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Itinérance en vélo

Itinérance en vélo

(réalisé)
Nous avons prévu un voyage à vélo en partant de Toulouse en longeant la Garonne, puis l'Atlantique, puis la Loire et enfin rejoindre la Via Rhona. Départ prévu le 9 juin pour quelques 2500 kms.
vélo de randonnée
Quand : 10/06/22
Durée : 60 jours
Carnet publié par lolo30 le 30 oct.
modifié le 30 oct.
S'y rendre de manière douce : C'est possible en train
Précisions : Départ Train Nîmes -Toulouse puis retour train Avignon Nîmes
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Le compte-rendu (mise à jour : 30 oct.)

J-11 les billets de train pour Toulouse sont pris.

Préparation des vélos et matériel en cours
Nous prenons tout le matériel utilisé pour notre rando de la semaine dernière de 6 jours dans le Vercors. Exception faite pour les matelas : nous échangeons les "thermarest " Pliables et encombrants pour des matelas gonflables et plus confortables. Nous partons avec 2 sacoches chacun et un petit sac à dos. Plus une mini sacoche de cadre. Cartes - téléphone - appareil photo hybride - liseuse - panneau solaire et chargeur de batterie compléteront notre équipement de base. De plus, nous avons décidé que sur certains tronçons, nous ramasserons les déchets et nous emportons donc des sacs poubelles à cet effet.


Jour 1 le départ
Voilà c'est parti !
Après un échauffement de 13 kms avec beaucoup de vent nous voilà dans le train Direction Toulouse. Arrivée prévue à 13 h 20. Vélos, sacoches et fesses bien casés pour 2h 30 de trajet. On ne sait pas encore où on va dormir ce soir ni aucun autre soir. On fera nos étapes au jour le jour et seule la météo, les lieux d'intérêt et les rencontres rythmeront notre avancée. A part une première expérience au bord du Canal du midi de 10 jours, c'est la première fois que nous partons aussi longtemps et avec des VTT avec lesquels nous faisons quelques sorties dans la garrigue environnante. A la question qui revient souvent : "Vous vous êtes entrainés ? Nous répondons : "Nous avons 2000 kms pour ça !" 

12 juin
Troisième jour de pédalage au fil du canal de la Garonne. Les 2 premières étapes étaient dures pour moi surtout car Patrick est un pro du vélo ! Il faisait chaud et heureusement que le canal est bordé d'énormes platanes nous offrant leur ombrage bienvenu. Après un petit bout de Nationale et une grosse côte pour arriver à notre camping de Grisoles nous avons bien mérité une bonne bière ! Installation lessive douche et rumikub : la routine s'installe. La vie est belle surtout avec ces rencontres que nous faisons chaque jour ! 45 kms le 1er jour puis 42 hier où nous passons la pente d'eau de Montech cette installation ingénieuse qui permettait de tirer les péniches avec 2 locomotives évitant ainsi le passage dans plusieurs écluses. Nous avons fait halte assez tôt à Moissac car il fait super chaud et il y a une piscine et on veut visiter l'abbaye et le cloître classé au Patrimoine de l'UNESCO. Magnifique cloitre avec le summum de l'art Roman : 76 Chapiteaux dont la moitié historiés suivant la Bible et autres récits de Saints.
Aujourd'hui nous avons quitté le Tarn et Garonne pour entrer dans le Lot et Garonne sous une petite averse. Pas le temps de sortir les vestes de pluie. Et nous avons commencé notre opération ramassage de déchets : il en ressort que la voie verte est plutôt propre en dehors des abords de routes et villes. Arrêt ce soir dans une aire naturelle c'est à dire gratuite avec douche chaude WC et eau potable, très jolie en plus ! Merci beaucoup à la Mairie de Sérignac Sur Garonne ! Ah j'allais oublié : bonne journée de pédalage : 58 kms !


"En vrac"
Achat de dernière minute avant le départ : panneau solaire pour charger une batterie externe qui elle même rechargera nos téléphones portables et appareil photo et Mp3 durant la nuit ! Et des chaussures ouvertes qui sont venues remplacer les doudounes que nous avions prévu d'emporter (on monte dans le Nord quand même !) donc si on a froid on pédalera plus en journée et on se serrera plus la nuit ! Côté repas : petit déjeuner crunchy, barre céréale, cookies, cake ou viennoiseries. A midi pâté végétal et sachet bjorg quinoa très bon froid auquel on rajoute une tomate (nous sommes végétariens) et des fruits et soir pates, pizza ou céréales. Nous nous réveillons vers 6 h 15 et nous nous levons plier le camp vers 6 h 30. Nous roulons à la fraîche le matin et arrêtons tôt vers 14 h ou 15 h. Une deuxième journée commence. À pied cette fois : installation de la tente, visite des lieux, lessive, douche, rumikub, Écriture (chacun son carnet de voyage en plus du blog) repas, préparation de l'étape du lendemain, lecture puis dodo vers 21 h 30 ou 22 h. De temps en temps une bière et souvent des discussions avec d'autres voyageurs. voilà à peu près dans l'ordre ou le désordre notre quotidien. ça fait rêver car nous n'avons ni montre, ni obligation aucune. Une grande liberté !


Lundi 13 juin
Étape du jour : Sérignac - Le Mas d'Agenais soit 39 kms. Encore de belles rencontres et papotages. Après les fruitiers et les céréales on retrouve nos magnifiques platanes ! De belles demeures en bordure de canal où on se poserait bien ! De jolies et accueillantes haltes nautiques avec tables de pic nique, WC et même douche ! Nous mangeons sur le quai Pierre Ribes un navigateur humaniste qui partait chaque année en septembre avec son voilier livrer des Médicaments en Afrique ! Chapeau ! Jusqu'à son 24eme et dernier voyage où il trouva la mort à 75 ans ! Étape de la nuit dans le camping fermé - mais ouvert - du village médiéval. Il s'y trouve une grandiose Collégiale où on peut admirer un Rembrandt : le Christ en croix peint à 25 ans en 1631. Un beau lavoir et des Halles en bois bien conservées. Ah oui le camping ouvre le 15 juin mais Monsieur le Maire nous autorise à nous y installer quand même. Bon ce soir toilette au gant puisque les sanitaires sont fermés. Une dame est venue nous indiquer des toilettes publiques et nous porter une bouteille (en verre) d'eau. Merci !

Mardi 14 juin
Étape un peu mouvementée. On nous avait promis une base nautique avec camping et baignade. Une ville d'Art et d'histoire. Un musée des Allumettes avec les plus grands monuments. Nous avions donc prévu cette halte après un court trajet avant de mettre le cap sur l'océan pour la suite de notre périple. Tout commençait bien avec un timing excellent : 6 h 30 je sors de mon duvet. 7 h 20 on quitte les lieux pour acheter à manger et 8 h 24 on est sur la voie cyclable. Il fait frais et l'ombre de nos fidèles compagnons de route nous accompagnent. On a la forme pour ce 5eme jour de pédalage. Mais arrivés à Fontet le camping promis n'est plus, la baignade n'est pas encore autorisée (juillet et août), le musée est fermé. On pousse jusqu'à la fameuse ville La Réole... Pour rien... Le camping municipal est cher et peu avenant. On rebrousse chemin sous la chaleur de midi. On retrouve notre canal pour une pause déjeuner reposante. Finalement les vélos dormiront à l'hôtel ce soir !
Fabrice qui tient des chambres d'hôtes (mais c'est complet ce soir) à la prochaine ville nous réserve et paye une chambre en son nom avec un tarif avantageux à côté de chez lui. Il s'occupe même de nos vélos ! Et voilà nous avons quitté le Canal des deux mers (ou canal latéral de la Garonne) pour entamer la deuxième partie de notre périple : direction l'océan et le bassin d'Arcachon. Fini le concert des oiseaux juste étouffé par le vacarme des écluses, fini les jolies haltes nautiques et leurs péniches colorées, fini l'ombrage de nos majestueux platanes. Arrivés à Langon en Gironde après 60 kms. 33 degrés ( j'ai vu 38 en ville) Et une douche bien méritée et pas inutile.

Mercredi 15 juin
Après notre bonne nuit à l'hôtel : lever à 7 h 30 et un petit déjeuner Gargantuesque, nous rejoignons une belle voie verte pour une courte étape mais sur une longue longue longue côte douce certes mais bien présente. Le paysage change aussi : les alignements de pins ont remplacé les peupliers et une allée de fougères nous fait une haie d'honneur. Des chênes verts et des marronniers complètent cet environnement de verdure. Et nous entendons nos premières cigales. À Villandraut nous nous arrêtons acheter du pain et voir le château. Nous avons l'agréable surprise de retrouver notre Roller man rencontré le 1er jour. Clément voudrait faire étape à Hostens, nous aussi mais il n'y a pas de camping alors on échange nos tel pour éventuellement faire un plan à 3 dans un gite. On fait un bout de route ensemble mais on décide de s'arrêter avant dans un super camping : piscine jacuzzi table ombre et pas cher. On l'invite à déjeuner " Chez nous " Et il nous quitte vers 14 h heureux de nous avoir connu. Bonheur partagé ! Étape du jour : Langon à Saint Symphorien 31 kms mais 38 degrés ! Et opération ramassage déchets réussie ! Très peu de récolte. Près du camping, il y a un petit ruisseau où nous avons fait une marche méditative. Superbe adresse le camping Vert Bord Eau !

En vrac
7 jours se sont écoulés. 337 kms au compteur. Record de pédalage 62 kms. Plus petite étape 31 kms. Record de chaleur 41degres. J'ai compris que pour avancer il fallait pédaler ! C'est bête mais je pensais partir en balade alors qu'il s'agit bien de voyage. Au début j'avais toujours envie de m'arrêter visiter, flâner, rêver, méditer... Mais le voyage impose ses lois : avancer, trouver sa halte pour la nuit, manger et le lendemain repartir et recommencer. Se poser, profiter, flâner, farniente et piscine s'apparente plus à des vacances et ce n'est pas ce que l'on a choisit de faire. Heureusement, il y a le sel du voyage que l'on ne peut trouver qu'en chemin : les rencontres. Je vous en reparlerai plus tard.

Vendredi 17 juin
Nous sommes entrés depuis hier en Gironde dans le parc naturel régional des Landes de Gascogne. La voie verte est sur une ancienne voie ferrée. Les petites gares abandonnées ont remplacé les maisons des écluses automatiques donc aussi abandonnées. La canicule nous oblige à nous lever tôt et à rouler non stop le matin. Hier on a pédalé sur une voie rectiligne et plate à perte de vue. Quelques pinèdes ont brulé et laissent des champs orphelins d'ombre et de compagnie, puis les fougères envahissent à nouveau l'espace et les rangées de pins se remettent au garde à vous. Lors d'une courte incursion sur une piste pour retrouver notre voie verte Patrick chute dans le sol sableux. Moi je m'amuse en contrôlant à demi mes roues qui zigzaguent dans le sable mou. Nous faisons halte aux Lacs d'Hostens où nous rencontrons un jeune qui va jusqu'à Roscoff et un couple sympathique qui nous recommande le camping municipal d'Andernos. Une halte au très vieux Moulin de Pontnau qui a lancé le commerce de la papeterie à Biganos. Nous ferons halte finalement à Audenge à 13 h. La piscine nous accueille pour un rafraîchissement bien mérité. Puis nous allons voir le bassin naturel d'eau de mer et manger au restaurant : nous fêtons notre 1er semaine de route !
Aujourd'hui un autre record de chaleur est prévu. Nous mettons le réveil à 6 h mais à 5 h 45 on est debout. De nouvelles aventures nous attendent : nos premières dunes. La piste serpente dans la forêt dunaire puis longe l'océan. Le jeu des montagnes russes est de prendre le plus de vitesse dans la descente pour arriver jusqu'en haut de la suivante sans trop d'effort ! Patrick gagne à ce jeu et prends une large avance : 10 m plus 10 plus 10 à chaque cote... 100 m... 1 km... Puis il arrive à Lacanau Océan a payé, monté la tente et enfilé son maillot quand j'arrive enfin ! Lol ! je plaisante ! 57 kms 41 degrés. Après midi entière au bord de la piscine : un record pour nous ! Ce soir on essaye d'aller voir le coucher de soleil sur l'océan.

Samedi 18 juin
Journée repos à Lacanau Océan.
Température 44 degrés ressentie.
Visite des maisons typiques et marche au bord de l'océan à la fraîche. Après midi piscine.
Hier, je me suis jetée à l'eau ou plutôt c'est l'océan qui m'a jetée à l'eau. Le mot " Se baigner " Ne peut pas être associer à cette force puissante et déferlante d'écume blanche qui déboule et vous renverse. Ici on ne peut pas nager. Alors qu'à notre mer Méditerranée, on avance frileusement même en plein été, on prends le temps de se mouiller la nuque et les bras en ajustant son maillot. Je comprends pourquoi ils ont tous une planche pour s'accrocher ! Hier soir pas de coucher de soleil finalement car on était déjà dans notre "tente-sauna" boules quies et masque sur les yeux avec le réveil à 6 h. À 23 h il faisait encore 32 degrés nous a dit un Monsieur ce matin.
Et ce matin, pas envie de repartir. Canicule oblige. Alors on a demandé une nuit supplémentaire. Demain étape difficile mais il fera moins chaud paraît il avec des orages prévus en fin d'après-midi.
Rencontre avec un jeune Australien de Perth qui va aussi à Roscoff en vélo mais fait 100 kms par jour. Oh my God son accent et mon anglais !

Dimanche 19 juin
Les 2 premières heures nous ont réservé bien des surprises. 1 geai nous regarde passer à un mètre, un sanglier traverse devant les roues de Patrick, des côtes et pentes à 10%, un excès de vitesse limité à 10 kms/heure (dans les descentes on doit frôler les 20 kms/heure) et un franchissement de col (la preuve en photo) tout ça sur une piste étroite, sinueuse et gravillonneuse. Des virages dangereux, une chaussée tantôt déformée tantôt glissante sur un enchaînement diabolique de montées et de descentes très longues ! Mais qu'est ce que je suis allée faire dans cette galère !?! Bon, on est supers fiers d'avoir vaincu cette étape difficile surtout que l'on suppose que c'était la première mais pas la dernière ! Le reste de l'étape était un peu plus roulante et nous avons fait halte à 13 h au camping municipal de Montalivet. Il faudra revenir à Hourtin car il y a le plus grand lac de France, une réserve des Dunes et Marais qui abrite faune et flore variées avec des tas de balades à pied. Douche, lessive, Rumikub et rencontre. On va boire la bière pour la fête des Papas avec Jean et Sylvie qui vont jusqu'en Finlande !

Lundi 20 juin
Ce matin c'est grasse matinée. Réveil à 7 h pour un départ à 8 h. Deux écureuils s'amusent dans un pin juste en face de la tente. C'est la première chose que je vois en mettant le nez dehors. Maman écureuil arrive : "à table le petit déjeuner est servi ! " Crie t-elle. Les deux petits font la sourde oreille et continuent leur jeu poursuite. "Vous allez être en retard pour l'école " Crie t-elle de plus belle. Toujours pas de réaction des petits galopins. "Je vous aurais prévenu si vous ratez le bus écureuil vous irez de branche en branche ! " D'un coup les jeunes rejoignent leur mère " Ah non c'est galère ! Il n'y a pas assez de branches pour rejoindre l'école, vite faut pas rater le bus écureuil ! " S'écrient ils en choeur.
La voie cyclable de l'Eurodyssée serpente en pinède et soudain c'est une harde de sangliers avec plein de marcassins qui traversent puis un gros lièvre se fige au milieu tout aussi surpris que nous. Nous faisons une première halte à la plage de l'Amelie puis à Soulac sur Mer. Nous admirons les maisons typiques et colorées, la très belle Basilique Notre-Dame de la fin des Terres (classée à l'UNESCO) plusieurs fois ensablée puis relevée. Nous passons devant une statue de la Liberté (?) et continuons notre route le long des plages et phares jusqu'à Le Verdon sur Mer. 34 Kms aujourd'hui (hier 58-). Ici pas de camping proche du centre à visiter donc ce sera un lit en 160. Ça tombe bien il y a alerte orange aux orages cette nuit. Visite du port aux huîtres (de 1920 à 1970) transformé en zone touristique restaurant et artisans d'Art, de la plage sur la Gironde (on est dans l'estuaire) où je ne me baigne pas car il y a un vent très frais et du port.

Mardi 21 juin
Lever à 7 h pour prendre le bac pour Royan. 25 mm plus tard et de nouvelles rencontres, nous reprenons nos montures pour une étape entre océan et forêt. Pause déjeuner au phare de Tintin (c'est nous qui le nommons ainsi parce qu'il ressemble à la fusée de Tintin). On visite l'Écomusée du phare très intéressant avec les nombreuses avancées en matière de construction et de technologie. Ensuite nous avons la bonne idée de faire une incursion jusqu'à la plage. Une énorme côté caillouteuse nous dit que ça se mérite d'être face à l'océan si imposant de par son immensité et par son vacarme. Mais c'est surtout l'occasion de rencontrer Greg Canadien et Marielle Québécoise adorables. Le pont sur la Seudre est aussi pas mal comme obstacle avant l'arrivée à notre halte du soir. Jusqu'ici, on a survécu alors que tout le monde nous dit " En VTT en plus " On force 2 que dis je 3 fois plus que les autres ! On est des Warriors ou pas ? Étape à Marennes dans une mignonne cabane jaune avec un lit. Piscine, lessive, douche et rumikub la routine quoi. 50 kms.


Jeudi 23 juin
Aujourd'hui nous faisons une halte pour visiter Rochefort. Cité portuaire créé en 1668 avec la magnifique Corderie royale et la maison extravagante de Pierre LOTI, entre autre trésors. C'est aussi le port d'attache de l'Hermione, célèbre frégate, mais qui est actuellement en voyage. Dommage, on ne la verra pas, ni la maison Loti, en cours de restauration. Hier était une journée comme on en voudrait tous les jours. Sauf la pluie mais qui finalement nous a épargnés. Paysage de marais à la faune riche : cigognes, hérons, busards, aigrettes, échassiers, cygnes, canards, oie et ragondins. Visite de la citadelle de Bruage : patrie de Samuel Champlain le fondateur de Québec, ce qui tombait bien avec notre rencontre de la veille. Magnifique site et pour finir cette chouette mais fatigante journée (détour de 12 kms pour Brouage sur petites routes vallonnées) on retrouve notre amie québécoise Marielle et son conjoint Greg d'Ottawa pour boire une bière et continuer notre super conversation autour d'une bonne pizza.
Nous fêtons aujourd'hui notre deuxième semaine de route avec une grasse matinée : lever à 8 h ! Et ce soir nous retournerons au restaurant La Sicilia pour un bon plat de lasagnes végétariennes après avoir fini notre visite de la ville. Sauf si la pluie s'invite. Le ciel s'obscurcit méchamment à l'heure où j'écris. Nous avons passé nos 500 kms (587 exactement). Ca se fête !

En vrac
Les rencontres ! Le voyage n'est pas qu'un déplacement d'un point À à un point B, ni une accumulation de kms parcourus. Il est aussi fait de plaisir, de joie, de souffrance, de lassitude, d'espérance, de découverte, de beauté, de nature etc. Et bien que l'on adore rouler sur les pires cotes (lol) et dormir sur les sols durs (lol bis) et manger nos pâtes sans gruyère (lol ter) ce que l'on adore le plus ce sont les rencontres. Les rencontres en voyage c'est comme une jolie nappe, un bon repas, un bouquet de fleurs, un carré de chocolat, un rayon de soleil, un feu de cheminée, un sourire, cela magnifie le quotidien, élimine les épreuves et enrichit l'humain.
Clément a été notre première rencontre. Il reliait la Méditerranée à l'Atlantique en roller. Quel courage car les détours étaient nombreux pour éviter une piste pas très roulante. Il nous a répété combien les rencontres l'aidaient à aller jusqu'au bout alors que ses pieds étaient bien abîmés et douloureux. Quel plaisir de le retrouver plus tard pour partager encore un long moment. Sylvette et Luc voyageaient en tandem et avaient fait ce que l'on s'apprête à faire. Sylvie et Jean partis de Pau allaient jusqu'en Finlande. Marielle et Greg s'arrêter à la Rochelle puis repartaient avec leurs enfants et petits-enfants faire la Vallée de la Loire; Il y a eu les rencontres brèves mais intenses, les discussions animées sur le bord du chemin ou à l'étape au camping. Il y a eu ce couple de jeunes Bretons qui marchaient sur Compostelle, de jeunes Normands qui allaient jusqu'à Toulouse, ces anglais qui n arrêtaient pas de rire : je leur ai dis qu'ils parlaient bien français et leur ai servi qq phrases en anglais avec mon accent du Sud. L'humour anglais : il me répondait en français et s'éclatait de rire et nous aussi ! Ces hollandais partis d'Espagne qui remontaient jusqu'à Sète, ils étaient en tandem et la femme était en mini jupe, et le jeune Australien venu 3 semaines faire Hendaye Roscoff, et celui qui va jusqu'à Roscoff passe en Irlande, vend son vélo pour acheter un billet de bateau pour l'Islande et pour finir ce groupe de jeune banlieusards parisiens qui roulaient pour des associations : chaque km rapporte 1 euro. Un cocktail d'émotions et de souvenirs à savourer sans modération.

Samedi 25 juin
Hier et aujourd'hui ont été un cocktail de pluie et de vent. Pour bien commencer la journée de vendredi à notre camping de Rochefort, un petit déjeuner improvisé entre 6 voyageurs dont nous, bien embêtés devant la machine à café. Je n'avais plus de monnaie. Chacun a proposé son aide spontanément afin que l'on puisse boire notre breuvage chaud. Une jeune vosgienne se rendait au Portugal pour un festival de musique et art psychédélique, adorable blondinette, une cycliste retraitée qui bouclait un tour de France autrement plus important que le notre 5000 kms sur 4 mois, en vélo à assistance certes mais quand même ! Elle a eu cette parole qui résumait bien la situation : "ce petit déjeuner tous ensemble, c'est du plaisir pour la journée". La journée a été bonne malgré une grosse averse puis une pluie fine avant de trouver un vent fort à notre arrivée à La Rochelle, puis du soleil en fin d'après-midi à notre arrivée à Dompierre sur Mer notre camping du soir. Le trajet était plaisant et varié entre marais, plage et jolie petite ville mais on n'a pas fait d'arrêt avec ces conditions météo désagréables. Puis la pluie a débuté vers 20 h et n'a pas cessé de la nuit. Ajouté à cela l'histoire puis la musique pour endormir Éléonore 27 mois, puis la fête jusqu'à tard dans la nuit : sommeil pas top.
Aujourd'hui on se lève avec la pluie, on déjeune sous la tente, on part sous la pluie, on roule avec la pluie, on mange sous la pluie. L'étape du jour est en grande partie sur des chemins de terre : on arrive à notre halte à Saint Michel en l'Herm, trempés et boueux. Les vélos et sacoches recouverts de terre. On se prend une cabane en Toile : demain est un autre jour pour sécher la tente.

Dimanche 26 juin
Aujourd'hui est notre 22eme anniversaire de mariage ! Au programme : petit déjeuner au camping et arrêt viennoiseries à l'Aiguillon sur mer. Petite étape 47 kms et restaurant ce soir. Sinon le trajet du jour était entre petites routes, grande route, un peu de sentier pas très intéressant. Ce matin nous avons quitté les marais (proche du Marais Poitevin) non sans admirer nos derniers hérons et ragondins se prélassant au soleil pour rejoindre l'océan à La Faute sur mer puis La Tranche sur mer et là nous sommes à Jard sur mer. Pas très original surtout que c'est l'océan ici...?! Nous avons encore le vent de face. On comprend mieux pourquoi la plupart des cyclistes font l'Eurodyssée dans le sens Roscoff-Hendaye et pas l'inverse comme nous ! Le temps était mitigé mi nuageux et mi ensoleillé : nous n'avons pas eu envie de goûter à un bain d'océan à 19 degrés à notre pause déjeuner à 14 h en bordure de plage.

Lundi 27 juin
Lever à 7 h 30, ça faisait longtemps qu'on avait pas mis l'alarme. Mais on préfère rouler le matin et se reposer l'après-midi. Et avec ce vent frais qui nous pourchasse on a l'impression de ne pas avancer. Aujourd'hui pour la première fois j'ai utilisé le plateau 2 : dommage car j'étais assez fière de mon coup de pédale jusqu'à présent. On a traversé une zone toute mignonne de marais à poissons : créé et aménagé par la main de l'homme pour remplacer les anciens marais salants, il y avait aussi des moutons qui se promenaient entre les étangs. Ces zones de Marais que nous avons côtoyé ces derniers jours sont de trois sortes : la Venise verte qui est le Marais Poitevin et ses canaux, les réserves naturelles riche en faune et flore protégées et les marais asséchés pour les cultures. Et aujourd'hui donc on a découvert les marais à poissons. Après la piste rejoint l'océan jusqu'au Sables-d'Olonne. On comptait y faire une halte mais les immeubles, bars, restaurants et boutiques à touristes en tout genre nous ont un peu refroidi. On a passé notre chemin surtout que l'Eurovelodyssée n'était pas indiquée en plus. On s'est ensuite perdu : 1er fois grrrr... Mais les indications en Vendée laissent à désirer... Et pour finir un camping 4 étoiles mais sans Tarif cycliste donc on a payé le prix fort 32 euros grrrr... Pas trop de choix sur cette cote qui nous fait penser à notre côte d'Azur.

Mercredi 29 juin
Hier nous avons quitté Olonne sur Mer avec un petit 20 degrés. Nous avons sorti nos polaires pour la première fois. Et cette nuit ça a caillé dans les duvets. Petit détour de 4 kms pour voir la plage de Sauveterre et ses galets noirs. Du sable des rochers et un peu d'eau... Mais où est l'océan ? Ensuite la piste serpente dans la forêt puis longe un cordon dunaire protégé avant de rejoindre l'océan. C'est la longue corniche Vendéenne bordée de campings gigantesques, de Parcs d'attractions et aquatiques, de restaurants et autres bars et boutiques à touristes. Il y a aussi de belles plages et des curiosités : phare, 5 pineaux, criques. Et chose curieuse, pas mal de baigneurs, avec une moyenne de 20 degrés dehors, du vent et peu de soleil franchement ça donne pas envie ! D'un autre côté, l'écart de température est moindre pour entrer dans l'eau ! Juste avant notre halte du soir à Saint Jean De Monts nous avons droit à une énième piste de montagnes russes. Est ce la fatigue de fin de journée mais les 2 dernières ont failli m'avoir. Mais non la danseuse à été jusqu'au bout de ses pointes ensanglantées (c'est une image pour dire que j'en pouvais plus et que si 3 ème côte y'avait, j'aurais poussé !) un super mobil home nous attendait réservé pour deux nuits car du mauvais temps est annoncé... et il faut biense reposer de temps en temps à notre âge !
Aujourd'hui repos. Pluie cette nuit et ce matin. Au menu, lessive, cuisine curry de courgette et simili de coucous, écriture, lecture. Balade sur la plage à marée basse et promenade dans la dune grise.


Jeudi 30 juin
On termine notre troisième semaine de roulage par une longue et agréable étape de 64 kms. Au lever il fait une grosse averse qui me donne envie de rester coucher. Mais la pluie cesse vite. Partis vers 9 h 30 de Saint Jean de Monts nous avons eu droit à une bonne heure de partie de montagne russe au cœur de la forêt domaniale des Monts. Les Monts de Vendée ont cédé leur place aujourd'hui à la route des huîtres, petites routes peu passantes, ports minuscules aux cabanes de pêcheur colorées et aux pontons à nue dans la vase qui dévoilent les coques des bateaux amarrés. Nous voyons encore beaucoup de carrelets, ces cabanes de pêche avec un large filet qui font partie du patrimoine de l'océan des Charentes à la Vendée. Nous traversons aussi deux zones importantes de marais qui abritent des colonies d'Avocettes qui couvent leurs oeufs. Magnifiques oiseaux. Nous avons bien roulé, tantôt sous de gros nuages ( petite pluie sur qq kms) tantôt sous le soleil et puis encore du vent !
Nous faisons halte dans la baie de Bourgneuf en Retz en Loire Atlantique dans le joli port du Collet. 
Espérons que la signalétique ici sera meilleure qu'en Vendée.

Vendredi 1er juillet
Et bien ça y est je crois qu'on est en Bretagne. Au menu routier : de plus en plus de petites routes avec de plus en plus de côtes de plus en plus longues ! Cela en fait des plus... Mais c'est pas fini : de plus en plus d'averses éparses certes et de nuages qui jouent à cache cache. Et notre première "poussette". Imaginez une mono trace - rare - qui descend allègrement et tout en bas une épingle et une remontée infernale. C'en était trop pour nos mollets certes aguerris mais quand même ! La première heure était sympathique au milieu des marais et d'une saline puis beaucoup de route avant d'arriver à Pornic pour un capuccino/jus de fruit et croissants bien mérités. Pas de visite possible de la vieille ville car escaliers et accès difficiles : on reviendra. Nous roulons sur une portion appelée "vélocéan" qui longe ensuite la Côté de Jade pour nous mener au plus proche de l'eau et des plages de roches (c'est souvent marée basse) où nous pique niquons. Pas d'eau, pas de soleil, pas de temps DONC pas de baignade ! Notre étape du soir est Préfailles près de la Pointe de Saint Gildas. Après midi repos, lessive, écriture et enfin.... BAIGNADE pour Lolo ! Patrick ne se déshabille même pas ! Nous parcourons ensuite le site où se trouve un ancien Sémaphore (1865), des blaukaus et des points de vue sur le large Saint Nazaire. Noirmoutier, etc.

Samedi 2 juillet
Première grasse matinée en camping. Il faut dire que hier Patrick nous a fait un épisode "turista". Il était vidée d'énergie et on a mangé tard et il faisait pas chaud. Il a bien récupéré et moi aussi de ce coucher tardif ( Heu... 22 h passée !). Ce matin on échange avec des campeurs sympas. Un couple de Hollandais en camping car avec 2 enfants en bas âge et un passionné de vélo et de bricolage qui s'est confectionné un vélo de Ouf : on a oublié de le prendre en photo. Il intègre parasol, caisse pour la pêche ou le pique nique, et tout un tas d'accessoires plus ou moins utiles mais marrant. Bref départ à 10 h 30. On s'arrête toujours aussi souvent pour bader aux mouettes, prendre des photos, ou papoter. On avance pas vite. Arrêt pour acheter de quoi pour midi puis à un marché pour du fromage de Vendée : le Mizotte. Le paysage n'est pas très vert 4: c'est une succession de maisons, villas, routes partagées, villages. Nous arrivons au Pont de Saint-Nazaire en début d'après-midi. Il y a une navette gratuite pour faire traverser les cyclistes mais nous continuons à longer l'estuaire de la Loire jusqu'à Paimboeuf, notre étape du soir. La piste redevient un peu plus sauvage. On rejoint l'eurovélodyssée 6 où l'on croise un couple d'anglais qui termine leur périple. Dur dur l'anglais à froid sur un bord de route ! Et on trouve aussi la voie verte de la Vallée de la Loire. Mais on vous en reparle plus tard. 39 kms aujourd'hui. On approche des 1000 kms... 982 au compteur !

Dimanche 3 juillet
Que du croustillant à se mettre sous la dent ce jour. Première chute : je l'avais déjà évitée et je savais qu'il valait mieux ne pas essayer de descendre de vélo en pente. Je voudrais bien poser mon pied sur le sol mais la pente m'entraîne en arrière et le poids du vélo aidant impossible de me rétablir ! Donc petite chute sur le cul dos et tête merci le casque ! Plus spectaculaire que douloureux heureusement ! Et rassurée vous je n'ai pas écorché mes jolies gambettes musclées et bronzées (et poilues). Quelques égarements ! 55 kms ! Que de routes ! Que de côtes ! Que de vent ! Point de verdure ou si peu. Quelques hérons et aigrettes au passage des Marais dans les terres. Quelques frayeurs sur le rare morceau de piste en graviers en forte descente. Puis forte pente annoncée pour la énième fois. C'est notre faute aussi: on aurait pu prendre un bac pour arriver à Nantes par la rive droite de la Loire et ainsi éviter quelques kilomètres et beaucoup de côtes. Mais on a voulu suivre l'eurovélodyssée jusqu'à Nantes. Puis on avait pas calculé qu'on était dimanche et rien à manger pour midi. La seule boulangerie sur notre chemin à 11 h 30 a été dévalisée. On prend ce qui reste soit préfou à l'ail et chips. L'arrivée sur Nantes est pas très belle. On s'arrête à un Mac Do pour manger un sundae. Il fait chaud, soif et faim. Voilà pour les petites galères. Mais nous avons fêté nos 1000 kms avant Nantes et nous avons été accueillis en grande pompe par les fanfares bretonnes ! Pour finir notre logis du soir et pour 3 nuits : une tente Safari avec un vrai lit et de quoi cuisiner ! Tout est bien qui finit bien !


Mardi 5 juillet
2 bonnes nuits et deux jours de repos... Si l'on peut dire. Nous avons arpenté la ville de Nantes en long et en large. C'est une belle cité en partie piétonne sinon il y a de larges avenues partagées entre autos, tram bus, vélos et piétons. Hier nous avons baladé dans le quartier ancien du Bouffay puis grimpé sur les remparts du château des Ducs de Bretagne, découvert un jardin suspendu bien nommé "la jungle intérieure", photographié la Cathédrale (pas de visite car en restauration) et admiré la Basilique Saint Nicolas. Ouf ! Patrick nous a trouvé un excellent restaurant Vegan où l'on a dégusté un tofish and chips plus vrai et moins gras, plus goûteux et plus léger et au bon goût de poisson (grâce aux algues) avec des frites maison à se damner et une sauce tartare vegan à tomber le cul par terre !
Ensuite on a changer de quartier pour découvrir le Jardin des Plantes, magnifique Havre de verdure où l'on a rencontré des fanas de vélos qui connaissaient bien la Loire à vélo. Tout au long des allées comme un peu partout dans la ville des œuvres originales rythment la balade. Un musée moderne à ciel ouvert. Puis on trouve une librairie pour acheter notre guide de la Loire à vélo. Journée de repos égale 11kms à pied. Reste à acheter de quoi préparer une grosse salade avec plein de légumes et de la pastèque.
Aujourd'hui, c'est l'Île de Nantes qui nous attend avec le clou de la visite à ne pas rater. L'atelier des machines avec la galerie où on les voit évoluer avec l'explication technique : fourmi, héron, araignée, oiseaux, paresseux et caméléon. C'est tout juste génial ! Puis le Carrousel des Mondes marins : c'est manège pas enchanté mais tout comme. On redevient des enfants émerveillés devant ces monstres de mécanique si merveilleusement reproduit. Et on ne se contente pas de les bader : on monte chacun dans un pour un tour de manège coopératif. Ce sont les passagers qui animent les animaux à l'aide de boutons, manivelles, cordes, etc. Magique ! Restaurant sur place car nous devons attendre 14 h 15 pour assister à la promenade du Grand Éléphant, majestueux et imposant pachyderme de 12 m de haut et 21 m de long qui écrase la foule sur son passage ! Lol je plaisante il se contente de les doucher copieusement : j'en ai fait les frais ! Nous retournons en ville en passant par le Mémorial de l'abolition de l'esclavage. Nantes était un port important pour la traite et des navires négriers arrivaient ici pour revendre ces "marchandises" qui partaient aux Amérique et Antilles. Encore un coup d'œil à l'élégant passage Pommeraye : boutiques de luxe dans un écrin de lumière grâce à sa grande verrière qui abrite galeries, colonnes et statues (1843). Et voilà une autre très belle journée bien remplie de 7 kms à pied. Nous restait l'Île de Versailles mais nos jambes se sont rebellées donc retour au camping. Un apéro et un énorme plat de pâtes avec aubergine à la tomate nous attendent.

Mercredi 6 juillet
La Loire le plus long fleuve sur le sol de France. Prends sa source au Mont Gerbier des Joncs en Ardèche pour arriver dans l'estuaire de Nantes et se jeter dans l'océan Atlantique après 1600 kms. Nous n'allons en parcourir que 800 kms si l'on en croit le guide jusqu'à Nevers. C'est un parcours très beau et facile si l'on en croit les voyageurs croisés. Peu de dénivelé et le vent dans le dos. Ça commence mal alors car dans cette étape de liaison pas très intéressante, nous avons un fort vent de face et de petites routes ou pistes assez pentues ! Pas beaucoup de circulation et les voyageurs se font plus rares qu'avant Nantes. On longe la Loire tantôt rive droite tantôt rive gauche. Les abords sont plutôt propres. Il y a pas mal d'aires de pique nique ce qui est plutôt sympathique. On a prévu une petite quarantaine de kilomètres pour cette reprise jusqu'à Ancenis. Mais avec la traversée et la sortie de Nantes on en fait 44 ! Il fait à nouveau très chaud et le camping qui nous accueille est en plein soleil. Du coup on se pose un moment à la piscine à l'ombre. Un bon bain et une bonne glace : vive les vacances !

Jeudi 7 juillet
Paysage champêtre, façades blanches et toit d'ardoise : pas de doute nous sommes dans le Maine et Loire. La plaine Angevine, ses petits bourgs aux maisons fleuries et ses châteaux nous accueille. Ancenis nous a offert hier soir un concert harmonique très agréable. Ce matin après les traditionnels adieux aux voyageurs rencontrés la veille (une famille d'Allemands très sympa), nous allons faire nos vrais premiers tours de roue au plus près de la Loire. Les petites routes s'enchaînent, les villages aussi. à Saint Florent le Viel nous faisons halte pour acheter le pain et qq fruits. On ne résiste pas à l'appel des viennoiseries lorsqu'on s'arrête le matin en général ! Mi-parcours piste mi-parcours route en bord de Loire avec qq ponts à franchir nous avançons bien le temps est un peu nuageux donc pas trop chaud. La mésaventure de mi journée décalera notre repas d'une bonne heure... Un pont que nous devions emprunter est en cours de travaux : étanchéité. On peut y passer quand même en montant sur le rebord métallique qui doit mesurer 40 alors que l'envergure de nos vélos et sacoches en fait plus de 50 cm. Nous n'allons pas tenter la chute ou poser un pied sur le goudron, résine fraîche ! Un cycliste s'arrête et nous propose un sentier pour piéton qui longe le fleuve jusqu'au prochain Pont. " Vous avez des VTT ça devrait passer ! " Ok. Et entre bosses et ornières, rochers et racines, sable et herbe, sur un mono trace, on pousse, tire, porte... On doit traverser un ruisseau sur un ponton attaché par une chaîne qui flotte. Patrick passe le premier, monte sa roue avant et voilà le ponton qui vogue et la roue arrière qui tombe dans l'eau... Vite je jette mon vélo et rattrape la chaîne pour remettre le ponton en face et aider Patrick à monter son vélo. Puis on passe le mien plus facilement ! On continue notre périple au pays d'Anjou où de belles demeures annoncent déjà les châteaux de la Loire. Notre halte se fait à Chalonnes-sur-Loire, belles façades, pierres de granit, toitures d'ardoise et joli port sur la Loire. Encore beaucoup de rencontres au camping dont un anglais qui me dit : "Lovely trip !" Thank you !

Vendredi 8 juillet
Aujourd'hui est un grand jour pour moi. Dès le lever je me rends compte qu'il y a qq chose de différent. En sortant de la tente, cela confirme mon ressenti. Je marche jusqu'au toilettes, toujours rien ! Allez ! Va, j'abrège ce suspense insoutenable : je n'ai plus mes douleurs aux cuisses ! Oh miracle ! Oh joie ! J'avais tout essayé : granules d'Arnica, massage à l'huile d'Arnica avant et après l'effort et même les comprimés de Sporténine   donc c'est avec une joie renouvelée que j'entame cette journée. Le parcours est plaisant, varié. Il alterne entre bocages, vignes (Ah les bons vins d'Anjou) et la levée de la Loire. Nous passons le petit port de La Possonniere où sont amarrées Gabares et Toues Cabanés. Puis un village où l'on pratique encore le jeu de boules de fort : à l'intérieur sur un parquet incliné et les boules ne sont pas rondes mais ovales. Nous arrivons à la confluence de la Loire et de la Maine et nous voyons beaucoup de canoës sur la Loire. Une idée pour une future aventure itinérante germe en nous.  Il semble que celui qui a tracé l'itinéraire de la Loire à vélo était un petit rigolo car de nombreuses incursions dans les terres ou les bourgs toujours en pente forte (bien sûr) et sans grand intérêt peuvent être évitées. Nombre de voyageurs nous avaient prévenus : on l'a expérimenté ce jour. Une énorme côte que Patrick grimpe allègrement sans même l'aide de la danseuse ! Chapeau ! 10 % ! J'en monte un tiers. Puis pousse un autre tiers avant de m'écrouler pour respirer et boire à côté d'un petit bassin avec des poissons et une Vierge Marie dans une niche au dessus. J'y vois un signe ... Bonne Mère ! J'y vais ! Plateau 2 tout de même : je termine le dernier tiers mi dansant mi haletant ! Nous parcourons ensuite une longue portion de piste au plus près de l'eau : nous avons retrouvé le côté sauvage du fleuve. Mais le soleil tape dur. Et toujours ce vent ! Ah oui il semble que nous aurons le vent en face tout le temps d'après le gardien du camping : c'est le vent d'Est cette année. C'est plus rare mais l'avantage c'est qu'il ne ramène pas la pluie. Merci : difficulté pour difficulté on ne sait plus ce que l'on préfère : pluie, chaleur ou vent ! Halte dans un petit camping à Saint Mathurin sur Loire où on a à disposition table et chaises de jardin pour 16 euros ! 47 kms avec le vent, cela en fait 60 !

Samedi 9 juillet
Comme je l'ai écris hier, le petit rigolo qui a tracé l'itinéraire devait avoir une dent contre les vélos ! Aujourd'hui encore de tour en détour, nous avançons, nous égarons sur les coteaux de la Loire. Il n'y a pas de voie cyclable dédiée et les panneaux nous ramènent sans cesse vers l'intérieur et les hauteurs. Cette fois, après qq rudes côtes on a compris et nous ne quitterons plus la route principale qui longe la Loire. C'est un festival de maisons en tuffeau (cette pierre blanche taillée en bloc issue des carrières locales), tours et tourelles, échauguettes, fenêtres à meneaux et autres décors architecturaux superbes. Une époustouflante église, des maisons troglodytiques, le musée de la pomme tapée que nous visitons à Turquant. Pour la petite histoire, 1863, le phylloxera ruine les vignerons qui se tournent alors vers la culture locale de la pomme. Le procédé est de déshydrater le fruit doucement au feu de bois puis de le taper pour terminer d'extraire toute l'eau et de le rendre plus petit pour être conserver et transporter. Les marins en consommaient pour lutter contre le scorbut car ce fruit se gardait des années ainsi traités. Avec le retour de la vigne ce commerce est abandonné mais un amoureux des pommes le fait revivre dans les années 1980. C'est surtout à déguster accompagné de viande ou de dessert. Notre étape du soir est à Montsoreau pour 2 nuits dans une tente bivouac (2 petits lits et table et banc face à la Loire) car demain on va visiter l'abbaye royale de Fontevraud à 6 kms.

Dimanche 10 juillet
Le petit rigolo nous a bien eu encore une fois ! De vallon en coteau bien, bien ardus sur 6 kms (tracé cyclable jusqu'à l'Abbaye) épuisants à froid mais heureusement à vide. Le vélo ainsi allégé, j'ai dû mettre pied à terre dans la troisième côte MAIS repartir à vélo quand même. Demi victoire sur ce parcours que nous ne reprendrons pas au retour. La route est large et sans dénivelé, NA ! Mais la visite de l'abbaye Royale de Fontevraud valait le supplice. Quelle architecture élégante, majestueuse, grandiose et quelle histoire tourmentée et à multiples rebondissements. En résumé, créé par un "moine vagabond" D'Arbrissel, qui réunit hommes et femmes - oh traîtrise - (séparés dans l'enceinte tout de même) qui nomme une femme Abbesse directrice - oh seconde traîtrise - et puis Aliénor d'Aquitaine qui se prend en amour pour ce lieu. Une vie plutôt mouvementée pour cette sacrée (c'est le cas de le dire) femme deux fois Reine de France avant de divorcer - Oh outrage - et de se remarier avec Henri || roi d'Angleterre. Dans l'abbatiale reposent leurs deux corps ainsi que celui de leur fils Richard Cœur de Lion et d'une autre reine de France Isabelle d'Angoulême. Après la Révolution les religieuses sont chassées et en 1804 Napoléon (un autre sacré personnage) décide d'en faire une prison qui ouvrira en 1814 et fermera en 1963. Un univers carcéral très rude où se côtoient au début hommes, femmes et enfants. Durant les années 1943 -44, des résistants contre le nazisme y sont également enfermés. 14 y mourront des mauvaises conditions et 10 seront fusillés sur place. La plupart seront déportés. Pour finir sur une note plus douce : les notes de DO données par 3 cloches fondues exposées dans les jardins pour remplacer les 6 cloches imposantes du clocher principal. Quand les 6 auront été fabriquées elles reprendront leur place. Cette journée très enrichissante (visite du village de Montsoreau dominé par un imposant château) ne pouvait que se terminer par un bain dans la piscine et une glace rafraîchissante car ici il fait très très chaud !

Mardi 12 juillet
2 étapes hier et aujourd'hui dont le principal intérêt sont les châteaux, les bourgs typiques (dont "troglo"), les églises et ports en bord de Loire ou du Cher. Après l'Indre et la Vienne autres confluents de la Loire que nous longeons par intermittence. La constante de ces 2 jours est le vent et la chaleur qui nous accablent ! Qui nous obligent à rouler tôt et se poser en début d'après-midi. L'avantage c'est que nous pouvons avancer et visiter dans la même journée. Hier nous avons fait halte au château de Villandry où nous avons visité les remarquables Jardins à la Française : jardin d'amour, potager, jardin des simples, jardin d'eau tous plus beaux les uns que les autres. Et aujourd'hui halte à Amboise où nous avons visité le château. Très belle visite historique où on se perd un peu entre les rois et reines qui s y sont succédés. Nous finissons avec des assiettes de tapas végétarienne et un bon vin blanc.

Jeudi 14 juillet
Premier château visité avant hier Amboise et hier mercredi, nous partons pour une petite étape qui doit nous mener au prochain à Chaumont sur Loire. Plus que le château le lieu est surtout célèbre pour son festival des jardins où des artistes de toutes nationalités investissent l'espace de son immense parc pour y créer des œuvres végétales et autres le temps d'une saison. Réveil à 7 h : je râle car nous avons que 25 kms à faire. Au départ une ÉNORME et LONGUE côte nous oblige à pousser. On préfère toujours s'économiser le matin à froid - si l'on peut dire - car il fait déjà chaud à 9 h ! Comme la veille, nous allons rouler le matin et arriver tôt au camping. Puis après un arrêt guinguette où l'on sert une assiette végétarienne excellente et copieuse à défaut d'être variée, on part à l'assaut des jardins et château de Chaumont. Les pièces sont agrémentées de boiseries peintes, carrelage ancien rare et d' admirables tapisseries. Ce fut la demeure de Catherine de Médicis (en 1550) et de Diane de Poitiers (en 1562). Aujourd'hui le site est bien régional. Les jardins nous occupent le reste de l'après midi : c'est très original, paisible, frais et parfois plein de confusion. C'est que le génie imaginaire et créatif des artistes se dévoile sous toutes ses formes : aquatique, végétal, aérien... On a beaucoup aimé la maison dans le jardin (oui ! Oui ! plutôt que le jardin à la maison). Au retour nous discutons avec une dame qui sort de son potager les bras chargés de tomates et courgettes et elle nous offre 8 belles tomates bien fermes et goûteuses ! Aujourd'hui, c'est férié et pour nos vélos aussi. Nous les posons au camping de Blois, à 11h et nous installons dans une tente cabane Canada. Programme : repos, lessive, aquarelles et lecture. Table, chaises et frigidaire à l'ombre : un luxe ! Une guêpe me pique : une douleur ! Une belle ville médiévale à 4 kms sans bus : un inconvénient ! Un feu d'artifice raté (c'était hier) : une déception ! Une piscine toute proche : un plaisir ! La vie est changeante et imprévisible alors profitons en un max !

Vendredi 15 juillet
Superbe soirée de fête nationale hier soir finalement. Quand je disais que la vie était imprévisible ! Une histoire rocambolesque de clé perdue puis retrouvée par Patrick nous vaut un apéro offert plus une nuit au camping gratuite. Puis le village de l'autre côté de la Loire nous offre un concert et un feu d'artifice quasiment sous nos fenêtres. Comme quoi il ne faut jamais désespéré ! Ce matin nous rendons la clé de notre tente Canada pour déménager à 2 pas et monter la tente pour 2 nuits, du coup. Nous hésitions à rester pour visiter le château de Chambord qui se trouve à une vingtaine de kilomètres. Finalement nous avons décidé de rester sans aller jusqu'à Chambord (à 20 kms) mais en visitant la jolie cité de Blois qui vaut bien 2 jours de pause. Ce matin c'était le château de Blois qui a la particularité de posséder 4 façades de styles différents dus aux quatre souverains qui l'ont occupé en partie détruit puis reconstruit. Très intéressante visite. On y a passé 4 heures. Du coup, on a raté le déjeuner et on s'est goinfré de gâteaux en sortant à 16 h. Encore une belle journée avec 11 kms à vélo juste pour rejoindre la ville mais les vélos sans chargement avancent (presque) tout seul ! Soleil et vent toujours présent !

Samedi 16 juillet
Nous avons remplacé la visite du château de Chambord, mais actuellement la façade est enlaidie par des échafaudages vient on d'apprendre, donc on ne regrette, par la visite de la Maison de la Magie. Le père de la magie - fin 19ème - est né à Blois et à sa mort tous ses accessoires ont été réunis ici pour créer cet univers mi fantastique, mi rêveur et mi déconcertant. Jean Eugène ROBERT HOUDIN était un génial horloger, inventeur, mécanicien et prestidigitateur. Sa pendule mystérieuse qui date de 1844 et encore en état de marche est sa première œuvre importante. Le musée retrace la vie d'illustres magiciens qui ont suivi sa trace. HOUDINI qui a pris ce nom inspiré par son prédécesseur, surnommé le roi de l'évasion et Jean MADD qui a popularisé la magie et la fait connaître à travers des cabarets spectacles, à la télévision et même au cinéma. Avant cette très intéressante visite de 3 heures (spectacles inclus) nous avons visité l'ancien quartier de Blois où est né également Denis PAPIN et le Roi LOUIS XIII. Une crêpe végé et un plateau de fromages dégustés sur la place royale face au château pour le déjeuner. Encore une bien belle journée qui s'achève. Ce soir, c'est repas de luxe : pâtes avec sauce tomate bio aux petits légumes et gruyère râpé. Demain on reprend nos vélos avec une grosse chaleur annoncée.

Dimanche 17 juillet
Un dimanche aux petits oignons. Lever à 7 h pour éviter la chaleur. Départ à 8 h 15. Y'a pas à dire 2 jours de repos ça requinque. Nous avalons nos 35 kms en 2 h 30 et sommes donc à Beaugency notre étape prévue pour la nuit, à l'heure de la pause cappuccino et croissant. Du coup, on décide de continuer sur Orléans le prochain camping est à une trentaine de kilomètres. Vent modéré, chaleur supportable, pente douce et longue pause champêtre pour déjeuner et pour fêter tout ça un paquet de chips françaises. Notre minimalisme de rigueur n'empêche pas des petits écarts de qualité. Nous faisons une overdose de ville, châteaux et bitume aussi pas d'arrêt visite aujourd'hui. Beaugency et Orléans attendront. Un peu plus de verdure sur qq kilomètres où on a retrouvé nos chants d'oiseaux puis la levée de la Loire et sa circulation (vélos et qq autos). Un dimanche un peu fou- fou. 60 kilomètres au compteur ! Camping municipal d'Orléans vraiment pas top mais pas cher (9 euros).

Lundi 18 juillet
Les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Lever 7 h pour profiter de la matinée dans cette journée qui est annoncée caniculaire. Nous n'avons rien pu acheter hier dimanche et nous décidons d'aller prendre notre petit déjeuner à Orléans et en profiter pour jeter un oeil à la cathédrale. Malheureusement elle n'ouvre qu'à 9h. Un petit tour en rejoignant notre piste cyclable nous donne un bref aperçu de l'intérêt de la cité de Jeanne d'Arc et de ma grand mère. Puis nous longeons les berges bien aménagées pour la promenade et le repos. Un coup de fil d'Australie finit de nous retarder (mais quel plaisir d'avoir des nouvelles de notre fille) et nous quittons la ville à 9 h passé. La chaleur va vite nous rattraper malgré la proximité de la Loire et qq passages en forêt à l'ombre. Les paysages sont un peu plus sauvages et nous voyons un lièvre sur le bord de la piste et un chevreuil qui traverse la Loire. Il y a peu de vent qui ne se lèvera que vers 13 h. Nous faisons qq détours dus à des travaux. Finalement nous ne voyons plus la fin de cette étape de plus en plus chaude. Un arrêt pour déjeuner vers 13 h car nous avons voulu nous avancer le plus possible. Manque d'énergie, soif et vent qui nous réjouit autant qu'il nous gêne car on a l'impression de forcer sans avancer beaucoup alors qu'en sens inverse ça déboule vivement. Les gourdes ont beau être remplies à chaque occasion, l'eau devient vite tiédasse et ne suffit pas à réhydrater nos bouches desséchées ; les gouttes de sueur moite dégoulinent et la tête commence à surchauffer. Tous les voyants sont au rouge vers 14 h en plein soleil et sur le bitume brûlant. C'est là qu'une réaction incompréhensible mais vraie se produit (pour moi épuisée comme une vieille figue desséchée) : lorsque le moral m'abandonne mon corps va prendre le dessus et continuer à pédaler et avancer en mode pilote automatique. À 15 h nous voyons les drapeaux du camping. Délivrance ! On se rue sur les sanitaires mais l'eau qui sort des robinets est chaude elle aussi. Après qq minutes de pause, lessive et discussion avec notre voisin voyageur, nous allons visiter le château voisin (à pied soit 15 mm) car c'est la raison de notre étape à Sully sur Loire. Courses, douche et une salade de crudités avec beaucoup, beaucoup d'eau et au lit tôt !

Mercredi 20 juillet
Deux étapes courtes hier et aujourd'hui. Hier, la chaleur est toujours au rendez-vous. Nous partons à 8 h mais il fait déjà aussi chaud qu'à 11 h ! Le vent souffle son air chaud il nous ralentit plus qu'il ne nous rafraîchit. La piste emprunte une partie plus nature et sauvage, verdure et oiseaux sont là. Nous évitons un détour de 5 kms dans les terres ce qui nous vaut une Départementale bien fréquentée et un peu de mal pour retrouver notre piste cyclable. Nous passons un village original : partout sont disposées des chaises avec des messages à référence cinématographique ou des mises en scène de films. Notre étape du soir est Briare célèbre pour son exceptionnel pont-canal qui date de 1896. Halte papautage avec deux cyclistes très sympas. L'occasion de comparer nos muscles de marcheurs et les leurs de cyclistes. Nous n'avons qu'une hâte c'est d'arriver au camping. Arrivés à 13 h un petit restaurant nous tend les bras avec ses salades de crudités au joli port de Briare. Cher pour qq feuilles de salade, quatre grains de maïs et deux tomates ! Même plus d'énergie pour contester. On s'arrête à 14 h encore assommés par les 41 degrés. Repos, piscine, la lessive attendra. Nous avons arrosé notre 1500ème kilomètres aujourd'hui mais pas ma 1er crevaison : la pluie s'en chargera toute la nuit et jusqu'à 10 h du matin. Du coup, partis à 10 h 45 on fait une pause au village pour acheter du pain et à cette heure plus de viennoiseries : j'achète 2 gougères. On ne sait pas encore en les dégustant de suite toute chaudes qu'elles seront notre unique repas du jour. Petite étape encore de 37 kms mais aujourd'hui il fait gris, on reçoit qq gouttes, on s'abrite, on roule avec la veste : 20 degrés d'écart avec la veille ! Quel bonheur de suivre le canal latéral de la Loire un moment. Traverser deux anciennes écluses magnifiques pour finir au pied de Belleville : quel nom pour une centrale nucléaire ! Les coins pique nique ne manquent pas c'est nos provisions qui manquent. Partis tard tout est fermé pour se ravitailler. Quand mon coup de pompe arrive on se plante sur le bord de la levée pour grignoter notre bon pain avec qq, amandes, une barre de pâte d'amande et une pompote. Il est 14 h tout de même. Le camping de Cosnes sur Loire est un vrai terrain de golf où on plante la tente trempée avant d'aller visiter la ville et surtout se ravitailler et manger un morceau en attendant la pizza de 19 h. Le soleil ressort vers 17 h mais la température reste douce.

Jeudi 21 juillet
Devant une bière fraîche après la visite de l'abbaye médiévale de La Charité sur Loire ou plutôt ce qu'il en reste : un portail gothique, une église aux voûtes impressionnantes, cloître et salles en partie rénovés mais qui laisse imaginer le joyau de l'art Roman que devait être ce lieu au XI siècle alors qu'il accueillait les pèlerins de Compostelle. Une journée qui se termine bien donc après une étape en bordure de canal latéral de la Loire. Voie verte large, gravillonnée et ombrée au départ, une petite route nous mène au pied des Remparts de Sancerre que nous ne visiterons pas pour cette fois (gros dénivelé). Nous retrouvons la digue, ici levée Napoléon de part et d'autre de la Loire et de champs de maïs ou tournesols. Ces percées en pleine nature nous enchantent avec un soleil pas trop fort et un vent pas trop violent. Pas trop de circulation non plus aujourd'hui. Ce qui nous ravit également ce sont les médaillons qui fleurissent depuis peu sur notre chemin à chaque kilomètre : hier 66 kms et aujourd'hui, nous voilà à 30 kms de notre destination. 680 kilomètres de Val de Loire avalés. Si l'on était fiers d'arriver à Nantes, notre arrivée proche de Nevers concrétise notre ambition de boucler ces 2 itinéraires célèbres. Arrivés à destination avant midi, nous plantons la tente au soleil voilé, déjeunons et nous reposons. On réserve une nuit exceptionnelle pour le lendemain car la pluie est annoncée et puis c'est l'occasion rêvée pour... Je prend enfin mon premier et dernier bain dans la Loire. Elle est idéalement fraîche, limpide et le courant juste comme il faut. Lessive et douche avant d'aller visiter la ville et nous ravitailler : ce soir pâtes royales c'est à dire : sauce et fromage !

Vendredi 22 juillet
Nous entamons notre 7ème semaine de vagabondage. Et cerise sur le gâteau, nous terminons l'itinéraire de la Loire à vélo également ce jour. Après un départ tardif, nous roulons sur la digue de la Loire, admirant une dernière fois sa faune criarde le matin, les hérons qui se laissent admirer, les aigrettes qui s'envolent à notre approche et les cygnes et leurs cygnons qui se baladent tranquillement. En arrivant à Marseille, un doute s'installe : que fait on ici et où est notre piste cyclable ? Nous passons le petit port, l'écluse et continuons le long du canal. Je sens pas trop cette direction tandis que Patrick est sûr de lui. Il faut longer le canal... Mais où est donc passé la Loire ? S'ensuit un large détour sur un chemin de halage. D'abord sentier de verdure plus ou moins tracé, qui se change vite en chemin broussailleux à souhait. Au Pont on décide de reprendre la route car on s'est enfin rendu compte de notre méprise ! Mais le GPS indique de l'autre côté du canal un passage pompeusement nommé Grand Rue. Et bien allons y donc. Misère c'est encore pire après 100 m trompeur ce ne sont que broussailles et mono trace au milieu de haies d'orties. Aïe aie aie ! Ça pique sec, ça brûle ! Au prochain Pont on reprend la route ! Enfin on retrouve notre Loire et les médaillons... 5 kms. 4.3.2.1 puis KM ZÉRO un plan et une borne à Cuffy marquent le début - mais pour nous c'est la fin - de l'itinéraire. On est supers fiers et heureux. Pas de troqué pour fêter ça mais on a mieux encore : ce soir on s'offre une nuit au château ! Nous passons ensuite le Pont canal et sa double écluse au niveau du Bec de L'Allier. L'Allier unie avec la Loire pour des kilomètres de vie commune. Une grande pause déjeuner puis une autre glace car l'arrivée au château des Marais ne se fait qu'à partir de 16 h. Et enfin, il est là, au bout de l'allée, sur un tapis de verdure, entouré d'eau. Des tours et un donjon, une cour intérieure aux fenêtres stylées, escalier en colimaçon, pierre et couleur chaude à l'intérieur : c'est la vie de château ! Nous avions réservé la Chambre du Roi mais elle était occupée alors on a la Chambre de la Poterne, bleu et jaune, fleur de Lys, coin et recoin dans la tour. C'est superbe à l'image de l'accueil de Bernadette qui nous offre à boire. Ce soir on mangera dans la Cour du château. Et demain petit déjeuner royal à 9 h.

En vrac
Nous allons bientôt quitter la Loire qui a déroulé ses 700 kilomètres depuis Saint Brevin les Pins où nous n'avons pas trouvé le totem qui marque la fin de l'itinéraire officiel. De toute façon pour nous c'était le départ. De rive du fleuve en canal latéral, de digue - levée - en voie verte, de châteaux en abbayes, de ports en écluses, de ponts en ponts canal, de forêts en vignobles, nous avons suivi le plus long fleuve de France et ses affluents l'Indre, la Maine, la Vienne, le Cher, l'Allier, admiré sa faune sauvage, hérons, grèbes, aigrettes, canards, cygnes... photographié les futreaux, toues et gabares ancrés au fil du courant. Nous avons parcouru des dizaines de kilomètres sur les fameuses levées aux imposantes proportions, ces digues Multi centenaire construites et renforcées siècle après siècle, pour contenir les crues dévastatrices du grand fleuve. La Loire avec ses boires bras morts, ses bancs de sables et ses iles, îlots privilégiés pour les oiseaux, témoignent d'un attachement certain pour la navigation, d'hier avec la marine marchande à aujourd'hui avec le tourisme fluvial. Mais la Loire a souffert de l'exploitation humaine : pompage et extraction abusifs de sable et il lui faudra des centaines d'année pour retrouver son aspect sauvage et le niveau naturel initial de son cours d'eau.

Dimanche 24 juillet
Samedi, après notre nuit royale sous un ciel de lit bleu et jaune avec fleur de lys peint sur le mur, nous déjeunons dans un service en porcelaine bleu et or. Ce gargantuesque repas nous tiendra jusqu'à 15 h. Le ciel est gris ce matin et après avoir réglé notre nuit en espèces (du mot épices qui étaient la monnaie d'échange au Moyen Âge) nous tournons le dos - non sans prendre qq dernières photos - à notre demeure seigneuriale d'un jour. Avant de partir Bernadette nous offre un 2eme stylo en partant car on lui a dit qu'on écrivait tous les deux. Nous retrouvons le canal frais et ombragé où l'on supporte la veste. Seulement 10 kilomètres nous séparent de Nevers et nous arrivons au camping à 11 h. On a repéré des jolis abris tout ovales en bois. Je demande s'il y en à un de libre mais tout est loué. Dommage passé du château à la tente dur ! Dur ! On commence à vider les sacoches quand la dame du camping arrive en courant : vous avez réussi à expulser quelqu'un ? (c'est ce que je lui avais proposé) elle rigole et s'excuse car elle n'avait pas vu qu'il y'en avait un qui se libérait ce matin. Super ! Pour 57 euros la nuit ? On prend pour 2 nuits ! C'est trop mignon tout en bois et tout en rondeur à l'intérieur : un bon matelas, micro onde, vaisselle et bouilloire. Nous posons nos sacoches, nous changeons et partons visiter Nevers. C'est une petite cité avec de nombreuses maisons d'époque médiévale, gothique ou Renaissance. Le Palais ducal où se trouve l'Office de tourisme. Plusieurs églises et la cathédrale à voir que nous réservons pour le lendemain. Pause goûter repas à 15 h. Courses à Carrefour Market : le seul magasin que l'on trouve partout en ville et ici en plus on ne trouve qu'une boulangerie ouverte. Ce soir on va écouter un concert pop rock français en face du camping. Et le lendemain, dimanche nous faisons une Grasse matinée : réveil à 9 h. Visite de Nevers : la cathédrale est très somptueusement décorée de vitraux multicolores et modernes, jardin et remparts, quartier des faïenciers (dès 1600 ce commerce s'est implanté ici) chapelle où repose le corps intact de Bernadette avec reconstitution de la grotte de Lourdes, puis après un repas au gout oriental (mélange de grec et turc) on va encore voir le musée de la faïence. On y découvre une technique inconnue et perdue de nos jours : le verre émaillé qui permet de fabriquer des petits objets et personnages très minutieusement. C'est de toute beauté. Une dizaine de kilomètres à pied encore aujourd'hui. Nous avons enfin fixé la suite de notre périple. Au vu des trop nombreuses routes qu'emprunte le détour envisagé pour rejoindre Châlons sur Saône puis Mâcon, nous avons opté pour aller jusqu'à Roanne et prendre un train pour Vienne et la Via Rhona. La Bourgogne avec l'euro vélo 6 qui remonte la Saône et le Doubs sera pour une autre fois.


Lundi 25 juillet
Étape de fou ce jour. On sait que nous allons cheminer sur une partie roulante, ombragée et abritée du vent - ça c'est pour le sens inverse - mais effectivement nous allons avoir la bonne surprise d'avoir le vent dans le dos à partir de 13 h après la pause déjeuner. Puis on sait aussi suivant le guide toujours que nous allons prendre "un parcours divaguant, grimpant parfois et sans grand intérêt". Pourquoi ne pas utiliser le chemin de halage qui suit le canal latéral ? Mystère ! Pour offrir un sursaut de vie aux qq bourgs traversés ou pour éviter un entretien coûteux de la piste cyclable ? Avec mon optimisme exacerbé (peut être celui ci sera en meilleur état...) je propose de suivre quand même le chemin le long du canal, avec son pessimisme fondé, Patrick ne veut pas entendre parler des haies de broussailles et autres orties ! Nous suivrons donc le canal jusqu'à Decize 38 kms très agréable où un cygne nous fait sa parade de séduction. Est ce un mâle qui voudrait me délivrer de mon sort d'humaine pour emballer la belle femelle ? Ou une femelle tombée en pamoison devant les mollets majestueux de Patrick. Toujours est il que l'animal nous suit un moment en agitant gracieusement ses ailes. L'arrêt cappuccino à Decize s'impose surtout qu'il n'est qu'à peine 10 h et je dois envoyer un colis. Puis nous tombons sur un Leclerc Sport où nous trouvons une chambre à air pour mon vélo et une bonbonne de gaz. Ensuite c'est le morceau route où l'on apprécie peu le voisinage des autos comme la monotonie des paysages. Arrivés à l'étape prévue, pas de camping et rien à manger. Il y a seulement un petit carré de terre et une douche en bord de route pour 12 euros. Il est 14 h et un groupe arrive. On papote un moment et ils nous assurent que la suite est très roulante et "avec le vent dans le dos vous allez filer sans problème". Déjà 55 kms au compteur mais bon il ne fait pas trop chaud, la promesse du vent dans le dos et d'un camping digne de ce nom à l'arrivée nous booste. Nous entamons une balade bucolique en campagne qui se termine en épreuve sportive sur les 20 derniers kilomètres ! Je pousse 2 fois ! Puis nous bouclons enfin les 85 kilomètres qui nous ont mené à Bourbon Lancy. Il est où ce foutu camping ? On a raté un bout de piste et on arrive en ville, mi-épuisés et mi-énervés, un arrêt douceur s'impose devant une glace très appréciée avant departir à la recherche du camping nullement indiqué. Le soir une petite bière pour arroser les records du jour qui vont nous couter cher demain, étape de 85 kms et vitesse de 46 km/ heure ! 

Mardi 26 juillet
Le mot qui convient pour résumé cette journée est ZÉRO ! Zéro énergie ! Zéro kilomètres ! Zéro activité ! Ce matin après une mauvaise nuit (chaud, froid, soif, toux) mon corps refuse de se mettre en route. Nous avons pris froid hier sur l'étape en transpirant sur les montées et en prenant l'air frais dans les descentes. Plus le vent et la fraîcheur qui sont apparus alors que l'on mangeait dehors. Bref sacré cocktail de kilomètres, canicule, fraicheur et un peu de déshydratation, nous laissent tout mous. On décide de rester dans ce camping bien équipé : salle (où nous mangerons ce soir), frigo, four à micro-ondes, salon de jardin et piscine (où il y a peu de baigneurs aujourd'hui avec le vent). Patrick va faire qq courses pendant que je reste allongée sous la tente. Je finis par m'endormir jusqu'à midi. Vers 16 h, nous marchons un peu autour de l'étang proche du camping en pensant déguster une crêpe pour le goûter. Mais aujourd'hui c'est fermé. On se rabat sur le supermarché pour acheter des douceurs. Et on boit, boit, boit ! Premier jour aussi moche, physiquement parlant. Après près de 7 semaines de vadrouille c'est correct mais va falloir faire un peu plus attention à nos calories et à l'hydratation. 

Mercredi 27 juillet
Une chaise longue au doux soleil de fin de journée. Certes il est encore fort mais après notre refroidissement, moi j'apprécie de jouer au lézard sous l'œil curieux d'une grande aigrette qui va et vient sur la berge. Un peu plus loin le pont canal (le dernier sur notre trajet) de Digouin complète le tableau de cette fin d'étape plutôt facile. 32 kilomètres, de piste cyclable essentiellement et de voie le long du canal en grande partie. Rien de bien original donc ce jour, péniches et hérons sont nos seules rencontres. Et un couple d'Hollandais que nous aidons à brancher l'électricité de leur jolie péniche. La forme est revenue mais le mal de gorge est tenace. Patrick tousse en plus et il est tout bouché. On va acheter des pastilles et du ravintsara. Arrivés au camping vers 13 h nous mangeons un peu plus cette fois - céréales en plus de la tomate et fromage habituel - puis nous allons nous reposer dans notre tente cabane sur pilotis que nous avons réservé pour la nuit. Un bon lit ne se refuse pas quand il y en a de libre à un prix correct. La piscine nous tend ses bras mais non, Patrick qui n'a pas eu son compte de kilomètres préfère la salle de sport (juste pour la photo !) et moi une bonne sieste. La visite de Digouin nous occupe un moment : église et exposition sur l'homme de Néandertal. Et voilà une journée de passé entre effort, gourmandise, visite et repos. Tout cela avec parcimonie car si les voyages forment la jeunesse ils entretiennent la vieillesse ! Une péniche passe sur le pont canal. Après un excellent goûter : gâteau chocolat guimauve à la pâtisserie du coin ( il n'y a pas de boulangerie ici) on a réservé une table au restaurant renommé mais pour nous ce sera pizza.

Jeudi 28 juillet
Les jours se suivent et se ressemblent. Rien de nouveau ce jour. Il faut dire que nous avançons à la vitesse d'un escargot. En Bourgogne quoi de plus normal ! La forme n'est pas à son niveau d'excellence mais surtout le mal de gorge nous tyrannise toujours. Nouvel arrêt à la pharmacie, cette fois paracétamol et spray à la propolis. "Attention au Covid, j'ai eu des cas ce matin encore, vous devriez faire un test". Nous sommes tous les jours confrontés au chaud-froid des déplacements à vélo. Bref, on met nos maux de gorge et nez sur cet état de fait. Nous sommes tributaires des campings et dans cette région ils sont rares. Aujourd'hui seul camping à 16 kilomètres ou plus de 50. Ce sera donc halte à Paray-le-Monial, le plus proche, avec une grande pause repos, jeu, douche, lessive et cuisine. C'est un genre de Lourdes : beaucoup de touristes pèlerins, basilique, chapelle de la Visitation. Nous allons y faire un tour sur le soir mais nous ne visitons que la Basilique. Ce soir repas végan trouvé au magasin bio : tofu ail des ours, paella au seitan et boulghour lentilles et légumes. Nous avons décidé de ne pas aller jusqu'à Châlon et de rejoindre Roanne pour prendre un train qui nous mènera vers la Via Rhona, dernier tronçon de notre périple.

Vendredi 29 juillet
Réveil 7 h. Départ 8 h. Arrêt petit déjeuner copieux et nous voilà sur une voie cyclable entre forêt et champ, fermes, chevaux et vaches. Bucolique, calme et roulant. Seulement la Bourgogne est mécontente de notre défection et nous le fait savoir dès le réveil. Le ciel est gris, lui aussi nous en veut de ne pas faire la boucle Châlon/Mâcon. Alors les premières gouttes de pluie nous tombent dessus des la sortie de Paray-le-Monial. Si Patrick a passé la meilleure nuit du séjour, j'ai oscillé entre sueur froide et chaleur moite. Néanmoins, on est prêt à rouler les 40 kilomètres qui nous séparent du prochain camping. Cela nous paraît raisonnable pour une reprise. Je me suis emmitouflée dans ma veste plus buff autour du cou plus veste de pluie et la capuche sur la tête sous le casque. Il n'y a que mon nez qui dépasse et goutte de temps à autre. Nous cheminons sur une ancienne voie ferrée droite et plate. Notre ardeur toute nouvelle est bien là dopée par le plaisir retrouvé de voir défiler les kilomètres et les paysages. L'attrait du voyage, la liberté et le bonheur sont au rendez-vous. À la pause amandes de 11 h, 30 kilomètres s'affichent déjà au compteur. On est prêt à rouler encore alors on envisage d'arriver à Roanne aujourd'hui. Pas de camping ici donc ce sera hôtel, après avoir rejoint le chemin de halage du canal du Centre qui se termine dans le port de Roanne et ainsi boucle notre deuxième partie du voyage : la Loire. Nous aurons finalement pédalé 62 kilomètres. Fiers de nous et en forme même si la crève n'est pas tout à fait passée. Nous avons aperçu des cigognes aujourd'hui : c'est un signe de (re)naissance ! Si Paray-le-Monial marquait un tournant dans la suite du périple via la Bourgogne ou via Roanne, la Via Rhona, elle, est la troisième partie de notre projet initial. Et c'est demain que cela débute alors que nous frôlons ce soir les 2000 kilomètres !


Samedi 30 juillet
VIA RHONA nous voilà ! Départ en train : ROANNE - LYON, puis LYON - VIENNE. Après notre bonne nuit, un petit déjeuner copieux et un achat d'en cas pour la route nous récupérons nos vélos qui ont dormi dans le grand salon du Grand Hôtel pour traverser la rue et entrer dans la gare. Bonne surprise : il n'y a pas d'escalier pour rejoindre notre quai et pas de marches pour monter dans le train qui est déjà là. Un vélo est déjà suspendu dans l'espace vélo. Nous déposons les nôtres un contre l'autre car pas question d'enlever les sacoches. Un puis encore un autre voyageur à vélo arrivent. Ils font comme nous. On commence à papoter. Au premier arrêt les 4 vélos décident de descendre sans nous ! Vite on sangle tout ça avec les moyens du bord mais ça tiendra. À Lyon, on doit traverser la gare et prendre un ascenseur pour remonter sur le quai G. Merci l'ascenseur. Par contre il y a des marches pour monter dans le train. Un jeune homme m'aide tandis que Patrick reste coincé dans les portes qui se referment. Ça rentre, ça sort il y a foule en ce week-end de chassé croisé estival. Finalement l'Espace vélo est plein alors on reste dans l'entrée jusqu'à la prochaine gare qui est Vienne. À l'arrivée il y a des escaliers partout, et des ascenseurs aussi et je découvre que mon vélo est plus long que celui de Patrick, puisque le mien ne rentre pas dans l'ascenseur. On descend à pied mais pour remonter (grgrgrgr) Patrick "enlace" ma roue avant serré dans l'ascenseur et moi je prends son vélo. Le chant des cigales, la chaleur adoucie par un petit air, les coteaux de vignobles et les champs d'arbres fruitiers nous rappellent qq chose... Pas de doute on arrive dans le Sud et ça sent la maison ! 14 kilomètres en bord de Rhône ou à travers champs nous mènent au camping de Condrieu. Bienvenue dans le Sud : ici il n'y a pas que les températures qui montent, les prix aussi : 25 euros la nuit dans ce camping halte voyageurs très simple, sol sec et dur, espace réduit, 2 douches à l'autre bout. Bon il y a une petite piscine que nous n'utiliserons pas encore. Nous carburons toujours au ravintsara et à la propolis alors la piscine et la bière atteindront encore un peu.  Le camping est totalement plein de voyageurs dont ces 3 jeunes trop marrants qui voyagent à pied, stop ou train. Où ça ? Ben on sait pas. Si vous avez une idée. Ce soir un concert à Vienne, demain on verra ! Vive la liberté !

Dimanche 31 juillet
Un mois se termine, un nouvel itinéraire commence. Le va et vient de la vie ! Ce qui ne change pas trop c'est la chaleur constante qui va crescendo avec l'élévation du soleil au dessus de nos têtes. Bizarrement aujourd'hui je n'ai pas quitté ni la veste ni le buff autour de mon cou. Notre première étape sur la Via Rhona a été ponctuée de rencontres brèves mais sympathiques. Il y avait eu une période froide en matière de contact dans la Vallée de la Loire. Trop de passage. Trop de touristes. Trop pressés. Le Rhône est beau quand nous prenons la route vers 8 h 30. Sa surface est lisse, paisible. Les couleurs chaudes des maisons, le rouge et ocre se marient à merveille avec ses eaux bleues et vertes. Je pense à un paysage calme et doux des lacs italiens. Nous ne le quitterons que rarement des yeux, passant de terres maraîchères en vergers avec les vignes bien alignées sur les collines d'en face et les contreforts des monts d'Ardèche en ligne de fond. Ici, le paysage a pris du volume, un peu comme nos mollets, sur cette fin de voyage ! Nous passons plusieurs villages, ville avec des ponts suspendus. Un pont écluse et puis qq usines à papier. Nous trouvons une boulangerie ouverte à Sablons notre halte de 10 h ou un couple nous dit que l'on peut prendre un petit train touristique pour rejoindre Lamastre et faire la Dolce Via. Malheureusement tout est complet jusqu'au 10 aout. Avant midi on arrive à Saint Vallier notre étape du soir car les campings sont rares sur cette portion comme l'eau d'ailleurs. Mais il fait très chaud malgré le vent qui souffle donc ce sera repos et sieste à l'ombre. Une visite éclair au village : tout est fermé. Pas un bar ou une boulangerie pour une glace ou une bière fraîche ! Il y a bien des vendeurs de pizzas qui ouvrent ce soir. Et un magasin tenu par une Tunisienne qui est ouvert. On lui achète du fromage fêta (pas de gruyère râpé car je suis en vacances ce soir) et des pêches qu'elle nous offre. Ce soir pâtes sauce tomate maison et fêta : c'est pas mauvais ! Et à Midi j'ai acheté des pizzas à... Il n'y avait vraiment que ça sans viande... Mais c'était bien bon... Pizza aux ravioles !

Lundi 1er août
Réveillés super tôt par des cris d'enfants. A 6 h 16 du matin ! Les parents disent rien ? Des Espagnols : on savait qu'ils se coucher tard donc hier soir c'était boules quies dès leur arrivée mais je pensais pas qu'ils se levaient si tôt. À 7 h 30 on quitte le camping. Passage au village : idem qu'hier : tout est fermé. Dommage que L'épicerie-bar-restau ne soit pas encore ouverte. On roule le ventre vide mais à la fraîcheur. On se dit qu'à la première table on s'arrêtera pour déjeuner. Il faut attendre 9 kilomètres pour en trouver une. Avant le même tableau que la veille : couleurs douces et surface sans rides (pas comme ma tête le matin) c'est la Dolce Via Rhona. Nous longeons le fleuve et croisons des cygnes en couple ou en famille, ils sont toujours aussi élégants. On en a jamais vu autant. Qq hérons et canards. La voie est bien indiquée et elle serpente au pied du fleuve, entre les cultures ou face aux vignes bien disposées à flanc de coteaux. Une seule fois on rate un embranchement et on suit une vallée arboricole où Patrick va grappiller qq abricots oubliés. À Tournon sur Rhône, enfin nous trouvons une boulangerie où je peux boire un café crème ( pas de cappuccino ni de jus de fruits pour Patrick) et nous régaler de viennoiseries. Marc Seguin y a laissé trace d'une passerelle suspendue. C'était un ingénieur et inventeur qui a été le premier à construire un pont suspendu en 1825, le premier grand pont d'Europe continentale. Il fait de plus en plus chaud et je finis par quitter ma veste. Et mon buff, plus tard. À Valence, nous pensons refaire le plein de barres céréales ou de thé et de miel, on trouvera juste de quoi se restaurer. Il est 11 h mais l'appel du ventre n'attend pas. Un Burger de Papa (avec galette végétale pour remplacer n'importe lequel des burgers) avec limonade de papa et frites maison de papa : un régal. À midi on reprend la route. L'eau redevient chaudasse dans les gourdes et même celle que l'on trouve en route est tiède. Plus qu'une dizaine de kilomètres pour rejoindre le prochain camping, ce soir toujours pas le choix de l'étape : c'est le seul à la ronde. Vers 13 h on y est : le même qu'hier : sec et réduit, sol dur, 2 douches. On trouve deux chaises où Patrick s'affale et tombe de sommeil. Le soir, nous arrosons nos 2000 kms et papotons avec un Suisse qui fait la Via Rhona jusqu'à Sète pour faire de la plongée et nous nous retrouvons pour manger au restaurant. Là encore pas de choix : pas d'épicerie à des lieux à la ronde. Le nom du lieu est des plus charmant : Charmes sur Rhône.


Mardi 2 août
Petite étape avec qq cotes surprises. Normal car on s'approche de l'Ardèche. Le Rhône est toujours là quand nous partons à 7 h 30. De plus en plus tôt mais chaleur oblige. Hier soir le camping s'est rempli à craquer, 2 tentes à nos piquets, tout ça pour le prix d'un emplacement chacun. Pas très catholique tout ça même si ne pas laisser de cyclistes à la porte part d'un bon sentiment. Ce matin c'est pain et miel. En attendant le premier village où on prendra une boisson. C'est La Voulte Sur Rhône à 13 kilomètres. Un jus de fruit et des viennoiseries puis nous quittons la Via Rhona pour faire une escapade sur la Dolce Via Ardéchoise de 2 jours. Elle fait 90 kms aller/retour et nous en ferons un bout aujourd'hui et le reste demain. Nous tombons sur un Intermarché ce qui nous permet de faire le plein de barres céréales, pâte d'amande et déjeuners. Ce soir c'est mon amie qui nous rejoint, Coco la cuisinière, donc pas de repas à prévoir. On achète des abricots et l'étal des fruits me fait de l'œil surtout une part de pastèque. Pas de place. Au retour peut-être. Les prochains 20 kilomètres sur la Dolce Via sont sur une piste gravillonneuse et parfois asphalte. C'est une ancienne voie ferrée. Elle monte doucement et avec le vent en plus on avance très lentement. Mais on arrive à Les Ollieres Sur Eyrieux avant midi. Rivière en contrebas, location de vélos et de canoës, bars et restaurants, c'est animé. Mais on ne voit ni boulangerie ni épicerie. On prend finalement une tente bivouac sur pilotis (merci la carte bleue) pour 2 nuits. Pas de tente à monter en plein soleil. Ni à manger par terre au soleil. On mange à l'ombre sur notre table en dessous de la tente. L'ouverture est super étroite et l'échelle raide, c'est un sauna à l'intérieur. On l'appréciera cette nuit. Et demain on laissera les sacoches pour terminer la Dolce Via à vide. Vu le léger dénivelé ce devrait être plus agréable. Après c'est rivière où je me baigne et m'assoupis à l'ombre, puis piscine toujours à l'ombre. Puis glace, lessive, douche, jeux, écriture et blog. Ouf quel boulot ! On attend Coco et Laurent qui passaient par là (enfin Vienne à qq 100 kms) et ont décidé de nous faire un ravitaillement (repas, Kleenex. Très belle surprise. Très belle soirée.

Mercredi 3 août
La Dolce Vita sur la Dolce Via. C'est un peu le résumé de cette journée. Avec une soixantaine de kilomètres au compteur ce soir, quand même. Avec un vélo léger et partis tôt 8 h 30 nous abordons la Voie verte de la Chevrette avec entrain, malgré une nuit agitée et bruyante. Patrick s'est fait agressé par le voisin à qui il était allé demander de baisser la voix à 23 h 30. No comment. En plus j'ai ronflé alors il a très mal dormi. La rivière de l'Eyrieux s'écoule en bas des flancs de châtaigniers, entre les vallons de fruitiers, pommes et prunes ou au au creux des gorges creusées dans la roche lisse. Nous parcourons des ponts, aqueducs et tunnels sur les traces de l'ancienne voie ferrée vestige enfouie (sous l'asphalte de la Dolce via) d'une époque prospère où la vallée vivait des filatures de la soie ou des usines à bois. Le tanin des châtaigniers était recueilli pour le tannage des peaux. Aujourd'hui les petites gares abritent des bars, restaurants, gites et même un collège. Le tourisme à vélo a remplacé les vieilles locomotives et wagons. Nous faisons une halte à mi chemin pour déjeuner d'un yaourt de brebis et marron un cookie et un muffin au marron (on est bien en Ardèche) avec un excellent jus de fruit à la pêche de vigne. Bien requinqués, (nous avions peu manger au lever car nos réserves s'épuisent) nous repartons pour Le Cheylard. Nos tomates, pêches et pâte végétal dans le sac nous nous posons dans un site de baignade avec un coin d'ombre. Repas et sieste après mon bain rituel. La Dolce vita ! Retour à 14 h 30 en pleine grosse chaleur mais faut bien rentrer. Si l'aller était en pente douce constante au moins on sait que le retour sera en descente constante. On a du vent mais entre les gorges et tunnels cela va à peu près. On refait la pause à mi chemin pour goûter cette fois la glace au yaourt de brebis (où est la crème de marron ?) et on plaint les nombreux voyageurs que nous croisons, surtout les familles avec de jeunes enfants, qui pédalent et ne sont pas arrivés, sous le soleil de 16 h, le pire ! Nous c'est douche et boisson fraîche qui nous attendent dans moins d'une heure. Puis ce sera pizzas. 

Jeudi 4 août
Fin de la huitième semaine ce soir. Pas d'alarme ce matin et Patrick m'a laissé dormir jusqu'à 8 h. Après un petit déjeuner de plus en plus frugal (2 biscuits et un abricot) nous bavardons un moment avec la famille cycliste d'à côté. Puis nous faisons une halte jus de fruit au village. Bref il est déjà 9 h 30 quand nous prenons la voie verte qui nous ramènera à La Voulte sur Rhône et la Via Rhona. Et il fait déjà chaud. Heureusement les premiers tours de roue se font en descente et en partie à l'ombre. Le soleil rasant éclaire les maisons aux murs gris et aux toitures foncées qui semblent jaillir de la végétation. L'hiver elles doivent se fondre dans l'ambiance sombre et brumeuse mais là elles sont comme un rayon de soleil sur la terre terne et sèche de cet été caniculaire. La dernière trace de vie dans cette vallée endormie. La voie ferrée a définitivement cessé son activité en 1968, après avoir convoyé les fruits jusqu'aux Halles parisiennes. À la Voulte arrêt pour ravitaillement (le dernier mais Patrick tient à sa purée mousline !) et viennoiseries qui se changera en repas à 11 h. Patrick est affamé. Il a chaud. Il geigne... Bien requinqués mais en pleine chaleur, il faut bien reprendre la route même si on a prévu une petite étape jusqu'au prochain camping à 20 kilomètres. Il faut bien avancer. À ce stade, le paysage importe peu, seule compte l'ombre où l'on peut caser une roue, un genou ou la tête l'espace de qq instants. Pourtant on n'hésite pas à s'arrêter pour observer un vol de dizaines de cigognes qui semblent elles aussi chercher un champ à l'ombre pour se poser. On passe sur une passerelle Himalayenne courte mais qui bouge pas mal ! Enfin on trouve un petit coin d'ombre pour se poser manger tomates et fruits c'est tout ce qui passe. Avec l'eau que l'on descends par litre. La soif pourtant toujours chevillée au corps ! Il ne manque pas de WC ou de robinet aujourd'hui, heureusement. Enfin à 14 h 20 le camping est en vue et en plus il y a une tente sur pilotis de libre. Et la piscine. Ce soir on essaye les matelas gonflables. Une première. Mais sans tente à monter et démonter on peut partir plus tôt le matin et surtout profiter d'un espace réduit, certes mais ombragé, table pour manger. Piscine, lessive, douche, écriture et bière. La vie est belle. Ah oui on a testé la boisson énergétique ce matin et Ben, rien, mais j'ai lu qu'il fallait en prendre une avant l'effort, 2 pendant et 3 après ! Avec un tube seulement l'effet est pas vraiment au rendez-vous. En plus, c'est un peu écœurant, chaud et cela nous a barbouillé. Étape à Cruas : la visite de l'abbaye et de la ville médiévale sera pour une autre fois. Cette canicule a réduit à néant nos velléités de culture.

Vendredi 5 août
Encore une belle étape au son des cigales, ombragée à souhait avec un petit air agréable même si c'est le vent du Sud que l'on a en face. De jolis villages perchés en vallons ombragés, la voie verte ondule tantôt en forêt, tantôt en hauteur sur la digue, de passage de pont suspendu en passerelle himalayenne, nous avançons doucement mais sûrement et vaillamment. On est bien conscient que nous faisons nos derniers tours de roue, la roue de la liberté avec ses contraintes ménagères comme à la maison : manger / boire et dormir. Mais quand même la liberté de voyager à notre rythme et d'apprécier chaque minute, heure, jour à sa juste valeur, celle de l'instant présent. Demain est un autre jour. Et demain est le jour du retour ! Mais aujourd'hui nous avons redécouvert de beaux villages sur notre chemin. À Rochemaure, j'ai courageusement traversé la passerelle himalayenne de 339 m. Pont stratégique pour le commerce, bombardé pendant la seconde Guerre mondiale, emporté par les crues puis détruit par un poids lourd qui a fini dans le fleuve (sans dommage pour le chauffeur), les trois piliers ont sans cesse rejoué la vie du Phénix. Jusqu'à devenir un emblème de la Via Rhona, passage obligé et réservé exclusivement aux cyclistes et piétons. On passe Montélimar et le Rhône se rétrécit et se fait plus sauvage à l'approche du défilé de Donzère. Puis on aperçoit l'ombre du Mont Ventoux au loin. Une grande pause au restaurant du camping de Bourg Saint Andéol et nous repartons bien décidés à avancer un peu plus. Par chance, il y a une ferme dont les chambres d'hôtes sont complétes mais où on peut bivouaquer ce soir. Au niveau de Lapalud. La dame est charmante comme son petit coin tente. Douche, WC, eau et électricité et ce qui n'est pas négligeable : piscine ! 51 kilomètres au compteur. 2 derniers sachets de graines et lentilles. La ferme vends des fromages de chèvre. Et on pourra y prendre un petit déjeuner demain matin. Notre dernier campement. La fin d'une aventure sous de gros nuages blancs, gris laiteux. En nous c'est un arc en ciel de joie et de nostalgie précoce mais on en redemande déjà... Enfin si on pouvait profiter de qq jours sans vélos, pizzas et pâtes, ce serait cool ! Demain une soixantaine de kilomètres nous mènera chez notre fille Camille et sa famille Ludo et Loup.

Samedi 6 août
Et voilà ! C'est fini ! 2200 kilomètres pour arriver jusqu'à Sorgues chez nos enfants que nous sommes heureux de revoir. Surtout notre petit fils Loup. En 2 mois il a vraiment changé. Et la plus belle surprise c'est le petit message inscrit sur la route à qq kilomètres de leur maison. Hier Ludo et Loup sont venus en vélo pour écrire : " 3.2.1 Bravo à papy Patou et à Mamie Lo ". C'est trop mignon. Merci pour cette jolie attention. Notre dernière nuit en tente était chouette. Ni l'oie, ni l'âne, ni la taupe ni Caroline la poule ne sont venus nous déranger. Et le petit déjeuner de ce matin était extraordinaire : que du fait maison des confitures aux yaourts en passant par les pains et gâteau. Et les hôtes et clients étaient tous sympathiques. Du coup on part un peu à la bourre mais une bonne bise souffle et on roule super bien. On l'a dans les fesses, puis un moment sur le côté ce qui nous fait avancer un peu en crabe puis c'est à nouveau le Mistral dans le dos qui nous fait faire des pointes à 23 km/heure ! La voie est agréable, bien indiquée et pas mal ombragée. Heureusement car ce sont des routes partagées la plupart du temps, à circulation plutôt rare. Nous longerons le Rhône une dernière fois avant de lui faire nos adieux après Caderousse. Dans ce village, nous mangeons un encas salé et un sucré qui nous tiendront pour la journée. Et on appelle Ludo qui veut nous rejoindre à vélo sur les derniers kilomètres. Finalement on se pose à l'ombre après le château de Montfaucon et la halte fluviale de Châteauneuf du Pape. Au pied des ruines du château de l'Hers exactement, une petite sieste s'impose en attendant Ludo, parti en pleine chaleur et en pleine digestion. Bravo à lui et merci pour cet accueil excellent. Nos retrouvailles avec Camille et Loup sont à la hauteur du temps qui nous a séparé. Que de câlins et de rires échangés. Loup regarde les vélos, essaye les selles et boit à nos gourdes. On a bien mérité une glace, une douche et un bon repas : ratatouille et riz après un apéro pour fêter notre retour.  Les vélos sont rangés dans le garage. La machine est déjà en route. Il paraît que l'on sent un peu... Ah bon ! Un tout petit peu alors. La transpiration de 6 h. On réenfilera nos uniformes propres pour rentrer chez nous : vélo jusqu'à Avignon, train jusqu'à Nîmes puis vélo jusqu'à Clarensac. Et la boucle sera bouclé. Avec qq kilomètres en plus.

Lundi 8 août
Encore une petite dernière étape. Quel merveilleux intermède chez nos enfants, Loup à bien grandi et commence à bien s'exprimer. Il n'y en a que pour papy et mamie et les parents sont dégoûtés. Le dimanche a vite passé. On joue beaucoup, on fait un pique nique et papy et Loup passent un long moment à batifoler dans la petite piscine. Mais pour la Grasse matinée, il faudra attendre. Et puis ce matin, dernier tour de roue et dernier départ de notre première itinérance à vélo, nous roulons à la chaleur, pour ne pas perdre les bonnes habitudes. Départ à 10 h 30 pour notre train à 12 h 15 à Avignon. Trajet en une heure sur des petites routes plutôt bien balisées puis le chemin des canaux qui traverse la cité des Papes bien agréable. Il y a un petit air. Et oui nous avons encore le vent de face et cela sera jusqu'à Clarensac. À Nîmes on s'arrête manger un encas salé avant de repartir à 13 h 30. Et voilà la boucle bouclée de 2236 kilomètres de chez nous à chez nous, à Clarensac. Notre bilan est grandement positif. Et on aurait bien roulé qq centaines de kilomètres de plus n'eût été :
1) la canicule
2) le petit ras le bol des campings et ses incivilités
3) le manque de poils sur la brosse à dents 
Et bien sûr, il était grand temps de retrouver notre Loup d'amour avant qu'il ne nous sorte une phrase complète dans le style :
1) t'étais où Papy ?
2) pourquoi t'étais pas là Mamie ?
3) si vous revenez pas je vous parle plus !

Quand je relis qq passages, il me semble que c'était hier. Près de 2 mois ont passé mais c'était court pour la somme de kilomètres, de souvenirs, de visites, de rencontres, d'émotions et de sensations que l'on a engrangé. Le seul truc qui nous a manqué (se ferait on vieux ?) aurait été un siège. En plus de Vélos adaptés. Bilan alimentaire : des litres de bière et des kilos de pâtes, de tomates, bananes, pêches et abricots. Des dizaines de paquets de purée mousline, de semoule, de riz et de quinoa et des nombreuses pizzas, nous allons allègrement passer aux kilos de légumes de saison : aubergine, courgette, poivron et concombre et les pompotes et fromages vont céder leur place aux yaourts et glaces et les cakes et pain d'épices aux tartines beurre/confiture. Quand aux viennoiseries et capuccino, ils vont rester du domaine du plaisir exceptionnel.
Donc la prochaine fois : destination plus "exotique" (hors frontière française) plus long 3 mois, et plus de pauses. Avec sièges. Le plus dur étant de se décider sur la destination ! À suivre...

A 60 ans passé, nous avons réalisé un parcours facile pour un premier essai même si nos proches s'extasient : "Plus de 2000 kms et 60 jours ? Et sans entrainement spécifique ? Et des VTT lourds avec des pneus larges ?". Nous voulions surtout tester notre endurance sur la durée et notre plaisir de rouler. Et cela a été un grand succès !
Aujourd'hui, il est certain que nous repartirons sur des tracés différents : reste à trouver un itinéraire qui serait ni trop routier, ni trop VTT, avec plus de nature et de possibilité de bivouac puisque nous sommes en autonomie. Nous pensons changer de monture mais ne savons pas encore vers quoi nous tourner Gravel ? VTC ? Vélo de voyage ? Nous souhaitons privilégier un minimum d'équipement pour un minimum de poids. 

le départ
le départ
Abbaye de Moissac
Abbaye de Moissac
Canal entre deux mers
Canal entre deux mers
terme du canal et vue sur la Gironde
terme du canal et vue sur la Gironde
nos montures
nos montures
enfin l'océan !
enfin l'océan !
plage d'Amélie
plage d'Amélie
les carrelets des pêcheurs de l'océan
les carrelets des pêcheurs de l'océan
le phare de "Tintin"
le phare de "Tintin"
Citadelle de BRUAGE ( patrie de Samuel CHAMPLAIN)
Citadelle de BRUAGE ( patrie de Samuel CHAMPLAIN)
La Corderie Royale de Rochefort
La Corderie Royale de Rochefort
La Rochelle
La Rochelle
Les Tournesols
Les Tournesols
Marée basse
Marée basse
Curiosité de la Côte Vendéenne
Curiosité de la Côte Vendéenne
Port du Collet à marée basse
Port du Collet à marée basse
Arrivée sur Pornic
Arrivée sur Pornic
Pont routier de Saint Nazaire Début de la Loire
Pont routier de Saint Nazaire Début de la Loire
Curiosité artistique
Curiosité artistique
NANTES
NANTES
La Loire
La Loire
Abbaye Royale de Fontevraud
Abbaye Royale de Fontevraud
Jardins de Villandry
Jardins de Villandry
Toue, futeau sur la LOIRE
Toue, futeau sur la LOIRE
Château de Chaumont sur Loire
Château de Chaumont sur Loire
Château de BLOIS
Château de BLOIS
Cathédrale d'ORLEANS
Cathédrale d'ORLEANS
Château de Sully sur Loire
Château de Sully sur Loire
Pont-canal de BRIARE
Pont-canal de BRIARE
Début de la voie cyclable de la Loire à vélo. Pour nous c'est la fin. CUFFY
Début de la voie cyclable de la Loire à vélo. Pour nous c'est la fin. CUFFY
Dernier pont canal de notre itinéraire
Dernier pont canal de notre itinéraire
La vie de Château pour une nuit en chambre d'hôtes
La vie de Château pour une nuit en chambre d'hôtes
NEVERS
NEVERS
ROANNE
ROANNE
VIA RHONA. Pont suspendu.
VIA RHONA. Pont suspendu.
Le Rhône
Le Rhône
passerelle suspendue
passerelle suspendue
DOLCE VIA en Ardèche
DOLCE VIA en Ardèche
Dolce Via
Dolce Via
Passerelle himalayenne de Rochemaure
Passerelle himalayenne de Rochemaure
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