Mon Grand Tour du Vercors

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VTT
Quand : 29/05/20
Durée : 5 jours
Distance globale : 182km
Dénivelées : +4418m / -4419m
Alti min/max : 712m/1693m
Carnet créé par La Lozère le 15 juil.
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Vue d'ensemble

Le compte-rendu : Jour 4 (mise à jour : 15 juil.)

Distance : 56km
Dénivelé : 1400m de D+



Après l’orage d’hier soir, le réveil se fait sous le soleil. C’est très agréable et cela permet de faire sécher la tente. Très bonne nuit et tant mieux, car aujourd’hui normalement la journée devrait être longue: c’est la plus longue étape de mon périple. Normalement, je devais gravir le But St Genix mais hier j’ai vu ce qui m’attendais: 1km de poussage, juste pour un point de vue...bonjour le réveil musculaire. Du coup, je décide d’en faire l’impasse ce qui me fera économiser 300m de D+: alors direction la baraque forestière du Plainet pour refaire le plein d’eau. Et par une petite route et une piste forestière, je rejoins la trace sur les crêtes au Col de Font Payanne. Les points de vue sur la plaine de Vassieux sont superbes. Vassieux est un village martyr de la résistance lors de la seconde guerre mondiale. 72 de ses habitants ont été massacrés et la totalité de ses maisons brûlées par un ennemi sans pitié. Il fut rasé en 1944 et reconstruit suivant l’ancienne logique d’implantation.
Jour 4
Cette crête offre de magnifique panorama sur Saint Julien en Quint.
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Après une belle descente sur une piste forestière, je me retrouve sur les pâturages de Font d’Urle. L’endroit porte bien son nom: malgré le beau temps, il y a pas mal de vent.
Jour 4
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L’endroit est vraiment spécial: complètement exempt d’arbre, très sauvage. Juste une herbe rase avec quelques narcisses qui me font revenir en enfance avec ces grands champs de ces fleurs très odorantes. Malheureusement, ici elles sont un peu passées.
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Ce plateau propose également de superbes exemples de ces lapiaz: formation très caractéristique des plateaux calcaires.
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Le lapiaz est une formation géologique de surface dans les roches calcaires et dolomitiques créée par le ruissellement des eaux de pluie qui dissolvent la roche: cela forme un grand entablement rocheux parcouru de réseaux de fissures.

On peut également voir de grands cairns d’origine absolument pas naturel.

Jour 4
Petit passage par la station de Font d’Urle. Station nordique proposant de nombreuses randos à pied en été, et ski de fond et raquettes en hiver. Mais moi, je vais continuer ma route en direction de la pelouse Derbounouse. Derbounouse de Font d’Urle, à ne pas confondre avec Darbounouse des hauts plateaux, lieu du premier parachutage d’armes pour les résistants.
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Une petite descente me fait rejoindre le mémorial de la résistance de Vassieux-en-Vercors. Ce bâtiment est une œuvre destinée à faire mémoire de l’histoire des maquis du Vercors en hommage aux femmes et aux hommes qui ont lutté pour la paix et la liberté. L’architecture, volontairement austère, invite le visiteur à se souvenir….
Jour 4
J’aurais bien visité ce lieu: malheureusement, encore une fois, Madame Covid19 est passée par là et le mémorial est fermé.

Il y a un petit single qui part du mémorial et qui rejoint directement Vassieux. Mais après renseignements pris auprès d’une employée du mémorial, il s’avère que si les premiers mètres sont relativement faciles, cela se complique avec beaucoup de marches. Et avec mon barda, ça va être compliqué. Alors, bien que cela ne soit pas très à mon goût, je vais descendre dans la vallée par la route: 3km de goudron sur une grande route très fréquentée, beurk….

Cette route me mène directement à la nécropole de la résistance du Vercors. Cette nécropole d'une superficie de 8300 m2 regroupe les tombes de 187 maquisards et civils morts lors des combats qui se déroulèrent sur le plateau en juillet 1944.

Jour 4
Proche de la nécropole, on peut apercevoir les carcasses de 2 planeurs Allemand. Le fuselage d'un DFS 230, un petit vestige d'un Gotha 242. Si ces aéronefs et leurs occupants n'ont pas décidé du sort du Vercors, ils sont restés fortement ancrés dans la mémoire collective à cause du caractère spectaculaire de leur utilisation.
Jour 4
Ma trace va maintenant parcourir cette plaine et me mener ainsi jusqu’à La Chapelle-en-Vercors par de petits singles très ludiques. Mais mon lourd barda ne me permet pas de profiter pleinement de ce terrain de jeu.

La trace me permet d’aller à la rencontre des vestiges d’un ancien moulin. Sur le territoire de Vassieux, balayé par la bise glaciale ou les rafales humides soufflant du midi, les moulins à vent se sont très tôt imposés, reléguant au second plan les ouvrages hydrauliques. Ces vestiges constituent les seuls témoins conservés de moulins à vent dans les Alpes du nord.

Jour 4
Me voici donc à La Chapelle. Je vais faire vite car le ciel est vraiment menaçant. Je cherche une boulangerie pour casser une petite croute avant la dernière difficulté de la journée.

En sortant de la Chapelle, petit passage à la cour des fusillés. A partir du 21 juillet 44, les soldats Allemands lancent de violentes offensives contre les maquisards et les habitants du Vercors. A la Chapelle, les soldats recherchent armes et « terroristes ». Ils exigent la collaboration du maire et du curé qui refusent. Rassemblée dans la soirée, la population est alors divisée en 2 groupes: d’un côté les jeunes hommes, de l’autre les plus âgés. Les femmes et les enfants sont enfermés dans l’école avec le maire et le curé.

Dans la nuit du 25 juillet, les soldats allemands détruisent et incendient une centaine de maisons, et fusillent 16 jeunes dans la cour de la ferme Albert.

Jour 4
Me voilà reparti pour rejoindre mon lieu prévu de bivouac. Avant de sortir du village, je demande à un menuisier dans son atelier si je peux faire le plein d’eau. Pas de problème sauf qu’il va falloir que je me trimballe toute cette flotte. Le temps est menaçant et il me reste une belle difficulté. A peine arrivé au pied de la difficulté, quelques gouttes tombent. Je trouve dans la hâte un terrain à peu près plat pour monter la tente. Je déballe la tente et commence le montage, mais d’un seul coup, plus rien…. J’hésite, mais finalement je remballe tout et me lance à l’assaut de cette difficulté. Je sais que je vais en chier: 7km de montée pour 600m de D+. Mais le plus dure sont les 3 premiers kilomètres avec 450m de D+, soit 15% de moyenne et des passages à 18-20%. La fin se fait sur la route du Col d’Herbouilly. Un calvaire…. mais le jeu en vaut vraiment la chandelle.

A l’arrivé quel spectacle que cette plaine d’Herbouilly.

Jour 4
Après cette rude montée, je suis cuit mais vraiment content. Je prends 5mn pour profiter de ce lieu. Je trouve un endroit parfait pour le bivouac. Légèrement en hauteur, je surplombe la plaine. Le temps est menaçant au sud, mais pour l’instant j’ai droit à un super soleil. J’en profite pour monter mon bivouac tranquillement. Je choisis bien l’orientation de la tente pour pouvoir profiter au maximum de la vue.
Jour 4
Après une petite sieste, je fais quelques exercices d’assouplissement: la dernière montée a laissé des traces. Ensuite, je fais un peu le tour du propriétaire. J’ai repéré une petite particularité de l’autre côté de la plaine. En traversant la plaine, j’ai l’impression de marcher sur de la mousse très épaisse: la sensation est bizarre. Surprenante, intrigante, accueillante, reposante, les qualificatifs ne manquent pas pour décrire cette plaine d’Herbouilly.

La particularité est en fait deux gouffres ou plutôt « scialet » (petits gouffres), aussi appelé "aven" dans les régions karstiques des causses et vallées de l'Aveyron et de la Lozère.

Jour 4
On peut également voir les vestiges d’une vielle ferme. Comme beaucoup, celle-ci fut détruite par les soldats Allemands pendant la guerre. La ferme d'Herbouilly était le poste de commandement du Capitaine Goderville lors des opérations de résistance dans le Vercors en juin 1944.

Voilà, la journée se termine tranquillement par un bon petit repas. Et ce qui devait arriver arriva: un orage éclate et ce sont des trombes d’eau qui s’abattent. Cela dure une petite heure mais la quantité d’eau est impressionnante. Je dois dire que dans un moment comme ça, je suis bien content d’être sous la tente. Et elle ne bronche pas: pas une goutte à l’intérieur. Juste quelques éclaboussures car le double toit est légèrement décollé du sol. Mais sinon nickel.

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