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Canoë sur l'Aveyron 3
(partager)
posté le 07 août 2007 mis à jour le 15 août 2007

paleo_pat
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Descente de l’Aveyron du 11 au 14 juillet

Introduction :
En ce début de juillet pluvieux (sauf chez nous en Provence :p), nous avons quelques jours de congés que nous aimerions consacrer à une descente de rivière.
Comme souvent, nous n’avons pas de projet précis et c’est au dernier moment que nous allons à la pêche aux idées et informations.
Hérault, Orb, Aveyron, Lot ou Célé ? Les deux premiers étant plus proches, nous les réservons pour une période où nous disposerons de moins de temps.

Les loueurs auxquels je téléphone pour connaître la navigabilité du moment m’indiquent "qu’il n’y a pas de grosse crue annoncée" Un peu surpris de la réponse, j’insiste pour savoir si ce n’est pas du second degré ! :D Apparemment non, toutes ces rivières sont parfaitement navigables en ce moment.

Les prévisions météo des 5 jours à venir indiquent 2 jours avec des averses, puis une nette amélioration. Rien de catastrophique donc !

C’est en cours de route que nous établissons notre stratégie : on passe à Rodez et si le niveau d’eau ne nous convient pas, on pousse un peu plus loin vers le Célé et le Lot.
Pour l’Aveyron, CKM indique que la période idéale va d’avril à juin et conseille d’embarquer au viaduc de Rodez (càd en aval de la ville). Mon esprit curieux, têtu et tordu me pousse à aller voir un peu plus en amont (Agent d’Aveyron).
A l’approche du pont enjambant la rivière, une pointe d’excitation et de fébrilité nous assaille. Super, le petit rapide nous permet de rapidement conclure que le niveau d’eau est suffisant, on peut même aller voir plus haut.:canon:
Je ne sais pour quelle raison, j’aime bien embarquer le plus en amont possible. Après quelques kilomètres, la rivière devient plus étroite.

L’heure est déjà bien avancée et le ciel menaçant, nous décidons de différer l’embarquement à demain matin. Grâce à la cartographie du GPS, nous empruntons un chemin longeant la rivière et trouvons un coin tranquille où passer la nuit.


Pendant que nous préparons le repas, Ilouliak observe les canards.

Nous décidons de passer la nuit dans le break afin de garder la tente sèche.
Bien nous en a pris car il a plu une bonne partie de la nuit. Au matin, l’herbe est trempée et la première chose que nous faisons est d’enfiler nos chaussons néoprènes.

Etape 1 : La Loubière-Rodez-Agnac (27km)



Après un bon petit déjeuner, nous assemblons le canoë. A peine avons nous installé le plancher d’Ilouliak que celui-ci se précipite dans le bateau.
C’est sa troisième sortie et il semble vraiment y avoir pris goût.

J’embarque seul avec Ilou alors que Sylvie va garer la voiture au prochain village. Nous la reprendrons au passage.
Les oreilles basses et la queue entre les jambes Ilouliak retrouve rapidement sa maîtresse et le morceau de pain frais qu’elle lui tend.

La navigation au milieu des verts pâturages est agréable. Seuls quelques déversoirs nous obligeant à porter ou cordeler viennent perturber le côté sauvage et naturel de la rivière.


Il est déjà midi lorsque nous approchons de Rodez. Nous profitons des berges aménagées pour prendre notre repas.

Les quelques promeneurs et joogers détournent leur attention vers Ilouliak
« oh qu’il est beau » ; « on dirait un loup » ou encore « qu’il est grand cet Husky »
On explique alors que c’est effectivement un chien nordique, mais qu’il est de race Malamute.

En guise de digestion, nous affrontons les nombreux déversoirs de Rodez : Portages ou cordellages (8 en 5km dont une série de 4 sur guère plus d’un kilomètre). Bien souvent ces barrages n’ont plus d’utilité ; nous pestons contre la main de l’homme qui a cherché à apprivoiser et à exploiter la force de l’eau alors que nous, désirons simplement jouer avec elle.


Cela mis à part, vu d’en bas, cette ville nous a paru assez jolie et originale.

Le ciel reste nuageux et lâche régulièrement quelques petites averses, mais tant que nous pagayons, nous n’avons pas froid.
Les paysages sont redevenus ruraux et nos principaux spectateurs sont maintenant les moutons et les vaches.

Vers 17h, nous décidons d’une pause.
Pendant que l’eau du thé chauffe, le soleil fait une apparition et ses rayons viennent délicatement nous lécher le visage. J’en profite pour tendre la corde de sécu entre deux arbres et faire sécher quelques affaires.

C’est souvent lors des pauses que la fatigue se ressent. Nos corps et nos esprits éprouvent le besoin de se relâcher.
Aussi, d’un commun accord, nous décidons de mettre fin à cette première étape.

A suivre
N'est pas grand celui qui ne tombe jamais, mais celui qui se relève et continue.
posté le 11 août 2007 mis à jour le 05 déc. 2007

paleo_pat
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Descente de l’Aveyron du 11 au 14 juillet

Etape 2 : Agnac-Belcastel-Prévinquières (40km) :



Hier soir, malgré les bonnes lectures dont nous disposions, nos yeux se sont rapidement fermés.
Aussi ce matin, nous sommes frais et dispos, impatients de reprendre la navigation malgré un ciel encore chargé.
A peine reparti, nous buttons sur un barrage. :O
Heureusement, la rivière s’enfonce ensuite dans la solitude et nous parcourons une dizaine de kilomètres sans en rencontrer de nouveau.
Sur les hauteurs, nous distinguons quelques belles et anciennes bâtisses.


Nous faisons halte près d’un joli pont.

On pourrait s’imaginer avoir remonté dans le temps et voir surgir des cavaliers regagnant leur habitation dominant la rivière.


Mais à y regarder de plus près la présence d’une parabole nous rappelle que nous sommes au 21e siècle.

Nous avons repris la navigation depuis un moment quand subitement, la présence de vacanciers sur les rives indique que nous approchons d’un village touristique.


A la sortie d’un méandre, Belcastel nous apparaît : c’est un village de carte postale, avec son château dominateur du XVe siècle.
Le camping, les pieds dans l’eau, face au village nous tend les bras. Nous ne savons toujours pas pourquoi nous ne ferons qu’une courte halte.
Trop tôt pour terminer l’étape ? Sortie trop brutale de notre isolement ? Aujourd’hui encore nous nous posons la question.


L’Aveyron se tord dans des gorges encaissées, tantôt sauvages, tantôt pastorales. Les escarpements rocheux alternent avec de fraîches prairies.
L’heure et les kilomètres défilent rapidement.
Peu après la Valette, nous rencontrons notre premier barrage avec glissière. Après reconnaissance, et dégagement d’une branche coincée dans la sortie, je me lance avec Ilouliak, Sylvie s’étant sacrifiée pour prendre une photo.


J'veux pas voir ça !

Le GPS indique 40 km lorsqu’à l’entrée de Prévinquières nous trouvons une fabuleuse aire de bivouac équipée de tables de pique-nique.
Il fait maintenant beau et doux, je choisis de dormir sur l’herbe fraîchement tondue alors que Sylvie installe son hamac entre deux arbres.

A suivre
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posté le 14 août 2007 mis à jour le 05 déc. 2007

paleo_pat
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Descente de l’Aveyron du 11 au 14 juillet

Etape 3 : Prévinquières-Compolibat-Villefranche de Rouergue (30km) :



Aujourd’hui, la pente s’accentue et la rivière accélère. Après Compolibat les rapides deviennent plus techniques.
A Vézes, il faut débarquer et reconnaître le passage.
Pas de piège ni de danger, mais c’est un peu manœuvrier et une seule trajectoire est possible.
En kayak, ce serait les doigts dans le nez. Avec un canoë chargé, c’est un peu plus chaud, mais le challenge me plait, c’est l’occasion de voir ce qu’on peut faire avec ce bateau.
Sylvie m’annonce quelle préfère passer à pied, j’irai donc seul.
Dans le petit courant qui précède le passage, je fais quelques tests de position et de répartition de la charge. Sylvie est sur le pont pour la photo, c’est parti.


Je suis concentré, le bateau réagit bien à mes sollicitations et j’arrive au passage clef avec la bonne incidence.


Un bon appel en rétropulsion pour éviter branches et rochers et le tour est joué.

Bon vous avez vu les photos, y a rien qui vous choque ? :siffle:
J’ai un peu honte, on avait oublié les gilets à la maison. Dans ce genre de passage il est plutôt recommandé d’en porter un.
Faites ce que je dis, pas ce que je fais !

La navigation se poursuit dans des rapides type "grille" : Je me régale à manœuvrer entre les rochers et à chercher les meilleures passes.
L'enjeu me plait, il est renforcé par le fait que l'enveloppe de l'Ally est plus vulnérable que la coque d'un polyéthylène. Ça nécessite pas mal de concentration et Sylvie espère que cela va bientôt se calmer.
Peut-être ai-je également trop usé des "appel ou propulse". :fouet:

Nous repérons un chemin qui longe la rivière. Elle l'empreinte durant un bon kilomètre en compagnie d'Ilouliak, histoire de lui dégourdir les pattes.
C'est l'occasion de constater que sur cette section, même propulsé par une seule personne, le bateau avance environ 2 fois plus vite qu'un piéton.

A l'approche de Villefranche de Rouergue, le cours d'eau s'assagit et nous rencontrons à nouveau des barrages.

CKM indique que le parcours Villefranche-Monteils, d’une douzaine de kilomètres est d’un intérêt tout à fait moindre. Je serais tenté de le vérifier, mais compte tenu du temps dont nous disposons, il est préférable de shunter ce tronçon afin de parcourir demain la section jusque Laguépie.

J’abandonne Sylvie et Ilou et vais rechercher la voiture en stop. De retour, nous démontons rapidement le bateau et allons jusque Monteils.
Nous nous installons au camping, qui est en bordure de la rivière. On pourrait presque se croire en bivouac puisque nous sommes seuls. La gardienne qui passera dans la soirée et avec qui nous ferons un brun de causette nous indiquera que le mauvais temps qui régnait a fait fuir les touristes.

A suivre
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posté le 15 août 2007 mis à jour le 20 déc. 2007

paleo_pat
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Descente de l’Aveyron du 11 au 14 juillet

Etape 4 : Monteils-Najac-Laguépie (28km) :



Après le moulin de Monteils, nous ne rencontrerons plus de barrage jusque Najac et passée la carrière, la rivière s’anime lentement.
Elle décrit de nombreux méandres coupés par les 10 ponts de la ligne SNCF.


Aux approches de Najac, nous rencontrons un long bief qui nous permet d’admirer la forteresse royale juchée sur un éperon rocheux (XIIIe siècle).

C’est également ici que nous rencontrons d’autres pagayeurs : un groupe de jeunes de l’UCPA.
Les glissières sont maintenant signalées par des panneaux et nous devrions bientôt rencontrer des rapides plus costauds.
Effectivement, certains passages forment de belles vagues, il y a un peu plus de volume, mais c’est moins manœuvrier et plus franc que la veille.
Ça pourrait être limite sans pontage, mais la souplesse et la forme de l’Ally font merveille dans ce type de passage : L’équipière avant est peu éclaboussée et nous embarquons seulement un peu d’eau par le milieu qui est la partie la plus basse.

Le décor est toujours sauvage, et les rapides s’enchaînent avec plaisir.
Il n’a pas été utile de les reconnaître et Sylvie les a tous passés dans le bateau. :canon: Désolé, il n’y a donc pas de photos. :snif:

Arrivé à Laguepie, il me faut de nouveau faire du stop pour récupérer la voiture.
Je suis assez pessimiste car nous sommes le 14 juillet et je ne suis pas sur un axe principal. Cela se confirme, il passe une voiture toutes les 10 minutes.
C’est statistique il faut qu’il en passe un certain nombre avant de trouver l’âme charitable.

Enfin voilà, je suis rentré à temps pour reprendre le travail. (Eh oui, le dimanche 15 juillet, c’est une drôle d’idée, mais il en faut et il n’y a pas que des désavantages)

Conclusions :

L'aveyron est longue de 250km et se jette dans le Tarn.

Même si la concentration de déversoirs est un peu pénible à certains moments, nous nous sommes régalés. (42 barrages sur les 125km parcourus, soit une moyenne de 1 tous les 3km).


Heureusement certains se passent.


Attention au freinage.

L’isolement y est fréquent et nous avons été séduits autant par les paysages que par l’intérêt de la navigation.

J’ai un peu du mal à l’exprimer, d’autant que je ne voudrais pas être péjoratif, mais je trouve que cette rivière un peu oubliée a plus le goût de l’aventure que du loisir ou du tourisme. Ça n’a rien a voir avec les gorges de l’Ardèche ou du Tarn qu’esthétiquement, je trouve superbes.

Attention, puisque je compare, j’attire votre attention sur le fait que les sections Compolibat-Villefranche et Monteils-Laguépie sont techniquement un peu plus difficiles que l’Ardèche. Il est préférable de maîtriser correctement votre embarcation ou d’être encadré. Evidemment, comme sur toute rivière sauvage, la présence d’arbres ou de branches en travers d’un passage n’est pas exclue.

Je joins les relevés de Laguépie car le débit dont nous avons bénéficié était certainement exceptionnel pour la saison.

historique débits

Juillet 10 11 12 13 14 15
Onet 3,65 3,81 3,43 3,01 2,71 2,42
Villefranche 8,82 8,27 8,11 6,84 5,87 5,16
Laguépie 9,68 9,15 10,30 8,43 7,10 6,08

Je tiens à disposition de ceux qui le désirent les traces GPS et les WP des barrages de notre périple.

Patrick
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