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Vol-Rando-Bivouac

Johanna
par Johanna
15 déc. 2025
115 lecteurs

Hike. Fly. Sleep. Repeat 

Quels sont les éléments qui font la valeur des aventures de courte durée ? En travaillant sur le dossier micro-aventures de Carnets d'Aventures 82, j’ai eu le loisir de me questionner et, vous savez quoi, le fruit de cette réflexion me les rend encore plus précieuses. La combinaison randonnée, bivouac, vol en parapente m’enchante particulièrement. Parés au décollage ?

Vol rando bivouac : késako

Le parapente est désormais une activité plurielle, l’offre de matériel s’est élargie pour répondre à la diversification des pratiques. Sans noircir des pages pour expliquer tout cela*, voici quelques éléments utiles. Il y a plusieurs manières de faire de l’itinérance rando + parapente ; dans tous les cas, c’est à pied, avec sur le dos son matériel de vol et de bivouac, que le pilote voyageur se déplace lorsqu’il ne vole pas.
Ce que l’on appelle communément le vol-bivouac où l’on pratique le cross : des vols au cours desquels on cherche à parcourir le plus de distance possible et qui nécessitent de bonnes compétences en pilotage, analyse aérologique, anticipation… Le matériel de vol adapté, aussi bien aile que sellette, est plus performant, plus pointu, plus exigeant, plus protecteur et plus lourd. Et l’on emporte (quasi) systématiquement un parachute de secours.
Une itinérance plus accessible en termes de niveau et que nous aimons à nommer vol-rando-bivouac, qui consiste à enchainer sur plusieurs jours la pratique du vol-rando : des vols courts, souvent juste pour descendre d’une montagne, dans des conditions aérologiques en général calmes (matin ou fin de journée). Pour ces vols, il existe du matériel très léger et facile d’utilisation (2 kg environ pour l’aile, voire 1 kg, et 100-300 g pour la sellette) ; l’emport du parachute de secours est moins crucial et à l’appréciation de chacun.
(* je renvoie les curieux à mon livre La légèreté du parapente, Petites circonvolutions sur le vol libre et les promesses du ciel publié aux éditions Transboréal).

Quelques récits-topo MyTrip

On ne sera pas surpris, le bivouac est un des ingrédients clés des aventures de courte durée. Il change tout ! Il ouvre des portes, celles de la nuit au plus près de la nature. Et des perspectives, celles d’un jour nouveau dans le grand dehors, saisi dès le lever du soleil. Une nuit suffit à révéler son pouvoir : créer une véritable parenthèse et nous emmener en voyage.

Ascension express. Sortie au lac de l’Ascension ou comment monter au ciel... et en redescendre facilement.
Ascension express. Sortie au lac de l’Ascension ou comment monter au ciel... et en redescendre facilement.
Voyage. Effusion de joie matinale au Morgon, un véritable voyage entre deux journées de travail !
Voyage. Effusion de joie matinale au Morgon, un véritable voyage entre deux journées de travail !

Un vrai voyage

Car oui, pour moi, chacune de ces micro-aventures est bien un voyage alimentant durablement les souvenirs. Pouvoir les vivre tout près de chez soi ajoute au plaisir. La parenthèse s’ouvre dès le pas de la porte. Elle s’y refermera le lendemain ou peut-être deux ou trois jours plus tard, semant derrière elle la graine de la suivante.
Et si les longs voyages inscrivent souvent ce qui fait leur charpente et leur sens dans la durée – et l’on a souvent tendance à considérer ce temps long comme leur principale valeur : puisque j’ai fait un long voyage, alors il doit être forcément beau et inoubliable –, je trouve justement que l’intensité des aventures de courte durée réside en partie… dans leur courte durée ! En fait, il me semble que tout se passe comme si l’on vivait une distorsion temporelle : le fait de rapidement quitter et rejoindre son quotidien, la proximité et la richesse de la parenthèse vécue donnent la sensation qu’elle a duré plus qu’en réalité. Combien de fois suis-je rentrée d’un bivouac avec l’impression d’être partie une semaine !
Pourtant, dans certains cas, la virée est vraiment courte. Ainsi parfois, c’est seulement en deuxième partie d’un après-midi d’été, et après une journée de travail, que nous nous mettons en marche. En début de soirée, nous rejoignons une cime perchée d’où admirer le coucher du soleil en dégustant notre casse-croûte, puis passons une douce nuit sous les étoiles. Le lendemain, nous déplions nos parapentes au petit matin et prenons notre envol. Une poignée d’instants plus tard, le sourire aux lèvres et des images plein les yeux, nous sirotons un petit café sur le plancher des vaches, avant de retourner devant l’ordinateur, moins de vingt heures après l’avoir quitté. C’est là encore un avantage de ces micro-aventures : partir en voyage entre deux journées de travail (quasiment) normales. Pic du Morgon, lac Brun, lac du Laus, de l’Hivernet, du Crachet… autant de lieux situés à une trentaine de kilomètres de la maison que ces virées expresses et enchanteresses nous permettent de visiter.

... et la suite ?