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Johanna
par Johanna
31 mars 2023
330 lecteurs
Lecture 3 min.

Le gras c’est la vie

Les lipides sont une source énergétique très importante. C’est elle qui est principalement brûlée par l’organisme en mode endurance tranquille ; elle correspond donc bien au type d’effort d’un voyage nature. En outre, leur rapport poids / énergie étant plus de deux fois supérieur aux protides et glucides, il est rentable de transporter des aliments gras. Mais le corps ne sait plus toujours bien utiliser ces réserves pourtant précieuses... Les glucides sont l’énergie la plus facilement biodisponible. Ils sont stockés principalement dans le foie et les muscles, mais la quantité est faible. Nos principales réserves sont sous forme lipidique. Notre corps utilise comme carburant immédiat une partie des glucides que nous absorbons, et transforme le reste en lipides (pour le stockage). Or, nos modes de vie modernes et notre alimentation industrielle nous font ingérer trop de glucides et trop régulièrement. Nos corps allant au plus facile, ils utilisent ceux-ci en priorité pour alimenter le métabolisme.

Retrouvez notre grand dossier Porter moins, manger mieux, la nourriture de bivouac.

Se réapproprier des capacités que le corps humain avait oubliées

Comme l’explique entre autres David Manise, nos organismes semblent perdre l’habitude d’utiliser facilement d’autres filières énergétiques que celle du glucose, et rechignent (par manque d’entraînement) à utiliser leurs réserves de gras comme carburant. À noter en outre que la capacité à utiliser le gras dépend aussi de la VO2 max : meilleure est VO2 max, plus on peut utiliser de gras dans le « mélange » à une intensité donnée.

Donc, en quelque sorte, le corps devient paresseux pour utiliser le gras dans certains cas. Pourtant, du gras, on en a ! Et nos réserves de graisse contiennent des dizaines de milliers de kilocalories, même pour les plus minces d’entre nous.
Un des intérêts des régimes riches en matières grasses et pauvres en féculents et en sucres (Low Carb High Fat LCHF, paléo…), et de pratiques comme le jeûne (intermittent), c’est qu’ils obligent l’organisme à réapprendre à utiliser le gras de manière plus efficiente pour alimenter l’effort musculaire mais aussi pour faire tourner le cerveau. Le corps se « céto-adapte » : il est capable de produire plus vite des corps cétoniques et de fonctionner correctement en utilisant du gras comme carburant, via la cétogenèse (production de cétones, qui a lieu dans le foie) et la lipolyse (dégradation des lipides en acides gras).

Entraîner son corps à puiser dans ses réserves vite et bien est un énorme avantage pour :

  • Éviter les coups de pompe dès qu’on rate un goûter.
  • Changer sa composition corporelle dans la durée, en sachant faire autre chose que stocker du gras, et en réapprenant à l’utiliser.
  • Gagner en liberté : on peut facilement, quand on est « céto-adapté », sauter un, deux ou dix repas sans baisse notable d’énergie.
  • Pouvoir alléger considérablement son sac : quand on a l’habitude de tourner au gras, on peut diviser le poids de sa nourriture quasiment par deux. En effet, 1 g de glucides fournit 4 kcal, contre 9 kcal pour 1 g de lipides.

Bref, le gras, c’est la vie !

Retrouvez d'autres de nos articles sur le sujet :

  • Le dossier « Marcher sans manger » de CA59, incluant notamment « Utiliser son gras » la chronique de l’ours des bois, ainsi que ses précédentes sur le thème « Le gras c’est la vie » :
  • « Manger Paléo » dans CA46.
  • « Prenez du poids avant l’été ! » dans CA47.

Ainsi que des récits d'itinérance en jeûnant ou en mode hypocalorique :

Dessins : Philippe Gady