Extraterrestre CA54 : Genre

par Johanna dans Extraterrestre 27 janv. 124 lecteurs 1 Soyez le premier à commenter share(partager)

Genre

Battu par une fille, ouah la honte ! La honte inculquée depuis leur plus jeune âge aux mâles des sociétés patriarcales, le format dominant sur la planète Terre.
Inégalités... Les femmes en France sont significativement moins payées, à compétences égales, que leurs homologues masculins1. C’est une donnée statistique mesurée et difficilement réfutable.
Pour les activités sportives, on a souvent l’image que la femme est moins performante que l’homme. Si bien qu’il y a un bon nombre de sports où les genres sont complètement séparés et ne « joueront » jamais l’un contre l’autre (tennis, sport co., natation… la liste est longue). Regardons maintenant ceux où hommes et femmes sont ensemble sur une même épreuve et voyons si notre mâle dominant ne se ferait pas un petit peu bousculer…
Il faut dire que les humains affectent leurs enfants à des activités souvent déterminées par leur sexe. Les sports tels que foot, rugby, vélo, tennis sont plus l’apanage des garçons, alors que les fillettes vont plutôt aller faire de la danse, de la gymnastique, de l’équitation2. Bien sûr ce n’est pas toujours vrai, mais on a souvent des effectifs comme : 90% d’un sexe et 10% de l’autre pour des activités « à genre ». Et c’est vrai que ces dernières années, on a tendance à voir les filles arriver dans de nombreux sports dits masculins. Peut-être que l’inébranlable asservissement des genres commence à vaciller ?… Si l’enfant est enfermé dans cette dichotomie, il n’est pas très étonnant que les femmes soient sous-représentées dans certains sports.
Considérons un exemple concret : un Ironman est la forme de triathlon la plus difficile (XXL), près de 4 km de nage, 180 km de vélo et 42 km de course à pied. Pas loin de la rédaction du magazine, se trouve la ville d’Embrun, siège de l’Embrunman : l’un des triathlons XXL les plus difficiles au monde, puisqu’aux distances mentionnées ci-dessus s’ajoutent des dénivelés très importants dus à la spécificité « montagne » du territoire. Comme souvent dans ce genre d’épreuve, les femmes sont sous-représentées, 10% des participants en moyenne. Mais il se trouve que ces 10% se répartissent de manière assez homogène sur l’ensemble du classement.
En 2018, la première femme, Carrie Lester, était 11e sur 955 compétiteurs classés. Au-delà de la bonne répartition des femmes sur cette épreuve « de mutant », on peut observer que la première IronLady laisse derrière elle quelque 800 IronMen parmi les plus affûtés de la planète (sans compter les plus de 300 abandons ou hors temps) !
Sur les trails longue distance on observe à peu près la même chose. Dans de nombreux sports, les femmes sont de mieux en mieux positionnées, parce qu’elles sont simplement de mieux en mieux représentées. En parapente, par exemple, – sport engagé et assez « cérébral » –, malgré leur sous-représentation (10%) et leur poids plus léger qui les désavantage3, les femmes sont régulièrement sur les podiums scratch de manches de coupe du monde.
En ce qui concerne le voyage nature, les femmes font là aussi des choses incroyables, que bien des hommes n’oseraient pas tenter. Les exemples ne manquent pas. Il est peut-être temps que Sapiens sorte de schémas mentaux limitants d’un autre âge. Dégager l’horizon des possibles de ces carcasses anachroniques. Gagner en liberté, c’est souvent faire voler en éclats des concepts qui sont autant d’entraves aux répercussions malheureusement bien réelles.
Girl power !

 

Voir aussi le Dossier Voyager au féminin de CA54.

Notes : 
1. De l’ordre de 16% de moins pour le tarif horaire des femmes à poste équivalent selon l’Insee. 10% sur les 16% n’auraient aucune autre explication que la discrimination sexuelle.
2. Seulement 30% de femmes licenciées dans l’ensemble des fédérations de sports (olympiques et non olympiques) (et donc 70% d’hommes). 
5,3% de filles pour le foot et le rugby, moins de 30% pour le tennis. Moins de 10% de garçons en équitation, ou en gym. Statistiques de 2014 du ministère de la ville, de la jeunesse et des sports. Un rapport de l’Insee mentionne : « La persistance de stéréotypes de genre pourrait expliquer l’absence de mixité dans certaines disciplines dès le plus jeune âge : en 2014, près d’une personne sur deux adhère à l’idée selon laquelle « certains sports conviennent mieux aux filles qu’aux garçons » (Burricand et Grobon, 2015). De fait, l’activité sportive choisie par les enfants (ou leurs parents) est souvent fonction des valeurs qu’elle véhicule : grâce, souplesse, agilité pour les filles ; endurance, rapport de force et esprit de compétition pour les garçons (CGSP, 2014). »
3. Pour de multiples raisons (de mécanique des fluides entre autres), les ailes de parapentes plus grandes (et donc adaptées à des pilotes plus lourds) volent mieux que les mêmes modèles plus petits.
 

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