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5 jours, 5 enfants et 2 ânes en Vercors

5 jours, 5 enfants et 2 ânes en Vercors

(réalisé)
Première expérience de randonnée avec des ânes.
âne
Quand : 10/07/19
Durée : 5 jours
Distance globale : 67.3km
Dénivelées : +1979m / -2090m
Alti min/max : 965m/1649m
Carnet publié par mathieu22 le 19 juin 2021
modifié le 20 août
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Le topo (mise à jour : 20 août)


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Le compte-rendu (mise à jour : 20 août)

 Cela aurait pu être le titre d’un roman d’aventure ou bien d’une émission de télé-réalité mais non, il s’agit simplement de notre dernière idée pour occuper les vacances. D’une escapade sur les sentiers du Vercors en compagnie de Zoé (4 ans), Alice (3 ans et demi), Malo (2 ans), Clémentine (1 an) et Lily (5 mois) ! Ah j’oubliais, il y avait aussi Vladimir et son frère Tilleul, nos deux fidèles compagnons à quatre pattes. Nous c’est Mathieu, Lolita, Cédric et Julie, quatre professeurs des écoles en mal d’occuper leurs vacances ! On entend souvent qu’on ne peut rien faire avec des enfants en bas âge, eh bien nous voulions démontrer le contraire, on peut faire des choses, il s’agit juste d’un peu (beaucoup ?) d’organisation, de logistique et surtout de volonté. Bon, en fait on ne voulait rien montrer du tout on avait juste envie d’un peu de vadrouille entre copains et d’embarquer avec nous tous nos marmots. Cela paraissait sympathique sur le papier, c’est pourquoi on a choisi de rester en terrain connu, le Vercors où l’on habite, et de rayonner autour de chez nous, les espaces du parc naturel offrant largement assez d’itinéraires attrayants et adaptés. Et on allait emmener avec nous nos copains bretons pour leur faire découvrir le coin ! L’idée de départ était simple : pouvoir faire un peu de rando, les ânes portant nos bagages et nous les enfants, puis bivouaquer pour leur faire découvrir le charme des nuits sous tente, vivre une aventure à leur échelle, à deux pas de la maison ! Alors dans nos têtes c’était à peu près ça, dans la réalité ce fut un peu différent, à commencer par l’organisme qui nous prêtait les ânes. L’ânier qui nous fait le briefing le matin du départ se révèle être bien sympathique mais ne cache pas son scepticisme (voire son inquiétude) face à notre projet. On apprendra plus tard qu’il ne nous donnait pas deux jours pour le rappeler et lui dire qu’on abandonnait. Bref, après un cours rapide sur la manière de bâter les ânes, nous voilà partis sur les sentiers Vertaco !
On était finalement bien chargés, même si on se dit qu’on emmène le strict minimum, ce dernier remplit quand même un coffre de Kangoo et un coffre de Scénic, d’où notre surprise : quoi, deux ânes ne valent pas deux monospaces, mais comment ça ?? Et puis très vite : punaise mais c’est physique ! moi qui croyais qu’on allait se la couler douce à 4 km/h, voire s’ennuyer parfois, eh bien que nenni, les ânes il faut les pousser en montée et les retenir en descente, pour moi qui n’ai rien dans les bras c’est un petit bonheur ! Heureusement cela semble plaire à nos marmots qui avancent tout sourire et s’amusent à chercher les coins à mûres, framboises ou fraises des bois ! Premier ouf de soulagement lorsqu’on voit le sourire et l’entrain des enfants, car il aurait été difficile de leur imposer cette aventure si ces derniers n’y avaient pas trouvé quelque chose d’attrayant. Et sur ce point les ânes jouent un grand rôle, les grandes seront très fières de nous aider à leur tenir la longe, à les brosser, les soigner, leur donner à boire, etc. Et pour les autres dans les sacs de rando ou porte-bébés, les ânes font l’objet de toutes les caresses, bisous et sourires qu’ils ont à distribuer. La connexion entre les enfants et les animaux est presque immédiate, il n’y a qu’à voir leur inquiétude lors d’un violent orage essuyé le premier soir sous la tente. Ils se faisaient plus de soucis pour les ânes qui étaient restés dehors que pour eux, oubliant totalement au passage leur peur de l’orage pour certains. Et puis il y a les larmes et les pleurs du dernier jour lorsque Malo comprend qu’on va devoir quitter les ânes et qu’ils ne rentreront pas à la maison avec nous. Au quotidien il faut savoir jongler un peu entre les envies et les besoins du moment de tout le monde mais finalement ça ne s’est pas si mal goupillé que ça. Cela amène parfois à des temps de sieste peu communs, comme lorsque Zoé s’est retrouvée à faire la sieste sur mes épaules alors que j’avais Lily en porte-bébé ! Le soir l’attrait du refuge et de sa bière nous pousse à accélérer dans les derniers mètres. Se retrouver devant un refuge fermé le premier soir, à 30 minutes près, nous a servi de leçon ! Ah, maudite finale de coupe du monde !. On choisit toujours des lieux de bivouacs pas très loin d’un refuge et d’un point d’eau, au cas où. Au hasard des chemins il nous arrive de croiser d’autres randonneurs ou touristes dans les villages et c’est surprenant de voir leur étonnement à notre rencontre. Nous sommes pris en photos, ils veulent caresser les ânes. Je pense que si l’on se promenait avec des chameaux on ne susciterait pas plus d’intérêt ou de curiosité de leur part. Je ne pensais pas déclencher de telles réactions mais cela donne lieu à de jolies rencontres. Il y a aussi les traversées de pâturages où les vaches beuglent et nous suivent en troupeaux, face aux ânes, imperturbables (sauf peut-être à la Molière où Tilleul avait décidé de rejoindre le troupeau tout seul, n’est-ce pas Julie ?) ou lorsque l’on croise des cavaliers et que ce sont les chevaux beaucoup plus imposants qui prennent peur face à nos ânes chargées comme des mulets !
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Mais finalement le quotidien avec ces animaux s’avère vraiment agréable, à l’adage « têtu comme un âne » je répondrais plutôt « malléable à souhait ». Ils ont fait preuve d’une patience incroyable face à nos marmots et à leurs cris, leurs envies, leurs idées parfois étranges (Malo surprise un matin à essayer de partager son biberon de lait avec Vlad, ou Zoé et Alice essayant de lui confectionner un pansement à la patte avec des feuilles…). Ils n’ont jamais rechigné à suivre le rythme, à porter tout notre fatras ou à subir les nombreuses pauses. En bref, je conseille ce mode de déplacement à quiconque souhaite découvrir un coin de nature et s’affranchir de quelques kilos tout en partageant une expérience qui, si elle n’apparait pas exceptionnelle sur le papier, s’avère être un véritable moment de partage avec l’animal en vivant au rythme de ses efforts, chose trop rare dans notre quotidien d’aujourd’hui et qui offre du coup une expérience inédite et des rencontres incroyables. Nos enfants et nous-mêmes sommes revenus enchantés et n’attendons désormais qu’une seule chose : les beaux jours pour repartir !
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