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Petit carnet d'initiation à l'aventure saharienne 4
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posté le 21 avr. 2009

Etienne J
Papillon monarque
(3 messages)
Inscription : 07/02/09
Lieu : Par là-bas

Message privé
posté le 21 avr. 2009

Etienne J
Papillon monarque
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Message privé
Oups, la photo est partie toute seule !

Allez, nouveau venu, je me lance aussi. Voici le récit de mon voyage (novemebre dernier) sur les traces des grandes caravanes de sel au Mali entre Tombouctou et les mines de sel de Taoudenni.

Bonne lecture !

I
Préparation


Dimanche 2 novembre

Ça a été dur de quitter mon lit douillet ce matin. Même pour partir en voyage. J’ai mal dormi cette nuit. Hier soir avec les cousins, nous avons festoyé autour d’une raclette et de gras jambons. Pas pour fêter mon départ, non. Juste comme ça, pour être ensemble. J’ai fait mon plein de cochon pour trois mois et je crois que j’en ai légèrement abusé. J’ai pensé qu’au moins cette année, pour le traditionnel repas de Noël, les cousines ne seraient pas là pour me chambrer gentiment sur je ne sais quel sujet –ma grande sœur à l’appui. Cette année, pour moi, Noël devrait se faire dans le désert ou dans je ne sais quel coin reculé du Mali. Le projet ? Intégrer et suivre une caravane de sel bérabich , pour vivre le temps d’un aller-retour les longues et dures journées de l’azalaï. Vieille comme le monde, ou au moins comme l’Antiquité, cette expédition regroupe trois fois par an d’innombrables colonnes de chameaux entre Tombouctou et les salines de Taoudenni. Au programme, près de 1500km de marche à travers la région la plus aride du Sahara.

Dans six jours ça fera précisément un an que je pense à cela. Chaque matin en me levant, chaque soir en me couchant et depuis trois mois, presque toutes les vingt secondes. Un an. Je m’en souviens très bien parce que ce 8 novembre 2007, jour anniversaire de mes 20 ans, nous nous étions rendu au Festival de la Montagne qui a lieu chaque année à Grenoble. Nous avions vu les films de ces gens qui mettent en un voyage, dix ou vingt fois plus de choses que dans la vie d’un simple mortel. Bien souvent on trouve que la vie est fade lorsque l’on sort du cinéma. Surtout lorsque les histoires sont réelles. Le lendemain Mike Horn avait fait son show et ébloui le summum de toute son outrecuidance. En sortant je m’étais promis de mettre en place un projet original, solide et bien ficelé. Peut-être moins pour tenter de ressembler à ces héros bardés de sponsors que pour aller vérifier si tout ce qu’ils racontaient sur l’aventure était vrai. Résolution qui depuis des années tournait bien évidemment à la plus grande dissipation ! Ça faisait effectivement déjà un bout de temps que je rêvais de prendre la clef des champs sans pour autant savoir quoi faire, sans pour autant oser et surtout sans pour autant me motiver. Il y a plusieurs années, j’étais tombé par hasard sur l’histoire de la traversée du Pacifique à la rame par Gérard d’Aboville. J’avais trouvé cette aventure belle et en avais tout de suite compris le sens. Depuis je n’ai jamais cessé de m’intéresser à ce genre de récits et j’ai lu pêle-mêle des auteurs comme N. Vanier, M. Peissel, S. Tesson, ou A. Poussin. Plongé dans la lecture d’histoires débordantes de valeurs, de hardiesse et de beauté, on a souvent tendance à rêver ; en revanche dès qu’il s’agit de passer à l’action… Mais ce soir là, l’urgence m’a formellement convaincu de me donner enfin les moyens. J’ai eu peur de devenir comme tout ces gens qui rêvent mais n’osent jamais vraiment, de devenir vieux d’un coup et de finir noyé sous les regrets. Bref le coup classique de l’étudiant en pleine crise mystique. Le magnifique t-shirt « Born to be a larve » très généreusement offert par mes frère et sœurs fut aussi un détonateur. « Tiens, vous allez bien voir ce que j’en fais de mon côté larve». Je décidai d’aller marcher longtemps au Sahara. L’essentiel restant de parvenir à faire le premier pas, une fois dans l’avion j’aurais déjà gagné.

Les jours suivants je me suis mis quelques coups de pieds au cul. J’ai décroché le téléphone, envoyé des mails à droite à gauche pour étudier la faisabilité du projet. J’avais peur qu’on me rie au nez. Mon expérience du Sahara était extrêmement limitée. Je ne connaissais absolument rien du monde des caravanes au point d’ignorer si celles-ci perduraient. Petit à petit j’ai grappillé quelques informations et un jour j’ai pu trouver le bon contact.
Je me souviens du jour où j’ai rencontré Thierry pour la première fois. Ce chercheur spécialisé dans la préhistoire m’a tout de suite mis au parfum ! Il fréquentait le Sahara depuis 35 ans et selon lui, cette région du désert, c’était le Far-West. Infestée de bandits de grand chemin. Il fallait prendre un maximum de précautions. Sur le coup, j’ai douté et j’ai pensé qu’encore une fois j’avais du faire une belle connerie. Mais bon, Thierry avait l’air de trouver ça génial. Il a passé un ou deux coups de téléphone et de mon côté j’ai commencé à monter un dossier pour les subventions. Au départ, plus pour m’occuper et rassembler des infos que pour percevoir les bourses d’éventuels bailleurs de fonds. Après quelques mois le dossier avait un peu plus de contenance. J’ai fait lire à ma famille. Chacun a fait ses petites remarques, apporté quelques retouches et au bout du compte l’ensemble paraissait viable. En juin, le jury du Conseil Général de l’Isère l’a sélectionné comme « coup de cœur » dans le cadre de la Bourse de l’Aventure. Chose qu’un ami m’avait apprise deux mois plus tard en lisant la presse, bien longtemps après la remise officielle des prix où j’étais absent ! Je n’avais jamais reçu de courrier.
J’ai décroché une seconde bourse de 500€ un mois avant mon départ. Cette fois-ci de la part de la Direction Départementale de la Jeunesse et des Sports (Bourse Envie d’agir). Dans mon entourage, le projet a rencontré un certain succès. Je crois que l’achat prévu de mon propre chameau y était pour beaucoup. Celui-là, je n’en avais même pas encore vu le moindre poil qu’il soulevait déjà les foules et me piquait presque la vedette. Pour finir, j’envoyai mon dossier de subvention à quelques équipementiers sportifs outdoor, mais sans trop de conviction. Je fus agréablement surpris de recevoir un sac à dos ultra léger de 45 Litres de la part de la société Lafuma un mois avant mon départ. En l’enfilant aujourd’hui encore, j’ai l’impression de me passer de la pommade.

L’engouement autour de ma participation à l’azalaï soulevait de manière récurrente l’interrogation suivante : « et tes parents, comment vivent-ils ça ? ». Plutôt bien. Je les avais préparés de longue date et de toute manière ils n’avaient pas le choix. La seule manière qu’ils trouvèrent pour contrôler un temps soit peu l’aventure –ou prétendue telle- fût de m’envoyer chez de « grands spécialistes ». Je n’avais pas la moindre idée de ce que j’allais leur demander. Le seul problème était la qualité de l’eau. Mais à coup de Bétadine ou de Micropur la chose serait vite réglée.
Pour le coup j’en ai vu des médecins... Des fameux ! Eux-mêmes ne voyaient pas bien comment m’aider une fois le vaccin injecté. J’ai rencontré des professionnels de la santé qui, sous prétexte d’être allés deux fois dans un quatre étoiles à Phuket ou Marrakech, s’étaient spécialisés dans les maladies infectieuses tropicales. C’est ceux-là qui m’ont le plus amusé. Je leur expliquais rapidement le but du voyage. Ils me répondaient en me parlant de tenues commando ou de bombes lacrymogènes.
– En fait, j’étais davantage venu pour une ordonnance. Je risque d’avaler des choses pas très bonnes, l’eau notamment, et j’aimerais parler des façons de me soigner en cas de grosse diarrhée. Je risque d’être très loin des secours.
– Dans ce cas, il n’y a pas de problème. Il suffira d’acheter de l’eau minérale !
– Mais je pars dans le désert !
– Ho vous savez, même dans le désert, on trouve toujours un ou deux boui-bouis pour se ravitailler.
– Non monsieur, on ne s’est pas bien compris ! Je pars au cœur du Sahara ! Imaginez un territoire grand comme l’Espagne peuplé d’à peine deux ou trois milliers de nomades.

Semaine suivante. Autre médecin. Celui-là avait l’air de prendre mon projet un peu plus sérieusement. Voire un peu trop :
– Pour l’eau, entre votre alimentation et votre toilette, il vous faudra bien compter environ 10/15 litres par jour. Avant ça il faudra la faire bouillir 20 minutes au minimum. Avec l’évaporation vous risquez d’en perdre une bonne partie. Alors prévoyez de faire des réserves de 20 litres par jour… « Evidemment, pourquoi faire compliqué lorsqu’on peut faire simple ? »
– J’aimerais aussi apprendre à faire de bons strappings.
– Voyez avec votre généraliste.

Je vous épargne les discussions délirantes sur les 30 rations de survie grosses comme des conserves de fruits confis. Et il aurait fallu que je les transporte dans mon sac entre l’aéroport, Tombouctou et Taoudenni !

Seuls mes pieds inquiétaient ma mère.
– Va t’acheter de nouvelles sandales ! J’ai entendu cette injonction tout l’été.
– Mais maman, celles-là vont très bien. Elles n’ont que deux ans ! Regarde, si je mets de la glue là, ça va très bien.
Je dois l’admettre, la paire avait un peu vécu.
Après ça, direction le podologue.
– Mais maman, c’est bon ! Y aura pas de bitume et je ne porterai pas de sac !

Finalement la séance s’est révélée intéressante. Je n’en ai pas beaucoup appris sur mes petons, mais le médecin s’est montré particulièrement au fait des prochains raids et ultra-trails de la saison. Nous en avons beaucoup discuté. Je suis ressorti du cabinet avec une ordonnance prescrivant massages au jus de citron et beurre de karité. A la poubelle. Pour les pieds je ne prendrai que quatre pansements Compeed et je glisserai un rouleau d’élastoplasme dans la trousse de secours au cas où.

La pharmacie, justement parlons-en. Je ne suis pas du genre à m’encombrer de ce genre de chose et si ça ne tenait qu’à moi je me serais envolé au Mali avec une simple boîte d’Efferalgan, un peu d’humour et de sens de l’autodérision. C’est bien connu, les médicaments, plus il y en a, moins ça sert ! Quand bien même on attrape quelque chose de sérieux, je doute que trois pilules puissent sauver une vie. Dans la mesure du possible, le mieux est de filer aux urgences. Dans la mesure du possible…
Par acquis de conscience et pour le plus grand bonheur de mon entourage, je me suis résolu à faire un tour en officine. J’en suis ressorti avec de nouvelles supportrices et un grand trou dans mon portefeuille. Imaginez, j’ai six remèdes différents pour la diarrhée !
Il y a d’abord le Bion Voyage. Changement de régime alimentaire oblige, il prévient l’intestin que les semaines à venir seront difficiles. Vient ensuite le Tiorfan censé calmer les diarrhées aigües. Dans la mesure du possible, je dois penser à le compléter avec le Spasfon après chaque épisode douloureux. Je possède également deux antibiotiques pour les diarrhées de type infectieuses : le Ciprofloxacine et le Nifuroxazide. Mais je n’ai toujours pas compris la différence entre les deux. Je termine avec mon préféré, le seul pour lequel j’ai un peu d’estime : le traditionnel Smecta, aussi mauvais qu’efficace.

Voilà pour les préparatifs. Côté physique, je ne crois pas que l’azalaï soit une épreuve insurmontable. Sans ça elle n’existerait pas. D’après les très rares témoignages que j’ai lus, je sais que les journées seront longues. 50 kilomètres en moyenne. Cela ne me fait pas peur. C’est le manque de sommeil et la solitude qui m’effraient. Pas habitué, j’ai peur de péter les plombs. Comme ça, en plein désert. Quelques écrivains/journalistes dont une certaine Blanche de Richemont ont dressé de l’azalaï des portraits quasi-neurasthéniques. Mais je les soupçonne de sombrer trop facilement dans le pathos lorsque je les confronte avec les œuvres de Théodore Monod ou d’Odette du Puigaudeau. Enfin nous verrons bien.

Côté forme je pense être au point. En juillet dernier je me suis offert la moitié de la France à pied en guise d’entraînement. Un périple de 25 jours et de 750 à 800 km à pied entre Cherbourg et Montluçon. J’en conviens, ces villes là n’ont rien d’exotiques mais le chemin qui les sépare offre de belles surprises. Je suis parti de Cherbourg parce que cette ville se trouve au « bout de la France » et parce qu’éternel nostalgique, j’avais envie de revoir la Manche. Mon arrêt à Montluçon correspond à la date à laquelle il a fallu que je revienne travailler à Grenoble.
Durant cet entraînement je me suis fait mal et j’ai appris la patience. Après trois jours de marche j’avais progressé de 145km. Un peu trop rapide je sais. Mais comment résister aux chants des sirènes lorsqu’on attend depuis trois longs mois de pouvoir lâcher les chevaux ? Bref, je me suis rapidement retrouvé aux urgences. D’abord pour extraire une sangsue, ensuite pour présenter mes pieds en lambeaux au médecin de garde. Catastrophé par ce qu’il venait de voir, il m’interdit de reprendre la route avant cinq jours. Je suis reparti de Saint-Malo après trois jours de repos chez des amis de Saint-Brieuc. Les 22 jours de marche suivants ont été une succession de journées avec et de journées sans. Les jours sans avec leurs lots de galères, de souffrances et de bitume. Les jours avec, pleins d’endorphines, de bons chemins, de paysages verdoyants et nourris de rencontres plus belles les unes que les autres.
Je parcourais entre 30 et 50 kilomètres par jours, je n’avais pas de cartes, je demandais mon chemin aux jolies réceptionnistes des offices de tourisme, aux passants, je leur racontais ma traversée, mon projet, j’étais content de bavarder, ils m’encourageaient et me conseillaient sur les itinéraires à prendre. Le soir venu, je plantais ma tente au bord de la mer ou des rivières, derrière une église, quelques fois dans un camping. Mais ce que je préférais avant tout c’était bien évidemment de frapper chez les gens. Dans les campagnes et même certaines villes, vous n’avez pas idée combien les Français sont accueillants. Au départ il faut un peu oser pour s’inviter chez eux. Mais une fois le coup de main pris, rien de plus facile. Moi, j’utilise la technique dite de la bouteille vide. Le but est de sonner à la porte de la maison à l’heure du repas ou juste avant. On aura choisi à l’avance la cible selon ses critères de préférences (grosse baraque, maison isolée, c’est selon les sensations du jour). On demande ensuite à remplir sa bouteille d’eau pour le soir et l’on juge sur le coup si la personne a l’aire sympathique et disponible. Si tel est le cas et que celle-ci ne revient pas avec une bouteille neuve (signe de refus) on peut alors enchaîner en interrogeant sur l’emplacement d’un endroit ou poser sa tente. Bien souvent la discussion s’engage à ce moment précis. Dans ce cas l’apéro, le repas, la douche et le lit sont quasiment gagnés ! Dans l’autre on recommence trois maisons plus loin quitte à vider de nouveau sa bouteille. Cette technique a fait ses preuves. C’est une approche en douceur. Sonia Poussin me confia l’avoir aussi utilisée à ses débuts.
Ainsi j’ai découvert ce que signifiait l’hospitalité. La vraie, pas l’oppressante. Cela m’a fait chaud au cœur. Je connais maintenant peu de bonheurs aussi forts que celui de partager un bon verre de vin, les pieds sous la table d’inconnus après une longue journée d’efforts. Désormais lorsque je me mets en marche, j’accrois mon désir d’altruisme. L’été prochain je retournerai à Montluçon pour terminer du côté de Nice ou de Bonifacio. Pourquoi partir à l’autre bout du monde si l’on ne se donne pas la peine d’aller voir ce qu’il y a à côté de chez-soi ?

Dimanche 2 novembre

Dans le train qui me mène à Paris je relis quelques-uns des encouragements que vous m’avez écrits. Le premier c’est celui d’Alex dans son style habituel aussi délicat que sincère. Il me dit que de toute façon si je ne saute pas sur une mine anti personnelle je me ferai égorger vif pour mes Granys. Christine et François me racontent qu’ils viennent de voir « Au bout de la soif » de Régis Belleville et que cela fait frémir . Il y a aussi celui de Coline. Elle a assisté à une conférence de Blanche de Richemont il y a un an ou deux. « Ben c’est simple, dis-toi que c’est comme si t’allais te retrouver dans une paroi en 7b et que tu ne montais même pas du 6 ». D’autres sont plus optimistes ou du moins me souhaitent du courage pour régler les éventuels problèmes. Avec Escherichia coli par exemple ! Aymeric qui m’a supporté à côté de lui en Première et sur toute une Terminale, compte sur mon pessimisme pour affronter les moments difficiles mais aussi pour savourer tous ceux qui seront extraordinaires. Mes cousines habituées à me voir manger comme douze l’été en Haute Savoie – sans jamais prendre un gramme – me souhaitent de rentrer pas trop décharné. Gégé me félicite pour avoir enfin emmené une trousse de secours et les méticuleux me demandent de ne pas oublier ma crème solaire. De ce côté-là ça va. J’ai un stick extrême indice 50. Plus pratique que la crème, ça évite de terminer en bonhomme de sable. Les pragmatiques tout aussi touchants citent Paul Emile Victor : « La seule chose qu’on est sûr de ne pas réussir et celle qu’on ne tente pas ». Certains espèrent que ce périple à travers le désert soit l’occasion pour moi de m’assagir tandis que les derniers aimeraient tout simplement m’accompagner.





II
Arrivée au Mali


Lundi 3 novembre

Arnaques, attentes interminables et transports en commun vétustes –euphémisme – ont rythmé ma première journée malienne. Je n’ai avalé qu’un litre et demi d’eau en 24 heures. Rien d’autre.

Mardi 4 novembre

Ce matin je me suis réveillé chez le chauffeur de taxi qui m’a cueilli cette nuit à l’arrivée du bus. J’ai glissé un billet sous la porte pour la course et suis parti sans attendre qu’il achève sa journée de 18 heures.

Ah ! Ce trajet entre Mopti et Gao, c’était quelque chose ! Débarqué seul à l’aéroport de Sévaré, je dois l’avouer, j’ai carrément envié mes compatriotes accueillis et choyés par les guides de leurs tour-opérateurs. Je me suis rendu à la misérable gare routière de la ville pour une somme colossale. J’ai attendu 7h allongé sur un banc de bambou entre les mouches et la chaleur dans une sorte d’entrepôt désaffecté… Je me demande comment j’ai fait pour être aussi patient. Une fois le bus chargé, nous avons roulé pendant 12 heures à travers la brousse sur la Nationale 16. Autour de nous lors des arrêts ; boui-bouis branlants, gamins en haillons, foules et palabres interminables toujours à deux doigts de l’émeute. Plus loin, quelques suricates debout sur leur pattes comme les vigies du Gourma nous observent traverser les immenses steppes arides. Pas de doute je suis bel et bien en Afrique ! Je ne sais où je suis et tant que je suis en mouvement je sens l’excitation de l’aventure monter en moi. La nuit tombe et alors que dans l’obscurité se dessinent les monumentaux plateaux des Monts Hombori, notre chauffeur se met en tête de rattraper le temps perdu. Et le voilà en train de slalomer à vive allure entre les innombrables nids d’autruches. Je suis mort de trouille ! Le bus tangue brusquement, manquant à chaque instant de se renverser dans les acacias bordant le talus sur la droite. Le militaire de la rangée d’à côté n’est guère plus rassuré que moi. Il a même complètement la pétoche ! Je l’entends souvent pester contre le timbré qui nous conduit lorsque nous frôlons une chèvre, un dromadaire ou un camion de trop près. C’est en général à ce moment là, les sensations toutes en alerte, que je me réveille en sursaut conscient que nous venons de frôler une nouvelle catastrophe.

Nous atteignons la ville des empereurs Askia à 4h du matin après un contrôle de gendarmerie sans fin.

Ahmed est un ami de Thierry. Je loge chez lui. Il est touareg et professeur de lettres à Gao. Il a deux femmes et je ne sais combien d’enfants. Tout à l’heure il me semble en avoir compté 19. Niveau confort et intimité, c’est vrai, chez Ahmed je vais y perdre un peu ! Les murs de la douche sont tapissés d’une vingtaine d’énormes blattes. Effectivement, ça n’est pas très engageant. La nuit je me console en me disant qu’elles sont mieux dans la salle de bain qu’en train de me courir dessus. Et puis finalement, une douche aux cafards c’est mieux qu’une douche à l’extérieur, à côté du trou à m…

Les nuits à Gao sont un peu dures. Il fait chaud, il y a des moustiques et beaucoup de bruit. Les hurlements des chiens par exemple, les appels à la prière, les renâclements sonores du vieil oncle. Celui avec qui je partage mon plat de riz trois fois par jour ! La nuit il y a aussi le décalage horaire entre le Mali et… les Etats-Unis ! Croyez-moi ou non, en cas de victoire d’un métis à la Maison Blanche, ça compte beaucoup ! Sur RFI on ne parle que de ça. Les maliens aussi n’évoquent que ça. Très sincèrement, je ne sais pas trop ce que ça changera. Obama est un symbole mais certainement pas une fée.

Les journées sont plus intéressantes. Les étagères encombrées de la riche maison m’offrent une grande variété d’œuvres littéraires françaises. J’ai de quoi parfaire ma culture sur certains classiques. Lorsque j’en ai marre et que la température baisse, je vais voir les enfants avec qui je m’entends bien. Dans les enfants il y a bien entendu des demi-sœurs et des belles-mères du même âge qu’il m’arrive régulièrement de confondre. Quand j’en ai une douzaine autour de moi, j’essaye d’apprendre les prénoms de chacun(e) pour leur plus grand bonheur. Je m’initie au tamasheq, la langue des touaregs. C’est loin d’être évident. A l’oreille, cela ressemble à l’arabe mais beaucoup moins fourni en voyelles !

Le jour parfois je me sens la motivation de faire un tour en ville. Nous sommes loin du centre et l’agglomération compte tout de même près de 50 000 habitants. Cet après-midi du 5 novembre, je me suis assis rue d’Algérie, devant le commerce du tailleur qui réalisait le boubou que je porterai dans le désert. J’ai observé le bal des passants dans la rue. Les gamins brandissant leurs poulets par les pattes, les ados sur leur scooter chinois bon marché, mais contents d’en avoir quand même, les camions surchargés de futurs clandestins, les zébus qui errant dans le spectacle de cette rue folle. Il y a aussi quelques ânes tractant péniblement leur charrette et les virons des Pajeros flambants neufs des ONG. Ensuite je me suis levé et j’ai marché en direction du port et là, j’ai tout de suite reconnu. Parce que n’importe quel occidental reconnaîtrait. Le genre d’endroit que nous avons tous vu au moins une fois à la télé. D’abord une plage poussiéreuse jonchée d’un tapis de détritus, des gens qui s’animent dans leurs habits colorés à côté d’énormes pinasses, des gamins nus et des mères lavant le linge dans les eaux verdâtres du Niger. Une brume épaisse m’empêche de voir la rive droite du fleuve sur laquelle se trouve la Dune Rose. Tout est laid mais je me sens bien. Les gens semblent tous aussi pauvres les uns que les autres, mais pas miséreux. En 2006 le pays était classé 173ème sur 177 dans le classement IDH établit par le PNUD.

De développement il en est question ce soir à table. Je suis invité chez Karine Da Rocha, ancienne étudiante de l’Institut de Géographie Alpine, UFR où je viens de finir ma licence. Hé oui, le monde est petit ! Pour la petite histoire et à l’intention de mes amis géographes, elle était dans le groupe de l’éminent Dominique Dumas lorsque le filin du célèbre saumon avait cédé. L’après midi le courant était toujours aussi fort et Karine avait participé au sauvetage de l’appareil –« de surcroît très onéreux ! »- en retenant par la corde le plongeur embauché à l’occasion pour les recherches. En vain...

Aujourd’hui Karine est mariée à un Bérabich, « un gentil contrebandier ». Elle travaille pour LVIA, une ONG italienne qui gère des projets d’appui aux associations et aux communes en zones nomades et sédentaires : formations de manutention, alphabétisation, technique de production et de financement. Pendant deux semaines elle recevait Elia, une institutrice italienne à qui j’ai présenté mon projet. Elle a été emballée. Mais c’est peu dire ! Son conjoint est de la race des grands marcheurs : 3500km à pied à travers l’Italie, et je suis désormais formellement tenu de passer à Turin pour présenter le voyage à ses classes, parce que dans le cas contraire « je viens te chercher à Grenoble et j’te zigouille ! »

Karine nous raconte :
– A Gao les ONG poussent comme des champignons. Le problème c’est qu’un grand nombre d’entre elles brassent des sommes de fric colossales pour pas un résultat. Vous n’avez pas idée du gaspillage. Les raisons ? D’abord une approche encore trop « top down » : beaucoup de projets sont écrits par des experts occidentaux très loin de la réalité du terrain. Dans les ONG on s’intéresse surtout aux diplômes des candidats, leurs connaissances et le vécu qu’ils peuvent avoir du pays on s’en fout pas mal. Au final les moyens et les méthodes de développement mis en place sont peu adaptées au mode de fonctionnement des populations. Et l’on ne fait pas grand-chose pour accroitre leurs relations avec les locaux. Dans la majorité des cas, et pour des raisons de sécurité vous n’avez pas le droit d’utiliser les transports en commun. En cas d’accident ça couterait cher à l’assurance. Alors il faut investir dans un 4x4, neuf forcément, il faut y ajouter un conducteur et ça coûte énormément. Même pour les vacances vous êtes tenus de vous déplacer avec votre chauffeur. Toute votre vie sur place est conditionnée, contrôlée. Il faut également que l’expatrié retrouve dans le pays d’accueil le confort qu’il possède en occident. Une belle maison et un gardien, un cuisinier pour préparer des plats sains. A Gao certains bureaux d’ONG prennent des allures de palais ! Tout ça est bien, certains diront que ça crée des emplois directs. Mais ça réduit un peu le budget pour les objectifs fixés au départ. Et puis ça limite franchement le contact avec les autochtones qu’on est censés aider ! Dans cette ville, j’ai connu des expatriés qui n’avaient pas un seul ami malien ! Ce genre de personnes semblaient là pour le fric et les avantages, elles se renfermaient progressivement sur elles-mêmes et puis un jour, elles tombaient malade ou craquaient.
Ensuite il y a les pertes et les gaspillages lors de la réalisation des projets. L’impotence, le manque de volonté et les magouilles de certains. Mais ça c’est encore autre chose !

Jeudi 6 et vendredi 7 novembre

On m’avait dit départ à 15h. Il est 19h30 et nous avons enfin démarré. Environ 430 km de piste séparent Gao de Tombouctou. Evidemment le trajet ne peut se faire qu’en 4x4. Il y a bien la voie fluviale mais elle est un peu longue (3 jours) et je préfère l’utiliser lors de mon retour.

Lorsque je suis rentré dans la petite cour, j’ai été surpris par le nombre de personnes assises par terre en train d’attendre. Avec moi, dix sept précisément.
– Tout le monde ici part à Tombouctou ? Ai-je demandé à un commerçant bérabich d’allure sympathique.
– Oui tout le monde.
– Mais combien utiliserons-nous de véhicules ?
– Un seul, pourquoi ?
– Quoi ?! Mais jamais nous ne tiendrons à 17 dans ce pickup ! Et tous ces bagages on va les mettre où ?!

J’avais raison. Jamais nous n’avons embarqué à 17 sur le 4x4… non, nous sommes montés à 21 ! Et avec 3 véritables tonnes de bagages s’il vous plaît ! S’il y a un domaine dans lequel les chauffeurs africains excellent, c’est bien le chargement de leur véhicule. En termes de place disponible, sur un véhicule africain, la loi c’est : rien ne se perd et tout se crée ! Sous mes yeux, une véritable partie de Tétris commence. Il faut d’abord charger les marchandises. Ça prend une heure et demie au bas mot. On ficèle le tout solidement avec des cordages. Ensuite c’est au tour des humains de trouver de la place sur le paquet cadeau géant. « Tout le monde est installé ? Ouais bof ! Nan ça ne va pas. Allez tout le monde descend, on refait tout ! ». Mohamed le chef et chauffeur du véhicule ordonne qu’on recommence le chargement à zéro. Mais l’homme est un expert. A l’image de Jésus multipliant les pains, il accroit de façon miraculeuse le nombre de cm² disponibles. Et je ne sais pas comment nous avons fait mais nous sommes tous montés. J’ai eu de la chance. Mohamed et un militaire m’ont pris sous leurs ailes. J’ai pu bénéficier d’une bonne place. Malgré ça nous étions incroyablement entassés et d’un coup j’ai pris peur. Il y aura plus de 400km de piste à faire, je suis fatigué et je n’ai pas eu beaucoup d’appétit aujourd’hui. Comment vais-je faire pour tenir 15h de piste ? Comment vais-je dormir ? Punaise, s’il me prend une crampe ou l’envie de pisser, pas moyen de bouger d’un pouce ; je suis foutu !

« De toute façon, c’est inévitable, quelqu’un va chuter ». Voilà la réaction du garde national à côté de moi. Ça n’est pas pour me rassurer. Je me trouve sur un sac super lisse et je ne me fais pas trop d’illusions sur les suites physiologiques d’une gamelle de deux mètres de hauteur à 60km/h, même sur le sable. Pendant que je médite dépité là-dessus, l’homme me dresse la liste de toutes les infractions dont le véhicule fait l’objet. Et forcément ça n’a pas manqué, dix minutes après le départ, au poste de contrôle, les policiers nous arrêtent. Nous patientons pendant 30 minutes avec interdiction de descendre. Des gens lancent la rumeur que nous retournons à Gao, que jamais nous ne rejoindrons Tombouctou. D’un coup j’en ai marre. J’ai envie de descendre et d’insulter le flic. Je me reprends en me disant que si je ne tiens déjà plus en place après 45 minutes, je ne suis pas prêt pour le voyage. Je me résigne. Mohamed fait le tour de la voiture pour récolter un peu d’argent. Puis s’en va le remettre au gradé. Nous continuons. Le bakchich il n’y a que ça de vrai !

Nous nous sommes enfoncés dans la nuit entre les dunes et les acacias. Dans le ciel brillaient des millions d’étoiles, tout était sombre et malgré le bruit du moteur on entendait quelque chose rayonner en silence depuis le Sahara. Nous avons pris de la vitesse, ça secouait beaucoup, j’ai senti le vent tiède contre mon visage, dans mes cheveux et surtout les épines d’acacias se planter fort dans ma chair. En tant que premier de colonne, je prenais tout dans la gueule. Mais le sentiment de vitesse ou d’aventure était incroyablement grisant. Je me suis senti pas si mal assis finalement. J’étais même très bien à côté de ces Africains. « Comment font-ils tous pour voyager aussi calmement dans ces conditions ? » Il y avait là une fillette de 5 ans dans les bras de son père. Mon Dieu que ça a du être long pour elle ! Quelle leçon de courage. J’ai discuté un peu avec mon ami militaire. A notre gauche il y avait les eaux du Niger et à notre droite dans le noir on devinait toute la beauté du désert. Je ne l’ai jamais autant aimé que cette nuit là. On sentait son immensité, une profondeur insondable. Comme un sixième sens, elle appelait aux rêves ainsi qu’à l’humilité. J’ai pensé que la nuit allait être longue et que c’était tant mieux. Je me suis réjoui de la situation dans laquelle je me trouvais. Elle était burlesque mais j’aimais son côté romanesque. Aucun homme ne pouvait être aussi heureux que moi ce soir-là. Je n’aurais échangé ma place pour rien au monde. J’ai bien pensé à vous dans votre foyer à des milliers de kilomètres d’ici. J’aurais aimé que vous le sachiez, que vous fussiez là, ne serait-ce qu’une seule seconde pour vous le dire. Pour la première fois du voyage je me suis senti ému.

Nous avons roulé à tombeau ouvert pendant 5 heures jusqu’à Bourem. Là-bas nous avons fait une pause. Au repas Mohamed m’a raconté qu’il y a quelques temps, il ne savait plus bien quand, il avait croisé un français, « un grand malade », seul à pied, avec deux chameaux entre Tessalit et Tombouctou : Régis Belleville !

Après ça, le voyage s’est compliqué. Nous avons pris des positions légèrement différentes et les genoux dans le vide j’ai dû batailler pendant plusieurs heures pour gagner quelques cm². Et Mohamed au volant du pickup s’emportait dans un rythme à la Harry Vatanen. « Je vais tomber ! ». Le salopard de la rangée du milieu avait pris ses aises et ne semblait pas s’en soucier. Je répliquais en lui enfonçant profondément mon coude dans le dos à chaque fois qu’il décidait de réajuster sa position. Une guerre psychologique s’est livré entre nous deux, en silence. Elle a durait deux heures. Je n’ai rien lâché et petit à petit je l’ai fatigué, j’ai pu retrouver une place suffisamment sécurisante pour fermer un peu les yeux. J’étais mort de fatigue. Nous avons roulé encore longtemps. A 4h nous nous sommes arrêtés sur une plage. Le militaire m’a prêté son sac de couchage. J’étais en t-shirt. Lui n’avait rien d’autre. Cette nuit là il a du se les geler menu ! Moi j’ai très bien dormi.

*

A 6h 30 nous avons levé le camp. Je me suis réveillé comme un lendemain fête. A force de me saouler au spectacle des étoiles j’ai fini par en avoir mal aux cheveux. Le reste du chemin jusqu’à Tombouctou a été particulièrement beau. En face de nous, sur la rive gauche, les dunes de sable dorées venaient se noyer dans le Niger. Quel bien étrange contraste. L’eau et le désert : la vie et la mort. Et dire que mon appareil photo était dans le sac !





III
Tombouctou


Mon arrivée à Tombouctou n’a pas été bien glorieuse… Non vraiment pas.

J’ai bataillé pour trouver l’hôtel de la Paix, le point de chute où je devais rencontrer Lamine, mon contact. En 1934 déjà, Odette du Puigaudeau disait qu’ «à Tombouctou tout se vendait, même l’indication d’un chemin ». Aujourd’hui j’ai pu vérifier ! Les premiers à qui je demandais ma direction étaient touaregs. Ils me pointèrent vaguement un endroit du doigt sans donner plus de détails. Seconde tentative. J’en abordai un se promenant tout seul. Mais son grand sourire et le vent magistral qui suivait signifiaient très clairement « démerde-toi ! ». Cette fois-ci, je redoublais de courtoisie. Je m’approchais de deux nouveaux hommes bleus. Et c’était d’accord. Ils étaient prêts à m’accompagner jusqu’à mon hôtel ; chic me dis-je… en échange de 1500 francs CFA ! Je les envoyais paître. « Trois refus, tous touaregs ! Après ça qu’on ne vienne plus me parler du fameux mythe les magnifiant ! » Pour parfaire la situation, un groupe d’enfants surexcités fondit sur moi. « Il ne manquait plus que ça tiens ! » Je décidais de changer de plan :
– 1000 francs CFA si vous m’emmenez au monument de la paix.
Les gamins ne se firent pas prier et me conduisirent enthousiasmés. Arrivé à bond port, je fis le fonds de mes poches et j’y trouvais par hasard deux pièces de 10 centimes d’euros.
– Ah, … pas de CFA, désolé ! Bon filez avec ça, c’est pas mal non plus les euros ?

Les mioches repartirent en gloussant, persuadés d’avoir fait le coup du siècle. Dans cinq minutes ils resteraient cois devant le refus du commerçant. Je suis méchant je sais. Mais nécessité faisant loi, je me disais qu’il était peut-être temps de se familiariser plus en profondeur avec les us et coutumes maliens.

Dans l’hôtel j’ai demandé une chambre. Je suis allé me laver puis me suis affalé de tout mon long sur le grand lit. Une fois l’effet de la douche passé, j’ai ressenti comme des doutes et de mauvaises impressions. Je me sentais nerveux, au pied du mur, tout seul et tout petit devant la taille de mon entreprise. Quelle folie ! Dans un flash je me suis souvenu d’un échange que j’avais eu un jour avec Thomas :
– C’est foireux ton truc Titi…
– Mais non ! Lui avais-je répondu tout en pensant bien le contraire.

Toto c’est un bon pote. On se connaît très bien tous les deux. Depuis environ dix ans maintenant, on passe régulièrement par le même genre d’excentricités et question plans foireux, on est plutôt balèze ! Je me souviens de fous-rires mémorables en cours de physique, lors d’exposés en espagnol ou en plein milieu du plan d’eau lors de nos nombreux entraînements. Quand ça n’est pas pour discuter de la composition du yaourt que je suis en train de manger, nous sommes capables de nous appeler plusieurs fois de suite pour parler du dernier reportage animalier captivant qu’on vient de voir à la télé. Depuis qu’on a délaissé l’aviron, – puisque personne n’était foutu de détecter notre incroyable potentiel – sportivement on est resté un petit peu productifs. Sorties de VTT, ou de ski nordique ; on n’a pas besoin de partir bien loin pour trouver l’aventure. Généralement, c’est elle qui vient à nous. Ce genre de moment ne tourne jamais comme on l’avait prévu et lorsque ça ne se termine pas dans un sapin, c’est souvent avec les vélos sur le dos. Encore une semaine avant de partir au Mali, un lundi matin, nous étions dans les forêts du Vercors en train de fuir sous la pluie après avoir entendu les hurlements d’une louve à quelques dizaines de mètres du sentier. Tous les deux, les gros chiens, ça n’est pas trop notre tasse de thé !

Malgré son grand retard, Mohamed Lamine s’est pointé à l’hôtel comme une fleur. Entre temps je m’étais assoupi et lorsque je l’ai salué j’étais toujours un peu flapi. Lamine était vieil homme. Bérabich trapu, il donnait tout de suite l’impression d’avoir beaucoup vécu. Dans sa djellaba bleue foncée plus tout à fait neuve et sous son chèche noirâtre, son visage buriné paraissait minuscule. Après une vie passée à parcourir le désert, pas de doute, l’érosion avait bel et bien entamé le travail sur lui. Il avait des petits yeux rusés ainsi qu’une barbichette bien sombre. Bref l’air un poil plus chafouin je mourrais ! Après une accolade aussi sincère que délicate, nous nous sommes assis à la table de la terrasse… Je lui ai demandé comment allait se dérouler la suite des opérations. Et là, grand moment de solitude ! Il m’a répondu tranquillement, même pas embarrassé, que la caravane de son frère était partie depuis longtemps. Qui sait, elle avait peut-être déjà atteint Taoudenni ! Sur le coup je n’ai pas trop compris. Trois semaines auparavant je l’avais appelé et nous avions fixé la date de ma venue début novembre. Le départ se ferait au milieu du mois.
Le vieux guide est parti dans des explications peu compréhensibles. Il prétendait qu’au téléphone il avait confondu ma voix avec celle de Thierry. Il disait que de toute façon, il n’avait pas reçu l’avance pour les chameaux, chose que jamais nous n’avions convenu !
J’aurais dû m’énerver et paniquer pour la bonne réalisation du projet. Encore trop engourdi, je suis resté calme, comme étranger à moi-même et à tout ce que je venais d’apprendre. Malgré ce coup de Trafalgar, j’avais au fond de moi la certitude inaliénable que je réaliserai mon rêve. J’avais désormais lancé le projet suffisamment loin pour que le destin face le reste. Cet hiver, les caravanes continueraient de tourner entre Tombouctou et Taoudenni et moi je les attendrai bien.
Depuis janvier, période à laquelle j’avais rencontré Thierry et durant laquelle nous étions rentrés en contact avec Lamine, j’avais toujours été très réservé vis-à-vis de cet homme. Au téléphone on avait du mal à se comprendre. Mais bon, Thierry y croyait dur comme fer. Et puis au Mali il lui faisait souvent appel alors je ne m’en faisais pas trop. Et de toute manière, je n’avais pas d’autres contacts sur place.

N’empêche, le jour où Lamine m’avait annoncé le tarif, ça avait été dur. J’ai brusquement chuté de mon nuage. Fini le temps où le voyageur pouvait se greffer aux caravanes en échange d’un simple petit oussourou . L’azalaï s’ouvrait au monde. Et d’ailleurs, pourquoi s’en serait-elle privée ? Dans ce but là, financièrement j’avais donc prévu une bonne marge. Mais de là à ce que me réclamait cet escroc, ça pulvérisait autant l’éthique que le budget ! Ce même après-midi, à vélo, après le coup de fil passé depuis l’Institut Dolomieu, j’avais crevé pour la quatrième fois en 15 jours. Presque toujours au même endroit. Dure loi des séries, même si je dois l’avouer les pneus n’étaient plus tout à fait neufs. Les trois premières fois j’avais pris cela avec philosophie et je trouvais en ces crevaisons de superbes prétextes pour m’entraîner un peu à la marche à pied. Mais à cet instant-là, franchement j’en avais eu marre. J’avais entendu la chambre à air se dégonfler dans un grand soupir comme si elle aussi m’incitait à tout stopper.

Non, préparer ce projet n’a pas toujours été facile.

« Alors, alors, … ! A quelle heure je repasse demain ? » Lamine repassait à l’attaque pour se rattraper ; des promesses de caravanes qui partaient dans la semaine ou des propositions de 4x4 pour m’emmener à Taoudenni. Le tout pour une somme plus qu’écœurante. Plutôt rentrer que de continuer à ses côtés !
– Je n’en sais rien… Il se trouve que les conditions ont largement changé. Je vais appeler Ghabidine.
C’est lorsque je suis parti téléphoner en ville que je suis subitement redescendu sur terre. La situation était réellement tendue !
– Allô Thierry, c’est Etienne, je suis à Tombouctou, il y a un gros problème là ! Je lui dressais rapidement le topo.
– Ho, mais t’inquiète pas, ça fait parti du jeu ça ! C’est ça les voyages au Sahara ! Qu’est ce que tu crois ?!
– Ouais je sais, mais j’ai des partenaires derrière moi. Faudrait pas trop que ça foire non plus !
– Attend, je te rappelle, je vais arranger ça.

Dix minutes plus tard il avait joint un second guide à Tombouctou. Un certain Halis qui proposait de m’aider. Départ dans quelques jours en 4x4 avec un ancien caravanier pour Taoudenni, là-haut une caravane de sel m’attendrait pour faire le retour. Repas, location de dromadaire et rémunérations de ceux que j’accompagnerai pour un prix un tiers moins cher que ce que l’autre voleur me proposait ! Bien sûr, dans un élan de générosité, Halis m’offrait les repas et le toit dans son bel hôtel ! A ce prix là c’était vraiment dément ! Si j’acceptais l’aventure en prendrait un sacré coup, une sauce bien touristique qui me dérangeait pas mal vis-à-vis de ceux qui avaient soutenu le projet. Mais je ne pouvais me permettre de cracher dans la soupe. A présent je n’avais plus bien le choix si je voulais conserver quelques chances de réussite et m’épargner les magouilles du vieux bouc. Cette option était la dernière et très probablement mon salut. Comme me le disait ma mère ; « les alpinistes doivent parfois renoncer près du sommet pour cause de mauvais temps ».

J’ai rejoint Lamine à l’hôtel au moment même où Thierry l’appelait sur son portable pour le remercier. L’ancien guide a eu l’expression d’un gamin à qui l’on retire son jouet des mains le jour de Noël. Intérieurement je jubilais ; quel soulagement de m’en débarrasser ! « T’as voulu te goinfrer mon gaillard ? Etouffe-toi maintenant !» Comme me l’avait demandé Thierry avant de partir chez Halis, j’ai proposé à Lamine de l’inviter manger de la viande au resto. Il a pas du tout compris, a semblé outré et a refusé dans un ultime sursaut d’orgueil. Avec un peu de recul le geste, même sincère, ressemblait de toute évidence à un magnifique bras d’honneur !

C’est dans ce contexte que dans quelques heures j’allais fêter mon anniversaire. Quel coup de pouce de la providence ! Sacré cadeau que ce sauvetage d’Halis. Et surtout sacrée frayeur ! Avec Lamine, je suis vraiment passé tout près du gâchis. Un an de projet, de confiance et des milliers d’euros foutus en l’air ! Sans compter que j’aurais eu du mal à finir mon séjour au Mali. J’aurais été beau tiens ! Cette nuit du 7 novembre nous laissera sans doute, à Lamine et à moi, sous l’effet de l’excitation ou de la déception, le temps de méditer sur l’adage suivant : « chameau mal acquis ne profite jamais ».

Samedi 8 novembre

Hier en tout début de soirée, Halis, touareg ambitieux et guide de l’impossible, est de ce fait passé me chercher à l’hôtel avec son gros 4x4 foncé.
– Lamine est un très grand guide à Tombouctou. C’est un ancien militaire, il connait le désert comme sa poche et je fais souvent appel à lui lorsque je dois faire des excursions en 4x4. Mais dès qu’il faut organiser des méharées, c’est non !

Halis m’a tout de suite inspiré confiance. Il a dit avoir été touché qu’un jeune Français ait envie de suivre les caravanes. Selon lui, je suis « un grand malade » et j’ai « un sacré culot » pour vouloir me lancer dans le « Triangle de la Mort » si jeune. Je pense qu’il en rajoute mais c’est pour ça qu’il a voulu m’aider et qu’il ne me facturera aucun de ses services.
Je suis logé dans une petite chambre au refuge du Sahara, son auberge située au fond du quartier Abaradjou. Séjour soigné, climatisation, douche et commodités personnelles, bières et steak-frites au repas, bref le vrai luxe ! J’ai tout pour moi et pour gratuit ! Quand je pense qu’en d’autres circonstances j’aurais du payer une fortune pour un taudis ! Je suis comblé.

Un problème gênant vient cependant gâcher les réjouissances. Halis aurait voulu m’expédier à Taoudenni dès demain. Mais je n’ai sur le moment aucune liquidité. L’intégralité de mon argent se présentant sous forme de Traveller chèques. Soit dit en passant, une belle connerie. Nous sommes déjà samedi après-midi, j’ai passé la matinée à récupérer et les banques viennent de fermer jusqu’à lundi ! Je me sens bien penaud parce qu’hier j’ai jeté un coup d’œil sur les tarifs de l’hôtel indiqués dans le Lonely Planet... et je suis vraiment gâté ! Pire, Halis vient d’appeler un ami banquier à la BNDA et prétend que ni elle, ni l’Ecobank n’accepteraient les Travellers. J’ai appelé cette dernière avant mon départ et normalement ça marche… mais j’ai comme un gros doute ! Si ça n’est pas le cas, je devrais dire adieu à l’azalaï. J’aurais épuisé mon dernier joker par bêtise ou par manque de sommeil. J’irai me jeter dans la mare aux hippos et l’on n’entendra plus jamais parler de moi…

Puisse le destin avoir pitié une nouvelle fois de mon âme.

Dimanche 9 novembre

Attente à l’hôtel. Je stresse. Je monte sur le toit de mon hôtel vide. Je suis le seul touriste en ce moment. Je m’ennuie. Je contemple cette agglomération grisâtre. Toutes ces terrasses qui se terminent au loin dans un brouillard jaunâtre évoquant vaguement l’Azaouad. Il n’a pas bonne mine vu d’ici. Une sorte de désert enrhumé. Je redescends dans ma chambre. Je dessine. J’attends que la chaleur baisse. Je vais me promener pour la énième fois dans Tombouctou...

Je dois dire que je n’ai pas été déçu en visitant cette ville. Sans doute parce que je n’en attendais pas des miracles. J’ai bien fait. Tombouctou n’a aujourd’hui de mythique que le nom. Non, n’allez surtout pas vous représenter une ville à l’exotisme de Marrakech. Point de place Jemaa el Fna, point de charmeurs de serpents. La reine du désert n’a rien d’une scène de théâtre. Point de petits patios frais et verdoyants. Tous les murs de la ville sont inondés de soleil. Du caractère de sa sœur marocaine, la cité ne conserve que quelques remarquables portes. Pas un kilomètre de souk, ici le dédale de rues n’abrite que la poussière, une chèvre et deux ou trois bambins culs nus. L’ensemble de l’agglomération est d’une teinte aussi brune que les remparts de Marrakech sont roses. En fait Tombouctou est une ville du passé, comme un souvenir agréable mais qu’aucun trésor au monde ne fera revenir, parce que trop loin déjà. Tombouctou est un vieux meuble luxueux figé dans le recoin d’une habitation croulante. Bien sûr les signes du XXIème siècle sont présents. Mais ils ne semblent pas avoir leur place ici. D’innombrables sacs plastiques jonchent le sol, ça et là des panneaux rappellent que, toujours le SIDA tue, quelques 4x4 rutilants frappés du logo de la GTZ ou de la région Rhône-Alpes paradent pitoyablement.
Je suis médisant c’est vrai. Le trésor de Tombouctou se trouve dans son histoire et dans sa culture. Tombouctou est la ville qu’ont bâtie les riches commerçants de Djenné venus en pirogues et les riches commerçants berbères venus en chameaux. C’est la grande ville rayonnante du Soudan et bien au-delà entre le XVème et le XVIème siècle. Poètes, sages, savants, tout le monde se croisait autrefois à Tombouctou. Malheureusement la majorité des touristes – dont je fais partie – s’en foutent, sauf les hypocrites et les scientifiques bien entendus. J’en ai croisé plus au cybercafé de la bibliothèque en face de la mosquée Djingarey-Ber, que le nez devant les manuscrits du Centre Ahmed Baba. Les touristes sont à Tombouctou pour y être venus. En novembre, ils sont aussi nombreux que les doigts de la main. Ils sont concentrés en grappe devant l’hôtel de La Colombe, attendant le 4x4 qui les déposera faire un tour de chameau au niveau du monument de la paix.

Mais dans cette ville le pire ne vient pas du laisser-aller. Après l’invasion des grenouilles, les nuages d’insectes et la mort de tous les nouveaux nés, voici la 11ème plaie made in Tombouctou : le vendeur de bijoux touareg ! Tous sont guides ou « véritables forgerons », font du travail de qualité et des prix d’amis. Mais avant tout ils sont partout. Pas moyen de leur échapper. En cette période de disette touristique ils ne lâchent jamais le morceau. « A croire que les toubabs ont des aimants dans le c… » me disait un Français ! Toujours le même scénario. Que je sois tranquillement en train de lire devant la terrasse de l’hôtel ou que je me promène dans les ruelles, c’est la grande procession :
– Oui je sais tu veux me vendre des bijoux… Merci je ne suis pas intéressé.
– Ha si, viens voir c’est juste pour faire plaisir les yeux !
– Non toujours pas intéressé merci.
– Pourquoi ?!
– Parce que je reste trois mois au Mali et qu’en conséquence j’achèterai tous mes souvenirs le plus tardivement possible. Merci.
Et vas-y que je t’invite à la maison, à boire un thé pour échanger les idées. Et que je te parle du cousin de ma belle-sœur et que je ne cours pas après l’argent mais derrière l’amitié ! « Ben voyons ! Arrête ton char, je vais me mettre à pleurer ! »
– Blablabla blabla, je suis le premier vendeur que tu as croisé, alors tu viens chez moi.
– C’est vrai, tu es le premier… cette heure-ci. Mais des bijoux comme ceux-là je peux en trouver à Gao, Bamako ou même en France, dans ma ville de Grenoble !
J’adore leur lancer ça d’un p’tit air anodin ! Généralement ça les rend furax ! Sacrilège ! Le touriste doit forcément repartir de Tombouctou avec son bijou touareg. Passé l’orage, ils reviennent à la charge.
– Tu vas dans le désert ? Bon, quand est ce que tu reviens ici à Tombouctou ?
– Je ne sais pas j’ai rien prévu. Disons que je pars demain et que je suis ici dans une semaine.
– Bon, voici mon numéro. Tu m’appelles quand tu reviens et on fixe un rendez-vous. Je te fais confiance hein ? Tu m’appelles dans 7 jours ?
– Oui, oui, ne t’inquiète pas !

Lundi 10 novembre

Ouf ! Mes traveller chèques sont acceptés.
Lamine, le guide qui m’accompagnera a reporté le départ à demain. En camion finalement. Il s’appelle Lamine lui aussi mais n’a rien à voir avec l’autre tordu. D’ailleurs on prononce Lamane. Des Lamine à Tombouctou on en trouve à la pelle derrière chaque vendeur touareg ! C’est comme pour appeler un homme dans la rue : « hé Mohamed ! ». Il se retourne une fois sur deux.

Lamane est un ancien mineur et caravanier. Il a l’air sympa. Après la mort de ses bêtes, il s’est reconverti en guide. Il parle français convenablement et me servira d’interprète avec les touaregs. Il accompagne depuis 10 ans, chaque saison, un à trois toubabs entre Tombouctou, Araouane et Taoudenni. Habituellement ils ne dépassent pas Araouane, petit village à 250km de là. Mais une toute petite poignée d’entre eux décident de suivre l’azalaï ; souvent sur un aller, très rarement sur les 1500km, ce que j’aurais voulu faire. La majorité de ceux-là est âgée de trente à cinquante ans, ils sont italiens, suisses, allemands, japonais, français ou américains, presque tous journalistes. A 21 ans je fais figure d’exception et je serai le plus jeune occidental à suivre l’azalaï.

Une fois n’est pas coutume, ce midi je suis allé manger au resto de La Colombe, le plus gros hôtel de Tombouctou. A côté de moi une table d’américains, visiblement pas très contents :
– Les frittes sont froides !
– Mme est fâchée ?
– It’s disgusting… I don’t sleep here tonight !

La situation m’amuse. Qu’est ce qu’elle croit celle-là ? Qu’elle va trouver un meilleur hôtel que celui-ci à Tombouctou ? Si elle était allée un peu plus loin que la Mosquée et le siège de son 4x4, elle se serait rendu-compte que les endroits avec gazon, petites fleurs et piscines sont rarissimes !
Dans le genre impolis et jamais contents, les touristes américains sont les champions du monde ! Juste devant les français bien évidemment ! Et ne nous réjouissons pas trop vite amis gaulois ! Selon une enquête Expédia, nous terminons troisième au classement général des pires touristes au monde, juste derrière indiens et chinois. Nous cumulons les podiums dans un grand nombre de disciplines mais c’est surtout parce que nous sommes les plus réfractaires aux langues étrangères et pour notre côté pingres que nous sommes parmi les moins appréciés. En ce moment au Mali, notre côte de popularité est même carrément en berne !


Les quatres prochains et derniers chapitres très prochainement !
posté le 21 avr. 2009

Kajak
Milan noir
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Autre

Message privé
etienne J ecrit:
[q]Dans le genre impolis et jamais contents, les touristes américains sont les champions du monde ! Juste devant les français bien évidemment ! Et ne nous réjouissons pas trop vite amis gaulois ! Selon une enquête Expédia, nous terminons troisième au classement général des pires touristes au monde, juste derrière indiens et chinois. Nous cumulons les podiums dans un grand nombre de disciplines mais c’est surtout parce que nous sommes les plus réfractaires aux langues étrangères et pour notre côté pingres que nous sommes parmi les moins appréciés. En ce moment au Mali, notre côte de popularité est même carrément en berne !
[/q]

je ne pense pas qu'il soit possible de porter un jugement sur une nation basé sur le comportement de quelques uns de ses citoyens! par exemple pour chaque mauvais touriste français je peux en citer qui sont de parfaits gentlemen, comme ceux de ce forum!!!!
posté le 29 juil. 2009

khutzeymateen
Milan noir
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Message privé
Salut étienne beau récit et bien rédigé :)

l'exotisme cela peut aussi exister entre Cherbourg et Montluçon et 750km sur 25 jours c'est une belle performance !
On attend la suite ;)
posté le 07 nov. 2009

savanacos
Papillon monarque
(1 messages)
Inscription : 07/11/09

Message privé
Bonjour Etienne,

Bravo pour ce voyage. En janvier 2009, je suis arrivé à Taoudenni, la caravane arrivée un jour après moi, repartait 5 jours plus tard. J'ai préféré repartir avec le camion, la mort dans l'âme, car le risque de louper le vol retour était trop grand. Bref, je recommence en janvier 2010.
Tes photos sont superbes: le passage du relief près de Taoudenni, l'arrivée à Foum El Alba, à Araouanne, sans oublier le fennec. Merci de ces très belles photos que tu as laissées sur google.

En espérant rajouter ici, mon récit de voyage dans les mois à venir!

Inch!Allah
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