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Trek de l'Ausangate. Pérou

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share posté le 15 janv. mis à jour le 15 janv.

Surlaroutedenosvoyages
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Bonjour à tous,
 
Nous avons eu la chance de passer 3 mois au Pérou et en Bolivie à l’automne 2019. Un périple de plusieurs semaines passées dans les Andes, entre 3000 et 6050 mètres d’altitude. Autant dire que le nombre de globules rouges dans notre corps a explosé !
Vous pouvez retrouver nos carnets de voyage : ** élément supprimé en attente de modération **
Cet article est une introduction au récit du trek de l'Ausangate. Il décrit notre itinéraire, l'organisation du trek et notre arrivée à Tinki. Les photographies sont un avant-goût des paysages que nous avons traversés !
En préparant ce séjour de 3 mois dans les Andes un trek dans la cordillère de Vilcanota s’est rapidement imposé comme un incontournable. Au programme, pics enneigés, lacs étincelants, glaciers, passage de cols à plus de 5000 mètres d’altitude et des centaines de lamas et alpagas en liberté.
Le trek classique dans cette région consiste à effectuer le tour, en 4 ou 5 jours, du Nevado Ausangate, principal sommet de la cordillère. En regardant les cartes de la région et Google maps il nous a semblé possible d’ajouter deux endroits, la montagne aux sept couleurs de Vinicunca et un lac à une journée de marche de Pacchanta, lieu d’arrivée du trek classique.
 
Nous souhaitions effectuer ce trek avec un portage limité et un guide. Nous n’avions pas envie de marcher plusieurs jours avec 12 à 15 kilos sur le dos et voulions faire travailler quelques locaux. Les habitants de la région sont globalement (très) pauvres et louer leurs services leur procure une précieuse aide financière.
Nous avons mis de côté les treks organisés par des agences basées à Cuzco. Leurs prix sont élevés et les guides et muletiers ne touchent qu’une petite fraction de la somme payée. Nous avons trouvé sur des forums les coordonnées de guides locaux, avons échangé quelques mails et le courant est bien passé avec un dénommé Alejandro !
Ces échanges de mails ont parfois été cocasses, entre de longs délais de réponse (il n’y a pas de réseau dans les montagnes), des dates de trek mouvantes et un espagnol parfois approximatif (n’étant ni sa langue maternelle, ni la nôtre !).
 
Notre itinéraire est réalisable en sept jours. Les cinq premiers jours nous suivrons le parcours classique, avec un détour d’une journée vers Vinicunca. En marchant hors des sentiers battus nous irons voir le lac Singrenacocha sur les deux derniers jours. Sur Google maps ce lac présente une incroyable couleur turquoise, nous avons envie de le voir de nos propres yeux. Il semble également peu connu (rares photos sur les réseaux sociaux et internet, il n’est pas intégré aux itinéraires des agences…).
 
Le tarif est de 3000 soles tout compris pour deux. A savoir 900 soles par personne pour la première partie du trek (le tour de l’Ausangate et Vinicunca) et 600 soles pour les deux jours supplémentaires (la logistique est plus compliquée).
Nous partirons donc avec Alejandro, qui se charge de nous fournir matériel (tentes, tapis de sol…) et nourriture, un muletier et deux mules.
Au fur et à mesure de notre périple, nous avons affiné la date de début du trek et le rendez-vous avec notre guide est fixé pour aujourd’hui, en début d’après-midi, sur la place principale de Tinki. Nous prenons le bus qui relie ce village depuis Cuzco.
 
Nous voilà partis pour 4 heures de trajet sur une route parfaitement asphaltée. La première partie de l'itinéraire emprunte la route que nous avons prise deux jours plus tôt pour nous rendre à Combapata. A Oropesa le bus se charge en pain et à Saylla les odeurs de chicharron se font à nouveau sentir. Puis nous bifurquons vers la gauche, en direction de la ville de Puerto Maldonado en Amazonie. Cette route, appelée "Voie Interocéanique", relie la côte Pacifique péruvienne à la côte Atlantique brésilienne. 2600 kilomètres à travers la cordillère des Andes et la forêt amazonienne !
 
La route quitte le fond de la vallée pour s'élever rapidement. Nous devons passer un col à plus de 4000 mètres d'altitude. Dans le lointain quelques sommets enneigés sont visibles, nous approchons de la cordillère de Vilcanota. Entre la pente et les virages serrés le vieux bus dépasse difficilement les 25 kilomètres/heure. Les pauses sont fréquentes, pour charger ou décharger passagers et marchandises dans les villages que nous traversons.
 
A Ocongate, la principale localité de la province, des péruviennes en habit traditionnel montent dans le bus. Leurs chapeaux sont complétement différents de ceux vus jusqu'à présent. Au Pérou chaque région a un type de couvre-chef qui lui est propre. Il peut être plus ou moins coloré, de formes diverses et variées (chapeau melon, chapeau « Stetson », chapeau-galette…) avec broderies, pompons ou autres ornementations.
** élément supprimé en attente de modération **
Le chapeau de la région de l'Ausangate ne ressemble à aucun autre. Il est plat, couvert d’un morceau de tissu brodé et orné de perles et entouré d’une large bande jaune (ou rose) à franges.
 
Le bus arrive à Tinki, nous descendons en compagnie des autres passagers. Le village, particulièrement animé au vu de sa petite taille, s'étend le long de la voie interocéanique. Plusieurs boutiques vendent fruits et légumes, viandes et poulet, vêtements, produits de beauté ou accessoires de bricolage… On trouve également un coiffeur et un dentiste. Sur la place principale des stands proposent de la nourriture (soupe, pilons de poulet frits et riz...) à consommer sur place ou à emporter. Les façades des bâtiments sont colorées, vert, jaune, turquoise, beige, bleu. Le mont Ausangate laisse apercevoir son sommet enneigé depuis la place principale de la ville. Cette dernière est bordée par le « marché modèle » (mercado modelo) de Tinki, comme l’indique fièrement son fronton.
 
Nous cherchons des yeux Alejandro sans savoir à quoi il ressemble. Un homme se dirige vers nous (nous sommes les seuls touristes à descendre du bus !). Il s'appelle Basilo, se présente comme le cousin d'Alejandro et nous informe que ce dernier participe à une réunion avec d'autres guides. Il ne peut pas nous accueillir à la sortie du bus comme convenu mais arrivera à 18 heures.
Pour l'instant Basilo nous conduit chez une connaissance qui peut nous accueillir pour la nuit. Nous pénétrons dans une cour entourée d'une construction en forme de U. Sur la gauche l'aile pour le mari, un monsieur d'un âge avancé très sympathique. Sur la droite l'aile pour sa femme, bien plus jeune et leurs enfants, un garçon de 5 ou 6 ans et sa petite sœur. Entre les deux une partie surélevée qui dispose de trois chambres pour les quelques touristes et visiteurs de passage. On y accède par une échelle en bois bringuebalante. L'après-midi s'écoule entre discussions avec le vieil homme, lessive (nos vêtements en avaient bien besoin) et partie de foot endiablée avec le garçon, ravi de trouver des compagnons de jeu ! Pendant ce temps sa petite sœur est toute contente de prendre un bain dans une bassine au milieu de la cour.
 
A 18 heures toujours pas d'Alejandro. Ni même à 19 heures... Nous allons diner dans un restaurant du village où nous sommes les seuls clients. Sur la table à côté la fille de la maison fait ses devoirs, régulièrement distraite par la télévision allumée à proximité. Sa mère cuisine au feu de bois, dans la pièce adjacente.
Nous rentrons à notre hébergement, il est plus de 20 heures, notre guide n’est pas arrivé… Le départ du trek, prévu pour le lendemain, semble compromis.
 
Soudain, on frappe à notre chambre. On ouvre. Un homme, fatigué, aux chaussures et pantalon couverts de boue surgit de la nuit et apparait dans l’embrasure de la porte. Il s’agit d’Alejandro. Il est extrêmement désolé pour son retard. La réunion avec les autres guides s’est prolongée. Il vient de faire 3 heures de trajet, à moto et à pied, de nuit, dans la montagne, pour rejoindre Tinki et nous retrouver. Le départ du trek est malgré tout maintenu pour le lendemain ! Nous définissons avec lui l’itinéraire définitif. Il nous explique la manière dont le trek se déroulera, nous lui posons quelques questions.
 
Son cousin, Basilo, qui nous a accueilli à la sortie du bus nous accompagnera en tant que muletier/cuisinier pendant les cinq premiers jours. Puis il nous quittera pour accompagner un groupe effectuant le trek de l’Ausangate ; il travaille également pour le compte d’une agence de Cuzco. Il sera donc remplacé par un autre muletier qui nous rejoindra pour les deux derniers jours.
Alejandro nous parle également de sa femme enceinte. Est-ce la fatigue, l’heure avancée ou notre espagnol mais nous ne comprenons pas pourquoi il insiste sur ce point…
Puis il nous demande de régler l’intégralité du coût du trek. Cela nous embête, nous pensions en verser une partie au début de la randonnée et le solde à la fin. Il insiste, il a besoin de cet argent pour acheter la nourriture que nous mangerons et payer le muletier. Nous trouvons un compromis et effectuons le paiement de la moitié de la somme. Le complément lui sera réglé le lendemain. Nous espérons qu’il sera bien au rendez-vous ! Il est maintenant temps de dormir si nous voulons être en forme.
 
Informations utiles :
Bus Cuzco - Tinki : 10 soles par personne
Hébergement Tinki : chambre 30 soles
Diner à Tinki : 7 soles
Trek de l'Ausangate sur 7 jours : 3000 soles pour 2 personnes tout compris. Possibilité d'effectuer le trek classique (5 jours pour 900 soles par personne)
A suivre...

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