Entre Hardangervidda et Jotuheimen (Norvège) (partager)

Première expérience en ski pulka. Nous choisissons une destination pas trop exigeante en terme d'engagement puisqu'il y a régulièrement des refuges pas loin, même si nous n'y avons dormi qu'une seule fois.
Cette traversée vers le Nord contient des portions avec dénivelée, a priori plus que ce que l'on trouve au sud dans le Hardangervidda (en contrepartie, les paysages sont plus alpin !).
ski nordique
(réalisé) Quand : 15/04/09 Durée : 10.0 jours
Carnet créé par Manudad le 15 déc. 2015 modifié le 26 déc. 2015
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Le topo : Section 1 (mise à jour : 25 déc. 2015)


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Le compte-rendu : Section 1 (mise à jour : 25 déc. 2015)

La première journée se passe avec vue imprenable sur ... nos spatules : le brouillard est là, et nous sommes bien content de trouver le piquetage fait avec des branches plantées dans la neige tous les 20m. C’est un boulot de fou ces woodsticks !!! Et c'est bien utile dans le white-out d'aujourd'hui. Le DNT (+ ou - équivalent norvégien du CAF) et d’autres associations privées dépose ces branches sur plusieurs centaines de kilomètres à travers la Norvège. Selon les régions, et l’enneigement, ce piquetage est mis en place à partir du mois d’Avril.

En fin de journée, une belle éclaircie nous fait enfin découvrir les alentours : du blanc de partout (remarque, dans le brouillard, c’est un peu pareil…) et des montagnes plutôt au profil arrondi, et ce à perte de vue. Bonne ambiance.
Puis les jours s’enchaînent avec le soleil cette fois, et les traversées de lacs gelés avec quelques petites frayeurs quand la jambe se met à s’enfoncer un peu plus que de raison. Et aussi les petits raidillons qui font monter la pompe dans les tours, et les premières descentes acrobatiques avec la pulka qui pousse aux fesses.
Nous avons opté pour la solution « une pulka et un petit sac à dos » pour 2, et nous avons échangé de temps à autre. Il faut bien dire que la pratique du ski nordique est plus axée sur le coté distance parcourue que sur le dénivelé comme en ski de rando. Donc le coté descente n’est pas un but en soi, et donc avoir la pulka n’est pas vraiment un problème si l’on est bien parti dans cet état d’esprit. Les descentes se sont faites en chasse-neige, avec des tentatives de tout droit, des traversées,  quelques gamelles, mais jamais avec une belle godille.
Cette solution s’est avérée pertinente, permettant de ne pas avoir les épaules et le dos en compote à chaque fin de journée. Évidement, une option avec toutes les nuits en refuge aurait permis d’avoir une charge totale plus réduite, et donc d’avoir 2 petits sacs à dos sans avoir trop mal au dos, mais c’est un autre style d’approche, ne permettant pas de goûter à la pleine sensation d’isolement de ces territoires nordiques.

Et passer une dizaine de jours « en traînant » sa maison et tout ce dont on a besoin est vraiment une expérience. Pour profiter pleinement des bivouacs, il est important de prendre une tente spacieuse, dans laquelle il est possible de se changer, de mettre à sécher des affaires, de manger, sans se contorsionner , sans choper un torticolis, et sans renverser la gamelle du voisin à chaque mouvement.
Nous avions la majeure partie de notre nourriture dès le départ (pulka complète pesée à 45 kg) mais nous avons pu nous ravitailler une ou deux fois dans des refuges « libre-service » où il y a des étalages de soupes, pâtes, céréales à disposition. Une caisse permet de laisser son règlement soit en espèce, soit en renseignant son numéro de carte bleue… Un fonctionnement très agréable qui repose à 100% sur la confiance. Et l’état des refuges « libre-service » est tout simplement déconcertant par rapport à ce que l’on peut trouver dans nos contrées. Il y a de la vaisselle propre pour au moins 12 personnes, des torchons propres, des couettes, …  Un vrai régal, qui donne envie de maintenir le lieu dans un bel état et de passer la serpillière en partant !
Aujourd’hui, au réveil, le brouillard est revenu nous dire bonjour. Et comme notre ami Murphy (inventeur de la loi de l'emmerdement maximum) est lui aussi de la partie, aujourd'hui, le piquetage n’est pas là pour nous montrer la route (ou alors nous ne l’avons pas vu). Du coup, le GPS prend le relais, avec les aléas que cela comporte : précision de l’appareil, petite barre rocheuse vue au dernier moment, descente puis remontée alors que l’on aurait pu suivre les lignes de niveau, bref, genre de situation où l’on est content d’avoir apprit à se servir de l’engin avant de partir et de connaître ses limites.

On se retrouve à descendre relativement bas, et à devoir traverser une route en portant la pulka. Heureusement, nous avons déjà quelques jours derrière nous et le stock de nourriture se fait plus discret et moins lourd. Puis on enchaîne par une traversée partielle du lac de Tyin sur 2-3 kms. La glace recouverte de neige change d’aspect et de couleur par endroit, nous faisant hésiter quelques instant à prendre pied sur le lac. Nous sommes à seulement 800m d’altitude, fin Avril, il fait env 7°C, le doute m’habite…

A pas de velours, me faisant le plus léger possible, j’engage un ski puis l’autre, m’attendant au fatal « crac » aquatique. Mais il n’en est rien. J’essaye alors de planter timidement le bâton au travers de la neige, et je touche une couche de glace qui semblerait pouvoir supporter un éléphant sans soucis. D’ailleurs, quelques centaines de mètres plus loin, quelqu’un a du venir pécher car il y a un trou de 1m de diamètre avec une sorte de petit banc confectionné en neige. L’épaisseur de glace à cet endroit semble être proche du mètre… Mes doutes précédents me reviennent, et je me dis pour me consoler qu’on est jamais trop prudent…
Le dernier bivouac se fait cette fois en partie sur un rocher plat. Le vent s’est levé, ce qui ne simplifie pas la tâche du montage de l’abri, et implique la construction d’un petit mur de neige. La neige est assez compacte et cela se fait sans trop de difficulté. On allume le réchaud à l’opposé du vent, sous l’abside, en prenant garde à ne pas faire prendre feu la tente. Il est 19h, nous avons fait nos 25kms et 600m de dénivelé journalier en 6h, comme presque chaque jour. Mais aujourd’hui, nous ne les avons même pas vu passer. C’est devenu une routine, un reflex, un plaisir. On avale nos derniers lyoph accompagnés d’une bonne compote de pomme, il est 21h lorsque nous cornons la page du livre et que nous glissons au fond du duvet. La lumière naturelle nous aurait permis de lire encore presque une heure, mais les yeux semblent ne plus vouloir rester ouvert.
Nous gardons un eXXcellent souvenir de cette expérience en ski nordique, sûrement en partie grâce à la bonne météo que nous avons eu (soleil quasiment tout les jours, pas de tempête de vent et froid très raisonnable). Juste un conseil pour ceux qui voudrait s'y essayer : il faut vraiment partir avec l’état d’esprit adapté à la pratique du ski nordique, à savoir ne pas y aller pour faire des belles descentes, mais plutôt pour prendre le temps de parcourir de grandes étendues et gouter au plaisir des bivouacs sous la tente.
J1 : Lyon - Oslo - Finse Hytta
J2 : Finse - Geiterygghytta, D+370m, D-0m, Dist 16 kms, 5h
J3 : Geiterygghytta - tente à coté de Iungsdalshytta, D+560m, D-680m, Dist 27 kms, 8h.
J4 : Iungsdalshytta - tente 6 kms après Bordalsbu, D+650m, D-410m, Dist 22 kms, 7h30.
J5 : Bordalsbu - tente un peu après Sulebu, D+835m, D-885m, Dist 27 kms, 8h15.
J6 : Sulebu - Ref non gardé Slettingsbu, D+570m, D-570m, Dist 26 kms, 5h15.
J7 : Slettingsbu - tente 1h après Fondsbu, D+575m, D-587m, Dist 24 kms, 7h45.
J8 : Fondsbu - tente 6kms après Olavsbu, D+500m, D-500m, Dist 17 kms, 6h.
J9 : Olavsbu - tente bien après Skogadalsboen, D+720m, D-570m, Dist ? kms, 5h30.
J10 : Skogadalsboen - Turtagro - Fortun - Sogndal - Flam
Commentaires
posté le 26 déc. 2015
Doudoune
Bonjour, je n'ai qu'à chercher me dira-tu, mais c'est en Finlande qu'a eu lieu ce voyage ? Jolies photos qui font très envie, merci. Super ce refuge libre-service !
Invité (utilisateur non inscrit)
posté le 26 déc. 2015

Manudad
Martinet
(40 messages)
Inscription : 03/03/08
Lieu : Domène (38 Isère)

Message privé
Salut,
Il s'agit du centre de la Norvège. J'ai rajouté l'info dans le titre.
L'accès au départ se fait en train par la ligne qui relie Oslo à Bergen, en s’arrêtant au point haut qui est la gare de Finse.
Le retour depuis Turtagro a été improvisé car nous ne savions pas du tout jusqu'où le vent nous mènerait.... Et la chance à été de notre coté car il y avait le cuisto de l’hôtel (qui était plutôt fermé) qui redescendait dans la vallée....
posté le 17 mars 2016

Daffy06
Papillon monarque
(2 messages)
Inscription : 10/12/15

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Salut, un beau voyage et reportage :)
Une question concernant la pulka: est-ce que tu l'as louée / achetée à Oslo ou l'avais tu déjà avant?
Merci, bonne journée
posté le 17 mars 2016

Manudad
Martinet
(40 messages)
Inscription : 03/03/08
Lieu : Domène (38 Isère)

Message privé
A l'époque, nous avions loué la pulka en France (chez Altiplano à Villard de Lans). Le transport en avion se fait très bien, il faut l'enrouler dans du carton (emballage de vélo par ex, que l'on récupère dans un magasin). Pas d'info sur la location à Oslo, mais à mon avis tu en auras au final pour le même prix (la Norvège est un pays cher), et surtout, tu prends des risques sur le petit clip qui va pas bien, le truc bidule cassé, ... Alors que si tu pars avec ton matos, tu sais à quoi t'en tenir !
posté le 18 mars 2016

Daffy06
Papillon monarque
(2 messages)
Inscription : 10/12/15

Message privé
Merci beaucoup pour la rapidité et la précision de la réponse :)
posté le 18 mars 2016

lionetchat
Hirondelle
(7 messages)
Inscription : 04/02/16

Message privé
bonjour tout simplement genial voyage et recit merci