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Lampes frontales légères

par Anthony 23 nov. Soyez le premier à commenter share(partager) Soyez le premier à aimer ! :
Type de matériel testé : frontale

Résumé :

Pour nos pratiques d’itinérance en bivouac, on trouve désormais un large choix de lampes frontales sous les 100 grammes et qui couvrent tous nos besoins. Petit tour d’horizon pour y voir plus clair, de jour comme de nuit.

Voir les fiches des éléments de ce dossier :

nom poids Prix
Kiska 2 Stoots 108 g 128 €
Bindi Petzl 35 g 40 €
Depuis l’avènement de l’éclairage à LED (il faudrait dire DEL en français, mais qui l’utilise de nos jours ?), les lampes frontales ont directement bénéficié de tous les avantages que cette technologie procure. Couplée à des batteries rechargeables, la LED assure un éclairage de qualité, fiable, compact et surtout très léger.

Comment choisir sa lampe frontale pour bivouaquer

Avouons-le d’emblée, si l’on se limite au bivouac, on peut penser que l’éclairage LED d’un téléphone fait l'affaire (pas besoin qu’il soit smart, puisque cette fonctionnalité existe même sur des téléphones conventionnels du siècle dernier !). En effet, pour bouquiner ou chercher un objet au fond de son sac, le téléphone pourrait presque suffire. En pratique, une lampe frontale apporte bien d’autres avantages :
  • Du confort : manipuler ce qu’on veut avec 2 mains libres, comme faire la cuisine tout simplement. Ou encore pratiquer son activité de nuit : marcher pour aller observer le lever du soleil au sommet le plus proche par exemple.
  • De la sécurité : pratiquer son activité de nuit, mais par nécessité ! Si on se fait “prendre” par la nuit, la frontale permet de continuer sa progression. La lampe frontale devient alors un objet dédié à la sécurité, qui se doit par conséquent d'être fiable.
item photo

Sélection de lampes frontales

Pour répondre à ce besoin de confort comme de sécurité, de nombreuses lampes frontales existent sur le marché de nos jours. L’objectif ici est de se limiter aux modèles légers (moins de 100g) qui fonctionnent sur batterie. Étant donné le coût faible de ces dernières, il est temps d’arrêter de consommer des piles jetables pour nos activités ! Rappelons toutefois que les minerais utilisés pour nos batteries rechargeables posent évidemment d’autres problèmes – écologiques, éthiques, recyclage…  –  mais cela mérite un article à part entière (traité par Numerama et Reporterre par exemple).

Ce dossier se cantonne pour le moment à deux lampes frontales : la Kiska 2 de chez Stoots, et la Bindi de chez Petzl. Ces deux modèles montrent bien qu’il existe des manières bien différentes de concevoir une lampe frontale, même en restant sous les 100 grammes. D’autres modèles se joindront petit à petit à ce dossier.

Plusieurs critères seront analysés : autonomie, puissance, confort d’utilisation, polyvalence, résistance et éthique. Détaillons chacun de ces critères.
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Autonomie, faisceau et puissance

C’est le coeur du métier de la lampe frontale. Le plus souvent, les constructeurs stipulent haut et fort la puissance maximum. Mais cette puissance ne fait pas tout : il s’agit d’avoir un faisceau bien maîtrisé, en adéquation avec son besoin, et qui propose une autonomie décente.

Voilà les points auxquels on prête attention :
  • Éclairage maximum : oui, il faut s’en préoccuper, mais ne surtout pas se limiter à cette caractéristique. D’autant plus que c’est un mode qui ne servira que rarement, tant son autonomie est limitée. Cette valeur doit être indiquée en lumens (lm) : les mesures en lux ne sont pas viables, puisqu’elles dépendent de la focalisation (nous y reviendrons). Pour des besoins ponctuels, un bloc lumineux puissant est donc un atout indéniable, y compris en matière de sécurité. Attention toutefois à ne pas sombrer dans la course aux lumens donc, ça ne fait pas tout : voir le point suivant !
  • Autonomie et régulation : d’après un adage bien connu “sans contrôle, la puissance n’est rien”. C’est ce qui distingue une bonne frontale : elle doit être capable de fournir un éclairage constant sur chaque mode. C’est ce que nous avons testé avec notre protocole.
  • Étagement des modes d’éclairage : tous les modèles proposent différents modes de fonctionnement, plus ou moins puissants, afin que l’utilisateur puisse gérer son besoin d’éclairage en ménageant la batterie. Il est donc appréciable d’avoir un nombre suffisant de modes pour choisir l’éclairage dont on a besoin : ni trop ni pas assez.
  • Focalisation : une lampe frontale, ce n’est pas juste une LED puissante connectée à une batterie. Outre la qualité de l’électronique, il faut aussi une ‘optique’ de qualité, afin d’avoir un faisceau d’éclairage cohérent. Le plus souvent, un éclairage diffus correspond davantage aux faibles puissances, tandis que l’éclairage concentré correspond mieux aux fortes puissances. Certaines lampes frontales peuvent proposer différentes focalisation selon la puissance, en utilisant plusieurs LEDs. Il existe aussi des lampes frontales dont l’optique peut être réglée manuellement afin de concentrer plus ou moins l’éclairage, mais je n’en connais pas à moins de 100g (et vous ?). 
  • Recharge : plusieurs critères sont à prendre en compte : le type de batterie (peut-on la changer ou la remplacer ?), le chargeur (propriétaire ou générique ?) ainsi que le temps de charge. Selon sa pratique, il peut être très intéressant d'avoir la possibilité d'emmener une batterie supplémentaire par exemple.

À propos de la puissance d'éclairage, pour donner un ordre d'idée : on se contente souvent de 5 lm au bivouac. Pour marcher, on monte vite à 50-100 lm, selon le terrain. Et à vélo, je conseille au moins 200 lm (surtout en descente !). Mais ce ne sont que des valeurs indicatives qui dépendent de la qualité du faisceau !

Les faisceaux sont plus ou moins diffus, et plus ou moins bien régulés (plus d'infos sur notre protocole)
Les faisceaux sont plus ou moins diffus, et plus ou moins bien régulés (plus d'infos sur notre protocole)

Confort d’utilisation

Le confort d'utilisation d'une lampe frontale dépend de plusieurs éléments :
  • Portage : une bonne frontale sait se faire oublier, que ce soit au bivouac ou pendant une activité sportive. Si je me retrouve à chercher ma lampe frontale dans le noir, tandis qu’elle est sur mon front, alors le test est réussi ! Blague à part, le système de portage doit être cohérent avec le poids de la lampe et la taille du bloc lumineux. Un poids plus léger est un avantage, mais ne saurait être le seul facteur de choix.
  • Réglage : il doit être facile à faire, puis ne doit pas bouger ensuite. Que ce soit pour la taille du bandeau (pour qu’il épouse le tour de tête, ou tour de casque), ou l’inclinaison du faisceau. Rien de plus énervant qu’une frontale dont le faisceau descend petit à petit pour finir par éclairer son pif.
  • Manipulation : la majorité des lampes frontales n’ont qu’un seul bouton, qui permet de naviguer entre les différents modes d’éclairage. Si l’on se limite à cette fonctionnalité, les fabricants proposent différentes approches. Par ailleurs, chaque frontale possède quelques fonctions qui pourront être activées/désactivées par des pressions plus ou moins longues aux bons moments, plus ou moins intuitivement. D’une part, il sera très opportun d’aller jeter un oeil à la notice (mais qui le fait ?? Grands princes, nous l’avons fait pour vous !). Et d’autre part, sans notice sur le terrain, plus cela est intuitif, plus on a de chances de s'en rappeler au moment voulu.
  • Faible luminosité : parmi les modes qui sont parfois “cachés” (c’est un peu le hidden track de la lampe frontale !), on trouve souvent un mode “faible luminosité”, et/ou un éclairage rouge. C’est justement un mode qui nous intéresse particulièrement dans nos activités de bivouac : regarder la carte, bouquiner sous la tente, ou manger en économisant au maximum la batterie.
  • Mode “verrouillé” : ce n’est pas une dénomination officielle, c’est ainsi que je nomme la fonctionnalité de “verrouiller” sa lampe afin qu’elle ne s’allume pas intempestivement dans son sac à dos par exemple. C’est parfois un mode caché, et parfois qu’un bouton ou une action physique (comme retirer la batterie).
  • Matériaux utilisés : ils jouent aussi sur le confort, bien que ce soit en partie subjectif. Plus une lampe est lourde, plus le choix des matériaux sera décisif. On fera aussi attention à ce que la lampe ne chauffe pas trop, ce qui peut être gênant pour un usage prolongé à forte puissance. 
À moins de 100g, on trouve des frontales déjà très différentes, qui répondent à différents besoins.
À moins de 100g, on trouve des frontales déjà très différentes, qui répondent à différents besoins.
Dans le noir complet, l'éclairage rouge est très pratique pour ne pas s'éblouir en lisant la carte, tout en économisant la batterie.
Dans le noir complet, l'éclairage rouge est très pratique pour ne pas s'éblouir en lisant la carte, tout en économisant la batterie.

Polyvalence et résistance

Pour ceux d’entre nous qui pratiquent plusieurs activités, une lampe  polyvalente est un bon moyen d’éviter de multiplier le matériel. Dans le domaine des frontales, l’adage “qui peut le plus peut le moins” se vérifie : pour un poids contenu on peut accéder à un modèle qui couvre l’ensemble de nos besoins. Exemple concret : c’est très pratique de pouvoir utiliser sa lampe frontale de bivouac pour éclairer son vélo lors de trajets quotidiens. Une pierre deux coups ! Certains modèles permettent cette utilisation transversale, en pouvant se monter directement sur un casque ou sur un guidon par exemple. Pour ce faire, des marques proposent des accessoires, inclus ou à acheter séparément.

Quant à la résistance, elle se concentre principalement sur deux facteurs :
  • Les matériaux utilisés : si la tendance est au plastique pour alléger au maximum, il 
  • Et la résistance à l’eau : a minima, une bonne lampe frontale doit pouvoir être utilisée dans des conditions humides, afin d’assurer une bonne sécurité pour l’utilisateur. Certaines sont même certifiées IP68 (submersible et étanche à toute poussière), le graal pour avoir l’esprit serein : ainsi, la frontale fonctionne même dans les conditions les plus atroces :) Et sans vouloir se mettre dans ces conditions, une descente de nuit à vélo soumettra la lampe à une bonne colonne d’eau, qui peut s’avérer problématique si l’étanchéité n’est pas suffisante. Et personne ne souhaite se retrouver dans le noir sous la pluie !
  • La qualité de fabrication et de finition de l'ensemble.
Système très simple chez Stoots pour se servir de sa frontale sur toutes ses activités.
Système très simple chez Stoots pour se servir de sa frontale sur toutes ses activités.

Construction et éthique

Enfin, on prêtera attention à d’autres critères qui peuvent tout aussi bien être déterminants, notamment dans une logique de s’équiper en matériel de bivouac en adéquation avec une approche la plus vertueuse possible. Ainsi, on prêtera attention à :
  • Pays de fabrication : j’ai naturellement un faible pour les produits conçus et fabriqués en France ! Je ne reviens pas ici en détail sur le sujet, déjà bien abordé dans le dernier numéro.
  • Réparabilité : par leur conception, certaines lampes sont plus ou moins réparables. Cela va également dans le sens d’une consommation raisonnée : réparer plutôt que remplacer. Par exemple, des modèles ont plusieurs pièces aisément interchangeables, comme la batterie ou le bandeau.
  • Garantie et “service après-vente” : bien que nous n’ayons pas mis en défaut leur fiabilité, c’est toujours un avantage d’avoir une garantie. Et c’est encore mieux si on peut directement communiquer avec le fabricant.
  • Personnalisation : inexistante chez les “grandes marques” (et c’est logique !), elle est l’apanage des enseignes comme Stoots, dont la taille de la structure et l’approche permettent de proposer un tel service. Il ne s’agit pas uniquement de varier la couleur du corps de la lampe, mais aussi de changer le type de batterie ou de LED par exemple. Bien sûr, cette personnalisation concerne peu de pratiquants, mais mérite d’être saluée : c’est la souplesse et le dynamisme des “petites enseignes” qui permet d’avoir la frontale qui correspond à des besoins spécifiques.
Cette photo n'a pas été prise en Asie, mais en Bourgogne, où les frontales Stoots sont fabriquées. Cocorico !
Cette photo n'a pas été prise en Asie, mais en Bourgogne, où les frontales Stoots sont fabriquées. Cocorico !

Faites votre choix !

Malgré l’apparente simplicité, on remarque que de nombreux facteurs peuvent être pris en compte pour choisir une frontale. Il n’y a donc pas de “meilleur choix”, mais plutôt le choix qui vous convient avant-tout. Chaque frontale testée a donc été scrutée par nos soins pour vous aider à choisir celle qui ira de pair avec votre pratique, et vos convictions :)
Besoin d'un conseil ? Le chat de la rédaction peut vous aider. Ou s'il vous fait peur, demandez-nous des infos en commentaire, il ne les lit pas, nous oui.
(notez au passage qu'il en profite pour tester un matelas mousse de bivouac)
Besoin d'un conseil ? Le chat de la rédaction peut vous aider. Ou s'il vous fait peur, demandez-nous des infos en commentaire, il ne les lit pas, nous oui.
(notez au passage qu'il en profite pour tester un matelas mousse de bivouac)

Aparté : la lampe torche, une idée brillante ?


Une remarque concernant une alternative possible à la lampe frontale : la lampe torche. Elle est préférée par certains utilisateurs, et bénéficie également de toutes les avancées concernant les LEDs et les batteries. Avec une contrainte en moins : celle de devoir tenir dans un bloc qui tient sur le front. Par ailleurs, il existe des bandeaux qui permettent de faire tenir de telles lampes sur la tête. Toutefois, à l’usage, je trouve plus agréable d’avoir une lampe frontale réglable aisément, qui tient plus facilement sur la tête, et dont l’ergonomie est pensée pour se libérer les mains justement. Ceci étant dit, les lampes torches proposent évidemment de très bons éclairages aussi.
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Voir les fiches des éléments de ce dossier :

nom poids Prix
Kiska 2 Stoots 108 g 128 €
Bindi Petzl 35 g 40 €

Circonstances du test

De nuit :)

L'auteur et testeur de ce dossier :

Anthony Anthony

Les protocoles utilisés pour ce test :

frontale v1.0
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