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Rencontre avec un ours brun 11
(partager)
posté le 15 mai 2007 mis à jour le 11 déc. 2008

Tokamatt
Martinet
(17 messages)
Inscription : 07/08/06
Lieu : Stockholm, Suède

Message privé


Nous sommes début juin 2006, en Dalécarlie (Dalarna) en plein centre de la Suède. L’hiver a été particulièrement tardif cette année là et les ours ne trouvent pas encore toute la nourriture végétale dont ils raffolent. Cela fait plusieurs années que je pratique le bushwhacking dans cette région où les densités de population d’ours bruns et de loups sont les plus élevées de Suède. Il ne se passe pas une sortie en forêt sans que je tombe sur des traces de prédateurs (ours, lynx, loups) et j’ai appris à observer les signes de présence animale sur les territoires que j’emprunte. J’ai surtout appris à signaler ma présence afin d’écarter le danger.















Cette fois mon amie Claire a accepté mon invitation à venir partager cette mini aventure à travers les bois. C’est sa première sortie en forêt et dès le premier jour nous observons les signes d’une évidente et très intense activité « ursidée »: empreintes dans le sol, troncs griffés, excréments, arbres morts déchiquetés, racines déterrées, etc. Personnellement je n’avais jamais vu autant de traces d'ours dans ce coin. Nous redoublons de vigilance et décidons d’explorer une autre vallée le lendemain. Après une nuit à la fraîche (seulement 6 degrés début juin !) nous progressons sur une colline qui est visiblement très visitée par les élans : nombreuses empreintes, crottes, branches cassées à hauteur de tête, etc. Cette présence me paraît moins inquiétante mais nous continuons à faire du bruit à intervalles fréquents étant donné la proximité avec le territoire d’ours traversé la veille. Nous descendons dans la vallée.

Soudain nous sommes stoppés net dans notre marche par un gros craquement de branche qui semble être assez proche de nous : entre vingt et trente mètres. Nous retenons notre souffle, plus un mouvement, nous sommes à l’écoute. Un deuxième craquement se fait entendre, plus proche, plus facile à localiser, mais la forêt est particulièrement dense et nous ne voyons pas ce qui se rapproche de nous. Nous lançons des appels en direction des craquements, mais personne ne répond. Pour sûr, la masse sombre que je distingue à peine entre les arbres n’est pas une silhouette humaine, mais il est difficile de déterminer s’il s’agit d’un élan ou d’un ours. Une chose est sûre, c’est très gros et ça se rapproche. Droit sur nous, en direction de nos 2h. Nous continuons de lui parler : « Eh oh ! On est des humains pas des élans ! ». Malgré la courte distance qui nous sépare de la bête, je saisis les jumelles qui pendent à mon cou. J'espère reconnaître sa fourrure. A ce moment-là, je vois très distinctement sa patte massive et arquée frapper le sol d’un pas lourd et décidé, son épaule encaisse le choc. J’annonce froidement à Claire : « c’est un ours ». Sa réponse est sans équivoque, elle est effrayée à l’idée de mourir dans ce bois !
Nous reculons immédiatement.
D’un seul coup, la tête de l’animal sort de la végétation droit devant nous. Puis il apparaît tout entier. Il est énorme ! Bien plus gros que ce que je n’aurais jamais pu imaginer. Il est à 15 mètres de nous et il n’a pas l’air de vouloir s’arrêter. De toute évidence, il n’est pas là pour plaisanter. Claire veut détaler comme un lapin, mais je la somme de reculer lentement sans quitter l’animal des yeux. Elle laisse sa terreur s’exprimer et je lui répète de plus en plus fermement de ne pas courir, de ne pas lui tourner le dos. A cette distance, il serait impossible de lui échapper s'il décidait de charger. Il se rapproche à pas constant.

Le comportement de l’ours semble indiquer qu’il veut nous repousser, nous forcer à changer de cap. Il n’est bien sûr pas question de s’y opposer, mais il n’est pas question non plus de devenir des proies, surtout s’il est en chasse sur ce territoire d’élans. Peut-être protège-t-il une carcasse sur laquelle il se nourrit. Quoi qu’il en soit, rien ne se passe comme je me l’étais imaginé, je n’avais pas prévu ce scénario et l’ours ne semble pas montrer d’hésitation. Il avance droit devant lui. Nous reculons sans opposer la moindre résistance, mais la densité des broussailles à cet endroit de la vallée nous force à le quitter des yeux de temps à autre afin de nous frayer un passage. Claire accélère le pas et je tente de la ralentir « Ne cours pas ! Retourne toi ! Regarde le ! Ne cours pas ! ».

Il avance toujours vers nous à pas constant. Une dizaine de mètres nous séparent. Il nous « accompagne » loin de là où il nous attendait, loin de là où il nous a entendus nous rapprocher de lui depuis le sommet de la colline.
Mes sens semblent être en éveil total, je suis un animal prêt à me battre contre cet autre prédateur pourtant bien plus puissant que moi. Je ne cherche pas à l’affronter, mais je suis prêt à défendre ma peau. Depuis le début de l’action j’ai empoigné mon couteau de combat comme par réflexe. Cela peut paraître dérisoire, voire stupide ou même dangereux, contre un animal de cette taille et de cette puissance, mais la situation veut que dans l’éventualité d’un affrontement, il serait préférable d’avoir la possibilité de démontrer une certaine capacité à repousser ses attaques et même d'infliger des blessures afin de montrer à cet animal, qui ne connaît probablement pas l’homme, qu’il se met peut-être lui-même en danger. Bref, l’instinct de survie…

Il avance, nous reculons. Tout semble se passer au ralenti dans ce microcosme, cette bulle de forêt où plus rien d'autre n'existe. Finalement, la chance est littéralement de notre coté, puisque nous atteignons une zone déboisée où l’ours ne souhaite visiblement pas s’exposer. Il s’arrête. Il est probablement satisfait de notre changement de cap et nous nous sommes probablement suffisamment éloignés de ce qu’il cherchait à protéger. Quoi qu’il en soit, le sentiment de danger de mort disparaît subitement et mon champ visuel s’élargit brutalement, le temps s’écoule à nouveau normalement.

Nous sommes sains et saufs ! Je suis complètement excité ! Depuis le temps que je m’attendais à voir un ours ! Cela ne s’est pas du tout passé comme je l’imaginais mais je me rends compte que ma préparation m’a aidé à garder mon sang froid tout au long de l’action. J’ai plutôt l’habitude de partir seul en forêt et je me rends compte que la peur de Claire a été ma plus grande peur : la peur est contagieuse et j’ai dû lutter pour ne pas y céder.
Aussitôt dans la zone déboisée, je propose à Claire de refaire quelques pas dans le bois pour prendre des photos, mais elle ne conçoit qu’une seule alternative à cet instant précis : s’éloigner le plus possible. Elle n’a certainement pas tort. Nous continuons vers notre nouveau cap.

Ce qui est incroyable, c’est qu’environ 20 minutes après la fin de l’évènement, nous nous approchons sans le savoir à moins de 10 mètres d’un jeune élan qui devait être pétrifié de peur devant notre présence. La végétation très dense le dissimule parfaitement et ce n’est que lorsqu’il part comme un cheval au galop que nous nous rendons compte de sa présence. En temps normal, ce départ surprenant nous aurait fait bondir, mais nous étions tellement shootés à l’adrénaline que notre réaction a été : « oh tiens regarde, un élan ».

Bref, plus la journée avance et plus nous nous rendons compte du danger auquel nous venons d’échapper. Nous marchons et nous continuons de voir des traces d’ours un peu partout. Finalement Claire préfère interrompre la sortie, mais nous sommes trop loin de la voiture et le chemin le plus direct nous obligerait à traverser le territoire d’ours où nous étions la veille. Pas question pour elle. Nous décidons de monter au sommet de la montagne la plus proche afin de contacter mon beau-père qui habite à 30 km de là. Il a la même carte que moi et nous convenons d’un point de rendez-vous sous une ligne à haute tension afin que nous puissions nous y rendre rapidement et sans trop d’efforts. En chemin, sous l’effet de la fatigue ou de l’émotion je ne sais pas, Claire tombe à deux reprises au milieu de la bande déboisée sous la ligne à haute tension. Elle manque de s’empaler à chaque fois sur des troncs coupés. Rétrospectivement, ses deux chutes (dont une la tête la première) me font plus froid dans le dos que la rencontre avec l’ours. Car c’est cela le vrai danger en pleine nature, celui que je redoute le plus, surtout en solitaire : la blessure accidentelle grave.

Mais bon, tout est bien qui finit bien, et cela m’a permis de tirer des enseignements précieux quant à la préparation, aux règles à respecter en groupe et aux précautions à prendre, mais ce sera peut-être un autre message dans ce forum.
"L'homme qui a vu l'ours"
posté le 27 mai 2007

Rosbin
Etourneau
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Inscription : 25/11/06

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En effet ca doit faire "drolement" bizarre ... :/
posté le 31 mai 2007

Tokamatt
Martinet
(17 messages)
Inscription : 07/08/06
Lieu : Stockholm, Suède

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Euuuh bizarre, oui on peut dire :p même si je m'y attendais un jour ou l'autre.
Sur le moment ça paraît irréel parce qu'on est dans un état inhabituel : l'adrénaline, l'impression de ralenti, les sens qui fonctionnent différemment, la conscience presque cristalline du danger de mort, et puis l'état d'euphorie qui s'en suit, parce que c'est quand même assez rare de voir un ours sauvage d'aussi près et dans ces conditions.
Il faut bien voir qu'on a eu de la chance et pas de chance en même temps. La chance de voir un ours de près et pas de chance de tomber sur un ours qui protégeait vraissemblablement une carcasse sur laquelle il se nourrissait, parce que ça, c'est une situation particulièrement dangereuse.
En plus il était vraiment balèze. Mon amie mesure 1m70 et elle avait l'impression que l'ours, sur ses quatre pattes, faisait la même taille qu'elle ! Moi il m'a plutôt semblé qu'il lui arrivait à hauteur de poitrine, mais ce qui était vraiment impressionnant c'était la taille de sa tête et la largeur de ses épaules. Une masse ! :huh:
"L'homme qui a vu l'ours"
posté le 31 mai 2007 mis à jour le 31 mai 2007

khutzeymateen
Milan noir
(400 messages)
Inscription : 02/06/06

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Super récit Tokamak cela fait froid dans le dos .
C'est quoi le Bushwacking ?

Moi aussi dans la nature j'ai eu l'occasion de croiser des poilidés en Roumanie dans les Carpates et en Colombie Britannique mais je les ai vu plus éloignés.
Il faut savoir qu'ils sont très actifs au début du printemps fin été ils passent leur temps à se nourrir de baies fruits de bois ( plus de 20 heuers par jour) je pense qu'il cherchait de la nourriture et il a été curieux de vous voir.
Sinon je ne pensais pas qu'en Suède on avait tant l'opportunité de voir ces poilidés

Le lundi 28 mai 2007
Un septuagénaire échappe à un ours grâce à des roches
Stockholm
Un promeneur de 73 ans dans une forêt du nord de la Suède a mis en fuite un ours qui l'avait chargé à trois reprises, en lui jetant une poignée de graviers sur le museau.
«J'ai eu si peur que j'ai ramassé une poignée de graviers que j'ai jetée en plein sur le museau de l'ours. Cela a fait l'affaire. Il a fait demi-tour et est reparti dans la forêt», raconte Tord Forsberg au quotidien régional Norbottens-Kuriren.

La mésaventure a eu lieu dimanche matin, alors que le retraité se promenait avec son chien.

«J'ai aperçu quelque chose qui bougeait (...) j'ai d'abord cru que c'était un gros renard (...) puis j'ai compris ce qui se passait. Quand l'ours m'a vu, il s'est dirigé vers moi en courant», raconte-t-il.

L'animal, qui n'avait pas encore atteint sa taille adulte selon Tord Forsberg, l'a chargé à trois reprises, s'arrêtant à chaque fois à quelques mètres.

«C'était effrayant, il était sur ses pattes arrière et hésitait», raconte le promeneur qui dit n'avoir qu'un seul regret: ne pas avoir eu d'appareil photo sur lui.

:p
posté le 31 mai 2007 mis à jour le 11 déc. 2008

Tokamatt
Martinet
(17 messages)
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Lieu : Stockholm, Suède

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Salut Khutzeymateen!

Depuis le temps que je vois ton pseudo dans ce forum, c'est seulement aujourd'hui que j'apprends que c'est le nom de l'unique sanctuaire de grizzlies au Canada (Colombie Britanique).
Tu savais que "khutzeymateen" ca veut dire "espace clos d'ours et de saumons" en dialecte Tsimshian ?

C'est quoi le Bushwacking ?

Allez hop, un petit coup de dico :
bushwhack, v.intr.
1. To make one's way through thick woods by cutting away bushes and branches.
2. To travel through or live in the woods.
3. To fight as a guerrilla in the woods.

Sinon je ne pensais pas qu'en Suède on avait tant l'opportunité de voir ces poilidés

Ben oui en fait, on a un bon paquet d'ours bruns en Suède. La population est estimée à environ 3000 individus et elle est répartie sur la moitié nord du pays avec une zone de plus forte concentration dans le centre, en Dalarna, précisément là où je "bushwhack". Il est cependant rare de les voir, car comme tous les animaux sauvages, ils évitent le contact avec l'homme (et réciproquement).


[...] je pense qu'il cherchait de la nourriture et il a été curieux de vous voir.

Non je ne crois pas en fait vu son comportement. Il n'a marqué aucun temps d'arrêt et n'a montré aucune hésitation, il n'a fait que nous repousser toujours plus loin sans aller et venir ni interrompre sa progression.
C'est vrai que les traces repérées la veille montraient une forte activité de recherche de nourriture, mais comme je le dis dans mon récit, l'hiver avait vraiment trainé et il n'y avait ni baies ni autres délicieuses friandises végétales... Il se trouvait en plein territoire d'élans et comme les ours sont des animaux opportunistes, ils mangent de tout et il est vraissemblable qu'il se soit approprié une carcasse. Les loups sont de bons chasseurs d'élans et il n'est pas rare que les ours viennent rôder autour d'un bon repas, même plus très frais... Les ours aussi tuent des élans, en particulier quand il n'y a pas grand chose d'autre à se mettre sous la dent.
Etant donné le bruit que l'on faisait (coups de sifflets, gueulantes), il avait dû nous entendre venir de loin, probablement droit sur lui. Normalement, un ours adulte s'éloigne lorsqu'il le peut. Je pense qu'il a attendu qu'on s'approche trop près de lui ou de ce qu'il protégeait et il est venu nous repousser. C'est vrai que les ours sont curieux, même adultes, mais ils ne sont pas téméraires, surtout devant deux humains.

La mésaventure a eu lieu dimanche matin, alors que le retraité se promenait avec son chien.

ehehehehe il s'est fait une bonne frayeur le papi caillasseur !
Une étude montre que la quasi-totalité des accidents (blessures graves et fatalités) et incidents (agressions) avec des ours en Suède au cours des 100 dernières années impliquent des maîtres et leurs chiens (des chasseurs pour la plupart).
Le problème des chasseurs, c'est que par nécessité ils progressent discrètement à travers les bois et peuvent se faire surprendre par des ours. De plus les chiens ont tendance à toujours revenir vers leur maître, surtout quand il y a une grosse bébête qui les course...
"L'homme qui a vu l'ours"
posté le 01 juin 2007

khutzeymateen
Milan noir
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Message privé
Merci Tokamak pour la carte et merci pour les précisions.
Pour aller dans la réserve du fjord Khutzeymateen il n'y a qu'en bateau que cela soit possible je crois de Terrace ou Prince Rupert.

De la Suède je ne connais ( d'un point de vue nature je suis déjà allé quelques fois à Stockholm), le parc national de Muddus.
Connais-tu ce parc ?
:)
posté le 04 juin 2007 mis à jour le 11 déc. 2008

Tokamatt
Martinet
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Salut :)
Non, je ne connais pas le parc de Muddus, juste de nom et j'ai lu quelques topos dessus. Ca a l'air magnifique. Je me suis promis d'aller au moins une fois dans chaque parc national sans me définir de programme, on verra au fil des ans. J'aimerais aussi y emmener mes enfants, qui sont encore trop petits pour me suivre. Mais j'ai le temps, je devrais être en Suède pour un moment... et puis il y a tellement d'autres destinations à découvrir.

Allez hop ! Encore une petite rasade des photos de la région que j'arpente en long, en large et en travers.
Ici, le parc national de Fulufjället (Dalarna, à la frontière norvégienne).





"L'homme qui a vu l'ours"
posté le 04 juin 2007

khutzeymateen
Milan noir
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les photos sont intéressantes mais pq écris-tu qu'il ne faut pas passer à un tel endroit ?
posté le 04 juin 2007

Gaelounet
Milan noir
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khutzeymateen :
les photos sont intéressantes mais pq écris-tu qu'il ne faut pas passer à un tel endroit ?

C'est la tanière d'un poilidé grognon non ?
posté le 04 juin 2007 mis à jour le 04 juin 2007

Tokamatt
Martinet
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Lieu : Stockholm, Suède

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Tu vois le trou noir sous le petit monticule ? C'est l'entrée d'une tanière d'ours...
J'aurais dû écrire "Attention, frapper avant d'entrer" :)
"L'homme qui a vu l'ours"
posté le 04 juin 2007 mis à jour le 04 juin 2007

Tokamatt
Martinet
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Lieu : Stockholm, Suède

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Bien joué Gaelounet, toi non plus tu ne te serais pas fait bouffer ;)
"L'homme qui a vu l'ours"
posté le 02 juil. 2007

wildtrekker
Martinet
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Lieu : Bagnères de Bigorre

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Salut,

A quand le reportage Photos/vidéo? tu sembles t'y connaitre on à envie d'en savoir +++++


Bon vent.

chris wildtrekker
Voyager seul est un bon moyen de rencontrer sa propre compagnie. PHOTOS DE L'AVENTURE: http://wildtrekker.com
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