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Pyrénées : Gavarnie et Mont-Perdu

par Alexandre Rezé et la rédac’
publié le
18 déc. 2023
mis à jour 12 févr.
244 lecteurs
Lecture 6 min.

Grandiose, spectaculaire, époustouflant : les superlatifs ne manquent pas pour qualifier le cirque de Gavarnie, l’un des lieux les plus réputés des montagnes françaises et probablement le site naturel le plus visité des Pyrénées. Il fait en réalité partie d’un vaste complexe montagneux moins bien connu : l’ensemble Pyrénées - Mont-Perdu, classé au patrimoine mondial de l’Unesco.

Géologie

Le massif du Mont-Perdu s’étend de part et d’autre de la frontière franco-espagnole et comprend :

  • Les cirques de Gavarnie, Estaubé, Troumouse et Barroude au nord côté français, situés dans la partie orientale du parc national des Pyrénées.
  • Les canyons d’Ordesa (prononcez « Ordessa ») et d’Añisclo, les gorges d’Escuaín et la haute vallée de Pineta au sud côté espagnol, situés dans le parc national d’Ordesa et du Mont-Perdu.

Ces deux versants communiquent par un certain nombre de cols dont les principaux sont, d’ouest en est : le col des Espécières, le port de Boucharo (« port » signifie « col » dans les Pyrénées), la fameuse, spectaculaire et très fréquentée brèche de Roland, la brèche de Tuquerouye et le port Neuf de Pinède. Ces deux derniers offrent une vue imprenable sur la face nord du mont Perdu. Des accès qui sont une belle invitation à l’itinérance dans ce plus haut massif calcaire d’Europe, qui culmine à 3355 m au sommet du mont Perdu lui-même, de son vrai nom monte Perdido en espagnol. Véritable leçon de géologie à ciel ouvert, sa traversée ne pourra pas vous laisser indifférent.

Carte : Philippe Gady. Les 3 itinéraires correspondent aux récits publiés dans CA74 (liens en fin d'article).

Accès

Il est bien entendu possible d’accéder à cet ensemble depuis la France ou l’Espagne, mais nous nous focaliserons sur le côté français car il serait dommage d’effectuer un long détour en voiture alors que l’accès est si simple de ce côté.
Été comme hiver, la station de Gavarnie-Gèdre (ou plus bas le village de Gavarnie) est le point d’entrée privilégié en transports en commun :

  • Train depuis Toulouse jusqu’à Lourdes ou Tarbes
  • Ligne de bus 965 de Lourdes ou Tarbes à Gavarnie (fonctionne de juin à septembre et de décembre à mars) et navettes l’hiver.

À pied, le GR10 venant de Luz-Saint-Sauveur vous mènera au village de Gavarnie. Il vous faudra alors vous engager vers le cirque ou le col de Tentes pour gagner le massif.

Parcs

Nous sommes ici en zone cœur du parc national des Pyrénées en France et du parc national d’Ordesa et du Mont-Perdu en Espagne. Les limites administratives du premier sont matérialisées sur le terrain par une tête d’isard rouge sur fond blanc. L’isard est notre chamois local, plus gracile que son cousin alpin. Il est en outre bien plus beau smiley !
Les réglementations classiques s’appliquent tant côté français qu’espagnol (des informations détaillées sont disponibles sur les sites des parcs), entre autres :

  • Le bivouac est autorisé mais réglementé : à plus d’une heure de marche d’un accès routier, entre 19h et 9h pour la France. En Espagne, les règles varient par secteur : dans celui d’Ordesa, il est devenu strictement interdit depuis 2022, sauf autour du refuge de Góriz (uniquement s’il est plein et dans la limite de 50 personnes et de 3 nuitées maximum), ailleurs il est autorisé au-dessus de 2550 m (Pineta), 1800 m (Escuaín) et 1650 m (Añisclo - Fuenblanca). Iil ne doit pas excéder 3 nuits dans un même secteur et ne peut être installé que d’une heure avant le coucher du soleil à une heure après son lever.
  • Le VTT est interdit en dehors des pistes autorisées (pistes de ski de fond du Brousset - vallée d’Ossau et du Somport - vallée d’Aspe).
  • Accès routier au cirque de Troumouse réglementé.
  • Pas de camping ni de stationnement de camping-car pendant la nuit pour préserver la beauté des sites et éviter les pollutions.
  • Pas de feu, pour éviter incendies et dégradations du sol.
  • Ni bruit, ni dérangement pour la quiétude de tout le monde.
  • Pas de déchets.
  • Les chiens ne sont pas admis en zone cœur du parc national des Pyrénées, même tenus en laisse (tolérés en laisse côté espagnol).
  • Ni cueillette, ni prélèvement, tous les animaux sont protégés.
  • L’utilisation de véhicules 4x4 tout comme la pratique du moto-trial sont interdites.

Cabanes et refuges

La cabane de Pailla, le mythique refuge de Tuquerouye ou la cabane des Soldats sont en accès libre toute l’année. Seul le refuge des Sarradets est gardienné en été, et met à disposition un local d’hiver.
Côté espagnol, le refuge gardé (ouvert toute l'année) de Góriz est un point de passage obligé si l’on doit passer une nuit dans le secteur d’Ordesa. Sinon, la cabane ouverte (aux 4 vents) de Cotatuero peut servir de refuge d’appoint.

Tuquerouye.
Coup de hache face au glacier du mont Perdu, et surplombant le lac du Marboré.
Tuquerouye.
Coup de hache face au glacier du mont Perdu, et surplombant le lac du Marboré.
Refuge des Sarradets.
Photo : Yann Fleïtour
Refuge des Sarradets.
Photo : Yann Fleïtour

Randonnée

Divers sentiers sont balisés dans ce secteur. On y trouve entre autres trois des grands itinéraires qui traversent l’intégralité des Pyrénées : le GR10 (côté français), le GR11 (côté espagnol), et la Haute Randonnée (ou Haute Route) Pyrénéenne (HRP) dont le tracé au plus près de la ligne de crête n’est pas balisé, sauf sur les portions où il suit les tracés des GR. Bien entendu, la HRP traverse le massif du Mont-Perdu et la portion qui parcourt les terrasses au-dessus du cirque de Gavarnie est aussi jubilatoire que paumatoire. Sur des fonds de cartes OpenStreetMap, et sur le terrain bien sûr, on trouve d’autres sentiers, jonctions et variantes « alpines ».
Un incontournable : le canyon d’Ordesa et sa célèbre vire des Fleurs (faja de las Flores) qui le domine en balcon à plus de 1000 m, paysage extraordinaire et fleurs le long des 3 km du sentier en juin et juillet. Les plus téméraires peuvent descendre plus bas pour emprunter les clavijas de Cotatuero et de Salarons : sensations garanties ! Certains préfèrent prendre un baudrier de via ferrata mais ce n’est pas forcément nécessaire selon votre aisance : les passages sont courts. Le casque du Marboré par la cheminée souterraine (randonnée alpine) vaut aussi le détour. Enfin, les grottes glacées des Isards raviront les spéléologues en herbe.
Du fait du milieu karstique, l’approvisionnement en eau n’est pas toujours possible hors refuges : il faut prévoir des provisions suffisantes par temps chaud. Sur certains itinéraires, crampons légers et piolet peuvent être nécessaires même en août.

Vélo / VTT

L’ascension du port de Boucharo (2270 m, plus haut col bitumé des Pyrénées) est possible à vélo de route et réputée pour la beauté des paysages. Peu de possibilités à VTT sauf en vallée. La suite côté espagnol n’est pas bitumée (un peu avant, la section depuis le col de Tentes n’est pas accessible en voiture et barrée par quelques éboulis) et l’accès au parc d’Ordesa est interdit aux VTT. Plus au sud, la fameuse Zona Zero, située en Aragon, leur est nettement plus accueillante. Il s’agit en effet d’un espace ouvert en accès libre, des chemins traditionnels ont été récupérés et aménagés bénévolement pour en faire un petit paradis du VTT.

Ski

Il existe de multiples possibilités mais LA sortie à faire selon moi est le pic du Taillon par le glacier des Gabiétous, retour par la brèche de Roland (bon niveau ski et alpi nécessaire). Soit à la (grosse) journée, soit en deux jours. Et dans ce second cas, on peut en profiter pour descendre côté espagnol, avec un bivouac soit sur le glacier des Gabiétous, soit au sommet du Taillon, soit sous la brèche de Roland. Des virées telles que le tour du pic Rouge de Pailla sont aussi fort sympathiques en variantes avec ou sans bivouac, avec ou sans le pic de Piménée, ou encore un raid tel que Espécières - Brèche de Roland - Góriz - mont Perdu - Tuquerouye - Gavarnie.

Vol libre

Le parc national est très réglementé, côté français quelques créneaux limités dans le temps (du 1er octobre au 30 avril) et dans l’espace sont permis, pourvu que l’on déclare à l’avance (48h) et que l’on s’en tienne à son plan de vol (confirmer 24h après le vol réellement effectué).

Liens utiles

Les parcs

Réglementation bivouac

Principaux itinéraires balisés

État des routes

Transports en commun

Refuges et cabanes

Vol libre  

Élévation.
Dans le sentier qui parcourt les terrasses au-dessus du cirque de Gavarnie.
Photo : la rédac’
Élévation.
Dans le sentier qui parcourt les terrasses au-dessus du cirque de Gavarnie.
Photo : la rédac’
Plein nord.
Vue depuis les crêtes frontalières, la vallée de Gavarnie sous une mer de nuages matinale.
Photo : la rédac’
Plein nord.
Vue depuis les crêtes frontalières, la vallée de Gavarnie sous une mer de nuages matinale.
Photo : la rédac’
Plus sauvage en hiver !
Bivouac hivernal côté espagnol sous la brèche de Roland et le casque du Marboré.
Photo : Yann Fleïtour
Plus sauvage en hiver !
Bivouac hivernal côté espagnol sous la brèche de Roland et le casque du Marboré.
Photo : Yann Fleïtour
Pic du Taillon.
Un classique autant l’été que l’hiver. Très beau belvédère à 3000 m sur les massifs du Vignemale et du Mont-Perdu.
Photo : Yann Fleïtour
Pic du Taillon.
Un classique autant l’été que l’hiver. Très beau belvédère à 3000 m sur les massifs du Vignemale et du Mont-Perdu.
Photo : Yann Fleïtour
Givrée.
La brèche de Roland côté français vue depuis le refuge des Sarradets.
Photo : Yann Fleïtour
Givrée.
La brèche de Roland côté français vue depuis le refuge des Sarradets.
Photo : Yann Fleïtour
Mont Perdu et étang Glacé.
Plein cadre sur une partie de la voie normale, versant nord-est (pente 35° max, avec un petit tronçon exposé).
Photo : Yann Fleïtour
Mont Perdu et étang Glacé.
Plein cadre sur une partie de la voie normale, versant nord-est (pente 35° max, avec un petit tronçon exposé).
Photo : Yann Fleïtour
Emblématique !
La vire des Fleurs est la plus connue parmi les nombreuses vires qui serpentent à travers le canyon d’Ordesa.
Photo : Yann Fleïtour
Emblématique !
La vire des Fleurs est la plus connue parmi les nombreuses vires qui serpentent à travers le canyon d’Ordesa.
Photo : Yann Fleïtour
Cheminée du casque du Marboré.
Photo : Yann Fleïtour
Cheminée du casque du Marboré.
Photo : Yann Fleïtour
Vue plongeante.
L’une des vires d’Ordesa. Photo : la rédac’
Vue plongeante.
L’une des vires d’Ordesa. Photo : la rédac’
Rupicapra pyrenaica.
Endémique des Pyrénées, l’isard se distingue du chamois par son poids (légèrement plus lourd), ses cornes au crochet plus ouvert et sa grâce bien supérieure (c’est un Pyrénéen qui me l’a dit). Absent des Alpes, on retrouve une sousespèce dans les Apennins.
Photo : Anna Mollard
Rupicapra pyrenaica.
Endémique des Pyrénées, l’isard se distingue du chamois par son poids (légèrement plus lourd), ses cornes au crochet plus ouvert et sa grâce bien supérieure (c’est un Pyrénéen qui me l’a dit). Absent des Alpes, on retrouve une sousespèce dans les Apennins.
Photo : Anna Mollard

Photo de couverture : la rédac’. Faille magistrale. L’un des plus beaux points de vue sur Añisclo.

Voir aussi