Un Fest’our à vélo
Cet été, j’ai voulu fusionner deux passions, l’itinérance et la musique live, en réalisant un Tour de France des festivals à vélo ! Mon objectif était double : soutenir le milieu de la culture en étant bénévole (en 2024 près de la moitié des festivals remplissant à plus de 90 % étaient déficitaires, une fragilité économique qui met en danger leur survie) ; mettre le doigt sur une réalité, 50 % des émissions de CO2 d'un festival proviennent des déplacements des festivaliers ! Ma mission était simple : pédaler, donner de mon temps et taper du pied devant plus de 500 concerts live. Le plus difficile a été d’établir les étapes : lister les festivals et les sélectionner selon leur programmation, leurs valeurs et surtout leur localisation (je devais pouvoir les relier à vélo dans les temps), candidater et attendre patiemment chaque réponse. Je suis donc parti de ma Normandie pour une aventure hexagonale de 4 mois découpée en 16 festi-étapes, soit 1 festival par week-end. Un rythme intense et joyeusement effréné où finalement, c’était sur le vélo que je me reposais. Environ 100 km par jour et trois nouveautés : prolongateurs validés, panneau solaire insuffisant, et sans réchaud (manger froid ok mais pas sans l’arrêt café en matinée !). J’ai pu visiter la France et ses merveilles, me baigner dans la Manche, l’Atlantique et la Méditerranée, revoir les copains aux quatre coins de l’Hexagone, rouler avec d’autres baroudeurs croisés en chemin (comme Antonio, un Estonien de 19 ans parti seul jusqu’en Irlande, ou @enroute_mathilde en traversée de Paris à Budapest). Je retrouvais mon équilibre sur le vélo en semaine, repos de la batterie sociale, calme, nature, sommeil, un rythme maîtrisé pour arriver à l’heure et rechargé à bloc à chaque festival.
Déjà habitué au bénévolat, j’ai adoré y varier les plaisirs. Environ six heures d’aide par jour, majoritairement comme barman et souvent avec vue sur scène, parfois à la gestion des déchets, à l’animation au mégaphone sur le camping, à la sécurité aux entrées, etc. Mais deux postes atypiques m’ont particulièrement marqué : le montage et démontage au Hellfest, profitant d’un site vierge exceptionnel avant la fourmilière du week-end ; et mon rôle de technicien sur la grande scène au festival de La Paille dans le Doubs, comprenant le déchargement du camion des artistes, la préparation des lumières, décors et instruments, le changement express de la scène entre deux concerts, et en bonus la proximité avec les artistes et la vue de dingue en backstage pendant chaque show.
Une aventure humaine, solidaire, festive et sportive, une palanquée rencontres, et un rêve engagé devenu folle réalité. Encore un kiff qui appellera d’autres trips un peu barrés !
Boris
@very.boris.trips