A cheval en France - 2018

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780 km à cheval
4 PNR


Au plus grand tournant de ma vie, après avoir terminé en licence en Design je décide de consacrer les années à venir à mon cheval et à l'aventure.

Fin juillet 2018, je transhumais du sud au nord du Périgord avec mon compagnon de vie équin Potter. Une semaine de marche pour rejoindre ce qui devait être notre lieu de résidence pour quelques temps. Finalement, après un mois, je décide de prendre la route.

Ma seule contrainte ? Rentrer avant d'avoir froid. On était début septembre, j'avais bien le temps !

Ce carnet vous offrira le récit de ce voyage à cheval sans destination ni durée déterminée, le premier d'une -je l'espère- longue liste.


On vous emmène à travers le Périgord-Limousin puis le plateau de Millevaches puis les Volcans d'Auvergne et enfin les Causses du Quercy, bonne lecture !

PS : Nous c'est Pot' (le cheval) et moi
cheval / randonnée/trek
Quand : 01/09/18
Durée : 75 jours
Carnet créé par Mraaw le 18 nov.
modifié le 22 nov.
67 lecteur(s) - 3
Vue d'ensemble

Le topo : De Gramat (46) à Beaumont (24) (mise à jour : 22 nov.)

Description :

Vous l'aurez peut être remarqué, cette section n'est pas dans la continuité géographique directe de la précédente. En effet, après l'étape à Saint-Paul-des-Landes, il m'est arrivé un gros accident avec mon cheval.
Je ne vous laisse aucun suspens, ça s'est bien terminé. Mais ça aurait pu être le point final d'une vie. Ca aurait pu être la fin de tout. J'ai posé des mots, quelques jours après cet évènement, les voici ici.

Le jour où j’ai failli perdre mon cheval - le 9 octobre
On m’a dit « ca ne passe pas, il y a des escaliers ».
Et pourtant j’y suis allée.
Un GR tout ce qu’il y a de plus habituel, bien balisé rouge et blanc et même voie de Compostelle, avec les coquillages. Je me dis chouette, ce sera beau et bien entretenu et on ne sera pas peut être pas seuls. Après un mois de marche à ne rencontrer personne sur les chemins, on aurait bien fait un petit bout avec quelqu’un.
Le chemin descend très fort, en direction des gorges, il traverse d’abord des feuillus puis des résineux, le dénivelé est rude, sur certains passages il y a des rambardes en bois sur auxquelles on peut se (re)tenir. Et viennent les fameux escaliers. Il n’y en a pas beaucoup, et puis le hors piste n’est pas bien compliqué pour le cheval, il a l’habitude.
Encore d’autres escaliers, bien plus longs cette fois-ci, le hors piste est plus technique, on fait quelques lacets mais ça passe sans problème.
Ensuite c’est un petit pont en bois, sécurisé des deux côtés, il fait quelques mètres de longueur, il y a trois marches à descendre au bout, pas difficile, et le cheval a l’habitude.
Le chemin se rétrécit, il devient bien plus étroit, nous arrivons dans la partie rocheuse, où les ruisseaux se multiplient avec, à chaque fois ou presque, un petit pont en bois.
Le chemin se rétrécit encore, et le demi-tour devient impossible pour le cheval, il ne peut qu’avancer. Bien, on avance.
A gauche, c’est la roche, les pierres, les arbres et la végétation, et à droite le vide d’abord puis encore de la roche, de la pierre, des arbres et de la végétation, mais tout en bas, c’est la ligne de train. Elle est sécurisée par des câblages métalliques des deux côtés mais aussi au-dessus, c’est normal. Aussi, le chemin de fer passe plusieurs tunnels sur cet intervalle, et le chemin passe juste au bord, en hauteur, le passage est délicat, et il vaut mieux qu’aucun train n’arrive pour perturber la concentration nécessaire à ces quelques pas très techniques. Enfin, encore après, il y a la rivière, elle est rapide et tape sur les pierres, le bruit est à la fois fort et doux en même temps, mais il ne s’arrête jamais et on entend toute la puissance de l’eau.
On avance donc dans cet environnement assez sympathique finalement mais on sait tous les deux qu’on ne pourra pas faire demi-tour, il faudra continuer dans cette direction.
Et arrive un passage délicat, un pont en bois, avec des bandes de sécurité anti-dérapantes, et une rambarde en bois, côté droit. Je me dis que ça doit bien glisser, et qu’on va y aller doucement. En plus, le pont tourne autour d’une paroi rocheuse, un léger virage à gauche.
Il y a donc à droite la rambarde, à gauche la roche, et dessous le vide. Le passage semble sécurisé, et le demi-tour nous est toujours impossible.
Le cheval a l’habitude, et on y va, doucement.
Je passe devant, je marche lentement et je répète « doucement, douuuucement ». J’arrive sur la terre ferme et me retourne.
Le cheval, en tournant, glisse du postérieur gauche, il touche la paroi. Inquiet, il sursaute, et il glisse encore. Je l’encourage à l’aller vers l’avant mais je le vois tenter de poser le pied sur le pont, malheureusement à côté.
Il s’est retrouvé postérieur gauche dans le vide, entre pont et paroi, le poids de son corps l’entraine vers la paroi, et c’est l’antérieur gauche qui passe aussi à côté du pont.
En une fraction de seconde, mon cheval est bloqué, il a les deux pattes de gauche dans le vide, le corps en appui contre la paroi rocheuse, retenu par la selle et le paquetage dans un équilibre très précaire. Son côté droit est en vrac sur le pont.
Observation rapide : les pattes sont toujours dans des axes normaux, pas de plaie apparentes, il n’y a qu’un pas jusqu’à la terre ferme, la selle le retient. Ne surtout pas désseler. Surtout pas. Je remarque que l’écart entre la paroi et le pont est assez faible, qu’il a pu y passer les pattes mais que son corps ne passera pas. Bref, je ne peux rien faire. Je ne peux pas le porter et les remettre sur ses pieds. Alors je détache la longe pour éviter qu’il ne se prenne les pieds dedans, et j’encourage à la voix un mouvement vers l’avant.
Il utilise son balancier, un grand mouvement d’encolure pour se donner de l’élan, et il force sur ses appuis. Il trouve un appui glissant pour son postérieur gauche sur la paroi mais qui lui permet de remonter l’antérieur. Deux antérieurs et un postérieur opérationnels donc, il fait une acrobatie pour arriver les quatre pieds sur terre.
Tout ça s’est passé en moins de 10 secondes.
Après ça, et toujours dans l’impossibilité de faire demi-tour, mon premier réflexe est de faire un état des lieux, un tour du cheval pour constater d’éventuelles blessures, graves ou légères. Il n’a rien de visible, aucune plaie, aucune marque. On souffle tous les deux un bon coup, on se pose quelques minutes pour nous remettre de tout ça.
Et on doit repartir, on n’a pas le choix finalement, alors si « tout va bien », il faut avancer. On reprend la marche lentement, on assure chaque pas, le chemin est toujours étroit. Je retire quelques affaires du cheval que je peux prendre dans un sac à dos, ce sera toujours ça…
Mince, un autre pont. Cette fois-ci il est droit, mais il y a un énorme espace entre la paroi, toujours à gauche, et le pont. Je me méfie, je prends le temps de réfléchir : le demi-tour est-il réellement impossible ? Peut-on refaire le trajet inverse, même en risquant le pont dans l’autre sens ? Non, on ne peut pas. Physiquement, la largeur et le profil du chemin rend le demi-tour impossible. J’ai bien essayé de lui faire faire, il n’a pas pu.
Alors j’attache le cheval, je vais voir le pont, il n’est pas collé à la paroi, il y a un vide d’au moins 70/80cm. Nous venons de passer une cascade, il y en a probablement une autre ici l’hiver quand il y a plus d’eau (c’est la sècheresse depuis juin!) et c’est peut être pour cela que le pont est si décollé de la roche. Mais le pont est large, droit et en bon état, il n’y a qu’à marcher droit. On y va.
Le scénario est le même, le postérieur glisse, l’antérieur suit… Mais cette fois, le trou est plus large, le cheval est bien plus bas, la selle le maintient en appui contre la paroi, mais le pont est à mi-hauteur de sa cage thoracique. Potter fait un peu plus d’1m50, mais à ce moment là, il a la tête à hauteur de mes genoux, son corps bien en dessous… Et il est bien plus en difficulté. L’antérieur droit est dans l’axe, vers l’avant, il peut prendre appui dessus. Mais le postérieur droit lui, est dans une position assez mauvaise, les articulations sont dans leur mouvement normal mais le positionnement de l’ensemble ne lui permet pas de prendre appui correctement. Je remarque ça parce qu’il tente de se sortir de là tant bien que mal, et qu’il n’y arrive pas. Mon cheval est là, et il n’arrive pas à s’en sortir. Et je ne peux rien faire. Il tente encore une fois de se remettre sur ses pieds, il glisse encore plus bas, il est fatigué. Il s’arrête, il respire et reprend ses forces quelques instants, il pose la tête au sol. Alors je profite de cet instant de calme pour voir ce que je peux faire : détacher la longe et aller voir comment ça se passe sous le pont. Mais je n’ai pas le temps, il commence à essayer encore une fois de se relever. Je vois le postérieur droit glisser, il ne trouve pas d’appui. Ni une ni deux sans réfléchir, je déplace le pied contre le poteau de la rambarde et j’encourage tout ce que je peux « ALLEZ ! » . Il pousse dessus, tire fort sur son antérieur droit, arrive à sortir le gauche et il saute sur la terre ferme.
Il tremble de tout son corps, il est trempé de sueur… Il a joué sa vie là-dessus. Ou plus exactement, j’ai joué sa vie là-dessus.
J’ai merdé, j’ai emmené mon cheval dans cet endroit, je lui ai demandé de passer ces ponts…
Etat des lieux rapide : des petites plaies superficielles aux pattes, et une autre un peu pus grande à l’intérieur de la cuisse, près des testicules. Mais ça, ça n’est rien, juste un peu de peau, ça n’est pas profond, ce n’est que la surface.
Par contre je change de tactique, il y a peut être quelque chose de plus grave, avec tout ça, il est probable qu’il se soit fait beaucoup plus mal en interne et il est vital qu’on avance pour se sortir de là, en plus il n’y a pas de réseau téléphonique, nous sommes seuls. Je décide d’avancer tant que le cheval le peut, qu’il faut profiter d’être encore à chaud, qu’il ne sente peut être pas encore de douleur.
Et 200m plus loin… Un pont.
Cette fois-ci, il n’a pas voulu passer du tout. En même temps, il a eu bien raison, il était encore plus glissant. Cette fois, le côté gauche, entre pont et paroi était partiellement stabilisé, mais il était impossible de passer, et le niveau était bien plus bas que le pont.
Après avoir discuté, négocié et insisté je lui ai donné raison. Après ce qu’il venait de vivre, c’est lui qui décidait.
Alors je l’ai attaché à un arbre, j’ai déchargé toutes les affaires et j’ai commencé à renforcer le passage, à construire un « pont » naturel en renfort de celui en bois. Jusqu’à la tombée de la nuit, j’ai porté tout ce que j’ai pu : pierres, cailloux, branches, bâtons, mousse, terre, feuilles… pour remplir ce trou de façon fiable et solide. Pendant 4h sans m’arrêter j’ai pensé « dépêche toi, il faut qu’il passe, il a besoin de soins, il faut y aller tant qu’il marche ».
La nuit est tombée très vite. Et il a fallu bivouaquer sur place. Hamac, tarp, sac de couchage, camp monté en 5min. Il faisait froid et humide, la pluie était annoncée pour le lendemain matin. Il fallait que je me repose pour finir le passage au plus vite au lever du jour.
J’ai fait quelques soins au cheval, à la lampe torche, nettoyage et désinfection des plaies, je ne pouvais pas faire plus. Il s’est laissé faire.
Son postérieur gauche a bien gonflé… Je lui donne un peu d’herbe que j’arrive à attraper par ci par là mais il n’en veut pas, il n’est pas bien. J’essaye de lui donner des raisins secs, il en raffole, il finit par en manger quelques uns sans grande conviction. Alors j’y ajoute de l’arnica en granules. Ce sera toujours ça…
La nuit est longue et froide. J’imagine le pire. Et s’il s’est cassé quelque chose ? Et s’il ne peut pas marcher demain ? Et si ? Et si ?
Bien sûr, il n’y a toujours pas de réseau téléphonique, nous sommes toujours seuls.
Je me force à me reposer, Pot’ reste bien proche, et très calme. Il se remet à chercher de quoi manger, mais quand je lui propose il n’en veut pas.
Le jour n’est pas levé quand je sors de mon sac de couchage, je refais les soins de base, redonne tant bien que mal de l’arnica, passe un coup de brosse (pourquoi?). Je note sur un bout de papier toutes les informations nécessaires à une extraction en hélicoptère, parce que s’il ne passe pas le pont, il n’y a que ça. Taille, poids du cheval, coordonnées GPS, état du terrain, dégagement au dessus… Aussi, je me prépare à appeler un vétérinaire pour, dans le meilleur des cas, l’endormir provisoirement pour le transporter par les airs, ou dans le pire des cas l’endormir définitivement.
Je prends mon téléphone, le fameux bout de papier et un stylo. Je pars en éclaireur après le pont pour voir ce qui nous attend. C’est le dernier pont. Après ce sont des passages à gué (presque à sec) ou des pierres à enjamber mais surtout un énorme dénivelé pour remonter au premier village.
Je surveille le réseau téléphonique, j’en trouve à un endroit bien précis que je note bien pour être sûre de le retrouver.
Je retourne au cheval, je lui propose de l’eau mais il refuse, il ne mange toujours pas. Son postérieur est énorme, un poteau. Je ne sais pas s’il pourra marcher.
Je continue encore 2h à renforcer le passage, des pierres, encore des pierres, c’est ce qu’il y a de plus fiable. Je trouve aussi des reste de matériaux de construction du pont : planches, blocs de bois… Par dessus tout ça j’ajoute des grosse branches que je casse en sautant dessus, je tasse. Je remplis les trous avec du bois encore. Je tasse. J’ajoute une grosse couche de mousse. Je tasse. Et enfin une belle couche de feuilles mortes. Je tasse encore. Je saute dessus de toutes mes forces pour tasser et tester en même temps…
Je vais chercher le cheval, il marche. C’est déjà ça. Mais il refuse de s’approcher du pont !
Alors je bloque l’accès au pont, je tends la grande longe devant. Ce n’est pas là qu’il va marcher, il faut qu’il le comprenne et qu’il ose s’engager sur mon passage aménagé. Il ne veut pas. Je montre, j’y marche, j’y saute, je l’incite à sentir, à toucher, à y mettre même juste une patte. Il faut qu’il y aille.
Je le laisse sentir, mettre le bout du nez et je le vois qui se rapproche… Il continue et il finit par passer !!
Mon passage a tenu, c’était stable, le cheval est passé.
OUF ! On souffle un bon coup. Je propose de l’herbe, il en mange un brin ou deux, c’est déjà ça !
Raisins secs ? il en mange ! Je rajoute encore de l’arnica.
Il faut qu’on avance. Je me dis qu’on va monter à vide, sans rien porter, que je vais mettre le cheval en sécurité et que je reviendrai plus tard pour les affaires. Mais il ne rechigne pas à l’approche de la selle que je déplaçais pour qu’elle ne reste pas en plein chemin. Alors je le prépare pour l’équiper. Il ne dit rien, ne montre pas de douleur, de signe d’inconfort… J’hésite quand même. Je me dis qu’on va essayer, et que s’il montre quoi que ce soit, j’enlèverai tout et je me débrouillerai plus tard pour revenir récupérer tout ça.
Alors on y va, on avance. Il ne montre rien, pas de douleur, nulle part. C’est improbable. Je me dis qu’il vaut mieux avancer, qu’il faut se sortir de là et qu’il ne faut pas réfléchir à ça maintenant, que l’urgence est dans la gestion du lieu, il faut qu’on se déplace.
On monte. Ca monte bien, ça monte fort mais il y va. J’encourage fort aussi. Peut être autant pour lui que pour moi.
Nous sortons de l’étroit chemin et arrivons sur une petite route, à 2km du village, on y va et vite !
Là-bas, il boira un peu à la fontaine, quelques gorgées.
Je discute avec les habitants du village, on me dit qu’il y a un panneau « Interdit aux chevaux et animaux de bât », que je l’ai manqué. Effectivement, je ne l’ai jamais vu. J’ai merdé.
Je nous trouve un petit coin en herbe au calme dans le village et je décharge complètement le cheval. On s’arrête là pour aujourd’hui.
Il met le nez dans l’herbe mais mange un brin ou deux, il n’a toujours pas faim.
Message d’urgence envoyé, Claire est venue nous chercher quelques heures plus tard. Potter chargé dans le van à grand renfort de pommes et carottes (qu’il a mangé avec plaisir !!), il a bien voyagé jusque chez elle où nous nous reposons et où nous faisons le point sur beaucoup de choses.
Le postérieur ayant un peu dégonflé, j’ai continué l’arnica, et j’ai mis de l’argile sur toute la patte. Mais le doute d’une possible atteinte articulaire subsistant, je l’ai emmené à la clinique vétérinaire de Gramat, à pied puisqu’il ne boite pas (!), n’est pas chaud et ne semble pas douloureux. 25min de marche à petit rythme, qui se sont très bien passées. Même chose au retour.
Actuellement, il est sous anti-inflammatoires légers, on continue l’arnica, l’argile et même la douche du membre à l’eau froide. Du repos quelques jours et on avise.
Bref, pour tout ce qu’il a vécu, il n’a quasiment rien. On a de la chance. Beaucoup de chance.
On a été tous les deux très secoués par tout ça, stressés, angoissés, apeurés aussi. On a besoin de temps pour s’en remettre.
Dernière dose d’anti-inflammatoires aujourd’hui, premier bilan dans 2j.
J’ai grave merdé.



PNR Causses du Quercy
J23 Rignac
J24 Rocamadour Couzou
J25 Caniac-du-Causse
J26 Sauliac-sur-Célé
J27 Cours

J28 Boissières
J29 Luzech
J30 Duravel
J31 Blanquefort-sur-Briolance
J32 Château de Biron, Marsalès
J33 Beaumont-du-Périgord
Ma position

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Le compte-rendu : De Gramat (46) à Beaumont (24) (mise à jour : 22 nov.)

Depuis quelques jours déjà, Pot' va beaucoup mieux, il saute sa clôture ou se libère de son attache chaque nuit et part en vadrouille tout seul. Chez le voisin ou beaucoup plus loin. Un matin, on me réveille même en frappant à la porte avec mon cheval à la main, il s'était échappé depuis plusieurs heures déjà et avait été sécurisé sur un parking puis ramené à pied par un agent municipal, je n'avais rien remarqué. Enfin cela dit, j'étais dans ma bulle et j'avais besoin de sommeil, on m'avait confié la maison et j'en ai profité.
Je ne suis pas encore remise de tout ça mais lui est prêt et le fait bien comprendre, il veut partir.

J23 On reprend le départ, je me dis qu'on fera de petites étapes et bien sûr c'est lui qui donne le rythme, je ferai tout à pied aussi pour le soulager de mon poids.
On part en dans l'après-midi, la marche est rapide, plus qu'avant même ! Mais je freine, j'essaye.
On ne va pas très loin, à Rignac, où je monte le camp près d'un lavoir, l'herbe est belle, il y a de l'eau, on y est au calme. L'agriculteur qui a la ferme au dessus nous a conseillé l'endroit.
Ce soir-là, j'ai beaucoup pleuré et très peu mangé.
Au milieu de la nuit, pour bien me remettre dans le bain et me rappeler à l'ordre sur la vigilance nécessaire à une aventure de ce type, je suis réveillée par un sursaut de mon cheval qui dormait lui aussi. Sur le chemin au bord duquel nous campons passe un convoi militaire : une centaine de soldat, en file indienne, dans le noir et le (presque) silence. Je me demande toujours, dans ce cas là, comment on fait pour savoir si ce sont des "gentils" ou des "méchants" ? J'imagine que s'ils étaient là pour une mauvaise raison, je n'aurais même pas le temps de me poser la question.

J24 Réveil par des exercices de tirs et un hélicoptère à proximité !
Je reprends les chemins et me dirige vers l'incontournable Rocamadour. J'ai un sort à conjurer par là-bas. Mon premier voyage à cheval s'y était terminé, deux ans auparavant. J'avais été contrainte de laisser mon cheval seul sur le parking (en herbe) avec une clôture très peu fiable, le lendemain il n'y était plus. On l'avait retrouvé presque 10km plus loin, il cherchait de l'eau et avait fait le chemin en sens inverse jusqu'à un moulin.
Quelques photos plus tard, on reprend les itinéraires équestres, et rendons visite à une personne qui nous avait accueillis pour ce fameux voyage, Pot' reconnaît l'endroit et nous y passons la nuit.

J25 L'avantage du PNR des Causses du Quercy quand on voyage à cheval c'est que par défaut, les GR sont praticables à cheval et en attelage, s'ils ne le sont pas, il y a une déviation clairement balisée : du rouge-blanc on passe au orange avec ou sans symbole de l'attelage. Il y a aussi des itinéraires spécifiques aux équidés et bien sûr une multitude de chemins non balisés. Je suis donc l'itinéraire équestre le plus direct vers le sud et arrive à Caniac-du-Causse.

Rocamadour sur son gros cailloux
Rocamadour sur son gros cailloux
J26 L'étape suivante est Sauliac-sur-Célé où je suis attendue par une amie qui me rejoint à mi-chemin ce jour-là, elle a des chevaux et des ânes et randonne avec certains d'entre eux. J'ai prévu une pause d'environ 20 jours pour répondre à des obligations familiales. Avant de filer tout droit à la maison, je passe par le Gouffre de Padirac, un incontournable aussi !

Le repos a fait beaucoup de bien à Pot', et lorsque je le retrouve, il n'y a presque plus de trace de l'accident.
J27 J28 Nous reprenons la route et nous sommes accompagnés par mon amie et sa jument. Nous empruntons des itinéraires que nous traçons nous même, nous dormirons chez des amis les deux prochaines nuits. Les chevaux qui ne se connaissaient pas avant s'entendent à merveille et nous pouvons les laisser ensemble la nuit sans inquiétude.

J29 Nous récupérons la vallée du Lot et le GR36 à Luzech et passons deux nuits sur place, au milieu des vignes.

J30 J31 J32 J33 Nous partons dans la brume au bord du Lot et remontons chercher les points de vue, il y a du dénivelé mais comparé à l'Auvergne, c'est les vacances pour nous ! Le GR est facile et fluide, y compris à cheval, les villages traversés sont de taille et d'activité raisonnables, mais au mois de novembre c'est vrai qu'il n'y a pas grand monde. Nous passons les deux dernières nuits dans des écuries de courses où nos chevaux détonnent face aux trotteurs, bien plus grands et fins mais surtout plus rapides. Mon Pot' sème la zizanie à l'entraînement quand les chevaux passent à côté, les chevaux pie (à tâches), ils ne connaissent pas et il leur fait peur !

L'arrivée à la maison se fait comme si on était partis la veille. Pot' reconnaît le chemin depuis la dernière étape et mène l'équipage. Mon amie et sa jument restent quelques jours et repartent en camion.

Il n'a pas fait froid cette année-là. Pas avant Noël. Mission accomplie !

Note : les trajets sans le cheval (Clermont-Ferrand, Padirac et A-R maison) ont été faits à pied et en stop en grande majorité + 1 train
Au Gouffre de Padirac
Au Gouffre de Padirac
De Gramat (46) à Beaumont (24)
Départ au petit matin, dans la brume
Départ au petit matin, dans la brume
Magnifique départ ce jour-là
Magnifique départ ce jour-là
De Gramat (46) à Beaumont (24)
Point de vue dans les hauteurs de Luzech
Point de vue dans les hauteurs de Luzech
Château de Biron
Château de Biron
De Gramat (46) à Beaumont (24)
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