La Colombie... Todo es possible, nada es seguro !

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L'eldorado du kayakiste... La Colombie :
Voici le récit d'une voyage à la découverte d'un peuple par l’intermédiaire du kayak.
Infiltré dans le vie colombienne, kayak sur le dos nous nous sommes jamais sentis aussi bien ! 
kayak de rivière
Quand : 15/11/17
Durée : 90 jours
Carnet créé par Mat Crazy le 19 févr.
modifié le 20 févr.
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Le compte-rendu : Section 1 (mise à jour : 04 mars)

L’Eldorado du kayakiste … La Colombie ! « Todo es possible, nada es seguro,».



Découverte en 1492 par les Espagnols, surnommé l’  « eldorado » pour son or et ses émeraudes, elle est riche d’une histoire tumultueuse.

Aujourd’hui la Colombie est ouverte au monde et devient le paradis des kayakistes, réputée pour ses rivières à volumes et ses expéditions.


Main dans la main, avec Roxane, qui navigue depuis seulement une année sur les rivières de classe 3, nous partons pour une exploration de trois mois de l’aéroport de Lyon vers ce pays chimérique, le 15 Octobre 2017.

A Bogota ( capitale de la Colombie ), après 15 heures de voyage, excités comme des conquistadors, kayak sur l’épaule, pagaie en main, package sur le dos, nous sommes sur le qui-vive, à l’idée d’affronter à la sortie du terminal une armada de taxi pour nous emmener au centre-ville.


Mais là, tout est calme, nous sommes surpris par l’agréable accueil Colombien, la zen attitude, le sourire, l’amabilité, «  Bienvenidos a Colombia » « Gracias por visitar colombia » nous ravies, nous sommes conquis, nous aimons déjà ce pays, cette chaleur humaine de l’Amérique du Sud !


Dès notre arrivée, les kayaks chargés dans les soutes des bus, dans les coffres des taxis, les déplacements sont faciles.


Nous retrouvons ainsi, très rapidement, notre ami Théo et sa Nissan 4X4 avec qui, nous parcourrons plusieurs contrées, vers toutes les rivières (classe III passage IV) de la région de Los Llanos aux portes de l’Amazonie : berceau de la musica llanera où chevauchent les llaneros (Cow-boys colombiens).


Théo, kayakiste français est installé depuis 10 ans en Colombie. Il est à l’origine de plusieurs ouvertures de rivière et de la création d’un topo guide de Colombie. Il est un guide indispensable pour parcourir le pays et accéder aux rivières.


De pIus en plus infiltrés dans la vie Colombienne, nous enchaînons des Rios dans des lieux reculés où nous sentons encore les traces des Guérilleros. Les 3 étrangers que nous sommes, kayaks sur la Nissan 4x4 ou sur le dos, attirent la curiosité, les sourires, favorisent les échanges avec les locaux, nous sommes heureux. Les accès aux rivières sont difficiles, nous traversons des paysages hétéroclites, des villages typiques aux ambiances cow-boys, nous rencontrons des mineurs de charbons, des chercheurs d’or, des milliers de chiens ( ici ils ont 9 vies, prétendent les autochtones ) au milieu du trafic routier ultra bruyant ou le klaxon étant sans doute l’ustensile préféré des colombiens.


Fin octobre 2017, la période de pluie est à son comble, Il n'est pas évident de trouver des parcours de classe III, nous découvrons néanmoins notre bonheur, enfin, qu’il est bon de se jeter dans des vagues chaudes!


« Avez-vous déjà navigué sur une rivière d’eau chaude ? »


Pour un kayakiste, il faut absolument expérimenter cela, en lycra, en short, on se sent léger, le corps n’a pas besoin de lutter contre le froid, bizarrement les vieilles douleurs musculaires n’apparaissent pas! Ici, l’eau est chaude, elle semble pure, étincelante par sa clarté, on a l’impression de voler sur les vagues et d’expérimenter un nouveaux style de massages, c’est du « Aqualand à l’état pur ! » quelles sensations nouvelles pour nous qui avons l’habitude de naviguer dans l’eau froide!


Puis, notre fougue nous emporte vers les Rio :Cusiana, Rio Cravo, Rio Guatiquia, Rio Ariari, Rio Azul, Rio Guayuriba.


Le Rio Güejar est, pour beaucoup de kayakistes avertis, la plus belle rivière de la Colombie. Un parcours de 17 Km de classe III en drossage dans un canyon vertigineux, serpente à travers l’Amazonie dans le parc naturel de la Macarena, cette rivière est arrosée par de multiples cascades de plus de 100m : impressionnants !!!


Au détour d’une vague, nous faisons la connaissance d’Andrés, kayakiste colombien d’une énergie incroyable, sourire aux lèvres, blagueur, il est devenu « dingue » du kayak dès le premier jour de la découverte d’un kayak dans sa ville. De niveau égal à Roxane, il sera un excellent accompagnateur pour sa connaissance dans le milieu. Ces cicatrices corporelles de balles et son histoire, nous éclairent sur son lourd passé. Cela nous prouve encore une fois que le kayak peut changer la vie : il est aujourd’hui guide de raft et a créé un club de kayak.


La quête continue dans la cordillère orientale dans le département du Santander, considéré comme le cœur historique du pays avec ces nombreux villages coloniaux. Nous les traversons sous le regard des hommes en poncho et borsalino qui semblent moins surpris de croiser des étrangers et des kayakistes. Cette région touristique nous offre des paysages de montagne tropicale, majestueuse et verdoyante. A San Gil, de nombreuses rivières nous attendent. Ces torrents au dénivellement divers, proposent des volumes d’eau fluctuant en fonction du bon vouloir de la météo, ils vont nourrir notre plaisir de la glisse directement alimenter par les flux d’eau descendant de ces montagnes au relief tourmenté et entaillé.


Nous découvrons : Le Rio Suarez (classe IV, V) est "the" rivière pour engager du très gros raft à volume. Le Rio Foncé, avec ses rapides (classe III) qui se sont formés au bon vouloir de la roche volcanique polie régulièrement par la puissance des eaux. Cette ambiance « jungle » est sous la surveillance des iguanes , zébus, chulo ( espèce de vautours ) et oiseaux en tous genres.


Le rio Chicamocha (classe III- IV), imposant, lorsqu’il est conciliant, il est accessible : 30 Km de parcours dans un des canyons les plus profonds au monde : 2 Km de profondeur. Et, il y a les autres…, les affluents navigables qui se jettent en amont du Rio Foncé, cela sera pour moi, la prochaine fois !


Les jours s’écoulent, déjà décembre 2017, nous pouvons prétendre que l’eldorado a été atteint. Nous avons navigué sur des dizaines de rivières avec des cotations différentes, celles que nous avons recherchées pour partager cette glisse avec Roxane. Maintenant, je reste seul, avec ma « big darling » (mon kayak) pour découvrir des rivières d’une catégorie supérieure, Roxane est rentrée en France.


Pour un kayakiste, la Colombie reste un pays aux grosses rivières à expédition. Elles ne sont pas encore toutes ouvertes, elles sont sauvages, elles se méritent, elles se donnent, elles s’offrent à nous, elles nous retiennent.

Je rejoint, un campaneros Loïc .


Et nous voilà partie pour la plus belle des « expés » :


Notre soif de découverte nous pousse vers le haut du rio Cravo, pour un voyage de 30 km sur une rivière encaissée dans la roche avec un dénivelé de 1100 m.

Départ 5H du matin, 5h de piste à travers un paysage sec et désertique face au glacier du Cocuy, Théo organise la navette, jusqu’au champ que l’on pensait être le plus facile pour accéder à la rivière. De là, nous partons, bateaux chargés de nourriture et d’équipement de bivouac, nous traversons des pâturages vallonnés sous un soleil brûlant. Nous sommes au-dessus du canyon, il faut le remonter pour trouver son début. Au bout de 2 Heures de marche, nous apercevons un embarcadère et arrivons dans un champ d’oranges qui sera notre première récompense. Vive la Colombie !!


Le niveau d’eau est idéal, nous enchaînons pendant 4h les passages IV V, seuils, chutes. Nous sommes dans une ambiance canyon avec des parties très étroites. Nous nous sentons minuscules face à la hauteur des montagnes qui nous entourent. Merci à notre Mère, la Terre. Des arbres de toutes sortes, aux longues racines, nous observent, des cascades se jettent sur nous, des trous nous absorbent, des rapides incroyables s’élancent sur des rochers de charbon où l’on peut apercevoir des fossiles. Pour un kayakiste, la descente est magique, j’en frissonne encore.


La fin de la journée approche, les muscles sont raides et tendus, les trajectoires deviennent difficiles, un voile blanc s’installe devant nos yeux et nous trouble la vision, la fatigue est là ! Dans une heure, il fait nuit, il est temps d’installer le bivouac.


Le lieu du bivouac n’est pas anodin, il faut choisir un espace ouvert, en hauteur, pour échapper à la montée subite des eaux. Nous avons décidé de nous installer à 20 Mètres au-dessus de la rivière entre 2 canyons : hamacs, bâches, feux pour colorer la nuit. Nous nous sentons vulnérables, sur un territoire dit « sauvage », pour nous, les Hommes. Nous avons pour compagnie les oiseaux, crapauds, fourmis, araignées, ils sont curieux, ils s’approchent. Nous, sommes méfiants, nous sommes chez eux, nous sommes les intrus, alors il faut bien dormir ensemble. Le matin, une araignée aux grandes tentacules a envahi le bateau, un scorpion « squatte » dans la chaussure. Il faut tous « checker ».


8h du matin, la rivière a monté, il faut partir. 50 mètres plus bas, un super classe V nous attend dans un grondement assourdissant pour un rinçage des sinus et un débarbouillage tonique ; tant mieux, car nous sommes partis pour 6h de descente, là ! Dans ces moments, la conversation se limite à «  ça va ? C’est beau hein ? » « Ouais, ça va bien, c’est magnifique », «  on passe là, comme ça », « oui là, comme ça c’est bien ».

La peau tannée, le corps usé, ankylosé, heureux, nous nous extrayons du kayak, mais quelle descente inoubliable. Une bière locale à la « tienda » du village est la bien venue.


Il nous faut encore rentrer au campement, taxi, moto-taxi, bus, qu’importe, il suffit de demander. Nous faisons confiance !!...




En Colombie, tu sais quand tu pars, tu ne sais pas quand tu arrives, Aujourd’hui, je suis perdu dans le temps, Je prends le bus pour 14 heures de voyage, il mettra 29 heures pour atteindre San Augustin, au sud-ouest de la Colombie, c’est normal ici.


Là, où la Cordillère des Andes se scinde en trois chaînes distinctes, la Cordillera Orientale, Centrale et Occidentale. Le paysage change avec une légère influence équatorienne, je rencontre les habitants au visage aquilin et le teint cuivré. L’environnement offre énormément de rivières dont le fameux Rio Magdalena qui est le plus long fleuve de la Colombie.


Je fais connaissance et sympathise avec le hollandais baroudeur, le fameux aventurier Keise, qui fut l’un des premiers kayakistes à arriver en Colombie et à ouvrir des rivières, nous naviguerons ensemble.


Mais cette année, comme partout dans le monde, le dérèglement climatique est présent et la saison des pluies s’est terminée beaucoup trop tôt. Il manque énormément d’eau pour pouvoir découvrir toutes les rivières souhaitées. Le volume n’y est pas, mais le creek manœuvrier nous attend ! Le département est touristique, il est facile d’organiser les navettes en prenant les taxis pick-up, même le stop avec les kayaks fonctionne, fabuleux ! L’eau du Rio Magdalena est transparente, il est magnifique, dans son canyon de 17 Km de congloméras, coupant les champs de café.


De là, nous partons plus au sud à la recherche d’eau, aux alentours de Mocoa avec le Rio Mocoa, le Rio Caqueta, Rio Villa-Lobos avec des descentes de 2 jours.


De retour à San Augustin, il pleut, fort, très fort… C’est beau et c’est Noël ! Merci !


Nous profitons encore des belles vagues du Magdalena quelques jours avant de poursuivre mon aventure vers la région de l’Antioquia, là ou l’eau coule en abondance.


Je retrouve Loic et Théo, nous faisons étape à San Francisco, seulement à 2 heures de Medellin (la ville la plus moderne de Colombie). Ce village perché dans la montagne est entouré de versants obscurs de forêts noyées sous la brume.


J’écarquille les yeux, le dépaysement est énorme ! Nous sommes dans un village d’agriculteurs de café, de bananes où les chevaux et les mules sont pratiquement l’unique moyen de déplacement. Typique d’un film de John Wayne, chevaux et mules stationnent devant les bars, épiceries dans l’attente de leurs cavaliers. Le point de départ du Rio Verde où l’accès à la rivière se fait en mule à 1 à 2 heures de marche, il est difficile de sonder le temps dans ces lieux, nous nous retrouvons sur une rivière de classe III, IV, à volume dans une forêt tropicale.

En restant quelques jours à San Francisco, très rapidement, nous comprenons que dans ce petit village, aucun étranger ne vient y séjourner, la curiosité des villageois est à son comble ! La sympathie et l’accueil sont inimaginables, les locaux nous offrent à boire pour nous souhaiter la bienvenue, eux qui ont seulement un toit, un âne et une machette ! Belle leçon de vie !!!


Janvier 2018, en plein phénomène El Nina (anomalie thermique équatorienne qui dérègle la météo), il pleut fort !! Les rivières grondent, il y a du volume, et du gros. Le Rio Sammana explose en vagues gigantesques, nous arrivons sous une pluie torrentielle avec nos kayaks. Dans ce lieu mythique, il y a ici, tous les ans, un regroupement de kayakistes (le Sammana Fest) pour manifester contre la création d’un barrage hydraulique. Je les comprends, car ces rivières sont éblouissantes, magiques et uniques.


En traversant la forêt tropicale de L’Antioquia, dans ce milieu complètement isolé du monde, nous entendons régulièrement le grognement d’un vieux moteur à essence se répercutant sur la Canopée. Rapidement, nous trouvons l’origine de ce ronflement. Ce sont des pompes à eau fixées sur des radeaux accrochés aux rives qui appartiennent aux occupants des cabanes, des chercheurs d’or perchées dans ces arbres millénaires.


Puis, près des villages, une autre surprise nous attend ; dans ces eaux mouvementées, ce sont des pécheurs « sous-marin » qui nous intriguent avec leurs masques de plongés et leurs harpons de fortune propulsés par des sortes de lances à pierres, ils pêchent, nous restons là, à les contempler. Au-dessus de nos têtes, des détritus et du bois mort se sont entassés, coincés dans les branches des arbres entre 10 et 15 mètres de hauteur ; cela prouve encore une fois que les crues doivent être impressionnantes.


Je fini le séjour avec le Rio Cocorna et le Rio Calderas . Ces deux Rio m’offriront aujourd’hui le dernier parcours de creek de mon voyage.


La Colombie foisonne de Rio à découvrir, L’eldorado se partage, je laisse ma place au prochain conquistador.

A ton tour !!!


Mathieu Berçon


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