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Philosophie du voyage nature
RAID SOLO EN SCANDINAVIE HIVER07 80
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posté le 13 déc. 2006 mis à jour le 13 déc. 2006

wildtrekker
Martinet
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Début 2007, la pulka sera prête pour une traversée Sud-Nord de la Scandinavie. Ce raid est surnommé "le long chemin" et offre environ 2000 Km de piste à tracer soi-même. Une aventure en solitaire, au coeur de l'hiver, au delà du cercle polaire.

wildtrekker.com

WILDCette partie du globe, où la neige est encore éternelle, est probablement avec l'Islande et la Sibérie, l'une des plus emblématiques en raison de ses saisons blanches. Les conditions climatiques y sont souvent sévères et la prudence est de mise surtout lors des déplacements en solitaire. La Suède, la Norvège et la Finlande sont de ces pays où la nature tient lieu de monument à respecter. "Chaque montagnes, chaque forêts raconte une histoire". Le Grand Nord en hors tout est un rêve. Passer le mythique Cercle Polaire, entendre rôder les gloutons, être épié par les Trolls, découvrir ce que l'on ne connaît pas encore, résume l'ensemble des envies qui poussent à s'enneiger jusqu'au cou.

WildVoilà pourquoi l'aventure nous fascine autant et est, une part intégrante de nos destinées.


La Route
WILD

J. Malaurie, explorateur, spécialiste des pôles, disait: " Il est urgent de réveiller le nomade que chacun porte en soi. C'est le devoir de l'historien, de l'ethnologue, du philosophe, d'en finir avec le temps des colloques, de sortir de ses musées et de ses bibliothèques pour aider l'homme à se découvrir un autre lui-même dans ses vrais voyages que sous-tend son imaginaire. "

Des paroles simples et honnêtes qui donnent envie d'allumer un feu dans la nature, pour chauffer sa soupe de nouilles...au milieu de nulle part, là où les coeurs battent et vivent au mieux leurs merveilleux destins d'hommes libres. Certaines idées sont comme ces pitons plantés dans une paroi, des possibilités d'attaches, une aide précieuse pour les grimpeurs.
Voyager seul est un bon moyen de rencontrer sa propre compagnie. PHOTOS DE L'AVENTURE: http://wildtrekker.com
posté le 11 janv. 2007

Johanna
Milan noir
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Salut Christophe, tu es peut-être déjà parti, alors bon voyage! Donne-nous des nouvelles à ton retour.
Vers l'infini et au-delà :-)
posté le 16 janv. 2007

wildtrekker
Martinet
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Bonjour Johanna,

Je suis l'amie de Christophe.
En effet, il est déjà parti... J'ai amené Christophe sur Bordeaux dimanche 14 janvier, où il a pris le bus dés 7h00 du matin direction Goteborg. Ces déplacements jusqu'ici ont été difficile, pour cause : 1 pulka et 2 sacs à dos à tirer de bus en train et de train en bus... Bref, aujourd'hui, il est arrivé à son point de départ : Tänndalen. Le froid et le vent lui souhaite déjà la bienvenue, et une tempête l'attend mercredi. Son "long chemin" vient de débuter... et j'imagine son large sourire sur son visage en se disant : "ça y est, j'y suis..youhou!"....
Je transmettrais de ces nouvelles au fur et à mesure de son périple...

A trés bientôt...

Johanne..
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posté le 16 janv. 2007

Johanna
Milan noir
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Merci pour ces infos et les nouvelles à venir!
Vers l'infini et au-delà :-)
posté le 15 mars 2007

wildtrekker
Martinet
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AU DEBUT DE L'EXPEDITION DE CHRIS...

Chris est arrivé à son point de départ : Tänndalen. Il y a trouvé un camping où il a décidé de rester une semaine complète pour faire des essais, s'acclimater aux températures extrêmes et acheter ses skis. Une semaine plus tard, le voilà donc parti au fin fond de la kungsleden désertée pour cause de grand froid, de neige et de vent! Tout seul tirant sa pulka bien trop lourde qui l'amènera a effectuer des journées de moins de 10km. Rythme insuffisant pour tenir les délais, pour passer chaque étapes de son parcours avant la fonte des glaces et des neiges. A la première petite ville il décide donc de me retourner quelques affaires à la maison : vêtement inutile, sac, roulette, cassettes... un bon 5kg en moins dans sa pulka. Ouf tout va mieux pour tirer la pulka, mais.... le temps se dégrade le vent souffle à plus de 150km/h, la neige ne s'arrête plus de tomber, le soleil ne pointe même plus le bout de son nez et on affiche des températures inférieures à -25C°. Alors, Chris décide de rester isolé dans une petite cahute trouvée en chemin, faisant à peine 6 m2. C'est d'ailleurs à ce moment qu'il a perdu une de ces 2 gamelles, tendant le bras dehord pour la vider de son eau, le vent violent et le blizard n'en n'ont fait qu'une bouchée! Heureusement qu'il en avait prévu une de secours, ouf! il pourra toujours se faire chauffer à manger! Mais 2 jours passent, les provisions chutes et du glacier Helags jusqu'au prochain village il faudra encore 4 jours de marches. Chris pense alors qu'il n'est pas venu ici pour attendre le temps idéal pour pouvoir avancer. Il enfile épaisseur sur épaisseur, guêtre, masque, attache la pulka autour de ses hanches et redémarre sous la tempête et avance avance pendant plusieurs jours, arrivant ainsi à son point de chute, point de provision : Jarpën. Direction ensuite Morsil puis Rönnöfors...
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posté le 15 mars 2007

wildtrekker
Martinet
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QUELQUES SEMAINES PLUS TARD...

Revenons sur Helags où la grosse tempête a surpris Christophe. C'est à ce moment là qu'il a commencé à prendre de l'assurance, à comprendre qu'il pouvait avancer malgré le vent violent et les chutes de neige. Un peu plus tard, en arrivant à Järpen il a appris que la météo avait contraint les mondiaux d'Are à annuler certaines descentes et à les repousser pour cause de brouillard et chute de neige importante. N'étant pas au courant de ces mondiaux qui se déroulaient seulement à quelques kilomètres de lui, Chris est fier d'avoir pu affronter ce temps, et regrette tout de même de n'avoir pu se rendre dans ce lieu imprégné de tant d'émotions.

Dans tout les cas Chris est, à ce moment là, concentré sur son trajet, son parcours, sa ligne de vie ! Et après la tempête, et le calme apparent du temps, il faut redescendre dans la vallée. Ici, c'est la poudreuse qui attend Chris : plus de 50 cm d'enfoncement à chaque pas. Occasion parfaite pour se tailler les mollets, mais très ennuyeux en traînant une pulka, qui s'enfonce tous les mètres dans les vagues de neige dessinées par le vent. Ce qui oblige Chris à se détacher régulièrement de son traîneau, pour pouvoir le remettre à flot. Et, contrairement à ce qu'il avait imaginé, redescendre dans la vallée a été un moment très difficile pour lui.

Le lendemain le voici repartit direction Jänsmässholmen avec en point de mire le sommet Ansätten (1091m). Une grosse journée l'attend avec au compteur 40 km. Chris a voulu ce jour là rattraper le retard de ses premiers jours. Kilomètres après kilomètres le soleil s'enfonçait dans le bas du ciel, le temps de luminosité en Suède étant réduit en ce moment. Du coup, Chris a décidé de marcher de nuit, ce qui n’a pas été une de ses meilleures idées. Heureusement, une moto neige était passée peu avant lui et pour se faciliter la tâche il en suivi les traces un moment. Elles l’ont guidées telles une bonne fée, lui permettant une avancée très correcte, jusqu'à un lac gelé.

Chris décide alors de s'engager sur celui-ci, malgré sa peur de traverser lacs et rivières gelés. Et, jamais il n’en vu la fin de ce lac. Il est déjà tard et s'éclairant à la seule lumière de sa frontale, le froid fragilisant ses jambes, ses pieds et ses pensées, il décide de faire demi-tour, ne pensant plus qu'à une chose : monter son campement pour se reposer. Il atteint enfin le sol, exténué et frigorifié, ne trouvant plus sa priorité. Faire un feu pour se réchauffer ? Monter son campement ? Décision difficile pour quelqu'un qui vient de brûler toute son énergie, et presque en état d'hypoglycémie. Dans ces situations il faut réfléchir vite car, dépasser - 25C° 10 minutes suffisent pour mettre en danger sa vie. N’ayant plus qu'une chose en tête : se réchauffer les pieds, Chris a d’abord fait un feu avant de monter son campement, manger et s'endormir dans son gros duvet en plume d'oie.

Le lendemain la pulka bouclée, c’est reparti tout droit vers Rötviken où il décide de se reposer au camping 1 jour et demi durant. Dés ses premiers repas il comprend qu'il est devenu faible pour cause d'une sous-alimentation. Désormais, pour parer a cela, Chris va devoir se faire des repas bien caloriques et bien gras, comme tout le monde en rêve, pour reprendre des kilos et la forme ! A Rötviken, les villageois lui ont expliqué les dangers de la traversée des lacs : la glace qui s'est formée est appelée "glace pourrie", elle est remplie de bulle d'air dans l'épaisseur ce qui la fragilise nettement. Chris va donc devoir être plus vigilent à l'avenir.
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posté le 15 mars 2007

wildtrekker
Martinet
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Aujourd'hui Chris a dépassé Tärnaby et Ammärnas pour arriver d'ici quelques jours à Jakkvik.
Voici une interview de notre aventurier arrivé aujourd'hui à mi-parcours...

EST-CE QUE TA PREPARATION PHYSIQUE EFFECTUEE A BAGNERES A ETE SUFFISANTE POUR AFFRONTER LE GRAND FROID ?

Je n’ai pas pu me préparer exactement comme je le souhaitais car les températures en France sont restées très douces jusqu’à mon départ à la mi-janvier. Pour habituer mon corps aux rudesses de l’hiver Scandinave, j’ai pris mes douches bien froides durant 2 mois et mon appart est devenu le royaume des courants d’air. Question physique, j’ai simplement augmenté mes rations de nourriture afin de prendre du poids comme le font les animaux du Grand Nord. Rien de tel qu’un peu de gras contre le froid ! Sun le plan sportif je suis resté sur mes 10 km de footing quotidien.

AS-TU ETE SURPRIS PAR LES CONDITIONS METEO RENCONTREES, EST-CE DIFFERENT DE CE QUE TU AS PU VIVRE A L’ENTRAINEMENT ? SI OUI, EN QUOI ?

La surprise était au RDV. En effet, je pensais rencontrer tout au moins au départ des températures plus chaudes. C’est ce qu’annonçait au quotidien les différents sites de météo que j’observais sur le net. Cela d’ailleurs m’inquiétais, car trouver des températures positives en Scandinavie durant l’hiver compromettait l’expédition. Prenez une carte géographique de la Suède et vous observerez que ce pays se compose de milliers de lacs et rivières. Mon parcours ne peut aboutir qu’à condition de trouver les eaux suffisamment gelées et solides pour supporter mon poids de 75 kg et celui de ma pulka 80 kg. Aujourd’hui à mi-chemin le froid continu de rendre possible les traversées de lacs mais en ce moment les températures redeviennent positives et l’inquiétude gagne du terrain. Je viens de passer ma jambe à travers la glace du lac Tärnaby. Il fait entre -4c° et 4c° cela change des -37c° rencontrés à mon arrivée.

AS-TU FAIS DES RENCONTRES PENDANT TON EXPEDITION ? PEUX-TU NOUS LES RACONTER (ANIMAUX, HBTS, AUTRES AVENTURIERS…) ?

Les rencontres ne sont pas très fréquentes puisque je reste la plupart du temps dans des zones isolées. J’ai néanmoins lors de mes ravitaillements eu des contacts forts sympathiques avec les suédois et les Laplanders (éleveurs de rennes du peuple Same). Ma rencontre avec Mike un lapon est une des plus belles journées, mon nouvel ami a pris le temps de me présenter sa famille, ses traditions et de m’emmener avec son scooter sur des sites spectaculaires. J’ai découvert grâce à mon guide, les territoires vierges et sauvages de ces éleveurs nomades, dernière ethnie du continent européen. J’ai également croisé la route de nombreux animaux et repéré quelques traces de lynx autour du lac Blériken.

A QUOI AS-TU PENSE PENDANT TON VOYAGE ? PENDANT LES MOMENTS DIFFICILES ?

A ma famille, ma fiancée et mes amis. Je revois également mes efforts, tout ce travail fourni durant plus d’un an pour qu’aboutisse ce projet. Je pense à l’association WILDTREKKER qui permet à des enfants bloqués dans des hôpitaux d’avoir un accès sur l’extérieur grâce à notre site internet, j’imagine leurs sourires. Toute l’équipe WT souhaite lorsque nos moyens financiers le permettront, avoir une interaction directe entre l’aventure sur le terrain et les gamins dans leurs chambres par le biais de caméras embarquées et transferts de données. Je pense au futur, aux possibilités professionnelles de l’écrivain voyageur. Notre métier n’est pas reconnu, il n’a aucune structure et pour beaucoup de personnes qui se bornent à des statistiques peu flexibles et non créatives il n’est qu’une sorte de hobby irréaliste et irréalisable et évidement peu lucratif. Mais les défis ne me font pas peur, au contraire ils me motivent ! Même si aujourd’hui je dois beaucoup à mon entourage questions finances, je me battrais toujours et jusqu’au bout pour que les idées nées d’envies sincères vivent et fassent vivre leur créateur. Lorsque des moments difficiles surviennent, je pense que cette aventure est dédiée à la mémoire de Camélia et Damien Ilbert.

QUELS ONT ETE LES MOMENTS LES PLUS DIFFICILES / LES PLUS BEAUX ?

Les moments les plus difficiles dans mon aventure ne sont pas forcément ceux qui comportent des dangers ou de l’engagement physique. Pour moi, le plus dur à gérer c’est lorsque tout devient rébarbatif… Imaginez vous entrain d’avancer durant des jours sur des plateaux enneigés et immenses, tels des déserts sans fin. La douleur toute bête comme celle des ampoules aux pieds et les inflammations articulaires sont énervantes à l’extrême et usent le moral. Mais dans l’ensemble, je ne fais que rencontrer les difficultés prévues et acceptées au départ de l’aventure. Ce sont les inconvénients des avantages d’une si extraordinaire expédition. La traversée du Massif d’Helags est un moment fort. Les paysages en plein cœur de l’hiver sont spectaculaires. Durant plus de 10 jours j’ai évolué sur une autre planète. Un monde de glaces éternelles d’une beauté irréelle à jamais gravé dans ma mémoire.

SUR L’APRES AVENTURE : AS-TU TOUJOURS EN PROJET 1 LIVRE/1FILM ?

Je construis mon livre chaque jour sous la forme d’un journal de bord. Les écrits sont à l’état brut, je les polirais à mon retour. Je m’imagine tel un troubadour perdu dans le temps qui espère offrir des escales féériques à ceux qui ouvrent des livres sur le monde et son aventure. Les écrivains voyageurs sont des passeurs de rêves, des explorateurs d’émotions. Se sont les pages du temps que l’on tourne dans nos récits de vie. Quant au film, je tourne dés que possible malgré les difficultés liées à la production d’énergie. Alimenter la caméra au milieu de nulle part et dans le froid est un véritable challenge. Une équipe est avec moi en ce moment sur Tärnaby pour la semaine et une autre me rejoint vers Abisko en avril. Nous avons des contacts en Suède et en Allemagne pour une diffusion nationale si le résultat visuel est satisfaisant. Pour la France, tout est prêt aussi. J'en profite pour signaler la sortie de SIBERIA en film, par mon ami et confrère Philippe Sauve.
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posté le 13 avr. 2007

wildtrekker
Martinet
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Il y a une dizaine de jours Chris a passé avec fierté le cercle polaire arctique Nord !

Le cercle polaire arctique traverse la péninsule scandinave (Finlande, Suède et Norvège), l'Islande, le Groenland, le nord du continent américain (Canada et Alaska), et le nord de la Russie

Le 26 mars Chris était à SALTOLUOKTA, cliquez sur le lien suivant, ce point ce situe en bas à droite de la carte.

La petite carte de la suède en haut à gauche vous donne l'emplacement de ce point par un carré rouge.

http://sna.se/webbatlas/700/37_11.html

Son point de ravitaillement est : ABISKO. Pour visualiser ce point sur le lien précédent :

Lorsque vous êtes sur la carte cliquez :

- sur la flêche pointée au Nord (norrut)

- puis celle pointée à l'Est (österut)

- et au Nord à 2 reprises

Voilà le parcours que Chris effectue ces jours-ci.

Abisko est un village d'une centaine d'habitants situé sur la route de la Calotte du Nord (Nordkalottvägen).

De là part la Kungsleden (Voie royale), itinéraire suivi par Chris qui traverse les contrés les plus sauvages de Suède sur une longueur de 500 km du sud au nord.

Ce chemin traverse le Parc National d'Abisko où l'on trouve une faune et une flore assez riche.

En continuant la route vers la Norvège, Chris va longer d'imposantes montagnes. En hiver, les avalanches sont très fréquentes et mieux vaut ne pas s'arrêter. Souvent, le temps change en passant la frontière. L'influence de l'Atlantique tout proche se fait sentir et le temps est très humide et moins froid. Abisko détient la palme de l'endroit ou il pleut le moins en Suède. Cela s'explique par le fait que Abisko est abrité par les montagnes.
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posté le 13 avr. 2007 mis à jour le 13 avr. 2007

wildtrekker
Martinet
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Chris a appelé samedi de son point de chute ABISKO... ouf... Logé dans un gîte par le STF www.stfturist.se, il a pu recharger les batteries et contacter ses proches.

Alors les bonnes ou les mauvaises nouvelles d'abord ???

Ces derniers jours ont été mouvementés ; le temps n'a pas été trés clément, les tempêtes se sont enchaînées et le matériel d'expé n'a pas supporté. Heureusement, il a trouvé en chemin un Suédois et un Allemand, et ensemble ils ont pu s'entraider pour arriver jusqu'à ce petit village.

L'inventaire : chassures de ski cassées, pulka abimée, tente trouée, bref quelques dégats embettants. Pour le coup, Chris est bloqué encore jusqu'au 12/04 en attendant sa commande de nouvelle chaussure au magazin le plus proche. Le reste restera dans l'état.

Et puis, il y a aussi des bonnes nouvelles, du genre la médiatisation de ce périple qui se développe. En suéde, Chris est devenu leur héros du moment. Et oui, traverser la scandinavie en ski et pulka jusqu'au Cap Nord ne passe pas inaperçu ! En voici la preuve : http://www.utsidan.se/ndb/annat/notis/2714.htm

La traduction n'est pas possible pour le moment, alors on laisse parler son imagination et on profite de la photo ...
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posté le 13 avr. 2007 mis à jour le 18 avr. 2007

wildtrekker
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Certains jours sont plus angoissant que d'autres...

Celui-ci remonte à mi mars, Chris se trouve du côté d'Adolfström.. Un immense lac de glace se dessine devant lui. Il faut le traverser pour atteindre la forêt qui se trouve juste en face. Un ski, 2 ski et le traineau, voilà Chris parti sur cette étendue d'eau gelée. Arrivé à mi-lac, il décide de faire une petite pause pour savoir où il serait le plus judicieux de se diriger, de quel côté entamer la forêt...? Décidé, il se dirige vers l'extrémité Est du lac.

Arrivé à ce niveau Chris voit apparaître un pont qu'il va falloir franchir. La pulka est trop lourde, trop imposante pour s'engager sur cette ligne étroite. Il fait demi tour, il commence à pleuvoir et Chris s'enfonce dans la neige qui recouvre le lac. Epuisé, il cherche encore un autre accés à la forêt depuis le lac.

Là, Chris entend un bruit sourd... " bon, ça doit être ma barbe qui frotte à la polaire et qui résonne dans le bonnet " , il continue ..

A nouveau un bruit .. à travers son masque, il voit sous ses pieds une plaque de glace qui vient de péter, la neige s'imbibe d'eau comme un morceau de sopalin. Paniqué par la vision de se voir partir à la flotte il se dirige vite sur les coins balisés du lac.

Echappé belle, il décide de contourner tout le lac comme ça, les jambes encore pétrifiées par l'angoisse.

Il arrive finalement sur l'autre berge et attaque la forêt. Confiant, il ne voit pas l'utilité de sonder la neige. "ERREUR"!!! C'est ce qui a du résonner dans sa tête en se sentant tomber. Il chute dans un trou et se retrouve entièrement enneigé. Plus de peur que de mal, il s'accroche au rocher pour remonter difficilement, mais remonte. Sorti du pétrin, il se rend compte que la forêt est infranchissable.

Ca a été une grosse journée d'effort. Il mange un bout et fait demi-tour..Il traverse à nouveau le lac, cette fois-ci en sens inverse avec cette sensation de peur au ventre. De retour sur l'autre rive il monte sa tente et cherche une solution. Il se rend compte que c'est toute la zone qui est impossible à traverser en ski et pulka.

Passera finalement un scooter des neiges qui l'aidera à franchir cette étape..Il peut ainsi reprendre sa route en direction du cap nord, le point le plus septentrional de l'europe, où brille le soleil de minuit...
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posté le 18 avr. 2007

wildtrekker
Martinet
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Abisko, dernière grande étape en Suède : mais devant notre Aventurier l'horizon se dessine sur un fond apocalyptique.
"La Glace-Noire" est apparue, elle recouvre l'immense lac Torneträsk qu'il doit traverser sur une 50aine de Km. L'eau passe maintenant par dessus la surface de glace qui s'est rompu des berges. La glace est appelée "Noire" car elle laisse apparaître la teinte des eaux profondes du lac. Elle annonce également la fin de la saison.. A ce jour, plusieurs lacs sont déjà fermés à la traversée.

Durant les deux dernières semaines passées dans le plus haut massif de la Suède, la Kebnekaise, les tempêtes se sont enchainées. L'une d'elles d'une force 2 sur l'échelle comprenant 5 niveaux a défrayé la chronique dans tout le pays.
Chris a malgré tout pu continuer sa progression en battant même des records de vitesses. Le 4 avril 2007, 15Km sont abattus en seulement 2,30H avec une pulka de 60Kg. Chris a formé une équipe afin de traverser ces conditions météo. Un Suédois du nom de Fredrick, ancien militaire de montagne, et Harald un architecte sportif Allemand. Ensemble, durant 4 jours ils parcourront 80Km de pure montagne sauvage, par des températures que le vent extrême ramène à -33°c.

De mémoire de Suédois, jamais ils n'ont connu un pareil hiver !! Les tempêtes sont fulgurantes et nombreuses. Les variations thermiques étranges variant de 15°c à -40°c en quelques semaines ont fait que la glace ne s'est jamais si mal formée. Le printemps a 1 mois d'avance, les ours ont été aperçu !!

L'expédition 'wildtrekker' connaît un véritable succès.
TV4 (équivalent de Canal*) a réalisé une interview de Chris avec Anki Edvinsson : la Mlle Hulot de l'écran Suédois. Le documentaire paraîtra cet automne.

Un couple de réalisateurs Belges spécialisé depuis plus de 20 ans dans la Laponie a également filmé des scènes de vie de notre Aventurier. Ils lui ont proposé d'être l'acteur du film qu'ils réaliseront l'année prochaine sur la migration des rennes.

Pour l'instant, il reste des Km à parcourir, des jours de plus en plus longs (17h de lumière en ce moment) à passer. Chris reste très concentré sur son objectif : LE CAP NORD.
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posté le 02 mai 2007 mis à jour le 03 mai 2007

wildtrekker
Martinet
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Voici les dernières nouvelles et photos de notre aventurier ...

http://wildtrekker.com/dotclear/


Il entame la dernière ligne droite ... Plus que 120 km pour arriver enfin au bout de son
" long chemin " le CAP NORD.


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posté le 02 mai 2007

khutzeymateen
Milan noir
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Superbe récit et palpitant !

Petite suggestion : pour s'entrainer en France à de telles conditions rien ne vaut les montagnes du Jura notamment vers La Mouthe réputée l'endroit le plus froid en France ;)

Pour l'hypothermie qui arrive souvent en milieu froid je conseille de boire du liquide chaud ( thé ou chocolat éviter le café ) à partir d'une bouteille thermos
posté le 02 mai 2007

wildtrekker
Martinet
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Merci khutzeymateen,

Difficile de retransmettre l'aventure de Chris en la vivant à travers une carte de scandinavie toute griffonée accrocher sur le mur à gauche de mon ordi, quelques coups de téléphone et photos. Du coup j'suis ravie que tu trouves du palpitant dans le récit ... c'est rassurant :)
Pour tes conseils d'entrainement et de survie .. l'info est en tête ...
Chris rentre d'ici quelques jours, il prendra le relais pour partager à son tour aventures et conseils utiles...

Encore merci...

Johanne.
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posté le 09 mai 2007 mis à jour le 11 mai 2007

wildtrekker
Martinet
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THE END !!!




Devinez ?? ça y est ... il vient d'arriver au bout de son LONG CHEMIN.

Chris est donc arrivé au CAP NORD le mercredi 9 mai sur le coup de 19h00...

Je l'ai eu rapidement au téléphone... on peut dire qu'il est heureux, ravi, émerveillé, et frigorifié aussi...

Et voilà où va dormir notre aventurier ce soir ... De quoi nous faire rêver !




Mais l'aventure continue ... nous allons continuer à vous narrer certains moments de son périple et vous émerveiller de photos ...
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posté le 16 mai 2007 mis à jour le 16 mai 2007

Tokamatt
Martinet
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Super aventure Chris ! Bel exploit personnel !
Et super récit Johanne !

Petite traduction rapide de l'article publié sur www.utsidan.se (littéralement "extérieur.se" (outside) mais c'est un jeu de mot avec "sidan" = page web et "ut" ("ute" = dehors) = le site de l'outdoor)
http://www.utsidan.se/ndb/annat/notis/2714.htm

"Un Français sur la neige !
Christophe Castillon est en route depuis Funäsdalen jusqu'au Cap Nord. Lorsque nous (Andreas Lundqvist et Markus Häggqvist) l'avons rencontré le 9 mars il se trouvait entre Tärnasjöstugan et Servestugan sur la Kungsleden (la Voie Royale). Cela faisait alors déjà deux mois qu'il était en route et il s'est trouvé enneigé à Helags ("Elags" comme il le prononce [sans le H aspiré -NDT]) pendant 12 jours dans la tempête de neige. Comme on peut le voir sur la photo, sa pulka [littéralement "luge" en suédois -NDT] est bien remplie. Il s'est montré très intéressé par ma vieille pulka Segebaden, car il n'avait jamais rien vu de semblable !



Il était très impressionné par la splendeur de la Suède et a confié qu'il préférait maintenant dormir sur des peaux de renne ! Vous trouverez plus d'informations sur sa page web, malheureusement entièrement en français..."

Voili voilou :)
"L'homme qui a vu l'ours"
posté le 21 mai 2007

wildtrekker
Martinet
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Merci pour cette traduction...

Merci a tous ceux qui ont suivi cette aventure. Je suis maintenant assis devant mon ordi bien au chaud et tout và bien.

Je vs raconterai tres bientot et plus en détail mon aventure.

Au fait pour celui qui a vu l'ours: G lu ds un récit qu'il était conseillé d'amplifier ses mouvements de manière à paraitre plus grand. Il parait que celà peut impressionner l'ours?! Si en plus vs etes deux à avoir vu la bête l'un peut grimper sur les épaules de l'autre.... "technique non testée".

A Bientôt.

Chris.
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posté le 06 juin 2007 mis à jour le 07 juin 2007

wildtrekker
Martinet
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LE DRAGON DU NORD



Scandinavie : Le Dragon du Nord

Ce raid nommé « le long chemin » s’étend sur plus de 2000 Km, de Tänndalen au Sud de la Suède jusqu’en Norvège, au Cap Nord. Equipé d’un simple matériel de survie, sans assistance, Christophe Castillon s’est immergé durant 4 mois dans une nature figée par le froid et l’isolement des hautes montagnes Scandinaves.
A la force de ses jambes, à ski, traînant une pulka, il nous emmène au coeur de l’un des plus redoutables hivers du cercle polaire et nous fait découvrir le Dragon qui veille sur le grand Nord.

http://www.wildtrekker.com/trace-de-route.html

Ce qui m’a réellement poussé à partir vers le Grand froid : sûrement l’influence de tous ces récits d’explorateurs qui ont bercé mon enfance et puis la Scandinavie est la seule contrée en Europe où vit encore le peuple des glaces.
Cette partie du globe où la neige est encore éternelle, est probablement avec l'Islande et la Sibérie, l'une des plus emblématiques en raison de ses saisons blanches. Les conditions climatiques y sont souvent sévères et la prudence est de mise surtout lors de déplacement en solitaire. La Suède, la Norvège et la Finlande sont de ces pays où la nature tient lieu de monument à respecter. Chaque montagne, chaque forêt raconte une histoire. Le Grand Nord en "hors tout" est un rêve. Passer le mythique Cercle Polaire, entendre rôder les gloutons, être épié par les Trolls, découvrir ce que l'on ne connaît pas encore, résume l'ensemble des envies qui poussent à s'enneiger jusqu'au cou.

J. Malaurie : explorateur, spécialiste des pôles, disait: " Il est urgent de réveiller le nomade que chacun porte en soi. C'est le devoir de l'historien, de l'ethnologue, du philosophe, d'en finir avec le temps des colloques, de sortir de ses musées et de ses bibliothèques pour aider l'homme à se découvrir un autre lui-même dans ses vrais voyages que sous-tend son imaginaire. "
Des paroles simples et honnêtes qui donnent envie d'allumer un feu dans la nature, pour chauffer sa soupe de nouilles...au milieu de nulle part, là où les coeurs battent et vivent au mieux leurs merveilleux destins d'hommes libres. Certaines idées sont comme ces pitons plantés dans une paroi, des possibilités d'attaches, une aide précieuse pour les grimpeurs.

Lorsque l'on s'engage à traverser la Scandinavie par ses hauteurs, en solitaire, durant l'hiver et au delà de la ligne Arctique, il est important d'être prêt sur tous les plans. Il est indispensable surtout d'avoir la foi, sous toutes ses formes.




Extrait du carnet de route :
« Cela fait une semaine que je monte péniblement de sommet en sommet. La température varie entre –30°C et –40°C. En solitaire, dans ces conditions qui ne suggèrent aucune marge de manoeuvre, la moindre faute est sévèrement sanctionnée. La tension est maximale, j’évolue en veille constante mais aujourd’hui une peur incontrôlable s’est emparée de moi durant quelques heures. Alors que la tempête fait rage, je réalise à quel point l’homme est inadapté et vulnérable face à de telles conditions météo. Le vent souffle à plus de 100 Km /h soulevant par rafales une neige dure comme du béton, qui transperce les 3 couches de protection posées sur mon visage. Mes yeux brûlent de froid, ils gèlent dans leurs orbites. Deux ongles d’orteils ont éclatés sous les cloques provoquées par mes gelures. Je souffre le martyre… Des nuages de glace compacte enveloppe ma hutte qui tremble dangereusement sous ce monstrueux blizzard. Sans cet abris PROVIDENTIEL, dans lequel je viens de m’écrouler à moitié congelé et complètement épuisé, je n’ose pas formuler se qui me serait inévitablement arrivé… Par ces températures (que je ne peux plus mesurer), accompagnées d’un tel vent, il est impossible de survivre, un point c’est tout ! Regarder en face sa propre fin donne le vertige, une sensation de nausée et de panique. Mes pensées restent confuses, l’esprit encore agité par l’angoisse. Autour de moi le piége s’est refermé. Je suis sur les hauts sommets Scandinaves du cercle polaire, il n’y à rien ni personne à la ronde sur des kilomètres de déserts glacés. Je n’ai aucun moyen de contacter qui que ce soi, et j’ai déjà atteint mon point de « non retour », revenir sur mes pas n’est plus envisageable. Mes rations alimentaires diminuent, ma force physique s’envole avec elles.
Cela fait 12 jours que le Dragon du Nord hurle et détruit l’espace environnant, m’empêchant d’avancer. Je n’ai jamais rencontré une telle tempête ! Le combat est d’une violence extrême. Je suis tel un chevalier en guerre, mais mon bouclier vient de se perdre dans un fossé, ma culotte est tombée sur mes pieds et mon cheval s’est enfuit. Autant dire que la situation n’est pas au mieux…Pourtant, je dois me servir de ce moment pour aller de l’avant, vaincre ma peur afin d’apprendre ! (expression facile à utiliser mais plus complexe à mettre en place). Je veux vivre cela je le sais ! »
Je serai informé plus tard que les championnats du monde de ski qui se déroulaient à Are en Suède furent annulés et reportés en raison des conditions météo. Je circulais alors sur les sommets de cette chaîne de montagnes.




Extrait du carnet de route :
« La Scandinavie est une perle blanche qui repose sur l’écrin pur du monde des glaces. Terre lointaine, sauvage et inaccessible. Dernier sanctuaire du peuple Same où chaque rencontre entre homme est un feu qui réchauffe l’âme dans l’hiver Polaire. Je n’ai jamais connu de véritable humain avant eux. Les Sames, les Laplander’s sont des gens ordinaires au coeur extraordinaire. Ils m’ont accueilli chez eux, réchauffé, nourri, aimé pour ce que j’étais, une espèce de clochard venu à pied de nulle part au milieu d’un univers rude et dangereux. Un espace inhospitalier que ce peuple a su rendre chaleureux. Ils m’ont invité à les retrouver l’hiver prochain pour la fameuse transhumance des troupeaux de rennes. Un rendez-vous que je ne manquerai pas.
(…)
Mikka est un Same, un Laplander’s depuis toujours. Il a grandit sur les Hauts plateaux qui bordent le « grand lac bleu » le Stora Blasjon. Nous ne parlons pas beaucoup, mais j’aime sa compagnie, notre rapport est simple, basé sur la gentillesse et l’instant présent. Nous comptons l’un sur l’autre en cas de coup dur, la confiance entre nous est essentielle. Le paysage qui nous entoure force le respect, il se dégage une puissance fantastique de cette nature pétrifiée par ce froid absolu. Ici, la haute montagne commence à partir de 900 mètres, tant les conditions sont rudes ! Nous sommes à 1500 mètres… Mikka observe attentivement les deux lacs dans la vallée en contre bas, il se retourne vers moi et me dit dans son drôle d’Anglais : - c’est là que mon père est né. -
Il n’y a rien d’autre que l’eau, le ciel, l’air et la glace. Je comprends alors cette tribu de Nomades, leur traditions, leur savoir ainsi que le courage d’une femme. C’est comme cela que la vie apparaît dans ces contrées. Mikka est fier d’appartenir à ce monde, dans son regard je peux voir combien ce lac est différent des autres. Pas de poésie, pas de philosophie, juste un éclat dans ses yeux et tout est dit »



Nous, écrivains - voyageurs, offrons tel des troubadours perdus dans le temps, des escales imaginaires à tous ceux qui ouvrent des livres sur le monde et son aventure. Ce sont les pages du temps que l’on tourne dans ces récits de vies. Nous sommes des passeurs de rêves, des explorateurs d’émotions avec un regard d’enfants.



« Il faut être investit d'une mission pour réaliser ses buts ultimes, et au delà pour se réaliser soi-même en tant qu’homme. »







« Lorsque nos valeurs se veulent nobles, elles nous portent et offrent une motivation supplémentaire, cette énergie du coeur pour survivre et se battre. »






A propos de Chris :


Voici maintenant plus de 10 ans qu'il traverse le Monde, la plupart du temps à pied. Ses pas le porte aux Amériques: États-unis, Canada, Mexique (5000km), Cuba. Il reste une année à la découverte des merveilleuses îles Caraïbes.
En Europe, il traverse la Croatie, et navigue toutes les Kornaties, l'Espagne, les Baléares, l'Italie, la Grèce, la Turquie, la Sicile, la Corse, la Russie aussi...
En 2003 il obtient son brevet professionnel de marin au Havre, puis s'arrête quelques mois au Portugal, dans l'Algarve pour construire un autre voilier.
En 2004 c'est une nouvelle aventure humaine proche de la nature, avec 3000km sur le chemin de Compostelle via les Pyrénées, jusqu' à Santiago avec sa chienne Toupie.
En 2005 il crée WildTrekker.com : terre de voyageurs alternatifs, espace de rencontre entre "Nomades des Temps Modernes", un "no mad land”. WildTrekker.com a pour objectif de présenter des reportages d'Aventuriers du Monde.
À 37 ans, écrivain et sportif, Chris entame ses 40 000 km entre Terre et Mer. Il prépare actuellement le récit de son aventure en Scandinavie « Le Dragon du Nord »…



Voyager seul est un bon moyen de rencontrer sa propre compagnie. PHOTOS DE L'AVENTURE: http://wildtrekker.com
posté le 07 juin 2007

cyrilF
Papillon monarque
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Inscription : 07/06/07

Message privé
Mercredi 7 mars, aux alentours de midi, nous avons croise le chemin de Christophe. Il avait l'air en pleine forme, arborait sa combinaison Eider rouge et ne semblait pas trop éprouve par le poids de sa pulka. Le temps était plutôt gris, il allait s'engager sur un lac long d'une dizaine de kilomètres, avec un vent glaciale qui allait lui fouetter le visage; la température d'environ -8 degrés Celsius mais avec un 'wind chill effect' qui rabaissait considérablement la température aux alentours des -20 degrés, J'imaginais qu'il avait déjà vu pire que cela, mais je ne l'enviais certainement pas. Il venait de franchir un col de montagne au nord d'Hemavan. Quant a Cati et moi, nous nous apprêtions a passer ce même col en direction inverse, tires par nos équipages respectifs de 8 chiens de traîneaux. Il semblait être au courant de notre présence dans la région, de même que nous avions eu vent de ce français aventurier un peu fou qui voulait parcourir 2000 km et rejoindre le Cap Nord avec ses skis et sa pulka, dormant a la belle étoile et refusant le confort même précaire d'un refuge. Il faut croire que c'est le prix a payer pour trouver l'inspiration et donner un véritable sens a une telle expédition. L'aventure ne peut qu'en être plus belle, et les émotions plus fortes. Nous avons échange quelques mots, mes chiens se sont brièvement intéresses a la peau de caribou qu'il portait sur le haut de sa pulka, et nous nous sommes sépares sur des mots d'encouragement, sans oublie le nom de son site internet. C'est une belle aventure qu'il entreprend, nous l'envions d'avoir le courage de franchir le pas. Notre rencontre fut courte mais chaleureuse. Christophe était attendu dans la vallée suivante. Le vent de son aventure le précède. Quant a nous nous somme de retour dans notre exil a Stockholm, en attendant notre prochaine aventure d'une semaine ou deux. Bonne Route Christophe !

Cyril & Cati
posté le 29 juin 2007

DavidG
Papillon monarque
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Salut Chris, c'est David.

Alors en fait j'en suis venu là tout récemment. Je fais pas mal de sport et un de mes trips préférés c'est de prendre mon vélo et ma cariole et de faire le tour d'une région. Là par exemple cet été je vais faire la Bretagne. Donc jusque là, rien de très extrême, c'est plutôt grand luxe. Il se trouve que j'ai de la famille éparpillée un peu partout dans le monde et je me suis dit "ce serait bien de faire le tour des régions dans les autres pays où vit ta famille" J'ai de la famille en Suède, et inévitablement ce qui m'est venu à l'esprit c'est Lapland. J'ai vu pas mal de photos et de vidéos de la Laponie depuis tout môme sans jamais que personne de ma famille ne décide d'aller plus au Nord que Stockholm. J'ai donc fait pas mal de recherches sur le net pour avoir une idée de ce à quoi je m'exposais. Et je suis tombé sur un de tes posts sur forum-suède, ce qui m'a guidé à ton site et voilà!

Pour projet, je pensais faire le kungsleden comme entrée en matière. J'ai pensé mars parce que la saison est belle... mais en même temps je sais qu'à cause de la neige il ne fait jamais tout à fait noir en Hiver donc ça me chaufferait plus (si on peut dire). Et bien sûr comme jusqu'à présent je n'ai fait que du bivouc, pourquoi changer! Mais même comme entrée en matière, je pense qu'une préparation ne serait pas de trop. D'où mon idée de te contacter pour avoir ton avis. Voilà, en haut du post y'avait marqué réponse rapide, mais je voyais pas trop comment synthétiser. Merci encore pour ton aide.

David
posté le 29 juin 2007

wildtrekker
Martinet
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Salut David,

Le choix de parcourir la Kungsleden me parait trés bien, en effet, la piste est balisée par des croix rouges trés utiles en période hivernale. Ce qui serait bon avant d'aller plus loin, c'est de connaitre le temps dont tu disposes, ainsi que ton age et tes capacité physiques? Sais tu skier (ski de fond et Alpin? as tu déjà pensé à ton équipement? Tu dois absolument comprendre que traverser un massif montagneux durant l'hiver est une entreprise qui peut se reveler périlleuse ! Chaque année des centaines de personnes y laissent leur vie à travers le monde. Je ne met pas en cause tes compétences, et ta démarche qui consiste à me contacter prouve que tu es qlq'1 de sensé... Néanmoins avant de te lancer nous avons besoin de faire le point ensemble. Je ne te donnerai des infos que lorsque tu en auras vraiment besoin, car il faut absolument que tu découvres par toi même l'ensemble des éléments qui constituent un corps d'expédition... Surtout en solitaire! Tu dois maitriser à la perfection ton itinéraire, apprendre par coeur chaque recoin où te faufiler en cas de coup dur. Commençons par celà si tu le veux bien...

-Itinéraire que tu souhaites emprunter.

-Temps disponible.

-Info personnelles (as tu des connaissances médicales? connais tu les contitions météo extrêmes? etc...
... (pour tes info personnelles utilise ma boite privée : wildchristophe@gmail.com).

-matériel que tu souhaite utiliser.

Il est primordial de ne pas se précipiter, tout en sachant aller de l'avant, ne pas prendre les risques que l'on peut éviter, on en trouve tjs suffissament en chemin crois moi.

Je te souhaite bonne chance, et reste à ta dispo.

Chris.
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posté le 30 juin 2007 mis à jour le 30 juin 2007

wildtrekker
Martinet
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EXTRAIT CARNET DE ROUTE EXPEDITION WILDTREKKER SCANDINAVIE HIVER 2007

"27 Janvier 2007 .Svattejakke. Hutte.

La tempête ne faiblit pas, elle c’est transformé en Dragon qui monte la garde devant ma geôle.
Prisonnier, recroquevillé dans ce minuscule refuge, j'observe le temps s'allonger, jusqu'à se
solidifier comme la glace qui m'entoure. Les heures inventent des prismes étranges où le reflet de
mes pensées frigorifiées se déforment. Les notions rationnelles de mon esprit se perdent en
glissades incontrôlables. Par le minuscule hublot, presque entièrement recouvert de givre, je ne
distingue plus que la clarté blanche et irréelle du blizzard. Son souffle décape avec rage ce qui reste
du décors. Le hurlement du vent est assourdissant, il me plonge dans une sorte de folie hypnotique.
Heureusement, ma Hutte résiste vaillamment aux assauts perpétuels de cette nature dévastatrice. Il
n'y à rien autours de moi, je suis comme un naufragé de l'espace, au milieu du vide interstellaire.
Coincé dans ma capsule, je dérive et dérive encore... A l'intérieur, je lutte pour conserver un
semblant de lucidité. m'occupant à manger, afin de propulser un maximum de calories à mon corps.
Avaler, me bourrer d'aliments hautement caloriques me permet de rester présent et réveille mon
cerveaux ankylosé. Je pense à Johanne, à nos petits moments de vie douillets. Je revois tout les gens
que j'aime. Soudain, je me souviens que Benoît et Johanne s'entraînent pour me rejoindre sur « le
long chemin ». Mon dieu! Je dois impérativement trouver un parcours moins inhospitalier pour les
recevoir... Ici, ils ne survivraient pas, ils ne sont pas prêt à un tel combat. Pour résister comme je le
fais maintenant, il faut avoir souhaiter consciemment de se retrouver dans ces conditions .
Comment expliquer à quelqu'un, qu'ouvrir une simple porte relève presque de l'exploit sportif?
Comment expliquer qu'en moins de 20 secondes, les doigts ou tout autre morceau de peau hors
protection est irrémédiablement condamné? Une blessure causée par le froid est identique à celle d'
une brûlure et L'Arctique est un volcan en irruption constante! Un vrai Dragon ne crache t'il pas
toujours du feu?
Je dois absolument alerter mes amis! Je veux qu'ils sachent vraiment ce qu'ils encourent, même si
nous en avons déjà parler et reparler maintes fois. La réalité de l'expérience, est toujours plus
efficace que les mots.

Le feu du poêle est comme un gamin turbulent qu'il faut sans cesse surveiller. Il est happé dans son
propre conduit d'évacuation par la violente dépression créée par le vent à l'extérieur. Mes forces
diminuent, je suis en léthargie, proche d'un état de choc, ce qui n'est pas bon signe... Cela fait
longtemps maintenant que je ne me suis plus trouvé en situation d'urgence, le constat est sans
équivoques; je me suis « ramollit », mais reste néanmoins encore lucide pour m'en rendre compte. Il
me faut absolument reprendre le contrôle de mes pensées. Je n'ai pas oublié ce que la proximité du
danger a de dévastateur pour le raisonnement, je n'y suis plus habitué c'est tout. La peur est un
ennemi farouche et vicieux qui m'a prit par surprise, mais pas encore vaincu. Mon principe premier
est simple, réorganiser les priorités! Pour commencer, c'est le cerveaux qui contrôle les pensées et
non pas l'inverse! Puis, dans le cas où la tempête décide de camper elle aussi sur le secteur quelques
temps, le bois doit être économiser. JE DECIDE donc, (terme utilisé dans le cahier de bord de
chaque capitaine de bateau) de ne plus chauffer durant la nuit. JE DECIDE ensuite, d'organiser un
emplois du temps pour chaque choses. Je sorts mes cartes topographiques et construis, tout en les
mémorisants, de nouvelles routes prêtes à être empruntées à la moindre occasion, selon la nécessité.
Une autre leçon est bien reçue; lorsque la météo annonce du mauvais temps, je resterai patiemment
à ma place, surtout lorsque celle-ci est confortable et sûre. L'Impatience est le défaut à corriger
d'urgence! En conclusion, je reprends le contrôle de la situation, tout en réalisant objectivement que
la Scandinavie est une princesse glaciale qui ne se laisse pas apprivoiser par le premier venu. Elle
vient de me faire comprendre qui commande sur son domaine. L'impétueux que je suis courbe
respectueusement l'échine. Je reste néanmoins déterminé à réussir ma traversée. Aucun Dragon ne
me fera reculer.

Je branche machinalement mon téléphone portable, qui si loin de la vie moderne ne fonctionne pas.
D'ici, ce petit appareil ressemble à un ancien vestige, issu d'une curieuse civilisation. Je constate
avec la joie d'un gosse qui déballe ses cadeau de Noël, que je n'ai pas lu un message en provenance
de Philippe Sauve, un ami écrivain voyageur. Philippe me souhaite tout simplement bonne chance
et m'encourage gentiment. Il m'est difficile de décrire combien ce texto à de l'importance à cet
instant, mais il arrive à ce que l'on appelle un moment très précis dans cette aventure. J'ai foi en ce
que nous faisons en tant qu' Ecrivains-Voyageurs. Nous offrons, tels des troubadours perdus dans le
temps, des escales imaginaires à tous ceux et celles qui ouvrent des livres sur le monde et son
aventure. Ce sont les pages du temps que l'on tourne dans ces récits de vies. Nous sommes des
passeurs de rêves, des explorateurs d'émotions avec un regard d'enfant.


28 Janvier 2007 Faltjagastugan Hutte dans le 62° 49 05 12° 26 46 1057m

La lune m'éclaire ce matin au départ, elle illumine ma piste toute fraîche, créant une atmosphère
surréaliste. La neige tombe drue, la visibilité est moyenne, j'évolue dans la phosphorescence claire
de ce que l'on nomme un « jour blanc ». Un étrange phénomène, lié au mélange de la lumière se
propageant dans un brouillard trop dense pour être traversé entièrement. L' incidence dû à ce type
de climat est de supprimer absolument tous reliefs. La prudence est de mise encore une fois, car je
ne vois rien sous mes skis. J'avance lentement, à l’aveuglette, mes pieds me font souffrir, mais fort
heureusement, pas de froid. J'ai de terribles ampoules de sang accrochées sur les talons, de la taille
de pièces de 1 euro. La douleur est supportable, je l'oublie déjà en me concentrant sur la route. Le
« clapotis » formé par le vent sur la surface neigeuse, forme des aspérités qui prennent l'avant et
l'arrière de mes skis, laissant le centre dans le vide. Sous le poids de mon corps et du chargement, je
m'inquiète continuellement que mes planches ne se brisent dans ces flexions contre nature. Je bute
parfois brutalement dans des murs de neige de plus d'un mètre de hauteur qu’ il me faut soit
contourner lorsque cela est possible, ou bien escalader. Dans le deuxième cas, je fixe alors une
corde de rappel sur la pulka. Après avoir passé l'obstacle, me cale les pieds et les jambes dans des
marches creusées dans la neige, puis tire comme une bête sur la corde, afin de hisser mon traîneau
jusqu'à moi. Passer ces véritables barrage invisible demande un effort terrible. C'est également une
perte de temps considérable, sachant que la luminosité à cette époque de l'année n'est que de 4 à 5
heures.

J'ai vraiment la sensation de naviguer, autours de moi il m'arrive de distinguer les crêtes arrondies
de vagues étranges. Les vents terribles ayant chassés la neige sur certaines zones, des couleurs
changeantes forment une houle blafarde, zébrée de fissures noires. Un véritable mal de mer
s'empare de moi à force de ne rien discerner correctement. Dans cet horizon qui n’existe pas,
j’enchaîne des montées interminables, arrive sur des sommets et me laisse glisser prudemment dans
les descentes. La pulka qui pèse 70 Kg, veut aller plus vite que moi, je l’a sent me pousser dans les
reins. Je chute lourdement ! rien de cassé,ni moi, ni le matériel. Je n’arrive pas encore à éprouver
tant de plaisir que cela dans cette aventure. Trop inquiet, pas assez confiance en moi ! Je grimpe
encore sur ces vagues solides, le soleil aussi monte le long de sa courbe, je l’aperçois au travers du
voile nuageux et gris. Un faible halot, qui ne percera pas le ciel aujourd’hui. A 10 h, il m’est
impossible d’évaluer précisément la distance que je viens de parcourir. Je tire mon traîneau comme
un forcené en peine, je veux avancer, établir un rythme de déplacement acceptable. Par endroit, le
silence est si immense qu’il pénètre jusque dans l’âme et fait frissonner. Rien ne piaille, ne
ronronne, ne klaxonne dans cette neige bleue. Puis soudain, le vent siffle une symphonie magistrale
au détours d’une crête. Je suis l’invité surprise de cet opéra à la beauté inégalable, aux décors
gigantesques et totalement fantasques. La nature est ce qui existe de plus démesuré, partir sur ses
terrains inaccessibles, offre le souvenir de ce qui se révèle rare et souvent inexplicable. C’est en
partie la raison de mon voyage.

Dans la direction du Nord, apparaît une sorte de tache sombre, un refuge peut-être ? j’observe la
carte, prend mes jumelles et établit un point de positionnement approximatif. En effet, une cabane
est sur ma route, l'idée de stopper pour me ravitailler me soulage. Je sent déjà l’odeur d’un bon plat
de pâtes Bolognaise, quand soudain je réalise que mon masque de protection visuelle accroché
habituellement autour de ma tête a disparu. Bon sang ! je l’ai perdu… Que faire ? La fatigue me fait
mentalement admettre l’idée que j’en trouverai un autre lors de mon prochain ravitaillement dans la
vallée. Puis la voix de la raison raisonne, pointant son doigt sur les dernières 24h que je viens de
vivre. Le Dragon rôde toujours, il est juste là, tapit derrière une congère, prêt à fondre pour
m’avaler en un seul morceau. Et puis il y a une règle que j’ai eu l’occasion de comprendre maintes
fois lors de mes précédentes aventures : « En expédition, ne soit jamais fainéant ! jamais, car là,
plus qu’ailleurs la facture est élevée » .
La tête vide, je décroche mon harnais et me libère de la pulka. J’irai plus vite sans son poids sur le
dos. Je repart donc en sens inverse, suivant mes propres traces. Comptant machinalement toutes
ces montées qui maintenant descendent mais qu’il faudra combattre de nouveau sur le retour, je
vocifère… J’avance la rage au ventre en passant mon premier kilomètre sans trouver le masque.
Toujours rien au passage du second kilomètre.. Je commence à trouver le temps long, tout en me
remémorant à quelle vitesse, la tempête précédente c’est abattue sur moi, l’angoisse s’immisce
tranquillement. Je ne veux pas trop m’éloigner de la pulka, qui est mon véritable cordon ombilical,
ma seule chance de survie dans cet univers. J’approche maintenant de mon troisièmes kilomètre.
C’est au moment où je décide de faire demi-tours que j’aperçois une tache orange fluo sur le blanc
immaculé. Mon masque est légèrement abîmé, car le traîneau est passé dessus, néanmoins il reste en
parfait état de fonctionnement. Je suis ravi, toutefois le temps se gâte, la neige se met à tomber. Des
flocons gros comme des balles de ping- pong s’écrasent sur mes empruntes et les effaces à une
vitesse vertigineuse ! Il n’y à plus une seconde à perdre. C’est au sprint que je m’enfonce dans
l’épais manteau hivernal de cette Scandinavie décidée à m’en faire baver. Lorsque enfin se dessine
les formes maintenant familières de mon traîneau, toutes traces de mon précédent passage ont
disparues, lavées, comme si je n’existais pas, comme si cet étrange bagage bleu et blanc venait
d’apparaître par magie au milieu de la scène. Je m’harnache immédiatement et me dirige vers le
refuge. En associant le temps que je viens de perdre aux nouvelles conditions climatiques, je décide
d’en rester là pour aujourd’hui. Le refuge se compose de plusieurs habitations, l’ensemble me fait
penser à une base de ces missions d’études glaciaires. Je fais le tour du propriétaire, tout est
verrouillé. Je me suis vraiment fait à l’idée de rester là, et repartir ne me tente pas. Finalement une
porte que j’avais déjà tarabusté cède et m’offre l’accès a l’intérieur. Je crois être entré par effraction,
mais je constate en fait, que ce n’était que le givre qui me bloqué le passage…

L’intérieur est simple, rustique cependant d’une propreté remarquable. D’épaisses couvertures en
laine grise reposent sur les petits lits superposés. 40 cm de glace s’est formée en bordure des joints,
dans les cadres intérieurs de fenêtres. Les vitres, étouffées par la neige à l’extérieur, filtrent une
lugubre lumière bleuté. L’air en suspend s’est presque solidifié, tant le froid infiltre chaque atome
présent de la pièce. J’ai la sensation de pénétrer dans une tombe engloutie depuis des siècles.
J’entrevois malgré tout une excellente nouvelle, lorsque mon regard se pose sur du bois de
chauffage coupé au cordeau. Les rondins s’alignent en ordre parfait, sous une antique cuisinière de
fonte. La même bonne vieille cuisinière qu’utilisé ma grand-mère maternelle. Ma grand-mère était
une des dernières bergères des Hautes-Pyrénées. Je me souviens lorsque j’étais gamin et qu’elle me
gardé en compagnie de mon frère Claude. Nous passions fréquemment nos vacances en montagne,
été comme hiver. Il faisait bon vivre chez mémé. Bien sûr, la saison chaude était plus facile, et
permettait de mémorables escapades à travers monts et forêts, pourtant le froid a toujours eu
beaucoup de charme à mes yeux. Quelques fois, pour sortir de la maison il fallait passer par le
premier étage tant l’épaisseur de neige était important. Nous creusions à coups de pelle, d’énormes
tunnels afin de dégager la porte d’entrée, ensevelie sous 2 mètres de poudre blanche. Je nous revois
tous les trois, rentrer tard le soir, quittant nos godillots détrempés, les joues rouges, la goutte au nez,
complètement frigorifiés. La grand-mère ouvrait la cuisinière et nous mettions avec le « frangin »
nos pieds dans le four rougeoyant. Cela nous faisait tous bien rire, des pieds rôtis au four ! Les yeux
pétillaient lorsque l’onglet passager nous traversé…Grand-mère était une sorte d’artiste de la vie
simple, d’une lenteur incommensurable, championne du monde des retards en tous genres. Elle
aimait les moutons, sa terre, ses petits enfants, qu’elle faisait rire jusqu’à mouiller nos pantalons, et
les étoiles, en particulier celle du berger. Je pense souvent à elle en regardant le ciel briller dans la
nuit."

Chris.
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posté le 30 juin 2007

Rosbin
Etourneau
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Message privé
Waaah widtrekker, la je tire mon chapeau, et moi qui en chie en Irlande, en meme temps c'est mon premier voyage a velo seul, que toi tu as l'experience que j'espere acquerir avec les annees et ne pas recommettre les erreurs actuelles.
Merci pour ce partage de ton experience.
posté le 30 juin 2007

wildtrekker
Martinet
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Salut Vincent et merci.

Que fais tu en Irlande? As tu un blog?

Chris
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posté le 30 juin 2007

wildtrekker
Martinet
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Message privé
Salut voici un lien pour septembre.



rencontre wildtrekker
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posté le 02 juil. 2007

wildtrekker
Martinet
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Message privé
Voici quelques photos de l'aventure, n'hésitez pas à laisser vos commentaires....(dans l'album, il y à 2 pages...)

album photo expé wildtrekker



Je vous souhaite à tous un trés bonne journée et merci pour vos encouragements, c'est vraiment touchant!

Chris.
Voyager seul est un bon moyen de rencontrer sa propre compagnie. PHOTOS DE L'AVENTURE: http://wildtrekker.com
posté le 10 juil. 2007

Claude65
Papillon monarque
(3 messages)
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Salut,
je suis nouveau dans ce site, je prévois de faire un raid comme le votre. Quelles sont les compétences indispensables, et la préparation physique requise?
La question que je me pose est : quel est l'engagement perso pour une telle aventure?

Merci et encore bravo.

Claude.
posté le 10 juil. 2007

Rosbin
Etourneau
(52 messages)
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Salut,

J'avais pas encore vu ton post Chris, je viens de regarder les photos, et je dis chapeau. Bravo :D
Tu dois avoir une sacré experience derriere toi, j'espere pouvoir en faire autant un jour. ;)
Superbes photos.

A bientot
posté le 10 juil. 2007

ChristopheD
Milan noir
(351 messages)
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Lieu : Bourgogne, hips !

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C'est malin de posts comme ça !!!!
Comment tu veux ne pas te lancer dans le même trip.

Christophe, quand je lis tes compte-rendus (ainsi que ceux de Régis CAHN), je me dis que 365 jours par an ça fait un peu juste.
Adepte de la pulka depuis une reconstruction du bas du dos (interdiction de porter plus de 15 kg !!)."Ca ne sert à rien de se ruiner le dos à porter des trucs qu'on peut tracter !" (c'est de moi !)
posté le 11 juil. 2007

wildtrekker
Martinet
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Salut les gars!

Vincent,

+ que l'expérience il faut de la reflexion dans ce genre de trip... Etre tjs concentré et anticiper au max. C'est pour cà que lorsqu'on me dit "Oh ! moi 4 mois tt seul, je finirais par m'ennuier..." je peux vous dire qu'avant d'avoir l'esprit libre il faut un bout de pratique... Par contre lorsque le silence se fait, le calme total dans le cerveau, quelle sensation!!!

Christophe,

je t'ai répondu sur ta boite au sujet des duvets... et pour les cpte rendus, j'adore te titiller:p

Et enfin Claude, Engagement perso total.... La moindre fausse manoeuvre peu te coûter la vie, je te conseille vraiment de bien comprendre l'effet du froid, de te former au matos, en gros l'essentiel : se deplacer vite et bien, connaitre le terrain sur le bout des doigts, comprendre la climatologie, être bon sportif et surtout, savoir se protéger en cas de coup dur... Je peux pas te dire que c'est facile, j'ai pas le droit, la premiere des règle étant de tjrs être prudent en montagne...

Cet hiver je me propose d'organiser quelques stages dans les Pyrénées... Je ne sais pas encore combien de temps ni combien (finance) mais je ferais un post sur le site... Qu'en dites vous?

Avec mon équipe on se propose aussi de mettre en route un team pour aider ceux qui veulent s'engager dans une aventure... aide logistique, conseil pratiques, test matos terrain.... si cela vous plait, n'hésitez pas....

Chris.
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posté le 11 juil. 2007

wildtrekker
Martinet
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Lieu : Bagnères de Bigorre

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AH oui, un truc important, j'ai laissé un message dans cette rubrique :
/voyage/viewtopic.php?id=536

Vous devriez la lire, surtout toi Christophe, je pense que tu aimeras...

Bonne journée à tous.

Chris
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posté le 11 juil. 2007

ChristopheD
Milan noir
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J'ai bien lu le test sur les leechs.

Ca fait des années que j'en utilise car il y a pas trop d'autres solutions sur les snowboards et les surfs, masi il est vrai que les accidents, comme celui d'Olivier, sont TRES rares.

En cas de randos à ski, ces derniers font bien sûr du matériel "vital", donc la liste que j'ai préparée indiquait bien des leechs pour les skis.

PS : j'ai vu ton message pour le duvet? réposne par mail tout à l'heure.

Merci pour tes infos.
Adepte de la pulka depuis une reconstruction du bas du dos (interdiction de porter plus de 15 kg !!)."Ca ne sert à rien de se ruiner le dos à porter des trucs qu'on peut tracter !" (c'est de moi !)
posté le 14 août 2007

burntman
Hirondelle
(11 messages)
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Je trouve l'idée de faire partager ton (et votre) expérience de ce genre d'aventure, aussi bien d'un point de vue des techniques que de la logistique vraiment super!
Comme ChristopheD j'aimerai me lancer dans ce genre de raid un de ces jours, mais il manque le temps pour l'instant, et surtout un certain nombre de techniques, alors pourquoi ne pas commencer à se former!
En tout cas bravo pour ton aventure! Ca donne vraiment envie de faire LE pas qui change ce rêve en réalité!

Juste une question matos: quelles moufles as-tu utilisé?

@+ Burntman
posté le 16 août 2007

wildtrekker
Martinet
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Salut, je suis en ce moment sur le Camino de Santiago pour un petit tour de velo... je teste car pour moi c une premiere le 2 roues.... Je dois avouer que c genial question deplacement je triple les distances en une journee et sans efforts.

Bref, pour en revenir a la question matos. Mouffles Millet + surmouffles millet je crois qu'ils se nomment "Himallayan" un truc comme ca.

important, avoir la possibilite de les enfiller facilement:

Autre chose, j'organise des cet hiver quelques stages pour voir ensemble comment se preparer pour une sortie hivernale. petit stage pour faire le point avant un depart et pour aider a la logistique. Mon site sera bientot rafraichit et les explications suivront. A+ mister Burntman

Chris
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posté le 28 nov. 2007 mis à jour le 28 nov. 2007

wildtrekker
Martinet
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Bonjour à tous,

Merci pour vos encouragements et vos nombreux messages. Ma messagerie explose un peu, mais c'est toujours un plaisir de vous répondre.

Je souhaite bonne chance à Nico et Jérémy qui m'ont contactés pour des infos sur ce raid et qui se lancent séparément sur mes traces Scandinaves dés janvier 2008.

Jérémy traversera de Tarnaby jusqu'à Abisko et Nico reprend semble t'il l'ensemble de l'expédition... VOUS ALLEZ VOUS REGALER LES GARS !! Soyez prudent...

Voici un petit lien sur les dernières news de wildtrekker.com

conférence Christophe Castillon

Pendant ce temps le livre avance...
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Chris.
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posté le 28 nov. 2007

ChristopheD
Milan noir
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wildtrekker :
Voici un petit lien sur les dernières news de wildtrekker.com

conférence Christophe Castillon

Pendant ce temps le livre avance...
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Quelle lecture !!!
Vivement la version papier pour pouvoir la savourer .... au coin du feu !!! :siffle:
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posté le 28 nov. 2007

wildtrekker
Martinet
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Salut Christophe,

Merci pour tes encouragements!

La version papier est en cours, le livre sortira en 2008. Un jolie pavé glacé!

En attendant un bel article est en cours avec "CARNETS D'AVENTURES" pour le prochain numéro...

A suivre...


Chris
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posté le 28 nov. 2007 mis à jour le 28 nov. 2007

wildtrekker
Martinet
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Bonjour à tous,

Merci pour vos encouragements et vos nombreux messages. Ma messagerie explose un peu, mais c'est toujours un plaisir de vous répondre.

Je souhaite bonne chance à Nico et Jérémy qui m'ont contactés pour des infos sur ce raid et qui se lancent séparément sur mes traces Scandinaves dés janvier 2008.

Jérémy traversera de Tarnaby jusqu'à Abisko et Nico reprend semble t'il l'ensemble de l'expédition... VOUS ALLEZ VOUS REGALER LES GARS !! Soyez prudent...

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posté le 16 janv. 2008 mis à jour le 18 janv. 2008

wildtrekker
Martinet
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Bonjour à tous,

Voici pour ceux qui aiment la lecture un résumé à l'état encore un peu brut et accompagné de jolies fautes d'ortho. de 2 journées sur le "Long chemin".



[q]10.02.2007

63°51’’00 013°58’’05 800m ALT



Les journée suivantes sont paisibles sous le ciel gris, il fait – 10° parfois -8°. Je suis en tee-shirt sans cache nez, laissant un peu le visage à l’air libre, ma barbe est dense maintenant. J’avance paisiblement sur une neige fraîche qui commence à coller. Les dénivelés s’enchaînent gentiment, mais rien à voir avec les pentes du côté d’Helags. Le cap au 40° est franchement facile à suivre car je distingue parfaitement un pic dans son azimut avec une sorte d’igloo couronné de neige poudreuse sur son arrête. Logiquement une piste venant de l’ouest converge à la base de ce sommet entre 10 et 12 km de la position actuelle. Je suis à trois km/heure en moyenne, donc dans 4 heures approximativement je reprendrai Cap Nord toute. Il me restera encore 6 à 7 km de plus avant de stopper pour profiter d’une bonne soirée sous les étoiles. Je suis motivé, me déplaçant sans vraiment réfléchir ni rêvasser, glissant mes pas dans une mécanique simple. J’avance et les heures défilent au travers d’une solitude qui donne un sens particulier à cette marche. Dans ces contrées désertiques, la moindre prise de risque semble prendre des proportions immensément plus dangereuses. Certain peuvent se demander pourquoi on se lance dans une telle démarche, j’imagine simplement qu’il y à des sensations qui ne peuvent s’expliquer que par l’expérience directe. Etre seul au milieu du vide répond à ce formidable désir de vivre en tant que voyageur du monde réel. Loin des autres, plus prés de soi-même, en communion avec la nature et les éléments le cœur bat à un rythme dense. Il pulse un sang pur, nettoyé des cailloux qui bloquent l’esprit d’une vision mentale claire et très simple. Je ressens une nouvelle énergie qui inonde mon être d’un autre champ de possibilité. Un autre point de vue intéressant est celui de Charlotte brontë qui disait : « Il est vain de prétendre que les homme devraient se satisfaire de la tranquillité, il leur faut de l’action et ils en inventeront s’il ne peuvent en trouver ».


Plus tard, je croise une piste balisée qui ne peut pas être la mienne car le chronomètre qui me sert d’avertisseur de cap n’a pas encore sonné. La route continue pour débarquer finalement sur une espèce de micro station de ski déserte. Qu’est-ce que je fabrique ici ? Surpris, je refais mon point, mais tout semble correct. Pourtant à l’endroit où je suis censé trouver ma piste, se dresse un petit gîte en rondin de bois clair d’où la fumée s’échappe de la cheminée. Je m’approche de la porte et frappe. Des pas résonnent sur le plancher et une dame à l’air aussi sympathique que stupéfait m’ouvre. Elle me demande si tout va bien ? J’en profite alors pour sortir ma carte, lui indiquant la trace recherchée. Dépassée par les évènements, elle appelle une autre personne à l’intérieur. Sortant alors de la pénombre enfumée, un homme dont l’age est un mystère me salue gentiment en suédois. Il porte un solide poignard à la taille et une barbe blanche de quelques lunes. Se tordant de rire en voyant mon plan, il m’explique gentiment que cette piste n’existe plus depuis pas mal de temps, soulignant au passage la date de ma carte : 1993.
Même ici certaine chose changent ! Semble t’il dire.
Le trappeur retourne vers l’intérieur du chalet pour y prendre un stylo qui disparaît entièrement entre ses doigts énormes et déformés. Il dessine alors maladroitement un itinéraire grossier sur un papier afin de m’indiquer plus ou moins ma destination. D’après la nouvelle piste, l’étape se rallonge. Il me faut reprendre en faisant demi tour jusqu’au passage que j’avais ignoré tout à l’heure. Je les remercie tout deux et profite de l’occasion pour m’offrir deux énormes sandwichs accompagnés d’un café que je paie avec les quelques pièces qu’il me reste. J’emprunte aussi quelques sucres au passage car mon tilleul menthe m’ennuie passablement. Ayant remarqué sur le chemin une espèce de hutte avec trois pans de bois et un toit, je demande avant de partir si il est possible d’y camper pour la nuit ? Le trappeur me conseille d’y rester et m’offre du bois sec. Je déneige l’abri à coup de pelle et creuse un trou, puis me réchauffe devant mon premier feu de la saison. L’eau pour les thermos de demain se met à bouillir pendant que j’écoute quelques animaux sauvages dans la nuit. L’odeur de la nourriture les attire.

Cela fait Plusieurs semaines que je n’ai pas donné de position à mon équipe en France, le signal hertzien ne grésille toujours pas. J’espère que l’on ne s’inquiète pas trop. Les extrémités de mes doigts sont complètement désensibilisées maintenant. Mes mains ressemblent de plus en plus à des pattes d’animal, sales, boursouflées, craquées, cloquées. Je repense également à ce matin, lorsque je me suis regardé dans le petit miroir. Cela faisait une bonne dizaine de jours que je ne m’étais pas vu. Ceci est un autre aspect intéressant lors d’une aventure que d’oublier un peu son image et ce que cela implique… Ainsi, lorsque soudain en réapparaissant j’ai rencontré dans le reflet quelqu’un de différent, de plus vrai, j’ai constaté à quel point l’environnement signe ses traits et modèle un visage de sa propre main, comme une signature. Lors d’une expédition il faut savoir garder un œil sur soi, ne serait-ce que sur un plan médical, sur son aspect et vérifier l’état des gelures. Un miroir peut servir pour beaucoup de choses, se recoudre lors d’un accident, envoyer un éclat de lumière afin d’être repéré etc.…
Le feu soudain se met à souffler bruyamment. Cela me rappelle ce que disait ma grand-mère lorsque nous étions ensemble devant la cheminée et que ce produisait ce phénomène :
« Quelqu’un vient nous rendre visite ! » disait-elle.
J’espérais souvent que ce soit vrai à cette époque. Etrangement ce soir, je n’attends et ne souhaite aucune surprise. Il fait un très confortable -2° dans la tente qui est montée dans l’antre même du minuscule abri. Le matelas en laine de verre est placé sous la toile étanche du tapis de sol. Tout va bien, je suis au mieux de ce que l’on puisse faire dans de telles conditions. Je me demande combien de km sont déjà effectués, réalisant que je commence à vraiment perdre la notion du temps. J’ai pourtant l’impression de débuter le périple tant chaque nouveau jour est différent du précédent.


LE 11.02.2007





Je me réveille tôt, mais décide de m’accorder encore une petite demi heure au fond de mon duvet si efficace et performant face à ces féroces températures. Il fait noir dehors, le vent souffle un air glacial qui me fait frissonner rien que de l’entendre. J’avale un petit déjeuner ignoble : un thé mente, goût crevette de ma soupe de la veille. Je n’ai qu’une seule popotte alors passer d’un aliment à l’autre sans un lavage efficace donne quelquefois des saveurs cocasses. J’attends sous la toile devenue rigide à cause du froid, le spectacle d’un autre jour qui se lève. Quelques minutes plus tard, un puissant soleil émerge chevauchant le dos d’une vaste crête qu’il embrase des couleurs que seul l’arctique éveille. Le ciel est pur, pas un nuage n’a su trouver cette route du bout du monde. Durant un fabuleux quart d’heure j’assiste au plus beau lever du jour de ma vie. L’espace est turquoise, les cieux, la neige, les stalactites, ma tente orange, tout...Telle une signature d’un grand maître impressionniste, dans le lointain horizon, une délicate ligne unie simplement d’un rouge vif flamboyant les éléments air et terre. Je pense à mes amis photographes : Laure et Nöt, dont c’est le genre de moment rêvé, un instant de couleurs inconnues et éphémères.

Léger et déjà satisfait de la journée, je m’engage quelques instants plus tard sur une piste agréable, dont les difficultés restent modérées, le rythme est bon.
Miroitantes sous le soleil, les montagnes resplendissent de beauté autour d’une vaste clairière. Je traverse un passage intérieur du plateau, où une légère faille forme un ourlé de plusieurs kilomètres de longueur. Je longe cette cicatrice naturelle sur son coté gauche dont le rebord offre un passage parfait. Quelques pierres sombres percent la surface blanche, on dirait des sentinelles curieuses et surprises d’apercevoir quelqu’un. Cela fait déjà 5H00 que je glisse s’en m’en rendre compte, c’est mon estomac qui me prévient. Je stoppe alors au centre d’un lac à la circonférence parfaite mesurant approximativement 4km de diamètre. L’épaisseur de glace est énorme et sûre comme souvent sur les bassins que l’homme ne touche pas. Je me rassasie d’une soupe aux nouilles, coucous fromage, saucisse, que j’avale avec grand plaisir puis me repose 45min environ avant de repartir.
J’enchaîne les km avec une grande facilité. Déjà vingt-cinq, j’ai pourtant l’impression de commencer l’étape. Lorsque l’on tient une belle journée, il faut en profiter pour avancer. La chaleur augmente anormalement, elle crée des mirages qui gondolent l’horizon. Il fait 4C° au dessus de zéro bien nous soyons au mois de février, que se passe t’il donc ? Motivé par ces perspectives agréables mais étranges, je me sens prêt à plier cette zone désertique à toute allure. Il est absolument inutile de traîner par ici, car si le vent décide d ‘exercer son autorité sur ces plateaux, rien ne l’empêchera alors de devenir un monstre dont l’autorité ne pourrait être discuté. Toujours ce vide, ces étendues sans limites. L’homme est un drôle d’animal me dis-je en réalisant que je fais partie de la seule espèce qui contre nature lutte et défie volontairement l’espace pour son plaisir. Nous sommes bien les seuls à nous engager dans ce que j’appelle une « migration moderne » consistant à modifier la route millénaire ordonnée par le grand battement mystérieux de notre planète. Une migration volontaire, réglée à l’inverse de toutes les meutes animales, qui elles d’instinct voguent vers un Sud logique et plus clément. Lunettes collées aux yeux, armé d’un compas et de savoir imprimé sur carte papier je me dirige droit sur un Nord hostile. La nuit se rapproche, je suis encore entrain de skier. Au réveil ce matin, tout était bleu, maintenant me voici ce soir dans du rose. Un rose bonbon d’une luminosité surréaliste, la neige est devenue une gourmandise sucrée, les quelques sapins que je croise sont des pâtes d’amandes douces, je voyage en toute quiétude au pays des merveilles.


La lumière de ma lampe frontale creuse un sillon sur le sol pendant que les traversées de lac s’enchaînent, de plus en plus nombreuses. Des lacs de plus en plus grand surtout, le dernier m’a tenu dans l’angoisse sur une bonne dizaine de kilomètres. Il m’est encore difficile de me détendre lorsque je sais qu’il y a des centaines de mètres de fond sous la glace. Marcher sur l’eau n’est pas naturel pour tout le monde.
Cela fait plus de dix heures que je pousse sur mes skis, la nuit noire m’enveloppe fermement depuis un temps que je n’observe plus. Exténué et ne sachant pas à quoi m’attendre avec ce dernier lac dont les rives restent absolument invisibles, je décide un demi tour au bout d’un kilomètre. Ce réservoir naturel à vraiment l’air gigantesque et je ne sais plus précisément où je suis car mon GPS ne dit que des conneries imprécises. Je commence à me sentir épuisé. Cela fait 14h que je suis debout à m’activer comme un pou dans cette superbe journée. Ce soir la température est de -17C°, une variation brutale continuant de s’accentuer. Lorsque la forêt entourant une partie de la berge inclinée apparaît, le noir dense de la nuit est devenu presque aussi palpable qu’un lourd rideau de velours. Les sapins sont énormes, par endroit une neige encore molle s’entasse sur plusieurs mètres d’épaisseur. Je suis obligé de garder mes skis pour monter le camp et ne pas m’enfoncer jusqu’à la taille. Mon corps ruisselle de sueur d’avoir autant fourni d’effort aujourd’hui. J’ai parcouru plus de 60kms et mon organisme est entrain de me lâcher d’un seul coup. La transpiration gèle rapidement sur les vêtements, l’onglet s’empare une fois de plus de moi, j’hurle de douleur. Des larmes d’impuissance montent tandis que mon cerveau calcule d’urgence des théories pour s’adapter à la situation. Un rapide coup d’œil sur le thermomètre m’indique qu’il fait
-23°C. Mes pieds vont exploser, le même calvaire semblable au précèdent se profile. Puis-je continuer à monter le camp ? Faut-il que je mange avant de tomber d’une hypoglycémie ? Dois-je réchauffer mes pieds en priorité ? Tout se précipite une fois encore en à peine cinq minutes ! Soudain une réponse s’imprime dans ma tête. Il me faut du feu ! Le feu m’éclairera, me nourrira de sa chaleur, sauvera mes pauvres membres mal chaussés et me rassurera peut-être, car une peur primale idiote c’est emparée de mes idées. J’imagine des yeux impitoyables dans cette forêt, des yeux de loups, je perçois quelque chose d’anormal. Il n’y a pas de bois mort dans le secteur et m’enfoncer d’avantage sous les énormes branches qui pendent comme des bras décharnés ne m’enchante guère. J’ai toujours respecté mon anxiété, la considérant comme un excellent système d’alarme face à l’invisible ou l’improbable. Soudain la solution jaillit ; le panneau qui porte le nom du lac ! Ce large tableau aperçu brièvement lors de mon passage avant d’entamer la descente sur la glace. Au diable les règles de courtoisie et de civisme, je vais claquer net si je ne réagit pas. Le dos voûté, un visage blanc de givre engoncé dans une veste de montagne gelée. Grognant comme un porc que l’on égorge et traînant une jambe boiteuse presque morte, je retourne vers le lac. Le chemin en pente est étroit, mes pas crissent troublant un silence d’outre tombe. Quelques pales étoiles luissent dans le ciel sombre. Les arbres ondulent et bruissent doucement dans une danse macabre. Une terrible machette noire pend le long de mon bras ganté. Sans exagérer, on croirait Jack Nickolson dans Shining 2. J’explose alors le panneau comme une grosse brute que je suis ce soir, avec les mêmes bruits de dément que pousse l’acteur du film lorsqu’il cherche à décapiter sa gentille famille.


Voilà, j’ai un bon gros feu, et les esprits bizarres qui hantaient les parages du camp ont disparus, volatilisés, probablement effrayés lorsqu’ils m’ont vu à l’œuvre dans la découpe déterminé du bois. J’enchaîne sur une soupe parfaitement immonde puis m’endors tout habillé et puant .Réveillé deux heures plus tard transi de froid, je ne me rendormirait pas cette nuit. Mes dents ne cessent de claquer, la gelée nocturne m’avale tel un boa gobe sa proie. C’était vraiment stupide de se taper 60 bornes en un jour, d’autant que j’ai des remords d’avoir dû détruire ce panneau pour me chauffer.

[/q]
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posté le 16 janv. 2008

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MIAM ! ;)
La suite, la suite !!!! :siffle:
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posté le 17 janv. 2008

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Martinet
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Salut Chris,
J'étais sur de te voir par ici, je suis heureux que cela te plaise...a+
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posté le 17 janv. 2008 mis à jour le 25 janv. 2008

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16.02.2007

Perdu…

1 mois que je suis sur « le long chemin », je sais maintenant pourquoi on le nomme comme cela… Les kilomètres se gagnent vraiment à la dure ! J’ai parfois l’impression de ne pas avancer, concrètement je crois que c’est un peu le cas.
Je viens de passer avec difficulté le secteur de Gaddedde. Les journées sont éprouvantes, des devers fréquents font chavirer sans relâche la pulka. Je pète les plombs, mes nerfs s’emballent. J’insulte mon traîneau, finissant même par lui distribuer 2 directs, suivis d’un lowkick histoire de redéfinir son aérodynamisme. Cela ne change rien, je me sens juste encore plus con. Je suis complètement perdu dans une forêt trop épaisse, je n’ai aucune visibilité pour faire le point. Le GPS et la carte ont des coordonnées différentes car je n’ai toujours pas réussi à passer l’appareil en système secondaire. Pas une trace ne se profile, rien que de la neige fraîche dans laquelle je m’enfonce d’une quarantaine de centimètres. Pour ne rien arranger, des souches que l’hiver a massacrées, prennent au collet mes skis et me ralentissent encore. Le vent est changeant, anéantissant, la neige tourbillonne et s’infiltre partout sous mes vêtements. J’entends un bruit, un solide coq de bruyère s’envole devant moi. Je le suis du regard sur une cinquantaine de mètres et le perd lorsqu’il pénètre plus profondément dans la forêt. A peine plus loin j’entends un autre bruit, des arbres bougent, puis après quelques secondes d’interrogation, je distingue un pelage marron et de hauts bois. Un splendide renne remonte dans ma direction. Comme je suis face au vent il ne peut pas me sentir. Je détache sans trop faire de bruit la pulka, récupère mon appareil photo à l’intérieur et me cache. L’animal est à seulement 10 mètres, Il doit faire une bonne centaine de kilos, ses bois sont fascinants de complexité. Mon appareil photo crépite, mitraille, gros plans, grands angles. L’animal est concentré sur un autre sujet, il ne m’a toujours pas remarqué. Après quelques longues minutes, ayant suffisamment profité de sa présence, je finis par le siffler et l’interpelle gentiment : « Salut toi, alors comment se passe ton hiver ? Tu vas bien ? » Après une courte hésitation, Il détale alors à peine apeuré.

La galère reprend, je traverse probablement un lac ou un marais, il m’est difficile de déterminer si je glisse sur 10 cm d’eau ou plutôt 10 mètres ? J’aperçois une cavité dans la glace d’environ un mètre de diamètre. L’eau coule tranquillement dans cette zone. Je suis à 3 mètres d’un trou, que faire, reculer ? Avec la pulka je suis bloqué, les manœuvres sont restreintes. De toute façon il faut passer, continuer le chemin avec prudence mais de l’avant. J’utilise la sonde en espérant que la neige ne me cache pas un sale piège.
Je sais maintenant que j’entame un contre la montre contre les crises de nerfs, la fatigue, la solitude et le froid. Tout est usant dans cette aventure, autant que l’érosion qui creuse la roche d’une gorge. Le plaisir est présent biensûr, mais il se compose d’une souffrance permanente, accompagnée de journées s’enchaînant la plupart du temps autours d’un gris plombé qui ne varie pas. Savoir que se sera dur rend les choses plus faciles, on évite la mauvaise idée de trop s’enthousiasmer. Il me faut garder cela en tête et forger un mental qui s’adapte au quotidien. Développer un caractère prenant les traits du terrain me parait vital. Lorsqu’un secteur est difficile il faut être encore plus dur que lui. Je me doutais que la rêverie n’aurait pas toute sa dimension durant ce voyage, cela s’avère assez vrai malheureusement. Pour rêver, il faut être dans de bonnes conditions. Ce que je vis maintenant ressemble à du sport : préparatifs, alimentation, matériel, organisation, objectif, capacité. Chaque journée est réfléchie, calculée, et franchement il est difficile de passer outre cette logique. J’ai parfois l’impression d’être un soldat. Pourtant ce petit côté calculateur n’est pas déplaisant. Connaître ses propres capacités dans une journée que l’on visionne mentalement devant une carte topographique, pour dans la réalité être proche du résultat offre un jeu plutôt sain et divertissant. C’est mon sudoku personnel, un solitaire grandeur nature. Il est important de savoir de quoi on serra capable durant la journée et d’adapter si possible sa route en fonction de sa capacité sur le moment. Car la nature de son cotée ne triche en rien. Elle passe son cours au rythme aléatoire des saisons qui tempèrent ses humeurs. L’homme n’est pas un voyageur à son bord, nous ne sommes pas non plus des invités de marque. Nous ne sommes ici que par le fruit de nos choix, sont-ils respectables ou pas ? La nature ne réclame aucun compte, elle vit sans se soucier de nous dans un face à face sans équivoque avec la réalité. La terre n’a pas besoin de nous, elle vogue solitaire et majestueuse dans l’univers, en route vers une destinée qui nous échappe à tous. Dans ce voyage au confins du Grand Nord, dans ces distances si vastes, dans tous ces efforts pour survivre, j’entrevois ma minuscule et insignifiante place ici bas. Dans cette démesure d’espaces vierges et sauvages, dans cette folie de températures glaciales, mon ego s’en retrouve non pas réduit, mais positionné à son juste endroit. De cette place forçant à l’humilité, s’ouvre une perspective intense sur les qualités humaines à cultiver. Je remarque aussi que les moments difficiles offrent en contre partie, des réponses précises sur la vision philosophique de la vie.

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posté le 17 janv. 2008

Johanne
Papillon monarque
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Salut Chris,

Comment vas tu? Tes derniers messages sont superbes, merci de partager cela avec nous. J'ai voté pour ta photo et j'ai laissé un post sur le forum associé. J'espère que tu seras publié par le magazine, tu le mérite vraiment.
Il me tarde d'en lire d'avantage, c'est pour quand ce livre? je suis très impatiente.
Bisous.
Jojo.
posté le 17 janv. 2008 mis à jour le 17 janv. 2008

wildtrekker
Martinet
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MERCI petit Jo,

Ton soutien me va droit au coeur, c'est très gentil de ta part...:D

J'espère terminer le livre d'ici 3 mois.

Bisous
Voyager seul est un bon moyen de rencontrer sa propre compagnie. PHOTOS DE L'AVENTURE: http://wildtrekker.com
posté le 17 janv. 2008

goldo
Martinet
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ahhhhh

quel bonheur pour les yeux......

je crois qu'on est plusieurs à rever de t'imiter....

encore merci...
posté le 17 janv. 2008

wildtrekker
Martinet
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Avec plaisir Goldo...

Le but c'est vraiment de partager nos passions, d'en faire profiter tout le monde et qui sait, peut-être d'encourager des projets individuels. Au delà de faire découvrir à d'autres qui ne connaissent pas encore cet univers du voyage que nous ici sur ce site, nous aimons tant...

J'espère que vous aimez cette aventure en Scandinavie.
Voyager seul est un bon moyen de rencontrer sa propre compagnie. PHOTOS DE L'AVENTURE: http://wildtrekker.com
posté le 17 janv. 2008

ChristopheD
Milan noir
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wildtrekker :
J’insulte mon traîneau, finissant même par lui distribuer 2 directs, suivis d’un lowkick histoire de redéfinir son aérodynamisme. Cela ne change rien,....

PFFF, même pas le respect du matériel. Pauvre pulka qui n'y est pour rien !!! :D

PU.... 3 mois !!!

Bon je retourne m'entrainer, c'est mon heure.

Très jolies photos Christophe. Je suis aussi confronté au problème de matos photo. J'hésite tellement que je me doute qu'il va y en avoir pour 8kg !!! :siffle:
Adepte de la pulka depuis une reconstruction du bas du dos (interdiction de porter plus de 15 kg !!)."Ca ne sert à rien de se ruiner le dos à porter des trucs qu'on peut tracter !" (c'est de moi !)
posté le 18 janv. 2008

wildtrekker
Martinet
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Alors petit conseil, pense légèreté et autonomie le tout accompagné d'une grosse carte mémoire. Un bon compact que tu mets dans la poche, moi j'ai:
http://www.letsgodigital.org/fr/news/articles/story_3898.htmlAp Photo
Tu peux y adapter un grand angle et un téléobjectif le tout ultra light.

Mais dis toi bien que dans le froid il faut du facile à manier, vite attrapé, vite rangé!

Ciao!
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posté le 18 janv. 2008 mis à jour le 18 janv. 2008

ChristopheD
Milan noir
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Légèreté, c'est foutu j'ai des Nikon D200 et D300 ! :D
Pour l'autonomie, ils ont tous leurs grips avec 2 batteries dans chaque. Résultat près de 2kg pour l'appareil et c'est en boitier nu !
Après le soucis c'est les objectifs. Un modèle de grand angle pour le paysages, un moyen pour cadrer un peu plus et un long téléobjectif pour les rencontres animalières, mais le poids augmente rapidment. :/

Par contre c'est vite attrapé et vite rangé puisque j'ai au moins un appareil dans une sacoche ventale, donc facile d'accès et les gros boutons sont utilisables même avec des moufles.

Je verrais lors des scéances dans la neige.

Bon courage pour l'écriture ! ;)
Adepte de la pulka depuis une reconstruction du bas du dos (interdiction de porter plus de 15 kg !!)."Ca ne sert à rien de se ruiner le dos à porter des trucs qu'on peut tracter !" (c'est de moi !)
posté le 18 janv. 2008

bernardfrippiat
Etourneau
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Ha ben oui, là on le sent bien ce moment où tout chavire et où la raison pédale dans les frites ! C'est génial ! Enfin... façon de parler, bien sûr, parce que sur le moment... La photo en noir et blanc ou plutôt en gris et gris (celle qui est datée en charactères rouge quoi) est superbe ! D'abord on croit que c'est du noir et blanc, une erreur de mise en page ? Et puis après avoir lu le texte, on y retourne et on remarque qu'en fait non, il y a bien une vague lueur de bleu au fond à droite à l'horizon ! Bien vu ! Bon, allez au boulot, on l'attend ce livre ! (et moi j'attends aussi de voir s'il y avait des loups, je ne pose pas la question ici, ça fait un peu trop téléphoné... :roll: ).
Moyens de transport : des vélos, mes deux pieds, un kayak gonflable Sunny 390, des ski de fond/rando nordique/raquettes/ski-roue, parfois une voiture, très rarement l'avion... (Bruxelles, Forêt de Soignes, http://www.pbase.com/bernardfrippiat)
posté le 19 janv. 2008

wildtrekker
Martinet
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Salut Bernard,

Oui effectivement la photo n'est pas en noir et blanc... Dans un prochain post j'essairais de trouver d'autres photos ou l'on voit ce style de glace "la glace noire comme on l'appelle". Quant à la question des loups, il se trouve que j'ai quelques photos d'empreintes, ils m'ont suivi durant deux jours sans que je puisse les voirs... J'ai même eu l'occasion très rare de rencontrer un glouton! Un face à face innoubliable à quelques mètres autours de mon camp.
A+
site wildtrekker.com
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posté le 27 janv. 2008 mis à jour le 27 janv. 2008

wildtrekker
Martinet
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Lieu : Bagnères de Bigorre

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Il y à quelques mois, un jeune homme plein d'enthousiasme me contacte, il se nomme Jérémy. Jérémy est un sportif accomplit, diplomé d'un tas de trucs concernant la montagne, l'alpinisme, l'escalade ect...
Lorsque je lui demande la raison de son appel, il me dit qu'il a suivit l'aventure "wildtrekker" et qu'il aime la vision et l'esprit de ce projet.

"Il y'a une âme dans cette drôle de marche vers le Nord et dans ce que tu racontes" me dit'il. je tiens à réaliser moi aussi un bout de ce Raid cet hiver...
Bref, nous nous rencontrons chez moi, discutons, nous étudions etc...Mangeons de l'exellent fromage qu'il m'a gentiment apporté de ses montagnes Alpines. Puis convaincu de ses compétences et charmé par la joie de vivre de Jérémy, nous construisons son ittinéraire.

Dans un précedent post publié sur ce blog je parlais déjà de lui pour lui souhaiter bonne chance...

Re bref: Voilà Jéremy prêt et sur le terrain.... Il avance courageusement durant de longues journées noires, parcours des centaines de Km. Subit le froid et la nuit, l'isolement, la peur....

Tout và bien, jusqu'au moment où tout chavire!!! Jé est passé très TRES prêt du fameux tunel dont certains parlent... La faute à pas de chance, rien à voir avec ses compétences...

Dans un prochain post, je lui demanderais l'autorisation de copier coller le mail qu'il m'a expédier pour me raconter sa mésaventure.

Je voulais tout simplement lui rendre HOMMAGE aujourd'hui. Lui dire combien je suis heureux de le savoir de retour dans sa famille sans trop de dégats...
A la prochaine Jérémy!!!

son lien:
article sur Jérémy

chris
Voyager seul est un bon moyen de rencontrer sa propre compagnie. PHOTOS DE L'AVENTURE: http://wildtrekker.com
posté le 28 janv. 2008

Mab
Martinet
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Il n'y a pas plus beau aventurier qu'un aventurier vivant (citation d'ancien)
posté le 28 janv. 2008 mis à jour le 28 janv. 2008

wildtrekker
Martinet
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Comme promis, voici le mail que m'a envoyé mon ami Jérémy. J'espère que la lecture de ce récit vous touchera comme il m'a touché.
Bien à vous tous...
Chris.

grembo jeremy a écrit :
salut chris,
c'est jérémy et bah voila je suis rentré aujourd'hui chez moi des suites de ma mésaventure d'y l'y a quelques jours, je ne sais pas si tu va adhérer à mon mode de penser qui m'a ammener à rentrer mais en tout cas malgré la solitude et les difficultés de reflexion que l'on peut rencontrer dans des moments pareils je pense avoir été des plus rationnel possible et à l'heure qu'il est ,ne regrettes pas ma descision meme si les conséquences de celle ci sont lourde à porter.
voila je vais t'expliquer un peu plus en détail c qui cest passer:
journée de grand beau tres agreable qui me remonte le moral et qui m'accompagne pour faire la traverser de la ville d'ammarnas et commencer mon intrusion dans les montagnes qui mène à au refuge de sjnulttjie ou je vais passer une froide mais bonne nuit.
réveillé vers 4h du matin , nuit claire et tres bonne visibilité grace a la lune et au etoile, vent presque nul, je decide donc de partir et le temps de tout plier je decolle vers 5h30. traverser des hauts plateau tres agréable malgré des températures tres tres froide (environ -30°c) et la sans meme le temps de s'en apercevoir au moment de commencer la descente qui va me mener au canyon ou tu m'avais mis en garde contre les forts vents, je me retrouve au milieu d'une tempete de tous les diables ( vents a plus de 100 kmh, grésil +++ et poudreuse inconsistante jusqu'a mi-cuisse, visibilité: le bout de mes spatules). sans aucun moyen de me réfugier je continue comme cela pendant environ une heure en suivant les poteaux de signalisation, et puis la plus de force , exténué en hypoglicémie, en hypothermie totale je ne peut plus avancer et m'ecroule de plus en plus souvent sous la violence du vent. la pulka se retourne frequemment sous cette demonstration de rage et j'ai perdu toute mobilité au niveau des mains (bloqué et gelé en position semis fermées).

je m'écroule alors une fois de plus et ne peut plus me relever, je suis bien allonger dans cette neige, je ne souffre plus, tout est beau , je commence à me laisser mourir sous cette étonnante situation de bien etre. je me sent partir, petit a petit ,comme dans une bulle de bonheur au milieu de la tempete. et puis la alors que tout est presque finit une pensée puis deux me poussent à choisir la solution qui à ce moment la est la plus difficile: vivre.

je me relève alors a quatre pattes complètement perdu au niveau de l'itineraire et me met a ramper, chaque avancer de genou et de coude dans la neige est un combat, je n'ai plus rien a l'esprit et avance au hasard à une vitesse inférieur à 1kmh juste pour lutter contre la mort qui me hape de plus en plus avec le temps qui passe.
cette situation va durer presque plud de 4H je pense ,jusqu'a ce qu'une acalmie de 5min me permette d'entrevoir une maisonette, je n'ai pas de réaction mon esprit et mon corps sont deja trop loin, j'ai juste une connexion neuronique qui me pousse a suivre la direction que j'ai aperçu alors que la tempete a repris de plus belle.
finalement apres une durée qui me parait etre une eternité j'arrive devant cette masse sombre qui n'est autre que le refuge.je mets alors 10min au moins a l'ouvrir car mes mains ne sont plus fonctionnel et je dois me servir de mes poignets, je rentre alors et reste assis au milieu de celui ci un long moment avant d'arriver a extraire mon briquet qui après des efforts hors du commun me permet de faire extraire du poele un e petite flamme .
je mettrais alors de tres longue heures avant de retrouver une partie de mes capacités. toute la nuit et une bonne partie du lendemain vont me permettre de faire réintegrer de la vie dans ce corps presque inerte qui etait le mien.

j'etais sortie d'affaire.

j'ai alors reflechit sur les raisons de ce retour a la vie et la chance y est pour beaucoup : pourquoi alors que je ne suivais aucun itinéraire et que j'etais perdu je suis rester sur le chemin de ce refuge? pourquoi y a t'il eu une eclaircit au moment ou le refuge etait a porter de vue? tant de question qui demeurent sans reponse et qui pourtant sont les clés de ma survit.

j'ai alors regarder mes cartes et est vu de nombreuses étapes ou aucun refuges n'étant present pendant de nombreuses bornes. j'ai reflechit a la non anticipation possile de cet tempete des pus soudaine , a la probabilité d'echapper encore une fois a la mort. et la solution m'est apparut comme une evidence il fallait que je rentre .

dur , tres dur descision a prendre, mais des plus sage je pense. d'une maniere generale je peux dire que je suis encore sous le choc de cette évènement et a l'heure d'aujourd'hui malgré toutes les attentions dont je suis l'objet je ne m'en suit toujours pas remis entierement (physiquement je 'ai recuperer qu'une infime partit de mes capacités et moralement ces moments me hante encore tres souvent).mais avec le recul je suis heureux du voyage que j'ai effectuer et ne regrettte en rien cet expé, meme si celle ci a ete ecourter. ma vie va en etre fortement modifié dès lors.

voila a peu près ce qui c'est passer, en espérant que je ne t'ai pas décu et que tu n'est pas honte de m'avoir soutenue.

j'espere que toi ca va bien, merci encore de t'etre proposer me venir en aide psychologiqument.
avec toute mon amitié
jérémy
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posté le 28 janv. 2008

bernardfrippiat
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Ouch... pour toucher, ça touche... le plus fort c'est la fin de son message, où il parle de honte... là, on a envie de lui donner une baffe... amicale bien entendu ! ;) Remercie-le pour son message.
Moyens de transport : des vélos, mes deux pieds, un kayak gonflable Sunny 390, des ski de fond/rando nordique/raquettes/ski-roue, parfois une voiture, très rarement l'avion... (Bruxelles, Forêt de Soignes, http://www.pbase.com/bernardfrippiat)
posté le 28 janv. 2008 mis à jour le 28 janv. 2008

wildtrekker
Martinet
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T'inquiète on a versés notre larme avec ma femme! J'ai donné le lien du blog à Jérémy, je pense qu'il viendra jeter un oeil de temps en temps... Je suis sûr qu'il appréciera vos commentaires... Merci pour lui Bernard. Et oui je vais lui balancer une claque pour le moment où il parle de honte alors que je suis trop fier de connaitre un jeune homme comme lui... Ah oui j'oubliais Jé a subit une grosse opération du coeur, il est sensé ne pas pouvoir faire du sport à la base. Jé tu es trop fort!

Chris
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posté le 28 janv. 2008

burntman
Hirondelle
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Une sacré graine de grand monsieur ce Jérémy! Il a l'air d'avoir déjà pousser ses limites le plus loin possible, et essaie encore!Bravo!
L'important c'est qu'il soit de retour vivant!
Et puis n'importe quelle expérience est bonne! Je suis sur qu'il saura réutiliser cet expé écourtée! Un peu comme Shackelton qui n'a pas réussi son expédition mais dont le retour et la survie est une expédition en elle-même!
Transmets lui de grands bravo de notre part! Il a eu le courage de mettre cette expé en route, d'y partir (et rien que ça, il y en a beaucoup qui n'ent on pas le courage!), et d'en revenir avant qu'il ne soit trop tard!

Avoir honte? mets lui une grande...tape amicale de ma part!
Ce qu'il a fait est tout juste incroyable, il a pu recevoir une expérience du terrain, et voir à quel point on est pas grand chose face à la nature!

Bon retour parmi nous!
Et j'espère qu'il ne restera pas sur cette expérience, qu'il l'a mettra à profit pour y retourner!

++
Burntman

PS: à en lire le mail, -30°C +vents de 100KM/H = température ressentie juste très très très très froide! Comme quoi les conditions météo étaient pas évidentes du tout!
posté le 28 janv. 2008

wildtrekker
Martinet
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La température est extrémement froide à cette période de l'année sur la Scandinavie.
Le plus étrange dans cette histoire c'est que nous avions avec Jé parlés de ce fameux passage. Lors de ma traversée, exactement au même endroit où il à eu ce problème, une rafale de vent ma surpris en fonçant sur moi en une seconde. Le souffle à soulevé ma pulka dans les airs et ma propulsé sur plus de 50 mètres. J'ai remonté un pente sévère sans avoir à pousser sur les jambes, comme avec un téléski...
Une lanière de ma pulka à cedée, je me suis battu à plat ventre dans le blizzard pour finalement scotcher avec une bande adhésive le brancard et continuer... Mais bon vous lirez tout celà dans le bouquin. Laissont la place au vrai Vétérant de la semaine...
Je vais me débrouiller pour en savoir plus. Merci pour vos messages, je reconnais bien ici l'esprit saint des aventuriers solidaires.
Je suis trés heureux de faire parti de ce forum, accompagné de gars comme vous. Je transmets tout çà à Jérémy...
Chris
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posté le 29 janv. 2008

mad
Oie des neiges
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C'est bien de lire ça ...
Merci Jeremy, merci Chris !
"Marche ou vogue ..." Embarcations : Quarter Tonner Dufour 1300, Doris, Nautiraid Expé 520, deux Hélios 380, Twist 1 Gumotex, canoë Old Town Discovery 158 - Présentation : http://www.expemag.com/voyage/viewtopic.php?pid=31931#p31931
posté le 29 janv. 2008

pagaillobricoleur
Martinet
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Pour Jeremy: trés bonne démarche, Il pourra recommencer ou faire autre chose. C'est une preuve de maturité évidente. Il faut savoir dire non et stop dans les grandes comme dans les petites aventures. C'est le respect de la vie, de soi même, et des autres. Il n'y a pas de médaille pour ça.
posté le 29 janv. 2008

wildtrekker
Martinet
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PETIT MAIL DE NOTRE AMI JEREMY:
grembo jeremy <jejerr@hotmail.fr> a écrit :
j'ai regarder le lien et j'avoue que ça fait vraiment chaud au coeur, c'est bon de ne pas se sentir seul, merci pour tout.


ps: alors combien de temps avant le fameux livre??je suis impatient

REPONSE:
"Encore 3 mois je pense... Je bosse dur mais lentement, comme en expédition à vrai dire, ce doit être un trait de mon tempêrament je supose?
En tout cas comme tu peux le constater, y'a du monde avec toi....."
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posté le 31 janv. 2008 mis à jour le 31 janv. 2008

yvanquoi
Sterne arctique
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salut wildtrekker et jeremy,

voici une bd, emprunté à un pote, qui devrait vous plaire ;): Construire un feu de Chabouté (d'àprès la nouvelle de Jack London).

résumé: Un homme en quête de fortune ou d'aventure, perdu en plein milieu du grand nord, tente de rejoindre ses compagnons... Dans ce désert de neige et de glace, rien d'autre que lui et un chien. Il lutte contre un froid effrayant de moins soixante degrés. Confronté aux forces de la nature, sa vie ne dépend que de quelques allumettes avec lesquelles il pourrait se faire un feu.

critique : Chabouté quitte exceptionnellement la province française pour adapter une nouvelle de Jack London, et qui dit Jack London dit neige, forêt, ruée vers l’or. ‘Construire un feu’ ne déroge pas à la règle en narrant la marche solitaire d’un homme à travers les étendues désertiques du Klondike, dans le Grand Nord canadien. Avec son talent habituel pour les destins tragiques et les ambiances très noires, Chabouté raconte les affres de cette marche interminable, marche d’un homme qui s’est cru plus fort que la nature, plus fort que le froid. Le narrateur tutoie cette tête brûlée bientôt gelée, avec un ton ironique et moqueur, faussement amical, qui rend encore plus cruels les traits du dessinateur. Maître des atmosphères inquiétantes en noir et blanc, Chabouté, même s’il est passé à la couleur, excelle une fois encore dans ce rôle de tortionnaire d’un lecteur pris à la gorge par les graphismes silencieux, les mots justes et pesés, présageant l’arrivée du drame, inéluctable. Les sapins noirs contrastant avec la neige blanche laissent le petit personnage coloré qui jure dans ce décor écrasé par la nature. Le froid qui mord le chercheur d’or isolé est palpable, et la transformation de sa fausse assurance en inquiétude, puis en folie, sidère. Chabouté s’amuse à nous faire peur, et il y parvient sans en avoir l’air, sans user d’aucun effet, simplement par quelques mots soigneusement choisis, un découpage intelligent et des regards perçants. Idéal pour les soirées d’hiver glacées.

interview de Chabouté à propos de Construire un feu
Conseil bouquin: Longue marche de Bernard Olivier "il ne faut pas rajouter des années à sa vie,mais plutôt essayer de rajouter de la vies à ses années" JF Kennedy
posté le 02 févr. 2008

wildtrekker
Martinet
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Pas mal du tout... J'aime bien ce que raconte ce gars... Si j'ai l'occas j'acheterais le bouquin. Merci pour l'info.
Voyager seul est un bon moyen de rencontrer sa propre compagnie. PHOTOS DE L'AVENTURE: http://wildtrekker.com
posté le 14 févr. 2008 mis à jour le 14 févr. 2008

wildtrekker
Martinet
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Salut à tous,

Décidement, la malchance s'acharne sur ceux qui s'engagent sur "le long chemin Scandinave". Il semblerait que "le Dragon" qui veille sur ces contrées ne soit pas d'une exellente humeur...
Le deuxième gars qui m'avait contacté avant de se lancer dans ce périple vient lui aussi, tout comme Jéremy, de vivre une sale aventure!

Je vous laisse à son blog dont vous trouverez le lien + bas... Je pense qu'il sera judicieux de bien le lire... Mon esprit se tourne vers ChristopheD et Régis Cahn qui prépare le même type de randonnée. Sortez couverts!


Voici son mail:



Chris,

Je viens de trouver le récit de Jeremy que tu as posté sur expemag. Je
lui ai écrit.

Je suis bouleversé car j'ai vécu la même expérience que lui, dans une
avalanche, il y a trois semaines. L'abandon devant la mort, l'instant de
réveil, la survie miraculeuse...
J'ai été incroyablement ému de lire son récit.

Voici l'adresse de mon blog, que j'ai regretté de ne t'avoir pas
communiqué avant mon départ.

http://pulka.over-blog.com

J'ai interrompu mon voyage, je suis a Oslo depuis deux semaines. Je
passe un moment fantastique ici, j'ai vu ma famille et j'ai rencontré des
personnes formidables.

J'aimerais continuer mon voyage lorsque mes gelures seront guéries,
mais le récit de Jeremy me fait beaucoup réfléchir.

Merci d'avoir mis son récit sur le forum.

Nico
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posté le 18 févr. 2008 mis à jour le 18 févr. 2008

wildtrekker
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Il y aura une rencontre publique

MARDI 19 FEVRIER A BAGNERES DE BIGORRE (65)
AU CINEMA LE MAINTENON A 18.30H

Cette conférence est organisée par l'office municipal des sports de la ville. Je présenterai le diaporame de l'aventure "Le Dragon du nord"

Si vous avez l'occasion de venir ou d'être dans le secteur en cette période de vacances, venez me voir en précisant que vous faites partie du forum. Je vous invite.

A+

Chris.
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posté le 18 févr. 2008

Régis Cahn
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wildtrekker :
Salut à tous,

Décidement, la malchance s'acharne sur ceux qui s'engagent sur "le long chemin Scandinave". Il semblerait que "le Dragon" qui veille sur ces contrées ne soit pas d'une exellente humeur...
Le deuxième gars qui m'avait contacté avant de se lancer dans ce périple vient lui aussi, tout comme Jéremy, de vivre une sale aventure!

Je vous laisse à son blog dont vous trouverez le lien + bas... Je pense qu'il sera judicieux de bien le lire... Mon esprit se tourne vers ChristopheD et Régis Cahn qui prépare le même type de randonnée. Sortez couverts!


Voici son mail:



Chris,

Je viens de trouver le récit de Jeremy que tu as posté sur expemag. Je
lui ai écrit.

Je suis bouleversé car j'ai vécu la même expérience que lui, dans une
avalanche, il y a trois semaines. L'abandon devant la mort, l'instant de
réveil, la survie miraculeuse...
J'ai été incroyablement ému de lire son récit.

Voici l'adresse de mon blog, que j'ai regretté de ne t'avoir pas
communiqué avant mon départ.

http://pulka.over-blog.com

J'ai interrompu mon voyage, je suis a Oslo depuis deux semaines. Je
passe un moment fantastique ici, j'ai vu ma famille et j'ai rencontré des
personnes formidables.

J'aimerais continuer mon voyage lorsque mes gelures seront guéries,
mais le récit de Jeremy me fait beaucoup réfléchir.

Merci d'avoir mis son récit sur le forum.

Nico


J'étais en contact avec Nico, avant et après...
J'avoue que ces histoires sont a prendre très au sérieux.
Je prend en compte ces expériences...
La méfiance est de mise.
Salutations
Régis
posté le 17 juin 2008

wildtrekker
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Salut à tous,

Le livre avance gentiment... C'est un drôle de boulot, une véritable expédition en fait! J'espère le terminer pour la rentrée. En attendant voici une mini vidéo, je fais des tests pour placer des scènes plus intérressantes...

http://www.youtube.com/user/ChrisCastillon

A+
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posté le 24 juin 2008

Volo
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Sympa la vidéo, sa avait l'air en effet assez extrême comme conditions

Tu pourrais en mettre d'autre de ce genre ? :p
posté le 06 juil. 2008

wildtrekker
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Une petite vidéo de plus prise sur le lac Tornetrask en Suède.
http://www.youtube.com/watch?v=Suf2y9fP1SU

vidéo
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posté le 15 juil. 2008 mis à jour le 15 juil. 2008

wildtrekker
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09.03.2007
Mes pas s’imprègnent sur le sommet des fines crêtes fragilisées à présent par le printemps. Toujours prisonnier d’un lourd brouillard, je laisse patiemment défiler les jours blancs. L’atmosphère se charge de buée. Parfois, il m’arrive d’enlever mes lunettes pour les essuyer avant de réaliser que c’est le monde autour qui n’existe que par volute. Lors de ces moments étranges, l’esprit s’agite dans ma cervelle gelée, il cherche à s’échapper irrésistiblement du corps en s’inventant une bouillie de pensée susceptible de l’alimenter autrement. C’est dans cette bousculade de neurones que certaines idées courent de l’irrationnel jusqu’aux plus réelles factures EDF que j’imagine s’entassant dans ma boite aux lettres.
Mais c’est curieusement lors de ce désordre cérébral que toutes les raisons m’ayant portées jusqu’ici m’offrent soudain une certitude : « On peut partir sur les traces de Pierre, Paul, Jacques ou de qui l’on veut. On peut trouver des sujets de réflexions extraordinaires donnant un sens supplémentaire à la marche. Pour ma part, aujourd’hui l’unique véritable raison de l’aventure prend racine au fond des pistes que j’arpente ! C’est un besoin vital, une vieille résurgence millénaire d’une époque de nomades bipèdes. C’est l’instinct humain qui s’épanouit, générant de fait un supplément d’âme venu du fond des âges. Frappant à la porte de l’inconscient, le verbe « découvrir » s’emplit d’un sens profond, il engendre un courage nouveau enrichissant le caractère.
Finalement on prend la piste parce que l’on aime son goût !
On marche pour la liberté qu’offrent certain mondes encore vierges.
On avance pour le simple plaisir d’être sur les chemins glacés des pôles encore présents.
On prend « la piste aux merveilles » simplement pour s’unir à la nature et poser sa toile de tente comme un artiste peintre l’offre à son pinceau...

Je souris en repensant aux moments où j’arpente des pistes faciles. Nous connaissons tous ces instants magiques de totale quiétude. J’adore à l’occasion boire jusqu’à plus soif du vin Rioja en marchant la nuit dans les mesetas d’Espagne. Un bon vin se boit à la bouteille sous les étoiles blanches, lorsque la chaleur est écrasante et la fatigue devenue une amie. Quoiqu’en pensent les grands sommeliers, je connais nombres de petits vins s’améliorant considérablement lorsque c’est l’homme lui-même qui à su se bonifier…


Pour l’heure, mes skis glissent à une bonne cadence sur le sol arctique. « Pulkette » c’est le nom de ma pulka depuis quelques jours, continue de me suivre gentiment en couinant.
L’air est pur comme au premier jour. J’ai le visage brulé, mes lèvres malmenées par les rayons du soleil et les températures extrêmes ont explosées comme des bulles de chewing gum. Je ne peux même plus rire de moi même. C’est la première fois dans une aventure que des kilomètres me paraissent si longs. Vingt-cinq kilomètres est un chiffre très honorablement gagné à la journée. Il est vrai que pulkette tire derrière mes reins. Mais dans le froid il est impossible de voyager léger. Mon sac de couchage à lui seul pèse pratiquement 3 kilos, la tente en fait quatre et la plupart des vêtements sont en doubles au cas où je tomberai dans l’eau. Pulkette elle même avec son brancard fait environ 6 kilos.
De plus la nourriture à embarquer prend des proportions gargantuesques. Il est indispensable d’en avaler une belle quantité au quotidien pour maintenir la masse graisseuse permettant de lutter contre le froid particulier de ces contrées.
Pour m’offrir davantage de bonheur, j’ai choisi une route montagneuse compliquée aux charmes coûteux en effort. Mais fort heureusement, la peau de renne sur laquelle je dors à changée ma vie. Depuis que je l’utilise au dessus de mon matelas thermarest le confort est absolu. Aujourd’hui il me serait franchement impossible de ne pas l’avoir sous ma couche. La qualité du sommeil lors d’un raid est indispensable à la récupération physique. Bien dormir est l’élément de base essentiel ne permettant aucune enfreinte.

http://www.youtube.com/watch?v=Suf2y9fP1SU
Voyager seul est un bon moyen de rencontrer sa propre compagnie. PHOTOS DE L'AVENTURE: http://wildtrekker.com
posté le 15 juil. 2008

Lilou
Hirondelle
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Génial!!! Je me réjouis de lire ton livre ;)
posté le 15 juil. 2008

wildtrekker
Martinet
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Merci c'est très gentil.

Votre site est vraiment mignon tout plein... Je comprends tout à fait votre plaisir, avoir un traineau et ses chiens est un évènement fort dans une vie!

Bonne route à vous les amis!

Chris
Voyager seul est un bon moyen de rencontrer sa propre compagnie. PHOTOS DE L'AVENTURE: http://wildtrekker.com
posté le 14 nov. 2008

wildtrekker
Martinet
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Lieu : Bagnères de Bigorre

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Salut à tous,

Voici quelques petites news sur l'aventure WILDTREKKER

Tout d'abord concernant le livre: Il est en cours de correction et sera édité d'ici quelques mois.

Un nouveau site est en construction dans lequel vous découvrirez les nouveaux projets d'aventures ainsi qu'un diaporama sur l'expédition Scandinave.

Voici un lien qui sert "de mise en bouche" sur le sujet: http://www.viddyou.com/wildtrekker

Je voulais également vous parler d'une artiste-voyageuse que j'ai découverte il y à peu de temps. Son travail laisse rêveur... A vous de juger.

Artiste-voyageuse de talent

A bientôt.

Chris
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posté le 30 nov. 2008

ChristopheD
Milan noir
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wildtrekker :
Tout d'abord concernant le livre: Il est en cours de correction et sera édité d'ici quelques mois.

YESSS, YESSS, YESSS ! ;)
je le lirais en rentrant.
Adepte de la pulka depuis une reconstruction du bas du dos (interdiction de porter plus de 15 kg !!)."Ca ne sert à rien de se ruiner le dos à porter des trucs qu'on peut tracter !" (c'est de moi !)
posté le 08 févr. 2009

wildtrekker
Martinet
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Salut à tous,

Le nouveau sitewildtrekker.com

Bonne visite !

Chris
Voyager seul est un bon moyen de rencontrer sa propre compagnie. PHOTOS DE L'AVENTURE: http://wildtrekker.com
posté le 15 juin 2010 mis à jour le 15 juin 2010

Volo
Martinet
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Lieu : Lyon (69) et Iguerande(71)

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Salut ;)

Alors, où en est ce livre ?

Et sinon, serait-il possible que tu poste ta liste d'équipement ? :)

Merci !
posté le 26 mai 2013

wildtrekker
Martinet
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Lieu : Bagnères de Bigorre

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Bien le bonjour à tous !!!

Retour sur le forum, sur la France, sur le net après une longue absence !!! Il y a eu tellement d'autres aventures... Un film sur la Réunion, la découverte du Groenland etc...

Entre temps il y a eu aussi la sortie du livre sur ce RAID EN SOLO SUR LA SCANDINAVIE.
Je vous invite à retrouver plus d'info sur la page facebook https://www.facebook.com/pages/WILDTREKKER/155868364498724?ref=hl

et voici le lien si vous aimez la lecture:
http://www.lulu.com/shop/christophe-castillon/le-dragon-du-nord/paperback/product-21034011.html

Bien à vous tous et merci pour tout vos messages !!! Une belle famille que celle des aventuriers ;)

Chris.
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posté le 07 juin 2013

ChristopheD
Milan noir
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Lieu : Bourgogne, hips !

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Reçu ce matin ! ;)

Y a plus qu'à déguster !
Adepte de la pulka depuis une reconstruction du bas du dos (interdiction de porter plus de 15 kg !!)."Ca ne sert à rien de se ruiner le dos à porter des trucs qu'on peut tracter !" (c'est de moi !)
posté le 22 juin 2013

wildtrekker
Martinet
(46 messages)
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Lieu : Bagnères de Bigorre

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Merci à toute l'équipe du magazine !!!
Voyager seul est un bon moyen de rencontrer sa propre compagnie. PHOTOS DE L'AVENTURE: http://wildtrekker.com
posté le 22 juin 2013 mis à jour le 22 juin 2013

wildtrekker
Martinet
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Inscription : 13/12/06
Lieu : Bagnères de Bigorre

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Voyager seul est un bon moyen de rencontrer sa propre compagnie. PHOTOS DE L'AVENTURE: http://wildtrekker.com
posté le 21 mars 2014

wildtrekker
Martinet
(46 messages)
Inscription : 13/12/06
Lieu : Bagnères de Bigorre

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Amis Voyageurs.
Je tenais à vous remercier depuis toutes ces années pour votre soutien. Les critiques sur le livre « Le dragon du nord » me motivent et me donnent l’envie de continuer à parler du « dehors » .

Que nos passions durent toujours !

Chris.
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