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Full Moon !

2 jours
63.9km
+2572m / -2566m
Par Lab 5
publié hier
44 lecteurs
Informations générales
Full Moon c'est profiter de la pleine lune pour éclairer une course contre le soleil : le voir disparaitre à l'Ouest et arriver à temps à l'Est pour le voir réapparaître !
Activité :
randonnée/trek
 vélo de randonnée
Statut :
réalisé
Distance :
63.9km
DATE :
01/05/2026
Durée :
2 jours
Dénivelées :
+2572m / -2566m
Alti min/max :
199m/1584m

Réalisé avec 1 enfant

son âge : 15 ans
Mobilité douce
du pas de la porte au pas de la porte
C'est possible (ou réalisé) en train
Précisions : Accessible en train gare de Crest
Toutes les sections GPX , KML

Full Moon !

Les étapes :

1
63.9km
+2572m / -2566m
mise à jour : hier
Chez nous, près de Crest dans la Drôme, il existe le plus haut synclinal perché d'Europe et sans doute aussi l'un des plus beau.
C'est un massif calcaire, en forme de vaisseau de pierre, abritant faune et flore spécifiques.
Et surtout, ce synclinal est orienté Est-Ouest, le sommet de Roche-Colombe dominant plein Ouest à 886m et trois sommets dominant de front à l'Est, appelés les trois becs, culminant à 1589m (Le Veyou), 1559m (Le signal) et 1545m (Roche Courbe).

Depuis longtemps nous pensons avec Antoine, mon fils de 15 ans, au défi de voir le lever de soleil d'un côté et le coucher de l'autre...mais quelque chose nous manque dans cette histoire et le timing semble ne pas coller : que ferons-nous toute une journée si nous traversons le synclinal au plus court ? Bref, cela manque d'intérêt, nous ne trouvons pas la ligne.

Mais c'est en regardant Benjamin Vedrine danser sur Full Moon (Refugiés de Lognan) dans l'épisode 1 de sa trilogie que l'idée se concrétise ! Nous allons chercher un week-end de pleine lune pour regarder le coucher de soleil à l'Ouest puis marcher le long des crêtes de l'anticlinal sud éclairés par la pleine lune pour atteindre les trois becs avant le lever de soleil. Nous redescendrons ensuite en parcourant l'anticlinal nord.
Ainsi nous aurons parcouru toute la boucle du synclinal : une moitié de nuit, l'autre de jour !
Le vélo nous servira pour les liaisons.
2
mise à jour : hier
Avec Antoine (l'un de nos fils), nous enfourchons nos vélos vers 18h direction le pas de Lauzun, un col de 6,8km et 300 D+. Nous emportons notre pique nique, notre sac de rando, gourdes, duvet, tente, trousse de secours, vêtements chauds, bâtons de marche et frontales (dont une de secours).
Nous rejoignons au village un ami qui nous accompagnera pour le pique-nique du coucher de soleil.
Après la dure montée chargés, nous empruntons une piste sur laquelle un peu de poussage est nécessaire. Au bout de la piste, nous garons les vélos et chargeons les sacs de rando avec le pique nique, il nous reste une petite heure de montée à pied.
Nous arrivons au sommet de Roche Colombe vers 20h30, le soleil se couchant à 20h55.
Sur le petit air de Full Moon des Refugiés de Lognan, nous buvons l'apéro et mangeons en savourant le coucher de soleil. Bien sûr, une petite appréhension monte concernant la suite de l'expédition : comment allons-nous réagir à marcher de nuit ? Et notre corps ? Allons-nous croiser des animaux ? Comment réagir ? Serons-nous à temps à l'autre bout du synclinal pour le lever de soleil ?...
Une seule façon de la savoir : il faut poursuivre !
Alors, une fois le soleil couché, trajet inverse jusqu'aux vélos avant de descendre la piste.
Au col, notre ami repart côté village...et nous de l'autre, direction la randonnée infernale...
3
mise à jour : hier
Une fois les vélos posés et les gourdes chargées, nous remplissons nos sacs de rando. L'appréhension est de plus en plus présente, nous sommes seuls sur un parking et nous devinons quelques randonneurs qui dorment dans leurs voitures. 

Il est environ 23h lorsque nous démarrons la randonnée qui commence durement, nous le savons. Direction donc le Petit Pomerole puis le Grand Pomerole (atteint à 1h15 du matin) !

Sur le chemin, nous chuchotons comme si nous dérangions la forêt ou peut-être comme si nous voulions passer discrètement...Assez rapidement, nous mettons un peu de musique histoire de ne pas être trop seul au milieu des bruits dans les fourrés ! D'ailleurs la musique ne nous quittera pas vraiment durant le trajet jusqu'au petit jour ! Si la journée en forêt, on se sent dans un autre habitat, la nuit c'est encore pire, chaque bruit est décuplé, notre faisceau lumineux n'éclaire pas l'ensemble et nous nous sentons tout petits.

La pleine lune nous éclaire et rend les paysages magnifiques et mystérieux. Parfois, nous voyons au loin les lumières d'une ville ou d'un village endormi. Bien sûr quelques nuages et les passages en forêt rendent la frontale indispensable. 

Plusieurs fois nous arrivons sur des tentes de bivouac, les personnes dorment bien sûr (ou dormaient...), on se dépêche d'éteindre la musique et nous passons notre chemin. C'est une drôle de sensation de continuer à marcher en passant près un spot de bivouac à 2h du matin !

Nous faisons peu d'arrêts et le...
4
mise à jour : 29 mai
Nous reprenons l’ascension au premier des trois sommets pendant que le ciel bleuit ; je me sens comme dans du coton, heureux que le jour arrive, heureux de voir encore la lune et heureux de voir Antoine devant qui tient le rythme et qui profite de ce lever de jour. Au sommet, nous nous allongeons derrière un paravent en pierre, nous avons un peu d'avance et prenons le petit déjeuner composé de lait déshydraté et de céréales. Antoine me raconte que pendant la nuit (enfin la sieste de 10min...), ses jambes bougeaient toutes seules car il rêvait qu'il marchait encore : c'est le fou rire de fatigue, j'en crache le lait par terre !
Puis le soleil arrive, ou plutôt nous arrivons avec notre planète en vue du soleil ! Spectacle toujours aussi beau avec en arrière plan le Vercors puis les Ecrins. La pression retombe : nous sommes arrivés à temps, la nuit est finie, le soleil va nous réchauffer, même s'il reste encore la moitié de l'aventure.
Toute cette nuit, nous avons pensé à la course du soleil, au fait qu'il allait réapparaître, que la Terre tourne et qu'il faut arriver au sommet avant qu'elle n'ait trop tournée... C'est une sensation étrange que de penser à cela : peut-être que cette micro-aventure m'a permis de mieux conscientiser ce cycle quotidien qui finit par passer inaperçu.
5
mise à jour : 29 mai
Un fois le soleil levé, nous parcourons les deux autres becs, fiers de nous je pense, puis passons sur l'anticlinal Nord pour commencer le retour.
Ce sera plus simple, le dénivelé de la rando est désormais négatif, nous appréhendons un peu le col à passer de nouveau à vélo mais il s'avérera bien plus facile dans ce sens qu'à l'aller. 
Nous croisons quelques personnes qui nous demandent où nous avons dormi..
- Euh dormi ? non, pas vraiment...on est bien partis hier mais nous n'avons pas encore dormi !

Arrivés à la maison à 14h, nous dormirons (enfin !) une bonne partie de l'après-midi.