuvre et prend la direction du large dans l’axe les bouées qui définissent le chenal.
L’archipel de Pakoh se situe au sud-est de la baie de Phang Nga, il est composé d’une douzaine d'îles que nous croisons lentement, le spectacle est exceptionnel.
45 mn plus tard le « long tail » par manque de place est obligé d’aborder un autre bateau déjà ammaré au quai de Thakhao. Le débarquement est assez scabreux, d'autant qu'à marrée basse nous sommes obligés d'escalader une échelle glissante et de grimper  un escalier jusqu’ au ponton.
Dès les premiers coups de pédales nous nous sentons à laise sur cette île. Ko Yao Noi mesure 25 km de long sur 7 km de large, une belle route étroite mais en très bon état la parcours. La moitie Nord n’est accessible qu’à pieds. Nous avons tôt fait de trouver un accueil pour la nuit. Il se fait tard et nous prenons place à table sous les palmiers Nipa d’un modeste restaurant. Dans la pelouse se trouvent 3 « kraes », nous repérons le plus petit mais aussi le plus éloigné des tables, situé à 3 mètres seulement du bord de l’eau. Après le repas nous discutons avec le patron et sollicitons son accord pour investir le petit auvent pour la nuit , il accepte gentimment, il nous propose même matelas , oreillers et couvertures.
Les toilettes et « water Tum Tum » sont aussi à notre disposition.
Une nuit dans un coin de paradis.
 
 
MERCREDI 19 MARS

 

Sur l'île Ko Yao Noi. (55 km à velo)

 
Nous nous levons en même temps que le soleil, rougeoyant, lui  au dessus des montagnes de Krabi. La mer s’est retirée au loin et a abandonné un fond vaseux où s’agitent quelques crabes. Nous consacrons  la journée à la visite de l'île.
Après un café vite avalé, nous partons en direction de Market qui est le coeur touristique de Ko Yao Noi. Nous découvrons une île préservée. Les maisons traditionnelles sont élégantes et fonctionnelles, adaptées au climat et à la vie de famille. Ces habitations sur pilotis, en bois, bambou ou palme sont généralement composées d’une pièce unique permettant de se prémunir des inondations. Pendant la saison sèche le dessous de la maison protège de la chaleur et sert aussi de cuisine. Les toits sont très pentus et sont souvent décorés aux angles d‘un Naga (serpent). Ces maisons sont modestes , de petites tailles et bien incorporées a la végétation.
Une route bétonnée parcours le littoral oriental offrant des vues magnifiques sur la mer. Quelques restaurants de plage aux noms enchanteurs se succèdent face à la plage de Klong Jark puis face à celle de Pasai. Puis la route s'élève pour franchir la nervure d’un cap et nous voilà sur la ligne droite qui mène a Market. Nous prenons un petit dejeuner devant l'étal d'une vendeuse de tout...de beignets et de fruits, ...nos vélos sont appuyés contre un poteau au soleil, le thermomètre de mon GPS affiche 54 degrés.
Après quelques achats et fouinneries dans les boutiques de Market nous filons vers Manoh Pier lieu d’embarquement pour Ko Yao Yai. Sur place nous discutons avec un boatman qui nous propose pour 3500 bahts de nous amener à la réserve nationale de Phang Nga. Phang Nga est sans doute la baie la plus belle du globe.  Nous ne pensions pas que cela était possible au départ de Ko Yao Noi. Nous prenons donc rendez vous avec lui pour le lendemain. Nous poursuivons notre visite à vélo par la route bordant la mangrove où les sonneratias et les avicennias  baignent leurs racines inextricables dans une eau saumâtre, puis nous rentrons dans le centre de l'île pour retourner vers  Thakhao où nous avons débarqué la veille.
Sur la gauche un panneau indique Had Yao Beach 3 km. Nous prenons cette direction, au bout de 200 m la route bétonnée laisse place à un  chemin de terre zig-zaguant dans la foret au travers de plantations d’hévèas. De temps en autre, nous laissons sur le bord du chemin la demeure de bois et de branchage sur pilotis d’une famille d'exploitant jouxtant les installations d’extraction et de stockage du latex. Chiens, coqs et poules assurent l’ambiance sonore. Enfin le chemin plonge vers la mer, traverse la cocoteraie pour aboutir sur une plage isolée. Moment de « sabaye-sabaye » sur une balançoire et dans un hamac avant de revenir sur nos traces de roues. Sur le retour de jeunes thai ont tendu un filet entre deux hévéas et ont tracé au sol une aire de jeu grace à une corde tendue entre des pics plantés dans la terre. C’est un terrain de TAKRAW. Organisés en équipe de trois, il jouent de l’argent. Les participants font  preuve de souplesse, d'agilité et précision. Sorte de volley- ball joué avec les pieds, il n'était pas rare de voir un joueur, généralement de petite taille, parvenir à smatcher la balle végétale avec le pied.
Nous bouclons le tour de l'île et repassons devant le restaurant NAIDAB qui nous a hébergé puis retour à Market pour un repas sous les étoiles  et, les pieds dans la pelouse.
Mais où va-t-on dormir cette nuit ?
Patricia à la mission un peu imposée de trouver un hébergement, nous partons du restaurant dans la nuit à la lumière de nos frontales en direction de Manoh Pier, elle a repèré un stade et a l’intention de s’y installer. Le portail est ouvert malgré l’heure tardive, nous passons devant la guérite du gardien absent et longeons le grand bâtiment. Au 1[sup]er[/sup] étage la lumière d’un bureau est encore allumée, elle monte les marches 4 à 4 et y trouve le directeur de l'établissement. Celui ci nous explique que le terrain de sport fait partie du collège, que celui est fermé pour les vacances. Il nous propose de dormir sur le parquet du palier de l’escalier d'accès aux salles de cours et de profiter des toilettes et de la douche au même étage. Mission accomplie pour Patoune, l’endroit est trés correct bien qu' un peu spartiate.
Un chat blanc vient s’installer prêt de nous dans la nuit.
 
 
JEUDI 20 MARS 2014 ou 2557

 

.De l'île Ko Yao Noi a l'île de Ko Yao Yai en passant par Phang Nga (70 km long tail = 13 km à vélo)

 

Le parquet du collège comme le réveil est  un peu dur.
Nous prenons le petit dej dans une cantine traditionnelle dans Market, beignets, riz et mauvais café au lait.
 
 Patricia retrouve le boat man au bord de la route et nous le suivons vers son Long tail amarré à Manoh Pier.
Nous embarquons sur le « Aneefar » à destination du parc national de la baie de Phang Nga. Nous atteignons la première île après 40 mn de navigation sur une mer très calme, distante de 14 km de Ko Yao Noi. L’île est assez grande et très haute, de gigantesques de falaises grises et noires plongent dans la mer.
 
Notre boat man  Dee oriente la prou de son bateau en direction d’une grotte au ras de l’eau , avance lentement et nous laisse quelques minutes contempler l’immensité de la voûte sur  laquelle s’accrochent de grandes stalactites. Au fond quelques plantes vertes donnent de la fraîcheur à l’endroit. Une petite plage de sable très étroite permet de poser pieds à terre. La boite à vitesse craque et le Long Tail amorce une marche arrière.
Un peu plus loin le bateau reprend la direction des falaises vers une plage bloquée entre deux parois, le boat man pose l’avant du bateau sur la grève sous les yeux habitués d’un groupe de singe.
Nous sautons à terre , escaladons une échelle de bois et pénétrons dans une grotte d’une cinquantaine de mètres qui offrent un très beau spectacle de stalactites et de concrétions calcaires. A son extrémité, une fenêtre verticale et étroite donne un point de vue sur un cratère inondé. Lorsque nous ressortons de la grotte, nous croisons un groupe d’une trentaine de touristes casqués, débarquant d’un speed boat en provenance de Phukett , ouf , on a échappé au pire.
 

 
Le Long Tail longe la base des falaises jusqu'à passer sous le toit formé par l’érosion marine, Le plafond est découpé, déchiqueté par la mer formant des dentelles de calcaire qui plongent au ras de l’eau.
Le boat man procède a un troisième accostement pour nous déposer sur une vire rocheuse à l’entrée d’un boyau horizontal qui traverse la roche, nous débouchons sur une cavité surplombant un autre cratère inondé.
Nous quittons cette île pour en regagner Ko Hong, beaucoup plus fréquentée. Un restaurant-buvette est installé sur une plate-forme flottante qui sert aussi de base à la location de kayaks. Ainsi des dizaines d’embarcations explorent la baie. Des bouts de corde pendent au ras de l’eau permettant aux kayakistes de s’y amarrer. Ko hong est une baie fermée entre deux pitons calcaires dont un est percé d’un tunnel franchissable à marée basse.
 
L’approche de Tham loc est vraiment impressionnante. Le boat man dirige son bateau vers la voûte d’un tunnel qui semble trop basse, on imagine aisément que seuls les kayaks peuvent passer, pourtant le Long Tail ne ralentit que modérément, on pense que la proue massive du bateau cerclée d'écharpes multicolores qui s’érige vers le ciel va s’écraser contre l’arche calcaire, effet d’optique ou magie du boat man , le bateau glisse sans bruit dans la pénombre slalomant entre les larmes de calcite. Superbes sensations.
De l’autre côté du rocher apparaît à la lumière le rivage couvert de mangrove verdoyante qui jadis hébergeait les plus grands crocodiles du monde.
 
Nous faisons route vers Ko Ping Kan, le coin le plus visite du parc. Une plage de sable est bloquée entre deux pitons, envahie par des boutiques de souvenirs et barrant la vue sur le rocher de James Bond, obligeant les visiteurs à payer une taxe pour accéder au point de vue sur Ko Tapu (James bond Rock’s). Trop de monde, nous poursuivons notre visite vers le village de pêcheurs de Panyi. 
Ce que nous apercevons en premier à l’approche de Panyi, c’est les coupoles dorées de sa mosquée, seul édifice bâti sur la terre ferme, tout le reste est sur pilotis à quelques décimètres de l’eau.
 
 Le village est un dédale de pontons en béton donnant accès à une centaine de maison de tôle, de bois ou en maçonnerie. La vie de tout les jours a pris sa place, puisqu’il y a une école, un stade, un gymnase et tout autres bâtiments nécessaires à la société moderne. Une lignée de restaurants faisant face au large isole une partie du village de la mer.
Nous regagnons notre bateau et Dee met le cap sur Ko Yao Yai.  
Le bateau s’amarre à Chong Lad Pier au nord de l’île vers 15 heures d'où nous repartons à vélo. Ko Yao Yai s’étend sur 27 km du nord au sud  sur 5 km de largeur environ. Cette île est assez peu touchée par le tourisme, principalement boisée de forets primaires, de plantations d’hévéas, de cocotiers et de palmiers. C’est pour nous un site paradisiaque.
Nous avons à peine quitté le ponton et pris la route vers le sud qu’un salon de massage nous aguiche. C’est maintenant ou jamais.
 
 Nous nous allongeons côte à côte à plat ventre sur les matelas et deux masseuses se mettent en action. Détente, relaxation sont réparateurs. Oublions les coups de marteau et les hurlements de la scie circulaire de l’ouvrier qui posait les gouttières....
Retour sur nos vélos, la route escalade un mamelon et offre un panorama sur la passe entre les deux îles, sur les rivages de sable, sur les cocotiers et sur l’archipel des Pakoh, plus à l’est on devine la baie de Krabi.
 
L’heure avance, nous nous mettons à la recherche d’une cantine, endroit populaire où les Thai viennent se restaurer. On les trouve au bord de la route généralement dans les bourgades. Toujours organisé de la même façon : Un coin préparation des plats où on épluche les légumes, prépare les pâtes, un coin cuisson avec un tri pattes à gaz et une grande  poêle à frire, une vieille glacière pour conserver la glace pilée et quelques tables et chaises pour les clients qui sont bien souvent devenus des amis. Nous adorons manger dans cet environnement. Mais aujourd'hui pas de cantine qui nous convienne. Nous arrivons à Loh Poh Bay, un chemin rectiligne sur la droite descend vers la mer, on aperçoit en bas un ponton et un panneau indiquant « Restaurant Sea Food ».
 
 L’endroit est magnifique d’autant qu’il est 18h et que le soleil descend sur l’horizon.          
 En roue libre nous dévalons la pente. En bas, la grande terrasse du restaurant est perchée 3 m au dessus du sable délaissé par la marée, en face un ouvrier répare un Long Tail. Il purge habillement l’ancien mastic d'étanchéité  qui comble le joint entre les planches de la coque pour le remplacer par un cordon en coton servant de fond de joint et une résine d'étanchéité.
 
A côté, un vieux bateau en bois sec et rabougri, couvert d’un tau de toile bleu ferait bien notre affaire pour la nuit. Avec l’accord du charpentier et de Nieung venu par curiosité, nous installons un platelage dans l’étrave. Nieung est le propriétaire du restaurant, il est amusant et avenant alors nous prenons place à une ses tables en contemplant le coucher de soleil sur les pitons de la baie de Phang Gna.
 
Nieung fait le service, son humour nous amuse toute la soirée.
Ce soir il y a Full Moon, pas besoin de frontale pour retourner dans la cocoteraie et se coucher dans le Long Tail.
 
 
VENDREDI 21 MARS 2014 ou 2557 du calendrier Bouddhiste

 

De Ko Yao Yai  a   Nai Yang  Beach  par Phukett (26 km vélo + 20 km Ferry + 60 km de vélo

 
Le chant des grillons comparable à celui de cigales provençales enrouées nous tire du sommeil, puis un grand bruit nous rappelle qu’il est dangereux de rester sous les cocotiers...
 
 

La mer est venue dans la nuit lécher l’herbe verte de la cocoteraie et s’est retirée à plus de 300 cm. Une aubaine pour les ramasseuses de fruits de mer. Elles sont déjà à l’œuvre. Pieds nus nous descendons l’escalier du ponton pour marcher dans le sable mou parfois visqueux jusqu'à elles. La première ramasse de petits mollusques gris portant une carapace à deux faces d'où sort une queue grise et molle. A l’aide d‘une bêche arrondie qu’elle enfonce judicieusement dans le sable au droit de petits trous invisibles pour nous , elle extrait une motte qui en retombant au sol se sépare en deux et délivre la bestiole. Son panier en feuilles sèches se remplit rapidement. Plus loin, les filets maintenues par des bâtons plantés au sol ont fait prisonniers des centaines d’escargots qu’une famille entière vient ramasser.
 
Nieung est parti à la pêche cette nuit et ne sera de retour qu’en fin de matinée avec la « Water- Up ». Nous partons sans le remercier vers 7h45.
Comme tous les matins nous faisons halte à une cantine pour le petit dej.
Après Pru Nai situé sur la seule route qui gagne le sud, nous bifurquons en direction de Loh Balai Bay. Une piste de terre traverse la foret pendant 7 km pour aboutir à Hua Lam Lan, à l’extrémité sud de l'île.
 
 Là nous découvrons un village de pêcheur sur pilotis d’une beauté et d’une conservation exceptionnelle. Comme isolée du monde, la communauté vie de la pêche et de la richesse de la nature. Un balèze Thai décortique les noix de coco à la méthode traditionnelle sur  une lame plantée dans le sol il empale la coque, la fait pivoter sur elle même ce qui arrache la structure filandreuse puis recommence 4 ou 5 fois jusqu’à en avoir fait le tour.
 
Les noix qu’il récolte sont différentes de celles que nous avons vu dans la région de Surratthani. Lorsqu'il les fend, il jette le liquide qu’elles contiennent et  en extrait un fruit que nous n’avions jamais vu avant. Souple et onctueux à la fois, il a l’apparence de la meringue et le goût du coco.
En repartant du village, un chemin en sous bois nous conduit en une centaine de mètres à la plage isolée de Aow Say Beach. Nous cédons au plaisir d’un bain naturiste.
Nous repartons vers Loh Jark Pier pour prendre le ferry de 14h en partance pour Phukett
Lorsque le bateau quitte le ponton et qu’il s’éloigne de la côte, nous comprenons que nous sommes au bout de notre périple.
 
Il faut un peu plus d’une heure pour parcourir les 20 km qui séparent  Ko Yao Yai de Rassada Arbours à Phukett.
L’équipage débarque nous vélo acrobatiquement, se les passant à bout de bras du pont supérieur au quai.
La faim se fait sentir, un marché qui se tient à proximité le vendredi nous permet de déjeuner de la manière que nous préférons : Flâner en picorant de stand en stand tout un tas de spécialités locales. A deux pas de là,  nous achetons dans une boutique une cage  à oiseau que Patricia envisage d'offrir pour la fête des mères. Chargée et sanglée sur mon porte bagage, notre traversée de Phukett Town ne passe pas inaperçue.
Nous prenons la route en direction de Patong en appréciant au passage les maisons Sino-portugaises bâties au siècle dernier.
La route à 4 voies qui s’éloigne du centre-ville, d’abord plane et sécurisante se transforme au bout d’une dizaine de kilomètres en piège à cyclistes. La pseudo-piste cyclable disparaît et la ligne blanche du bas côté flirte avec le rail métallique de sécurité.
 La route fait face à une haute colline boisée qu’elle doit franchir sans détour par manque de place. Une seule solution, réduire sa largeur et se tortiller sur elle même au péril des moteurs diesels des bus et camions surchargés. C’est ainsi que nous nous retrouvons transpirant à grosses gouttes, coudes baissés, dos courbés, petit braquet, en appuis saccadés sur les manivelles à lutter contre la file discontinue de véhicules crachotant des gaz mal consumés.  Une puis deux épingles avalées, nous commençons à apercevoir le sommet lorsque deux mastodontes vitres teintées et cabines climatisées,  au coude à coude, se disputant l’autorité de la voie, négligent la frêle existence de la bicyclette de Patricia, bardée de sacoches rouges qui pour la circonstance font office d’airbags entre le rail et les portes de soutes de l’autobus. Guère plus rapide que le vélo, le car de tourisme défile sa publicité à quelques centimètres des oreilles de Patoune pendant de longues secondes. Le sommet de la bosse permet de récupérer de l’effort et de l’émotion. La descente qui s’en suit nous conduit en quelques minutes au cœur de Patong, bruyante, surchauffée, grouillant d’une foule agitée beurrée d’ambre solaire languissant des activités nocturnes et des décibels. On est à Golfe-Juan en plein mois d'août.
Deux ou trois raidillons nous extraient de cet enfer, puis nous retrouvons pendant des kilomètres les files de voitures, les stationnement en double file sur les routes commerçantes qui fuient l’agglomération.
A la nuit tombante, les premiers  panneaux routiers indiquant Nai Yang Beach et l’aéroport sont enfin là.
 
Une enseigne lumineuse super kitch affiche – Rooms to rent- sans se poser de question , nous répondons favorablement à la publicité. Sur une longue façade jaune perpendiculaire à la route, une enfilade de 6 portes blanches donnant directement sur le trottoir accède a autant de chambres confortables mais mal tenues.
Nous nous y installons pour les 2 ultimes nuits.
 
SAMEDI 22 MARS 2014

 
La matinée est consacrée à la visite de  Nai Yang Beach.
Cette zone a complètement été dévastée lors du tsunami en décembre  2004. Dix ans déjà.
Les stigmates ont presque disparu, comme si rien n’avait eu lieu. Et pourtant la catastrophe est bien réelle. Derrière une palissade se trouve encore la masse grisâtre d’un hôtel désaffecté.  C’est le seul bâtiment non réhabilité que l’on ait pu voir.
La cocoteraie est magnifique, la mer immense et l’horizon toujours aussi loin.
Il nous faut trouver des cartons et du scotch pour emballer nos vélos pour le retour. Nous nous rendons  à l ‘aéroport où nous trouvons dans les coursives du 1 er étage des emballages en quantité suffisante pour satisfaire notre besoin.
Le reste de la journée est nécessaire pour plier bagages et vélos.
Le vol de retour est tout proche.
 
 
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